Pourquoi l'Iran a-t-il refermé le détroit d'Ormuz ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
de religion. Voici votre article, paru dans la revue Esprit. Enfin, Anthony Bellanger, bonsoir.
Vous êtes éditorialiste à Franceinfo TV et spécialiste des questions internationales. La réouverture du détroit d'Ormuz est déjà terminée. Les Iraniens en ont décidé ainsi et Donald Trump les accuse de chantage. - Ils voulaient encore fermer le détroit mais la plupart des navires viennent maintenant au Texas et en Louisiane.
Ils se sont adaptés et ça continuera peut-être. Mais tout se passe très bien. On aura plus d'informations d'ici la fin de la journée mais nous leur parlons. -A.Casse: Je ne sais pas comment vous regardez cette image, Alain Frachon.
On a l'impression que le président américain est atteint. -A.Frachon: Je ne sais pas, mais on a une impression d'un président qui est peut-être atteint, qui fait l'actualité, mais qui n'a plus d'administration.
J'ai couvert les négociations avec les Etats-Unis sur le nucléaire iranien. Il y avait une équipe avec la CIA, une avec le ministère de la Défense, des spécialistes et des experts mobilisés 24 heures sur 24. Là, il y a comme une désinstitutionnalisation du gouvernement américain.
Le gouvernement, Donald Trump, hier, il disait qu'il y avait de bonnes relations avec l'Iran. Là, il parle de négociations, de discussions, mais il parle de quoi? On pourrait avoir une double négociation au Liban et une médiation entre Israël et les Etats-Unis.
Tout d'un coup, plus rien. Il fallait s'y attendre. Les Iraniens ont, semble-t-il, fait un geste.
Le ministre des Affaires étrangères l'a dit sur un réseau social, que c'était ouvert. Il a dit que c'était déverrouillé. Les Américains ont trouvé cela formidable.
Mais ils ont maintenu le blocus des ports Iraniens par la marine américaine. On pouvait imaginer que si les Etats-Unis voulaient vraiment des négociations, ils auraient fait un geste dans ce sens aussi, pour trouver une date et un lieu. -A.Casse: Comment vous l'expliquez? -A.Frachon: Je l'explique par cette désinstitutionnalisation totale du gouvernement des Etats-Unis.
Qui est le patron de la négociation? JD Vance? Il est en campagne en ce moment.
Marco Rubio est chef du département d'Etat, ministre des Affaires étrangères et patron du Conseil national de sécurité. Ces grandes institutions de la politique américaine ont été décimées par Elon Musk lorsqu'il a fait un nettoyage dans l'administration américaine. Des centaines de diplomates et d'experts ont quitté le département d'Etat.
C'est un président qu'on entend, qu'on suit, mais il y a une désinstitutionnalisation. -A.Casse: Avec quelles conséquences?
Selon vous, la guerre ne peut que reprendre? -R.Sciora: Pas forcément.
Il est d'humeur pacifiste, le guide. Donc pas forcément. Mais nous sommes livrés à ses humeurs et à ses déclarations.
Nous sommes aussi livrés à Truth Social. Il n'y a plus de communiqués de la Maison Blanche, mais des posts sur ce réseau social. -A.Casse: On a toujours la tentation de se mettre dans la tête de Donald Trump.
Voici sa déclaration juste après celle que l'on vient d'entendre. - Ces médicaments réduisent de 80 à 90% les symptômes de dépression et d'anxiété en un mois. Est-ce que je peux en avoir?
Rires Je prendrai tout ce qu'il faut. -A.Casse: Il le fait sur le ton de la blague, mais c'est aussi intéressant de voir cela. -R.Sciora: C'est de l'humour, mais il répond un peu à ses détracteurs.
Ce que vous avez dit est juste. Trump est acculé. Il s'est piégé lui-même, avec l'Iran.
Il a fait cette guerre contre l'avis de JD Vance et contre l'avis des généraux du Pentagone et des sénateurs. Il se retrouve isolé aujourd'hui et pris au piège. Il ne sait pas comment s'en sortir.
Il mendie des miettes aux Iraniens. Je ne pense pas qu'il retournera en guerre. On a un président acculé avec, derrière lui, une coquille vide.
Plus personne ne sait quoi dire. Tout le monde a peur. -A.Casse: Hier, l'Iran a rouvert le détroit d'Ormuz.
On en a parlé. Dans cette émission, on se demandait même si la guerre était finie. Donald Trump avait envie de tourner la page.
Ce soir, d'ailleurs, il accorde peu de mots à la situation iranienne. Il passe très vite à la question des médicaments. Il veut passer à autre chose mais c'est impossible. -A.Bellanger: Non, parce que le prix du pétrole est têtu et le prix du baril aussi.
Le prix du baril de pétrole, ça signifie plus de 4 dollars le gallon d'essence dans les stations-service américaines en moyenne. Il y a des Etats à 5,80 et d'autres aux alentours de 3. Les Américains finissent par voir que cette guerre a des conséquences concrètes.
Sur leur pouvoir d'achat, je rappelle que ça semble peu, parce que le gallon, c'est 3,7 litres. Ca semble peu pour les Français. Mais les Américains parcourent deux fois plus de kilomètres en voiture que les Européens et leurs voitures consomment plus.
En plus, on sait que l'inflation repart aux Etats-Unis. Je pense qu'il a du souci à se faire. C'est probablement ça qui fait qu'il est pressé d'en finir.
Vous parliez de désorganisation. Certains parlent aussi d'amateurisme. Il a vidé d'experts l'entourage du président, Elon Musk.
Ca se termine en amateurisme. Hier, vous avez suivi Donald Trump qui parlait au fur et à mesure de la journée des tenants et des aboutissants de la négociation. Cet homme livre au monde entier ce qui se passe en sous-main entre l'Iran et les Etats-Unis.
Si vous êtes un Iranien en train de négocier avec les Américains, il y a des choses que vous n'avez pas envie de dire parce que vous avez des comptes à rendre dans votre pays aussi, auprès des gardiens de la révolution...
Il y a peut-être des choses que vous avez envie de cacher et vous avez Donald Trump qui donne toutes les informations sur Truth Social. C'est irresponsable et ahurissant. On comprend presque que les Iraniens, qui avaient remporté une belle bataille hier en rouvrant le détroit d'Ormuz, en montrant qu'ils contrôlaient la situation, que les gardiens de la révolution et le régime iranien doivent revenir en arrière par peur de se faire doubler à nouveau par Trump. -A.Casse: Isabelle, j'ai une question pour vous. -I.de Gaulmyn: Je voulais faire remarquer que c'est la grande différence entre le mondat de Trump 1 et le mandat de Trump 2.
Le mandat Trump 1, on a l'impression qu'on arrivait à le contenir. Trump 2, on voit que tout est délité. Ce que l'on croyait être la plus ancienne démocratie du monde, en fait, en un coup de balai, tout semble évanoui.
C'est vraiment la différence entre les deux. -A.Casse: Est-ce que Trump 2 se croit davantage investi d'une mission divine? -I.de Gaulmyn: Honnêtement, là-dessus, je ne pense pas.
Mais il ne faut jamais oublier qu'aux Etats-Unis, la dimension religieuse est importante depuis le début. C'est un Etat fondé sur une lutte religieuse. Ils ont créé un nouvel Etat religieux.
La nouvelle dimension religieuse est importante. Trump s'appuie beaucoup sur sa base évangélique