Villepinte - Choisir la France: Discours de Nicolas Dupont-Aignan
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mes chers compatriotes, aujourd'hui, nous avons à Villepinte rendez-vous avec l'histoire, avec l'histoire de France, avec la grande histoire de France, celle d'un peuple libre, d'un peuple fort, d'un peuple juste. Dimanche, les Français devront choisir leur destin. Jamais, jamais, jamais, depuis la fondation de la Ve République, un second tour n'aura été aussi décisif pour notre avenir. Jamais, jamais un second tour n'aura été aussi important pour la vie de tous les jours, de chaque Française, de chaque Français. La question, la question est simple.
Allons-nous vraiment continuer 5 ans de plus avec ceux qui depuis 20 ans ont enchaîné notre pays, ont abîmé notre société et ont tant fait souffrir les Français ? La question est simple. Allons-nous enfin reprendre notre destin en main ? Car ne vous trompez pas, ne vous trompez pas, élire Emmanuel Macron, ce François Hollande junior, immature et agité, reviendrait à enfermer définitivement la France dans la prison de l'Union Européenne. Une Union Européenne qui n'a rien à voir, qui n'a rien à voir avec la belle Europe que nous voulons construire, celle des nations libres et des projets concrets.
Vous le savez, vous le savez, élire Emmanuel Macron, c'est soumettre notre pays aux puissances d'argent et c'est se résigner à la pire régression sociale depuis la libération. Élire Emmanuel Macron, c'est dire adieu à nos valeurs, à nos terroirs, à notre identité, à la culture française dont il ne reconnaît d'ailleurs même pas l'existence. Enfin, élire Emmanuel Macron, vous le sentez bien, c'est mettre le doigt dans l'engrenage d'une fausse démocratie où le pouvoir du peuple est confisqué par celui des lobbies et des commissaires européens. Alors oui, oui, entre la finance et la France, il faut choisir.
Je n'aurais, je n'aurais jamais pu, jamais pu me regarder dans le miroir de l'histoire de France s'il avait manqué une seule voix pour gagner dimanche. J'ai donc, j'ai donc, attendez la suite. J'ai donc, attendez la suite. J'ai donc, attendez la suite. Vous ne savez pas encore la réponse. Est-ce que vous connaissez la réponse ? J'ai donc choisi la France. J'ai choisi Marine. J'ai fait, j'ai fait ce choix, j'ai fait ce choix, j'ai fait ce choix en conscience. Je l'ai fait en pensant d'abord aux larmes des ouvriers dont les usines ont été délocalisées. Je l'ai fait, je l'ai fait, chut, chut, chut, soyez un peu plus sages.
Je l'ai fait, je l'ai fait en souvenir, oui, en souvenir de la douleur des enfants d'une agricultrice que je connaissais qui s'était pendue dans sa grange. Je l'ai fait pour ces commerçants, ces artisans étouffés de charges et d'impôts, obligés de mettre la criée sous la porte pour payer le RSI. Je l'ai fait pour ces femmes qui rentrent le soir après une journée de travail à rassemble dans les transports et qui rentrent dans leur cité la peur au ventre. Je l'ai fait pour ces jeunes talents, nos enfants, obligés de quitter leur patrie, leur famille, pour trouver du travail à l'étranger.
Car derrière les mauvaises décisions de ceux qui nous ont gouvernés depuis 20 ans, il y a la peine, il y a la douleur, il y a les drames des femmes et des hommes de notre nation. Alors oui, toute ma vie politique, avant chaque décision importante, je me suis posé une seule question, une seule question, la seule que devraient se poser chaque Française et chaque Français dimanche. Est-ce bon pour la France ? Au lendemain, au lendemain du premier tour, je ne pouvais pas me dérober vis-à-vis des prêts de 2 millions de Français qui m'avaient fait confiance au premier tour. Je ne le pouvais pas tout simplement, tout simplement, car les Français dans l'isoloir ne le pourront pas.
Il leur faudra bien choisir, choisir non pas entre deux parties, mais entre deux personnalités, deux projets, deux destinées pour le pays radicalement différente. Alors bien sûr, il y a les peureux, les trouillards, qui hésitent, qui tergiversent, qui fuient comme des généraux, abandonnant leurs soldats sur le champ de bataille devant les ennemis. Il y a aussi, vous les connaissez bien depuis si longtemps, les traîtres, comme les dirigeants des Républicains, qui après avoir tant combattu et critiqué Emmanuel Macron, se sont couchés devant lui à 20h15 dimanche dernier.
Je n'imagine, je n'imagine pas un instant, Philippe Séguin ou Charles Pasqua trahir à ce point des millions d'électeurs pour sauver leur peau plutôt que sauver la France. Je suis fier, je suis fier de mon choix. Merci d'ailleurs aux Français de tous horizons qui, depuis vendredi, me félicitent pour ce geste d'union des patriotes et des Républicains. Mais, mais, la violence, la violence des insultes, les menaces d'une minorité de petits fascistes gauchistes de la pensée unique me confortent aussi dans mon choix. Me confortent aussi dans mon choix.
À court d'arguments, devant l'échec de leur politique, le ridicule de leur coalition, de Jean-Pierre Raffarin et Edith Cresson en passant par Robert Rue, ils en sont réduits, ils en sont réduits à me salir, mais venant d'eux, c'est un honneur. Monsieur Macron, monsieur Macron, d'ailleurs, ne peut pas imaginer que l'eau se batte juste pour des idées, puisqu'il n'en a aucune. En vérité, en vérité, ma chère Marine, ils sont jaloux. Ils sont jaloux de notre sincérité, de votre sincérité. Ils sont jaloux de notre cohérence, de votre cohérence. Ils sont jaloux de notre énergie positive, de votre énergie positive.
Ils sont, ils sont d'autant plus furieux, ils sont d'autant plus furieux que désormais, c'en est définitivement fini du piège mitterrandien de la division des patriotes. Depuis tant d'années, depuis tant d'années, une minorité socialiste se maintient au pouvoir et impose à une majorité de Français une politique qu'ils refusent au fond d'eux-mêmes. La réconciliation aujourd'hui, à Villepinte, de tous ceux qui croient en la France est amorcée. C'est ça le geste. Une réconciliation ne veut pas dire une fusion, car nos différences sont notre richesse au service d'un même idéal.
Et en étant ici parmi vous, je le dis franchement, je ne renonce en rien à ce que j'ai dit, à ce que j'ai fait, à ce que je suis. Gaulliste, humaniste, républicain. Mon grand-père était l'un des premiers aviateurs de la Grande Guerre. Il risquait sa peau à chaque vol. Mes parents ont combattu et étaient des Français exemplaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils m'ont appris, ils m'ont appris à toujours faire passer l'intérêt national avant son intérêt personnel. Ils m'ont appris, ils m'ont appris à ne jamais transiger sur nos valeurs nationales et républicaines, le respect de la dignité humaine, la volonté de rassembler les Français, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent.
Ce sont ces valeurs que porte et que continuera à porter Debout la France, mon mouvement politique, un parti indépendant et qui le restera, construit pas à pas dans l'épreuve. Après mon départ de l'UMP en 2007, lorsqu'avec les socialistes, le gouvernement de l'époque a trahi au Parlement le vote du peuple, le vôtre, le nôtre, au référendum de 2005. J'appelle d'ailleurs les républicains, mais aussi tous les autres qui ne veulent pas devenir socialistes, à l'image de leurs petits chefs qui soutiennent Emmanuel Macron, à nous rejoindre. Oui, la vie politique est diverse et c'est justement l'addition de ces différences qui fait la force aujourd'hui de notre dialogue patriote et républicain.
L'échange que j'ai pu nouer avec Marine pour enrichir le projet présidentiel est la preuve de sa capacité à devenir une grande présidente de rassemblement. Je suis lui aussi ému et conscient de la grande responsabilité qu'elle a décidé de me confier une fois élue. Et je le dis aux Français qui nous regardent, nous sommes désormais unis, non pas seulement pour gagner, mais pour gouverner et pour bien gouverner au service de tous les Français. Car oui, nous allons gagner. Car oui, grâce à vous, de dimanche, l'enjeu de 2017, c'est de sauver la France, de la reconstruire patiemment avec sérieux mesures, calme et détermination.
Le devoir du Premier ministre sera d'additionner les personnalités sincères qui veulent nous rejoindre, de démultiplier les énergies pour redresser en profondeur notre pays. Ma méthode, se concentrer sur les enjeux essentiels pour s'attaquer enfin aux racines des problèmes qui n'ont pas été traités depuis 20 ans dans notre pays. Alors oui, oui, il faudra en priorité libérer nos TPE, nos PME, nos artisans, nos indépendants du poids des charges pour relancer l'emploi. En priorité, baisser les impôts pour augmenter le pouvoir d'achat des Français et notamment des retraités. Il faudra remettre en marche l'ascenseur social par la récompense du mérite, de l'effort à l'école comme au travail.
Il faudra projeter la France dans le 21e siècle en investissant massivement dans la recherche. Il faudra restaurer l'état régalien pour contrôler nos frontières et soutenir nos policiers et nos gendarmes. Bien évidemment, tout cela ne sera possible qu'en retrouvant notre belle indépendance nationale. Tout cela ne sera possible qu'en se libérant de cette prison, de cette mauvaise Union européenne pour rebâtir la seule Europe qui peut marcher, celle de nations libres qui coopèrent entre elles sur des projets très concrets.
Alors oui, dans l'esprit de celles d'Ariane, d'Airbus, d'Erasmus, il y a tant de domaines d'avenir où nous pouvons travailler en toute liberté avec nos amis italiens, allemands, espagnols ou anglais. Je pense notamment à la lutte contre le cancer, à la maladie d'Alzheimer, je pense à la transition énergétique, à la voiture de demain ou encore au grand défi du développement de l'Afrique sans lequel nous ne pourrons pas maîtriser nos flux migratoires. Alors oui, pour conclure, la France est une grande nation qui va réveiller pour le meilleur les peuples d'Europe. Une grande nation qui va à nouveau parler d'une voix forte et libre au monde entier.
Marine, les Français sont impatients de nous voir au travail. Dimanche, dimanche, chaque Française, chaque Français, avec son petit bulletin de vote, aura dans la main, dans sa main, l'avenir de nos enfants. Ne l'oubliez jamais. Françaises, Françaises, dites non à cette France low cost, à cette France soumise, à cette France du conflit d'intérêts permanents, à cette France de la souffrance collective, dites non à la petite France d'Emmanuel Macron. Françaises, Françaises, dites oui à la grandeur de la France, dites oui à la France libre, dites oui à la France forte, dites oui à la France juste, que nous voulons avec Marine rendre aux Français.
Dimanche, grâce à vous tous, ensemble, la France sera à nouveau debout. Vive la République, vive la France.
Nicolas Dupont-Aignan