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InterviewRadio J — L'interview politique· 22 septembre 2025 13 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Ian Brossat - L'interview politique du 22/09/25

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'était le bon moment pour reconnaître l'état palestinien ?

  • 0:42RelanceRéponse directe

    Reconnaître l'état palestinien, c'est pas faire un cadeau au Hamas ?

  • 2:08RelanceRéponse directe

    Emmanuel Macron avait évoqué quatre conditions initialement. Est-ce qu'il ne fallait pas les conserver ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Olivier Faure a appelé à afficher le drapeau palestinien sur les mairies. Qu'en pensez-vous ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Il n'y a pas un risque d'importation du conflit ?

  • 4:25RelanceRéponse directe

    Le tribunal administratif a ordonné à Malakoff de retirer le drapeau palestinien. Comment réagissez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:56Invité politiqueFait
    « Dès 2014, l'Assemblée nationale se prononçait en faveur de la reconnaissance de l'état de Palestine. »
  • 2:03Invité politiqueChiffre
    « Il y a plus de 140 pays qui ont d'ores et déjà reconnu l'état de Palestine. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Invité26 %
  • Présentateur3 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h moins le quart sur Radio-J, bon réveil à toutes et à tous, place à l'invité politique du jour. Yann Brossat, sénateur Parti Communiste de Paris et porte-parole du PC, est au micro de David Rovodallon. Bonjour à tous les deux.

0:20
Invité

Bonjour Yann Brossat. Bonjour David Rovodallon. Ce soir, le président Emmanuel Macron reconnaîtra l'état de Palestine à l'occasion de l'Assemblée Générale de l'ONU. C'est une décision qui suscite une crise diplomatique d'une intensité jamais atteinte avec Israël. Alors d'abord, est-ce que c'était le bon moment ? Et puis, deux ans après les massacres du 7 octobre, est-ce que reconnaître l'état palestinien, c'est pas finalement faire un cadeau Hamas et légitimer son action terroriste ?

0:47
Invité politique

Moi, je suis favorable, comme beaucoup de responsables politiques français, à la reconnaissance de l'état de Palestine. Et ça n'est pas d'hier. Cela fait très longtemps. D'ailleurs, dès 2014, l'Assemblée nationale se prononçait en faveur de la reconnaissance de l'état de Palestine. Le Sénat avait à l'époque, d'ailleurs, adopté une résolution similaire. Ce que je constate, c'est que nous avons énormément tardé.

Et en l'occurrence, il aurait sans doute fallu promouvoir cette reconnaissance de l'état de Palestine il y a longtemps, précisément pour avancer sur le chemin d'une solution à deux états, un état de Palestine libre et souverain, à côté d'un état d'Israël qui doit pouvoir vivre en sécurité. Sur l'argument selon lequel ça légitime, finalement, les massacres du Hamas. Mais l'autodétermination, le droit à l'autodétermination, c'est un droit inaliénable qui n'est conditionné à rien. Et aller expliquer que la reconnaissance de l'état de Palestine serait une récompense en échange de quelque chose, ça n'a strictement aucun sens.

Une fois de plus, la Palestine, les Palestiniens ont le droit de pouvoir vivre dans un état souverain. Ce n'est pas une récompense, c'est un droit. Et donc ce droit, il doit être respecté. Et la décision du président de la République de reconnaître l'état de Palestine permet d'avancer sur ce chemin-là. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls, puisqu'il y a plus de 140 pays qui ont d'ores et déjà reconnu l'état de Palestine.

2:08
Invité

Justement, Emmanuel Macron, il avait évoqué quatre conditions initialement. La libération des otages, le départ du Hamas, le renouvellement de l'autorité palestinienne, qui est quand même très délégitimée, et la reconnaissance d'Israël par les états arabes. Or, ces quatre conditions, elles se sont volées. Est-ce qu'il ne fallait pas quand même les conserver ?

2:25
Invité politique

Le Hamas n'est pas favorable à une solution à deux états. Et donc, expliquer qu'en reconnaissant l'état de Palestine à côté de l'état d'Israël, on récompenserait le Hamas, ou on irait dans le sens des exigences du Hamas, c'est une contre-vérité absolue. C'est un élément de langage, un élément de propagande qu'on entend dans la bouche du gouvernement d'extrême droite israélien. Je ne partage pas du tout cette analyse-là. Et je pense, au contraire, que la reconnaissance de l'état de Palestine, c'est avancer sur le chemin de la paix, avec évidemment la libération des otages, qui est une exigence absolue.

Mais on a besoin d'avancer sur cette solution à deux états si on souhaite la paix dans la région. S'il n'y a pas deux états côte à côte, il n'y aura jamais de perspective de paix.

3:10
Invité

Alors, transposition de cette situation sur la scène politique nationale. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, il a appelé à afficher aujourd'hui le drapeau palestinien sur les mairies. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative ?

3:21
Invité politique

D'abord, je constate que beaucoup de maires le font. Le front, aujourd'hui, l'ont d'ores et déjà fait. Moi, ce qui me choque profondément, ce sont les polémiques auxquelles tout cela donne lieu. J'ai vu les instructions données par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Enfin, très franchement, quand on voit le sort qui est réservé aujourd'hui à la population palestinienne par Benjamin Netanyahou, par le gouvernement d'extrême droite israélien, je trouve que ces débats sont totalement à côté de la plaque. Donc, je pense que ces initiatives sont bienvenues. Des maires le font. Ils doivent avoir la possibilité de le faire a fortiori.

Le jour où le président de la République française reconnaît l'état de Palestine.

4:00
Invité

Il n'y a pas un risque d'importation du conflit quand même ?

4:02
Invité politique

Non, il y a tout simplement la volonté d'être à l'unisson de la position de la France. Et ce que je pense surtout, c'est que le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, n'est pas favorable à la reconnaissance de l'état de Palestine. Et il prend d'une certaine manière en otage les Français avec ses positions personnelles qui sont contraires aux positions du président de la République. Quand il fait cela, il affaiblit la diplomatie française.

4:25
Invité

Attendez, le tribunal administratif de Sergi a ordonné samedi à la mairie communiste, c'est votre parti de Malakoff, de retirer le drapeau palestinien de son fronton car, selon le droit, c'est considéré comme contraire au principe de neutralité des services publics.

4:39
Invité politique

Je trouve tout de même curieux qu'au moment où beaucoup de mairies ont affiché d'autres drapeaux, notamment le drapeau ukrainien, ça n'a posé aucune espèce de problème. A l'époque, il ne s'est trouvé aucun préfet, aucun ministre de l'Intérieur pour monter au créneau et aller expliquer que ça posait un problème de neutralité. En l'occurrence, le jour, ou les jours qui précèdent la reconnaissance de la Palestine par la France, on doit avoir la possibilité d'afficher ce drapeau. Et donc je trouve que quand on utilise des arguments, on ne peut pas les utiliser à géométrie variable. Sinon, ce qui se dégage de tout ça, c'est un sentiment de deux poids, deux mesures.

Et une fois de plus, je regrette que le ministre de l'Intérieur, puisque tout cela résulte d'instructions données au préfet, que le ministre de l'Intérieur a immobilisé des forces de police, parce que c'est quand même de ça qu'il s'agit, pour débouler à la mairie de Malakoff un vendredi soir, aller faire une descente de police pour ordonner à la maire de retirer le drapeau. Enfin franchement, je pense que dans notre pays...

5:34
Invité

L'impèce civile et du fait de ne pas exciter les tensions, ça s'entend quand même.

5:37
Invité politique

Vous savez, la population de Malakoff soutient sa mère. Il y avait encore un rassemblement devant la mairie de Malakoff qui était pacifique, qui montrait que la population malakoffiote était derrière sa mère et favorable à ce qu'on puisse hisser le drapeau de la Palestine sur l'hôtel de ville. Donc je n'ai pas le sentiment que nos villes, celles qui ont pris ces initiatives, soient à feu et à sang. D'autant que tout cela s'inscrit dans des démarches qui avaient été engagées depuis longtemps, de solidarité ou de jumelage parfois avec des villes palestiniennes. Donc tout cela est une polémique pour rien.

Moi, ce que je souhaite surtout, c'est qu'on puisse avancer sur le chemin de la justice et de la paix. Et c'est le souhait des maires dont il est question.

6:18
Invité

Alors, on a beaucoup parlé du boycott des universitaires, artistes, parfois sportifs israéliens. Alors que précisément, c'était le cas notamment lors d'une récente conférence hommage au Musée d'art et d'histoire du judaïsme. Des scientifiques français s'en sont retirés parce qu'ils participaient des universitaires israéliens. Qu'est-ce que vous en pensez ? Parce que précisément, ces universitaires, ces artistes, souvent, ce sont des opposants à Benjamin Netanyahou. Est-ce que ce n'est pas totalement contre-productif ? Si, vous avez raison de le dire.

6:45
Invité politique

D'ailleurs, quand on est scientifique ou quand on est artiste, on ne représente pas son pays. On représente soi-même. Et donc, on doit avoir la possibilité de se produire, a fortiori, quand on a pris ses distances avec la politique du gouvernement, de l'État dont on est issu. Donc, je partage ce que vous dites.

7:04
Invité

Vous êtes contre le boycott de ces artistes ?

7:06
Invité politique

Moi, je ne suis pas favorable au boycott d'artistes ou au boycott d'universitaires, a fortiori, s'ils ont dénoncé la politique de leur gouvernement.

7:14
Invité

La communauté juive s'émeut beaucoup, depuis le 7 octobre, de propos à connotation antisémite de Jean-Luc Mélenchon, de certains de ses députés qui ont créé un malaise. Quelle est votre position ? Est-ce que ça ne vous dérange pas, vous, ces dérapages, ce fait qu'il ait flirté et même dépassé la ligne rouge, Jean-Luc Mélenchon ?

7:31
Invité politique

L'antisémitisme me dérange d'où qu'il vienne. Et il fait même plus que me déranger. Tout propos antisémite, tout acte antisémite doit donner lieu à des sanctions exemplaires. Et je suis d'ailleurs fier d'être d'un parti qui a compté parmi ses membres, qui compte toujours d'ailleurs parmi ses membres, Jean-Claude Guesso, qui a fait voter dans les années 90 une loi qui permet de faire condamner les propos antisémites, négationnistes, révisionnistes. Et donc, bien sûr, il doit y avoir à chaque fois que des propos antisémites sont prononcés, des sanctions.

Pour ce qui concerne le champ politique, ce que je constate, c'est que le seul parti politique qui a parmi ses membres des gens qui ont été condamnés pour des propos antisémites, c'est le Rassemblement National, c'est le Front National à l'époque. Et que d'ailleurs, jusqu'aux dernières élections législatives, le Rassemblement National a présenté des candidats qui s'affichaient, soit avec des casquettes nazies, soit expliquaient que Jean-Marie Le Pen avait raison d'expliquer que la Shoah était un point de détail de l'histoire. Pour ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, à ma connaissance, il n'y a pas eu de telle condamnation.

Donc, il peut y avoir des propos qui donnent lieu à débat, mais de condamnation pour propos antisémites, il n'y en a pas eu.

8:40
Invité

Alors, Yann Brossard, vous avez des liens avec Israël, puisque votre grand-père maternel, Marcus Klinberg, était israélien. Il avait été condamné à 20 ans de prison, on le rappelle, pour avoir transmis des informations à l'URSS, alors qu'il dirigeait l'Institut de recherche biologique de Nestiona. Vous avez raconté son histoire dans un livre, L'espion et l'enfant. Comment vous décrivez aujourd'hui votre lien avec ce pays et votre façon dont vous voyez la situation aujourd'hui ?

9:03
Invité politique

D'abord, c'est un pays que je connais, puisque je l'ai fréquenté assidûment pendant plus d'une quinzaine d'années. Quand je rendais visite à ma famille là-bas, c'est un pays sur lequel je pense avoir un regard plus lucide que beaucoup d'autres Français qui ne le connaissent pas. C'est un pays qui doit avoir la possibilité d'exister, mais qui doit avoir la possibilité d'exister tout en permettant aux Palestiniens de bénéficier d'un État souverain et libre, ce qui n'est pas le cas.

Et cette situation dure depuis trop longtemps et je suis heureux de venir sur votre antenne aujourd'hui, au moment où peut-être nous avançons sur le chemin d'une solution à deux États qui me paraît indispensable pour que la paix puisse advenir dans la région.

9:43
Invité

Un mot de politique française. Le président a nommé la semaine dernière son troisième Premier ministre depuis la dissolution, en 15 mois, Sébastien Lecornu. Qu'est-ce qu'il doit faire pour gagner le soutien de la gauche, le Premier ministre, qui est évidemment nécessaire pour faire passer le budget ? C'est quoi la concession, la réforme des retraites ? Suspendu, la fiscalité des plus riches ?

10:02
Invité politique

Son sujet, ce n'est pas simplement de gagner la confiance de la gauche, c'est de gagner la confiance des Français. Et il y a un bug depuis le départ. On a affaire à un Premier ministre qui est l'un des plus proches du Président de la République, ministre depuis huit ans. Il a promis la rupture quand même. Il a promis la rupture. Qui y croit ? Et c'est une blague. Il est ministre depuis huit ans. Or, il se trouve que cette politique-là a été rejetée par les Français aux dernières élections législatives. Donc la seule solution pour qu'il puisse survivre, c'est de faire tout l'inverse de ce qu'a fait Emmanuel Macron depuis huit ans.

Donc si j'ai un conseil à lui donner, c'est de rompre vraiment, de remettre en cause la réforme des retraites, de mettre en place une fiscalité plus juste, de revenir sur les cadeaux fiscaux faits aux plus riches par le Président de la République. Ça fait beaucoup, mais c'est la condition de la survie. Donc il reste à savoir ce qu'il a envie de faire, se fâcher avec Emmanuel Macron ou se fâcher avec les Français.

10:52
Invité

Parlez-nous un peu des municipales à Paris. Rachida Dati est désormais la candidate officielle des Républicains. Elle sera peut-être aussi celle des macronistes. Après 25 ans de règne de la gauche dans la capitale, est-ce que les Parisiens n'ont pas envie de tourner la page ? Est-ce que ça va être possible de stopper le bulldozer Rachida Dati ?

11:08
Invité politique

Je crois que le choix qui sera présenté aux Parisiens, il sera extrêmement simple. Vous savez, vous dites que nous sommes en responsabilité depuis 25 ans. Concrètement, ça veut dire quoi ? Concrètement, ça veut dire par exemple que depuis une vingtaine d'années, la pollution a été divisée par deux à Paris. C'est le fruit d'une politique qui a été voulue, volontariste, qui a parfois conduit à un certain nombre de contestations, mais en tout cas, diviser par deux la pollution, diminuer le nombre de morts grâce à cette baisse de la pollution, moi j'en suis fier.

Doubler la proportion de logements sociaux en l'espace de 20 ans, passer de 13% de logements sociaux à 25%, permettre à des infirmières, des assistantes maternelles, des policiers, des instits de vivre à Paris, c'est le fruit de la politique que nous avons menée. Donc le choix, il est simple. Est-ce qu'on a envie d'amplifier ça ou est-ce qu'on a envie de revenir en arrière ? Dati, ça n'est rien d'autre que le nom du retour en arrière.

Moi, je ne pense pas qu'il y ait une majorité de Parisiens qui souhaitent revenir en arrière sur ces sujets, qui souhaitent plus de pollution, qui souhaitent moins de logements sociaux, qui souhaitent en finir avec l'encadrement des loyers, qui permet quand même de mettre un peu d'ordre dans le marché immobilier. Moi, je pense que c'est un choix qui est très clair et ce sera aux Parisiens de trancher.

12:16
Invité

Pour conclure, Yann Brossin, en ce jour de Rochachana, quel message vous adressez aux Juifs de France qui sont particulièrement inquiets de la montée de l'antisémitisme avec nombre d'incidents. On l'a vu à Paris 1, à l'université, ce sondage WhatsApp pour ou contre les Juifs, les synagogues vandalisés, ce colloque que j'évoquais. Très rapidement, quel est votre message aux Juifs de France ?

12:34
Invité politique

Quand je vois ce sondage dont vous parlez, tout ça me révulse. Et donc, je leur dis que lorsqu'il s'agit de lutter contre l'antisémitisme, nous devons être tous ensemble, nous devons nous serrer les coudes et nous ne devons pas tolérer ni accepter le moindre acte de ce type.

12:52
Invité

Merci Yann Brossin et à bientôt sur Radio-J. Au revoir.