Policiers tabassés : la vidéo qui choque - C dans l'air l'invité - 22/10/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous donner des éléments de contexte sur le passage à tabac de 2 policiers à Marseille?
- 2:00FerméeRéponse directe
Pourquoi ne l'a-t-il pas fait?
- 4:00OuverteRéponse directe
Par quel phénomène les jeunes de ce quartier viennent au secours du dealer interpellé?
- 6:00RelanceRéponse directe
Ces opérations 'place nette'...
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce à dire que cette opération 'place nette' est un échec et que le trafic est plus fort?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00F.PloquinFait
« C'est l'un des plus gros points de deal de Marseille. »
- 5:00F.PloquinFait
« A Marseille, ils ont un peu tout inventé. Les drives, la livraison en voiture, comme quand on allait chercher son McDo. »
- 7:00F.PloquinChiffre
« Ils vont se balader avec 10, 20 ou 30 g à chaque fois. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
grâce à Schwarzkopf. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.
Vous êtes journaliste spécialiste du grand banditisme. La semaine prochaine sort votre livre "Confessions d'un patriote corse". Il y a de nombreuses révélations sur les actions du FLNC.
Mais d'abord, revenons sur ce passage à tabac de 2 policiers. Ca se passe à Marseille. Ca a été filmé.
Les vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Pouvez-vous nous donner des éléments de contexte? C'est dans le quartier de la Castellane, haut-lieu du trafic de drogue.
Depuis mars, on disait qu'il avait été nettoyé du trafic. - F.Ploquin: C'est l'un des plus gros points de deal de Marseille.
C'est là que les opérations "place nette" ont commencé symboliquement avec la visite du président de la République pour marquer le coup. C'est la cité qui est à l'avant-garde de tout. Ce genre de tabassage risque...
Ces jeunes de la Castellane prétendent montrer l'exemple. Ca risque de se reproduire ailleurs. Ils ont l'habitude des coups de pression, des tabassages, que ce soit en prison ou dans la rue.
La personne en face d'eux, qu'il s'agisse d'un policier ou d'un magistrat...
Ils ne connaissent que l'usage de la force. Ca fait 25 ans... - A.de Tarlé: Là, c'était 2 policiers. - F.Ploquin: Ca fait 25 ans que...
Avant les caméras, les tabassages existaient déjà. Ca fait 25 ans que les policiers nous alertent sur le fait qu'il y ait des guet-apens réguliers dans les quartiers. La grande crainte du policier, c'est de se retrouver à terre.
Le policier a une arme. Quand il est en danger, il peut s'en servir. Ce genre d'événement, s'il n'y avait pas eu un immense sang-froid...
L'un des 2 aurait pu légitimement se défendre. - A.de Tarlé: Pourquoi ne l'a-t-il pas fait? - F.Ploquin: Parce qu'ils ont eu le sang-froid.
Ils ont pris les coups, ils ont encaissé. - A.de Tarlé: Mieux vaut prendre un coup que risquer un drame? - F.Ploquin: On a affaire à une brigade un peu spécialisée. - A.de Tarlé: Que faisaient-ils ces policiers?
Ils étaient en train d'interpeller un dealer. - F.Ploquin: C'est une brigade sécurisée.
Ils ont un super équipement, non pas de Rambo, mais de RoboCop. Ils sont costauds, ils sont habitués à la confrontation. Sinon, ils ne seraient pas là, tout seuls, à deux, pour tenter de choper quelqu'un. - A.de Tarlé: Ils se sont fait déborder. - F.Ploquin: Ils n'étaient pas suffisamment nombreux.
C'est surprenant de se retrouver à deux dans une cité comme celle-là, réputée particulièrement chaude. Ils y vont à deux, donc ils n'ont pas peur. En face, les jeunes n'ont pas peur non plus.
Ce qu'ils font, ce sont des tabassages auxquels ils se livrent entre eux. Dans leur tête, ils ont grandi là-dedans. "On se tape la police comme"... - A.de Tarlé: Par quel phénomène les jeunes de ce quartier viennent au secours du dealer interpellé?
Il y a un phénomène "eux contre nous"? Qui étaient ces jeunes qui viennent tabasser les policiers? C'étaient des jeunes du quartier qui avaient un élan de solidarité ou alors... - F.Ploquin: A priori, ils font partie de ceux qui vivotent autour du trafic.
Ces jeunes gagnent 100 euros par jour sur le trafic. Avec les opérations de police répétées sur le quartier, ils perdent de l'argent. Il y a des jours sans les 100 euros.
Ils sont un peu énervés. Entre la 1re opération "place nette" et aujourd'hui, les policiers viennent tous les jours dans le quartier. Ca désorganise, ça fait fuir les clients.
Il y a des pertes financières. Tout le monde râle. Ils sont à cran.
Le sens qu'il faut donner à cet événement, c'est: "On ne va pas se laisser faire." Ca me fait craindre le pire. A un moment donné, pour les connaître bien...
Sur le terrain, aujourd'hui, on a des tueurs à gages de 13 ou 14 ans. Ils peuvent prendre les armes aussi. Là, c'est un tabassage. - A.de Tarlé: Prochaine étape, c'est cibler les policiers? - F.Ploquin: Je rappelle qu'à Nîmes, un gros commissariat a brûlé.
A Cavaillon, il y a eu une attaque d'un commissariat après l'arrestation de dealers. On passe dans un mode retour de bâton. "On va se venger.
On ne va pas se laisser faire. On va y aller." - A.de Tarlé: Ces opérations "place nette"... - F.Ploquin: C'est la réponse aux opérations "place nette".
C'est effrayant. Il y a des attaques de surveillants de prison à leur domicile. Des juges se font menacer aussi... - A.de Tarlé: La peur pourrait changer de camp? - F.Ploquin: La peur a un peu changé de camp, déjà, mais ça pourrait s'aggraver.
Finalement, rien ne les arrête. Que vous soyez policier, magistrat, préfet, vous êtes les dérangez dans leur business. Vous vous s'introduisez dans leur bulle commerciale et financière, dans leur petite vie autour du trafic.
Vous êtes un gêneur. Ca pourrait aussi être un journaliste. - A.de Tarlé: C'est Marseille, ça reste exceptionnel ou alors ça peut préfigurer d'un trafic qui s'étend à d'autres villes de France? - F.Ploquin: Malheureusement, Marseille est en quelque sorte le laboratoire de tout ce qui se fait en matière de trafic de stupéfiants.
Les 1ers tueurs à gages sont arrivés là, bientôt il y en aura ailleurs...
A Marseille, ils ont un peu tout inventé. Les drives, la livraison en voiture, comme quand on allait chercher son McDo. C'était il y a 20 ans.
A chaque fois, ils sont en avance. - A.de Tarlé: Est-ce que ces points de deal où c'est le client qui vient chercher la marchandise, ça fonctionne toujours aussi bien à l'heure de l'ubérisation du métier, comme on dit? - F.Ploquin: Ca ringardise un peu les points de deal.
Le client se fait repérer quand il arrive, quand il sort. Il peut se faire arrêter à l'entrée ou à la sortie...
Les clients vont continuer à y aller, mais c'est vrai que l'avenir, c'est plutôt quelque chose de plus souterrain, avec peu de quantités à chaque fois. Il y aurait des peines légères parce qu'ils vont se balader avec 10, 20 ou 30 g à chaque fois. A terme, ces points de deal vont se ringardiser, au pied de la cité. - A.de Tarlé: Sur ce passage à tabac, les habitants du quartier étaient effarés de cette violence.
Est-ce à dire que cette opération "place nette" est un échec et que le trafic est plus fort? Ce sont eux qui arrivent à déloger les forces de l'ordre? - F.Ploquin: L'échec n'est pas encore...
Une opération "place nette", si vous en faites une le lundi, il faut en faire une le samedi et l'autre la semaine suivante. Ca ne suffit pas. Si vous harcelez de manière quotidienne, la riposte, c'est celle-là.
Ils montrent qu'ils ne vont pas se laisser faire et qu'ils vont...
Le trafic de drogue, pour l'instant, a besoin encore Il faut tenir son territoire. En face, le policier essaie de réintégrer la République dans ces espaces. Ils leur disent: "Ce n'est pas pour nous.
Nous, on veut préserver nos marges, notre business." C'est extrêmement important pour eux de marquer le territoire. Quand il y a marqué "DZ Mafia" sur le mur...
C'est un peu comme le chien qui marque son territoire. "Ici, c'est chez moi. Vous n'y mettrez pas les pieds." - A.de Tarlé: Ces territoires s'étendent.
Dans toutes les villes, il y a des métastases? - F.Ploquin: C'est ce même principe qui se développe sur tout l'arc méditerranéen.
A Nîmes, dans le Var, Cavaillon...
On voit l'ultraviolence se généraliser. L'idée, pour eux, c'est de bâtir un empire qui dépasse le seul quartier. - A.de Tarlé: Merci, F.Ploquin.
Je rappelle votre livre, "Confessions d'un patriote corse". Ca sort la semaine prochaine. Vous restez avec nous.