Carlsberg chez Teisseire : les pilleurs en costume !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ce sont les pilleurs en costume. 120 millions d'euros de trésorerie. Je sais pas si vous imaginez.
Et d'un seul coup, ça passe de 120 millions à - 24 millions. Ils ont volé en 1 an, ils ont volé 144 millions d'euros. Le site, il est rentable.
La marque, elle est rentable. On nous a pillé 144 millions et aujourd'hui pour nous dire queon n'est plus rentable. Donc tout ça on conteste.
On parle de 200 personnes, 200 familles qui vivent de ça et des gens qui sont attachés à leur travail. à chaque fois j'ai parlé avec des personnes qui travaillent ici, j'ai été marqué par l'attachement, le temps que vous avez passé dans le travail, les équipes. L'autre point qui m'a marqué, c'est la question de ce qu'est le savoir-faire de Tesser, le savoir-faire industriel.
Ce savoir-faire, en fait, on le liquide et on l'organise. Il y a pas un problème de marché, un problème de rentabilité. C'est parce qu'on a organisé la sous-traitance, on a organisé le fait de ne plus avoir de production localement et qu'on se retrouve dans une situation où ils sont obligés de dire on doit licencier alors qu'en fait il y a un marché, il y a du chiffre d'affaires.
Ce sirop Tesser, il est connu partout dans le pays. C'est un emblème. Si on laisse partir quelque chose comme Tesser, ça veut dire que tout le reste peut suivre comme une lettre à la poste.
Quand on a une boîte, c'est marqué là, qui existe depuis 1720, qui donne même le nom à un quartier de Grenoble qui a un symbole de l'ISER, si on le laisse partir sans se battre, ça veut dire que tout le reste peut suivre derrière. Et je vous le dis, je viens moi ici pour Tesser, mais je viens pour ma Picardie, je viens pour mon pays, je viens pour notre économie, je viens pour notre industrie, je viens pour qu'on arrête cette histoire là. Je viens pour qu'on arrête les pilleurs parce que ce sont des pilleurs, ce sont les pilleurs en costume, ce sont les pilleurs actionnaires et qui en plus agissent, je vais le dire avec la complicité de l'État.
Florent m'a passé les comptes. C'est tous les ans, il y a 6 millions d'euros de bénéfices, 11 millions, 13 millions. On est à 10 % de rentabilité.
Pour ceux qui connaissent l'industrie, c'est miraculeux. 120 millions d'euros de trésorerie, je sais pas si vous imaginez. Et d'un seul coup, ça passe de 120 millions à - 24 millions.
Ils ont volé en 1 an, ils ont volé 144 millions d'euros. Tout ça, ça s'appelle une convention de trésorerie parce que quand ils font du pillage, ils arrivent à mettre des beaux mots là-dessus et derrière ils vont venir dire qu'il y a un motif économique. Quand il y avait 120 millions d'euros dans la boutique, quand les Vikings venaient avec leur dracard sur les bords de la scène pour faire des pillages, l'objectif était de pas se laisser faire.
Là, on a un pillage. On a un pillage des volumes. On a un pillage du savoir-faire.
On a un pillage de la trésorerie par un grand groupe scandinave Carlsberg. Et on se laisse faire. La politique, l'État, le gouvernement.
Normalement sa première responsabilité c'est de nous protéger, de protéger les ouvriers, de protéger les salariés, de protéger les Français. Et là, on a maintenant un gouvernement qui dit que sur l'industrie, il change. C'est le moment de le prouver.
C'est le moment de le prouver, de servir de bouclier ici à Tesser. Et je veux dire, quand l'État veut, il peut. Qu'est-ce qu'il peut faire ?
Il reste un outil puissant à l'État. S'il veut s'en servir, c'est la non homologation du plan social. C'est encore, c'est l'article L23 241 de la loi Sapin 2013, je veux être précis, qui permet de dire que nous n'homologuons pas le plan social.
Donc c'est un choix permanent de l'État sur tous ces dossiers-là de dire nous laissons faire. On est tombé si bas parce qu'on a eu pendant 40 ans des dirigeants politiques, économiques, médiatiques qui considéraient que l'industrie s'était dépassée, c'était le passé, que ça puait, que ça polluit, qu'il fallait s'en débarrasser et d'ailleurs ils s'en sont très bien débarrassés, y compris de nos fleurons. Ça était Arcelor vendu aux Indiens de Chemital, c'était Alcatel vendu aux finlandais Nokia, ça était Alstom vendu aux Américains de général électrique.
Je demande moi quand est-ce que les Français ont voté pour la mondialisation ? Quand est-ce qu'ils ont voté pour la concurrence avec la Chine ? Quand est-ce qu'ils votent là pour faire entrer l'agriculture dans le traités avec le Mercur ?
Jamais les Français n'ont voté pour ça. Jamais. Pour conclure, nous on a notre cri de guerre.
Je sais pas si vous le connaissez. À la fin, c'est nous qu'on va gagner. À la fin, c'est nous qu'on va gagner.
Merci à vous et j'espère que ça sera vrai. Bravo à vous. Oh.
François Ruffin