Clémentine Autain est l'invitée de "Tout est politique"
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– Rebonsoir Clémentine Autain. – Rebonsoir. – Est-ce que ce matin, donc on a vu, pas de censure aujourd'hui, est-ce que ce matin les socialistes ont trahi la classe ouvrière ?
– Je ne parle jamais en ces termes. J'ai voté comme les communistes, les écologistes, les insoumis, mon mouvement, vous en parliez tout à l'heure l'après. – C'est quand même une manière de montrer que ça a été les seuls à voter différemment. – La censure, oui, il y a un choix d'isolement de la part du Parti socialiste. Mais moi je veux dire, pourquoi j'ai voté cette censure ? C'est important pour celles et ceux qui nous regardent. D'abord parce que, pour moi, M. Lecornu est illégitime. Il est illégitime parce qu'il incarne un choix politique qui a été rejeté par les Français il y a un an, et qu'aujourd'hui, le soutien de ce pouvoir c'est 14%.
14% c'est-à-dire quand même vraiment plus grand-chose, et qu'Emmanuel Macron s'entête à vouloir imposer la même politique.
– Parce que si vous êtes élu, si un jour vous êtes élu pour 5 ans et qu'au bout d'un an vous êtes à 14% de popularité, on vous dira au revoir.
– Alors excusez-moi, mais il me semble qu'Emmanuel Macron a fait une élection législative. – Non ? – D'accord ? – Il y a eu un résultat.
– Je ne contestais pas sur les résultats, je contestais sur le soutien de la merde.
– Je ne vous parle pas seulement de l'illégitimité du président de la République, je vous parle de l'illégitimité, l'illégitimité, le mot est un peu complexe à dire, du Premier ministre, et c'est pourquoi nous avions d'ailleurs plaidé pour la cohabitation, c'est-à-dire le respect des urnes, même s'il n'y a de majorité pour personne, il y a bien un bloc qui est arrivé en tête. – D'accord, donc vous vouliez un Premier ministre de l'Europe, je ne l'ai pas. – Deuxièmement, j'ai vu le budget de M. Lecornu, qui ressemble beaucoup à celui de M. Bayrou, et c'est une boucherie, une boucherie sociale, et ce budget ne prépare pas l'avenir.
J'y reviendrai tout à l'heure, parce que je pense qu'on va reparler du budget. La troisième chose, c'est que je ne crois pas qu'on puisse combattre la Macronie, ce projet politique contre lequel nous sommes, en n'étant pas clair dans nos votes. Alors après, une fois que j'ai dit tout ça, je comprends un certain nombre d'arguments. Le premier, c'est la peur. La peur, la peur de l'extrême droite, si on dissout, c'est-à-dire qu'en gros, il y a l'idée, si on vote la censure, du coup, il y a dissolution, et l'extrême droite est en bonne position, et donc c'est inquiétant. Je ne partage pas ce point de vue. – Pourquoi ? – Pour plusieurs raisons, je ne le partage pas.
D'abord parce que la peur n'évite pas le danger, ensuite parce que vous avez remarqué que la dernière fois que les pronostics donnés à l'extrême droite en tête, ce n'est pas ce qui s'est passé. Et enfin parce que je ne suis justement pas du tout pour laisser la colère sociale et l'opposition franche à Emmanuel Macron et à ses choix politiques à l'extrême droite. Et donc je pense qu'il faut faire très attention aux rustines de court terme. Vous connaissez les trois petits cochons ? – Ça fait longtemps que je ne l'ai pas lu. – Eh bien, vous voyez bien que le problème, c'est que quand ils font une maison en paille, le loup arrive et souffle dessus.
Et donc ce qu'il nous faut face à l'extrême droite, c'est un barrage qui ne soit pas en carton-pâte, mais solide. Et donc pour qu'il soit solide, il faut se méfier des solutions de court terme. Et d'ailleurs, j'en viens à la deuxième inquiétude que je comprends qu'ont les Français, c'est le besoin de stabilité. Ils n'en peuvent plus du spectacle pathétique que donne avoir le pouvoir en place. Or, est-ce que ne pas voter la censure va permettre d'arrêter le cirque ? Va nous donner une solution. Eh bien non, ça n'est pas le cas et on va le voir au moment du budget. D'une certaine manière, on recule pour mal sauter dans quelques semaines.
– C'est plus stable avec un gouvernement que sans gouvernement.
– Mais il y aura toujours un gouvernement. La France ne va pas être sans gouvernement.
– Si on peut reprendre point par point, est-ce que vous pensez que les socialistes sont malfaisants, en acceptant de faire la béquille d'Emmanuel Macron, idiots ? Qu'est-ce qui les motive ou peureux ? Parce qu'on a quand même Olivier Faure qui a de nombreuses années de pratiques parlementaires, Boris Vallaud aussi, c'est quand même des gens qui connaissent le fonctionnement. Est-ce qu'en gros, quand on entend parler d'entourloupe aujourd'hui, où certains disent que les socialistes se sont fait avoir, est-ce que vous considérez qu'ils se sont fait avoir ou qu'ils y sont allés volontairement par peur de perdre leur siège en cas de dissolution ?
– Moi, je ne juge pas le choix des socialistes. Je constate que c'est un choix qui les isole par rapport à leurs partenaires de gauche dans un moment où, face à l'extrême droite, je reviens à ma maison solide et à mon barrage solide qui doit être une digue face à l'extrême droite, je pense que rassembler les gauches et les écologistes, faire en sorte qu'ils soient unis, déterminés ensemble, est la meilleure clé. – S'ils ne sont pas d'accord ? – On peut avoir des désaccords, mais là… – Non, mais quand il y en a plus que d'accords, par exemple, on peut tout à fait avoir des désaccords, mais…
– On va écouter Olivier Faure, et vous nous direz ce que vous en pensez, Olivier Faure, après le vote. Non, pas après le vote, pardon. Olivier Faure, sur l'union de la gauche éventuelle, c'était à Bram, chez Carole Delga.
– C'est toujours un combat, l'union, vous savez bien. Mais ce que je sais, c'est que sans l'union, il n'y aura pas de victoire. Et donc, il y a un candidat qui a déjà annoncé qu'il serait candidat, Jean-Luc Mélenchon, et puis maintenant, il y a tous ceux qui représentent cette gauche qui sait se rassembler aux municipales, aux législatives, et qui devraient aussi se rassembler pour l'élection présidentielle. C'est ce que je souhaite. Et donc, de Ruffin à Glucksmann, nous devons avoir le moyen de trouver un seul candidat qui permette demain d'aborder un second tour et de gagner, parce qu'il y a maintenant une attente très forte en notre direction.
– Bon, il dit comme vous que l'union est nécessaire, est indispensable.
– Oui, alors, on n'a pas tout à fait le même spectre. Moi, je pense qu'il faut toutes les gauches et tous les écologistes.
– C'est-à-dire avec les insoumis, alors que lui, il veut les exclure.
– Nous sommes d'accord avec Olivier Faure sur l'idée que, face à l'extrême droite, dans la situation actuelle, après avoir fait y compris la NUPES, le nouveau Front populaire, la situation impose que nous ayons une candidature commune en 2027. C'est pourquoi je dis que si nous étions en ce moment groupés dans nos votes, plutôt que de remettre, d'une certaine manière, de donner du grain à moudre à toutes celles et ceux qui veulent qu'il y ait deux gauches irréconciliables, parce que c'est ça, le spectacle que nous donnons aujourd'hui, c'est finalement qu'il y a une fracture à l'intérieur des gauches, et y compris à l'intérieur du Parti Socialiste.
Parce que le problème, c'est que ce n'est pas simplement qu'il s'est isolé par rapport à ses partenaires.
– Il y a quatre députés ultramarins qui ont voté contre pour des raisons conseil, il y a deux députés de métropole qui ont voté la censure, c'est pas énorme.
– Je ne parle pas seulement des députés, je parle aussi de ce qui se passe aujourd'hui dans le Parti Socialiste, où des voix s'élèvent, et notamment dans la jeunesse, qui contestent ce choix. Ça existe, ça ne rassemble pas. – Nathalie et moi avons connu le PS plus divisé, ça je vous en prie de le croire. – J'entends, j'entends, j'entends. – Après, le débat traverse la société, donc je ne suis pas… Voilà, je l'entends clairement. Celles et ceux qui nous regardent s'interrogent aussi, mais on peut se demander, qu'est-ce qu'on va gagner dans cette affaire ?
– Alors justement, qu'est-ce qu'on va gagner ? Marie-Lizéon, qui est quand même à la tête du syndicat, la CFDT, qui est le premier syndicat en France dans le privé, je précise bien, a considéré que c'était une victoire pour les travailleurs, et que c'était, elle a même dit, grande victoire pour les travailleurs.
Est-ce que cette femme-là, qui quand même s'intéresse, qui a demandé depuis le début une suspension, même si on est passé par quelquefois le mot décalage et tout, est-ce que si elle considère que tout de suite, on obtient quelque chose et que c'est l'occasion, ce n'est pas aussi une vision de la gauche, qui est la gauche qui préfère être dans le système pour négocier pour les travailleurs, plutôt que d'être hors système, en cherchant toujours les choses les plus radicales ? C'est un peu en gros CGT versus CFDT.
– Moi je comprends que quand on est syndicaliste et qu'on voit un gain advenir, on s'en réjouit, c'est normal, c'était la bataille de la société. – Et pas quand on est politique ? – Bien sûr, et je m'en suis réjouie aussi, j'ai parlé de victoire partielle, donc ça ce n'est pas le problème. C'est que, et Sophie Binet n'est plus mesurée, et elle n'est plus mesurée pourquoi ? Parce qu'elle sait aussi qu'il s'agit d'un décalage, donc je veux dire de quoi on parle, on parle d'un décalage dans le temps, et si on va jusqu'à 2027, ce n'est pas 3,5 millions de personnes qui sont concernées, mais selon nos calculs, c'est 350 000 personnes qui vont voir leur retraite décaler de 3 mois.
C'est ça le gain, non mais je veux dire, je ne minimise pas, je suis très heureuse pour ces personnes, mais je vous le dis franchement, l'arbre des retraites, l'arbre de la suspension, masque pour moi la forêt de régression inouïe, du carnage qu'il y a dans le budget proposé par M. Le Corneau. – Donc vous êtes prête en censurant,
parce que si vous censurez, il n'y a pas de gouvernement, donc il n'y a pas de suspension. Vous êtes prête à renoncer à cette suspension pour un avenir radieux, hypothétique ? – Non, mais attendez, à présent, je vais arrêter. – En censurant, il n'y a pas de gouvernement, il n'y a pas de suspension. – Oui, mais il se passe quelque chose, il n'y a pas de gouvernement à l'instant T,
il y a forcément un autre gouvernement.
– Donc vous, vous auriez souhaité qu'il y ait une dissolution, puisque vous votez la censure ?
– Non, c'est M. Macron qui a dit que la censure était égale à la dissolution. – En général, ça se passe comme ça.
– Enfin, vous savez très bien que si le gouvernement était tombé, il y avait dissolution. – Oui, mais… – Donc en censurant,
vous posiez un geste vers la dissolution. – Oui, mais moi, je n'ai pas peur des urnes, d'abord. Je pense que dans le moment qu'on traverse, l'idée d'en revenir au suffrage du peuple a sa logique. Je comprends qu'elle peut angoisser, mais elle a sa logique et on ne doit jamais avoir peur de retourner au peuple. Et surtout, ça ne peut pas être un chantage pour nous dire, soit vous avez ce petit gain sur les retraites, mais dans ce cas-là, vous devez avaler tout le reste, parce que vous l'avez vu. C'est dans un amendement au budget de la sécurité sociale. – Oui, parce que ça ne peut pas être un parlementaire qui le fait. – J'entends bien, j'entends bien.
Mais ce sera dans un amendement et cet amendement, il est adossé au budget de la sécurité sociale. Qu'est-ce qu'il y a dans le budget de la sécurité sociale aujourd'hui ? Alors, peut-être qu'on aura des victoires, mais… – Je pense qu'il va le discuter. – Oui, oui. Enfin, vous voyez l'état de l'Assemblée, vous savez aussi qu'après, il y a une commission mixte paritaire dans laquelle, avec le Sénat, la droite est très forte. Et ce qui nous est proposé aujourd'hui, et je suis désolée d'angoisser un peu plus celles et ceux qui nous regardent, mais c'est le doublement des franchises médicales, c'est le déremboursement de médicaments. – Qui épargnera les plus modestes.
– Attendez, c'est le gel des pensions de retraite et la fin de l'abattement de 10% pour les retraites.
– Non, non, ce n'est pas le gel, c'est la désindexation. La désindexation de 0,4%, de 0,4% à partir de 2027. Donc ce qui n'est pas un gel, ce n'est pas une désindexation. – C'est une baisse des revenus des pensions.
– Ce n'est pas un gel. – C'est une baisse du revenu des pensions.
– Les pensions augmenteront de 0,4% de moins que l'inflation.
– D'abord, vous connaissez l'inflation de l'année prochaine ?
– J'ai lu que dans ce qui est écrit, c'est une désindexation de 0,4%. – Donc ça veut dire
qu'il n'y a pas d'indexation.
– Ça dépend de l'inflation.
– Oui, mais donc ça veut dire qu'il n'y a pas d'indexation. Donc ça veut dire qu'il va y avoir une baisse des retraites par rapport à l'inflation. Mais c'est une première. Vous avez la même chose pour les minimas sociaux et pour les prestations sociales. On a une lecture qui n'est pas du tout la même. – Là, vous parlez de l'année blanche. Moi, je parle d'une autre chose. – Non, je vous parle de ce qu'il y a dans le budget, dans ce qu'on appelle le PLFSS, le budget de la sécurité sociale. – Des choses qui vont être discutées, disputées. – Pour les minimas sociaux et pour les retraites, d'accord ? Vous avez un geste du gouvernement qui demande à ces retraités de faire des efforts.
Et l'abattement, l'abattement... – Ça va être très bien que l'abattement,
il va être transformé en somme de 2 000 qu'on va pouvoir abattre. – Augmenter. – Et vous savez très bien que ce n'est pas les retraités les plus modestes qui peuvent se permettre de faire l'abattement.
– Les retraités les plus modestes en profiteront et les retraités moins modestes payent en plus. – Les classes moyennes
vont subir une baisse. – C'est vrai. – Et pendant ce temps-là, qu'est-ce qui se passe ? Parce qu'il faut quand même se le dire. La surtaxe, d'accord, pour les multinationales, de contribution des multinationales, qui rapportaient l'année dernière 8 milliards d'euros. – 4. – Ça va passer à 4 milliards. Ça veut dire que pendant que vous prenez dans la poche des retraités, pendant que vous prenez dans la poche des malades, pendant que, vous le savez peut-être ou vous ne le savez pas, l'affection longue durée, ceux qui bénéficient aujourd'hui des ALD, c'est-à-dire des gens qui peuvent avoir un cancer, qui peuvent avoir des sclérose en plaques, vont payer un impôt sur…
– Mais madame, les gens qui ont un cancer ou une sclérose en plaques… – Ah, et vous trouvez ça normal ?
– Mais on n'est pas là pour trouver ça normal ou pas. – Ce n'est pas les soins de leur cancer ou de leur sclérose en plaques qui vont être minorés.
– Ce sont leurs arrêts malaises.
– Non mais qu'il y ait un contrôle sur la reprise du travail en disant qu'on n'est pas obligé de revoir. C'est quelque chose qui peut être envisageable. Et deuxièmement, les choses qui seront moins bien remboursées sont des trucs qui n'ont pas de lien direct avec la maladie. Donc ça peut se discuter, on peut être pour ou être contre. Mais globalement, le gouvernement n'a pas décidé de laisser les gens qui ont un cancer tout payer et ne plus être remboursés.
– Non mais ils vont payer plus cher. Quand ils gagnent 2000 euros à l'année, ça reviendra à moins 850 euros. – Mais moins 850 euros ? – Ça veut dire que c'est 850 euros en moins dans la poche de ces gens. Pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, les milliardaires vont continuer à payer moins d'impôt en proportion de leurs revenus que la majorité des contribuables. Pendant ce temps-là, vous avez des baisses des impôts pour les multinationales. Est-ce que vous trouvez ça normal ? C'est-à-dire que qui va payer la facture ? Ce sont les classes moyennes et les classes populaires.
– Il y a des hausses d'impôts, il y a des hausses d'impôts sur les sociétés, il y a une contribution. – Non, non. – Ici ? – 1,5 milliard, c'est tout ce qu'il y a de plus.
1,5 milliard pour le taux de rendement. Pour le rendement de la taxe Zuckman était de 20 milliards. – Non, c'est 1,5 milliard.
– Hier, on avait le prix Nobel de l'économie qui dit que… – Bon, tu sais avec quoi ? On va l'écouter. – D'accord.
– Même si c'est ça qu'on prend puisque le gouvernement ne fait que 1,5 milliard.
– Ce qu'il propose en deux avec une exceptionnelle et tout et qui toucherait cette fois-ci 4 000 foyers fiscaux contre 1 800 pour la Zuckman. – Bien. – Je suis en désaccord avec vous. – On peut écouter Gabriel Zuckman ? – Bien sûr.
– Pas Gabriel Zuckman, Gabriel Aguil.
– Non, Philippe.
– Philippe, voilà. – C'est dommage, on aurait pu mettre Gabriel Zuckman. – C'est intéressant aussi. sur ce plateau qui dit pourquoi il est contre la taxe Zuckman.
– La taxe Zuckman, ça veut dire qu'il est valorisé, donc sa firme est valorisé à 12 milliards. Lui, il ne gagne rien pour le moment. Il devrait trouver des financiers, pas pour innover, mais pour payer des impôts sur un revenu qu'il ne réalise pas. Il a des concurrents dans d'autres pays qui n'ont pas à faire ça. Ça veut dire qu'on perd la course en IA. Ça veut dire que la France, elle est hors de la révolution de l'IA. Vous mettez la taxe Zuckman, ça veut dire France échappe à la révolution de l'IA. C'est ça que ça veut dire, on ne doit pas faire quelque chose quand même pour les riches.
Oui, c'est-à-dire qu'à mon avis, les patrimoines élevés, mais l'usage non productif, un peu plus, je suis pour une mise à plat. Et des abus, il faut lutter contre les abus.
– Alors Philippe Allion, qui est plutôt un homme de gauche, social-démocrate, je dirais, qui est pour une taxation supplémentaire des hauts patrimoines, qui convient qu'il y a un problème d'équité fiscale, mais il dit que cette taxe Zuckman nous couperait de la course à l'innovation qui est finalement le gage de la croissance future et des emplois futurs. – Je sais bien,
mais ça, c'est une vieille histoire qui ne marche pas. Je veux dire, c'est vraiment toute la logique de la politique de l'offre. C'est-à-dire, on laisse, on ne taxe pas les grandes entreprises, on leur donne des impôts, on laisse les riches et les riches parce que sinon, ils ne vont pas investir et parce que sinon, non mais Mistral, Mistral, c'est rien Mistral. – Mais il y en a d'autres dans les start-up,
il y a des gens qui ont une valorisation de leur entreprise qui a permis.
– C'est moins de 1% des cas, c'est une plaisanterie et nous avons dans notre loi déposé avec Eva Sass, des mesures précisément pour ces cas qui sont minoritaires, archi-minoritaires, 1%, 1% de ce qu'on appelle les détenteurs de licornes. – Est-ce que vous en prête ? – Absolument rien. Et moi, je suis désolée, mais expliquez aujourd'hui aux Françaises et aux Français qu'il va y avoir une TVA pour les auto-entrepreneurs, d'accord ? Que les apprentis, maintenant, il va falloir payer encore plus la CSG, etc., etc. Et que pendant ce temps-là, on laisse Bernard Arnault continuer à gagner 16 milliards sur une journée.
– Justement, la paire sur les holdings et la suroptimisation vise des groupes comme LVMH.
– Est-ce que vous avez regardé la plaisanterie de cette taxe sur les holdings ? Tout ce qui est enlevé de la taxe sur les holdings, c'est une plaisanterie. Alors, on enlève tellement de choses qu'à la fin, le rendement, c'est 1,5 milliard. Eh bien, moi, je suis désolée, je suis en désaccord profond avec le fait que les retraités, les malades, les classes moyennes, les auto-entrepreneurs, les étudiants, les étudiants, 300 millions d'euros qui vont être pris sur les APL des étudiants pendant que les ultra-riches vont continuer à contourner l'impôt et que les grands groupes économiques vont payer moins d'impôts.
On est la CVAE ? Clémentine Autain. C'est la... C'est la CVAE, la CVAE. Le Premier ministre, hier, a concédé de suspendre la réforme des retraites, ce qui était un geste important même s'il ne vous paraît pas suffisant. Il a exclu la taxe Zuckman. Pour vous, dans la négociation... Vous êtes député, vous allez rentrer en négociation. Pour vous, c'est la taxe Zuckman ou rien. Vous êtes prête à... Effectivement, ça ne rapporte la taxe holding, elle ne rapporte qu'un milliard et demi. Je suis d'accord avec... Mais il y a d'autres contributions exceptionnelles qui peuvent... Oui, mais ça, qui ne sont pas nouvelles, qui sont rajoutées, qui sont les mêmes que le budget de l'année dernière.
L'une est divisée, l'une est divisée par deux. Est-ce que vous êtes prête... La contribution... Est-ce que vous voulez bien répondre à ma question ? Bien sûr. Est-ce que vous êtes prête à discuter d'autres choses, à rentrer en négociation, en discussion avec d'autres députés pour inventer une taxe qui rapporte quelque chose mais qui ne soit pas la taxe Zuckman ou c'est la taxe Zuckman ou rien ?
Nous, on propose la taxe Zuckman. Si le gouvernement a une meilleure idée, d'ailleurs, c'est ce qu'ils nous ont dit, tout le temps, on a travaillé sur la taxe Zuckman. Moi, j'ai discuté avec le gouvernement du gouvernement. Je vous explique. On nous a dit, ce n'est pas bien, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Alors, on leur dit, comment ? Et là, la question leur est, ça ne vous plaît pas, la taxe Zuckman ? Quel autre moyen ? Alors, par exemple, Pierre Lebron-Pivet que je recevais hier,
dit qu'il faut augmenter la taxation sur les gros héritages. C'est une possibilité. Il faut augmenter...
On l'attend ?
Oui, mais moi, je suis prête.
Augmenter le prélèvement forfaits et éronique, la flat tax, c'est une invention...
Elle peut passer à 30%, elle peut passer à 33%, 36%. C'est un autre moyen de taxer... Vous savez très bien que les... Mais on peut l'augmenter.
Oui, bien sûr, on peut l'augmenter. Mais en fait, je pense que ça n'est pas un bon mécanisme, la flat tax, parce que beaucoup de gens, justement, se payent, enfin, beaucoup de gens qui sont parmi les ultra-riches qui peuvent le faire, se payent en dividendes pour échapper à l'impôt et à l'étrange de 45%. Régionne plus pour l'augmenter. Mais moi, ça me va si on augmente la flat tax. Mais pourquoi ça n'est pas proposé ? Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui... Ça peut être dans la discussion. Il y a des gens qui ne sont pas fermés du tout. J'entends. Mais pourquoi est-ce que, dans la première feuille de route, on nous propose... D'accord. On nous propose de baisser les impôts des grands groupes ?
Par contre, on ne vous parle plus de ça, on parle de la discussion. J'entends, vous n'aimez pas le budget. Ça, je crois que c'est un truc qu'on a compris. Une discussion va s'engager. Ce qu'on essaye de savoir, c'est ce que vous êtes prêts à faire, à ne pas faire, à proposer, à accepter comme concession pour avoir quelque chose qui, de fait, ne ressemblera pas forcément à exactement ce que vous voulez, de la même manière que le budget n'est pas exactement celui que Sébastien Lecornu voulait.
Je veux dire une chose très simple. Des mesures de justice sociale et de justice fiscale, on en a plein les poches. Vous parliez de l'héritage, on sait quoi faire. On parle, par exemple, je vous donne un autre exemple. Si on imposait les grandes entreprises au même taux que les TPE-PME, eh bien, on ferait rentrer dans les caisses de l'État 7 milliards. Pourquoi ? Donc, vous êtes pour un IS différencié ? Parce que les grandes, c'est 14% d'impôts et quand on descend, les plus petites, c'est 21% d'impôts. Donc, si déjà, les grandes entreprises payaient autant d'impôts que les petites et les moyennes, eh bien, on aurait fait rentrer 7 milliards. Donc, des idées...
Non mais, Gilles Banchard, je vais juste vous dire que moi, des idées pour la justice fiscale, j'en ai plein les. Donc, vous allez les proposer lors de la discussion ? Nous allons les proposer. Mais vous comprenez bien que la Macronie, elle a un seul but, c'est surtout d'épargner
les riches et les grands groupes économiques. Mais j'ai entendu le Premier ministre dire c'est vous député qui déciderez. J'ai l'impression que vous n'avez pas envie de jouer ce jeu-là, d'essayer de faire avancer la discussion parlementaire. On le joue chaque année.
Gilles Bornstein, vous savez que chaque année, on dépose des amendements. Clémentine Autain,
on joue le jeu but. Clémentine Autain, il y a une chose qui a changé, c'est que là, il n'y aura pas de 49-3, vous le savez très bien. Donc, les amendements peuvent aller en bout. Mais vous connaissez
la fin du système ? Non. Alors, je vous l'explique. Donc, nous allons débattre, à la fin de deux choses l'une. Soit ce budget PLFSS, il est voté en l'État avec la manière dont il aura été discuté. Non, non, il y aura le Sénat. Ben oui, voilà, vous avez tout compris. Et donc, à la fin, il y a une CMP. Alors, la CMP, c'est ceux qui nous regardent. Je ne sais pas si tout le monde voit bien, c'est un système un peu compliqué. C'est-à-dire qu'on met autour de la table
des représentants du Sénat
et des représentants... Mais c'est le Parlement. La CMP représente le Parlement. J'entends parfaitement. Mais vous comprenez bien qu'à la fin, ce n'est pas forcément des mesures de justice sociale qui risquent de l'envoyer. C'est le Parlement. Voilà. Eh bien, moi, je vous dis que ces mesures injustes n'apporteront pas l'apaisement nécessaire dans le pays. Mais elles seront le fruit
de la discussion parlementaire. Et à ma connaissance,
le Parlement est légitime. Si on va au bout de la discussion. Parce que vous savez aussi qu'il y a une contrainte au bout de 50 jours pour le PLFSS, c'est-à-dire le budget de la sécurité sociale et 70 jours pour le budget de l'État, ça s'arrête. Et le gouvernement peut agir par ordonnance. D'accord ? Donc on n'est pas au bout du tunnel.
Vous avez bien compris. Là, on va être d'accord. Merci infiniment, Clémentine Autun. Demain et ce week-end, c'est Myriam Ankawa qui sera aux commandes de Tout est politique. Tout est politique.
Clémentine Autain