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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 octobre 2025 25 min

"L'objectif, c'est obtenir une dissolution", affirme le vice-président du RN, Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Un mois après sa nomination, Sébastien Lecornu a annoncé la première partie de son nouveau gouvernement. 18 ministres et notamment Bruno Le Maire, ancien ministre de l'économie, qui fait son retour aux armées. Un gouvernement déjà en sursis alors que LR laisse planer le doute sur son maintien. On va en parler. Les réactions de votre parti en tout cas ont été immédiates. Choix pathétique pour Marine Le Pen quand Jordan Bardella raille les derniers macronistes agrippés au radeau de la méduse. Marine Le Pen et le président du RN qui ont annoncé qu'ils se réuniraient à 11h tout à l'heure au siège du parti.

Sébastien Chenu, il n'y a même pas de suspense là. Ce gouvernement tel qu'il est, vous le censurez ?

0:45
Sébastien Chenu

Bon d'abord commençons peut-être par l'éphémérite du jour puisque c'est la Saint-Bruno aujourd'hui. Et bien je pense que ça va être leur fête effectivement à Retailleau et Le Maire. parce que ce que propose Sébastien Lecornu est non seulement scandaleux en termes de symbole, honteux en termes de paroles politiques. Il nous avait promis la rupture et il remet les mêmes empires et fait perdre du temps au pays. 28 jours pour accoucher d'un gouvernement, du retour de Bruno Le Maire, des vieux chevaux de la Macronie, les Lescure, les Wörthes qui ont tous été ministres dix fois dans tous les gouvernements. Sincèrement c'est se moquer des Français.

Donc le chemin sur la censure, ils sont en train de le construire eux-mêmes.

1:24
Invité

Quand j'en ai regardé la raille, les derniers macronistes agrippés au radeau de la Médus, ce matin sur France Info, vous nous en savez que le radeau de la Médus, vous voulez le faire couler ?

1:30
Sébastien Chenu

Vous allez censurer ? Je ne vois pas aujourd'hui d'autre voie que celle de la censure. A quel moment ? Ça reste évidemment en débat. On se réunit ce soir autour de Marine Le Pen, le groupe des députés du Rassemblement National. Je ne vois pas une autre voie que la censure à partir du moment où, sur le fond, il n'y a pas de rupture. Et sur la forme, il y a un retour en arrière. C'est-à-dire qu'on n'est même plus dans un changement, etc. On est dans un retour en arrière. C'est-à-dire que c'est pire que la semaine dernière ce qui se passe.

1:58
Présentateur

Vous ne découvrez pas qu'Emmanuel Macron est président de la République et que Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre ? Vous n'attendiez pas à une équipe où il n'y aurait pas des macronistes ?

2:06
Sébastien Chenu

Non, mais Sébastien Lecornu avait parlé de rupture lui-même. Il avait dit qu'il y aura une rupture sur le fond et sur la forme. Alors sur le fond, on n'a rien vu. Jordan Bardella l'avait indiqué. Il avait dit que s'il n'y a pas de rupture, il y aura censure. Sur le fond, c'est toujours la même politique qui est proposée. Il n'y a pas de rupture. On ne s'attaque pas à l'immigration. On ne s'attaque pas aux dépenses toxiques. On ne s'attaque pas à la contribution de la France et de l'Union Européenne. Bref, sur le fond, rien ne change. Donc sur la forme...

2:29
Présentateur

Et sur la forme, c'est Bruno Le Maire qui vous dérange ? C'est ça, c'est le symbole du grand retour en arrière ?

2:33
Sébastien Chenu

Mais pas uniquement Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, c'est de la provocation. C'est vraiment une provocation faite aux Français. Parce qu'il est l'homme de la ruine. Il est l'homme de la dette.

2:42
Invité

Plus qu'Emmanuel Macron, parce qu'il n'a fait qu'appliquer la poétique d'Emmanuel Macron.

2:45
Sébastien Chenu

Ah mais non seulement il l'a fait... Mais on peut parler d'Emmanuel Macron. Ensuite, là je parle de ceux qui gouvernent. Mais Emmanuel Macron, évidemment, est un problème à lui seul. Mais Bruno Le Maire, il est l'artisan du désastre économique et financier de notre pays. Donc faire revenir quelqu'un qui, à ce point, a creusé l'endettement de notre pays, de sa dette publique, et le faire revenir comme ministre d'État... Il revient... Nos armées ont cinq combattants. Oui d'accord, il va nous couler le Charles de Gaulle. Enfin je veux dire, au bout d'un moment, il va falloir faire très attention. Parce que Bruno Le Maire, partout où il passe, plus rien ne repousse.

Donc Bruno Le Maire, c'est une provocation faite aux Français. J'arrive même pas à comprendre, ou alors on est dans la secte du Temple Solaire, enfin ils ont choisi de se suicider collectivement, à quel moment ils ont pu se dire, en nommant Bruno Le Maire à l'Assemblée Nationale, ça nous permet peut-être de séduire ou les socialistes ou le Rassemblement National. Mais à quel moment ils se disent que ce n'est pas une provocation quand nous avons passé notre temps à nous battre ? Et puis le reste...

3:39
Invité

Roland Lescure, député des Français de l'étranger, ancien ministre de l'Industrie qui récupère le ministère de l'Économie. C'est quelqu'un avec qui vous avez travaillé au Parlement ?

3:46
Sébastien Chenu

Oui d'accord, on travaille tous ensemble au Parlement, à l'Assemblée Nationale. Mais Roland Lescure, je parlais d'Éric Woerth, je pourrais parler d'autres ministres moins connus, contre lesquels à titre de personne algérien, Madame Ferrari, etc. Ce sont des gens qui ont été ministres dans tous les gouvernements de la Macronie, qui sont, j'allais dire, l'équipe macroniste chimiquement pure, les derniers soldats, les soldats les plus fidèles. Elle est où la rupture ? Est-ce qu'on peut demander à des gens qui ont appliqué la politique d'Emmanuel Macron depuis le début, de ou tourner totalement kazakh, ou de faire autre chose ?

4:17
Présentateur

Sébastien Chenet, ça fait un mois que Sébastien Lecornu consulte les oppositions, il leur a proposé de faire une coalition, il a essayé d'élargir, les oppositions n'avaient pas non plus envie d'entrer sur le radeau de la Méduse, pour reprendre l'expression de Jordan Bardella.

4:29
Sébastien Chenu

Donc avait-il le choix ? Madame, quand on fait de la politique, on défend des idées. Nous, on ne va pas rentrer, on ne nous l'a pas demandé, et on n'aurait jamais accepté de rentrer dans un gouvernement macroniste, parce que c'est cautionné, finalement, une politique contre laquelle nous nous battons. Les LR, leur problème, c'est qu'ils veulent les places, mais ils acceptent mal l'étiquette macroniste.

4:47
Présentateur

Alors justement, les LR, écoutez Xavier Bertrand, président LR de la région des Hauts-de-France, il était sur RTL tout à l'heure.

4:53
Sébastien Chenu

Pour moi, oui. Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement. Pourquoi ? Parce que nous devons dire au président de la République, stop, on ne peut pas continuer comme ça, vous devez maintenant tenir compte de ce qui s'est passé aux élections législatives. Vous les avez perdus, M. Macron. Et aujourd'hui, c'est à vous de réparer.

5:10
Présentateur

Vous qui avez des convergences de fond avec les Républicains, notamment Bruno Retailleau, vous ne vous en êtes pas caché. Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ?

5:15
Sébastien Chenu

Ça dépend des sujets, parce que quand je vois Bruno Retailleau à la manœuvre, et sur le bilan, je...

5:19
Présentateur

Est-ce que vous dites au LR de rester au gouvernement, ou vous êtes d'accord avec eux, vous les incitez à claquer la porte ?

5:23
Sébastien Chenu

Je dis ce que j'ai déjà dit sur votre antenne, en réalité, il y a déjà bien longtemps. Bruno Retailleau et les LR n'auraient jamais dû s'embarquer dans cette aventure macroniste. Ils vont payer le prix fort. Mais ça, c'est leur problème. S'ils ont choisi de cautionner Emmanuel Macron en étant les artisans de la Macronie, les alliés de la Macronie, comme il l'avait été au moment des élections législatives, eh bien, ils en paieront le prix fort. Ils arrivent à un moment où il faut savoir choisir son chemin, choisir la politique qu'on veut mener au bénéfice des Français. On ne peut pas avoir un pied dedans, un pied dehors.

Les LR, ils ont un pied dedans, parce que c'est très agréable d'être ministre, c'est très agréable de faire partie du casting, et ils ont un pied dehors, parce qu'en réalité, ils ne supportent pas, eux non plus, la macronie et la politique qui est menée dans ce pays. Donc, à un moment, il faut savoir choisir. Et M. Retailleau, il aura dû choisir.

6:09
Invité

Revenons sur la soirée liée à Bruno Retailleau, a été renommé ministre de l'Intérieur depuis exactement 102 minutes, moins de deux heures, quand à 21h22, il a tweeté « La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise. » Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque un comité stratégique des Républicains. Qu'est-ce que vous avez ressenti politiquement en voyant ce tweet hier soir ?

6:26
Sébastien Chenu

J'ai une pensée pour les électeurs et les militants des Républicains, qui franchement sont vraiment pris pour des imbéciles par le président de leur parti. Enfin, qui va croire ? Bruno Retailleau, lorsqu'il dit qu'il découvre qu'il y a Bruno Le Maire, qui est ministre d'État. Bruno Le Maire ne rentre pas comme un sous-fifre, comme le cinquantième personnage du gouvernement. Il est ministre d'État. C'est-à-dire que dans l'ordre protocolaire, il est aussi important que Bruno Retailleau lui-même. Que Bruno Retailleau nous dise qu'il le découvre n'est pas crédible.

Moi, je pense que simplement, Retailleau s'est aperçu que la pression tellement forte, immédiate, vous avez vu la réaction de Xavier Bertrand, mais des électeurs et des cadres de LR allaient les entraîner au fond. Et donc, il se défile. Eh bien, en réalité, M. Retailleau se défile. C'est un faux prétexte. Bien sûr, c'est un faux prétexte, parce qu'il a compris que tout ça n'allait pas passer dans l'opinion publique. En fait, ils ont sous-estimé la réaction de l'opinion publique et, à travers elle, des oppositions et des partis politiques et des hommes et des femmes politiques de ce pays. Plus personne ne veut voir ceux qui ont mis le pays dans cet été-là diriger le pays.

7:27
Présentateur

Sébastien Chenu, est-ce que vous attendez encore quelque chose, malgré tout, de la déclaration de politique générale du Premier ministre qui est prévue demain ?

7:34
Sébastien Chenu

Non, pas grand-chose.

7:35
Présentateur

Il n'y a aucun scénario où vous ne censurez pas Sébastien Lecornu ?

7:39
Sébastien Chenu

Je ne sais pas, on nous avait expliqué...

7:40
Présentateur

Si vous donnez des gages demain ?

7:41
Sébastien Chenu

Non, mais on nous avait expliqué que M. Lecornu, il était super habile, qu'on allait voir ce qu'on allait voir, il n'a pas parlé pendant un mois, il était en train de concocter... Bon, moi, j'ai vu sa lettre de cadrage, la lettre qui est sortie... Bon, je ne sais pas, à côté de ça, un discours de Miss France, c'est plus risqué. Enfin, je veux dire, c'est que des lieux communs, des banalités, faire des choses ensemble. Ok, d'accord, très bien. Il n'y a aucune rupture. À chaque fois que Sébastien Lecornu a promis quelque chose, il a fait l'inverse. À vouloir contenter tout le monde, il va décevoir tout le monde. En réalité, je ne vois pas tellement le chemin.

Et puis, de toute façon, je vais vous dire, est-ce qu'il a vraiment le choix ? Est-ce que ce n'est pas Emmanuel Macron qui, de toute façon, lui dit vous êtes là pour valoriser mon bilan, vous êtes là pour valoriser mes engagements politiques ? Ça veut dire quoi ?

8:26
Présentateur

Ça veut dire que vous allez déposer votre motion de censure ? Est-ce que vous êtes prêts à voter celle que la France Insoumise va déposer ?

8:31
Sébastien Chenu

Mais on est prêts à en déposer une. On va arbitrer. On est prêts à en voter une venant d'autres camps politiques. Nous l'avons déjà fait. Ce qui n'est pas le cas de Manon Aubry qui a dit hier que, par exemple, la France Insoumise, ils ne voteront pas votre motion de censure. Oui, mais on sait, eux, c'est toujours pareil. Ils ne votent que leur motion de censure. Ils sont totalement sectaires. Nous, ce qui nous intéresse, c'est l'intérêt de la France. Si on considère que l'intérêt de la France, c'est se débarrasser de ce gouvernement pour aller vers des élections législatives, alors nous allons nous en donner les moyens.

8:58
Présentateur

Donc vous êtes prêts à voter une motion de censure LFI qui dirait des horreurs sur le Rassemblement National, comme vous l'aviez fait à l'époque de Michel Barnier ?

9:03
Sébastien Chenu

Mais c'est un outil, une motion de censure. Ils peuvent écrire ce qu'ils veulent dans leur motion de censure. C'est un outil. On ne cèdera pas à leur provocation. Sincèrement, tout ça n'a aucune importance. Mais vous censureriez conditionnel par conviction ou par calcul politique ? Par conviction. On n'est pas d'accord. On veut une autre politique pour le pays. Et pour avoir une autre politique pour le pays, il faut dissoudre l'Assemblée Nationale et demander aux Français de donner une majorité. Et nous, on va se battre pour que cette majorité, elle ait nos couleurs.

9:29
Présentateur

Ça, vous le décidez aujourd'hui, la censure ou pas ? C'est l'objet des réunions à 11h entre Marine Le Pen et Jordan Bardella puis en fin d'après-midi avec le groupe ?

9:37
Sébastien Chenu

En tous les cas, la logique de la censure, on va probablement en parler. Le temps, le moment auquel on le fera, si on est en accord pour le faire, ce sera probablement un peu différé. Mais vous, vous êtes pour ? C'est ce qu'on comprend ce matin. Moi, je ne vois pas d'autre chemin.

9:53
Présentateur

Sébastien Chenu, on se demande si ce n'était pas écrit ce que vous nous dites là, ce matin, prenant prétexte sur le casting du nouveau gouvernement. Écoutez ce qu'en pensait Roland Lescure qui est devenu le nouveau ministre de l'économie. C'était ce qu'il disait de vous le 12 septembre sur France Info.

10:08
Sébastien Chenu

En censurant, a priori, François Béroud, après avoir censuré très vite Michel Barnier, pour des raisons tactiques, puisque c'était le jour du procès de Marine Le Pen, ils nous ont clairement donné la couleur. Ils sont là pour jouer la dissolution, il le dit sur tous les plateaux. Et donc, il faut compter sans eux. J'espère qu'on m'a compris quand même. Marine Le Pen, elle se met dans l'opposition systématique, pas constructive, et elle vise la dissolution.

10:36
Présentateur

C'est la stratégie du chaos, Sébastien Chenu, vous êtes prêt à en assumer la responsabilité ? Vous entendez ce que dit Roland Lescure ? De toute façon, vous auriez censuré ce gouvernement.

10:43
Sébastien Chenu

Ils ont peur des Français, quoi. La dissolution, c'est demander aux Français leur avis. Il est où le chaos ? Il est où le problème de faire fonctionner la démocratie, et quand le système est bloqué, de demander aux Français de trancher, puisque le président de la République...

10:55
Présentateur

Peut-être que ça fait depuis des mois qu'il y a de l'instabilité, et que ça pénalise aussi les entreprises.

11:00
Sébastien Chenu

On leur a donné leur chance, c'est le moins qu'on puisse dire. On nous a suffisamment reproché de ne pas censurer vite. On nous a dit, enfin, la gauche, on entendait la gauche dire mais le RN ne censure pas assez vite. Quand on l'a censuré, on entendait même dire le RN censure trop vite. De toute façon, qu'on censure vite ou pas vite, visiblement, ça ne fait jamais beaucoup de content chez nos opposants. Donc nous, on ne s'occupe pas de ça. En réalité, quel est l'intérêt du pays ? On a protégé les Français en censure en Barnier de la désindexation des retraites. On a protégé...

11:25
Présentateur

Vous aviez des revendications précises, Sébastien Cheneuve. Aujourd'hui, on a l'impression que vos revendications, pardon, mais sont extrêmement vagues.

11:31
Sébastien Chenu

On a protégé les retraités. Sous Bérou, on a protégé les Français de 20 milliards d'euros d'impôts de plus sans aucune réforme. Donc on leur a donné leur chance. Ils ont eu du temps. Ils savent ce que nous demandons. Et là, M. Lecornu, il a reçu Marine Le Pen. Il sait ce que nous demandons de s'attaquer au dossier de l'immigration dans son ensemble du coût de l'immigration.

11:50
Présentateur

C'est un peu large comme sujet, quand même.

11:52
Sébastien Chenu

Ah oui, d'accord. On a des propositions, que ce soit l'aide médicale d'État, que ce soit... Il a dit qu'il allait faire un geste, là-dessus. Sur la ME, il a dit qu'il allait faire un geste. Mais un geste, c'est du bricolage permanent. On a l'impression que quoi qu'il vous dit, vous n'êtes jamais content, là-dessus. Ah ben non, on n'est pas content, non. Non, ça c'est sûr qu'on n'est pas content. Sébastien Lecornu, il fait semblant. Il fait semblant de réformer. Il fait semblant de rassurer. Il fait semblant avec Sébastien Chenu,

12:26
Présentateur

vice-président Rassemblement National de l'Assemblée. On comprend, d'après ce que vous nous dites ce matin, que vous vous apprêtez à censurer Sébastien Lecornu avec l'espoir, Paul, d'une nouvelle dissolution.

12:37
Invité

Exactement. Dans un peu plus de deux heures, Marine Le Pen va rencontrer Jordan Bardella. Cet après-midi, le Rassemblement National va se réunir. Pour vous, l'avez dit, vous y êtes favorable de ce que je comprends de vos déclarations à une censure. Si vous censurez, est-ce que c'est avec l'espoir de provoquer une nouvelle dissolution ?

12:52
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr. Parce que la censure n'est pas un objectif en soi. L'objectif, c'est obtenir une dissolution, c'est rendre la parole aux Français, cette parole dont visiblement les macronistes, vous l'avez vu avec l'extrait de Roland Lescure, ont peur. Ils ont peur que les Français les virent. Mais nous, disons aux Français, donnez-nous cette force, donnez-nous cette énergie pour non seulement les virer, mais mettre en place une majorité qui demain permettra de mener une autre politique. C'est ce que vous demande votre base.

13:19
Présentateur

Il y a une demande sur le terrain de dissoudre l'Assemblée nationale, le risque du chaos, vous entendez ça ?

13:24
Sébastien Chenu

Ce n'est pas un chaos que de consulter les Français et d'avoir une autre majorité. Le chaos, c'est maintenant. C'est ce qu'on voit, ce n'est pas le chaos. Avec un ministre des Affaires étrangères, non, avec un ministre des Affaires étrangères qui vient de dire que son collègue ministre de l'Intérieur fait du chantage, ce n'est pas le chaos. Ils sont en train de s'aborder le pays, ils l'ont fait économiquement, ils le font aujourd'hui institutionnellement et politiquement. Ils sont en train de couler notre pays. Une fois que les Français seront dans la rue, une fois que le pays aura basculé, ils auront beau jeu de convoquer des élections.

Nous, on veut empêcher le chaos, on veut empêcher l'instabilité et on pense que justement la stabilité, le jeu démocratique, c'est permettre aux Français de s'exprimer par les urnes un débat, une majorité de l'Assemblée. Si on en est là,

14:04
Présentateur

c'est parce que les Français se sont exprimés il y a un an et que l'Assemblée était ingouvernable. C'est pas cher cher. Qui vous dit que cette nouvelle solution réglerait les choses ?

14:12
Sébastien Chenu

Si on en est là, c'est aussi parce que M. Attal et M. Retailleau et M. Wauquiez ont fait voter par exemple pour des gens de la France Insoumise. Si on en est là, c'est parce que M. Darmanin il a été élu parce que la France Insoumise s'est retirée pour faire barrage au RN. Donc c'est la faute

14:26
Présentateur

du Front Républicain ?

14:27
Sébastien Chenu

Ah bah oui, si on est là, c'est leur magouille politique qui ont amené une situation totalement ingérable et en fait, ils sont en train d'en payer l'addition parce qu'ils ont voulu contourner le choix des Français. Ils ont voulu tordre le bras des Français. Ils se sont retirés. Est-ce que vous vous rendez compte que la France Insoumise s'est retirée pour faire élire Mme Borne parce qu'ils préféraient encore Mme Borne au RN et ils ont fait élire M. Darmanin parce qu'ils préféraient la France Insoumise au RN et de l'autre côté, les macronistes et les LR ont fait élire des gens de gauche et d'extrême gauche mais ces gens-là ne sont plus guidés par des idées ni par des convictions.

Ils sont guidés par la haine du RN mais les Français leur disent tout simplement on veut une autre politique et c'est nous le RN qui l'incarnons le mieux. Mais Sébastien Lecornier

15:10
Invité

avait proposé une autre politique lui-même en renonçant à 49.3 ce qui a été digéré extrêmement vite par toute la classe politique dont vous. Il était prêt à renoncer et du coup à adopter un budget avec aussi vos voix. J'ai l'impression que... Est-ce que vous lui en avez fait crédit ne serait-ce qu'un quart d'heure

15:23
Sébastien Chenu

de ça ? Non, pas du tout. Le 49.3 il a été créé dans l'esprit des constitutionnalistes de Michel Debré pour contraindre sa propre majorité. Là d'abord il n'y a pas de majorité. Donc en fait ils utilisaient le 49.3 déjà à mauvais escient. Et puis sincèrement tout le monde a bien compris parce que c'est la constitution qu'avec d'autres articles notamment je crois que c'est l'article 47 et bien de toute façon il aurait pu par ordonnance faire passer un budget.

15:48
Présentateur

Alors Matignon faisait savoir que le but vu qu'il renonçait au 49.3 n'était pas de passer par ordonnance. Donc vous pouvez au moins reconnaître qu'il y avait une rupture dans la méthode.

15:57
Sébastien Chenu

Ça fait longtemps que je ne crois plus ce que racontent les macronistes. Ça fait longtemps que je ne crois rien de ce qu'ils racontent. connaissances dans tous les domaines. Ça fait longtemps que je ne crois plus qu'ils vont mettre à genoux l'économie russe comme disait Bruno Le Maire. Ça fait longtemps que je ne crois plus qu'ils ont redressé le pays en termes d'industrie alors qu'on n'a jamais eu autant de défaillance d'entreprise. Ça fait longtemps que je ne crois plus qu'ils ont, comme Gabriel Attal, qu'ils vont désmicardiser la France alors qu'on est passé de 12% des travailleurs au SMIC à 17% des travailleurs au SMIC. Je ne crois rien de ce que racontent ces gens.

C'est possible de faire des promesses quand on est dans l'opposition à Sébastien Chenu.

16:30
Présentateur

Juste une question. En cas de dissolution, en l'absence de majorité absolue, cette fois, vous seriez prêt à exercer le pouvoir si vous n'avez qu'une majorité relative ?

16:37
Sébastien Chenu

Ça dépend de la composition de l'Assemblée. Quand vous n'êtes pas très loin d'une majorité mais qu'il manque quelques dizaines de sièges.

16:45
Présentateur

C'est-à-dire à quel seuil, par exemple ?

16:46
Sébastien Chenu

Ça dépend de la composition de l'Assemblée. Si dans l'Assemblée, vous avez ces quelques dizaines de sièges qui sont des gens qui ne sont pas par principe hostiles mais qui seraient capables de vous laisser votre chance, vous pouvez y aller. Quand vous êtes dans une Assemblée où il vous manque beaucoup de sièges et que vous ne pouvez pas les trouver parce que ce sont des députés totalement hostiles, totalement fermés, ça ne sert à rien d'y aller. Donc de toute façon, nous ce qu'on dit c'est que si on n'est pas très loin d'une majorité, pas très loin des 289 sièges et qu'on identifie que dans l'Assemblée, il y a des députés de bonne volonté...

17:16
Présentateur

Mais qui par exemple ? Avec qui vous pourriez travailler ? Vous pensez que les LR par exemple

17:19
Sébastien Chenu

voudraient travailler avec vous ? Mais il y a certains LR, certains Horizons, certains Liottes, vous savez c'est le groupe des indépendants. Qui ? Mais je ne sais pas, je ne vais pas vous donner des noms.

17:25
Présentateur

Vous avez des contacts avec eux ? Est-ce qu'ils vous disent oui, Sébastien, on pourrait travailler avec vous si vous avez des législatives ? Oui, il y a des gens qui disent ça.

17:31
Sébastien Chenu

Mais surtout, on ne peut pas citer non dans le sens où s'il y avait une dissolution née dans la politique fiction, on ne sait pas qui revient demain. On ne sait pas qui il y aurait dans cet hémicycle. Et il y aurait probablement des gens qui auraient envie de se dire par esprit de responsabilité nous on n'empêchera pas le Rassemblement National s'ils sont les plus nombreux, s'ils sont proches de la majorité de gouverner et on les aidera plutôt parce que c'est la stabilité du pays plutôt que d'être dans des oppositions totalement frontales.

17:56
Invité

La dernière fois, vous aviez échoué, vous vous attendiez à beaucoup de députés, ça n'avait pas été le cas. Là, vous vous attendez d'après vos sondages, je vous imagine que vous en avez, vos prévisions, ce que vous ressentez sur le terrain, vous vous attendez à combien de députés en cas de dissolution ? Qu'est-ce que vous visez ?

18:07
Sébastien Chenu

Non, alors, je ne suis pas Madame Soleil. La dernière fois, le barrage qui n'a rien de républicain a empêché le Rassemblement National d'arriver aux responsabilités. Cette fois-ci, nous pensons que nous pouvons avoir une majorité absolue. Absolue. Oui, nous pensons que c'est possible. Nous pensons que... Et qu'est-ce qui changeait avec 15 mois ? J'ai salué des très bons résultats d'ailleurs hier dans le Tarn-et-Garonne où notre candidat, candidat Éric Ciotti que nous soutenons, est arrivé en tête. Oui, nous pensons que les Français, d'abord, les Français sont un peuple politique. Ils ont compris qu'une Assemblée Nationale dans laquelle il n'y a pas de majorité, ça ne marche pas.

Donc moi, je suis persuadé qu'ils donneront une majorité. Est-ce qu'elle sera donnée au Rassemblement National ou à d'autres ? C'est à nous d'aller la chercher. C'est à nous d'expliquer, à nous de faire campagne et de convaincre les Français.

18:52
Présentateur

Justement, à vous de faire campagne. Ces dernières semaines, il y a eu beaucoup de déclarations contradictoires au sein du Rassemblement National, notamment sur le programme. Certains disaient zéro, d'impôt, d'autres étaient incapables d'expliquer votre impôt sur la fortune financière. Est-ce que, ce n'est pas la même chose encore une fois d'être dans l'opposition que d'être au pouvoir ? Et d'ailleurs, on a vu que votre programme a évolué constamment ces dernières années.

19:16
Sébastien Chenu

Oui, mais merci de nous rappeler que ce n'est pas la même chose d'être dans l'opposition qu'au pouvoir. Ça, on en a bien conscience, évidemment. Notre programme, s'il a pu évoluer, il a toujours la même logique. Ne pas faire la poche des Français et en particulier de la France du travail. Soutenir les PME et les TPE. Ça, c'est la priorité et ça l'est depuis longtemps. Alors, si vous parlez d'évolution, le monde évolue en permanence. On va parler ici avec un programme de 1983. Renaud Abaille,

19:40
Présentateur

secrétaire général du groupe RN à l'Assemblée est cité dans la tribune dimanche. Il dit « Quand on arrivera au pouvoir, nos mesures devront être compatibles avec le réel. Il faut monter notre niveau de jeu. Avant, un vernis suffisait. Il ne suffit plus. » C'est ça votre problématique aujourd'hui ? Non,

19:55
Sébastien Chenu

ça veut dire qu'en fait nous sommes exigeants de nous-mêmes et les Français seront encore plus exigeants je vais vous dire de nous-mêmes parce qu'on sera leur dernier espoir. On ne nous passera pas comme on a passé à tous les autres les erreurs qu'ils ont faites. Nous, on n'aura pas de deuxième chance, de troisième chance, de cinquantième chance, de millième chance comme les Bruno Le Maire et autres. On leur a donné. Les Français vont être très exigeants de nous donc on en a conscience. On veut être bon.

20:17
Invité

On veut être les meilleurs possibles. J'aimerais vous interroger sur un mot que je ressens moi sur le terrain et qui est aussi le mot utilisé par Gabriel Attal hier à ses troupes macronistes. Il dénonce, je cite, un spectacle affligeant donné par la classe poétique. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce mot ? Est-ce que vous n'en êtes pas aussi un peu responsable ? Est-ce que vous tous, les hommes et les femmes poétiques, vous n'êtes pas un peu affligeants ?

20:34
Sébastien Chenu

Mais nous, on n'a aucune responsabilité dans ce spectacle dans le sens où nous ne gouvernons pas, nous n'avons jamais gouverné. Vous allez voter la censure. Oui, d'accord, mais... Vous allez encore faire tomber un gouvernement. Oui, alors c'est grave de faire tomber un gouvernement dans lequel il y a Bruno Le Maire et dans lequel un gouvernement qui n'entend pas le souhait des Français et qui veut continuer à imposer aux Français une politique dont on ne veut pas jouer. Rappel qu'on est quand même le seul pays au monde dans lequel ceux qui ont perdu les élections gouvernent et pire, essayent d'imposer leur vue, essayent d'imposer leur politique aux Français contre leur avis majoritaire.

Si vous ajoutez les scores faits par la gauche à ceux du Rassemblement national, vous avez dans le pays une immense majorité de gens qui ne veulent plus les voir, qui ne souscrivent plus à cette politique. Donc, on est quand même dans un univers où on impose où ce gouvernement ou ce président de la République, car il est la source du problème, impose aux Français une politique dont ils ne veulent pas.

21:26
Présentateur

Vous n'avez pas gagné les élections, pardon Sébastien Chenu ?

21:28
Sébastien Chenu

Non.

21:30
Présentateur

Contrairement à ce que vous laissiez entendre...

21:31
Sébastien Chenu

Non, non, nous ne les avons pas gagnées mais nous souhaitons les gagner parce que ça aussi, il n'y a pas de doute, on veut les gagner, on veut le pouvoir pour faire des choses différentes.

21:39
Présentateur

On vous entend, comme tous les jours Sébastien Chenu, c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui, la question qui régale, les notes de frais des élus font polémique au-delà du cas Anne Hidalgo dont on a beaucoup parlé, les frais de représentation des maires parisiens sont aussi dans le viseur. On parle d'achats qui interrogent, des bols à prénom acquis à Cherbourg par exemple, des menus enfants, des chaussures pour femmes pour 750 euros achetées par un homme, le maire du 6e arrondissement. Est-ce que ça vous arrive à vous aussi Sébastien Chenu ? Et à quels avantages vous avez droit en tant que vice-président de l'Assemblée ?

22:16
Sébastien Chenu

En tant que vice-président de l'Assemblée, moi j'ai regardé, j'ai un crédit, une enveloppe de frais de 55 euros par mois, en fait de 610 euros par an pour ce qu'on appelle les frais de représentation, c'est-à-dire pouvoir s'acheter cravate, costume, etc. 55 euros par mois. Alors ce n'est pas 5900 euros par mois une enveloppe ? Non, non, ça c'est autre chose. Vous confondez l'enveloppe de frais des députés. En tant que vice-président, ce que j'ai droit, ce que j'ai droit, vous direz, vice-président, ça ne va peut-être pas durer très longtemps. En tant que député, est-ce que vous faites ce genre de petites dépenses ? Je vous explique très clairement.

On a une enveloppe effectivement de frais qui englobe tout.

22:53
Présentateur

Ça c'est les 5900 euros ?

22:54
Sébastien Chenu

Voilà, pour tous les députés, vous payez votre permanence. Moi je paye ma permanence de Denain, je paye ma voiture, je paye mon essence, je paye les gerbes de fleurs que je mets le 11 novembre. Vous pouvez aller chez le coiffeur aussi ? Je vais chez le coiffeur. Je peux payer des vêtements, tout ce qui se voit, c'est-à-dire... Votre costume par exemple ? Oui, mais pas de calcif. Voyez-vous, et de chaussettes. Je ne vous interrogez pas chez votre calcif. Oui, c'est vrai, j'ai utilisé un mot un peu argotique, mais je le dis parce qu'il y avait des députés macronistes qui avaient dépensé des milliers d'euros en lingerie. Donc ça, c'est interdit.

Et puis, tout ça est contrôlé, les factures sont contrôlées, on peut aussi inviter quelqu'un à déjeuner. Ce midi, j'ai un déjeuner avec un homme politique qui n'est pas de mon bord. Je vais l'inviter à déjeuner. Je ne vais pas l'inviter à déjeuner au Fouquette, je vais l'inviter à déjeuner dans un restaurant correct, mais je vais le faire passer en ordre de frais.

23:38
Présentateur

Est-ce qu'il ne faut pas revoir les règles, Sébastien Chenu ? Quand on entend une élue du 8e arrondissement qui remercie les citoyens de lui avoir permis de s'acheter des vêtements luxueux pour plusieurs dizaines de milliers d'euros, est-ce qu'il ne faut pas changer les règles ?

23:51
Sébastien Chenu

Non, mais il faut que les règles soient claires parce que lorsqu'elles sont claires, elles sont bien comprises. Nous, à l'Assemblée nationale, les frais sont plafonnés et sont contrôlés. Et je pense que quand c'est comme ça, il n'y a pas de problème. Je veux dire, il ne faut pas être ridicule. Un député qui, évidemment, se paye un McDo, il ne va pas terminer en tôle, c'est complètement ridicule. Mais l'ensemble des frais, l'immense majorité des frais, ils sont liés à la fonction du mandat. Je vous ai expliqué et je pourrais en faire le détail. Et d'ailleurs, les dépenses des députés, en tous les cas, les miennes, elles sont très linéaires.

En réalité, tous les mois, on a à peu près le même type de dépenses. Voilà. Merci. Ça fait partie de la démocratie aussi, ça.

24:27
Présentateur

Merci beaucoup, Sébastien Chenu, d'avoir répondu aux questions de France Info.

"L'objectif, c'est obtenir une dissolution", affirme le vice-président du RN, Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote