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AutreFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 14 février 2026 20 minContradictoireMixte

Municipales 2026 : "Les maires peuvent beaucoup sur des sujets qui préoccupent nos concitoyens"

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Présentateur

Et un grand entretien ce matin, des regards croisés en pleine campagne pour les élections municipales. Avec Marion Lourdes, nous recevons la secrétaire générale de la CFDT et le délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés. Marie-Lise Léon, Christophe Robert, bonjour à tous les deux. Bonjour.

0:26
Invité

Bonjour.

0:26
Présentateur

Et bienvenue, vous êtes tous les deux membres du pacte du pouvoir de vivre. C'est une plateforme qui avait été mise en place il y a quelques années pour défendre des mesures d'urgence pour changer la vie des Français. Ensemble, vous publiez le pouvoir de ville. C'est une série de propositions avant d'aller voter pour nos maires et nos conseillers, conseillères municipaux, municipales. On va évidemment dialoguer avec les auditeurs qui peuvent nous appeler au 0145 24 7000 ou sur l'application Radio France. Mais partons d'abord de cet ensemble de propositions « Pouvoirs de ville », c'est donc le titre.

Vous les avez rédigées, ces pouvoirs de ville, aux côtés d'autres associations en vue des municipales. Quinze thématiques absolument nécessaires, fondamentales, qui concernent les besoins les plus élémentaires de la vie humaine, qui sont abordées à chaque fois avec un constat des solutions qui concernent le logement, l'eau, l'accès aux soins. On va y revenir. Vous formulez une série de propositions pour influer sur le débat public à un mois des municipales. C'est aux maires, aux candidats, aux impétrants que s'adresse avant tout ce pacte de pouvoir de ville. Marie-Élise Léon, pour commencer.

1:42
Invité

Oui, l'idée, c'est de donner à voir une société civile qui est mobilisée, qui a des propositions, qui a envie que la vie des gens évolue, s'améliore et qu'il y a un bouquet de réponses à apporter de la part de ces candidats et de ces candidates et que nous, on est là pour dire, on est aussi là pour faire avec vous, sollicitez-nous, débattons ensemble et ayons des vrais débats sur ce qui anime les citoyens et les citoyennes et je pense qu'on a besoin dans la campagne actuellement de parler de la vraie vie et de parler des vrais problèmes en matière de mobilité, d'éducation, etc.

Donc, on est là pour remettre ces éléments-là au cœur des débats dans l'ensemble des municipalités où il y a cette élection qui est extrêmement importante pour le quotidien de chacun et de chacune.

2:30
Présentateur

Parce qu'il y a les élections municipales, la campagne a commencé officiellement, je ne sais pas si elle a vraiment démarré dans la tête des gens. Christophe Robert, vous proposez une plateforme, mais la politique, ce sont des choix politiques, ce sont des choix qui existent même sur le plan des municipales. Une mairie n'a pas les mêmes priorités selon qu'elle est de gauche ou de droite. Est-ce qu'il y a malgré tout des sujets qui transcendent l'esclivage ? Est-ce que vous vous êtes arrêté uniquement là-dessus ?

2:58
Invité

En fait, ce qu'on voit, et c'est là-dessus qu'on est parti avec les 60 organisations du Pacte du Pouvoir de Vivre, c'est que les villes ne peuvent pas tout, parce qu'il y a aussi la responsabilité de l'État, des régions, des départements, mais elles peuvent beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et elles peuvent beaucoup, beaucoup sur des sujets qui préoccupent nos concitoyens et qui ne font pas l'objet du débat public globalement dans le pays. Et donc, on est à un moment, voilà, on sort du budget, maintenant il faut agir, on sait qu'il y a la présidentielle, mais il y a ce temps des municipales. Et ce temps des municipales, il est précieux, parce que c'est là où ça se joue, la vie des gens.

3:30
Présentateur

Mais des maires qui se privaient de leur puissance d'agir, de leur force d'agir, c'est une tribune qui a été publiée au début du mois.

3:37
Invité

Oui, parce qu'il y a des enjeux financiers, par exemple, de la dotation globale que l'État a fournie aux collectivités, qui a baissé, qui réduit leurs capacités. Mais il n'y a pas, il y a la question de l'argent qui est essentielle, mais il n'y a pas que ça. Quand on propose, dans ce document, j'invite vraiment tout le monde à le lire et à s'en saisir pour aller voir leur candidat, candidate, et les questionner sur ces sujets. Quand on dit qu'on peut réguler les marchés, je vais prendre juste un exemple qu'on propose, la tarification sociale de l'eau.

De dire, les premiers mètres cubes, ceux qui sont essentiels à la vie de tout un chacun, peuvent être gratuits ou moins chers, et plus on consomme, plus ça va coûter. Et puis que ce système-là s'équilibre, parce qu'il y a des usages de confort de l'eau, mais il y a des usages qui sont essentiels. Pareil sur l'électricité, pareil sur les cantines scolaires. On a un ensemble de réponses que peuvent apporter les collectivités, et d'ailleurs que certaines apportent, et qui sont une réponse vraiment à la vie quotidienne et aux difficultés que peuvent rencontrer un certain nombre de nos concitoyens. Donc on peut agir, et évidemment il y a des choix politiques.

Tout ceci n'est pas homogène, il faut choisir. Et donc nous on dit, prenez notre document, nous on va faire pas mal, avec les groupes locaux du Pacte de Pouvoir de Vivre, on va faire pas mal d'interpellations de candidats, leur demander de se positionner. Mais c'est ça, on peut maîtriser un peu plus notre destin, et nos maires et les présidents d'interco ont la capacité d'agir.

4:52
Présentateur

Marie-Lise Léon, Christophe Robert parlait des contraintes financières. C'est vrai que vous avez tous deux co-signé une tribune dans Le Monde, qui expliquait qu'il ne fallait pas opposer l'augmentation des dépenses de défense à celles des dépenses de solidarité. Mais ça, ça veut dire qu'il faut trouver de l'argent. Est-ce que vous êtes favorable, parce qu'il y a des mesures qui demandent de l'argent, du financement, à l'augmentation de certains impôts ? Je pense à la taxe d'habitation qui a été supprimée, il y a apparemment 4 Français sur 10, d'après un récent sondage, seraient favorables à sa réinstauration pour financer les services publics.

5:21
Invité

Ça fait partie des questions qui sont effectivement importantes de se dire comment localement il peut y avoir aussi des marges de manœuvre. Effectivement, ça fait partie des débats qui peuvent être sur la table, mais je n'ai pas envie de résumer non plus la question politique à la question financière. Je pense qu'on en a tous eu notre dose en matière de budget, que ce soit de la sécurité sociale ou de l'État, et que je ne veux pas que la question financière non plus soit l'alibi pour un certain nombre de responsables politiques d'expliquer qu'ils ne peuvent pas faire.

Il y a des choix politiques qui doivent être faits, des modalités de régulation qui peuvent être imaginées, des besoins auxquels il faut pouvoir répondre. Je prends un exemple, la question de l'éducation et des jeunesses, la question de l'accueil de la petite enfance. C'est une des prérogatives des maires, des municipalités, des intercommunalités. 90% des salariés qui travaillent en horaires atypiques, c'est-à-dire qui sont dans des horaires différents de ceux qui peuvent être considérés comme les horaires de bureau, 90% nous disent qu'on a des problèmes pour la garde de nos enfants.

Est-ce que c'est un sujet dont les maires souhaitent s'emparer et imaginer des modalités différentes d'organisation de ces accueils ? C'est extrêmement important. Sur 100 enfants qui attendent d'avoir accès à un mode de garde, donc extra-scolaire, il y a 60 places. Donc il y a des vrais sujets qui doivent pouvoir être évoqués. Et je fais le lien en tant que... Là, j'ai ma double casquette, pas que du pouvoir de vivre et responsable syndical. Je ne supporte plus d'entendre dans le débat public que les personnes qui sont sans emploi ne veulent pas travailler. Il y en a qui sont empêchées de travailler.

Donc c'est un vrai enjeu aussi de pouvoir accéder à l'emploi et en plus d'avoir une intégration pleine et entière, une inclusion et de faire partie de cette société dans laquelle on souhaite qu'elle soit de plus en plus appellée. Oui, par rapport à votre question, je m'assois complètement à ce que vient de dire Marie-Lise, c'est que... Sur le financement, vous voulez dire ? Oui, voilà. C'est-à-dire qu'il y a des enjeux financiers, par exemple, s'il faut rénover les écoles pour que ce ne soit pas des passoires thermiques.

7:24
Présentateur

Même embaucher du personnel dans les crèches.

7:26
Invité

Si, absolument, s'il faut rénover les logements parce que ça va faire baisser la facture des ménages et ça va éviter l'émission de gaz à effet de serre, là, il y a un enjeu à coupler des aides locales avec les aides nationales. Donc l'enjeu de MaPrimeRénov', ce stop-and-go est vraiment délétère. On ne va pas nier...

7:41
Présentateur

Parce qu'elle a été réduite, cette primité d'avoir... Elle a été réduite, stoppée... Pour faire l'isolation des logements pour éviter les passoires thermiques.

7:47
Invité

Mais regardez, dans ce qu'on propose, je vous prends un exemple. Aujourd'hui, les villes tendues ont la capacité d'encadrer les loyers. Ça ne coûte rien. Mais ça fait baisser les niveaux de loyers. On le sait aujourd'hui parce que Paris, depuis 2019, le fait. Aujourd'hui, il y a à peu près 70 communes qui se sont engagées sur la base du volontariat sur cet encadrement des loyers considérant que c'est le premier poste de dépense des ménages et que beaucoup de gens ne peuvent pas avoir une mobilité professionnelle ou tout simplement vivre dans de bonnes conditions. Ça, c'est un choix politique. Alors, il y a de nombreux auditeurs qui appellent au sujet des loyers,

8:18
Présentateur

de l'immobilier. Il n'y a pas que la question de se loger quand on est défavorisé, mais quand on est étudiant, par exemple, quand on est jeune couple dans les grandes villes, particulièrement à Paris. Vous parlez d'encadrement des loyers, mais il y a aussi la question du prix même, du mètre carré. Et ça, pour le coup, comment est-ce qu'on peut agir ?

8:39
Invité

Mais justement, et là, la question des collectivités. Alors, évidemment, l'État, il va par exemple financer plus ou moins bien, et en ce moment plutôt moins bien, le logement social. Donc, ça va limiter la production. On a une baisse de production de logement social du fait d'une ponction très importante de l'État d'un milliard trois par an sur les bailleurs sociaux. Mais, qu'est-ce que peut faire la ville ? Elle peut mettre à disposition du foncier. Elle peut choisir de construire ceci plutôt que cela, parce que ça correspond aux besoins des travailleurs modestes ou des travailleurs pauvres ou des plus pauvres. Elle peut, dans son CCAS, tendre la main aux personnes sans abri.

CCAS, traduction. Le centre communal d'action sociale. Elle peut avoir une attention, une main tendue aux personnes qui sont sans abri. Elle peut ouvrir des espaces, par exemple, pour les personnes sans domicile, pour créer des lieux d'accueil de jour qui vont être, avec les associations, le lieu où les personnes vont pouvoir se reconstruire, reprendre un départ. Donc, on voit bien que, là aussi, vous le disiez, ce sont des choix politiques. Eh bien, tant sur le plan écologique, démocratique, que, sur le plan de la lutte contre les exclusions, il y a vraiment beaucoup à faire. Et allez voir ce document.

9:41
Présentateur

Oui, vous avez prononcé un mot, le mot climatique. Le mot climatique a disparu du débat public. Mais en l'occurrence, Florence vous demande si la question du changement climatique va enfin s'inviter dans la campagne électorale des municipales. Parce qu'à part des aménagements cosmétiques qu'on a vus et pour les villes les plus emblématiques du pays, bon, la question est assez peu, finalement, prise de front.

10:03
Invité

Elle est au cœur de l'alliance du pacte du pouvoir de vivre. L'idée initiale, en 2019, c'était de ne pas être juste dans l'y a qu'à faucon, mais de se dire comment on articule les enjeux démocratiques, les enjeux sociaux, les questions de services publics et la question environnementale. C'est exactement le cœur de notre union, de notre alliance. Et dans le cadre de ce document du pouvoir de ville, bien entendu que la question climatique, elle est prise en compte. sur la question de la prise.

10:30
Présentateur

Mais elle est absente dans le débat public. Elle est absente malheureusement. Et lorsqu'on interroge les Français, Marie-Dzé Léon, quand on interroge les Français sur leur priorité pour ces municipales, 41% disent c'est la sécurité, devant le logement, devant l'écologie. Et ça, pour le coup, c'est une thématique que vous abordez en filigrane. Nous, on l'aborde largement.

10:48
Invité

On est tous...

10:49
Présentateur

Elle n'est pas au cœur de ce pacte.

10:52
Invité

Elle est au cœur du pacte du pouvoir de ville. Nous, on est convaincus qu'il faut pouvoir, Christophe l'évoquait, l'intégrer dans la question de l'accès au logement, mais des logements avec une qualité de rénovation thermique, ou en tout cas une performance énergétique. On sait que ce sont les personnes les plus pauvres, les plus éloignées de l'emploi, qui ont une difficulté à avoir un logement. Non, pardon, je parlais de la sécurité. Oui, alors, il y a un enjeu, bien entendu, autour de répondre aux problématiques des citoyens et des citoyennes. Je pense que ce sont des sujets qui doivent être débattus. Je regrette que la campagne ne traite que de ces questions.

Vous aussi, vous n'abordez pas cette question de la sécurité. climatique, ça fait partie des sujets qui sont évoqués dans le cadre du pacte du pouvoir de vivre de façon globale. Mais pas dans le cadre du pouvoir de ville, Christophe Orbert. D'abord, vous parliez du changement climatique. Regardez les propositions du pacte sur le sujet dans ce document. La question de la biodiversité, la lutte contre l'artificialisation des sols, la pollution lumineuse, la végétalisation de la ville, par exemple, qui peut faire réduire sensiblement les degrés. C'est de 0,5 à 2 degrés. On peut agir.

12:03
Présentateur

Oui, mais armés ou non, les polices municipales, par exemple.

12:05
Invité

Pardon ?

12:06
Présentateur

Armés ou non, les polices municipales. C'est dans le débat, on le voit.

12:08
Invité

Oui, mais je ne crois pas que ce soit à nous de définir ce contexte-là. Là où nous avons quelque chose à dire et là où nous disons quelque chose au sein du pacte, c'est de dire que la sécurité est un enjeu majeur. Notamment, compte tenu de ce pour quoi nous travaillons, c'est que souvent ceux qui payent le prix de l'insécurité, c'est souvent les casses populaires. Je pense au quartier populaire. Donc, évidemment, c'est un enjeu majeur. Mais vous voyez bien qu'elle est, à mon avis, notre avis, l'objectif. C'est de dire, il y a plein de sujets, vous l'avez dit, qu'on ne traite pas qui font le quotidien des gens, qui font leur inquiétude, leur peur du déclassement, qui font leur colère.

Si on n'en parle pas, alors il faut parler de sécurité, il faut parler de géopolitique. On est dans un moment terrible, de la montée des populismes. Mais quand même, de quoi avons-nous besoin pour vivre ? De l'eau ? De l'électricité ? Du logement ? Du vivre ensemble ? De la solidarité ? Vous voyez ce que je veux dire ? Nous sommes des humains. Mobilité, de l'alimentation. De la mobilité, de l'alimentation saine et durable. Donc, à un moment, on ne peut pas squeezer tout ça, qui fait le quotidien de tout un chacun. Et peut-être un dernier mot. On sent un petit peu un esprit de renoncement, parfois, ici ou là, dans les débats publics en France aujourd'hui.

Nous, ce qu'on voit, c'est qu'il y a énormément d'initiatives, de citoyens, d'associations, d'organisations, de syndicats, de bailleurs sociaux, de fondations, et que toutes ces initiatives extrêmement positives, ancrées localement, qui répondent aux besoins du pays, il faut les démultiplier, il faut les encourager. Parce qu'elles sont force de lien social, elles sont force de résolution des problèmes. Et tout ça, on en parle globalement peu, et c'est pour ça que nous, on veut les remettre au cœur de l'action publique.

13:43
Présentateur

Et Marie-Lise Néon, il y a la question de l'emploi aussi. Ce n'est pas une prérogative, en principe, c'est plutôt une prérogative nationale, mais vous dites, vous, dans ce pacte du pouvoir de ville, qu'au niveau municipal, ça peut se jouer aussi, la question de l'emploi. Oui, ça peut se jouer.

13:56
Invité

Et je rebondis sur ce que disait aussi Christophe juste avant. Le pacte du pouvoir de vivre, et dans les propositions qui sont faites du pouvoir de ville, on est, nous, convaincus qu'il faut faire des choix radicaux. C'est-à-dire qu'il faut traiter les problèmes à la racine, et avoir une palette d'actions qui permettent de traiter à la fois les questions de logement, de mobilité, de transport, etc. Il y a aussi une question, on évoquait, comment on répond aux aspirations profondes des citoyens, une des aspirations profondes, c'est d'avoir accès à l'emploi. On défend l'idée d'avoir un droit à l'emploi. Que peut faire un maire ?

Un maire peut tout à fait s'impliquer dans la création d'une association. On est, nous, très des défenseurs des projets du type Territoire zéro chômeur longue durée, qui sont des associations qui créent des entreprises à but d'emploi. Et donc, ça permet des emplois en proximité, qui ont une utilité, qui sont sur un terrain non concurrentiel. C'est-à-dire qu'on crée une niche d'activité qui permet de remettre dans l'emploi des personnes très éloignées de l'emploi, qui, pour certaines, n'ont pas eu accès à l'emploi depuis 5, 6, 7, 8 ans.

15:09
Présentateur

Et on voit d'ailleurs, comme levier, qu'il y a 50% de la commande publique, le chiffre est énorme, qui provient des communes. 50% des commandes publiques, de la collectivité. Et nous, on dit qu'il faut des cahiers des charges.

15:22
Invité

Les cahiers des charges des collectivités pour les emplois locaux, dont vient de parler Marie-Lise, ils peuvent être aussi orientés dans une dimension sociale, dimension écologique, dimension démocratique. Donc tout ça, ce sont des leviers à la disposition des collectivités, qui ne coûtent pas forcément plus cher, puisqu'ils vont choisir d'embaucher. Mais qui vont-ils embaucher ? Pour faire quoi dans la ville ? Pour le bien commun, pour l'ensemble de la société.

15:44
Présentateur

Il y a cette question des propositions qui s'inscrivent dans ce que je rappelais, le pacte de pouvoir de vivre, cette plateforme commune qui a été lancée il y a quelques années, qui rassemble votre syndicat, la CFDT, Marie-Lise Léon, d'autres associations, dont la vôtre, Christophe Robert. On a l'impression que ce n'est plus le politique qui est à l'initiative. Est-ce qu'on se trompe quand on se dit que c'est aujourd'hui à la société civile de prendre le relais ? Alors ça vous fait sourire, Marie-Lise Léon ? Oui, parce que... Mais c'est un constat câblant quand même. Non, mais je pense qu'il ne faut pas le considérer que c'est pas l'un ou l'autre,

16:20
Invité

c'est pas fromage ou dessert. Et les politiques et la société civile. Je pense qu'on est à un moment clé démocratique dans notre pays, mais c'est aussi le cas à l'échelle internationale. Et je pense qu'aujourd'hui, le message qu'on envoie nous aujourd'hui en tant que représentants de cette alliance, d'une société civile qui représente des millions d'adhérents, de bénévoles, de personnes engagées, c'est qu'il y a une envie. Il y a une envie de participer, de débattre, et il y a une envie de faire. Et que les responsables politiques doivent l'intégrer. J'ai l'impression qu'on le répète depuis un certain nombre d'années maintenant. Oui, c'est pas fini je pense.

J'espère que ça percole petit à petit. Et l'idée n'est pas que la société civile fasse à la place des partis politiques, mais qu'on puisse travailler en complémentarité. Et donc c'est extrêmement important de pouvoir se dire que c'est un dialogue qui doit s'instaurer et se nourrir.

17:22
Présentateur

Alors puisqu'on vous tient Marie-Lise Léon, on sort un tout petit peu du pouvoir de ville. Vous avez entendu le président du MEDEF, Patrick Martin, qui propose un contrat jeune, un CDI, qui pourrait être rompu sans motif pendant les premières années. Il a été présenté dans une réunion à laquelle vous participiez. Qu'est-ce que vous en pensez de ce contrat jeune ?

17:40
Invité

Il a été effectivement évoqué par le responsable du MEDEF. Moi, je pense que ce n'est pas du tout la bonne façon de démarrer une discussion. Mon organisation, la CFDT, a été très impliquée sur les retraites. Je pense que tout le monde s'en est rendu compte. Aujourd'hui, je pense qu'on a une responsabilité collective, c'est de parler des jeunesses. On a besoin de s'adresser aux plus jeunes qui ont des grandes difficultés d'entrer dans l'emploi. Les propositions qui ont été faites sont des propositions qui appartiennent au MEDEF. Je ne considère pas qu'elles soient... Moi, je n'ai pas envie de discuter sur cette base-là.

Néanmoins, je reste convaincue qu'il faut qu'on puisse se parler entre organisation syndicale et patronale pour se dire, c'est quoi notre responsabilité partagée aujourd'hui ? Quel signal on envoie aux jeunes ? Et comment on a de vraies propositions et de vraies actions pour mieux les insérer dans l'emploi, dans l'emploi durable, les sortir pour un certain nombre de la précarité ? Et donc, la CFDT fera d'autres propositions très prochainement.

18:39
Présentateur

Merci en tout cas à tous les deux. Un dernier mot. Juste par rapport à votre question,

18:43
Invité

pour le résumer, on ne va pas pouvoir régler nos problèmes, les enjeux sociaux-écologiques, depuis le perron de l'Elysée. On ne change pas la société depuis le perron d'un ministère ou d'un autre. Donc, il faut engager toutes les forces vives qui sont contre la xénophobie, qui sont pour changer la donne sur le plan social et écologique. Et il faut les entraîner plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues. Et nous, on veut faire partie de ceux qui changeons la vie des territoires, qui changeons la vie du pays et qui puissent apaiser aussi cette société française.

19:09
Présentateur

Et d'où ce pouvoir de ville et ces propositions que vous avez formulées avec d'autres associations. C'est très facile à trouver en ligne et on engage les candidats et les très nombreux candidats qui sont sur les listes des 36 000 communes qui vont se présenter à aller y faire un tour ainsi que les citoyens. Merci infiniment à tous les deux. Merci. Bonne journée.

19:33
Invité

Merci à vous.