LA CHINE CONQUIERT L'EUROPE, LAREM PRIVATISE & LES VIOLENCES POLICIÈRES
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« Emmanuel Macron avait promis de supprimer 120000 postes dans la fonction publique, 50000 agents de l'État et 70000 agents territoriaux. »
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« Le texte de loi devrait être adopté avant l'été et serait applicable dès le 1er janvier 2020. »
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[Musique] Bonsoir à toutes et à tous. Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro de l'autre 20h. Comme tous les jeudis, vous retrouverez un petit coup de bourbon de Serge Faubert.
Puis Théophile Quamo nous parlera de la nouvelle route de la soie que veut mettre en place la Chine. Enfin, restez avec nous puisque'après ce journal, vous aurez le plaisir de retrouver Virginie Chrissy et son émission Au combat. Bienvenue dans votre journal.
Le projet de loi de la réforme de la fonction publique a été présenté mercredi 27 mars en conseil des ministres. Serge Faubert nous explique pourquoi nous sommes en train d'assister à la privatisation rampante du service public. C'est un petit coup de bourbon.
La privatisation rampante du service public, les départs en série à l'Élysée et la gendarmerie qui accuse Castaner, c'est dans le numéro 26 du petit coup de bonbon. Depuis des mois, des centaines de milliers de personnes à travers le mouvement des gilets jaunes réclament davantages de service public, davantage de profs, d'infirmières, d'être soignant, de magistrats. N'importe quel gouvernement ayant entendu ce message s'efforcerait à tout le moins de préserver les effectifs en place.
Mais ce n'est pas vraiment l'intention de Gérald d'Armanin, le ministre de l'action et des comptes publics, et d'Olivier Dusopt, le secrétaire d'État chargé de la fonction publique, qui présentait hier le projet de loi de réforme de la fonction publique. Trois axes peut-être rapides sur lequel je voudrais particulièrement assister. La généralisation du contrat qui n'est pas la fin du statut mais qui peut être une souplesse, une alternative au statut de la fonction publique, notamment dans les emplois de de direction, on y reviendra. la généralisation du CDI et la création d'un contrat de projet euh qui peut aller de 1 à 6 ans et qui accompagnera les employeurs publics devant des projets qui ne méritent peut-être pas d'avoir un emploi à vie.
La création du plan de départ volontaire pour la fonction publique avec l'ouverture au droit au chômage pour pour ces agents. Dans plan de départ volontaire, tous les mots sont importants, notamment le mot volontaire et il s'agit que de la conséquence des transformations qu'il y aurait eu dans un ministère et non pas un plan de départ en général. Derrière ces mesures, il y a une philosophie que résume sans détour le député LR Julien Aubert.
La philosophie qui est derrière, c'est de considérer que l'État doit être géré comme une entreprise et qu'en ayant un volant de contractuel, on pourra lorsqu'on supprimera une agence ou lorsqu'on supprimera une strate et bien supprimer effectivement des postes parce qu'on pourra renvoyer ces contractuels. C'est donc quelque part contourner le statut de la fonction publique. Le fait d'avoir des contrats courts, c'est une perte de mémoire dans l'administration.
C'est peut-être une moindre un moindre engagement des gens dans l'administration. Et donc à la fin, on risque d'avoir un service de moins bonne qualité. Pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron avait promis de supprimer 120000 postes dans la fonction publique, 50000 agents de l'État et 70000 agents territoriaux.
Le projet de loi présenté ce mercredi s'inscrit manifestement dans cette perspective. Lundi, un rapport de l'inspection générale des finances, opportunément dévoilé par le Figaro, avait donné le ton : "Certains fonctionnaires ne travailleraient pas assez". refrain connu.
C'est gros comme une maison, c'est-à-dire un jour, on nous fait un rapport nous disant euh il faut que les fonctionnaires travaillent euh travaillent réellement 35 he puis le lendemain, on nous annonce des mesures qui visent en réalité à attaquer le statut de fonctionnaire. Euh je ce rapport, je vous signale que c'est ça concerne seulement un/ers des un même pas un/art des fonctionnaires que dans ce quart de fonctionnaire, il y a beaucoup en réalité de journées qui correspondent à des journées de carence, de vacances, de de repos récupérateurs et je ne vois pas pourquoi on les attaquerait là-dessus. Euh donc vous apercevez que de d'un effet d'annonce en réidé ça ça concerne très peu de gens et encore priori si on on calcule ça serait euh un gain de 30 minutes par semaine.
Ça fait des années euh que la Cour des comptes a mis en avant le fait que euh dans la fonction publique d'État, comme dans certaines collectivités territoriales, on ne travaillait pas le nombre d'heures attendu. Donc vous savez bien qu'un certain nombre de collectivités n'ont pas négocié le passage aux 35h. Ça s'est traduit par des RTT en vetu en voilà.
Ça s'est traduit aussi par des statuts antérieurs où on est encore à 32h voire un peu moins. J'espère que la réforme qui est attendue de la fonction publique sera l'occasion de mettre ce sujet-là non seulement sur la table mais aussi au sein du parlement. Du côté de la majorité présidentielle.
On n'hésite pas à présenter cette privatisation rampante de la fonction publique comme une réponse aux attentes des gilets jaunes. Donc s'aperçoit aussi notamment à l'occasion de ce de cette séquence ou de cette crise des gilets jaunes qui a un grand besoin de service public de proximité, qui a une demande des gens qui a peut-être pu évoluer par rapport à ces services publics et qu'il faut simplement mettre la fonction publique au sens large au diapason de ce que demande à la fois les citoyens. Puis on sait probablement aussi faire un peu mieux pour pour moins cher.
Pour moins cher, ce n'est pas sûr car pour attirer les cadres du privé, il faudra bien aligner les rémunérations proposées sur celle du marché. Au final, l'opération pourrait se révéler plus coûteuse pour l'État et les collectivités locales que de maintenir des fonctionnaires au même poste. Cette ouverture du public au privé pose un second problème, celui de l'indépendance des décideurs publics.
Comment être certain que demain un cadre venu du privé ne sera pas tenté d'attribuer un marché public à l'un de ses anciens employeurs, surtout si le cadre en question prévoit de retourner dans le secteur privé à l'issue de sa mission dans le public. Le projet de loi ne répond pas à cette objection majeure. Quoi qu'il en soit, le télescopage de ce projet de loi avec la conclusion du grand débat risque d'être dévastateur.
Supprimer 120000 postes. Bon, je dis d'accord ou moins de moins de fonctionnaires, c'està-dire moins d'infirmières et moins de médecins dans les hôpitaux, c'estàdire moins de personnel soignant dans les Épades. Faut-il moins de d'enseignants devant les élèves ?
Et bien toutes ces réponses, moi je fais un simple constat. Euh les Français n'ont pas demandé moins de services publics euh dans ce grand débat et euh en réalité en réduisant la question à ces 1200 postes ou alors à la réforme que nous aurons examiné sur la fonction publique dans quelques instants, dans quelques dans quelques semaines. Au fond euh il y a une vision très étriquée, très convenue, très libérale.
Tous ceux qui pensent qu'il y a trop de fonctionnaires devront comprendre que s'il y a moins de services public et ben cette absence de service public, elle sera comblée par une offre privée, ça coûtera plus cher. Le texte de loi devrait être adopté avant l'été et serait applicable dès le 1er janvier 2020. D'ors et déjà, sept syndicats ont appelé à une journée nationale d'action et de grève le 9 mai.
Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, Benjamin Grivau, porte-parole du gouvernement et Mounir Majoui, secrétaire d'État au numérique, ont donc quitté le gouvernement hier mercredi. La première va conduire la liste de la République en marche aux élections européennes. Les secondes briguent l'investiture de leur partie pour les municipales à Paris.
Ce ne sont pas les seuls à avoir fait leur carton ces dernières semaines. Directeur de campagne de Nathalie Loiseau, Stéphane Séjourné, en 6e position sur la liste de la République en marche, a quitté l'Élysée en décembre. Il était un des plus proches collaborateurs d'Emmanuel Macron qui l'accompagne depuis l'époque où celui-ci régnait sur Ber.
Ismaël Émélien, conseiller spécial du président et David Amiel, autre tête pensante au service d'Emmanuel Macron, viennent également de quitter l'Élysée. Officiellement pour assurer la promotion de leur livre, le progrès ne tombe pas du ciel. un essai faiblard pages en gros caractère sur le progressisme.
En fait, le premier a surtout été rattrapé par l'affaire Benala Ismaël Émélien, et soupçonné d'avoir joué un rôle dans la diffusion sur les réseaux sociaux d'images provenant de caméras de surveillance de la place de la contreescarpe le 1er mai. Ce afin de justifier les coups portés par Benala contre un couple de manifestants. L'affaire Benala n'a d'ailleurs pas terminé de faire des ravages dans l'entourage du président de la République.
Les sorts de la gendarmerie nationale vient de révéler que le général Lionel Lavergne qui commande le groupe de sécurité de la présidence de la République, le GSPR, va quitter son poste incessamment. L'officier est un des trois collaborateurs de l'Élysée contre lequel le Sénat vient de demander des poursuites judiciaires pour avoir caché des informations à la commission d'enquête sur l'affaire Benala. Du coup, la question du maintien en poste des deux autres collaborateurs est posée.
Il s'agit du secrétaire général de l'Élysée, Alexis Colère et du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Stroda. Ce mercredi 27 mars, la commission des lois entendait une nouvelle fois le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner et son secrétaire d'état, Laurent Nounès. Les deux membres du gouvernement étaient venus s'expliquer sur l'émeut du 16 mars sur les Champs-Élysées.
Nous avions le 16 mars les évaluations des services de renseignement qui avaient correctement estimé le nombre de manifestants et les risques de violence. Nous avions un dispositif à la hauteur et adapté puisqu'il y avait 5000 policiers et gendarmes déployés dans Paris. Un petit peu plus de 5000 policiers gendarmes déployés dans Paris.
Hélas, cette version est totalement démentie par l'essort de la gendarmerie nationale qui relae la position des haut gradés contraints au devoirs de réserve. On apprend ainsi qu'un dispositif musclé avait été initialement prévu par les États-majores. 34 escadrons de gendarmes mobiles et 12 compagnies républicaine de sécurité.
Mais la semaine précédente la manifestation, l'unité de coordination des forces mobiles, l'UCFM qui dépend du ministère de l'intérieur donne l'ordre aux gendarmes de mettre au repos leurs neuf escadrons mis en réserve. Résultat, samedi, ils doivent rapatrier en urgence vers la capitale quatre escadrons en mission dans le nord de la France pour faire face au regain de violence. Encore mieux, les sacages de magasins sont directement imputables à la stratégie d'engagement selon le témoignage d'un officier rapporté par l'essort de la gendarmerie.
Bloqué de part et d'autre de l'avenue, les manifestants auraient alors tourné leur colère vers les commerces de luxe. Une version des événements qui corrobore les interrogations que formulait hier encore Alexis Corbière. Et on peut s'interroger par moment s'il y a pas dans ces violences une recherche de la part du gouvernement qu'elles aient lieu ou une gourmandise à les exacerber quand elles ont lieu pour ne qu'on ne parle plus en vérité de ce qu'exprime au vent des gilets jaunes c'estàd volonté de justice fiscale de justice sociale de droits démocratique mais uniquement vous pour compte le fait qu'on brûle un restaurant sur les Champs éélysées ou qu'on détruise en kiosca journaux ce qui en vérité n'intéresse personne.
C'est un ambitieux projet que veut mettre en place la Chine avec les pays d'Europe du Sud. Une nouvelle route de la soie. Théophile Quamou décrypte l'ambition de l'Empire du milieu et les enjeux liés à ce projet, c'est le dixit.
C'est une information qui a en son doute donner des crises durticaires aux eurocrates de Bruxelles. À la faveur de sa tournée européenne en cours, le numéro 1 chinois Xi Jimping s'est arrêté à Rome. À cette occasion, les autorités italiennes ont annoncé très clairement qu'elles acceptaient de collaborer à l'ambitieux projet de l'empire du milieu, la nouvelle route de la soie.
C'est quoi la nouvelle route de la soie ? Le terme fait référence à l'ancienne route de la soie. Bien entendu, pendant le Moyen Âge, c'était une toile d'araignée reliant la Chine au Moyen-Orient et à l'Europe.
Aujourd'hui, à l'heure de la mondialisation, ce vieux concept prend les allures d'une arme fatale géopolitique. Ce projet, il a été lancé en 2013, c'est-à-dire il y a 6 ans, par le président chinois Sjin Ping. Un projet de tous les superlatifs, plus de 1000 milliards d'euros d'investissement.
Cela passe par la construction de ports, de route, de gazodauoduc, de câbles de fibre optique sous-marin également tous destiné à relier les continents les uns aux autres et permettre aux produits d'exportation chinois de gagner plus rapidement euh plus facilement et plus de manière plus sûre les pays les pays les uns et les autres. Euh vous le voyez sur cette carte euh c'est surtout euh cette route de la soie, elle passe surtout par l'Asie évidemment, mais aussi euh par le Moyen-Orient, euh l'Afrique et euh l'Europe. Et ben, ça ne rigole pas.
En tout cas, une partie de la stratégie de la Chine est la construction, mais aussi la prise de contrôle d'un certain nombre de ports et d'infrastructures stratégiques. Au Sri Lanka, Pékin est parvenu à mettre la main sur le port d'un bon Totar. En Afrique de l'Est, le pays de l'oncle XI a construit une ligne de chemin de fer reliéant l'Éthiopie où l'industrie textile chinoise délocalise à fond et le port de Djiboucii.
Cette ligne ferroviaire qui désenclavera l'Éthiopie devrait réduire la durée des transports à moins de 10h contre plusieurs jours de trajet par la route surchargé et mal entretenuant 1500 camions chaque jour sur laquelle transite près de 90 % des importations de l'Éthiopie. On aurait pu s'imaginer que cette stratégie d'implantation s'avère plus difficile en Europe parce que l'Europe se veut un bloc cohérent dans le contexte de guerre économique mondiale que nous connaissons et aussi parce que l'Union européenne, quoi qu'on en dise, fait partie de l'OTAN et est donc l'allié des États-Unis dont le président Donald Trump se réveille et se couche en maudissant l'économie chinoise. Voilà, la Chine a compris que l'Europe du Sud se sent humiliée, cornéisé, marginalisé par le couple franco-allemand et surtout par l'Allemagne dans Gela Merkel, la Commission européenne et la Banque centrale européenne.
Tout a commencé par la Grèce acculé financièrement, mis sous tutelle du FMI et de l'Europe. Selon la vulgate libérale, elle devait donc privatiser ses entreprises publiques, notamment le port du Piré, en grande partie rachetée en 2016 par les Chinois qui le contrôleront au moins jusqu'en 2052. Merci qui ?
Merci Washington ? Merci Bruxelles. Ce sont pourtant les Américains et les institutions européennes qui dans une sorte d'étrange schizophrénie trépignent et vitupèrent à la progression de ce que l'on pourrait appeler la Chine Europe.
Car l'Italie c'est quand même un gros morceau comparé à la Grèce. Les Chinois sont autorisés à faire de gros investissements dans le port de Gè qui desserrent parfaitement la France et l'Espagne et dans le port de Trieste qui regarde vers l'Europe centrale. En gros, l'Italie se pose en plateforme logistique de transit pour l'industrie chinoise.
Elle pourra aussi se spécialiser dans des industries d'assemblage qui donneraient à des produits en grande partie chinois le label convoité made in European Union. Faut-il en vouloir aux Italiens ? Au fait, pourquoi devrait-il se gêner ?
L'Europe est plus que jamais un espace de concurrence interne où chaque nationalisme économique tente de se servir des règles communes pour faire avancer son agenda. Certains petits pays que d'autres refusent de reconnaître comme des paradis fiscaux se posent en ruseleur des fruits de l'évasion fiscale opéré chez les voisins. L'Allemagne veut une zone protégée pour écouler les produits de sa florissante industrie et aussi des jeunes travailleurs pour soutenir sa démographie amorphe.
Mais elle ne veut pas payer le prix de son leadership. Les pays de l'Est de leur côté jouent de leur avantage comparatifs les bass salaires et eux aussi sont progressivement investis par les Chinois. Que retenir de toute cette histoire ?
Une seule chose, la nullité géopolitique des hérocrates de Bruxelles et de Francfort, coincé dans l'économisme incapable d'apporter un souffle politique, une expérience commune à des peuples disparates, persuadé que tout le monde se rallira à un nationalisme européen auquel ne croit que les classes instruites et financièrement favorisées. L'Europe, c'est quoi en 2019 ? Rien de bien sérieux.
Voilà, c'est la fin de votre journal, mais restez avec nous puisque tout de suite vous retrouvez Virginie Crissy et son émission Au combat. Avec ses invités, ils aborderont le sujet des violences policières. À bientôt.
Dominique Theophile