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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 5 juillet 2022 19 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Remaniement : une équation à plusieurs inconnus

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Le sens de ce gouvernement, c'est ou bien une sorte de consensus au sein de la majorité ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    C'est le minimum syndical pour tenter d'obtenir une majorité relative ?

  • 1:07OuverteRéponse directe

    Ou bien c'est véritablement une réussite pour réussir à dépasser les bornes habituelles de la majorité ?

  • 2:41RelanceRéponse directe

    Pourquoi ce choix opposé, dites-vous, Martial Foucault, aux propos d'Emmanuel Macron ?

  • 4:13RelanceRéponse directe

    C'est quand même assez paradoxal. Nous avons une constitution qui est faite normalement pour soustraire notre démocratie au poids des partis et à l'instabilité.

  • 5:22RelanceRéponse directe

    On pourrait dire aussi que le fait de construire des alliances peut contribuer aussi à dépolitiser la scène politique française.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:18InvitéFait
    « Je dirais que le remaniement a montré que finalement Emmanuel Macron se trouvait dans une équation impossible à résoudre »
  • 1:53InvitéFait
    « le fait que seule une majorité relative soit dévoilée va, de mon point de vue, premièrement, repolitiser le Parlement »
  • 2:19InvitéFait
    « qui était d'avoir un gouvernement d'action »
  • 3:28InvitéFait
    « Donc je pense que derrière ces néologismes, effectivement, on a la volonté pour Emmanuel Macron d'indiquer qu'au cas par cas, oui, au cas par cas, peut-être qu'on va assister à une législature où Emmanuel Macron et sa première ministre chercheront des alliances de circonstances »
  • 4:46InvitéFait
    « Ils ont appris que, dans une situation où il y a une sorte d'atomisation des partis politiques, avoir voix au chapitre au Parlement, ça impliquait de se coordonner et de faire alliance »
  • 6:30InvitéFait
    « est-ce que l'agenda législatif va être modifié ? »
  • 7:30InvitéFait
    « Là encore, c'était une situation inextricable pour Elisabeth Borne »
  • 10:04InvitéFait
    « ce qui oblige en général un président à changer de Premier ministre, c'est lorsque les citoyens, lorsque le corps électoral a indiqué qu'il n'était pas très satisfait par la politique conduite »
  • 11:28InvitéFait
    « Peut-être avec l'espoir d'entamer un dialogue plus constructif et coopératif avec ce groupe Les Républicains au Parlement »
  • 12:28InvitéFait
    « On s'interroge qu'est-ce que le macronisme, sur le plan peut-être partisan, le macronisme s'est nourri et continue de se nourrir d'une famille politique que sont les Républicains »
  • 13:07InvitéFait
    « Oui, c'est certainement pas une très bonne nouvelle pour l'écologie et pour la priorité accordée à cet enjeu »
  • 13:32InvitéFait
    « on a confié à Mme Borne le soin d'engager cette planification écologique pour reprendre les termes empruntés par Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon »
  • 16:17InvitéFait
    « on voit trois profils d'économistes on a également M. Barraud et M. Lescure qui vont »
  • 18:05InvitéFait
    « on voit bien qu'ici il y a eu un renforcement avec des profils plus politiques »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur24 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

7h39, hier la première ministre Elisabeth Borne a dévoilé les 42 membres de son gouvernement remanié, exfiltration de Damien Abad, effort pour placer la République en marche en force avec le retour de personnalités fortes comme Olivier Véran qui devient porte-parole, tentative de contenter les alliés Modem et Horizon. Ce gouvernement semble ne pas marquer de rupture, ne permet pas de sortir de l'impasse politique dans laquelle se retrouve l'Assemblée nationale depuis les élections législatives et la perte de la majorité absolue pour la République en marche. Bonjour Martial Foucault.

0:43
Invité

Bonjour Guillaume Bernard.

0:44
Présentateur

Vous êtes professeur de sciences politiques et directeur du CEVIPOF, le centre de recherche politique de Sciences Po. Le sens de ce gouvernement, c'est ou bien une sorte de consensus au sein de la majorité ? C'est le minimum syndical pour tenter d'obtenir une majorité relative ? Ou bien c'est véritablement une réussite pour réussir à dépasser les bornes habituelles de la majorité ?

1:14
Invité

C'est un peu tout cela en même temps. Je dirais que le remaniement a montré que finalement Emmanuel Macron se trouvait dans une équation impossible à résoudre compte tenu des institutions telles que tous les gouvernants au cours de la 5ème ont pratiqué ces institutions. Donc là c'est une nouveauté. Mais cette nouveauté, je crois qu'elle ne doit pas simplement faire peur. Il y a des bons côtés dans cette situation politique inédite. Tout d'abord, après ces élections législatives, je crois que le fait que seule une majorité relative soit dévoilée va, de mon point de vue, premièrement, repolitiser le Parlement. Ce n'est pas une petite affaire, repolitiser le Parlement.

Une fois que le Parlement est repolitisé, je reviendrai peut-être sur le sens de que veut dire politiser un Parlement, on va reparlementariser la vie démocratique. Et donc ce remaniement n'a pas été dans une direction qui aurait été celle qu'on aurait pu lire dans la déclaration d'Emmanuel Macron après le second tour des législatives, qui était d'avoir un gouvernement d'action. Et on aurait peut-être même pu penser que d'autres alliés, de circonstances, alliés politiques, auraient pu se joindre à ce gouvernement. Hier, le choix a été fait, un choix totalement opposé. Donc c'est une forme de recentrage sur la majorité autour d'Emmanuel Macron.

2:41
Présentateur

Pourquoi ce choix opposé, dites-vous, Martial Foucault, aux propos d'Emmanuel Macron ?

2:47
Invité

Parce qu'on a eu une sorte de catalogue d'adjectifs qui ont été employés, et de termes comme gouvernement d'action, un gouvernement de combat, un gouvernement volontariste. Bon, on se dit mais... Ce n'est pas une phraseologie traditionnelle chez les politiques ? Oui, traditionnelle, donc ça veut dire qu'elle n'était peut-être pas totalement à propos dans cette situation, parce que tout gouvernement espère être de combat, d'action, volontariste. Alors, est-ce que ces termes veulent traduire que derrière les ajustements qu'on a vus hier, vous l'avez dit, le renforcement du modem et d'horizon, qui avait été jusque-là plutôt, non pas écarté, mais qui avait peu de place dans le gouvernement ?

Donc je pense que derrière ces néologismes, effectivement, on a la volonté pour Emmanuel Macron d'indiquer qu'au cas par cas, oui, au cas par cas, peut-être qu'on va assister à une législature où Emmanuel Macron et sa première ministre chercheront des alliances de circonstances. Mais je crois que ce n'est pas très grave des alliances de circonstances. Ce qui est plus grave, c'est est-ce que les termes de loi, les termes de projet de loi vont être empêchés par cette situation politique ? Et là, pour le moment, je crois qu'on n'y voit pas plus clair.

Et je continue à penser qu'au cours de ces cinq années, on aura un apprentissage de nos institutions qui ne vont pas rendre la vie politique ingouvernable. Mais ce sera plutôt le contraire.

4:13
Présentateur

C'est quand même assez paradoxal. Nous avons une constitution, Martial-Foucault, qui est faite normalement pour soustraire notre démocratie au poids des partis et à l'instabilité. Et en réalité, on aboutit exactement à la situation à laquelle les constitutionnalistes de la 5e ne voulaient pas aboutir.

4:34
Invité

Je ne suis pas certain que les poids des partis sortent renforcés de cette séquence. En fait, qu'est-ce que les partis politiques ont appris du fait majoritaire de la 5e ? Ils ont appris que, dans une situation où il y a une sorte d'atomisation des partis politiques, avoir voix au chapitre au Parlement, ça impliquait de se coordonner et de faire alliance. Donc ça, je pense qu'il y a un grand apprentissage pour cette élection législative 2022. C'est-à-dire que si la France Insoumise, si le Parti Socialiste, Europe Écologie des Verts ou le Parti Communiste français étaient allés seuls, les conditions d'organisation d'une grande coalition au Parlement n'auraient pas pu se faire.

Donc ils ont appris que pour s'affranchir, peut-être pas totalement, mais s'affranchir du mode de scrutin majoritaire, il fallait construire des alliances.

5:22
Présentateur

Oui, mais on pourrait dire aussi que le fait de construire des alliances, alors certaines alliances logiques, naturelles, d'autres peut-être contre-nature, le fait de construire ces alliances peut contribuer aussi à dépolitiser la scène politique française parce qu'on perd de vue ce qui pourrait être considéré comme étant un programme, une idéologie. On a affaire à des mécanos qui relèvent de la tambouille politicienne ?

5:49
Invité

On verra au cours de cette législative. Vous n'y croyez pas ? Non, mais on a vu cela dans une situation où il n'y avait précisément pas d'alliance, mais souvenons-nous sous la présidence de François Hollande, quand une partie, une trentaine de députés socialistes décident en quelque sorte de prendre leur distance avec l'adoxa du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, ils deviennent frondeurs et ne vont pas à chaque fois donner leur voix dans le vote de projet de loi. Donc finalement, à l'époque déjà, on avait vu ce que pouvaient être les limites d'une majorité absolue au Parlement. Ça ne suffit pas.

Donc ça veut dire, ce n'est pas simplement cette tambouille politicienne, c'est essentiellement, est-ce que l'agenda législatif va être modifié ? Au fond, on a bien vu au cours des cinq dernières années que l'initiative parlementaire des députés de La République En Marche était extrêmement limitée. Il n'y a pas eu beaucoup de propositions de loi venant des députés.

Donc cette fois-ci, le gouvernement va certes devoir décliner le programme, ou le programme, en tout cas l'esquisse d'un programme qui a été dévoilé par Emmanuel Macron, mais Mme Borne va devoir laisser de la place aux députés, à la fois de la majorité élargie, majorité présidentielle, mais aussi, quand je disais, il faut reparlementariser la démocratie, ça veut dire que l'initiative parlementaire pour les groupes d'opposition devrait être prise en compte. Et ça, c'était quand même une grande nouveauté, même si la révision de la Constitution en 2008 a laissé peu de place aux oppositions.

Mais, ça veut dire quand même que chaque année, il y a une initiative parlementaire qui peut être accordée aux groupes d'opposition.

7:24
Présentateur

Le gouvernement d'Elisabeth Borne ne demandera pas de vote de confiance. Qu'en pensez-vous, Martial Foucault ?

7:30
Invité

Là encore, c'était une situation inextricable pour Elisabeth Borne. Si elle avait demandé le vote de confiance, c'est presque le pari de Pascal, parce qu'il fallait faire croire aux groupes d'opposition que son programme correspondait aux attentes des groupes d'opposition. Impossible, parce que ça voulait dire dénaturer en quelque sorte la ligne politique du Président de la République. Ne pas demander le vote de confiance, son choix, c'est engager un début de législature avec une très très faible légitimité, non pas démocratique, mais une légitimité, j'allais dire politique, au sens précisément de ces termes gouvernement d'action, volontarisme et première ministre de combat.

Donc, je dirais que est-ce qu'il valait mieux prendre ce risque de voir immédiatement une confiance non accordée et la pratique institutionnelle aurait conduit Mme Borne à démissionner, ou bien est-ce qu'il fallait faire le pari que certains groupes auraient pu s'abstenir, comme on l'a vu pour la présidence de l'Assemblée nationale, et donner à Mme Borne une majorité absolue, mais très faible ?

8:35
Présentateur

Dans ces conditions, Martial Foucault, le gouvernement est perçu par la plupart des commentateurs comme une manière finalement de recomposer les différentes tendances de la majorité, la majorité sur laquelle Emmanuel Macron espère s'appuyer pour gouverner.

8:52
Invité

Oui, cette idée que La République En Marche, Horizon, et également le Modem, aient des ambitions qui seraient peu communes à l'issue de cette législature. Je crois que c'est ça l'enjeu, parce que je crois qu'on insiste trop en pensant que ce groupe est totalement homogène, guidé par les mêmes intentions. Non, ce n'est pas vrai. On va voir qu'au fil des mois et des années, avant le prochain rendez-vous électoral 2027, présidentiel et législatif, bien évidemment, il y aura des tentations très très fortes pour qu'émerge la personne qui succédera peut-être à Emmanuel Macron.

Donc, je dirais qu'au cours des deux, trois prochaines années, on a une particularité parce qu'entre maintenant 2022 et 2027, seules les élections européennes de 2024 peuvent venir modifier le rapport de force et conduire soit Emmanuel Macron à changer de Premier ministre s'il fallait lire les résultats des élections. Mais habituellement, les élections européennes donnent rarement lieu à un chamboule tout national.

9:56
Présentateur

S'ils décident de les lire politiquement, parce que constitutionnellement, bien sûr,

9:59
Invité

rien ne l'y oblige. Absolument. Donc, attention sur ce point, c'est très intéressant. ce qui oblige en général un président à changer de Premier ministre, c'est lorsque les citoyens, lorsque le corps électoral a indiqué qu'il n'était pas très satisfait par la politique conduite et seules les élections aujourd'hui le permettent. Ce qui d'ailleurs, de mon point de vue, est un vrai problème parce que ça veut dire qu'aujourd'hui, on est dans une situation où la démocratie électorale a totalement terrassé toutes les autres formes de signaux faibles ou forts envoyés à un exécutif. Donc, entre maintenant 2022 et 2026, élection locale, il ne se passera rien sur le plan électoral.

Donc, vous voyez que 4 ans, ça peut être très très long avec une majorité relative. Est-ce que la Première ministre sera en situation de contenter par l'agenda de l'exécutif des projets de loi qui sont ceux qui vont éviter les fameux blocages dont je pense qu'on a exagéré le terme parce que le Parlement peut fonctionner avec une majorité relative sous réserve que les parlementaires de la majorité apprennent cette culture du compromis.

11:12
Présentateur

Martial Foucault, si on prend maintenant le trombinoscope du gouvernement, alors il y a un fait qui apparaît immédiatement, c'est le fait que les deux poids lourds du gouvernement, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, sortent renforcés de ce remaniement. Pourquoi ?

11:28
Invité

Peut-être avec l'espoir d'entamer un dialogue plus constructif et coopératif avec ce groupe Les Républicains au Parlement. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que le changement du ministre des Relations avec le Parlement a été confié à Franck Riester venant des rangs de la droite. Mais je crois que c'est ce mécano de personnes ne va pas suffire pour convaincre certaines familles politiques au sein du Parlement. Mais ce que vous dites, ce n'est pas simplement symbolique. Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, on peut même citer Sébastien Lecornu qui revient cinquième dans le rang protocolaire.

Donc ça veut dire que parmi les cinq ministres régaliens, trois ont fait leur classe dans la famille Les Républicains. Donc ça donne aussi une tonalité de l'orientation idéologique. On s'interroge qu'est-ce que le macronisme, sur le plan peut-être partisan, le macronisme s'est nourri et continue de se nourrir d'une famille politique que sont les Républicains, peut-être les Républicains, version plus centriste que les Républicains droite décomplexée.

12:46
Présentateur

Mais alors si vous observez les rangs respectifs des ministres, la rétrogradation du rang de l'écologie qui passe au dixième rang avec Christophe Béchut peut passer pour un camouflet pour tous ceux qui pensent que la transition climatique, la transition écologique est la première des priorités.

13:06
Invité

Oui, c'est certainement pas une très bonne nouvelle pour l'écologie et pour la priorité accordée à cet enjeu dont on a dit après le pouvoir d'achat que c'est la priorité souhaitée par les Français en général mais aussi et surtout la priorité numéro une des jeunes de moins de 35 ans. Donc cette rétrogradation elle interpelle sur le fait qu'à la fois on a confié à Mme Borne le soin d'engager cette planification écologique pour reprendre les termes empruntés par Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon et dans le même temps vous avez ce déclassement dans l'ordre protocolaire est-ce qu'il faut y lire la volonté pour Emmanuel Macron de ne pas en faire la priorité d'action ?

On sait que dans un gouvernement les deux premières années sont cruciales. C'est véritablement là où les projets de loi les plus symboliques et les plus forts doivent être engagés.

Donc est-ce que de nouveau ce déclassement comme vous dites Guillaume Herner va conduire ce ministre dont beaucoup ont dit jusqu'à présent l'écologie n'avait pas été son combat son combat politique est-ce qu'il saura être à la hauteur des ambitions et des ambitions qui ne sont pas des ambitions très douces il y a une forme d'urgence mais aussi de radicalité dans la politique publique qui doit être menée pour effectivement faire en sorte que la France au-delà de respecter les accords les engagements de l'accord de Paris aille beaucoup plus loin puisque c'est une demande sociale très très très très forte et d'ailleurs par rapport au sujet qu'on discutait tout à l'heure on peut penser qu'au sein du Parlement voilà un sujet qui peut faire effectivement consensus sur cette ambition écologique mais là il va falloir effectivement qu'un ministre et une première ministre soient armés de beaucoup de combativité pour y parvenir

15:05
Présentateur

deux prises à la gauche alors je mets le terme de gauche vous souriez mais vous allez nous expliquer pourquoi vous souriez Olivier Klein à la ville et au logement et Laurence Boone secrétaire d'état chargé de l'Europe

15:18
Invité

je souris parce que effectivement ces deux personnes si on prend Olivier Klein effectivement qui a un passé d'élu local communiste puis socialiste mais qui s'était mis en quelque sorte donc venant de la gauche oui venant de la gauche mais qui s'était mis presque en rupture par rapport à cette évolution du parti socialiste et notamment plus récemment sur la constitution de la coalition NUP quant à Laurence Boone économiste et économiste en chef à l'OCDE et qui a effectivement exercé sous François Hollande je reste son

15:50
Présentateur

je crois qu'il y avait un ancien presque candidat à l'Elysée pour la gauche qui venait justement d'organisations internationales économiques

15:59
Invité

oui absolument et qui il n'est pas allé jusqu'au bout

16:04
Présentateur

mais en tout cas ce n'est pas incompatible a priori avec le fait d'appartenir au PS

16:08
Invité

non non non pas du tout pas du tout et d'ailleurs vous voyez c'est très intéressant dans les arrivées de ce nouveau gouvernement on voit trois profils d'économistes on a également M. Barraud et M.

Lescure qui vont on s'est beaucoup interrogé est-ce qu'Emmanuel Macron a l'oreille des économistes et puis il y avait un doute en fin de dernier quinquennat on voit que là ici il y a un renforcement mais pour revenir sur ces comme vous disiez ces deux prises à gauche sur Olivier Klein le portefeuille logement et ville je dirais que c'est là probablement une vieille tradition dans l'histoire de ces ministères on a vu que les grands changements exception faite peut-être pour Jean-Louis Borloo mais ces grands changements ont été engagés avec des ministres de gauche quant à Laurence Laurence Boone je crois que là on est plutôt sur effectivement ce profil très technique très spécialiste et qui jusqu'alors manquait dans ce ministère ce qui veut dire que Bruno Le Maire ressort extrêmement renforcé de ce remaniement c'est-à-dire une équipe de 5 5 ministres et secrétaires d'état qui ont probablement les profils en termes de niveau d'expérience et niveau d'éducation les plus importants

17:30
Présentateur

et puis il y a la société civile et l'administration qui est probablement l'un des poids les plus importants dans ce gouvernement Eric Dupond-Moretti Papendiaï François Braune qui devient ministre de la santé il était urgentiste Jean-Christophe Combe qui devient ministre des solidarités de l'autonomie et qui lui est un ancien de la société civile qui vient du secteur associatif au sein d'organisations d'aides humanitaires

18:00
Invité

oui d'ailleurs très peu très peu viennent de la société civile contrairement à 2017 on voit bien qu'ici il y a eu un renforcement avec des profils plus politiques avec aussi on pourrait le souligner peut-être pour Emmanuel Macron la volonté d'éviter qu'une nouvelle colère n'émerge du côté des collectivités locales nous avons trois trois maires qui rentrent dans ce gouvernement alors il ne suffit pas d'aller faire des prises auprès d'élus locaux pour donner des gages sur les ambitions de cette cohésion territoriale qui a tant manqué dans le précédent quinquennat mais je trouve que ça c'est encore peut-être plus frappant que le peu de profils venant de la société civile j'insiste sur ce point parce qu'il me semble fondamental au cours de ce quinquennat il est fort probable qu'Emmanuel Macron devra donner vraiment des réponses attendues sur cette question des libertés locales de l'autonomie et de ces corps intermédiaires qui ont été simplement sollicités en cas de crise gilet jaune et crise Covid

19:07
Présentateur

Merci beaucoup Martial Foucault je rappelle que vous êtes professeur de sciences politiques et directeur du Cevipof le centre de recherche politique de Sciences Po qui ont été