Marine Le Pen envoie un signal de non-fiabilité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Nous déposons donc une motion de censure et nous allons la voter parce que les Français en ont soupé. Peut-être certains pensaient qu'avec Michel Barnier les choses changeraient, eh bien c'est encore pire que ça ne l'était. Voilà, on l'a vu, le Rassemblement national affirme qu'il votera cette motion de censure déposée par la France insoumise. Pourquoi est-elle choisie la voie la plus dure d'après vous, Marine Le Pen ? La séquence amène véritablement à s'interroger parce que quand on regarde les différentes étapes qui ont jalonné cette séquence, elle a formulé un certain nombre de demandes et petit à petit, les différentes demandes que Marine Le Pen avait formulées ont été satisfaites.
En tout dernier lieu, dans l'interview qu'elle a donnée à la tribune dimanche, je crois, ce week-end, elle mettait en avant le fait que la dernière marche à monter était celle soit du recul sur la non-revalorisation des retraites, soit sur le remboursement des médicaments. Il y avait un « ou » dans cette interview. Et là, force est de constater qu'elle n'est pas allée jusqu'au bout de ce « ou » puisque effectivement… Michel Barnier a lâché sur l'un des deux, mais ça n'a pas suffi.
Et du coup, on ne peut pas s'empêcher d'avoir la désagréable impression de se dire « mais finalement, est-ce que dès le début, elle n'avait pas en tête l'idée de toute façon d'utiliser le premier prétexte venu pour censurer le gouvernement ? » Ce qui pose un vrai problème même pour elle en termes de stratégie parce qu'effectivement, si le noyau dur de son électorat était favorable à la censure, la part de l'électorat qui est plus hésitante, on va dire, et qui pourrait être moins rebutée par un RN en recherche de respectabilité, ne va pas franchement être rassurée par ce signal, je dirais, de non-fiabilité qu'elle envoie.
Je ne parierai pas sur le fait que le Rassemblement National soit le perdant au final. Il n'y a pas une progression tendancielle du Rassemblement National, élection après élection. On peut rappeler qu'il n'y avait que 8 députés en 2017, ils sont passés à 89 députés élus 5 ans plus tard et 2 ans, uniquement 2 ans plus tard, 143 députés élus qui sont revendiqués de soutien à l'égard de Marine Le Pen quand bien même, nous avons eu et une augmentation de la participation électorale notable aux dernières élections initiatives et 210 désistements qui se sont produits. Et à l'heure actuelle, on a l'impression que, quelle que soit la question, la réponse reste Marine Le Pen.
Alors, j'exagère forcément, mais que quand vous regardez les thématiques en matière de pouvoir d'achat, les thématiques en matière d'immigration, les thématiques en matière de sécurité, les thématiques même en termes de relations internationales, le Rassemblement National, voire Jordan Bardella comme Marine Le Pen, progresse d'un point de vue global dans l'opinion. On parle de la sociologie électorale du Rassemblement National.
Il faut voir l'évolution de cette sociologie électorale qui fait que des franges de population dont on aurait pu se dire que le programme économique de Marine Le Pen ne leur convenait pas, que les atermements qu'ils ont pu avoir étaient nature à pouvoir les déstabiliser. Vous avez aujourd'hui un quart des personnes qui sont diplômées, Bac plus 2, qui votent pour le Rassemblement National. Vous avez des personnes qui sont âgées de 50 ans et plus, qui jusqu'à présent étaient hermétiques au vote au Rassemblement National, qui l'ont fait même dans le cadre des élections européennes dont on sait que c'était la frange de population qui a rencontré le plus de difficultés.
Donc il y a parfois des franges de population qui n'entendent que ce qu'elles ont envie d'entendre et qui ont envie d'entendre qu'il y a pu avoir une défection de la part du gouvernement de Michel Barnier, dont on va entendre éventuellement le fait qu'ils ne l'ont pas respecté ou qu'ils n'ont pas allé au bout de leur programme politique, et en parallèle des électeurs qui ont envie que la situation change et les seuls qui jusqu'à présent n'ont pas été aux responsabilités, ça reste le Rassemblement National.
Marine Le Pen