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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 9 juin 2024 11 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

Européennes, dissolution par Emmanuel Macron : ce qu’il faut retenir d’une soirée historique

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    « Les résultats définitifs, ils seront officiellement publiés ce jeudi. »
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    « sur les 38 listes candidates, 7 listes ont obtenu plus de 5% des suffrages. »
  • 0:58PrésentateurChiffre
    « la liste du Rassemblement national mené par Jordan Bardella qui est arrivé très largement en tête avec 32% des voix »
  • 1:19PrésentateurChiffre
    « Le Rassemblement national était déjà arrivé en tête en 2019 avec 23,3% des voix. »
  • 1:32PrésentateurChiffre
    « la liste du camp présidentiel, donc la liste Renaissance, Modem, UDI, Horizon, Parti radicale menée par Valérie Ayet, est arrivée en deuxième position avec 14,9% des voix. »
  • 1:52PrésentateurChiffre
    « la liste du Parti socialiste de place publique menée par Raphaël Glucksmann avec 14,2% des voix »
  • 2:10PrésentateurChiffre
    « les Républicains menés par François-Xavier Bellamy avec 7% des suffrages »
  • 2:19PrésentateurChiffre
    « la liste des écologistes menée par Marie Toussaint a obtenu 5,4% des voix avec donc 5 sièges »
  • 2:25PrésentateurChiffre
    « Reconquête menée par Marion Maréchal a obtenu 5,3% des voix et donc 5 sièges. »
  • 2:30PrésentateurChiffre
    « la participation, elle était de 52,5% d'après les estimations d'IFOP fiduciales. »
  • 2:36PrésentateurChiffre
    « Pour les dernières élections européennes en 2019, le taux de participation, elle était de 50,12%. »
  • 6:07PrésentateurFait
    « depuis 1958, il y a cinq dissolutions de l'Assemblée nationale qui ont eu lieu en France. »
  • 6:44PrésentateurFait
    « Le gouvernement en France, il doit être issu de la majorité à l'Assemblée Nationale. »
  • 8:53PrésentateurFait
    « Jordan Bardella était prêt à devenir Premier ministre. »

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Emmanuel Macron a donc annoncé ce dimanche une dissolution de l'Assemblée nationale après la victoire historique du Rassemblement national aux élections européennes. Mais alors, que faut-il retenir de cette soirée historique ? Que va-t-il se passer désormais ? Je réponds aujourd'hui à un maximum de vos questions. Alors, commençons déjà par une rapide mise en contexte. Ce week-end, il y a donc près de 360 millions d'Européens qui étaient appelés à voter pour élire les 720 députés qui vont siéger pendant 5 ans au Parlement européen à Strasbourg. Je vous le disais, les premières estimations, elles sont donc tombées à 20h en France.

Les résultats définitifs, ils seront officiellement publiés ce jeudi. Et donc, d'après les dernières estimations d'IFOP fiduciales pour TF1 et Le Figaro aux alentours de minuit entre lundi et dimanche, au moment donc où j'enregistre cette vidéo, sur les 38 listes candidates, 7 listes ont obtenu plus de 5% des suffrages. Et c'est donc ces 7 listes qui vont pouvoir obtenir des sièges au Parlement européen. C'est donc la liste du Rassemblement national mené par Jordan Bardella qui est arrivé très largement en tête avec 32% des voix d'après les dernières estimations d'IFOP fiduciales.

Le RN, selon ses résultats temporaires, encore une fois, qui reste à confirmer, mais obtiendrait donc a priori 30 sièges. Jamais un parti classé à l'extrême droite n'avait atteint un tel score lors d'une élection en France. A noter que le Rassemblement national était déjà arrivé en tête en 2019 avec 23,3% des voix. Mais là donc, vous l'avez compris, c'est un bond extrêmement important. Toujours selon les dernières estimations d'IFOP fiduciales, la liste du camp présidentiel, donc la liste Renaissance, Modem, UDI, Horizon, Parti radicale menée par Valérie Ayet, est arrivée en deuxième position avec 14,9% des voix. C'est deux fois moins de voix que bien le Rassemblement national.

Le parti du camp présidentiel obtient donc 14 sièges a priori selon les premières estimations au sein de ce Parlement européen. En troisième position, on retrouve la liste du Parti socialiste de place publique menée par Raphaël Glucksmann avec 14,2% des voix et qui obtient donc 13 sièges. Ensuite, cette liste, elle est suivie par celle de la France insoumise menée par Manon Aubry qui a obtenu 9,1% des voix selon les premières estimations donc, et donc a priori 8 sièges. Après la France insoumise, il y a les Républicains menés par François-Xavier Bellamy avec 7% des suffrages et 6 sièges.

Et enfin, toujours selon les dernières estimations, la liste des écologistes menée par Marie Toussaint a obtenu 5,4% des voix avec donc 5 sièges tandis que Reconquête menée par Marion Maréchal a obtenu 5,3% des voix et donc 5 sièges. En termes de participation, la participation, elle était de 52,5% d'après les estimations d'IFOP fiduciales. Pour les dernières élections européennes en 2019, le taux de participation, elle était de 50,12%. Donc a priori, il y a une participation en légère hausse. Et avant de revenir sur les réactions en France et la dissolution de l'Assemblée nationale qui fait forcément énormément parler, quels ont été très rapidement les résultats dans le reste de l'Europe ?

Alors à l'heure où on tourne cette vidéo, les résultats ne sont pas tombés à l'échelle de toute l'Union européenne. Pour le moment, ce qu'on a surtout, c'est des tendances. Et la tendance au sein de l'Union européenne, c'est la suivante. L'extrême droite a fait une percée dans de nombreux pays. Par exemple, en Allemagne, qui est le pays qui a le plus d'eurodéputés, le parti d'extrême droite AFD est arrivé en deuxième position et a obtenu son meilleur résultat depuis sa création en 2013 avec environ 16,5% des voix, selon les sondages de sortie des urnes. L'extrême droite est aussi arrivé en tête, notamment en Pologne.

Au-delà de ça, ce sont surtout des partis conservateurs, donc classés à droite, qui semblent remporter la majorité des sièges selon les premières estimations devant les sociodémocrates, donc plus à gauche, qui arrivent en tête, par exemple en Roumanie. Mais alors, pour en revenir à la France, je vous le disais, Emmanuel Macron a annoncé dans un discours historique la dissolution de l'Assemblée nationale suite à cette victoire du Rassemblement national aux européennes. Mais alors, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce que ça implique ?

Déjà, il faut noter que quelques minutes avant cette annonce d'Emmanuel Macron, eh bien, Jordan Bardella, qui ressort donc vainqueur de ses élections, avait estimé qu'Emmanuel Macron est un président, je cite, « affaibli » et que, je cite, « il ne peut rester sourd aux messages portés par les Français ». Il avait donc demandé au président de la République de dissoudre l'Assemblée nationale pour organiser de nouvelles élections législatives. Et quelques minutes plus tard, je vous le disais, vous l'avez peut-être suivi d'ailleurs avec moi en direct puisque j'étais en live sur YouTube et sur TikTok, Emmanuel Macron s'est à son tour donc adressé aux Français.

Il a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale après donc la défaite de sa liste de sa majorité qui arrivait donc loin derrière l'ERN. Alors, pour rappel, la possibilité pour le président de la République de dissoudre l'Assemblée nationale, elle est prévue par l'article 12 de la Constitution, autrement dit donc la norme suprême du pays. Concrètement, la dissolution, elle met fin au mandat des députés actuels et donc, elle organise de nouvelles élections législatives pour élire de nouveaux députés qui vont siéger au sein de l'Assemblée nationale.

Le premier tour, il aura lieu le 30 juin, autrement dit, là en l'occurrence, je tourne dans la nuit du 9 au 10, donc voilà, c'est dans une vingtaine de jours. Et le second tour, il aura lieu le 7 juillet. A noter que la dissolution de l'Assemblée nationale, elle entraîne aussi l'arrêt de la discussion des textes en cours au Parlement. C'est donc un arrêt des travaux de l'Assemblée pour l'instant jusqu'aux prochaines élections. Mais alors, pourquoi dissoudre l'Assemblée nationale ?

Alors, dans son discours, Emmanuel Macron l'a justifié en déclarant, je cite, vouloir s'opposer à l'extrême droite, déclarant aussi la France a besoin d'une majorité claire pour agir dans la sérénité et la concorde. Il faut savoir que, généralement, une dissolution, elle est utilisée pour tenter de résoudre une crise ou un blocage politique. L'idée, en gros, ici, c'est de vérifier si l'Assemblée nationale reflète toujours réellement l'avis de la population. Et donc, là, ici, dans le cas d'Emmanuel Macron, ce choix, il pourrait s'expliquer notamment par le score très faible de son propre parti aux élections européennes.

En effet, même s'il est arrivé en seconde position, il a enregistré un net recul par rapport à 2019. Au passage, concernant les raisons qui ont poussé Emmanuel Macron à prendre une décision aussi radicale, il y a énormément d'hypothèses et de théories. On ne va pas revenir sur toutes ces hypothèses aujourd'hui. On en reparlera et on analysera ça ensemble en tout début de semaine prochaine. Il faut savoir que, depuis 1958, il y a cinq dissolutions de l'Assemblée nationale qui ont eu lieu en France. La dernière dissolution, elle date de 1997 sous la présidence de Jacques Chirac, qui était donc président de droite à l'Élysée.

Cette décision de Jacques Chirac, elle avait conduit à des élections législatives anticipées qui avaient abouti, en l'occurrence, à une victoire non pas de son propre camp, mais une victoire de la gauche. Lionel Jospin était alors devenu Premier ministre dans le cadre de ce que l'on appelle une cohabitation. Et c'est là, peut-être, l'élément le plus important à retenir de cette soirée, ou l'un des éléments les plus importants, parce qu'on va beaucoup en entendre parler dans les prochains jours. Pour rappel, c'est absolument essentiel à comprendre. Le gouvernement en France, il doit être issu de la majorité à l'Assemblée Nationale.

Ce que ça veut dire, c'est que le gouvernement doit refléter le camp qui l'emporte à l'Assemblée Nationale. Aujourd'hui, la majorité relative, certes, mais la majorité des députés, elle est du camp d'Emmanuel Macron. C'est ce qui fait qu'il y a un proche d'Emmanuel Macron à l'Assemblée, qui est Gabriel Attal, et avant cela, Elisabeth Borne, etc., etc. Mais là donc, ce ne sera pas forcément le cas. En fait, il y a deux ou trois scénarios qui ressortent aujourd'hui. Le premier scénario, c'est qu'à l'issue de ces nouvelles élections législatives, eh bien, le camp d'Emmanuel Macron obtient une majorité relative, comme c'est le cas donc aujourd'hui.

À ce moment-là, donc, ça voudrait dire que le camp d'Emmanuel Macron obtient plus de sièges de députés à l'Assemblée Nationale que les autres partis, mais il n'obtient pas non plus de majorité absolue. Donc, il occupe moins de 289 sièges sur les 577 que compte l'Assemblée Nationale. Dans ce cas, eh bien, comme c'est le cas aujourd'hui, le parti de la majorité devrait composer et donc négocier, comme ils l'ont fait ces derniers mois avec d'autres partis politiques. Pour tenter, donc, de faire passer leurs mesures.

Bon, le deuxième scénario, le scénario 2 bis, on va dire, ce serait le fait qu'à l'issue de ces élections, début juillet, Emmanuel Macron obtient une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. À ce moment-là, il n'aurait pas besoin de dialoguer ou de discuter avec les autres partis. Bon, mais là, en l'occurrence, il faut le dire, ça paraît extrêmement peu probable. Deuxième scénario qui est possible, les députés de l'opposition obtiennent plus de sièges à l'Assemblée Nationale que la majorité présidentielle. À ce moment-là, ça obligerait donc une situation de cohabitation, c'est-à-dire que le gouvernement et le Premier ministre viendraient du parti arriver en tête à l'Assemblée Nationale.

C'est ce qui fait que beaucoup estiment que cette décision de dissolution de l'Assemblée Nationale, c'est un coup de poker très important pour Emmanuel Macron. En effet, il pourrait se retrouver dans ce genre de situation, surtout quand on voit le score très faible de son parti lors des élections européennes. Et là, il y a deux grandes tendances, deux scénarios possibles qui ressortent. Le premier scénario de ce type-là, ce serait que le Rassemblement National obtienne une majorité de députés à l'Assemblée. À ce moment-là, Marine Le Pen a déclaré que le RN, je cite, était prêt à exercer le pouvoir.

Et le Rassemblement National a aussi déclaré que Jordan Bardella était prêt à devenir Premier ministre. La deuxième possibilité à l'issue du vote le 7 juillet, c'est qu'une alliance des partis de gauche se retrouve à avoir une majorité à l'Assemblée Nationale.

En effet, dans la foulée de ces résultats et de la dissolution de l'Assemblée Nationale, plusieurs personnalités de gauche, que ce soit le député du parti communiste français, Fabien Roussel, que ce soit Marie Toussaint, la tête de liste du parti Europe Écologie Les Verts, que ce soit aussi François Ruffin de la France Insoumise, ont appelé la gauche à travailler, je cite, un pacte pour la France ou alors un front populaire qui regrouperait donc plusieurs parties de gauche. Et à ce moment-là, de la même façon, si cette alliance voit le jour et qu'elle remporte les élections, alors il pourrait y avoir un premier ministre ou une première ministre de gauche, à voir ensuite évidemment lequel.

A noter au passage qu'à Paris ce soir, un rassemblement spontané pour une union des gauches aux législatives et contre l'extrême droite s'est organisé ce dimanche Place de la République. Alors voilà donc pour la situation actuelle et ce que l'on sait dans l'immédiat. On tourne cette vidéo donc de façon très tardive, il est quasiment une heure du matin, mais ça me semblait important de faire un premier point sur la situation dans l'immédiat avec encore une fois une situation assez inédite. Si vous avez des questions, n'hésitez surtout pas à les mettre directement dans les commentaires.

Par ailleurs, sur Instagram, on va mettre beaucoup de contenu dans les prochaines heures pour continuer à vous informer sur la situation. Le nom du compte, vous le savez je pense mais je vous le redonne au cas où, c'est Hugo Descript. N'hésitez pas au passage à vous abonner à cette chaîne YouTube pour ne pas louper les vidéos suivantes. On refera un point demain soir sur le format des actus du jour. Merci au passage pour votre confiance, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et puis on se dit à demain du coup pour une nouvelle vidéo. Sous-titrage Société Radio-Canada