Flore Benguigui, faire entendre un autre jazz
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Vous nous jouez un morceau ce matin de l'album que vous avez composé avec The Sensible Notes ?
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Qui était Maria Graeveur ?
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Vous aviez à cœur de faire connaître des femmes de l'histoire de la musique dont ceux qui l'ont écrite cette histoire n'ont pas retenu les noms.
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Pas de rire et cordes comme on dit dans le jargon, vous avez fait le plus spontané possible.
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Ça vous change des tournées et des enregistrements disco pop avec le groupe L'Impératrice, vous avez tourné pendant 9 ans avant de le quitter en 2024.
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Le jazz c'est un autre rapport à la musique, aux aspérités ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:33InvitéFait
« Maria Graeveur, c'était une autrice-compositrice mexicaine qui a écrit énormément de morceaux et qui a été même la première femme mexicaine à avoir un numéro 1 mondial dans les années 50. »
- 2:46InvitéFait
« Parce qu'elle avait écrit un standard de jazz qui s'appelle What a Difference a Day Makes. »
- 7:29InvitéFait
« ça s'appelle la phonie psychogène, ce que j'ai vécu et ça a duré presque deux ans »
- 7:38InvitéFait
« c'est-à-dire qu'il y a des femmes, c'est souvent des femmes, qui vivent des traumatismes et qui après ne sont plus en capacité de parler »
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France Culture Les matins d'été, Julie Gacon Flore Benguigui s'est installée dans le studio avec son synthétiseur. Bonjour Flore Benguigui. Bonjour. Vous nous jouez un morceau ce matin de l'album que vous avez composé avec The Sensible Notes. L'album s'appelle I330, c'est une reprise de Maria Graeveur, Yano Mechieres.
Non t'accordes de mi, y por no hacerme sufrir, que ya prefieres, se has encontrado, por que me hiere, no se que diera, y por pensar otra vez, quiero fundir nuestros docehers de mi me quiera.
Oui Flore Benguigui, en direct du studio 342 de la maison de la radio où le temps s'est suspendu un instant. Vous aviez interprété Yano Mechieres, c'est une reprise de Maria Graeveur. Qui était Maria Graeveur ?
Maria Graeveur, c'était une autrice-compositrice mexicaine qui a écrit énormément de morceaux et qui a été même la première femme mexicaine à avoir un numéro 1 mondial dans les années 50. Parce qu'elle avait écrit un standard de jazz qui s'appelle What a Difference a Day Makes. Peut-être que vous connaissez qui est vraiment un standard de jazz très connu, qui était un morceau espagnol à la base. Donc c'est une femme vraiment extrêmement inspirante et qui est trop peu connue. Donc j'avais envie de faire un peu découvrir sa musique.
Elle avait 20 ans d'écart avec Frida Kahlo, on ne sait pas si elles se sont rencontrées. Vous aviez à cœur en tout cas, vous avez à cœur de faire connaître des femmes de l'histoire de la musique dont ceux qui l'ont écrite cette histoire n'ont pas retenu les noms. C'est un extrait de votre album I330, donc 12 morceaux que vous avez enregistrés en 5 jours et en groupe avec The Sensible Notes. Pas de rire et cordes comme on dit dans le jargon, vous avez fait le plus spontané possible.
Oui, ce morceau-là il ne figure pas dans l'album, mais sinon oui, quand on a enregistré ce disque, l'idée c'était d'avoir quelque chose d'assez instantané, d'assez imparfait en fait. Parce que c'est vrai que le jazz c'est quand même aussi beaucoup une musique de l'imperfection et c'est là où surgissent les belles choses en général.
Ça vous change des tournées et des enregistrements disco pop avec le groupe L'Impératrice, vous avez tourné pendant 9 ans avant de le quitter en 2024. Le jazz c'est un autre rapport à la musique, aux aspérités ?
Oui, oui, complètement, c'est quelque chose qui m'a fait beaucoup de bien. C'est vrai que j'ai toujours fait du jazz, j'ai commencé par le jazz et même quand j'étais dans L'Impératrice, j'avais une résidence dans un club de jazz parisien, le Bézé Salé.
Rue des Lombards, pendant 11 ans, jusqu'en 2025 et donc c'est vrai que j'aimais beaucoup revenir, même quand j'allais en tournée un peu partout avec l'Impératrice, j'aimais beaucoup revenir au jazz très régulièrement parce qu'effectivement c'est un endroit où il y a beaucoup plus de liberté et pas seulement musicale et c'est vraiment un lieu d'épanouissement pour moi, ce qui peut être un peu paradoxal parce que c'est aussi une musique très exigeante.
C'est exigeant le jazz, ça laisse de la place à l'aspérité, aux imprévus mais c'est très exigeant. Et dans cet album, vous reprenez des morceaux des années 30 à 60, des standards comme des morceaux que même les plus jazzophiles ne connaissent pas nécessairement, il y en a pour tout le monde, j'allais dire encore faut-il aimer le jazz mais en fait non.
Non, non, justement c'était l'idée parce que je pense qu'il y a plein de gens qui ne connaissaient pas ma facette jazz parce que de fait il n'y avait rien d'enregistré, il fallait venir me voir chanter Rue des Lombards et je voulais rendre ça plus accessible et aussi que ce soit pour montrer que le jazz était une musique finalement qui pouvait être aussi très simple, très accessible. Moi je ne fais pas du jazz de virtuose, je fais vraiment cette musique-là parce qu'elle me touche et elle m'amuse aussi parce qu'on s'est beaucoup amusé quand même à l'enregistrer.
Vous utilisez ici un vocodeur, là un arpégiateur de synthé en plus des instruments acoustiques du jazz donc vous brouillez les pistes et ça vous amuse ?
Oui, de toute façon le synthé est né même au même moment que le jazz donc les synthés existaient déjà mais ils n'étaient pas trop utilisés dans les années 30 bizarrement aussi parce que c'était des machines beaucoup plus encombrantes qu'aujourd'hui là où je suis venue vraiment avec mes tout petits synthétiseurs mais oui j'aime bien l'idée de mélanger les genres, les codes, utiliser un vocodeur pour chanter un morceau des années 30 oui je pense que ça n'a pas beaucoup été fait et surtout c'est intéressant parce que ça crée des ponts entre des époques, des machines même si le vocodeur, rappelons-le, a été inventé dans les années 30 donc finalement ce n'est pas si anachronique que ça.
Vous chantez aussi une reprise de Barbara, Dit quand reviens-tu, que vous avez beaucoup ralenti Dit quand reviens-tu, c'est un thème assez classique des chansons de jazz chantées par des femmes dans l'histoire du jazz c'était le clarinettiste Tony Scott qui disait quand Ella Fitzgerald chante mon homme est parti, on sait qu'il est descendu chercher des cigarettes et qu'il va revenir quand c'est Billie Holiday, on sait qu'il ne reviendra pas la voix de Billie Holiday, Flore Benguigui qui s'est peu à peu nouée, qui s'est éraillée, qui s'est embrumée ça vous touche ?
Oui bien sûr, elle fait partie de ces grandes chanteuses de jazz et Billie Holiday je pense transperce d'autant plus qu'elle a eu une histoire absolument tragique du fait d'être une femme noire à cette époque et oui, après je pense que franchement Ella Fitzgerald me transperce également quand elle chante que sont dans mes parties, je pense que vraiment à leur manière, à leur façon chacune elles ont des qualités exceptionnelles
C'était le bon mot de Tony Scott sur les voix de ces deux grandes du jazz mais si je vous parlais de Billie Holiday c'est parce que vous-même vous dites souvent que vous avez une petite voix vous avez perdu votre voix aussi pendant un moment donc c'est cette voix par laquelle passe tant d'émotions et tant d'histoires
Oui, la voix c'est l'instrument de nos émotions, c'est notre corps donc c'est vraiment un lien direct avec ce qui se passe à l'intérieur et quand le lien est rompu et qu'on va mal, chanter devient très difficile ça s'appelle la phonie psychogène, ce que j'ai vécu et ça a duré presque deux ans et c'est quelque chose qui existe aussi pour la parole c'est-à-dire qu'il y a des femmes, c'est souvent des femmes, qui vivent des traumatismes et qui après ne sont plus en capacité de parler et de moi il m'est arrivé la même chose mais pour le chant
et parce que vous racontez souvent ces pressions de l'industrie du pop-rock pour le dire très vite, qui ont été très difficiles à supporter pendant vos années de tournées d'où ce retour au jazz d'une certaine façon Billie Holiday aussi d'ailleurs a enregistré chez Descaricords qui produit votre album I330 c'est le titre de votre album c'est le nom d'une machine que votre sœur et des femmes, architectes et scénographes ont conçue pour vous vous nous la décrivez cette machine parce que vous n'avez pas pu venir avec tout l'attirer
non, je ne l'ai pas ramenée aujourd'hui parce qu'elle est un petit peu encombrante et longue à installer mais oui, c'est une machine que ma sœur Fanny a conçue et qui en fait rassemble mes synthétiseurs, mon vocodeur, des effets, un synthé vidéo et elle a mis tout ça dans une espèce de structure en bois et en métal absolument magnifique et c'est un objet qui brouille les époques et les styles et je trouvais ça chouette de pouvoir ressentir visuellement ce que le projet raconte de façon musicale
Merci Flore Benguigui, vous serez vous et The Sensible Notes et votre machine demain au festival Rosa Bonheur au château de Rosa Bonheur en Seine-et-Marthe à Tomry après-demain dimanche au rendez-vous de Lerdre à Carcofon-Loire-Atlantique et puis des dates à partir de septembre à Lille, Nancy et Paris que nous mettons sur le site des matins d'été Merci beaucoup d'être venus clore ces étés du mois d'août et du juillet avec nous Merci beaucoup Merci Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Radio-Canada