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interviewCNEWS (sur YouTube)· 17 juillet 2026 4 min

L'édito d'Alexis Delafontaine : «Fontainebleau : Emmanuel Macron en pompier-pyromane»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Oui, Emmanuel Macron enfilé son costume fékiche, celui de l'homme d'État au cœur des crises remotivant ses troupes. Un véritable chef des armées, entouré de ses généraux à lunettes de soleil sur le nez et micro à la main. Ces paroles, elles sont élogeuses hein pour les pour les sapeurs pompiers qui luttent depuis 5 jours contre les flammes malgré un manque de moyens indiscutable.

Mais derrière cette mise en scène, il y a une contradiction car le véritable pompier pyoman de Fontainebleau, c'est bien Emmanuel Macron. On y revient en pompier Pyoman. Vous nous dites qu'il en est euh en en partie responsable de cette situation.

Oui, après les mégafeux qui ont ravagé la Gironde en 2022, Emmanuel Macron promet l'achat de 16 Canadaires avant la fin 2027, c'est-à-dire remplacer 12 avions vieillissants plus quatre appareils neufs. Livraison prévue 2028. Mais voilà, Patatra début 2024 à son arrivée à Matignon, Gabriel Atal doit faire 10 milliards d'euros d'économie sur ordre du président.

Résultat, 52 millions d'euros de crédits dédiés à la sécurité civile sont supprimés et les Canadaires passent à la trappe. La promesse était solennelle, chiffré, daté mais évidemment jamais réalisé. En catastrophe, le gouvernement de Sébastien Lecornu commande en juin dernier deux nouveaux Canadaes.

Problème, ils ne seront pas livrés avant 2032. 5 ans de perdu à cause des revirements politiques d'Emmanuel Macron. Jean de la Fontaine aurait sûrement tiré comme moral de cette histoire, un avion promis n'est pas un avion qui vole.

Autre promesse, le président veut rebâtir Fontainebleau avec la méthode Notre Dame. Oui. Sur place, le président annonce la création d'un guichet unique confié à la fondation du patrimoine.

Objectif recueillir 200000 € de dons. Le parallèle avec Notre-Dame est évident, mais il révèle surtout deux défaillances. La première, celle d'un état obèse qui prélève 610 milliards d'euros par an sans être capable de financer seul la reconstruction d'un patrimoine national.

La seconde, elle est encore plus frappante. Reconstruire Notre Dame fut possible uniquement grâce à la suspension des normes qui paralysent les chantiers en général. Or à Fontainebleau, ces mêmes normes freinent depuis des années l'ouverture des parfeux, le débroussaillage ou encore la création de pistes forestières pour faciliter l'accès des pompiers.

Autrement dit, on répare ce que l'on n'a pas voulu prévenir et finalement cette gestion jour le jour coûte beaucoup plus cher. Oui, énormément plus cher. Emmanuel Macron reconnaît lui-même, cette saison des feux est la pire et le pire épisode depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et tout démontre qu'investir en prévention aurait coûté beaucoup moins cher que réparer dans l'urgence.

Les Canadiens, tiens, par exemple, faute d'avoir renouvelé sa flotte, la France est aujourd'hui contrainte de louer six avions à ses voisins européens. Les autres investissent, nous et bien nous payons. Même constat pour les drones de surveillance, plusieurs pays les utilisent déjà.

En France, les députés ont voté contre. Ajouter à cela les sinistrés et la fermeture de l'autoroute à 6. En plein départ de vainc, la préparation finit toujours par coûter plus cher que la prévention.

Et alors sur place, Emmanuel Macroix a lancé, semble-t-il, une nouvelle promesse. Oui, le président promet désormais une tolérance zéro contre les pyomanes, mais les français et bien, ils connaissent la chanson par cœur. De la tolérance zéro.

Oui, sur pas tous les sujets. Oui. Après chaque drame, chaque émeuc, chaque fait d'hiver, le même refrain.

Fermeté, tolérance zéro, réponse implacable. Puis l'émotion retombent, les semaines passent et bien souvent les décisions de justice donnent le sentiment inverse. Et des animateurs périscolaires au meurtrier de Chemsedine en passant par les émeutes après la victoire du PSG, tous finissent en liberté.

À force de répéter les mêmes promesses sans les épliquier, la parole présidentielle finit par perdre sa valeur.