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interviewSud Radio· 25 août 2025 9 min

Quels enjeux pour François Bayrou avec sa conférence de presse ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

18 sur Sud Radio. C'est aujourd'hui la rentrée politique de François Beou. Le premier ministre doit prendre la parole cet après-midi à 16h.

Une conférence de presse qui s'inscrit dans un contexte sous tension, menace de censure mais également mobilisation dans la rue avec notamment cet appel du 10 septembre bloqué tout le pays. Bruno Cotè, bonjour. Bruno Cotè, bonjour.

Oui, bonjour et merci d'être avec nous. On vous connaît bien sur Sud Radio Bruno Côtrè, vous êtes politologue, chercheur au Sévipof. Alors pour l'heure, peu de choses ont filtré sur cette prise de parole de François Bairou.

Que faut-il en attendre ? Que peut-on attendre de cette prise de parole ? Cô esse ben vous savez le 15 juillet lorsqu'il a annoncé son plan de mesure vous savez les 44 milliards d'euros et bien François Baou avait donné rendez-vous à la rentrée en disant queil laissait les formations politiques notamment celles de l'opposition et bien réfléchir pendant l'été aux propositions du premier ministre et sans doute que le premier ministre va nous annoncer à la fois qu'il maintient son cap et qu'il veut continuer des concertations.

On va reprendre sans aucun doute, vous savez, ces fameuses concertations, dialogue, réunion. Le premier ministre va sans doute d'abord réunir les parties du socle commun, les macronistes au fond et les centristes et puis après, il va essayer de convaincre en particulier les socialistes et bien de de rentamer un dialogue avec lui. Mais alors pour le moment, ça ça extrêmement compliqué.

Hm. Concertation également dans les dans les prochains jours dès demain avec les différents partenaires sociaux. Est-ce que c'est pas un peu trop tôt cette conférence de presse ?

Est-ce que les vraies concertations, elles n'ont pas encore débuté finalement ? Bruno Cotè ? Alors, elles n'ont pas débuté effectivement mais pour le premier ministre, il y a urgence.

Je dirais même que c'est urgentissime. Le Premier ministre, nous l'avons laissé à la mi-juillet avec une popularité qui pour certains sondeurs commençait à être en dessous de la barre des 15 %. On peut dire que pendant l'été, pas grand-chose ne s'est passé. le premier ministre essayé de communiquer avec certaines initiatives sur l'internet, sur les réseaux sociaux, ces vidéos YouTube qui ont été qui ont été flot, il faut le dire pas grand succès, on peut dire les choses comme ça effectivement et pour le moment les premières enquêtes rentrées montrent et bien que les Français toujours disent bah c'est pas convaincant ou c'est socialement ou fiscalement injuste.

Il y a urgence pour le premier ministre parce que dans quelques semaines à peine, on rentre dans le dur de la discussion de la loi de finance pour 2026 et pour le moment on peut dire que la majorité pour voter ce nouveau budget de la France et bien ça semble très très compliqué avec des socialistes qui pour le moment disent que pour eux ils ne voi pas voter le budget 2026 et un premier ministre qui a peut-être son sort entre les du rassemblement national. Oui, parce que en fait tout va se jouer sur le PS, sur le RN également. Ça veut dire que concrètement on a un François Beou qui va parler non seulement au Français cet après-midi, mais également à ces deux formations politiques là qui sont finalement au centre du jeu.

Oui, c'est ça. Mais alors pour leur parler, il va falloir que le premier ministre fasse de très grosses concessions. C'est pas seulement la question des deux jours fériers, mais il y a aussi tout un tas de de mesures qui ont été annoncées par le premier ministre. par exemple la franchise médicale, par exemple aussi le fait de geler le budget 2026 sur l'hypothèse 2025, ce qui va faire rentrer des foyers fiscaux dans l'impôt sur le revenu.

Bref, tout un tas de de sujets pour lesquels les socialistes ou le Rassemblement national vont présenter leur proposition au premier ministre. Mais pour le moment, on n' pas vraiment le sentiment que le premier ministre est en capacité politique au fond de faire des concessions suffisantes. Ça veut dire que sur les différentes propositions qu'il a faites, il il ne va pas reculer ou très peu.

Non, il peut pas franchement parce que le premier ministre le 15 juillet a adopté une tonalité qui était une tonalité extrêmement dramatique. En gros, le premier ministre nous a nous a expliqué le 15 juillet que si on suivait pas son plan d'économie de 44 milliards, la France allait tout simplement s'effondrer. Donc c'est vrai que quand on a placé le discours à ce niveau-là, et bien on est c'est difficile de faire des concessions parce que ça voudrait dire que le 15 juillet le premier ministre aurait exagéré s'il fait de grosses concessions.

Donc on voit toute la difficulté politique de l'exercice pour pour lui. Donc une rentrée qui s'annonce vraiment très très difficile. H notamment dans la rue avec un certain nombre de de mobilisations.

On va revenir he sur cet appel à bloquer l'ensemble du pays. tout le pays à partir du en le 10 septembre prochain. Mais mais peut-être d'un mot tout d'abord sur sur François Baou et ce gouvernement.

On a l'impression que la question c'est plus de savoir s'il va tomber ce gouvernement mais plus quand est-ce qu'il va tomber. Oui, c'est vrai que ça devient de plus en plus la question. Pour le moment, c'est vrai que on a le sentiment que le premier ministre est très fragilisé.

Il est pas encore tombé mais c'est vrai que ça commence un peu à pencher, ça c'est clair. Et c'est quand est-ce qu'il va tomber ? Les insoumis souhaiteraient déposer dès la rentrée parlementaire à la fin du mois de septembre tout de suite une motion de censure.

Les socialistes pour le moment sont solidés qu'il faut peut-être attendre de dialoguer avec le premier ministre pour tirer le constat et bien que le dialogue n'a pas fonctionné et le censuré. À ce moment-là, le rassemblement national étant à peu de choses près sur la même idée en disant on va aller voir le premier ministre, lui faire des propositions et puis la balle sera dans son dans son camp. Mais c'est vrai que laavenir parlementaire de François Bairou semble quand même très compliqué, très difficile aujourd'hui, beaucoup plus compliqué et difficile que lorsqu'il était arrivé à faire voter le budget 2025.

Tout va se jouer finalement sur le budget. La motion de censure que va déposer la France insoumise le 23 septembre à la rentrée parlementaire, finalement, ça n'aura que peu de conséquences selon vous. On verra on verra quels sont l'état des discussions à la fin du mois de septembre entre le premier ministre et en particulier le Rassemblement national et le Parti socialiste.

Mais d'une manière ou d'une autre, on sait que qu'il tombe sur une motion de censure votée sur le budget ou sur une sorte de motion de censure de principe qui serait voté avant le budget. On voit que le premier ministre aura quand même beaucoup de mal à passer l'automne avec on va on va en parler de cette date du 10 septembre, cet appel venu des réseaux sociaux à à bloquer tout le le pays. Difficile en plus là-dessus d'y voir clair pour le gouvernement parce qu'il y a encore beaucoup de flou sur qui est à l'initiative de cette mobilisation impression.

Alors on verra ce que ce que ça donne mais ça donne un peu l'impression en tout cas de ce qu'on a vécu avant les les gilets jaunes. Mais c'est vrai que pour le gouvernement c'est difficile d' voir clair là-dessus. Oui, c'est difficile.

Néanmoins, des signaux se sont au fond allumés depuis quelques semaines sur cette mobilisation du 17 ans qui était effectivement partie au départ d'un certain nombre de de groupes en particulier sur l'internet. Et puis depuis une quinzaine de jours à partir du moment où notamment la France Somise a appelé à rejoindre ce mouvement plus des syndicats forces ouvrières dans un premier temps un certain nombre de segments de la CGT également. On a vu bien la gauche progressivement les écologistes, les communistes, les socialistes même appelés maintenant à rejoindre cette mobilisation du 10 septembre.

Effectivement si cette mobilisation était d'une manière ou d'une autre un succès, pas forcément de grosses manifestations, mais déjà si ça prend dans l'opinion et si déjà ça donne le sentiment que beaucoup de segments d'électo trouvent que le plan de François Baou est très injuste, et bien ça exercera une pression considérable pour le premier ministre. Il faudra voir comment il réagit. Est-ce qu'il va faire des concessions ?

Est-ce qu'il va en tenir compte ou est-ce qu'au contraire le Premier ministre va se bunkeriser en disant "J'ai raison contre tout le monde ?" Hm. C'est c'est presque un barreau d'honneur finalement pour François Beou qui parle de panage voilà de de courage.

Oui, c'est vrai que dans l'électorat de la majorité quand on regarde les enquêtes d'opinion, on voit que dans l'électorat de la majorité et bien l'image de François Baou est ambivalente à la fois. On trouve qu'il manque de dynamisme l'électorat macroniste. Trouve qu'il y a un gros contraste entre le dynamiste d'Emmanuel Macron et puis François Bairou.

Mais on lui reconnaît une forme de sincérité et de courage dans son électorat. Mais c'est bien le seul électorat qui prête un certain nombre de bonnes intentions à François Bairou. Tous les autres électorats qu'il s'agit du Rassemblement national, qu'il s'agit de la gauche et même dans les rangs des Républicains, on trouve que ça ne fonctionne pas très bien avec François Baou.

Hmm. Effectivement avec euh on va dire une majorité très divisée finalement aussi c'est c'est ce qu'on observe finalement aujourd'hui. Oui.

Même un certain nombre de voix issu du modè carrément de son propre parti politique disent les deux jours fériers c'est pas possible. Euh donc effectivement, on voit que le Premier ministre n'est pas arrivé pour le moment et bien à convaincre, y compris dans les rangs de son propre mouvement politique. Alors peut-être que il va annoncer aujourd'hui un certain nombre de de nouvelles initiatives, de nouvelles directions.

Euh la balle est dans son camp et attendons que le premier ministre au fond nous nous surprenne cet après-midi. H merci beaucoup Bruno Cotz d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio Politologue et chercheur au Sévipov. Merci et très bonne journée à