Laure Lavalette : "L'indignation est partagée par la France entière !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:29FerméeÉludée
Vous avez perdu ce soir, votre candidat à l'élection présidentielle.
- 0:42OuverteRéponse directe
Cette décision qui est complètement scandaleuse.
- 1:17RelanceRéponse directe
Si la voie était étroite, elle existait.
- 1:59OuverteRéponse directe
Je pose une question sur la France et la démocratie.
- 2:45RelanceRéponse directe
Le Conseil constitutionnel faisait une réserve d'interprétation.
- 3:12OuverteRéponse partielle
Sur le choc pour l'opinion, Marine Le Pen en tête des sondages.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueChiffre
« prive 37% des Français, prive les Français de l'espoir que représentait Marine Le Pen »
- 0:53Invité politiqueFait
« Il dit bien que la décision de ce matin contrevient exactement à celle du Conseil constitutionnel d'il y a trois jours. »
- 1:44Invité politiqueFait
« qu'il a un bracelet électronique, et que vous essayez de priver Marine Le Pen, la première leader d'opposition, de la réduire à néant »
- 1:56Invité politiqueChiffre
« ces 11 millions d'électeurs que vous privez »
- 8:10Invité politiqueFait
« la présidente du tribunal ce matin a bien rappelé qu'il n'y avait absolument pas d'enrichissement personnel, qu'il n'y avait pas d'emploi fictif, qu'il n'y avait pas de corruption. »
- 8:21Invité politiqueFait
« Imaginez quand même que 4 ans de prison, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, alors qu'il n'y a pas de corruption, pas d'enrichissement personnel »
Temps de parole
- Laure Lavalette33 %
- Invité27 %
- Présentateur19 %
- Invité 211 %
- Invité 310 %
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Je pense que c'est la France qui s'est pris un sacré coup sur la tête, effectivement. Vous avez bien vu que l'indignation, elle est partagée par la France toute entière, en fait. Cette exécution provisoire qui porte mal son nom, il faut bien expliquer aux Français que c'est ce qui fait que la peine est complètement immédiate tout de suite et qui priverait Marine Le Pen si la peine ne fonctionnait pas de se présenter en 2027, prive 37% des Français, prive les Français de l'espoir que représentait Marine Le Pen en cas de victoire, évidemment, à la présidentielle.
Pour dire les choses lors de la valette, vous avez perdu ce soir, votre candidat à l'élection présidentielle. Il y a un instant, Rodolphe Bosslu reconnaissait lui-même que le chemin était étroit. Il est même d'une étroitesse minuscule.
C'est surtout cette décision qui est complètement scandaleuse. Je vais vous dire, Eric Schettel, j'ai vu dans le taxi en arrivant juste avant, vient de sortir une tribune, vous savez, c'est l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel. Il dit bien que la décision de ce matin contrevient exactement à celle du Conseil constitutionnel d'il y a trois jours. Comment vouliez-vous que nous puissions imaginer que les juges à l'encontre du Conseil constitutionnel...
Il y a l'analyse de cette décision de justice que l'on va faire ici sur ce plateau. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'on a un avocat, des spécialistes du sujet. Mais vous avez perdu sans doute votre candidate à l'élection présidentielle aujourd'hui.
Alors on n'y est pas, vous avez vu que si la voie était étroite, elle existait. Et bien sûr que nous allons mettre tous les recours et toute notre énergie et que le combat politique continue bien évidemment. Mais on peut s'arrêter deux secondes sur ce gouvernement des juges qui aujourd'hui est passé en dictature des juges. Je veux dire, ça pose une vraie question. Je pense que la France aujourd'hui est sortie du processus démocratique. La France n'est plus une démocratie ?
Ah bah écoutez, quand dans le même temps vous fermez une chaîne de télévision, quand vous essayez de mettre un ancien président de la République en prison, qu'il a un bracelet électronique, et que vous essayez de priver Marine Le Pen, la première leader d'opposition, de la réduire à néant, de l'invisibiliser, de faire en sorte qu'elle n'y aille pas, je veux dire, ces 11 millions d'électeurs que vous privez, je vous pose une question. Je pense qu'effectivement la France n'a plus aucune leçon à donner sur la scène internationale.
Mais vous allez voir, Benjamin Duhamel, vous qui êtes un observateur acéré de la vie politique, regardez un peu les gros titres, vous allez voir, sur la presse internationale. Mais nous allons être la risée du monde entier. Je rappelle aux Français, je rappelle simplement aux gens qui nous écoutent, pour que l'exécution provisoire soit motivée, il faudrait qu'il y ait un risque de réitération. Marine Le Pen n'est plus députée européenne, Marine Le Pen n'est pas chef de parti, et le constitutionnel disait jeudi dernier qu'il fallait que l'atteinte soit disproportionnée et que ça porte atteinte à la liberté de vote.
Le Conseil constitutionnel faisait une réserve d'interprétation sur la proportionnalité, mais qui avait été interprétée comme une légère ouverture quant à la décision de...
Mais ça pose une vraie question, regardez, Louis Ayo n'a pas eu, et je m'en réjouis évidemment, cette exécution provisoire. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à Perpignan, les Perpignanais ont la liberté de vote, mais les Français ne l'auraient pas. Ça pose une vraie question, et c'est en ça que je vous dis qu'on est sortis du processus démocratique.
On continue de parler, et c'est important ce que vous dites, Laure Lavalette, on va faire circuler la parole, mais voilà, les mots sont forts, et on y reviendra notamment quand on voit certaines des personnes qui aujourd'hui vous soutiennent, de Viktor Orban au Kremlin en passant par Elon Musk, on en parlera. Mais juste avant, Pascal Perrineau, sur le choc pour l'opinion, il faut bien reposer les choses. Marine Le Pen dans un sondage hier pour nos confrères du journal du dimanche, jusqu'à 37% au premier tour, certains considéraient que c'était la favorite pour 2027, elle sera sans doute, vraisemblablement, en l'état, empêchée de concourir.
Alors que, priorité au direct, pardonnez-moi Pascal Perrineau, on voit Marine Le Pen en train de sortir du siège du Rassemblement National dans le 16e arrondissement, elle va s'engouffrer dans un instant dans sa berline, on voit non seulement la foule de journalistes, mais également certains badauds qui attendaient sa sortie, voilà Marine Le Pen qui est donc en train de rentrer dans sa voiture, elle qui prendra la parole. Dans la soirée, je vous redonne la parole dans un instant, Pascal Perrineau, juste avant, Nel Alatrou, sur ce dont il était question, là, au siège du Rassemblement National. C'est quoi ? Préparer les éléments de langage politique, la riposte judiciaire ?
Les deux, les deux en même temps, il y a beaucoup de choses à préparer. Sur le plan judiciaire, d'abord la question de l'appel qui doit être déposée sous les 10 jours, son avocat précisé il y a quelques instants chez vous, Benjamin, qu'il fera appel. La question aussi de la stratégie à venir dans le combat politique, dans les mots qu'elle va utiliser, notamment dans quelques minutes, enfin dans une dizaine de minutes, sur une chaîne de télé ce soir, est-ce qu'au fond, le fait d'avoir une ligne de défense extrêmement politisée risque de nuire ou non à un appel ?
Et est-ce que ça peut nuire ou non à une volonté ou en tout cas, oui, enfin une demande d'aide, à une main tendue qu'elle enverrait à la justice pour audiencer rapidement son appel ? Puisque c'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui, Marine Le Pen, la justice a décidé une première fois de son inéligibilité, casser ou non la décision, c'est encore la justice qui devra en décider et au final elle n'est plus maître de son destin. Donc il y a ça à caler. Il y a aussi la réponse très concrètement sur le terrain, puisqu'il va y avoir un tractage dans les prochains jours, ce week-end, il me semble, et qu'il faut préparer cela.
C'est ce que fait notamment Jordan Bardella avec un certain nombre de cadres locaux. Et vous aviez raison de mettre en avant l'enjeu, rappelé par son avocat tout à l'heure, du délai d'audiencement de ce procès en appel. Pascal Perrineau, je vous redonne la parole, puisque vous avez été coupé par cette image de Marine Le Pen, sur ce séisme qui, il faut dire, prend le risque, et là encore ce n'est pas remettre en cause la décision de justice que de dire cela, mais de créer un fossé entre ce qui est parfois perçu comme une forme d'élite, à tort ou à raison, et des Français qui sont susceptibles de ne pas comprendre pourquoi Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle.
Les fossés, vous savez, sont déjà largement creusés. Alors peut-être que cette décision de justice, vis-à-vis de laquelle la candidate potentielle du Rassemblement national va faire appel, peut-être que cette décision de justice rajoute de l'huile sur le feu. Mais enfin, cataclysme, oui. Mais je voudrais faire remarquer que ce n'est pas la première fois, en l'histoire de la cinquième, qu'un premier rôle de la politique disparaît, où on lui rend la vie très difficile, à la suite d'ennuis judiciaires. Ça a été le cas pour Alain Juppé, ça a été le cas pour François Fillon, pendant la campagne de 2012, c'est le cas aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy, ça a été le cas pour Dominique Strauss-Kahn.
Donc ça n'est pas la première fois qu'il y a ce que vous appelez, en effet, un cataclysme. Et bien sûr, le Rassemblement national connaît un coup dur, la décision de justice est une décision sévère, qu'on peut considérer peut-être même comme très sévère, mais c'est une décision de justice dans un État qui reste démocratique. Je crois qu'il faut être prudent. Laissons l'excès aux hommes qui sont habitués à l'excès, c'est-à-dire le président Poutine, qui n'est pas un parangon en termes de défense de la démocratie, à M. Orban, qui n'est pas non plus un exemple dans l'Union européenne en matière de défense de la démocratie, ou à M.
Musk, qui n'est pas non plus, aux États-Unis, un parangon de défense de la démocratie. Et là, Pascal Perrineau, vous faites référence ? Si vous voulez, il faut faire attention. La démocratie confisquée, attendez, la démocratie, c'est aussi l'État de droit. Justement, c'est aussi l'autorité de la chose jugée. C'est ça aussi, la démocratie. Et c'est justement ce qu'ignorent des hommes comme Poutine, ou des hommes comme Musk, par exemple, dans la situation américaine. Ne cherchons pas à trumpiser la vie politique française. On peut bien sûr critiquer une décision de justice, mais tout est dans la nature, vous voyez, de la critique.
Réponse de Laure Lavalette, et je vous donne la parole dans un instant, Bertrand Perrier.
Je voudrais même rappeler aux Français que la présidente du tribunal ce matin a bien rappelé qu'il n'y avait absolument pas d'enrichissement personnel, qu'il n'y avait pas d'emploi fictif, qu'il n'y avait pas de corruption. Il n'y avait pas de corruption.
Imaginez quand même que 4 ans de prison, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, alors qu'il n'y a pas de corruption, pas d'enrichissement personnel, excusez-moi de vous dire que si ça, ce n'est pas partisan, quand je pense au juge qui a été jugé en septembre, qui a voulu prostituer sa fille sur Internet, qui a eu 3 ans avec sursis, excusez-moi de vous dire qu'on parlait de faussé, je peux vous dire que les Français sont très très exaspérés de cette décision politique.
Juste un mot avec vous, pardonnez-moi, la question risque de vous être posée plusieurs fois, mais là encore pour avoir un petit peu de mémoire sur ce que disait Marine Le Pen en 2014, quand elle disait que toute personne qui avait été condamnée à l'occasion de son mandat pour des faits, notamment de détournement de fonds publics, devait être inéligible à vie. Donc en réalité, il y a des propos qui valent pour les autres, mais quand ils vous concernent soi-même, ils ne valent plus ?
Alors déjà, vous tombez mal, parce que typiquement, vous savez, moi je suis toulonnaise et j'ai toujours défendu Hubert Falco, par exemple, qui a été frappé de la même exécution provisoire, et j'ai toujours trouvé ça scandaleux, j'en ai fait des communiqués de presse, pour bien dire que ça n'est pas au juge de décider qui peut se présenter. Ça n'est pas au juge de décider du casting de la prochaine élection présidentielle. Là, la présidente du tribunal vient de priver les Français du droit de voter pour Marine Le Pen, à moins qu'évidemment nous arrivions avec cette porte étroite à rétablir Marine Le Pen dans la réalité.
Eh bien alors, justement, Bertrand Perrier, sollicitons ce soir votre expertise de droit. Chemin étroit, dit Rodolphe Bosslu, pour que Marine Le Pen puisse se présenter en 2027. Quel est ce chemin-là pour que ces 5 ans d'inéligibilité à effet immédiat ne l'empêchent pas d'être candidate à l'élection présidentielle ? Le chemin est le suivant. Appel sous 10 jours, il sera fait évidemment dans les 10 jours.
Après, il faut trouver dans le calendrier de la cour, le tribunal a mis 2 mois pour juger, il faut trouver à peu près 2 mois d'audience, peut-être un petit peu moins, on ne peut pas exclure que tout le monde ne fasse pas appel, que l'audience soit un peu plus courte, mais il faut trouver 5 à 6 semaines d'audience dans le calendrier de la cour, et puis après, il faut un délibéré. Vous avez vu que là, le tribunal a mis 4 mois ou 5 mois avant de rendre son jugement, la cour mettrait peut-être un petit peu moins de temps, mais on peut tout de même imaginer que, compte tenu des conséquences cataclysmiques, la cour fasse un effort.
Ce ne serait quand même pas incroyable, compte tenu du caractère tout à fait extraordinaire de l'affaire, qu'on trouve tout de même, grosso modo, 4 mois, disons 1 mois et demi d'audience plus 2 mois et demi de délibéré, pour arriver à une décision, alors ça raccourcirait évidemment la campagne de Marine Le Pen, et surtout, elle serait dans l'incertitude de la décision de la cour. – Oui, parce que, Bertrand, ce n'est pas parce qu'un procès est audiencé rapidement que le jugement en appel est moins sévère. – Bien sûr, mais au moins, si vous voulez, en France, on a un grand principe qui est le double degré de juridiction. – On a le droit de se faire rejuger.
– Il est bien là, le scandale, maître, avec l'exécution… – Non, ce n'est pas du tout un scandale. – Ça prive Marine Le Pen, du deuxième Le Pen, je lui ai dit que…
– Pardon, mais non, ça n'est pas un scandale, c'est l'application de la loi. C'est un pouvoir dont le tribunal disposait.
– Parce que ça n'est pas motivé comme il faudrait…
– Alors, on peut contester la motivation, mais ne dites pas que ce n'est pas illégal, c'est tout à fait légal.
– Je pense quand même qu'on ne appréhende pas exactement ce soir les conséquences de cette décision de justice. Je pense qu'à plein d'égards, ne serait-ce que si Marine Le Pen était empêchée de se présenter, le gagnant potentiel serait complètement illégitime.
Laure Lavalette