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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 mai 2017 25 min

Valérie Pécresse veut "une cohabitation apaisée et constructive"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bienvenue dans l'émission politique de France Saint-Four. On est ensemble comme tous les matins jusqu'à 9h. Jean-Michel Apathie est là. Bonjour Jean-Michel Apathie. Ça grimce un peu, c'est le micro qui grimce. Bonjour Fabienne. Gilles Bornchan est là également avec Guy Birenbaum. Et notre invitée ce matin est présidente de la région Île-de-France. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Emmanuel Macron deviendra officiellement le 8ème président de la 5ème République dimanche après la passation des pouvoirs avec François Hollande. Quelle image vous avez, quel jugement vous portez sur Emmanuel Macron ?

0:30
Valérie Pécresse

D'abord, moi j'ai été extrêmement soulagée parce que rien n'aurait été pire pour l'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir, je l'ai dit. Donc j'ai voté pour lui. Ça n'était pas un vote d'adhésion à son projet, vous l'imaginez bien, mais...

0:45
Présentateur

39 ans, ça renouvelle la politique, c'est important, ça apporte quelque chose à la société française ?

0:49
Valérie Pécresse

C'est sa démarche qui est une démarche qui est impressionnante, d'avoir réussi à créer comme ça, j'allais dire, un mouvement politique, un mouvement qui réussit à le porter jusqu'à la direction de la France. C'est quand même un parcours politiquement très impressionnant. Maintenant, je vais le juger sur ses actes. Et je pense qu'il ne faut pas qu'on oublie aujourd'hui qu'il y a quand même une France extraordinairement colère qui s'est exprimée dans cette élection avec plus de 45% de votes extrêmes.

Donc le sujet aujourd'hui, c'est comment on réconcilie cette France et comment est-ce qu'on arrive, nous, la droite et le centre, à donner le sentiment que, effectivement, vis-à-vis du président élu, on est à la fois constructif, mais en même temps, on est des personnalités de conviction, c'est-à-dire qu'on défend un certain nombre d'idées et qu'on défend un certain nombre de propositions pour réconcilier la France et la faire réussir. Et je crois que c'est important d'être dans les solutions. Ce sera l'objet des élections législatives à ce propos, Gilles Manstein.

1:49
Locuteur 7

Alors hier, son mouvement a présenté une grande partie de ses candidatures et il y a 52% de membres de la société civile. C'est donc un renouvellement assez impressionnant. Est-ce que vous n'êtes pas un peu jalouse de ce qu'il est parvenu à faire de ce point de vue-là ?

2:04
Valérie Pécresse

Écoutez, moi, j'étais un petit peu sur ma faim en regardant la liste hier parce que ce qui m'a frappée, c'est quand même qu'il y avait beaucoup de choses qui ressemblaient à de la politique traditionnelle. Des petits arrangements politiques, des petits désaccords d'appareil, la volonté d'aller un petit peu à droite, chercher des gens, d'aller un petit peu chercher des gens à gauche.

2:29
Locuteur 7

Sur 150 circonscriptions, sur 400 et quelques, on voit qu'il y a du renouvellement, il y a de la parité. Des gens qui n'ont jamais de mandat, qui n'ont jamais fait de politique. C'est un peu le fantasme de, tiens, mon renouvellement, quoi.

2:39
Valérie Pécresse

Non, mais alors, c'est un pari. C'est un pari. Moi, je regarde ça avec intérêt. Il faut dire qu'à la région Île-de-France, je ne peux pas dire que prendre des personnalités socioprofessionnelles, comme on les appelle, les personnalités de la société civile, et les amener à la politique que ce soit mal, je pense que c'est utile de régénérer la politique. Je l'ai fait dans mes listes pour la région. Mais c'est vrai aussi que... Emmanuel Macron vous a copié. Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais ce que je veux dire, c'est que...

Non, non, mais les régionales, c'est plus facile, parce que les régionales, ça permet aussi de former des personnalités, ça permet aussi de leur donner un certain nombre de responsabilités, pour que petit à petit, ils apprennent la politique. Là, on a des personnalités qui veulent faire de la politique, de la société civile, on va les juger sur leurs actes, on va voir si elles réussissent. Moi, je ne peux pas, évidemment, compte tenu de mon parcours, dire qu'être élu, c'est mal, et que ce n'est pas bien d'avoir été élu pour briguer ensuite un mandat national.

Moi, je crois que l'expérience d'un élu local qui a servi, qui a vu les problèmes de ses concitoyens, qui s'est engagé pour justement résoudre ses problèmes, ce parcours d'élu local vers élu national est un parcours qui, pour moi, est un parcours assez naturel.

3:48
Présentateur

Mais je pense aussi que venir de la société civile, ça enrichit la politique. C'est un peu à l'image d'Emmanuel Macron, puisque sa première candidature, ce n'était pas une cantonale, mais c'était à la présidence de la République.

3:55
Valérie Pécresse

Oui, oui, mais bien sûr. Mais cela dit, vous savez, la politique, malheureusement, il y a un côté glamour, bien sûr, mais il y a aussi un côté servitude. Je veux dire, c'est quand même un sacerdoce. Enfin, vous qui voyez des politiques toute la journée passer face à vous, vous savez, les Français sont très exigeants. Ce qu'ils veulent, ce n'est pas qu'on vienne se servir, ce n'est pas qu'on vienne prendre des places. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on soit à leur service et vraiment qu'on apporte des solutions.

J'y reviens parce que ça va être, comme vous l'avez très bien dit, Jean-Michel Apathy, le sujet aujourd'hui, c'est le sujet de quelles sont les solutions qui vont faire réussir les Français et la France, quelles sont les solutions qui vont faire baisser le chômage, quelles sont les solutions qui vont augmenter le pouvoir d'achat, quelles sont les solutions qui vont améliorer la sécurité, permettre de lutter contre le terrorisme islamique, permettre de garder la nation soudée malgré le risque du communautarisme. Et donc, c'est sur les propositions qu'on va nous attendre.

Et vraiment, les Français, ils ne seront pas très indulgents avec nous si on n'est pas tout de suite dans un projet, dans des solutions.

4:51
Présentateur

Alors les solutions, c'est important. On en est à l'étape donc où des candidats se mettent en place dans les différents partis d'ailleurs pour les élections législatives. Et à ce propos, on voulait vous faire regarder une séquence puisque nous parlons de renouvellement. Mercredi, François Barouin, qui est le chef de file des Républicains pour les élections législatives, présentait son programme et ses candidats. Et puis il s'est fait un peu attraper en conférence de presse par un journaliste du quotidien sur le thème du renouvellement.

5:12
Locuteur 3

Vous parliez en introduction de renouvellement pour les législatives dans votre camp. Les gens qui sont sur scène aujourd'hui sont tous en politique depuis de très très longues années. Du coup, ma question, où est le renouvellement ?

5:24
Locuteur 1

Le renouvellement, vous aurez des nouveaux visages. Alors c'est vrai, vous êtes peut-être un peu fatigué et usé, comme disait le Premier ministre Lionel Josselin à une certaine époque, de nous voir. Mais nous, on est très très content de servir notre pays.

5:34
Présentateur

Est-ce que, pas à vous spécifiquement, ça ne vous donne pas un coup de vieux ce que fait Emmanuel Macron pour ses législatives ?

5:41
Valérie Pécresse

Vous savez, moi je ne peux pas penser que les années d'expérience sont forcément nuisibles. Voilà, M. Jean-Michel Apathy, vos années d'expérience de radio vous ont rendu tout à fait compétent pour diriger ce débat, cette émission.

5:56
Présentateur

Je n'arrive pas à y venir, mais je ne sais pas si je peux te comparer. C'est une bonne guerre.

6:00
Locuteur 9

Je veux dire, si demain, non mais écoute, je ne crois pas qu'il faille jeter l'expérience pour l'expérience.

6:06
Valérie Pécresse

C'est vrai que l'élection d'Emmanuel Macron a proposé à l'élection de l'élection de l'État en France, et c'est vrai qu'un certain nombre...

6:11
Locuteur 5

On ne vous entend plus parce que vous êtes en train d'appuyer sur un micro d'ordre qui est sous la table. Sous la table, voilà. Pardonnez-moi, mais je suis obligé de vous interrompre. Voilà, on touche pas.

6:18
Valérie Pécresse

Pardon, alors... Vous reprenez ? Désolé.

6:20
Présentateur

Vous oubliez ce que vous disiez de mes années d'expérience.

6:22
Valérie Pécresse

Voilà, c'est fini. Non, je dis que l'expérience peut être quelque chose de très positif et qui peut amener à des très hautes fonctions. Mais en revanche, ce que je voulais dire aussi, c'est que depuis l'élection d'Emmanuel Macron, c'est vrai qu'il y a eu un petit électrochoc à droite, et c'est vrai qu'un certain nombre de députés qui envisageaient de se représenter pour le quatrième, le cinquième mandat, ont dit je passe la main et j'ai un successeur. Et donc du coup, ça a effectivement accéléré, y compris chez nous, le renouvellement, et nous aurons beaucoup de jeunes, beaucoup de femmes, ce qui est un peu nouveau aussi pour la droite et le centre.

6:52
Présentateur

Est-ce qu'il vous oblige quand même à secouer de ce point de vue-là, non ? Est-ce qu'il vous oblige un petit peu à changer les têtes aussi, à changer les discours, à changer beaucoup de choses ?

7:00
Locuteur 7

Pour la parité, pour le coup, lui, c'est parité absolue. C'est assez réussi de ce point de vue-là.

7:04
Valérie Pécresse

Oui, mais il n'avait pas de sortants, c'est toujours beaucoup plus facile, M. Brunchein, comme vous le savez, parce que nous, il faut qu'on mette beaucoup de formes à dire aux sortants, il ne faut pas y retourner. Mais ça progresse énormément, puisque je pense qu'on va avoir des chiffres qui seront très très honorables, et c'est peut-être la première fois que nous les aurons. Alors, c'est vrai que ce renouvellement, moi, je m'étais obligée à le faire au moment des régionales. J'ai fait des listes qui ressemblent à l'île de France. J'ai inclus beaucoup de diversité. J'ai inclus des profils tout à fait atypiques. Et puis, j'ai aussi, dans ces régionales, inclus un renouveau des pratiques.

C'est-à-dire que moi, j'ai refusé toutes les personnes mises en examen sur les listes, malgré la présomption d'innocence. J'ai mis fin aux recrutements familiaux. J'ai mis fin aux recrutements familiaux. Comme lui. Oui, mais avant lui. Et pardon, M. Brunchein, pour la droite et le centre. Donc, ça veut dire que... Mais donc, c'est bien ce qu'il va leur dire. Non, non, non, M. Brunchein, je finis ce que je voulais dire. Ça n'est pas nouveau. D'accord. Ça s'est déjà fait. Et ça s'est même fait, pardon, à droite et au centre. Et c'est peut-être d'ailleurs pour ça que les franciliens nous ont fait confiance.

Maintenant, je pense quand même, et j'y reviens, que des personnes sont là pour appliquer un projet. Moi, mon sujet, c'est que le projet d'Emmanuel Macron n'est pas le mien. Et je pense que les Français ont envie qu'on défendre des convictions désormais.

8:21
Présentateur

Oui, on y revient dans une minute. Tout pile il est 8h41 sur France Info. Victor Maté pour l'Essentiel.

8:27
Locuteur 2

Et beaucoup de nouveaux visages parmi les 428 premiers noms d'En Marche dévoilés hier pour les législatives, mais aussi quelques ratés des candidats investis qui, en fait, ne l'étaient pas, à l'image du président du club de rugby de Toulon, Mourad Boudjela, ou encore du maire de Sarcelles, François Puponi. Problème inverse pour le modem de François Bayrou, qui aurait souhaité plus de circonscriptions. Résultat, le maire de Pau ne donne pas son assentiment à cette liste d'En Marche et convoque un bureau politique ce soir. François Bayrou sur le podium des favoris pour Matignon, entre Alain Juppé et Jean-Yves Le Drian.

C'est en tous les cas le résultat de l'enquête au Doxa ce matin pour France Info. Le nom du nouveau Premier ministre sera connu lundi. Et puis des bonbonnes de gaz et des bidons d'essence, les près de 280 salariés de GMS menacent désormais de faire sauter leur usine de la souterraine dans la Creuse. L'équipementier automobile risque la liquidation judiciaire.

9:19
Présentateur

France Info, c'est Valérie Pécresse qui est notre invitée ce matin sur France Info jusqu'à 9h. La question c'est vous Gilles Bernstein.

9:27
Valérie Pécresse

Est-ce que je peux juste réagir au journal ? Vous avez vu que les Français considèrent que Bayrou, Le Drian et Alain Juppé seraient des bons premiers ministres. Donc ils ne récusent pas l'idée d'expérience. Mais ils sont... Par nature, enfin ils ne la récusent pas. Ils sont pas intelligents. Non en fait ce qu'ils veulent, je vais vous dire ce qu'ils veulent. Ils veulent la complémentarité.

9:44
Locuteur 5

Mais vous savez c'est un sondage qui a été fait aussi à partir de la notoriété des personnes. C'est aussi ça que ça dit. C'est sans doute aussi qu'ils sont très connus.

9:52
Valérie Pécresse

Alors justement une question sur le premier ministre.

9:55
Locuteur 7

Est-ce que vous redoutez Valérie Pécresse la nomination d'un premier ministre de droite ?

10:00
Valérie Pécresse

Mais vous savez, le sujet c'est qu'est-ce qu'un premier ministre ? Un premier ministre c'est quelqu'un qui est là pour porter un projet. Pour porter un projet. Et donc moi j'ai envie de dire, le président de la République a l'air d'avoir envie d'avoir un premier ministre de droite. Et bien donnons lui un gouvernement de droite. C'est le sujet des législatives. Les législatives c'est le troisième tour de la présidentielle. On a un président élu, il est légitime, il va diriger le pays. Et je crois qu'il est assez ouvert finalement. Et puis on a une droite et un centre qui sont très soudés, qui ont un programme. Et un programme qui porte plus de réformes pour lutter contre le chômage.

Qui porte plus de pouvoir d'achat, moins de hausse d'impôt. Pas de hausse d'impôt du tout, d'ailleurs des baisses d'impôt. Et puis qui porte beaucoup plus d'autorité. Des mesures beaucoup plus fortes en matière de sécurité, de lutte contre l'islamisme radical, de lutte contre le communautarisme. Donc moi j'ai envie de dire aux français, exprimez-vous. Allez-y, faites votre choix. Un président, Emmanuel Macron, avec une cohabitation apaisée et constructive.

10:59
Présentateur

Mais là, pour la clarté du propos, le président de la République va nommer un Premier ministre tout de suite. Avant les élections législatives, puisque ce que vous dessinez c'est une cohabitation. Qu'est-ce qui vous déplaît dans le programme d'Emmanuel Macron, son programme politique ?

11:13
Valérie Pécresse

Je vous l'ai dit, je pense qu'il ne va pas assez loin. Il ne va pas assez loin dans la réforme.

11:17
Présentateur

Il va dans le bon sens, mais pas assez loin, c'est ça que vous dites ?

11:19
Valérie Pécresse

Dans certains domaines il va dans le bon sens, dans d'autres il ne va pas dans le bon sens, puisqu'il ne va pas, sur les sujets, vous m'interrompez, il ne va pas assez loin sur les réformes pour vraiment faire reculer le chômage. Il y avait encore hier dans les échos un article qui expliquait que nos retraites, ça allait être beaucoup plus dur de boucler l'équilibre financier des retraites que prévu. Et Emmanuel Macron a dit, pendant 5 ans, on ne fait rien sur les retraites. Or, il faut sécuriser les retraites. Sur les impôts, il veut augmenter la CSG. Nous, nous pensons que ce n'est pas une bonne mesure de faire une atteinte.

11:51
Présentateur

Augmenter la CSG et baisser des cotisations pour compenser.

11:53
Valérie Pécresse

Oui, mais sauf que ce n'est pas les mêmes. Personne, et donc les fonctionnaires, par exemple, ou les retraités, vont avoir une baisse directe de pouvoir d'achat, alors que dans notre projet, il y a la défiscalisation des heures supplémentaires pour ceux qui travaillent, et puis il y a la baisse de l'impôt sur le revenu. Mais du coup, si, pardon, ça c'est sur le pouvoir d'achat et sur le chômage. Mais, parce que pour faire baisser le chômage, soyons clairs, il faut faire baisser les impôts et les charges sur les entreprises.

12:19
Présentateur

Réformer les comptes du travail, ce n'est pas une bonne idée ?

12:20
Valérie Pécresse

Et réformer le code du travail, il faut le faire. C'est une bonne idée ça, celle de Macron ? Oui, mais là-dessus, il peut aller dans le bon sens, il peut y avoir des choses sur lesquelles nous serons d'accord. Mais je pense qu'il ne va pas assez loin dans la réforme. Je pense que si les Français veulent vraiment un programme d'alternance qui résolve le problème du chômage, il faut qu'ils votent pour la droite et le centre. Et par ailleurs, sur les sujets régaliens et de sécurité, je pense clairement qu'il y a une sous-estimation de la gravité de la menace qui pèse sur la société française.

Vous savez, je suis élue d'une région qui malheureusement a eu à souffrir à la fois une poussée très forte du communautarisme, du djihadisme et des attentats terroristes. Nous avons une menace qui est très forte. Moi, sur la question de la déchéance de nationalité sur les Français partis faire le djihad, je pense que c'est une mesure absolument indispensable pour qu'ils ne reviennent pas en France. Ils sont 4 000, ils sont en Syrie et en Irak. Donc, s'il vous plaît, il y a des sujets sur la majorité pénale à 16 ans pour les récidivistes. Je pense aussi que c'est une bonne mesure. Mme Pécresse, mais 4 000 doivent pas être binationaux.

Mais binationaux ou pas binationaux, qu'ils soient français de 4 ou 5 générations, qu'ils soient français d'hier, M. Brunchein, pour moi, c'est la même chose et on les traite de la même façon.

13:26
Présentateur

S'il nomme un Premier ministre de droite, est-ce qu'il n'aura pas fait quand même la moitié de ce chemin-là ? Est-ce qu'on ne peut pas se dire dans ces cas-là, votons pour voir ? Je vais le juger sur ses actes, Emmanuel Macron.

13:35
Valérie Pécresse

Et bien évidemment, moi, je serai constructive.

13:37
Présentateur

Le premier acte, c'est la nomination de ce Premier ministre. Le premier acte, ça va être celui-là. Donc, s'il est de droite, est-ce que vous direz, ok, allons, voyons pour voir ?

13:45
Valérie Pécresse

Non, parce que le Premier ministre qu'il va nommer va être l'homme du Président. Ce n'est pas l'émanation d'une majorité politique, c'est l'émanation de l'élection présidentielle. Donc, il va élire une personnalité qui aura... Nommé, nommé. Oui, pardon, justement, le lapsus est révélateur. Tout à fait. Il va nommer une personnalité qui n'est pas élue, qui est l'homme du Président, qui sera certainement quelqu'un qui aura beaucoup de qualités, mais peut-être aussi quelqu'un de gauche qui aura des qualités, vous voyez. Donc, ça, ça existe. Ça existe aussi. Et moi, vous savez, je ne suis pas dans une démarche sectaire.

Je suis dans une démarche qui est aujourd'hui de défendre un certain nombre de convictions, parce que je crois que c'est les bonnes solutions pour le pays et pour les Français. C'est tout. Et je pense que c'est ça que les Français attendent de nous. Ils attendent des convictions. Et ils attendent qu'on défende un projet. Donc, voilà. Donc, le Premier ministre qui va être nommé, il adhérera au projet d'Emmanuel Macron. Donc, il sera le Premier ministre d'Emmanuel Macron. Et il sera là pour défendre aux législatives le projet d'Emmanuel Macron, qui n'est pas le mien.

14:37
Présentateur

C'est la règle des institutions. Et puis, vous, bien entendu, vous défendez votre parti. Mais c'est compliqué de dire quand même aux électeurs, vous venez d'élire un Président de la République et votez pour l'un de ses adversaires et organisez la cohabitation. Ne donnez pas au Président de la République les moyens de gouverner.

14:53
Valérie Pécresse

Non, non, mais c'est pour ça que cette cohabitation, ça ne doit pas être une cohabitation de blocage institutionnel. Ça doit être une cohabitation apaisée sur un projet. Mais c'est aussi un cas unique. Vous l'avez dit vous-même. On a un Président de la République qui vient de la gauche, clairement, qui était dans le gouvernement Hollande, mais qui nous dit « Je suis prêt à gouverner avec la droite ». Et finalement, je vais vous dire, c'est les Français qui ont le bulletin de vote en main. Ah oui, c'est clair. Oui, mais on n'a pas fait tellement dans la présidentielle de débats projet contre projet, soyons clairs. Enfin, au deuxième tour, il y avait clairement deux visions qui s'opposaient.

Mais si, au premier tour, c'était quand même un peu du grand n'importe quoi, pardon de vous dire. J'ai vécu avec beaucoup de souffrance le débat à 11, où on nous expliquait que le chômage, c'était à la fois la faute de l'Europe et la faute des chefs d'entreprise. Ça n'est ni la faute de l'Europe, ni la faute des chefs d'entreprise. C'est notre faute à nous, parce qu'on ne sait pas se réformer et parce qu'on a accepté une sur-bureaucratie et une sur-taxation absolument surréaliste. Voilà. Donc, je pense que ce débat, on doit l'avoir. Et c'est le moment des législatives.

Donc, moi, j'aimerais que le législatif, ce ne soit pas que du cosmétique, que ce ne soit pas que de la politique politicienne, que ce ne soit pas que du people, qu'à un moment donné, on dise, ben voilà, c'est quoi les vraies solutions pour faire baisser le chômage en France ? Et si on ne fait pas la réforme de l'assurance chômage, est-ce qu'on arrivera à contenir les dépenses, les cotisations chômage et baisser les charges ? Je ne crois pas. Si on ne réforme pas l'assurance maladie, où est-ce que M. Macron et son Premier ministre vont faire les baisses de dépenses ? Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Comment ils vont baisser les impôts ? Parce que j'ai vu l'estimation de M.

Langlais du programme d'Emmanuel Macron dans l'émission politique. Et il disait 100 milliards de dettes supplémentaires dès la première année. Est-ce que c'est pour ça que les électeurs de M. Bayrou, qui sont si attachés à la réduction de la dette, veulent voter ? Donc on a un président légitime, donnons-lui une majorité de la droite et du sang.

16:37
Présentateur

Il est 8h50 sur France Info. Victor Maté pour une minute, on se retrouve juste après.

16:44
Locuteur 2

Premier faux pas pour En Marche. François Bayrou soutient d'Emmanuel Macron, réclame plus de circonscriptions et ne donne pas son assentiment à la liste proposée pour les législatives. Le Modem réunit ce soir un bureau politique. Autre accro parmi les 428 premiers noms investis par En Marche. Des erreurs dans la version initiale. Des noms y figuraient alors qu'il n'aurait pas dû y être une dizaine d'erreurs au total. Manuel Valls, lui, n'a pas été investi. Problème de critères officiellement. Mais l'ex-premier ministre salue sur Twitter la décision d'En Marche de ne pas présenter de candidat face à lui dans l'Essonne.

Un an après la reconnaissance de leur préjudice d'anxiété, les anciens mineurs de charbon de Moselle veulent plus que les 1000 euros d'indemnités proposées. Ils sont 755 ce matin devant la cour d'appel de Metz. Et puis les regrets des footballeurs lyonnais passés tout près hier soir. Mais finalement éliminés en demi-finale de la Ligue Europa par l'Ajax Amsterdam. Il a manqué un but pour arracher les prolongations. Victoire 3-1 mais défaite la semaine dernière. 4 buts à 1.

17:42
Présentateur

France Info. Manuel Valls est avec nous sur France Info ce matin. Et la question c'est vous Gilles Bernstein.

17:49
Locuteur 7

Vous avez considérablement modifié le programme qui était celui de François Fillon pour les présidentielles. Plus de hausse de TVA, défiscalisation des heures supplémentaires. Vous en avez dit un mot. Moins de diminution des postes de fonctionnaires. Pourquoi ? Enfin qu'est-ce qui ne fonctionnait pas dans ce programme de François Fillon ? Pourquoi les Français n'en ont-ils pas voulu ?

18:11
Valérie Pécresse

Moi je crois qu'on s'était coupé des racines populaires de la droite et notamment d'une valeur qui est absolument indispensable. Mais je l'avais dit à François Fillon à l'époque, j'avais plaidé pour qu'on revienne à ce qui avait été un marqueur très fort de la droite, la défiscalisation des heures supplémentaires. Parce que, évidemment pour tous ceux qui travaillent, c'est à la fois du pouvoir d'achat à la fin du mois, mais c'est aussi montrer qu'on gagne plus en travaillant et que le travail paye plus que l'assistance. Donc c'est un marqueur fort de la droite.

Il n'était pas dans le programme de François Fillon, nous l'avions regretté, nous avions été plusieurs, François Baroin, Xavier Bertrand. Et je pense que c'est une bonne chose de l'avoir remis.

18:48
Présentateur

Vous souteniez un programme auquel vous n'y croyez pas beaucoup, quand vous le souteniez ?

18:54
Valérie Pécresse

Je croyais à un certain nombre de choses du programme. Tout le volet régalien était tout à fait adapté à la menace et à la situation de danger dans laquelle se trouve dans notre pays. Beaucoup de choses sur les réformes puissantes. Moi j'ai défendu la suppression du nombre de fonctionnaires. D'ailleurs nous avons gardé l'objectif des 500 000. Nous l'avons étalé sur 7 ans parce que c'est plus crédible. Mais nous gardons cet objectif de suppression de 500 000 postes, pas à l'hôpital, pas dans la sécurité. Ça a été précisé. Mais pourquoi c'est crédible ? C'est crédible si on fait une vraie réforme.

Et je peux vous dire, pour l'avoir fait à la région Île-de-France, qu'en réalité il y a énormément de doublons à supprimer. Il y a une nouvelle étape de la décentralisation à faire. Il faut qu'on arrête de faire tous, tout et en même temps. Donc c'est vrai qu'il y a la possibilité de resserrer l'État sur ces missions régaliennes et de donner beaucoup plus de pouvoir, y compris à la société civile. Il paraît que c'est elle qui doit s'investir. Mais je suis très pour que la société civile s'investisse dans des missions d'intérêt général.

19:52
Présentateur

Changer le programme entre la présidentielle et la législative, évidemment, ça ne plaide pas pour une crédibilité très forte.

19:58
Valérie Pécresse

Monsieur Apathy, relisez le programme, il a été ajusté à la marge, avec effectivement...

20:03
Présentateur

À la marge, vous diriez ?

20:04
Valérie Pécresse

Oui, c'est à la marge. La seule... Une grosse marge, hein ? Non, non, non, non.

20:07
Présentateur

Je sais que TVA fonctionnaire, c'est une sacrée grosse marge. TVA fonctionnaire, honnêtement, c'est une très grosse marge. TVA fonctionnaire, c'est une... Parce que... Attendez, attendez, attendez, madame Senthès, on passe de 500 000 à 300 000 ?

20:18
Valérie Pécresse

Non, on passe de 500 000 sur 5 ans à 500 000 sur 7 ans. Mais attendez, moi j'attends de voir de combien le président de la République va réussir à réduire les dépenses avec 80 milliards de dettes supplémentaires dès l'année prochaine, 100 milliards de dettes supplémentaires dès l'année prochaine.

20:31
Locuteur 7

Mais si c'est à la marge, les Français ont dit non une fois, ils diront non une deuxième fois ?

20:33
Valérie Pécresse

Non, non, c'est à la marge, mais avec vraiment deux ou trois mesures fortes en matière de pouvoir d'achat. Et c'est ça qui manquait vraiment dans le programme initial. Mais en revanche, je suis désolée, on a gardé la réforme de l'assurance chômage, on a gardé 500 000 suppressions de postes, on a gardé la réforme des retraites. Et c'est ça qui va nous permettre de faire des économies, de baisser les impôts et les charges, et de rendre de la compétitivité à nos entreprises, et de leur permettre d'embaucher, puisque le sujet, le combat, l'urgence sociale, c'est le chômage. Si le chômage baisse, les extrêmes baisseront. Parce qu'aujourd'hui, le vrai sujet, c'est le chômage.

Et c'était notre crédo toute la campagne présidentielle, et on le garde. Les fils rouges, autorité et chômage, lutte contre le chômage, c'est des fils rouges qu'on a gardés, qui sont très puissants, et pour lesquels, pardon, je pense que nous avons les bonnes solutions.

21:23
Présentateur

Le Premier ministre...

21:24
Valérie Pécresse

C'est les solutions qui ont marché dans tous les autres pays, je ne dis pas ça par arrogance. C'est les solutions qui ont marché en Allemagne, qui ont marché dans l'Europe du Nord. On ne les a pas inventées, on essaye juste de les faire appliquer en France. Ce n'est pas le programme du président de la République.

21:36
Présentateur

Le Premier ministre, si vous gagnez, ce serait François Baroin, si on comprend bien le dispositif qui est mis en place chez les Républicains. Ça a l'air là aussi d'être un compromis dans votre parti, parce qu'il y a bien deux lignes dans votre parti, c'est pas tranché. On voit bien qu'il y a une ligne plus radicale, sans doute, ou assez différente de ce que porte François Baroin. Ce n'est pas un souci de...

21:56
Valérie Pécresse

Je comprends que vous aimeriez que nous ayons des soucis, mais malheureusement, nous sommes très unis. Et nous sommes très unis, y compris avec le centre.

22:05
Présentateur

Vous dites ça sans sourire ?

22:06
Valérie Pécresse

Je dis ça totalement sans sourire. Nous sommes très unis sur un programme. Moi, je vais vous dire, les législatives, c'est défendre un projet. Et d'ailleurs, ce sera ce que fera le gouvernement d'Emmanuel Macron la semaine prochaine. Ils défendront le programme d'Emmanuel Macron, avec finalement assez peu de choses sur la sécurité et la justice. On n'a pas bien compris s'il était sur la ligne Taubira ou s'il était sur la ligne Valls. Donc il va falloir qu'il clarifie. Mais pour l'instant, je peux vous dire que si vous votez pour la droite et le centre, vous aurez une justice implacable avec les délinquants. Donc le sujet, aujourd'hui, il est simple, c'est de la clarté.

Nous, on a un programme très clair. On a effectivement un chef de campagne. C'est clair. Pardon de vous dire qu'on ne s'est pas disputé pour le nommer, parce qu'il s'est imposé de lui-même.

22:51
Présentateur

C'est plutôt un compromis, quoi. À l'un, le parti, à l'autre, la campagne. Ça ressemble à des dispositifs d'attente pour l'après-élection législative.

23:00
Valérie Pécresse

M. Apathy, vous avez un regard qui est plus indulgent pour M. Macron que pour nous, parce qu'on pourrait dire la même chose des listes de candidats d'En Marche, qui sont le fruit d'une espèce de tractation d'appareil qui ressemble plus à la Quatrième République qu'au renouveau tant attendu. Parce que quand on est en train de négocier avec M. Bayrou, avec M. Valls, avec le Parti Socialiste, et d'essayer de débaucher des personnalités de la droite, ça ressemble plus à de la politique à l'ancienne qu'à de la politique nouvelle.

23:26
Présentateur

Il y a du bricolage, il y en a partout, mais le leadership En Marche, il n'est pas très contesté. C'est la différence.

23:32
Valérie Pécresse

Mais il est chez nous non plus.

23:33
Présentateur

D'accord. Très bien. Bon, si vous le dites, on va vous croire.

23:36
Valérie Pécresse

Mais vous savez, je pense que la clarification de l'organisation du parti d'opposition, elle se fera après législative. Si nous sommes dans l'opposition, mais comme les Français ne se sont pas prononcés, moi, je les laisse se prononcer. Et je leur dis, regardez les projets, lisez-les. C'est le moment de débattre enfin de notre projet pour la France.

23:55
Locuteur 5

Claude Molière ? Non, juste avant, Claude Molière, un tout petit mot. Vous avez adressé un soutien républicain et féminin à Brigitte Macron sur Twitter, victime d'un déferlement de commentaires sexistes et misogynes. Franchement, la honte, avez-vous tweeté. Vous avez du boulot, même dans votre camp, parce que parfois, il arrive qu'on lise chez les militants de chez vous des choses assez horribles.

24:12
Valérie Pécresse

Oui, je crois que ce n'est pas l'apanage de la droite d'être sexiste, permettez-moi de vous le dire. Mais non, non, c'est vrai. Je pense franchement que, voilà, je suis dans l'opposition et c'est assez net, une opposition constructive, mais une opposition quand même. Je pense que Brigitte Macron tient son rang. Et moi, je n'accepte pas qu'on attaque la première dame, une première dame qui tient son rang.

24:36
Présentateur

Donc, vous dites première dame, d'ailleurs, c'est intéressant que vous employiez ce terme qui, normalement, n'existe pas. Ça veut dire qu'il y aura bien une première dame, qu'il y aura un statut différent, même, avec cette première dame-là que précédemment.

24:46
Valérie Pécresse

Non, je dis première dame parce que c'est une facilité de langage, c'est ce qu'on dit. « Mais je n'accepte pas qu'on attaque la femme du président de la République. »

24:52
Présentateur

En tout cas, voilà, vous vouliez la défendre et vous avez eu l'occasion de le faire dans cette émission.

24:55
Valérie Pécresse

Non, parce que je considère que, franchement, en tant que femme, il y a eu encore un truc exceptionnel. Gilbert Collard, hier, qui a dit « C'est dur d'être députée et d'être mère et d'avoir des enfants. » Et si on les aime, on ne peut pas être députée et avoir des enfants. Alors, je suis désolée, quand j'entends ça, venant du Front National, et puis on voit bien derrière ce qu'il y a, puisque visiblement, c'est Marie-Sara qui arrive dans sa circonscription, qui elle-même a des enfants, qui elle-même en plus est veuve. Vraiment, ce genre de discours totalement sexiste, c'est abominable. Oui, on peut aimer ses enfants et être députée et être élue.

Oui, on peut aimer ses enfants et avoir un travail. Oui, les femmes peuvent avoir des enfants, les aimer et travailler dans la société du XXIe siècle.

25:40
Présentateur

Message reçu sans doute par Gilbert Collard. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info.

25:44
Valérie Pécresse

D'autres aussi, probablement. Merci beaucoup, on se retrouve lundi.

Valérie Pécresse veut "une cohabitation apaisée et constructive" — Valérie Pécresse · Pourquijevote