[PODCAST] Bruno raconte ce qui a tout changé
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- 0:10PrésentateurChiffre
« Vous avez peut-être entendu parler de lui, un sénémarné d'une trentaine d'années, a réussi à perdre 100 kilos en un an. »
- 0:17PrésentateurFait
« « Je me suis sauvé la vie », a-t-il expliqué dans Le Parisien le 11 septembre. »
- 4:09PrésentateurChiffre
« Fin 2024, il pèse 178 kilos. »
- 6:07InvitéFait
« Le 19 mai 2025, si je suis les 8 mois de parcours avec une quarantaine de rendez-vous avec des spécialistes à peu près, que ce soit une radio des dents, une radio du corps, des analyses sanguines et j'en passe, peut-être que j'ai le droit d'être opéré et de commencer à perdre les premiers kilos. »
- 11:04InvitéChiffre
« Un mois plus tard, 12 kilos, je vois le résultat parce que je me pèse dans une pharmacie. »
- 11:41InvitéChiffre
« Au bout de 50 jours, premier rendez-vous avec Aurore, 25 kilos au moins sur la balance. »
- 17:49InvitéChiffre
« Sur la balance, 97.4. »
- 23:11PrésentateurChiffre
« Il a mis 14 heures, ça fait 100 000 pas, 100 000 pas en référence aux 100 kilos qu'il a perdu en un an. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Présentateur20 %
- ?9 %
- Présentateur 26 %
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Bonjour,
c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
Vous
avez peut-être entendu parler de lui, un sénémarné d'une trentaine d'années, a réussi à perdre 100 kilos en un an.
«
Je me suis sauvé la vie », a-t-il expliqué dans Le Parisien le 11 septembre. Cet homme s'appelle Bruno Mougenot et chez Codesource, on a eu envie qu'il prenne le temps de nous raconter son histoire, son parcours et son combat gagné pour perdre du poids. Bruno Mougenot est avec Judith Perret, la reporter de Codesource. Je rencontre Bruno Mougenot, 37 ans, dans les locaux du Parisien. Bruno est blond, il a les yeux bleus, il a ramené avec lui une sacoche. Il en sort un porte-vue, quasiment toutes les feuilles plastifiées sont utilisées.
C
'est
mon petit book qui raconte mon année, mon parcours. Du début à la fin, il y a une lettre que j'ai faite à ma nutritionniste à cœur ouvert.
Il
y a des mots que j'écris aussi pour des gens qui vont dans son cabinet, qui poussent la porte.
Et
qui
n
'ont pas d'espoir, puisqu'elle a ce même livré aussi sur son bureau pour motiver les gens, leur montrer que c'est possible. Il y
a
quelqu'un qui a fait l'impensable, donc quelle que soit leur envie, leur espoir, leur rêve, il est réalisable.
Un
rêve que n'imagine sans doute pas Bruno quand il est enfant. Il naît en 1989 et grandit à Évry, au sud de Paris. Sa mère travaille dans une cantine, son père est menuisier.
Je
suis perturbateur, je suis rigolo
et
je suis gros.
J
'ai toujours été sur la barre la plus haute des poids. A chaque fois qu'on me pesait, c'était catastrophique. Il n
'y a
jamais eu de poids, même tolérable, toujours dans les excès.
Bruno ne voit pas son poids comme un problème, car c'est ce qu'il a toujours connu.
A
l'adolescent, je dois faire plus de 100 kg. Je suis dans les 100, 110, 120 en fonction des moyennes, à l'âge de 14 ans déjà.
Je
subis des moqueries, j'ai parfois des critiques, des remarques. On m'appelle même boule d'ailleurs dans mon enfance,
par
rapport à boulangerie ou boule, parce que j'étais rond.
Mais non,
j'ai toujours assumé ce poids, j'ai toujours su m'adapter et je passais au-dessus en fait.
Bruno ne voit pas son poids comme un problème, c'est ce qu'il a toujours connu.
J
'assume pleinement qui je suis, mais parfois je me remets en question. Ça m'est arrivé à des moments où
je
disais trop, il
faut
que
je
fasse attention. Parfois je disais, bon, c'est pas grave, je suis comme ça, donc je me suis toujours assumé.
Pourtant, on lui en parle de son poids. Les soignants notamment, même quand Bruno vient consulter pour des motifs très éloignés de l'obésité.
Même un ORL,
il
me disait, il faut perdre du poids. Nos petits siens, il me disait,
il
faut perdre du poids. Tout le monde, tous les avis médicaux, qu'ils soient
physiques
ou même j'allais pour une grippe, on me disait, attention le poids.
Mais
je sais qu'il a raison,
mais
je me dis, j'ai le temps,
je
profite, j'ai le temps.
J
'arrive à m'habiller, j'arrive à marcher, j'arrive à, pas courir mais presque,
j
'arrive à faire ce que je veux, j'ai des amis, j'ai une vie tranquille, donc ça va.
Après le collège, Bruno s'oriente vers un CAP. Il devient menuisier, comme son père. Il emménage dans son premier appartement avec sa copine. C'est à ce moment-là que son poids devient un handicap.
Ça
empêche beaucoup de choses, ça empêche de courir, ça empêche de mettre ses chaussettes avec facilité, ça empêche de trouver des vêtements, ça empêche d'aller faire des balades en vélo, de faire des grandes sorties en famille,
ça
freine beaucoup les parcs d'attractions, les sorties,
un
peu tout.
Il
décide alors de faire son premier régime.
J
'étais chez mes parents, donc je mangeais n'importe comment. Je me dis qu'une fois que je suis chez moi,
je
vais faire des bonnes courses et je vais bien manger, mais ça n
'a
pas duré. On retourne vite dans les mauvaises habitudes, on est pressé, on n'a pas envie de faire à manger, on mange n'importe quoi, n'importe quand, on se fait plaisir et le temps passe.
Les
années passent, le surpoids de Bruno ne l'empêche pas de travailler ni d'avoir une vie de famille. Mais il reste limité dans ses mouvements. Quand il faut se peser, Bruno doit aller en pharmacie, car il est trop lourd pour une balance classique. Fin 2024, il pèse 178 kilos. C'est à ce moment-là qu'il ressent de vives douleurs au dos, il doit se mettre en arrêt de travail.
J
'ai une barre dans le dos, je n'arrive plus à marcher, je fais 100 mètres, je suis obligé de m'asseoir, je n'arrive plus à rien. Monter les escaliers chez moi,
c
'est compliqué, leur descente c'est pareil. Tout est devenu une épreuve. J'ai rendez-vous avec un chirurgien pour le dos, donc il me fait un scanner. Après être passé dans deux endroits différents parce qu
'il est
impossible de me faire le scanner dans leur machine, on me découvre la maladie de Schoermann.
C
'est les quatre dernières vertèbres pour moi qui sont effritées et ça n
'a
rien à voir avec le poids.
J
'ai rendez-vous avec un kiné pour essayer de passer les douleurs. Il me fait une première série d'électrodes dans le dos, ça marche quelques heures seulement et les douleurs reviennent. Et là le kiné me dit, ça ne marche pas, vous avez trop d'épaisseur, il faut maigrir si vous voulez être sauvé.
Les
médecins proposent à Bruno une opération spéciale qui lui permettrait de maigrir, une sleeve. Le principe, on coupe l'estomac en trois morceaux, on en retire deux et on n'en laisse qu'un. Bruno vit très mal cette annonce.
C
'est dur parce que c'est quelque chose que je m'étais interdit. Je reste un homme, je suis courageux, je m'en suis toujours sorti. Et là je baisse les bras en acceptant de rentrer dans ce parcours. Pour moi dès le départ déjà c'est un échec. Je rentre dans une future victoire qui reste un échec.
C
'était pour moi une porte d'entrée magique où je rentre, je maigris. Mais je savais très bien que si je ne faisais pas un travail sur moi-même, le résultat serait là pour quelques mois, quelques années. Mais
on
retombe vite dans l'enfer quand on y ressort.
Bruno est suivi à l'hôpital de Provins, en Seine-et-Marne. La sleeve est une lourde intervention qui demande une préparation très exigeante. Bruno doit consulter de nombreux spécialistes, chirurgiens, endocrinologues, nutritionnistes mais aussi psychologues.
Le
19 mai 2025, si je suis les 8 mois de parcours avec une quarantaine de rendez-vous avec des spécialistes à peu près, que ce soit une radio des dents, une radio du corps, des analyses sanguines et j'en passe, peut-être que j'ai le droit d'être opéré et de commencer à perdre les premiers kilos.
Je
ne
suis
pas motivé à le faire. Je n'en ai pas envie. Je ne veux pas de ce parcours-là. Je veux que ça parte. En fait, je voudrais que mes kilos sortent en claquant des doigts mais ce n
'est
pas possible. Et c'est justement ce premier jour des rendez-vous où on m'annonce tous les rendez-vous que j'ai à faire. J'ai le dernier rendez-vous de l'après-midi avec la nutritionniste.
Et
c'est drôle parce que c'est celle que je ne voulais pas voir en plus. Je voulais voir tout le monde sauf la nutritionniste parce que je n'avais pas envie qu'on m'apprenne à manger. Je n'avais pas envie de tout ça. Je voulais juste perdre du poids. Et c'est ce rendez-vous-là qui m'a sauvé la vie.
Parce
qu'elle m'a dit tout ce que les autres ne
m
'ont pas dit. Elle ne
m
'a pas parlé de moi. Elle ne
m'a
pas parlé de mes antécédents. Elle a compris ma douleur. Elle a compris ma demande.
Elle
a vu, elle, que je ne voulais pas me faire opérer. Pourtant, c'était la nutritionniste qui était là pour m'accompagner dans mon parcours.
Me
permettre de mieux manger pour après l'opération.
Elle
a entendu ce message et les autres ne l
'ont
pas entendu. Le chirurgien, je lui ai dit, je ne
veux
pas me faire opérer.
Il
m'a dit, c'est la seule solution. L'endoctrinologue, pareil.
Elle
m'a dit,
on
va vous préparer à l'opération. Mais je n'en voulais pas, je leur ai dit. Et elle, elle m'a
écouté. Elle
m'a entendu.
Elle
m'a aidé. Elle a été là jusqu'au dernier jour.
La nutritionniste de Bruno, Aurore Desvignes, lui fait revoir toutes ses habitudes alimentaires.
Elle
me donne un code de conduite. Comment manger pour que le corps, en fait, draine de lui-même tout ce gras, superflu dans mon corps ? Elle me l'explique facilement. Elle me montre un peu tout.
C
'était un rendez-vous qui a été important pour moi parce que c'est la première fois qu'on m'explique ce que je dois faire et pas ce que je ne dois pas faire,
en fait. Parce
qu'on m'a toujours repris sur vous manger comme si, mais ça, il
faut
l'enlever, ça, il
faut
le ralentir. Donc, quand elle me donne ce programme, elle me dit, voilà,
vous
avez tout maintenant, c'est à vous. Et donc là, je la regarde, droit dans les yeux, et je lui dis, vous savez,
ce
que vous avez fait, là, c'est énorme. Vous ne
vous
en rendez pas compte, mais vous avez changé quelque chose en moi.
Et
si vous me donnez ce programme-là,
je
vais le tenir pendant un an, jour pour jour. Et dès maintenant, on peut prendre rendez-vous. Le 19 mai 2026, je reviens et je vais vous montrer si votre programme, il fonctionne.
Ah,
je ressors de ce rendez-vous-là, j'ai un espoir.
J
'ai vraiment un espoir, je sors, je suis époustouflé par ce rendez-vous.
Je
sais déjà à ce moment-là
que
je ne ferai pas l'opération. J'en ai la pleine conscience, mais
je
le pense seulement. Je n'en suis pas sûr, mais je le pense. Donc, je sors de ce rendez-vous,
je
monte dans ma voiture.
Il
y a une heure de route pour rejoindre mon domicile.
Et
j'ai fait une heure de route en larmes.
C
'est un rééquilibrage alimentaire.
C
'est une entrée, un plat, un dessert, un fruit. Il y a tout ce qu'il faut, toujours. Il n'y
a
pas de restrictions. Certains aliments interdits, d'autres déconseillés le soir. Un petit déjeuner qui est obligatoire.
On
ne doit pas sauter de repas. On ne doit pas en rajouter. On ne doit pas enlever un élément du programme. On ne doit pas en rajouter non plus.
Il
faut vraiment avoir l'équilibre dit parfait, tous les jours, aux mêmes heures, et le corps irrégule.
Le soir même, Bruno prépare son premier repas en suivant les conseils de la nutritionniste.
C
'est un entrée des radis
avec
des petites tomates cerises. Il n
'y
avait pas de sauce parce que je n'avais pas ce qu'il fallait pour le faire. En plat, j'ai des carottes
avec
un pilon de poulet avec des petites pâtes nature.
J
'ai du pain blanc avec une petite portion de cantal
et
deux prunes rouges. Voilà mon repas, le premier repas du 19 mai 2025.
Je
l'ai pris en photo,
en
souvenir, et j'ai pris tous les autres repas en photo qu'ont pu suivre ce parcours.
A
la fin de ce repas, j'ai encore un peu faim parce que d'habitude, je mange, je mange, je mange.
Et
là, je mange et je dis ça va.
À
demain.
Et
le lendemain, je décide de faire des travaux à la maison alors que je suis en arrêt de travail.
J
'appelle un collègue et on creuse ma terrasse
à
la main.
C
'est moi qui le fais.
Je
m'abîme, je me fais mal.
Mais
je le fais parce que j'ai besoin de ce déclic pour me dire, voilà,
tu
vas souffrir à faire celle-là,
mais
les autres, elles seront un peu plus légères après. Alors les dix premiers jours, ils étaient compliqués.
Quand
j'ai réussi à me peser, que j'ai vu le résultat, c'est devenu léger.
Je
m'étais déjà formaté à me dire, c'est parti pour un an
et je
ne lâcherai pas.
Je
ne sais pas si ça va fonctionner. J'ai encore le doute.
J
'ai confiance en Aurore.
J
'ai confiance en ce qu'elle m
'a
dit.
Mais
j'ai toujours le doute sur elle, sur le résultat. J'ai un doute sur moi, sur mes capacités.
Donc
je rentre, je démarre et
un
mois plus tard, 12 kilos,
je
vois le résultat parce que je me pèse dans une pharmacie.
Et
là, je rentre chez moi et
je
me dis que ça marche.
C
'est qu'une histoire de temps.
Et
je fais ma première photo
en
caleçon.
C
'est elle qui a fini partout d'ailleurs. Un mois, 12 kilos, je suis content
parce
que
un
mois et demi après mon top départ,
j
'ai rendez-vous avec Aurore pour un bilan.
Je
sais que ça va être positif.
Je
sais qu'elle va être fière.
Elle
va voir que ça marche. Moi, ça me donne un coup de pouce pour continuer.
Et
au bout de 50 jours, premier rendez-vous avec Aurore, 25 kilos au moins sur la balance.
Donc
c'est fort.
Pour
Bruno, ce n'est pas un simple régime. C'est un changement total de ses habitudes, mais il arrive à s'adapter.
On
prend d'autres plaisirs. Avant, mon plaisir, c'était de manger dehors, de manger des mauvaises choses. J'étais content quand j'allais dans les fast-foods. Et aujourd'hui, je suis content quand j'achète des bons légumes,
du
bon miel, un bon pain au levain naturel.
Ce
n
'est
pas que mon poids qui est parti, c'est mes envies. J'avais des troubles du comportement alimentaire. J'avais envie de manger des choses mauvaises
que
je trouvais bonnes à l'époque. Et aujourd'hui, ces choses bonnes,
je
les trouve mauvaises et l'inverse en
fait. Les
choses mauvaises d'avant,
les
légumes et autres, maintenant, je les trouve bonnes.
Les
habitudes changent parce que le cerveau imprime d'autres choses.
Le
cerveau, il a l'habitude d'avoir son petit laitage, ses fruits, ses viandes naturelles. Il ne veut plus de transformer parce qu'il n'en a plus l'habitude. Et dès qu'on lui en donne, il y
a
un rejet. Aujourd'hui, quand je mange des mauvaises choses,
c
'est très très rare.
Mais
la dernière fois, par exemple, j'ai croqué dans un cordon bleu
du
commerce juste pour voir. J'ai trouvé ça horrible. Plus jamais vous allez me faire manger ces choses-là.
Je
ne peux plus. Psychologiquement, j'ai l'impression de manger du poison. Gustativement,
j
'ai l'impression de manger quelque chose qui n
'est
pas bon.
Je
préfère manger une escalope de poulet avec des épices, un peu d'huile d'olive. Et là, mon palais, il est content.
À
partir de mai 2025, la perte de poids occupe toutes les pensées de Bruno. Il veut s'inscrire dans une salle de sport près de chez lui, mais le coach lui demande de perdre une quarantaine de kilos avant de reprendre une activité physique. De quoi renforcer la détermination de Bruno.
C
'est un projet. Ce que j'ai entamé, c'est simple, mes techniques à la fois.
Parce
que quand je mange dehors, par exemple, ça m'arrive, il faut que je respecte ce programme à la lettre. Donc, s'il n
'y
a pas de laitage là où je vais manger,
j
'en ai toujours un dans ma sacoche.
Une
petite gourde.
J
'ai peut-être un morceau de fromage parfois. J'ai mon pain noir constamment avec moi.
Parce
que je ne mange plus de pain ou blé normal.
J
'ai toujours un petit fruit avec moi si je ne trouve pas mon bonheur là où je vais manger.
Mais
je m'adapte. On trouve toujours une solution.
En
fait, je rentre dans un parcours où
je
n
'ai
pas le choix.
Je
dois le zéro erreur
parce
que je veux vraiment voir ce qu'il est capable de me donner ce parcours.
Je
veux vraiment y aller jusqu'au bout pendant un an, le tenir à la lettre.
Donc, je
n
'ai
pas le choix. Ce n
'est
pas comme si j'étais forcé.
C
'est une envie.
C
'est une envie de découvrir autre chose. Comme quelqu'un qui va se lancer un défi de
faire
le tour du monde,
il
ne
va
pas se poser la question il y
a
combien de kilomètres. Une fois qu'il aura fait le tour du monde,
je
regardera. Voilà, j'ai fait tant de kilomètres. Moi, j'ai fait ce défi-là où je voulais voir ce que ce programme avait à me donner.
Et
je savais qu'à la fin, il allait y avoir forcément du bénéfique. Donc, j'ai foncé tout droit.
Premier
rendez-vous avec la nutritionniste au mois de juillet. Après 50 jours, quasiment 25 kilos de perdus, je reprends une vraie activité de travail cette fois-ci. Un assez gros chantier qui va durer tout le mois de juillet.
Je
me dépasse un peu. J'arrive à faire des choses que je ne faisais pas avant. Dans la mobilité, dans l'endurance. Je reprends confiance en moi. Je fais à peu près 150 kilos
et
je me dis que ça va et que ça ira mieux demain. Donc,
je
fais beaucoup d'efforts physiques mais toujours pas de sport.
À
la fin de l'été 2025, Bruno franchit une grande étape. Il peut reprendre le sport.
À 141 kilos, je suis sur la balance.
J
'attends le 139.9 pour aller à la salle.
Et
quand je fais 139.9, toc, toc, toc, salle de sport. Bonjour, je fais 140 kilos. Je m'inscris et j'y vais. Le soir même, j'y suis.
Alors, j
'y vais deux fois par semaine. C'est du crossfit.
J
'y vais le lundi soir, le mercredi soir. Comme toujours, c'est l'inconnu.
On
ne sait pas ce qui nous attend quand on y va.
À cause de la perte de poids rapide, Bruno voit son corps changer. Ce n'est pas toujours facile de se regarder dans le miroir.
Alors, j'ai encore du mal à me regarder. Je ne me regarde pas quand je fais ce poids-là parce que je sais que ça va descendre encore.
Je
sais que le physique, il va s'empirer parce que perdre du poids, c'est une peau qui se détend. Mais quand la peau, elle est tendue, ce n
'est
pas beau à voir non plus.
Donc,
gonfler ou dégonfler, je préfère être dégonflé, à l'aise
et
pas joli à voir qu'être surgonflé, mal à l'aise avec des douleurs et aussi pas joli à voir.
Malgré cette perte de poids efficace, Bruno reste suivi à l'hôpital de Provins, toujours dans l'objectif de subir une sleeve.
Donc
là, on est le 10 novembre 2025.
C
'est la deuxième hospitalisation sur le parcours de chirurgie baryétrique.
Je
revois comme au premier jour le nutritionniste,
je
revois le chirurgien, je revois l'endoctrinologue. Chose drôle ce jour-là,
je
suis dans le bureau de la nutritionniste,
je
suis assis sur une chaise,
ma
veste est sur le côté gauche, moi je suis à droite. Le chirurgien, il rentre dans la pièce
et
il attend, quelques minutes se passent
et
il ne me reconnaît pas.
Il
dit, il est où monsieur Mougneau
? Et
là, je me retourne, je lui dis, je suis là. Il me dit, j'ai eu vent que vous aviez perdu pas mal de poids,
mais je
ne pensais pas autant. Il faut un sacré boulot nos nutritionnistes.
Et
la nutritionniste, elle était en face de moi et je dis, franchement, elle a bien bossé
et
ce n
'est
pas fini.
Et
là, je m'excuse,
je
le regarde, je lui dis, docteur Fneich, je suis désolé,
mais
je vais devoir quitter le parcours.
Je
vais continuer avec Aurore.
Et
là, il m'a serré la main, il m'a félicité
et
j'ai continué.
Le
premier objectif que je me donne,
c
'est avant la fin de l'année,
pour
clôturer 2025,
de
passer sous la barre des 100 kilos. Et du coup, je continue ma route,
je
ne
fais
pas de bêtises
et
je prends rendez-vous avec Aurore le
30
décembre 2025
et
sur la balance, 97.4.
Donc,
je suis bien en dessous
de
ce que j'espérais. C'est la fête, c'est... On cherche toujours les bonnes résolutions pour 2026,
moi,
j'ai eu ma bonne résolution avant 2026 et
ça
me donne la force de continuer. C'est une première étape pour moi qui est validée.
C
'était un défi.
Il
fallait que j'y aille et
la
barre était très haute et
j
'ai été encore plus haut que la barre.
On
est au printemps 2026. Ça va bientôt faire un an que Bruno a commencé son régime. Son premier objectif, diviser son poids initial par deux. C'est-à-dire peser aux alentours de 90 kilos. Second objectif, peser 78 kilos. 100 kilos de moins par rapport à son poids de mai 2025.
Ce
qui est dur,
c
'est que là, ça devient une obsession.
Je
ne
veux
plus maigrir. Je suis bien comme je suis à 89. C'est mon poids de forme.
Je
ne
veux
pas être moins.
Mais
je veux aller chercher les 100 kilos en moins.
Je
veux montrer que c'est possible.
je
veux donner espoir aux gens derrière
par
mon parcours parce que je le vois déjà dans mon entourage. Beaucoup ont trouvé la force de commencer
et
je me dis que si je fais les 100 kilos en moins en un an, ça va réveiller les esprits. J'ai tout fait naturellement.
J
'ai des prises de sang.
J
'ai un parcours avec des médecins. J'ai tous mes plans en photo. Donc, on pourra montrer par la suite que c'est possible. Donc, je fonce pour les 100 kilos.
Le
19 mai 2026 arrive. Ça fait un an, jour pour jour que Bruno a commencé son régime.
Et ce jour-là, ouais, j'y arrive. Je monte sur la balance.
J
'attendais 78-4.
Peut
-être un peu moins, mais
la
barre était tellement haute que
j
'avais un doute.
Et
là, la balance, elle affiche 7-7-7.
C
'est le jackpot. C'est un kilo de moins presque que ce que j'espérais.
Il y a
700 grammes. 700 grammes, c'est peu.
Mais
je suis tellement content. Et ce chiffre 7-7-7,
c
'est la victoire.
Je
suis au bout, ça y
est. Les
premiers mots de ma nutritionniste,
c
'est waouh, félicitations.
Mais
je la félicite aussi parce qu'on l'a fait à deux. Et là, elle me dit quelque chose de drôle.
Elle
me dit stop.
C
'est bon, stop.
Là,
il
faut
arrêter de perdre maintenant. Ça faisait longtemps déjà que j'aurais dû arrêter de perdre.
J
'avais déjà un taux de masse graisseuse très bas.
J
'avais une carrière musculaire élevée.
Je
suis rentré dans la taille de vêtements que je ne pouvais jamais espérer.
J
'ai perdu 7 tailles de t-shirt.
Je suis
passé du 5XL au S. Aujourd'hui, les gens ont même du mal à croire qu
'avec
mon poids, je fais du S, mais j'ai une carrière musculaire tellement importante en dessous à cause de toutes ces années d'obésité qu'aujourd'hui, oui, c'est une victoire. Et donc, on décide de continuer tout doucement et de stabiliser, mais de ne pas perdre de poids maintenant.
Quand
je rencontre Bruno, on est fin septembre. Son poids est stabilisé entre 85 et 90 kilos. Il a gardé les habitudes alimentaires conseillées par Aurore, sa nutritionniste.
Je
ne mange pas de mauvaises choses, toujours pas de produits transformés,
je
ne grignote pas entre les repas. La seule différence,
c
'est qu'aujourd'hui, je mange le taux de calories que j'ai besoin,
sans
excès en fait,
que
des bonnes choses.
Si
j'ai décidé d'en parler, c'est pour montrer que c'est possible, parce que moi, je n'avais pas ce parcours-là devant les yeux. mais si je l'avais vu, si ils l'avaient entendu, si j'avais vu Bruno perdre 100 kilos en un an,
c
'était mon rêve, je l'aurais sans doute suivi. Surtout s'il fait comme
je
fais aujourd'hui, montrer que c'est possible sans contrepartie financière,
un
parcours simple, efficace,
je
l'aurais suivi. Donc je veux que mon parcours serve, parce qu'on fait tous des erreurs dans la vie, on a tous quelqu'un qui nous dit attention, moi je suis là et je leur dis attention.
Judith, Bruno Mougenot rend hommage à sa nutritionniste à plusieurs reprises dans ton sujet. Elle, on sait ce qu'elle pense de son parcours, de ce qu'il a fait ? Oui, alors elle est particulièrement admirative du parcours de son patient. Cette nutritionniste, elle s'appelle donc Aurore Devigne, elle est soignante à l'hôpital de Provins et elle est interviewée dans Le Parisien, Le Parisien du 11 septembre, donc l'article justement sur Bruno Mougenot et elle dit en fait que son parcours est absolument exceptionnel.
Il a tout amélioré, la structure des repas, le choix des aliments, il a pris le pari aussi de faire une activité physique, il a donc vraiment tout changé, tout bouleversé et elle ajoute c'est mon meilleur élève. Bruno, est-ce qu'il a des projets aujourd'hui ? Oui, il en a un qui est assez important, Koh Lanta, Koh Lanta c'est donc l'émission qui est diffusée sur TF1, une émission d'aventure dans laquelle des candidats s'affrontent dans des activités sportives sur une île en Asie. Bruno, il aimerait beaucoup y participer, il a voulu s'inscrire déjà à Koh Lanta il
y
a une quinzaine d'années, il avait été refusé par la production, lui pense rétrospectivement que c'est à cause de son poids et donc il aimerait y participer à nouveau. Pour lui, c'est vraiment un projet qui s'inscrit dans la continuité de son combat, cette idée de se dépasser finalement. Et il fait beaucoup de sport dès aujourd'hui ?
Alors il se lance des défis sportifs, par exemple la semaine dernière il est allé à pied à la Tour Eiffel depuis chez lui en Seine-et-Marne, ça représente quand même 70 kilomètres, il a mis 14 heures, ça fait 100 000 pas, 100 000 pas en référence aux 100 kilos qu'il a perdu en un an et il aimerait poursuivre justement tous ces petits défis dans l'année qui vient. Merci Judith Perret et merci à Clémence Bauduin pour son aide. Cet épisode de Code Source a été produit par Thibaut Lambert et réalisé par Julien Moncouquiol.
Code Source est le podcast quotidien du Parisien, n'hésitez pas à nous écrire pour nous faire vos retours codesource at leparisien.fr et puis n'oubliez pas Crime Story, le podcast fait divers du Parisien, Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsenis avec un nouvel épisode, une nouvelle affaire criminelle racontée chaque samedi.
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