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videoyoutube.com· 10 juillet 2026

Carole Delga - "Génération Identitaire est un groupuscule raciste qui appelle à la violence"

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

7h44, le petit déjeuner politique ce matin. Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie et candidate au régional. Bonjour Carole Delga.

Bonjour. Y aura-t-il des mesures de reconfinement, un week-end ou pas ? Aucun département de votre région Occitanie, d'ailleurs, ne fait partie de ceux qui sont sous vigilance de la vingtaine, actuellement étudiés ce matin aussi en Conseil de défense.

Quelles sont vos recommandations, vous, et éventuellement propositions sur cette gestion sanitaire ? Je pense qu'il faut avoir des mesures de différenciation territoriale, parce qu'on voit la carte de la France, les taux d'incidence sont très différents d'un département à l'autre. Si je prends le Finistère ou le Gers, dans ma région on est en dessous de 100, alors que nous avons d'autres départements qui sont au-dessus de 500 dans d'autres régions.

Donc moi je pense qu'il faut avoir une différenciation territoriale, parce qu'on pourrait expérimenter en fait une sortie de crise petit à petit, par exemple dans les départements qui sont en dessous de 100, on pourrait commencer à rouvrir des lieux culturels, à repermettre par exemple du sport, de l'activité physique en extérieur, et ça leur permettrait d'avoir des tests sur des départements. Mais qui devrait piloter là ? Ce sont les régions ou ce sont les communes, les départements ?

Je pense que c'est un pilotage qu'il faut faire département par département, ça veut dire aussi qu'il faut limiter les déplacements entre grandes régions, mais ça c'est un partenariat mené entre les élus locaux et l'agence régionale de santé, parce qu'on voit bien qu'il y a des situations très préoccupantes, comme à Dunkerque, comme à Nice, et donc là il faut agir, il va falloir certainement avoir des mesures plus contraignantes, mais dans des territoires où les taux d'incidence sont très faibles, je pense qu'on devrait assouplir pour faire de l'expérimentation, pour préparer le sorti de crise. Mais il faudrait quelqu'un au pilotage, quoi, non ? Oui, mais au pilotage...

Non, mais c'est vous les régions, quoi, par exemple, en Italie, en Allemagne, en Espagne, ça fonctionne comme ça, quoi. Tout à fait, mais il faut un couple, collectivité locale et préfet, clairement, c'est-à-dire qu'on ait la puissance de l'État, la santé c'est une compétence de l'État, mais également une adaptation territoire par territoire. Et donc là, tout simplement, il faudrait qu'il y ait au niveau de l'Agence régionale de santé une association, bien sûr, des présidents de départements, de la présidente de région et des maires des grandes communes.

Et là, on pourrait avoir vraiment cette différenciation, parce qu'on sent quand même clairement qu'il y a une exaspération sur le terrain de la part de nos concitoyens. Et quelles mesures vous pourriez prendre, alors, vous, localement, justement ? Limiter les déplacements, entre régions, des réouvertures ?

Dans ma région, les taux d'incidence sont objectivement très bas, comme par exemple en Bretagne ou en Nouvelle-Aquitaine. Donc, clairement, nous, ce que nous demandons, c'est d'expérimenter, par exemple, sur les lieux culturels, qui puissent y avoir des réouvertures de musées avec des gens...

Oh, tiens, attendez, vous allez soutenir Louis Alliot, là, non ? Non, non, parce que, non, moi, je respecte l'État de droit. Oui.

Voilà, moi, je ne suis pas une délinquante. Mais sur le fond...

Je respecte les lois de mon pays. Voilà. Donc, le cinoche que nous a fait Louis Alliot, ça n'a aucun intérêt.

Au bout de quatre jours, il a été obligé de refermer les musées. Ne parlons pas de ce qui ressemble à n'importe quoi. Moi, je vous parle d'avoir un vrai protocole sanitaire, validé par les instances gouvernementales, pour permettre, en effet, l'ouverture de musées, pour avoir, par exemple, l'organisation de tests sur les concerts.

C'est un point vraiment très important. Et de repermettre aussi de la pratique sportive. On fait une première étape.

Une deuxième étape, ça peut être aussi des réouvertures limitées, mais pour les restaurants. Il faut qu'on prépare la sortie de cette crise sanitaire, parce qu'elle va arriver avec la vaccination qui se développe pas assez fortement. Alors, sur la vaccination et sur les tests, là, vous pourriez avoir des prérogatives ?

Oui, c'est pour ça que, voilà, début janvier, moi, j'avais indiqué que l'organisation sur la vaccination qui était prévue, elle était complètement hors sol. Et donc, on a été entendu, il y a eu une réorganisation. Aujourd'hui, clairement, on est limité par le nombre de doses de vaccins.

Et en Occitanie, nous avons décidé, dans les universités, de fournir nous-mêmes le matériel pour pouvoir tester, de façon plus forte, le retour en présence. Test salivaire, comme par exemple, ça se fait dans les écoles ? Alors bon, qu'est-ce que vous pensez d'ailleurs de cette initiative ?

C'est deux types, dans l'Occitanie, c'est deux types de tests. Nous avons les tests PCR et les tests salivaires. Alors moi, cette initiative, je la soutiens.

Il faut se parler clair. En Occitanie, il y a plus de 500 000 enfants dans les écoles. Aujourd'hui, il n'y en a eu que 200 qui ont été testés.

À quoi ça sert ? Ah là, c'est du gadget, non ? Là, ça va monter en puissance.

Ça va monter en puissance. 300 000, simplement, il y a 12 millions d'élèves, 300 000 d'ici mi-mars. Franchement, c'est de la communication, non ?

De la part du gouvernement ? Je pense que la situation sanitaire sur l'ensemble du pays est grave. Je pense que l'exaspération de nos concitoyens est forte.

Et moi, en tant que présidente de région, je ne peux pas être dans la polémique. Donc, en effet, quand je rencontre le ministre de la Santé, le Premier ministre, je leur fais part, avec une grande honnêteté, des erreurs ou des graves difficultés. Mais je ne vais pas être dans la petite phrase, c'est l'union nationale qui est nécessaire.

Oui, Carole Delga, ici, à ce micro, Hervé Morin, président de région aussi, avait dit, tiens, on pourra peut-être acheter, nous, les régions des vaccins. Ça, c'est oublié, cette possibilité ? Disons que pour l'instant, le gouvernement n'y est pas favorable.

Mais ça, c'est un sujet, quand la production de vaccins sera plus forte, que nous envisageons toujours au moment où il y aura la généralisation de la vaccination. Il faut être clair, on n'est pas sur la généralisation de la vaccination. En Occitanie, les plus de 75 ans, ils ont encore des rendez-vous pour la première dose au mois d'avril.

Oui, et certains n'arrivent pas à avoir, on a eu un témoignage hier, de quelqu'un qui n'arrivait pas, 78 ans, à avoir de rendez-vous. L'une des craintes de cette épidémie aussi, c'est l'engorgement des hôpitaux. Est-ce que vous, région, vous avez un rôle à jouer, Carole Delga ?

J'ai fait des propositions, déjà, sur l'organisation de la santé en France, où cette crise a révélé vraiment des défaillances. Donc, les régions doivent avoir la mission d'investir dans les hôpitaux, et tout particulièrement dans les hôpitaux locaux, comme nous le faisons dans les lycées. On doit aussi, au niveau des régions, avoir le pouvoir de décision sur le nombre d'étudiants en médecine, dans le cadre aussi des études d'infirmiers, dans le cadre des études d'aide-soignants.

Ça, c'est nous qui devons, en fait, réguler le nombre d'étudiants pour après l'installation. Donc, vous voudriez piloter comme vous pilotez pour les lycées, les hôpitaux ? Oui, tout à fait.

Je souhaite que, bien sûr, la santé, c'est un pilier de la République, reste nationale. C'est-à-dire que les grands objectifs sont fixés par le gouvernement et par le Parlement, mais la déclinaison doit se faire au niveau régional, et les présidents de région doivent avoir la main sur l'investissement dans les hôpitaux, sur la déclinaison de l'objectif national des dépenses de l'assurance maladie, et également sur la formation des médecins et des professions...

Vous avez fait cette proposition déjà au plus haut niveau ou pas ? Oui, tout à fait. Et alors, on vous dit quoi ?

Pour l'instant, ce qui nous est répondu, c'est que ça pourrait être éventuellement étudié dans le cadre de la future loi 4D qui est portée par Jacqueline Gourault. Oui. Cette crise sanitaire aussi pourrait détruire une partie de notre économie.

On a beaucoup parlé de relocalisation, d'industrie, d'activité, etc. Est-ce que là, vous pouvez intervenir ? Parce que vous avez des compétences dans le domaine économique, les régions...

Mais la région intervient, les régions interviennent fortement. Pour l'Occitanie, nous avons aidé 50 000 entreprises sur l'année 2020. Et en plus, j'ai créé une agence qui permet à la région d'être actionnaire.

C'est-à-dire qu'il n'y a pas de fatalité. On peut, à travers la puissance publique, conforter des initiatives privées. Les masques pour les enfants, qui sont distribués gratuitement par la région, et bien ils sont fabriqués 100% en Occitanie.

Et la région est actionnaire de cette entreprise. Un autre sujet, les énergies renouvelables. L'hydrogène vert, c'est avec une filiale de Schumberger que nous avons créé une société qui s'appelle Genvia qui va produire des électrolyseurs pour avoir de l'hydrogène vert.

Et je suis en train de travailler, par exemple, sur une entreprise aussi pour l'ensachage de farine. Parce qu'aujourd'hui, le blé dur, il est produit en Occitanie. Il est transformé en Italie et il revient en sachet en France.

C'est ridicule au point de vue économique, au point de vue environnemental. Donc on a de nombreux projets et la région est actionnaire. Et des nouvelles de l'usine Bosch de Rodez ?

Est-ce que la direction allemande du site devrait se prononcer cette semaine ? Donc nous attendons les informations qui vont avoir lieu vendredi. Et il y a un comité de filière organisé par Bercy qui va se réunir mi-mars.

Moi, je pensais essentiel d'avoir une déclaration à l'attention de la direction de Bosch, de la part du gouvernement français et soutenue bien sûr par les élus locaux, pour accupeller que le diesel peut avoir un avenir dans les campagnes, sur les longues distances, qu'on doit travailler sur la question de l'hybridation diesel, et qu'il faut aussi travailler sur la diversification. Donc c'est un sujet qui est très préoccupant et où on sent...

Vous craignez une fermeture du site ? Non, je pense qu'une fermeture du site, nous ne l'aurons pas. Mais pour autant, ça fait quand même deux ans qu'on fait des propositions à la direction de Bosch et qu'il n'y a aucun retour.

Il faut être clair, on ne sent pas une direction motivée pour investir, pour aller sur la question par exemple de l'hydrogène, sur la question de l'aéronautique. Il y a de ça deux ans, je les ai mis en contact avec Airbus. Ils ont mis un an pour recruter un commercial, sur la question de l'aéronautique.

Carole Delgar, à propos d'investissement, puisque vous venez de l'évoquer, vous lancez un projet d'épargne citoyenne, localement. En quoi ça consiste ? Comment ça fonctionne ?

Alors très clairement, vous l'avez vu, l'épargne des Français n'a jamais été aussi haute. C'est quand même 5 milliards qui ne sont pas au service de l'économie réelle, qui dorment sur les comptes. Donc très clairement, on lance une plateforme début avril, où les épargnants d'Occitanie vont pouvoir placer leur argent dans des projets d'entreprises qu'ils vont pouvoir visiter.

C'est-à-dire, c'est à proximité de rencontres. Et donc, on assure, bien entendu, un sérieux sur la sélection des projets, sur la rémunération. Et on garantit environ 5% de rémunération de cette épargne populaire au service de l'économie locale.

Oui, sur un plan politique, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, devrait présenter un décret ce matin sur Génération Identitaire pour la dissolution. Vous la réclamiez, vous ? Je la réclame depuis plusieurs mois, cette dissolution, parce que Génération Identitaire est un groupuscule qui est raciste, qui est xénophobe, et il n'a pas sa place dans la rémunération.

Oui, mais on dit qu'après, à un moment donné, dans la démocratie, il faut quand même laisser la place aux idées qui circulent. Là, elles sont trop...

Non, mais aux idées, voilà, pas à l'infamie. Parce que Génération Identitaire, c'est vraiment un appel au meurtre, aux violences vis-à-vis de l'étranger. Ce n'est pas acceptable.

On a une constitution française, on est dans un état de droit. Il y a eu des appels au meurtre. Mais des appels à la violence.

Des appels à la violence, voilà, c'est inadmissible. Il n'y a pas la place pour de tels groupuscules d'extrémisme. Moi, je suis très préoccupée par la montée des populismes dans le monde et dans mon pays.

On ne peut pas avoir la moindre faiblesse vis-à-vis de ces agitateurs qui sont dangereux, dangereux pour la République. Mais alors, eux, s'inquiètent de l'arrivée trop massive de migrants ? Non, mais écoutez, c'est n'importe quoi.

Ils sont venus, donc il y a de ça le mois dernier, dans ma circonscription, le Cominge, et sur un col pour soi-disant, voilà, contrer les migrants. Je vais vous dire, sur ce col, à part des sangliers, à part, voilà, des cervidés qui traversent de l'Espagne à la France, c'est tout ce qui se passe. Et arrêtons de stigmatiser l'autre.

Voilà. Oui, il y a des migrations. Mais comme il y en a eu toujours à travers les siècles...

Il y en a peut-être un peu plus aujourd'hui, quand même. Mais non, mais ce n'est pas vrai, cela. Il n'y a pas plus d'immigration qu'avant.

Et surtout, il faut traiter les problèmes à la base. Pour ces gens, pourquoi ils risquent leur vie en traversant la Méditerranée ? C'est parce qu'il y a la guerre ou la misère dans leur pays.

Et moi, je défends une France humaniste. Et nous avons besoin d'avoir des dispositifs d'accueil, des dispositifs d'intégration. Et ce n'est pas par la violence, ou je veux dire, par l'expulsion, qu'on va régler ces problèmes.

Oui, les régionales, vous êtes candidate à votre réélection. Si les régionales ont lieu en mois de juin, vous regrettez de ne pas faire alliance avec les écologistes ? Moi, je regrette toujours qu'il n'y a pas l'union de la gauche.

J'ai tendu à de nombreuses reprises la main. Europe Écologie, les Verts, a une décision nationale de l'autonomie. C'est dommage.

Mais voilà, moi, je me battrais comme une lionne pour gagner. Et au niveau national, il faudra aussi cette union. Vous êtes derrière Anne Hidalgo ou pas ?

Moi, je suis convaincue que nous avons besoin, au niveau de la présidentielle de 2022, une seule candidature pour la gauche écologiste et réformiste. Parce que sinon, nous aurons une grave responsabilité sur un duel qui va mal finir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et cela, il faut qu'on soit en responsabilité.

Et nous, la gauche, nous devons être raisonnables. Donc, commençons à travailler tous ensemble sur un projet. Et ensuite, il y aura le candidat ou la candidate qui sera le meilleur pour porter le projet, et pour être au deuxième tour, tout simplement.

Nicolas Sarkozy, contre-attaque, ce matin, dans une interview au Figaro. Comment vous avez perçu, vous, sa condamnation ? Moi, je ne vais pas commenter la condamnation.

Surtout, j'ai été quand même un peu choquée qu'un ministre de l'Intérieur témoigne son amitié, son soutien amical publiquement. Je veux dire que Gérald Darmanin veuille envoyer un texto à Nicolas Sarkozy parce qu'ils sont amis et parce qu'ils sont compagnons de route depuis plusieurs dizaines d'années, pas de souci. Mais un ministre de l'Intérieur doit avoir une neutralité.

Donc, après, moi, je ne commenterai pas plus. C'est une procédure judiciaire. Mais cela prouve qu'il n'y a pas de privilèges et que tout le monde est justiciable.

Oui. Dernière question avec Cécile Ménibus. Oui.

Dans cinq jours, c'est la journée de la femme. Est-ce que vous, en tant que femme avec des responsabilités, président de région, vous avez justement encore aujourd'hui à combattre des stéréotypes ? Oui, bien entendu.

Bien sûr. Parce qu'être responsable d'une région de 6 millions d'habitants, il y a en effet encore pas mal de sexisme, de petites phrases. Mais est-ce qu'elle a les épaules assez larges ?

Il y a toujours une suspicion vis-à-vis des femmes au poste de responsabilité. C'est vrai en politique, c'est vrai pour des grandes entreprises. Mais ça veut dire que vous devez systématiquement montrer vos capacités ?

Ah oui, il faut qu'on travaille deux fois plus qu'un homme. Mais en fait, au final, c'est un avantage. Parce qu'après, quand on met en place des dispositifs, on est plus efficace et on est meilleur que les hommes parce qu'on sait qu'on va avoir plus de mal à convaincre.

Donc on travaille deux fois plus et au final, on a plus de succès.