Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 3 juin 2021 24 min

Fabien Roussel (PCF) : "Si la gauche ne s’intéresse pas au peuple, le peuple ne s’intéresse pas à elle"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, 8h23. France Inter. Léa Salamé. Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le secrétaire national du Parti communiste français, candidat à l'élection présidentielle. Vous pourrez dialoguer avec lui dans quelques instants au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Fabien Roussel.

0:26
Fabien Roussel

Bonjour.

0:27
Présentateur

Et merci, merci d'être au micro d'Inter ce matin. Emmanuel Macron, vous le savez, a entamé hier dans le lot, terre de ruralité heureuse, un tour de France qui va durer deux mois, un pèlerinage laïque, dit-on, pour prendre le pouls du pays et aller à la rencontre des Français. Vous-même, Fabien Roussel, qui dites mener depuis deux ans un tour de France, quelle est votre appréciation de celui qu'entame Emmanuel Macron ? A-t-il raison de le faire, de repartir donc à la rencontre des Français ?

0:57
Fabien Roussel

Emmanuel Macron, le président de la République actuelle, a fracturé la France profondément. C'est un véritable rouleau compresseur libéral qui va laisser la France dans un État comme rarement elle a été, avec le recul de l'État dans de nombreux domaines, y compris là ce qu'il vient de faire avec la fonction publique, et la suppression de ses grands corps. Et les inégalités sociales dans notre pays n'ont jamais été aussi fortes à l'issue de son mandat. Jusqu'au bout, il aura été le président des riches et il annonce même aujourd'hui qu'en échange du prêt que nous allons avoir de l'Union Européenne, il va mettre en œuvre la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage.

Et jusqu'au bout, il va porter atteinte au monde du travail, à nos conditions de travail, à notre pouvoir d'achat. C'est véritablement dévastateur.

1:48
Présentateur

Pardon, un rouleau compresseur libéral, Emmanuel Macron, quand on voit une défaillance de l'État, quand on voit ce qu'il a mis sur la table, 100 milliards d'euros pour le chômage partiel, les aides aux artisans, le fonds d'indemnisation. Vous voyez vraiment une marque libérale dans le quoi qu'il en coûte qui dure depuis un an et demi maintenant ?

2:10
Fabien Roussel

Oui, parce que la défaillance de l'État, il y a largement contribué. Largement contribué en affaiblissant l'organisation de l'État, lui, et les précédents gouvernements. Il y a eu à peu près en tout 90 000 agents de la fonction publique supprimés dans l'administration de l'État ces dernières années. Mais au-delà de ça, quand il fait un plan de relance de 100 milliards d'euros, 150 milliards d'euros, selon la Commission européenne, ont été attribués au monde économique. Le chômage partiel que nous avons soutenu. Il ne le fallait pas ? Il fallait le mur des faillites ? Il fallait quoi ? Non.

Surtout, 100 milliards d'euros de plan de relance, c'est deux tiers de cette somme attribuée aux grandes entreprises et un tiers aux 500 000 petites entreprises TPE et PME. Ce qui fait qu'aujourd'hui, notre pays, ce gouvernement, fait le choix de donner 60 à 70 milliards d'euros aux grandes multinationales du CAC 40, qui payent moins d'impôts qu'une PME, qui fait de l'évasion fiscale, qui distribuent des dividendes, 51 milliards d'euros, et ils reçoivent de l'argent public. C'est notre argent, sans aucune contrepartie, pour le climat, pour l'emploi, pour la formation, pour la relocalisation.

3:22
Présentateur

Pardon, un tiers du plan de relance, 30 milliards va à la transition écologique. Vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a rien dans ce plan pour l'écologie. C'est colossal, 30 milliards d'euros. Par ailleurs, pardon, mais l'aide aux jeunes, l'aide aux plus pauvres, ça peut être pas suffisant, mais vous ne pouvez pas dire que c'est une folie libérale depuis un an et demi.

3:42
Fabien Roussel

Mais l'aide aux jeunes, c'est la charité. Et ce qu'il fait, c'est de la charité. Ce dont nous avons besoin, c'est de revoir profondément nos modes de production, nos modes de consommation, nos modes de transport. Or, l'urgence climatique est réelle. Nous sommes dans la décennie où nous devons tout faire pour, justement, réparer le climat, éviter cette hausse catastrophique des températures d'ici 2100. C'est maintenant qu'il faut agir. Et donc, il ne s'agit pas de distribuer de l'argent public au capital, au privé, en lui demandant de faire quelque chose pour l'environnement. Il faut l'organiser.

Nous, l'État, par des filières stratégiques importantes dans l'énergie, je vais visiter des entreprises, aujourd'hui, qui sont des véritables bijoux en matière de filières énergétiques. On va vous parler d'énergie et de filières. Et il est en train d'accompagner ces délocalisations. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le capital est véritablement en mutation. Il délocalise l'activité et il le fait avec l'aide de l'État, avec l'aide d'un président de la République qui a décidé d'organiser le grand déménagement industriel du pays pour faire de notre pays une sorte de grande start-up. Il se comporte comme un président de conseil d'administration, pas comme un président de la République.

4:55
Présentateur

Fabien Roussel, après 15 ans d'absence à l'élection présidentielle, le Parti communiste est de retour et présentera donc un candidat en 2022, vous-même. Pourquoi avoir fait ce choix politique, Fabien Roussel ? Pourquoi aurait-on besoin d'une candidature communiste en 2022 ? Expliquez-nous.

5:10
Fabien Roussel

Parce qu'aujourd'hui, pour nous, les questions sociales et climatiques, je viens d'en dire un mot, mais la question sociale est au cœur des priorités que nous devrions avoir pour notre pays. La question des salaires et du pouvoir d'achat. Moi, je rencontre des salariés qui ont 30 ans d'ancienneté dans le secteur du privé, notamment les grandes surfaces, avec un salaire de 1300 euros net encore aujourd'hui. Ils n'ont pas les moyens de boucler leur fin de mois. Des fonctionnaires, des catégorissés, les plus basses catégories, qui plafonnent au SMIC pendant des années et des années. On ne vit pas de son travail.

Cette question sociale des salaires, de vivre dignement avec un travail, je veux la placer au cœur de ma priorité. Et elle n'est pas portée politiquement aujourd'hui par la gauche ? Non. Et la deuxième chose, c'est la jeunesse. C'est la spécificité que je souhaite incarner avec ma candidature. La question sociale, j'en ai parlé, je peux y revenir. Et la question de la jeunesse pour en faire une priorité nationale, une grande cause nationale. Car si nous avons la jeunesse la mieux formée, qui a les meilleures formations de l'école jusqu'à la formation professionnelle, nous allons garantir à notre pays le plus bel avenir pour la suite.

Mais surtout garantir à nos jeunes d'avoir un emploi correctement rémunéré. C'est ce que nous voulons faire. Et ça, ça s'accompagne d'une politique de création d'emplois. Et je reviens donc à la question sociale. Industrie, c'est la priorité.

6:35
Présentateur

Fabien Roussel, mais tout de même, est-ce que vous n'ajoutez pas à la division, en déclarant ainsi votre candidature être candidat, n'est-ce pas prendre un risque supplémentaire de fragmenter la gauche, alors qu'elle est à 20-25%, elle n'a jamais été aussi faible aujourd'hui ? Est-ce que vous ne rajoutez pas encore une division supplémentaire ?

6:54
Fabien Roussel

Vous savez, je vous donne mon opinion. Si la gauche est faible, c'est parce qu'elle ne s'intéresse plus à la vie des gens. Et si la gauche ne s'intéresse pas au peuple, le peuple ne s'intéresse pas à elle. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui. Ce que je souhaite, c'est reconquérir justement ces hommes et ces femmes qui n'y croient plus, dont certains ont pu voter à gauche, mais qui ne veulent plus voter à gauche. Pour quelque gauche qu'elle soit. Et qui vont parfois au Rassemblement National. Certains vont perdre leur bulletin de vote en votant pour l'extrême droite, pensant que ça pourrait changer les choses.

Moi, je souhaite justement un sursaut démocratique, progressiste, pour remettre au cœur de notre pays la justice sociale, l'égalité des droits, mais l'égalité sociale, pour faire en sorte que le travail redevienne, mais le travail permettant de vivre dignement, respectant les hommes et les femmes, respectant la planète, que tout ça soit au cœur de notre pays. Et c'est pour ça, c'est pour ça qu'une candidature de gauche authentique, sincère, honnête, loyale, comme celle que je compte incarner, est importante aujourd'hui, pour aller reconquérir cet électorat qui aujourd'hui ne vote plus. C'est ça le grand problème de la gauche.

8:11
Présentateur

C'est tous ceux qui ne votent plus aujourd'hui. Vous le dites, ma responsabilité, c'est de convaincre les abstentionnistes, ceux qui ont le cœur rouge et qui sont noirs de colère. La formule est très belle, mais les scores des communistes parlent d'eux-mêmes. 2,49% des voix aux élections européennes de 2019 perdent de nombreux bastions lors des municipales de 2020. Quant au sondage, ils estiment les intentions de vote en 2022 autour de 2%. Pour l'instant, vous avez du mal, Fabien Roussel, à faire battre ces cœurs, les rouges comme les noirs.

8:45
Fabien Roussel

Je préfère, moi, penser aux 700, près de 700 maires communistes qui aujourd'hui font la démonstration dans leur localité de justement ce qu'est une politique progressiste au service de l'intérêt général, au service de tous, avec une démarche de rassemblement. Puisque quand on est maire communiste, c'est avec une équipe municipale très diverse, très variée, parce que c'est aussi notre originalité, nous communistes, nous sommes très rassembleurs. Quand c'est au service de la population, et moi, ce que je souhaite le faire, c'est au service de la nation.

Eh bien, vous voyez, tous ces élus locaux, communistes, ou apparentés, sympathisants, font la démonstration localement de ce que nous pouvons faire au service de tous. Sans sectarisme, quand nous multiplions dans les départements, je voudrais lancer un clin d'œil à tous ceux qui se présentent au départemental, que nous sommes ceux qui nous battons pour des crèches, et nous le faisons, nous le faisons dans le Val-de-Marne, l'accès au transport pour tous, pour les jeunes, la gratuité des transports publics pour le climat. C'est nous, les centres municipaux de santé, où nous salarions des médecins pour qu'il n'y ait pas de déserts médicaux.

C'est nous, la culture et le sport, avec les offices de la jeunesse et du sport. Mais les chiffres que je vous ai donnés, c'est vous aussi, Fabien Roussel. Les chiffres sont durs, mais vous savez, nous sommes ici...

10:00
Présentateur

Ils sont durs, quand même, c'est le réel.

10:02
Fabien Roussel

Mais un marxiste n'échappe pas au réel. Bah voilà, c'est pour ça qu'on le dit. Mais l'élection présidentielle, c'est une course de conviction. Et nous sommes aujourd'hui même pas sur la ligne de départ, parce que tout le monde n'est pas déclaré. Laissez les Français découvrir mon programme, et puis on verra à la fin.

10:18
Présentateur

Vous noterez qu'on a passé dix minutes sans prononcer le nom de Jean-Luc Mélenchon. Vous dites votre candidature est honnête, sincère, loyale, la sienne ne l'est-elle pas également. Jusqu'à maintenant, vous souteniez au dernier présidentiel Jean-Luc Mélenchon. Interrogé sur votre candidature en 2022, il a dit, c'est pour moi d'une tristesse, d'une grande tristesse. Que lui répondez-vous ? Pourquoi vous ne mettez pas vos idées, vos convictions à son service ? Puisque, certes, ce ne sont que des sondages, mais il est placé au-dessus de vous.

10:47
Fabien Roussel

D'abord, je ne souhaite pas faire... Je n'ai pas d'adversaire à gauche. Je n'ai pas d'adversaire à gauche, et donc, je ne parlerai pas des programmes des autres. Je souhaite mettre en avant l'ambition que nous, nous souhaitons porter pour la France, et ne pas jouer au jeu des sept différences entre nous. à chacun d'entre nous de convaincre le plus de Français, de penser que, voilà, notre projet, mon projet, est meilleur qu'un autre candidat. Vous voyez bien qu'aujourd'hui, le problème de la gauche, c'est d'abord sa faiblesse. Combien même nous serions tous unis, ça ne ferait pas une addition. Vous savez bien que ça ne marche pas comme ça.

11:27
Présentateur

Mais ne rajoutez-vous pas la faiblesse en présentant votre candidature ? Je ne vais pas dire contre celle de Jean-Luc Mélenchon, mais à côté.

11:34
Fabien Roussel

Vous voyez, quand la pauvreté augmente à ce point dans notre pays, alors que dans le même temps, les riches n'ont jamais été aussi riches. Et ça, en l'espace de cinq ans. Quand je vois hier la une du magazine Les Echos, qui titre sur le CAC 40, qui a bondi de 17%. Les mecs, ils ont sablé le champagne hier à la bourse. Et pendant ce temps-là, je vois des salariés qui se battent pour maintenir leur usine à Saint-Claude. Oui, mais il dit la même chose Mélenchon. La gauche est diverse, Madame Salamé. La gauche est diverse. Il y a une gauche réformiste, social-démocrate. Il y a une gauche d'extrême-gauche, gauchiste, populiste. Il y a le Parti communiste français, qui n'est rien de tout cela.

On a une histoire dans notre pays. On a aujourd'hui, avec nos élus locaux, nous faisons la démonstration du possible, de ce que nous savons faire. Nous sommes un parti de rassemblement, et nous voulons nous battre, nous mettre au service du monde du travail et de la jeunesse.

12:28
Présentateur

Reflexion de Léonore sur l'appli France Inter. À gauche, vous êtes tous une bande de... Je termine pas le mot. Trois petits points. Trois petits points. Pas de liste commune à cause de vos égaux. On va perdre à cause de vous tous.

12:42
Fabien Roussel

Je souhaite pouvoir la convaincre que la diversité à gauche n'est pas un problème, et qu'au contraire, quand la gauche l'a emporté dans notre pays, en 81, en 88, et même récemment, en 2012, récemment, une petite dizaine d'années, en 2012, le total des forces de gauche, des candidats de gauche au premier tour, faisait 45%. Et c'est ce qui permettait à un des candidats d'accéder au second tour et de l'emporter. Parce que l'objectif, c'est de l'emporter quand même. Or, aujourd'hui, le total des candidats de gauche, c'est quoi ?

13:17
Présentateur

25.

13:17
Fabien Roussel

Tout mouillé. Bon, on a du boulot quand même. Donc, on a chacun une sacrée responsabilité d'aller convaincre ceux qui n'y croient plus. Moi, j'en entends beaucoup qui disent « Je ne voterai jamais plus pour tel parti ou pour un tel ». J'entends ça. Et donc, comment nous allons faire, nous, pour aller convaincre plus d'hommes et de femmes à ce que ça change profondément dans notre pays, à reprendre le pouvoir sur l'argent et la finance ? C'est mon combat, c'est notre combat.

13:42
Présentateur

La question des deux candidatures, la vôtre Fabien Roussel et celle de Jean-Luc Mélenchon, fait l'essentiel des questions au standard ce matin. Je donne la parole à Bertrand. Bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

13:55
Invité

Salut camarade, Fabien. Salut. Moi, je suis adhérent au PCF parce que je sais tout ce que le PCF nous a apporté historiquement et encore aujourd'hui. Et je crois que c'est hyper important. J'invite tout le monde à rejoindre le PCF parce qu'il faut un parti de gauche en France. Mais ? Il faut un parti de gauche qui existe. Mais je ne voterai pas pour le PCF parce que je veux gagner.

14:26
Présentateur

Et donc vous voterez pour qui ?

14:28
Invité

Je voterai pour Jean-Luc.

14:30
Présentateur

Mélenchon. Merci Bertrand pour cette intervention avec en fond sonore de petits ozios, si j'ai bien entendu. Fabien Roussel vous répond. Encarté PCF, salut camarade, vous disait Bertrand. Mé, il faut être pragmatique, il va voter Mélenchon. Que répondez-vous à votre camarade ?

14:46
Fabien Roussel

Eh bien, je rejoins son appel à adhérer au PCF parce qu'effectivement, quand le PCF est fort dans ce pays, ça change beaucoup pour le monde du travail, pour la classe ouvrière. Là-dessus vous êtes d'accord. Mais il y avait un mais et un gros mais. Ça, je le partage aussi. Mais justement, partant de cette idée-là que nous partageons, je lui dis de la même manière que quand l'influence du PCF est forme et fort dans le pays, y compris en matière électorale, c'est-à-dire que quand nous pesons beaucoup dans les élections, eh bien nous faisons gagner des idées. Et c'est ce que je souhaite faire à gauche.

Je souhaite une gauche qui gagne en rétablissant véritablement une politique plus juste, notamment en matière de fiscalité. Aujourd'hui, nous avons un gouvernement qui a fait tant de cadeaux au capital sans aucune contrepartie. Nous, nous voulons justement modifier les modes de production, redonner du pouvoir aux salariés dans les entreprises, nous réapproprier l'outil industriel. Et donc je dis à mon camarade que ça, c'est notre essence à nous. C'est notre originalité. Se réapproprier les moyens de production, se réapproprier les richesses que nous produisons en augmentant les salaires, en décidant des investissements.

Il n'y a personne d'autre qui le propose ça, y compris Jean-Luc Mélenchon. Et donc c'est cette idée-là aussi que nous voulons défendre pendant cette campagne.

16:10
Présentateur

Alors vous avez une autre spécificité, Fabien Roussel, c'est sur la sécurité. Vous étiez comme l'ensemble des responsables politiques, sauf les insoumis, au fameux rassemblement des policiers devant l'Assemblée nationale. Vous dites, ma gauche ne sera pas laxiste. Vous voulez embaucher 30 000 policiers. On vous accuse de faire de la surenchère sécuritaire. Vos amis de gauche vous accusent de faire de la surenchère. 30 000 policiers, vous voulez embaucher. Vous trouvez la gauche beaucoup trop laxiste sur ces questions ? Vous êtes le seul à défendre une politique qui ne sera pas laxiste ? C'est ce que vous dites ?

16:42
Fabien Roussel

C'est même plus que ça. C'est que je comprends le trouble que cela a pu susciter d'être présent lors de cette manifestation, tellement on a dit que c'était une manifestation d'extrême droite.

16:56
Présentateur

Bruno vous pose la question

16:57
Fabien Roussel

parmi nos auditeurs. C'est plus que ça. Ce n'est pas que ma gauche est laxiste, c'est que je dis que notre gauche doit être offensive sur cette question de la sécurité. Et quand j'entends la droite et l'extrême droite en parler, j'ai peur pour mon pays. Parce que s'ils mettaient en place les mesures qu'ils proposent, eh bien oui, nous aurons une police privée. Nous aurons une police au service d'un gouvernement qui réprimera ceux qui se battent pour défendre leur emploi. Au contraire de cela, je veux, moi, des gardiens de la paix.

Et quand je propose l'embauche de 30 000 gardiens de la paix, c'est pour mettre en place une police nationale de proximité, statutaire, au service de la République et de la paix sociale. Et c'est justement une telle proposition qui reçoit l'accord des syndicats de police que je reçois. Et il y a des syndicats de police progressistes qui étaient présents aussi à ce rassemblement et qui, aujourd'hui, sont malheureux de voir comment ce rassemblement en hommage à deux policiers tués, a été kidnappés.

17:58
Présentateur

Vous avez reçu tous les syndicats de police ?

17:59
Fabien Roussel

Je suis en train de tous les recevoir. Tous ? Je suis en train de tous les recevoir, sauf le syndicat Alliance, dont je ne partage pas du tout ce qu'ils ont dit. Et d'ailleurs, ils créent, eux, beaucoup de désordre. Ils menacent les fondements de notre République en s'attaquant à la justice. Et je reçois, moi, des syndicats de police progressistes, FSU, CGT. j'ai reçu aussi un message de salutation de la CFDT qui était content que je sois aussi à la manifestation. Eux, ils réclament que police et justice collaborent, travaillent ensemble et qu'ils aient plus de moyens pour répondre à leur mission. C'est ce que je souhaite

18:34
Présentateur

porter avec eux. On retourne au standard. On nous attend. Benjamin, bonjour, bienvenue. Oui, bonjour à tous.

18:41
Auditeur

Bonjour. Ma question, en quoi le PCF peut se targuer d'être un parti progressiste et concerné par l'écologie ? Je vous entendais tout à l'heure. Alors que dans le même temps, c'est un parti qui est ouvertement pro-nucléaire et ultra-productiviste. Productiviste, pardon. Et vous disiez que votre candidature était une candidature loyale. Loyale à qui ? À la CGT ?

19:03
Présentateur

Merci pour cette question. Cash, Fabien Roussel vous répond. Sur le nucléaire, c'est un vrai sujet.

19:11
Fabien Roussel

Oui, c'est un vrai sujet. Je ne suis pas dogmatique sur le sujet. Au contraire, c'est véritablement la décennie dans laquelle c'est véritablement la décennie où nous devons engager une véritable révolution en la matière. Or, pour tenir nos engagements en faveur du climat, nous allons avoir besoin d'une énergie la plus décarbonée possible et qui répondent aux besoins de notre pays, de ceux qui n'ont pas accès à l'électricité. Ils sont 4 millions de nos concitoyens en précarité énergétique. Mais je pense aussi aux entreprises. Si on veut relocaliser l'activité dans notre pays, il va y avoir une forte consommation d'énergie.

Et puis enfin, si on transforme nos modes de consommation, que demain, on roule tous avec des véhicules hybrides électriques et que tous les soirs, on branche sa voiture, ça va consommer beaucoup d'énergie. Tout ça, c'est écrit. Il nous faut une énergie la plus décarbonée possible et pilotable. C'est-à-dire qui est présente quand on en a besoin. Il y a deux sources d'énergie. C'est le nucléaire et l'hydroélectrique. On a besoin de nos barrages et de nos centrales pour pouvoir répondre aux besoins du pays et conserver notre indépendance en la matière.

20:18
Présentateur

Le nucléaire, c'est une énergie verte ?

20:21
Fabien Roussel

C'est une énergie décarbonée et pilotable. Et ce sont ces deux éléments qui sont importants. Décarbonée, tout le monde le dit et le sait, pilotable. C'est-à-dire que quand il y a des grosses vagues de froid ou des vagues de chaleur et où on utilise la clim, quand on va modifier nos modes de consommation avec le numérique, les voitures électriques, il va y avoir de fortes consommations d'électricité et donc nous avons besoin d'une énergie à disposition, accessible quand on appuie sur un bouton.

20:50
Présentateur

Emmanuel Macron prévoit de faire baisser la part du nucléaire à 50% d'ici 2035. Est-ce que c'est un bon calendrier ou est-ce que vous, vous voulez rester à 70%, 75% de nucléaire dans la production d'électricité ?

21:01
Fabien Roussel

Ni l'un ni l'autre. Ni l'un ni l'autre. C'est-à-dire que nous estimons, selon les projections qui sont faites, que la consommation d'énergie va grandir dans le pays, même si nous faisons beaucoup de travaux pour la rénovation énergétique des bâtiments, etc. Dans certains endroits, ça baissera, mais globalement, le pays verra sa consommation d'énergie augmenter dans les années qui viennent. Ce que nous voulons, c'est le mix énergétique avec 50% de parts de nucléaire et 50% de parts d'énergie renouvelable. Ce mix énergétique, nous y tenons, mais dans le cadre d'une augmentation de la consommation d'énergie. Je vous donne un exemple. C'est important pour les entreprises, l'énergie.

J'étais à la fonderie Saint-Claude, peut-être qu'on aura l'occasion d'en reparler. Vous savez quelle est la facture d'électricité d'une entreprise comme celle-là ? 100 000 euros par mois d'électricité. Parce qu'ils font de la fonte en aluminium. 100 000 euros par mois. Si nous voulons attirer des entreprises dans notre pays et des entreprises qui consomment une énergie décarbonée, eh bien, il nous faut pouvoir baisser la facture d'électricité aussi pour ces entreprises et c'est pour ça que je souhaite avoir une maîtrise publique de la production et du transport de l'énergie.

22:10
Présentateur

Fabien Roussel, un mot sur l'élection. Il y a une élection qui se joue ce dimanche, le deuxième tour d'une partielle dans le 20ème arrondissement. Tout à fait. Ou alors, le 20ème arrondissement de Paris, on a l'impression que ce n'est pas la France si on compare au sondage. La gauche y est à 75% majoritaire. C'est une bizarrerie. Votre candidat a recueilli 10% des suffrages un peu plus au premier tour. Son score peut permettre, vous êtes faiseur de roi dans cette élection, peut permettre de départager la socialiste Lamia El Arache qui a obtenu 26% et l'insoumise Danielle Simonnet qui a obtenu 21%. Pour qui appelez-vous à voter ?

Alors, j'ai vu que vous étiez déchiré, c'est-à-dire qu'il y a des communistes qui appellent à voter pour les insoumis. Alors vous, vous voulez appeler à voter pour la socialiste ? Vous vous sentez plus proche de la socialiste que de l'insoumise ? Rapidement,

22:54
Fabien Roussel

rapidement. Ouh là là là là ! D'abord, Thomas Roger, Thomas l'infirmier a fait dans, et Charlotte, Laurent, a fait, ils ont fait dans cette circonscription le meilleur score depuis 40 ans. Quand on nous dit qu'on est mort et qu'on ne sert à rien, excusez-moi, mais là, ça n'a pas été le cas. Le meilleur score depuis 40 ans. bravo à eux. Nous avons une règle nationale que j'ai rappelée, c'est le désistement en faveur du premier arrivé à cette élection. Mais, mais, le choix des communistes locaux, c'est de ne pas donner de consigne de vote. Je respecte ce choix-là. Je respecte ce choix-là. Vous avez dit

23:28
Présentateur

que vous étiez pour la PS.

23:30
Fabien Roussel

Bon, non, je ne suis pas du seul. Pour la première arrivée. Non, non, j'ai rappelé les règles nationales parce qu'il y a eu quatre partiels. Il y a quatre partiels. Et donc, j'ai rappelé la règle nationale partout en France. Je suis responsable d'un parti national, excusez-moi. Donc, il y a une règle. Et ensuite, les adhérents localement ont décidé de ne pas donner de consigne de vote. Je respecte leur choix. Je leur fais confiance parce que je sais que de toute façon, dimanche, il y aura une députée de gauche élue et je m'en féliciterai.

23:56
Présentateur

Merci Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste, candidat à l'élection présidentielle. Et un candidat heureux. Ça s'entend. Merci d'avoir été à notre micro ce matin.