Sébastien Chenu : "Nous sommes le premier groupe, respectueux et assidu à l'Assemblée !" (RTL)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Vous avez repris le chemin de l'Assemblée, comme tous les députés.
- 0:10RelanceRéponse directe
C'est bizarre quand même, non ?
- 0:16RelanceRéponse directe
Ce que je trouve bizarre, c'est que vous prenez des postes dans une Assemblée dont vous ne cessez de répéter que vous souhaitez sa dissolution ultra rapide.
- 0:54OuverteRéponse directe
C'est un peu le front républicain à l'échelle de l'Assemblée.
- 1:20RelanceRéponse directe
C'est la fin du front républicain par exemple pour vous ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Sébastien Chenu, vous nous confirmez que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont bien rendez-vous avec Sébastien Lecornu demain à Matignon.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14Invité politiqueFait
« Mais c'est la démocratie, qu'est-ce que vous trouvez bizarre là-dedans ? »
- 0:25Invité politiqueFait
« L'Assemblée Nationale, c'est la représentation des forces politiques de notre pays, telles que les Français l'ont souhaité. »
- 0:35Invité politiqueFait
« Que je sache, les députés du Rassemblement National autour de Marine Le Pen ont été salués d'ailleurs depuis des années comme étant des députés non seulement assidus mais respectueux de cette institution. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Or il y avait, dans l'année passée, un deal entre macronistes et républicains pour sortir le Rassemblement National. »
- 1:00Invité politiqueFait
« C'est une institution et que donc dans les textes, il est d'ailleurs écrit que l'organisation de l'institution doit ressembler à l'état des forces politiques de cette même institution. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Nous sommes le premier groupe, il est normal qu'on occupe les fonctions qui nous reviennent pour faire fonctionner l'institution. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Le front républicain, c'est de la bidouille politique, c'est une magouille politique au moment des législatives où des gens qui n'ont pas les mêmes idées s'entendent pour empêcher le Rassemblement National d'arriver au pouvoir. »
- 2:09Invité politiqueFait
« D'abord, je crois qu'il faut que le Premier ministre ne fasse pas semblant. Pas semblant, d'un côté, de donner et de reprendre. »
- 2:39Invité politiqueFait
« On ne va pas suivre. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Qu'est-ce qu'on peut obtenir au bénéfice des Français, et de quoi on peut protéger les Français ? »
- 3:25Invité politiqueFait
« On veut protéger le pouvoir d'achat des Français, et par conséquent, on demande au gouvernement et au Premier ministre de s'attaquer à ces dépenses de l'Union Européenne, l'immigration, la fraude... »
- 4:00Invité politiqueFait
« On ne s'interdit rien, s'il n'y a pas de rupture, il n'y aura censure. »
- 4:38Invité politiquePromesse
« Une rupture forte sur la politique migratoire, c'est-à-dire par exemple, alors non pas le référendum, parce que ce n'est pas le Premier ministre qui peut en avoir l'initiative, mais la fin de l'aide médicale d'État pour en faire une aide médicale d'urgence. »
- 4:58Invité politiquePromesse
« Une inflexion très forte de notre contribution à l'Union Européenne, c'est-à-dire qu'on arrête d'augmenter chaque année notre contribution à l'Union Européenne. »
- 5:12Invité politiquePromesse
« Et puis probablement, sur les dépenses toxiques de l'État, l'engagement d'une réforme, peut-être sur le millefeuille, sur les agences. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Non, non, on a une autre proposition, mais chacun a le droit de faire œuvre de proposition. »
- 7:05Invité politiqueFait
« L'industrie textile, elle est fortement abîmée déjà dans le pays. »
- 7:30Invité politiqueFait
« C'est quoi la réponse à les droits de douane ? Pas seulement, mais en partie aussi. Puis la réindustrialisation du pays. »
- 8:10Invité politiqueFait
« La justice nous dise si France Télévisions a mis à travers les deux personnes que vous avez nommées, les deux journalistes, des moyens pour aider le PS. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Non, mais Nicolas Sarkozy n'est pas en conquête du pouvoir. Il ne se présente pas à des élections. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Nicolas Sarkozy n'est plus dans la vie politique active. Il ne cherche pas encore une fois à conquérir le pouvoir contrairement au Parti Socialiste. »
Temps de parole
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Sébastien Chenu est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Sébastien Chenu. Vous avez repris donc le chemin de l'Assemblée, comme tous les députés. Assemblée qui a élu son bureau hier, et vous allez occuper une des deux vice-présidences qui reviennent désormais au Rassemblement National. C'est bizarre quand même, non ?
Mais c'est la démocratie, qu'est-ce que vous trouvez bizarre là-dedans ?
Ce que je trouve bizarre, c'est que vous prenez des postes dans une Assemblée dont vous ne cessez de répéter que vous souhaitez sa dissolution ultra rapide.
Mais vous confondez beaucoup de choses, M. Soto. L'Assemblée Nationale, c'est la représentation des forces politiques de notre pays, telles que les Français l'ont souhaité. Au sein de cette Assemblée Nationale, il y a une organisation pour faire fonctionner l'institution. Que je sache, les députés du Rassemblement National autour de Marine Le Pen ont été salués d'ailleurs depuis des années comme étant des députés non seulement assidus mais respectueux de cette institution. Or il y avait, dans l'année passée, un deal entre macronistes et républicains pour sortir le Rassemblement National.
C'est un peu le front républicain à l'échelle de l'Assemblée.
C'est ça. Mais ce qu'ils oublient, c'est que c'est une institution et que donc dans les textes, il est d'ailleurs écrit que l'organisation de l'institution doit ressembler à l'état des forces politiques de cette même institution. Nous sommes le premier groupe, il est normal qu'on occupe les fonctions qui nous reviennent pour faire fonctionner l'institution. Ce vote, il a un sens politique ou c'est juste de la cuisine interne ?
Non, tout vote a un sens politique. C'est la fin du front républicain par exemple pour vous ? Il y a des élus du socle commun, de la Macronie qui ont voté pour vous ?
Je crois que ça n'a rien à voir. Le front républicain, c'est de la bidouille politique, c'est une magouille politique au moment des législatives où des gens qui n'ont pas les mêmes idées s'entendent pour empêcher le Rassemblement National d'arriver au pouvoir. Drôle de programme d'ailleurs de n'avoir que comme programme d'empêcher le Rassemblement National d'arriver au pouvoir. Là, ce qui s'est passé hier, c'est une entente de l'ensemble des groupes politiques. Je vous rappelle que nous, nous avons aussi voté pour des députés de gauche pour qu'ils aient des responsabilités, pour que l'Assemblée Nationale fonctionne d'une façon démocratique.
Sébastien Chenu, vous nous confirmez que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont bien rendez-vous avec Sébastien Lecornu demain à Matignon. Est-ce que vous pouvez nous dire où va être la ligne de séparation entre ce qui fera que vous tolérez le nouveau Premier ministre et ce qui fera que vous le ferez tomber ?
D'abord, je crois qu'il faut que le Premier ministre ne fasse pas semblant. Pas semblant, d'un côté, de donner et de reprendre. C'est-à-dire, si c'est pour dire, je vais donner, faire un effort sur la fiscalité, les impôts pour les Français, et puis de l'autre côté, faire une année blanche, ça, ça ne va pas marcher. Si c'est faire semblant de s'attaquer au grand dossier tabou, je m'attaque à l'AME, à l'aide médicale d'État, mais en fait, c'est juste pour enlever la balle néothérapie, ça ne va pas marcher. On ne va pas suivre.
Donc je pense que Marine Le Pen et Jordan Bardella vont expliquer au Premier ministre qu'avant de demander des efforts massifs aux Français, il faut s'attaquer aux vraies réformes que nécessite la construction d'un budget, parce que sinon, le coup de rabot, il faudra le passer année après année sans jamais avoir rien résolu et ne pas faire semblant.
Mais qu'on comprenne bien, vous allez y aller avec des lignes rouges, pour reprendre le terme qui avait amené à la chute de Michel Barigny à l'époque, ou vous allez y aller en sachant que de toute façon, tout le monde n'obtiendra pas tout ce qu'il veut et qu'il faudra faire des concessions ?
Non mais nous, on y va toujours avec la même logique. Qu'est-ce qu'on peut obtenir au bénéfice des Français, et de quoi on peut protéger les Français ? Si on peut protéger les Français d'une année blanche, si on peut protéger les Français d'une désindexation des retraites, eh bien, ce sera une priorité. Nous, c'est toujours pareil. On veut protéger le pouvoir d'achat des Français, et par conséquent, on demande au gouvernement et au Premier ministre de s'attaquer à ces dépenses de l'Union Européenne, l'immigration, la fraude... Mais pardon, je reviens sur ma question, Sébastien.
Oui, mais aucune personne ne s'attaque jamais. Vous savez bien qu'il ne pourra pas vous dire oui à tout, comme il ne peut pas dire oui à tout aux socialistes, comme il ne peut pas dire oui à tout aux LR, etc. Donc, est-ce que pour vous, ce sont des lignes rouges ? Autrement dit, pour dire les choses très clairement, si jamais vous n'êtes pas entendu demain, si en sortant de Matignon, Marine Le Pen et Jordan Bardella disent, « Ben non, il n'y a pas de rupture, contrairement à ce qu'il avait promis, il n'y a pas le compte, vous pourriez le censurer dès son discours de politique générale la semaine prochaine. »
On ne s'interdit rien, s'il n'y a pas de rupture, il n'y aura censure. On ne s'interdit rien. Mais nous ne nous sommes jamais rien d'interdit. Dès la semaine prochaine. « S'il n'y a pas de rupture, il y aura censure. » C'était la meilleure phrase qui résumait notre état d'esprit, qu'avait prononcé Jordan Bardella il y a quelques temps, parce que c'est le Premier ministre lui-même qui d'ailleurs a parlé de rupture. C'est Sébastien Lecornu qui a dit, « Il y aura une rupture sur le fond et sur la forme. »
Dites-moi, en trois mesures simples, ça serait quoi la rupture qui rendrait accès ? Parce que vous savez qu'on entend beaucoup de choses de toutes parts, on est un peu perdu et pour cause, on ne connaît pas ce qu'il y a dans le budget, on ne connaît pas les intentions réelles de Sébastien Lecornu. Quelles seraient pour vous les trois mesures qui feraient qu'il y aurait rupture et donc qu'il n'y aurait pas censure ?
Une rupture forte sur la politique migratoire, c'est-à-dire par exemple, alors non pas le référendum, parce que ce n'est pas le Premier ministre qui peut en avoir l'initiative, mais la fin de l'aide médicale d'État pour en faire une aide médicale d'urgence, dans l'ensemble des dispositifs de la politique migratoire, on pourrait imaginer qu'il puisse y avoir celle-ci. Une inflexion très forte de notre contribution à l'Union Européenne, c'est-à-dire qu'on arrête d'augmenter chaque année notre contribution à l'Union Européenne.
Donc on négocie un rabais très vite, là, c'est ça ?
D'autres pays l'ont négocié, nous demandons à faire la même chose. Et puis probablement, sur les dépenses toxiques de l'État, l'engagement d'une réforme, peut-être sur le millefeuille, sur les agences, c'est-à-dire que par exemple, on se penche sur la question du doublon, du doublonnement, que peuvent représenter les régions et les départements, en termes de structure, la fin aussi d'un certain nombre d'agences d'État, Vous êtes dans la suppression des régions ? ARS, moi je pense que, il ne faut pas les supprimer, il faut les fusionner avec les départements, pour que les élus départementaux siègent en format régional, c'est un peu compliqué, pour s'occuper de la politique régionale.
On ferait des économies d'échelle. En tout cas, il faut aller loin là-dedans.
La grande préoccupation des Français aussi, qu'on oublie peut-être un peu, c'est le pouvoir d'achat. Hier, ici même, à votre place, c'était Michel Picon, le patron de l'UDEP, qui était là, et qui disait, moi je propose de supprimer la CSG sur les fiches de paye, sur les revenus du travail, environ 9%, pour rapprocher le salaire net du salaire brut. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Non, non, on a une autre proposition, mais chacun a le droit de faire œuvre de proposition. Nous, c'est l'augmentation des salaires des Français de 10%, en échange, et c'est là où M. Picon serait intéressant, d'un gel des cotisations patronales. C'est-à-dire qu'en fait, il n'y a pas de perdant. Les Français verraient leur salaire augmenter, les entreprises verraient leur cotisation patronale.
Les entreprises seraient obligées
d'augmenter les salaires ? C'est la nécessité qui est celle du dialogue. Il serait obligé, en tous les cas, de se mettre autour de la table pour aller dans ce sens. Mais c'est, je crois, une proposition qui a du sens et qui a été bien accueillie lorsqu'on l'a développée, proposée, lorsque Jordan et Marine l'ont portée devant les patrons. Nous, c'est vrai que notre, on le dit souvent, c'est priorité aux PME, aux TPE, aux ETI, à ce qui crée de l'emploi très directement dans notre pays.
À propos de pouvoir d'achat, est-ce que vous vous réjouissez ou est-ce que vous êtes inquiet de voir Chine ouvrir des magasins en dur dans plusieurs villes de France, au BHV, Galerie Lafayette à Dijon, à Grenoble, à Angers, à Limoges ? C'est bon pour le pouvoir d'achat ou ça va achever notre industrie textile ?
L'industrie textile, elle est fortement abîmée déjà dans le pays. Moi, je viens d'une région du Nord qui a été un des personnes de l'industrie textile. Ça fait très longtemps. Mais vous savez, c'est toujours la même question. Quand on permet, quand on ouvre, quand on laisse un marché évidemment être envahi par une offre commerciale telle que celle que vous proposez, celle que vous énoncez, il ne faut pas s'étonner des conséquences. C'est quoi la réponse à les droits de douane ? Pas seulement, mais en partie aussi. Puis la réindustrialisation du pays.
Pas forcément ici sur le textile, mais on a des domaines dans lesquels on peut reprendre la main en termes d'industrie et puis aussi les normes qui assassinent, qui tuent nos entreprises.
Qui protègent aussi ?
Il n'y a pas un industriel qui vous dira que les normes protègent. Tout le monde dit que les normes tuent notre compétence.
Mais c'est une faute de la part des galeries et du BHV d'ouvrir des boutiques chines ?
Ce n'est pas un bon état d'esprit je trouve par rapport à l'économie française.
Sébastien Chenu, le 8 septembre après la révélation du café pris par Patrick Cohen et Thomas Legrand avec des responsables du PS, vous aviez annoncé le dépôt d'un article 40, autrement dit un signalement au procureur de la République. Est-ce que vous l'avez fait ? Oui, oui, j'ai fait.
La justice nous dise si France Télévisions a mis à travers les deux personnes que vous avez nommées, les deux journalistes, des moyens pour aider le PS. Ce qui serait une fourniture de moyens qui contrevient à la loi.
Hier, le canard enchaîné, vous l'avez vu, j'imagine, révéler que Pascal Praud lui avait dîné dans un grand restaurant parisien avec Nicolas Sarkozy il y a quelques jours. Ça vaut un signalement ça aussi ou pas ?
Non, mais Nicolas Sarkozy n'est pas en conquête du pouvoir. Il ne se présente pas à des élections. Il reste dans la politique quand même et puis il a pesé sur l'actualité de ces derniers jours. D'accord, mais je veux dire je n'ai pas vu quelque part que Nicolas Sarkozy cherchait à élaborer une stratégie pour devenir président de la République ou pour conquérir le pouvoir. Donc ça ne vous choque pas ? Ah non, ça ne me choque pas. Nicolas Sarkozy n'est plus dans la vie politique active. Il ne cherche pas encore une fois à conquérir le pouvoir contrairement au Parti Socialiste. Mais pas un tout petit peu
de mauvaise foi. Si je vous avais dit qu'il avait dîné avec Jean-Luc Mélenchon
vous auriez la même réponse ou pas ? Non, parce que Jean-Luc Mélenchon il est dans une conquête du pouvoir mais ce n'est pas le fait de dîner vous avez bien compris. Parce que dans cette conversation dont moi je n'aime pas l'idée qu'elle soit enregistrée à l'insu des intéressés. Je le dis parce que je trouve que ce n'est pas une bonne méthode et d'autres le font et c'est tout aussi condamnable je pense à Élise Lucet ou tout ça. En fait c'est le fait de concourir à l'élaboration d'une stratégie. Quand on est un journaliste du service public vous Thomas Soto vous pouvez le faire avec qui vous voulez.
Sébastien Chenu