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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 5 septembre 2013 6 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Marine Le Pen : pourquoi il faut dire non à la guerre en Syrie !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13PrésentateurFait
    « aujourd'hui avec le conflit syrien, François Hollande se comporte comme un vassal des Etats-Unis, comme Nicolas Sarkozy avant lui sur le dossier libyen. »
  • 0:20PrésentateurFait
    « Le président de la République semble devenu le meilleur agent de Washington, prêt à foncer tête baissée pour satisfaire ses maîtres américains »
  • 0:49PrésentateurFait
    « L'ONU elle-même, par la voix de son secrétaire général Ban Ki-moon, nous avertit des risques d'une telle intervention et nous invite à la prudence. »
  • 1:05PrésentateurFait
    « De nombreux pays arabes, la Russie et la Chine aussi, bien entendu, ne comprennent pas l'empressement français à se mettre dans les pas de Barack Obama. »
  • 1:13PrésentateurFait
    « le président américain s'est permis de considérer l'engagement de la France comme quantité négligeable en annonçant que tout dépendrait du vote du Congrès américain »
  • 1:21PrésentateurFait
    « L'erreur majeure de François Hollande a été de coller à la doctrine purement américaine de la ligne rouge. »
  • 1:55PrésentateurFait
    « Je rappelle qu'il y a quelques mois, Carla Del Ponte, commissaire de l'ONU, disait que les rebelles avaient utilisé des armes chimiques. »
  • 2:07PrésentateurFait
    « les rebelles, tels qu'on les appelle, sont en réalité dominés par les islamistes radicaux, alliés d'Al-Qaïda »
  • 2:17PrésentateurFait
    « Ce serait une faute grave de les mettre au pouvoir comme nous l'avons fait en Libye, avec les conséquences dramatiques que l'on sait. »
  • 2:33PrésentateurFait
    « Ce serait installer dans ce pays la charia, provoquer la balkanisation du pays, faire gravement reculer les droits des femmes, mais aussi celui des chrétiens et de toutes les minorités. »
  • 2:46PrésentateurFait
    « Quelle sera l'attitude de l'Iran ? Et quelles conséquences pour le Liban, pour ses habitants, pour nos soldats qui, nombreux, y sont positionnés ? »
  • 2:58PrésentateurFait
    « nous n'avons pas à intervenir dans ce qui est une guerre civile de surcroît en toute illégalité avec le droit international et les règles de l'ONU. »
  • 3:44PrésentateurFait
    « une diplomatie qui contribue à la grandeur de la France, celle qui permet à la France, comme elle l'a fait encore en 2003 avec le nom de Jacques Chirac à la guerre en Irak, d'emmener derrière elle des dizaines de pays dans le monde, de se poser en leader. »
  • 4:23PrésentateurFait
    « C'est elle, par la bouche de Nicolas Sarkozy, qui réclame depuis un an que la France intervienne en Syrie. »
  • 4:37PrésentateurFait
    « Parce qu'il n'y a pas plus atlantiste, pas plus soumis à Washington, pas plus anti-gaulliste aujourd'hui que l'UMP. »

Temps de parole

  • Présentateur98 %

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Présentateur

Mes chers compatriotes, il est bien loin le temps de la diplomatie française. Le temps où nos dirigeants avaient à cœur de défendre la voix particulière de la France et la grandeur de son message dans le monde. Aujourd'hui avec le conflit syrien, François Hollande se comporte comme un vassal des Etats-Unis, comme Nicolas Sarkozy avant lui sur le dossier libyen. Le président de la République semble devenu le meilleur agent de Washington, prêt à foncer tête baissée pour satisfaire ses maîtres américains et à engager la France dans une aventure pour le moins hasardeuse.

Cette petite diplomatie, cette diplomatie de l'émotion, des objectifs obscurs et de l'asservissement, conduit notre pays à s'isoler sur la scène internationale. Aucun de nos alliés en Europe ne nous suit dans ce jeu dangereux et aveugle qui consiste à vouloir taper coûte que coûte sur la Syrie. L'ONU elle-même, par la voix de son secrétaire général Ban Ki-moon, nous avertit des risques d'une telle intervention et nous invite à la prudence. De nombreux pays arabes, la Russie et la Chine aussi, bien entendu, ne comprennent pas l'empressement français à se mettre dans les pas de Barack Obama.

La situation est d'autant plus humiliante pour notre pays, que le président américain s'est permis de considérer l'engagement de la France comme quantité négligeable en annonçant que tout dépendrait du vote du Congrès américain qui finalement décidera de tout, y compris une intervention ou non de la France. L'erreur majeure de François Hollande a été de coller à la doctrine purement américaine de la ligne rouge. Ce n'est pas nous qui avons indiqué que l'usage d'armes chimiques, s'il était avéré, constituerait une raison automatique pour frapper la Syrie. Nous n'avons donc pas aujourd'hui à nous plier à cette doctrine.

Et ce n'est certainement pas à nous aujourd'hui de nous livrer à ce concours international consistant à fournir des preuves que le régime de Damas serait bien responsable. Je le dis clairement, que l'usage d'armes chimiques soit ou non avéré en Syrie et quel que soit le camp responsable. Je rappelle qu'il y a quelques mois, Carla Del Ponte, commissaire de l'ONU, disait que les rebelles avaient utilisé des armes chimiques. Il n'est pas dans l'intérêt de la France d'intervenir dans ce pays. Pourquoi ?

D'abord parce que nous savons que les rebelles, tels qu'on les appelle, sont en réalité dominés par les islamistes radicaux, alliés d'Al-Qaïda, ceux-là même que nous sommes allés combattre au Mali. Ce serait une faute grave de les mettre au pouvoir comme nous l'avons fait en Libye, avec les conséquences dramatiques que l'on sait. Ce serait installer dans ce pays la charia, provoquer la balkanisation du pays, faire gravement reculer les droits des femmes, mais aussi celui des chrétiens et de toutes les minorités. Ensuite parce qu'une intervention en Syrie mettrait le feu aux poudres dans une région qui est éminemment instable. Quelle sera l'attitude de l'Iran ?

Et quelles conséquences pour le Liban, pour ses habitants, pour nos soldats qui, nombreux, y sont positionnés ? Je rappelle aussi d'une manière plus générale que nous n'avons pas à intervenir dans ce qui est une guerre civile de surcroît en toute illégalité avec le droit international et les règles de l'ONU. Combien de conflits de ce genre aurions-nous à régler si nous décidions d'intervenir chaque fois qu'un pays s'entre-déchire ? Et qu'on ne vienne pas me dire que je serai insensible à la situation du peuple syrien parce qu'il y a toujours dans ce domaine deux poids, deux mesures.

Ce que je ne supporte pas, si je suis sensible à la douleur du peuple syrien, je le suis tout autant à celle des chrétiens massacrés au Nigeria, ceux qui n'émeut étrangement personne, à celle des soudaines et victimes d'hécatombes dans l'indifférence générale depuis des années, à celle des opposants politiques emprisonnés et torturés dans les eaux des pays communistes, etc. La liste est très longue. J'oppose aujourd'hui à la petite diplomatie, à l'atlantisme et au suivisme de François Hollande, une diplomatie forte, libre et indépendante.

Je défends une diplomatie qui contribue à la grandeur de la France, celle qui permet à la France, comme elle l'a fait encore en 2003 avec le nom de Jacques Chirac à la guerre en Irak, d'emmener derrière elle des dizaines de pays dans le monde, de se poser en leader. La France ne sera pas entendue. La France ne pèsera. La France ne sera forte que lorsqu'elle retrouvera le courage de parler comme elle l'entend, de parler conformément à ses intérêts et à ses seuls intérêts. L'UMP aussi, aujourd'hui, est à milieu de cette grande diplomatie que j'appelle de mes voeux. Mais voyez-vous, l'UMP est très ennuyée par l'attitude de François Hollande, pour une raison simple.

C'est elle, par la bouche de Nicolas Sarkozy, qui réclame depuis un an que la France intervienne en Syrie. C'est l'UMP, c'est Nicolas Sarkozy, qui pousse depuis un an à commettre les mêmes erreurs dans ce pays que celles dont l'ancien président a été responsable en Libye. Parce qu'il n'y a pas plus atlantiste, pas plus soumis à Washington, pas plus anti-gaulliste aujourd'hui que l'UMP. Alors c'est l'UMP est en action. Une fois de plus, l'UMP est prise de court, comme sur tant d'autres sujets. Ce que Nicolas Sarkozy rêvait de faire, c'est François Hollande qui le fait.

Et pour tenter de masquer cela, pour continuer de faire croire aux Français qu'il y aurait des différences entre l'UMP et l'EPS, on nous fait à nouveau le coup d'une petite diversion. Cette fois-ci, la question qui agite le débat, c'est « Faut-il ou non que le Parlement vote la guerre en Syrie ? » Mais cette question est parfaitement annexe. C'est de la poudre aux yeux. Notre Constitution dit très clairement que la question ne se pose pas. Non, la réalité, c'est que l'UMP a peur de dire clairement son soutien à François Hollande. Alors je vous le demande très clairement. Dans l'intérêt de la France, dites non à la guerre en Syrie.

Faites en sorte que la France retrouve une voie, cette voie tant attendue dans le monde, mais qui s'est éteinte depuis 2007.

5:33
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.