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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 9 mars 2023 25 min

Avec la réforme des retraites, "LR devient l’allié principal d’Emmanuel Macron", estime Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h23, France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9-30.

0:07
Marine Le Pen

Et avec Maxence Lambrec, nous recevons ce matin la députée du Pas-de-Calais, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Marine Leplaine, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. On va venir dans quelques instants à la réforme des retraites, aux questions de pouvoir d'achat à l'Ukraine, à la vie du Rassemblement National. Mais démarrons d'abord par cette annonce hier d'Emmanuel Macron lors de la journée internationale des droits des femmes.

Au cours de l'hommage qu'il rendait à Gisèle Halimi, le président de la République, a dit son souhait d'inscrire la liberté pour les femmes de pouvoir recourir à l'interruption volontaire de grossesse, l'inscrire donc cette liberté dans la Constitution. Saluez-vous cette décision ?

0:51
Invité

Vous savez que ce débat a déjà eu lieu à l'Assemblée Nationale. Moi, j'étais en désaccord avec la formulation qui avait été proposée par la France Insoumise. J'ai trouvé que la formulation proposée par les sénateurs était beaucoup plus acceptable parce qu'elle évitait un certain nombre de difficultés. C'est celle, semble-t-il, que souhaite reprendre le président de la République. Mais la vraie question que tout le monde se pose, c'est est-ce que c'est urgent ? Est-ce que c'est ça l'urgence ? Est-ce que c'est ça l'urgence quand on sait qu'en réalité, personne ne remet en cause la liberté de recourir à une interruption volontaire de grossesse aujourd'hui en France ?

Pas un seul mouvement politique constitué, pas une seule personnalité d'envergure, pas une seule même association.

1:33
Marine Le Pen

Ce n'est pas urgent ou c'est inutile ?

1:35
Invité

Non, mais un, ça n'est pas particulièrement utile. Et deuxièmement, est-ce que c'est l'urgence d'aujourd'hui ? Durant un moment où les Français n'arrivent pas à remplir leur caddie, ou ils n'arrivent pas à remplir leur réservoir de carburant compte tenu du prix, où des milliers de TPE-PME sont en train de défaillir du fait du prix de l'énergie, ou donc le chômage va augmenter dans les mois qui arrivent, est-ce que l'urgence absolue, c'est cela ? Mais si vous voulez, je crois comprendre en fait qu'il y a deux choses qui intéressent Emmanuel Macron. Deux choses uniquement, et les deux en réalité ne sont pas politiques mais égotiques.

sa réforme des retraites, parce qu'il se dit qu'il faut bien qu'il laisse quelque chose, qu'il ait fait quelque chose. Et deuxièmement, cette réforme institutionnelle, constitutionnelle, qui semble le passionner parce que chaque président a le souhait de laisser une trace aussi minime soit-elle dans l'histoire. Et vous, sur l'IVG, vous laisserez la liberté de vote à votre groupe. 23 députés RN ont voté contre la proposition de loi de Mathilde Panneau.

Oui, mais ils ont voté contre, non pas parce qu'ils sont contre, encore une fois, l'interruption volontaire de grossesse, mais parce que la rédaction leur posait une difficulté, parce qu'ils trouvent qu'il est inutile pour certains d'inscrire cela dans notre loi suprême, qui est la constitution.

Voilà, donc il y a mille raisons pour lesquelles on peut, d'ailleurs le sénateur LR eux-mêmes avait exprimé ces réserves-là, mais ce n'est pas un sujet, je veux dire, il n'y a pas de risque, personne n'est empêché aujourd'hui, si ce n'est par l'effondrement de notre système de santé et la difficulté d'accès, en réalité, à l'interruption volontaire de grossesse, mais sur le plan idéologique, plus personne ne remet en cause cette liberté.

3:27
Marine Le Pen

Un mot encore Marine Le Pen, Gisèle Halimi était avocate, comme vous d'ailleurs, elle était une grande figure du féminisme, mais aussi de l'opposition à la guerre d'Algérie. Oui, l'Elysée étudie toujours son dossier pour une éventuelle entrée au Panthéon. Gisèle Halimi, selon vous, a-t-elle sa place au Panthéon ? Vous seriez favorable à ce qu'elle y entre ?

3:47
Invité

Ah non, j'y suis fondamentalement opposé, car Gisèle Halimi n'était pas seulement, parce qu'après tout, c'était son droit, une opposante à la guerre en Algérie. Elle était un soutien des terroristes du FLN contre l'armée française. Bon, et par conséquence, rien que cela doit lui interdire, je le crois, toute entrée au Panthéon. Et puis, il y a beaucoup d'autres figures féminines qui pourraient y entrer et qui auraient leur place. Olympe de Gouges, par exemple, ce serait une bonne idée, non seulement parce que ça a été une figure, mais en plus, ce que peu de gens savent, Olympe de Gouges a créé l'affiche politique.

C'est la première à avoir affiché sur les murs de Paris sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Puisqu'il est question de féminisme, Aurore Berger a défendu une proposition de loi pour rendre inéligibles les coupables de violences conjugales, sexuelles. Elle s'est montrée très émue. Tenez vos nerfs à lancer un député RN dans l'hémicycle. Ses propos, vous les trouvez misogynes ? Vous les condamnez ? Non, écoutez, on est dans un débat. Moi, je ne suis pas là pour être l'arbitre des élégances, des échanges de l'Assemblée nationale à partir du moment où il reste dans la limite de la décence, de la politesse, ce qui n'a pas été le cas du comportement de M. Dupont-Moretti.

Donc, au jeu de la paille et de la poutre, permettez-moi de vous dire qu'un ministre de la Justice, garde des Sceaux, qui fait à un président de groupe, non pas un, selon ses propres dires, mais deux bras d'honneur, m'apparaît beaucoup plus grave qu'un propos à l'égard d'une proposition de loi qui, par ailleurs, était elle aussi très opportuniste, tout à fait inutile. Ce qu'a jugé majoritairement l'Assemblée nationale. Elisabeth Borne a recadré Éric Dupont-Moretti. Pour vous, il doit partir ? La question, c'est est-ce qu'il peut rester ? Et vous avez la réponse.

Peut-on rester, lorsque l'on est ministre de la Justice et qu'on a un comportement tel que celui-là à l'égard de la représentation nationale ? Je veux dire, quelle image donne-t-on ? Quel signal lance-t-on lorsque l'on sait que nos forces de l'ordre, par exemple, nos enseignants sont confrontés tous les jours à des gestes de ce type, à des insultes, à des grossièretés telles que celles-là, ce qui m'a fait reculer la France du savoir-vivre, la France bien élevée à laquelle, après tout, nous sommes tous attachés. Je crois qu'il ne peut pas rester. Mais ce qui est grave, c'est qu'il bénéficie, lui aussi, d'une forme d'impunité de la part d'Emmanuel Macron et d'Elisabeth Borne.

6:34
Marine Le Pen

Venons-en maintenant, Marine Le Pen, à la réforme des retraites. Le Sénat a donc adopté le fameux article 7 portant à 64 ans l'âge légal de départ à la retraite. Considérez-vous donc que c'est désormais plié, pour le dire de manière familière, et que cette réforme-là est lancée maintenant et passera ?

6:53
Invité

Pas du tout. Absolument pas. Je ne suis pas du tout pessimiste. Je pense qu'à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de majorité pour voter cette réforme des retraites. Grâce, d'ailleurs, il faut bien le dire, à quelques députés LR qui se refusent, et je les en félicite, à être non plus la béquille, mais le pilier de la majorité, comme ont décidé de le faire les sénateurs LR. Parce qu'on peut quand même s'interroger sur le comportement des Républicains, et notamment au Sénat, qui deviennent véritablement l'allié principal d'Emmanuel Macron, et même qui sont plus royalistes que le roi.

C'est-à-dire qui utilisent toute une série de réglementations internes au Sénat pour pouvoir faire avancer, à pas très rapide, l'adoption de cette réforme des retraites. Donc je pense que quelques réticences dans la majorité, plus des réticences assez nombreuses chez certains députés LR, me permettent de vous dire que ça n'est pas gagné pour le gouvernement. Et Dieu merci d'ailleurs, car évidemment, vous le savez, nous nous opposons fermement à cette réforme. Mais le gouvernement pourrait utiliser le 49.3 s'il n'a pas de majorité. Vous savez que ça va se jouer à quelques députés. Le 49.3, Laurent Berger dit que ce serait un vice démocratique. Vous partagez son analyse ?

Non mais écoutez, on ne va pas rentrer un petit peu, c'est un peu compliqué, mais ils utilisent le 47.1 plus le 49.3. Enfin, je veux dire, c'est une démonstration de faiblesse absolument inouïe. Je veux dire, soit on prend le 47.1, soit on prend le 49.3. Mais si on prend le 47.1, ça veut dire qu'on veut arriver à un vote. Et ce que je souhaite aussi, c'est pour ça que j'ai été assez vive à l'encontre de la France Insoumise, qui a empêché, en réalité, que ce vote se réalise par une obstruction parlementaire systématique. Donc, s'ils utilisaient le 49.3, je pense que ce serait un terrible aveu de faiblesse.

Et effectivement, ça en dirait long sur la manière dont ce gouvernement se comporte, tant à l'égard d'ailleurs du peuple français, qui est, je le rappelle, majoritairement opposé à cette réforme de retraite, qu'à l'égard de la représentation nationale.

9:03
Marine Le Pen

Il y a eu des manifestations massives avant-hier, de nouvelles journées de mobilisation sont prévues samedi, la semaine prochaine. Comment on sort de ce bras de fer entre les syndicats, le gouvernement ? Et vous venez de le dire, les Français qui sont au milieu, majoritairement contre la réforme, même s'ils pensent qu'elle s'appliquera.

9:20
Invité

Référendum. Voilà comment on sort d'un blocage. Parce que le premier blocage qui a été fait par le gouvernement, c'est celui qui a consisté à bloquer le référendum sur la réforme des retraites. Et en cela, il a été aidé par l'intégralité des groupes de l'Assemblée nationale, de LR jusqu'à la France insoumise, qui ont refusé de voter la motion référendaire. Lorsque l'on est sur un sujet de société tel que celui-là, prévu de manière très claire par la Constitution, c'est au peuple français de s'exprimer.

Et voilà un bon moyen d'éviter les blocages, les violences, et la violence qui a saisi le débat public, car ça ne vous a pas échappé tout de même que les débats à l'Assemblée nationale ont dépassé un seuil de violence absolument inadmissible dans une démocratie. Donc revenons au cœur démocratique, je le crois, de notre Constitution, qui est la mise en œuvre d'un référendum pour demander aux Français ce qu'ils en pensent. Mais vous, présidente, vous ne faites pas un référendum que vous êtes sûr de perdre ? Ce serait le cas, là, si Emmanuel Macron se lançait dans cette aventure ? Mais moi, présidente, M.

Lambrecq, je ne fais pas passer une réforme dont le peuple ne veut pas majoritairement pour une raison très simple. C'est que la démocratie, c'est le respect de la volonté du peuple. Le peuple est souverain. Il est le seul souverain. Et si on veut continuer à gouverner contre lui, alors oui, on utilise tous les superfuges possibles et imaginables. Le 47.1, le 49.3, le caractère inaudible de ce que souhaite le peuple français, il faut respecter la volonté du peuple. C'est comme ça que ça fonctionne dans une démocratie. On ne peut donc pas faire voter de force une réforme contre la volonté de 70% des Français et 93% des actifs.

11:11
Marine Le Pen

En attendant, Marine Le Pen, il y a donc des grèves reconductibles dans certains secteurs de l'économie, transport, énergie, éboueurs, des blocages aussi. Est-ce que vous soutenez ces modes d'action ? Dès lors qu'il n'y a pas de référendum, vous venez de le dire.

11:27
Invité

Mais moi, je pense que les Français ont parfaitement la liberté, le choix de manifester contre cette réforme de retraite. Il faut bien qu'ils se fassent entendre. Bon, nous, nous portons leur voix au sein de l'Assemblée nationale. Ceux qui sont opposés à cette réforme de retraite, et ils sont nombreux, je l'ai dit, mais qu'ils manifestent est parfaitement logique et prévisible, d'ailleurs. Il était prévisible qu'il y ait des manifestations et prévisible, d'ailleurs, qu'il y ait des blocages. Moi, je viens apporter une solution. Elle s'appelle référendum. Elle éviterait les manifestations. Elle éviterait les blocages et elle permettrait de faire respecter la volonté populaire.

12:01
Marine Le Pen

Elle n'est pas sur la table, mais sur les blocages. Donc, est-ce que vous les redoutez ? Est-ce que vous les comprenez ?

12:05
Invité

Bien sûr que je redoute que l'économie souffre, alors qu'elle souffre déjà, contrairement à ce que dit le gouvernement, beaucoup, évidemment que je redoute que l'économie souffre de ces blocages. Bien sûr que je redoute que des millions de Français se voient gênés dans leur circulation, dans leur travail, parce qu'il y aurait des pénuries demain, d'essence, ou je ne sais quoi d'autre. Mais qui porte la responsabilité de cela ? En réalité, essentiellement, il faut quand même le dire, c'est le gouvernement. On a aussi pu voir des coupures sauvages d'électricité à Anonnet, dans la ville d'Olivier Dussop, dans la permanence de Gérard Larcher. Ces coupures d'électricité, c'est aussi une méthode ?

Vous la soutenez ? Non. Je ne vous cache pas que les coupures d'électricité qui visent des personnes, et en l'occurrence, des ministres ou des députés qui sont au soutien de cette réforme, m'apparaissent dépasser le cadre que je souhaite conserver à la manifestation d'une opposition à une réforme.

13:09
Marine Le Pen

Marine Le Pen, dans cette séquence, sur les carrières longues et les mères de famille, quand on regarde les choses et les dernières semaines, ce sont les Républicains qui ont obtenu des avancées. Sur les 1 200 euros, ce sont les économistes et le PS qui ont levé des lièves. Sur les 64 ans, c'est l'intersyndicale qui a toujours porté la contestation. Qu'a fait le Rassemblement National sur le fond pour améliorer le texte ou en montrer les limites ? Rien ou pas grand-chose, c'est même Robert Ménard qui le dit.

13:36
Invité

D'abord, Robert Ménard dit beaucoup de sottises, donc ce n'est quand même pas non plus une jauge. Ça, c'est la première des choses. Deuxièmement, vous avez tort. Peut-être que c'est parce que vous ne les écoutez que eux. Parce que moi, je suis venu au tout début du débat sur cette réforme des retraites pour dire que les 1 200 euros étaient une arnaque et qu'il y aurait beaucoup moins de gens que ce qui était envisagé qui toucheraient ces 1 200 euros. Nous avons été, dès le départ, à la pointe pour expliquer que ce sont les femmes qui allaient souffrir de cette réforme des retraites. Nous avons expliqué tout cela.

Alors, peut-être avons-nous moins de caisses de résonance, mais on ne juge pas, encore une fois, une action ou un positionnement à l'effet qu'il peut avoir. Et à l'Assemblée nationale, nous avons mené le combat tel que nous avons pu le faire, c'est-à-dire sans, effectivement, utiliser l'obstruction parlementaire dont on voit qu'elle a aidé le gouvernement. En fait, la France Insoumise et ses alliés, les alliés étant d'ailleurs pas tout à fait d'accord avec cette stratégie, et pour cause, cette stratégie était mauvaise. Je l'avais dit d'ailleurs dès le départ et ils ont fini par comprendre qu'elle était mauvaise. Il était trop tard.

Vous parlez de caisse de résonance, vous manquez de relais dans la société civile ? Non, on ne manque pas de relais dans la société civile. Mais il faut bien dire que dès que quelqu'un est stampillé de gauche, c'est extraordinaire, tout le monde l'écoute, il est invité partout, etc. Bon, alors, entre la droite brutale qui est pour la réforme des retraites et la gauche qui est à porte ouverte, c'est vrai qu'on a du mal peut-être à se faire entendre.

Mais enfin, en attendant, il y a quand même une chose qu'il faut constater, c'est que si les journalistes ne nous entendent pas, les Français, eux, nous entendent, puisque tous les sondages d'opinion qui sont parus depuis la fin du débat à l'Assemblée nationale ont démontré que c'est le Rassemblement national qui réunit, en réalité, le plus d'approbations dans la manière dont il combat cette réforme des retraites.

15:27
Marine Le Pen

Allez, avant d'aborder la question de l'Ukraine, on passe au standard d'Inter. Hervé, nous y attend. Bonjour, vous nous appelez de Paris. Oui. On vous écoute.

15:35
Invité

Oui, bonjour à tous, bonjour Madame Le Pen, soyez assurée, Madame Le Pen, de mon respect et de mon vote assuré pour 2027. quand vous serez présidente de la République. Ma question est la suivante, pendant la campagne présidentielle, votre programme défendait 43 ans de cotisation, si je me souviens bien, et l'âge, 62 ans. Quand vous serez élu, et non pas si vous êtes élu, mais quand vous serez élu, mettez-vous en place ce projet qui cloura le débat, finalement.

16:03
Marine Le Pen

Merci Hervé pour cette question, donc d'un soutien clair de Marine Le Pen, qui vous répond.

16:09
Invité

Oui, oui Hervé, et donc je rassure tout le monde, enfin je veux dire, même si cette réforme des retraites, ce que vraiment je ne souhaite pas, et ce dont je ne suis pas convaincue et votée, elle sera défaite lorsque je serai élu, car je mettrai en place cette réforme que j'ai portée pendant la campagne présidentielle, qui est une réforme beaucoup plus juste, et qui consiste à dire que tous ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans doivent partir à 60 ans avec 40 annuités. Et progressivement, eh bien, on augmente jusqu'à 62 ans et 42 annuités, mais jamais plus loin, si je puis me permettre, en termes d'âge légal ou en termes d'annuités nécessaires pour partir que 42 ans.

Et ça, c'est beaucoup plus juste. Alors c'est vrai que ça a un coût, on l'a d'ailleurs, et M. Dussopt a enfin admis que ce coût était de 12 milliards, nous l'assumons, nous trouverons les moyens de financer cette réforme de retraite car il y a beaucoup de sources d'économies à faire en France, mais elle est juste et elle est, je crois, attendue.

17:12
Marine Le Pen

Jean-Louis est au standard. Maintenant, Jean-Louis, bonjour, vous nous appelez des Alpes-Maritimes.

17:18
Présentateur

Oui, exact. Bonjour France Inter et bonjour Mme Le Pen. Bonjour. Bonjour. Voilà, ben moi c'est très simple ma question. Je suis un peu étonné que vous ne soyez pas encore intervenu comme avait fait le président Sarkozy à son époque, c'est-à-dire intervention des forces de l'ordre. Vous n'avez pas dit ça encore pour le moment. Pourquoi ? Pour débloquer

17:42
Marine Le Pen

les raffineries par exemple,

17:44
Présentateur

c'est ça ? C'est évident, ça a été fait sous Sarkozy, peut-être sous Hollande, mais je n'en suis pas sûr. Et donc, moi, je ne suis pas pour frapper les gens, mais ce n'est pas normal que... Alors, ils ont fait... le gouvernement s'est montré, mais verbalement seulement, mais ce n'est pas verbalement là. Il faut envoyer...

18:02
Marine Le Pen

Vous voulez des gendarmes et des CRS pour débloquer les lieux bloqués.

18:07
Présentateur

Mais parce que ça bloque

18:08
Marine Le Pen

la France.

18:08
Présentateur

On a bien compris. Ça bloque les gens qui sont pour... contre la retraite plus longue, mais qui ne peuvent pas aller travailler,

18:16
Marine Le Pen

qui n'ont plus l'essence. Voilà. Merci Jean-Louis pour cette intervention. Marine Le Pen vous répond.

18:21
Invité

Mais monsieur, vous avez parfaitement raison et tous les gouvernements en réalité successifs ont utilisé la même méthode. À partir du moment où le blocage a des conséquences sur la capacité à accéder au sang de l'économie qui est l'essence, eh bien, ils ont toujours été débloqués par les forces de l'ordre. Et il faut...

18:41
Marine Le Pen

Il y a eu des réquisitions la fois précédente.

18:43
Invité

Mais bien sûr, il y a eu des réquisitions et c'est parfaitement naturel. Encore une fois, il faut, je crois, avoir une différence de vue entre la manifestation pacifique, ce qui pour l'instant est le cas sauf quelques exceptions liées au Black Bloc traditionnel et le blocage de l'économie. Donc, ceux qui aujourd'hui viennent dire on va mettre l'économie à genoux, eh bien, sont en train de s'attaquer directement aux classes populaires et aux classes modestes car ce sont elles qui vont souffrir le plus, bien sûr, de ce type de blocage. Alors, j'avais vu que les syndicats avaient évolué dans leur manière d'agir. Ils avaient utilisé d'autres méthodes qui avaient largement ma préférence.

la grève des contrôles, par exemple, des tickets de transport, eh bien, je pense qu'ils devraient plutôt aller dans ce sens-là plutôt que le blocage de l'économie.

19:30
Marine Le Pen

Sur l'Ukraine, on y vient. Un an après le début du conflit, le président du RN, Jordan Bardella, a fait un mea culpa sur la position du parti vis-à-vis de la Russie. Il a reconnu, je le cite, une naïveté collective à l'égard de la volonté expansionniste de Vladimir Poutine. Fin de citation. Est-ce que vous reprendriez ces mots et surtout, est-ce que c'est ça désormais la ligne du parti ?

19:53
Invité

Non, mais je pense qu'on a résumé cette interview. Bon, je comprends un peu l'objectif. J'ai trop d'expérience pour ne pas comprendre l'objectif des journalistes à avoir résumé l'interview de Jordan Bardella à cette formulation qui visait d'ailleurs l'ensemble de la classe politique qui intégrait Emmanuel Macron, qui intégrait François Hollande, qui intégrait Jacques Chirac. Voilà. Oui, mais je suis favorable

20:15
Marine Le Pen

à l'envoi de tout ce qui peut permettre à l'Ukraine de défendre sa souveraineté et de protéger ses frontières. Là, on a tout de même un revirement de trine.

20:22
Invité

Non, pas du tout. Je ne crois pas du tout. Non, non, je ne crois pas du tout. Jordan Bardella a réexprimé la même chose que ce que j'ai eu l'occasion d'exprimer. Nous sommes contre l'envoi d'armes offensives à l'Ukraine. Voilà, c'est clair. Donc, à l'envoi

20:33
Marine Le Pen

de tout ce qui peut permettre à l'Ukraine...

20:34
Invité

Tout ce qui est défensif ne pose aucun problème. Nous l'avons dit toujours un souci parce que ça fait un an que vous êtes sur cette ligne. Ça ne pose pas de souci. Sur les armes offensives, comment vous faites la différence des gens entre les deux ? Pourquoi ça pose un souci ? Parce que ça peut être l'élément qui va faire dégénérer une guerre qui est pour l'instant encore une guerre territoriale en guerre mondiale. Alors moi, je suis celle qui défend la paix. Je suis celle qui cherche à faire la promotion de la paix depuis le début de ce conflit. Je suis celle qui réclame l'organisation d'une grande conférence sous l'égide et l'impulsion de la France.

Une grande conférence pour la paix en mettant l'intégralité non seulement des belligérants mais également des pays concernés, des voisins de ce conflit autour de la table. Je pense que on croit que la guerre c'est au travers d'un écran mais ça n'est pas un film américain cette guerre en Ukraine. Ça n'est pas un jeu vidéo. C'est un drame humain absolu. Ce sont des dizaines de milliers voire maintenant au moment où nous nous parlons des centaines de milliers de morts, de blessés, d'amputés. C'est ça la guerre. C'est terrible. Et moi, ceux qui souhaitent cette guerre ou souhaitent l'aggraver, souhaitent la diffuser, souhaitent l'élargir, eh bien, ils portent je crois une responsabilité.

Historiquement, la France peut jouer ce rôle de grande organisatrice de la conférence pour la paix. Donc je maintiens qu'il faut faire cela et je l'ai dit plusieurs fois. Donc je vais le répéter parce que c'est important. Il n'y a pas 50 solutions au-delà de la paix. Il n'y a pas 50 solutions. Il n'y a même que des mauvaises solutions. Soit la Russie gagne et c'est dramatique parce que tous les pays qui ont un conflit territorial iront le régler par la force en pensant qu'ils peuvent obtenir ainsi une bénédiction. Soit l'Ukraine gagne et elle ne gagnera que si l'OTAN en réalité vient au soutien de l'Ukraine.

Et si l'OTAN entre en guerre aux côtés de l'Ukraine alors c'est le monde entier qui est en guerre. Parce que la Chine entrera également très certainement dans le conflit. Donc plutôt la paix que la victoire de l'Ukraine. Soit on continue à livrer en réalité des armes que nous n'avons pas d'ailleurs et qui départissent notre propre armée au compte-gouttes à l'Ukraine et alors c'est la guerre de cent ans qui est devant nous. Vous comprenez ?

23:09
Marine Le Pen

Il nous reste très peu de temps Marine Le Pen une question sur l'inflation des prix de l'alimentation 14,5% en février sur un an et ce n'est pas fini puisque la facture moyenne pourrait augmenter encore de 10%. Le gouvernement a lancé une opération baptisée trimestre anti-inflation. Est-ce que ça va dans le bon sens ?

23:29
Invité

Non c'est nul ça ne sert à rien c'est une opération commerciale en réalité pour les grands distributeurs car on n'exige rien on n'a aucune garantie c'est un logo gouvernemental appliqué sur des marques de distributeurs d'ailleurs sans que le gouvernement n'ait la capacité d'influer sur le prix des produits qui bénéficieront

23:50
Marine Le Pen

de ce logo. Liberté du commerce dit Bruno Le Maire qui dit qu'on ne peut pas bloquer les prix administrativement.

23:56
Invité

Non mais il y a beaucoup de choses qu'ils pourraient faire pour limiter l'inflation parce que l'inflation est la conséquence en grande partie de leurs propres décisions politiques qui ont été profondément erronées que ce soit sur l'énergie que ce soit sur le nucléaire que ce soit sur les masses monétaires qu'ils ont laissé être adressées aux banques par l'Union Européenne que ce soit par les super profits qui nourrissent l'inflation comme l'a admis la BCE contre lequel ils refusent de lutter enfin ils ont une responsabilité qui est essentielle et ce n'est pas avec un logo encore une fois sur lequel ils n'ont aucun pouvoir d'appréciation que l'on va régler le drame le mur de l'inflation que j'avais annoncé bien avant la guerre en Ukraine.

24:46
Marine Le Pen

Merci Marine Le Pen président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale d'avoir été à notre micro ce matin. à l'Assemblée Nationale

Avec la réforme des retraites, "LR devient l’allié principal d’Emmanuel Macron", estime Marine Le Pen — Marine Le Pen · Pourquijevote