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interview28 minutes - ARTE· 15 juin 2026 23 min

Quelles réponses proposer face aux pédocriminels ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Après le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire, après la mort de Liana, 11 ans, tué par un pédophile récidiviste présumé, la France découvre l'ampleur du phénomène de la pédocriminalité. [musique] 70000 plaintes pour viol ou agression sexuelle sur mineur sont actuellement en attente de traitement, sans compter toutes les victimes qui ont gardé le silence. Justice nulle part.

Leur partout. Justice nulle part. Comme lundi dernier, des associations appelaient à manifester ce soir.

Elles réclament une loi intégrale qui engloberait la prévention et le traitement judiciaire. [musique] La présidente de l'Assemblée nationale souhaite que le texte soit rapidement mis à l'ordre du jour du Parlement pour éviter une nouvelle affaire. Liana, cette affaire, elle a saisi d'effroid la nation et ce drame, il faut qu'il puisse être utile mais nous être utile collectivement.

Le débat sur les défaillances judiciaires et la prise en charge des pédriminels est aujourd'hui relancé. Des candidats à la présidentielle se sont emparés du sujet. Bruno Retaillot préconise d'imposer la castration chimique.

Gabriel Atal, lui estime qu'il faut traiter les prédateurs sexuels comme des terroristes, notamment en les fichant. On a pour le terrorisme évidemment des services de renseignement dédiés. Il faut qu'on ait de la même manière un service de renseignement dédié à la pédocriminalité.

Il doit y avoir un suivi qui ne s'arrête jamais. Mais au-delà [musique] des sanctions, comment détecter et prévenir les passages à l'acte ? Depuis 2021, un numéro d'écoute anonyme et gratuit permet de porter assistance à des personnes attirées par les enfants comme cet homme qui témoigne.

Tous les gardes fous que j'avais mis en place, toutes les barrières étaient totalement en train de tomber. Euh et du coup, je sentais que j'allais potentiellement devenir peut-être dangereux. Alors, comment repérer éviter les passages à l'acte ?

Faut-il renforcer la loi pour sanctionner davantage ? De quelle réponse dispose-ton face au pédo criminel ? On voir ce qu'on pense nos trois invités.

Maître Marie Grimau, bonsoir. Vous êtes avocate pénaliste, spécialiste des violences faites aux enfants. Vous êtes l'avocate des partis civiles dans l'affaire Joël le Squarnec et l'avocate de plusieurs affaires d'agression sexuelle sur mineur dans le périscolaire.

Et vous considérez que les peines appliquées aux pédo criminels ne sont pas à la hauteur de la gravité de leurs actes ? Cette réponse pénale très faible, trop faible, leur donne un sentiment à priori d'impunité ou de toute puuissance. À côté de vous, professeur Antoine Péolo, bonsoir.

Psychiatre, chef de service au CHU Henry Mondor de Créteil. Vous êtes aussi le premier adjoint au maire de Créteille. Vous avez publié le 19 mai dernier une tribune dans le quotidien du soir le monde soulignant la nécessité de lever un tabou anthropologique majeur.

Vous allez nous expliquer pourquoi et vous estimez que le plus important est d'éviter les premiers passages à l'acte. Cela suppose de développer une information auprès du grand public pour que les personnes concernées par la pédophilie osent en parler à un professionnel. Et à côté de vous Letitia Onona.

Bonsoir. Documentariste, spécialiste du traitement judiciaire des violences sexuelles. Vous avez réalisé le documentaire, un documentaire pour notre chaîne Pédocriminel, la traque à retrouver sur la plateforme TV.

Et selon vous, pour les individus qui ont une attirance sexuelle pour les enfants, il faut impérativement un traitement au long cours. Il ne peut pas y avoir de réinsertion sans les soins qui vont avec, mais a priori, c'est un angle mort absolu, on n'en parle pas. Et on démarre avec le mot du jour.

Benjamin fiche AS pour agresseur sexuel, c'est la proposition de loi d'Antoine Vermorel, député et vice-président des Républicains sur le modèle des fiches S contre les personnes représentant une menace pour la sûreté de l'État, notamment la menace terroriste. Maître Marie Grimaot, est-ce que ça vous paraît pertinent ce nouveau type de fiche AS ? Non, c'est un gadget euh et un gadget totalement démagogique.

Euh aujourd'hui, il y a quand même plusieurs systèmes de fichage euh qui sont prévus par la justice. Ce qui nous manque, c'est euh du temps et des moyens pour pouvoir les consulter, pour pouvoir mettre en perspective l'ensemble des informations qui existent dans un dossier. Pour euh expliquer les choses très simplement, aujourd'hui, il existe différents fichiers, le fijace, le tage, d'autres fichiers que la police peut avoir.

Quand un dossier arrive, c'est pas le premier acte qu'ils vont faire d'aller regarder s'il y a des antécédents ailleurs dans d'autres dans d'autres fichiers. Toute la difficulté, c'est l'impossibilité de prendre en charge réellement posément un dossier et faire les actes qu'ils ont l'habitude de faire. H c'est tout et l'alourdissement des peines, est-ce que c'est nécessaire puisqu'on évoque justement les les c'est nécessaire dans le message que ça donne euh aujourd'hui il s'agit pas de faire du tout carcéral mais on ne peut plus accepter des peines avec surcis.

Le message n'est pas le bon et nous avons trop vu des états de récidives avec et d'ailleurs notamment concer monsieur le Squarnec qui a dit en plein procès que la première peine qu'il avait eu c'était une forme d'encouragement à continuer. H alors il y a quelque chose que vous soulevez Latitia Onona, c'est la pédocriminalité en ligne et je crois que les chiffres et le constat sont absolument affolants. C'est affolant, c'est vertigineux, ça prend en tout cas ça permet de prendre la mesure de l'ampleur du phénomène.

La pédocriminalité sur internet, c'est juste l'extension d'un phénomène qui existe depuis très très longtemps. C'est juste l'accessibilité qui est absolument là, très présente et la normalisation d'un comportement. Donc quand on parle de prévention de pédocriminalité, ça touche aussi cette question là, c'est que si le corps social ne s'occupe pas des personnes qui sont attirées sexuellement par des enfants, le darknet, les forums Internet vont s'en occuper.

Vous dit des dizaines de signalements à la brigade des mineurs de Nanter par jour. Ah l'office mineur de Nanter c'est 900 par jour. 900 par jour de téléchargement de pédo pornographiqué.

Oui oui oui. Enfin moi j'ai la première fois que je me suis intéressé au sujet, j'ai vu une carte du du téléchargement en temps réel de contenu pédocriminel en France et sur Paris et j'ai vu des points rouges s'allumaient absolument partout sur la carte et c'était un mercredi à 16h et ça s'allumait absolument partout. Donc ça c'est la réalité.

Par contre à l'office mineur, ce sont des policiers, des hommes et des femmes excessivement engagés. Franchement, il faut être très motivé pour faire ça tous les jours et voir le contenu qu'il regarde tous les jours. Mais ils n'ont pas les moyens de traiter ces signalements.

Quand je les ai vu en 2020, ils étaient 15. Aujourd'hui, ils sont 40, ils devraient être 80. Et professeur Po, face à ces chiffres absolument vertigneux, comme le dit votre voisine, il y a la tentation pour certains de se faire justice eux-même.

Alors de traquer eux-mêmes, mais aussi de se faire justice eux-même. Et là, on est dans une sorte de évidemment d'excès. Oui.

Alors, je crois que faire justice, c'est pas à eux-même. général, c'est porter une réponse alors évidemment complètement inadaptée, mais sûrement par défaut parce que il y a pas la réponse qu'il faudrait de la société, des pouvoirs publics, mais c'est dénoncé publiquement, c'est traqué en ligne, ça a quand même des conséquences. H oui, mais alors que les que les personnes victimes du de près ou de loin et ces envies là, on peut comprendre.

Euh par contre euh la société elle-même doit être structurée évidemment et ça peut pas être des réponses individuelles. Hm. Alors, puisqu'on parle des propositions euh euh pour remédier à ce fléo, voilà en voilà une la castration euh chimique.

Écoutez Bruno Rotaillot, le président des Républicains. Il faut changer de politique pénale. On sait parfaitement qu'il y a des individus les plus dangereux qui ont des pulsions qui sont irrépressibles et qui sont incurables.

Donc à leur sortie de prison, on peut les retenir mais comme on peut pas en France toute une vie mettre quelqu'un en prison, alors ils vont recommencer. Ça n'est plus possible pour ces individus-là. Évidemment, sous le contrôle du juge, je propose la cassation chimique obligatoire sous contrainte.

Professeur Pellissolo, aujourd'hui euh c'est une démarche volontaire. Faut-il que ce soit obligatoire la castration chimique ? Alors déjà, bon vraiment les simplifications, on les voit tout de suite et très démagogique aussi.

La castration déjà c'est pas le terme parce queon a des traitements c'est des médicaments au départ des molécules qui inhibent la libido. Alors il y a plusieurs d'ailleurs famille de médicaments mais c'est je pense c'est ceux qui inhibent la testostérone. Il y a pas que cela encore une fois et ce sont normalement des prescriptions qui se suivent.

C'est pas une fois pour toutes hein, c'est le temps qu'on prend le traitement. et prendre un traitement contre son gré. Nous on connaît parce qu'en psychiatrie, ça arrive qu'on le fasse mais dans des conditions très particulières et c'est évidemment pas un juge et encore moins un homme politique qui va faire cette démarche là.

C'est quelque chose qui doit être accompagné. Ce ne doit être fait que sur la base du volontariat. Alors volontariat oui bien sûr parce que comment faire pour que quelqu'un prenne un médicament s'il ne veut pas le faire ? vous allez pas lui ouvrir la bouche.

Enfin, vous voyez, c'est déjà qu'on voit les choses concrètement, c'est absurde. Et puis de toute façon, il va le prendre une fois, mais il faut le répéter, donc il pourra pas être derrière tout le temps. Donc c'est sûr qu'il y a un enjeu sur la prévention de la récidive, mais ce sont les spécialistes qui peuvent en discuter.

Il faut des experts de ça et pas des des des espèces de slogans à la volée comme ça, castration chimique. Et c'est et et c'est une combinaison surtout de solutions, hein, c'est une parmi d'autres. Parmi ceux que vous que vous entendez dans dans les procès, maître Gréma, est-ce qu'il y en a qui le qui le réclament des des pédocriminels, des gens qui sont condamné pour cela ?

Euh oui, par exemple, excusez-moi de revenir à monsieur le Squarnec. Monsieur le Squarnec a a dit à plusieurs reprises qu'il aurait aimé qu'on lui propose la castration chimique à vie donc parce que c'est réversible ou si vous voulez en fait c'est c'est c'est c'est très réducteur. On on c'est ces politiques vous donnent la sensation qu'il existe qu'un type de pédocriminel.

Mais mais en fait il en existe pas qu'un concernant monsieur le Squarnec. C'est quelqu'un qui a quasiment toutes les paraphilies qui ont été répertoriées par le DSM5. C'est quoi le DSM5 pardon ? qui est euh qui est euh voilà internationale euh il les a toutes hein euh et la pédophilie n'est qu'un élément parmi euh je dirais euh ça et il a des traits pervers imminemment marqués et que finalement lui ça n'aurait aucun effet.

Mais vous vous êtes favorable ou pas sur le principe à une castration chimique ou à des prises d'inhibiteur de la libido de la testostérone volontaire. Je ne suis pas favorable à une solution qui est présentée comme la solution pour tous. H je suis favorable à déjà faire entendre que la figure du pédocriminel elle est multiple plurielle et que donc elle impose des réponses qui soient plurielles.

C'est sûr qu'il y a le côté multiple et ça on peut pas le réduire en une phrase et puis par ailleurs quand on dit imposé il y a déjà une forme d'injonction. a des personnes qui restent incarcéré parce que refuser le traitement donc ça c'est quand même une façon d'imposer les choses et et dernier point quand on connaît un peu ces traitements là on sait très bien qu'on peut pas les presser toute la vie parce qu'ils ont plein d'effets secondaires notamment qui détruisent les eaux et très souvent les spécialistes sont obligés de les enlever à un moment donné donc la solution magique elle n'existe pas de l'imprescriptibilité de ces crimes aujourd'hui en cas de viol sur une heure de moins de 15 ans, la prescription démarre au 48 ans de la victime. Est-ce qu'au cours de votre travail vous vous êtes rendu compte qu'il fallait aller plus loin ou pas ?

Oui. Enfin, en tout cas, moi tout ce que j'ai vu avec toutes les victimes, c'est qu'effectivement les mécanismes traumatiques du viol, la mémoire traumatique, l'amnésie traumatique fait que évidemment les souvenirs peuvent arriver très tard dans la vie. Alors évidemment, il y a ce débat entre le droit et la psycho, la psychiatrie, la psychologie traumatique qui s'oppose parce que on dit que plus on tarde et plus la vérité judiciaire est difficile à établir.

Il n'empêche que on doit pouvoir pour deux raisons pour soi-même pouvoir encore porter plainte et pour éventuellement protéger peut-être d'autres victimes et peut-être faire jouer cette prescription glissante aussi qui est très intéressante et et établir une sérialité voilà de de fait et qui permet de de traiter les faits. Je voudrais juste revenir juste qu'on disait avant euh toutes les personnes qui violent les enfants ne sont pas pédophiles. Ça c'est très important parce qu'on parlait de traitement chimique.

On peut pas partir la différence entre pédocriminalité et pédophile. C'est même pas seulement cette distinction là, c'est que le fait que c'est difficile par rapport à la littérature, mais on estime à peu près à 40 % ceux qui commettent des viols sur les enfants qui sont réellement attirés sexuellement par les enfants. Après là-dedans, dans le reste, vous allez avoir des personnes qui vont profiter.

C'est du viol par opportunité, des personnalités plus psychopathes. Ça dit que c'est une minorité, heureusement. Mais il va y avoir des rapports de domination et de violence et absolument pas d'attirance sexuelle.

Donc là, j'ai envie de dire que le traitement chimique, il ne marche pas, il n pas il n'est pas adapté. On va évoquer avec vous trois et avec Anna un dispositif qui s'appelle Stop et un exemple allemand. Oui, stop, le nom de la ligne d'écoute anonyme qui a été lancée dès 2019 en France à l'initiative des Criaves, les centres ressources pour intervenants auprès d'auteurs de violence sexuelle.

C'est un dispositif qui permet à des personnes attirées sexuellement par des enfants d'obtenir de l'aide. En 2025, plus de 4500 personnes ont appelé ce numéro, le 0806 23 10 63. C'est l'équivalent de 12 appels par jour, essentiellement des hommes à 90 % qui racontent leur fantasmes, leurs pensées envahissantes avec à l'autre bout du fil des psychiatres ou des psychologues.

À l'issue de cet appel, une prise en charge thérapeutique et ou médicamenteuse leur est proposée mais elle reste non obligatoire. Et ce dispositif, il s'inspire du modèle allemand Ketter Verdun. ne devenit pas un agresseur en français qui a été créé il y a déjà plus de 20 ans.

Dès 2005, le programme s'est fait connaître avec ce spot qu'on va voir à l'image, "Aimez-vous les enfants plus que vous ne le voudriez" qui a été diffusé à la télévision à heure de grande écoute pendant plusieurs années. À partir de 2018, le programme a bénéficié du financement de l'assurance maladie allemande à hauteur de 5 millions d'euros par an et les résultats semblent encourageants. Plus de 2600 personnes ont accepté de suivre une thérapie gratuite. 98 % d'entre eux déclarent n'avoir commis aucun nouvel abus sexuel 6 ans après la fin de la prise en charge.

Antoine Pellissolo, est-ce que est-ce que c'est ce qui pêche en France le manque de moyens à la fois dans ce qui est mis envers les campagnes de communication mais aussi dans la prise en charge thérapeutique de ces pédophiles ? Absolument. et ça va ensemble évidemment parce que si on si on arrivait à faire une campagne d'ampleur suffisante pour toucher des personnes qui peuvent être réactifs, il faut pouvoir suivre derrière et donc accueillir ces personnes dans le cadre d'un d'une structure de soins d'une organisation de soins.

Et aujourd'hui, bon, vous connaissez l'état un peu de la psychiatrie en France et de de des soins en général assez de moyens. Bah, c'est moyen. Et évidemment sur ce secteurlà qui a été complètement délaissé depuis toujours, il faut investir sur euh cette partie-là en plus parce que il y a évidemment un enjeu majeur qui est celui de la prévention le plus en amont possible.

Et il y a des personnes pour cela parce que certaines personnes, on disait tous les euh criminels ne sont pas euh pédophiles et en averse tous les pédophiles n'ont pas une vocation de criminalité, n'ont pas la perversion, n'ont pas enfin, ils peuvent faire malheureusement parfois sauter quelques quelques limites mais on peut espérer les renforcer. Et même, je pense qu'il y a une digue sociétale. C'était ça un peu le sens de ma tribune de dire qu'on doit tous sentir responsables. jeu est anthropologique parce que oui, c'est tellement répandu tout simplement en terme de fréquence qu'on peut pas dire ce sont des personnes qui sont hors de la société, hors de moi et donc on doit tous sentir évidemment pas coupable heureusement mais responsable de ce qui est fait dans la société pour pour que les personnes qui passent à l'acte puissent se dire "Mais c'est un interdit moral et quand même aussi judiciaire parce que ça c'est il faut le renforcer aussi".

Justement Marie, là aussi au regard de votre expérience dans les dans les tribunaux, est-ce que vous avez eu l'impression à plusieurs reprises que la prévention avait pêché, qu'elle aurait empêché le passage à l'acte de certains des criminels que vous avez vu face à vous ? Oui et non, je moi je constate surtout euh des des mises en cause et des accusés euh de plus en plus jeunes. Ah euh voire mineur voire mineur.

Et ça ça va être un un autre un autre échange qu'il faudra aborder même si les auteurs mineurs ne sont pas dans les mêmes dynamique que les auteurs majeurs. Mais je trouve que la population des mises en cause rajunie notamment dans le domaine du péris scolaire où on a des animateurs et qui ont 18 ans, 19 ans, 20 ans et qui sont déjà dans des passages à l'acte et avec un nombre de victimes assez conséquent. Je je et et sur plein de choses avec des des jeunes qui sont plus déstructurés, plus isolés socialement, qui ont été eux-mêmes agressés éventuellement et qui reproduisent.

Il y a aussi ça si tous les agressés ne deviennent pas des agresseurs, la majorité des agresseurs ont été agressés agressés sexuellement eux-même. Donc c'est c'est Mais ce dispositif, ce genre de dispositif pourrait les aider justement qui ont accès aux réseaux sociaux ? Oui, encore une fois, c'est un élément parmi d'autres et c'est toute la complexité de ce sujet, c'est que il nous demande d'avancer sur tous les fronts.

Moi, si si je peux me permettre, c'est honteux ce qui se passe sur le plan politique. honteux que de venir délivrer de telles paroles, de telles promesses parce que c'est pas à la hauteur non seulement des connaissances que nous avons sur le domaine, ce n'est pas à la hauteur de l'ensemble des sujets qui ont été traités, de l'ensemble des documentaires réalisés, de l'ensemble des crives qui ont été réalisés et que moi ça me fait craindre dans quelques mois, une fois que la campagne présidentielle soit passée, ça me fait craindre un effondrement et un regard détourné de cette de ce sujet-là parce que plus de bénéf secondaire finalement à l'envisager et la chute va être brutale parce que moi j'accompagne des victimes. Il y a rien de pire pour des victimes que d'avoir l'espoir d'un plus jamais et d'un autre jour.

Si cet espoir et continu à être distillé qu'il n'est pas rempli, ça va être terrible sociétalement parlant. Laticia Onana, la prévention c'est fondamental. C'est ce que disait d'ailleurs le professeur Péolo dans sa tribune.

La réparation c'est indispensable mais la prévention est essentielle. Vous êtes d'accord ? La prévention est essentielle et je suis très et l'éducation.

Voilà, l'éducation c'est la base. À chaque fois que j'ai fait un film que ce soit sur le traitement judiciaire des violences sexuelles faites aux femmes avec elle l'a bien cherché poiraré un procès d'inceste pour les cours criminels pédocriminel la traque à chaque fois si on dézoome on en revient toujours à l'éducation et si on dézoome on en revient à l'éducation à l'hôpital à la police à compliqué à faire admettre par l'opinion publique parce que dès qu'on parle de cours de vue sexuel et affectif par exemple on voit tout ce que ça peut provoquer et est-ce que c'est seulement ça ou est-ce que c'est aussi éducation à la parité au consentement auégalité homme ça c'est bien le problème des réseaux sociaux et des fake news parce que l'éducation à la vie sexuelle relationnelle et affective c'est avant tout de l'éducation au respect au consentement à l'intégr à l'intégrité physique. Ça n'a jamais été les cours à la masturbation et cetera tout ce qu'on essaie de nous faire croire sur des lobby antiéducation à la vie sexuelle.

Donc à un moment donné, il faut juste arrêter avec ça. C'est essentiel de en fait d'éduquer les enfants, les filles et les garçons très très tôt et aussi à parler en fait à parler. À un moment donné, il faut que cette société soit en mesure de recueillir cette parole de l'enfant, de l'entendre et de lui apprendre à s'exprimer et ne pas vivre dans le secret.

Le secret, c'est le premier des warnings absolu enfant. Donc en fait, il faudrait commencer ça assez tôt. Donc bien sûr, la prévention très tôt.

Et je voulais revenir sur cet angle mort des mineurs auteurs, les auteurs de violence sexuelle. Là, les derniers chiffres, c'est quasiment un/ers. Là, je parle que des affaires judiciarisées.

Encore une fois, quand on parle des affaires judiciaires, on est sur un tout petit bout, mais vraiment tout petit bout de la lorniette, hein. Si on dézoome, on est très très loin du compte. Mais si on prend juste les affaires judiciarisées, un/ers sont mineurs.

Ça ragenit. Les victimes rajunissent hein dans Bocriminel la trrac je voilà on le on le voit l'âge des victimes rajunies mais l'âge des auteurs aussi on est toujours sur la figure du monstre est-ce qu'on va considérer que les mineurs sont des monstres je crois pas professeur P l'autre l'autre volet c'est la réinsertion tout de même lorsqu'ils sont incarcérés comment sont traités ces pédocriminels est-ce qu'il y a des soins psychiatriques est-ce qu'il y a les professionnels pour ça souvent ils attendent après avoir été condamnés de voir un psychologue mais ça prend énormément de temps. Oui.

Alors il y a tous les cas de figure aussi évidemment mais ça c'est c'est à peu près tracé. a prescription des injunction soin tout à fait euh et trop de sorties sèches alors voilà le problème majeur je crois c'estabsence d'accompagnement c'est quand il y a pas du tout le suivi socio-judiciaire qui comprend plein de dimension les dimensions psychologique et médicale bien sûr mais aussi comment on va manger où est-ce qu'on va dormir comment on va se réinsérer et si c'est pas le cas c'est la détresse totale. Et on sait très bien que dans la détresse des personnes fragiles elles pe elles sont prêtes à tout donc il faut vraiment avoir une cette vue très complexe.

Malheureusement c'est vrai que c'est complexe. Nous, on est en défaillance he je vous disais nous on est sollicité par plein de gens qui sortent de ces de ces alors pas que pour la pédocriminalité mais qui sortent de prison qui ont une injonction de soin ou une obligation de soin. On leur dit bah ça sera pas tout de suite parce que on n pas les moyens et donc ça on retombe sur le problème des de la pénurie de de personnel.

D'ailleurs maître Grimot les victimes, celles que vous défendez, elles demandent pas forcément le bannissement de la société, vous le dites hein. Elles veulent qu'il y ait des soins. C'est ça leur exigence première.

Voilà, on est très très loin de la caricature de la victime qui appelle à la peine de mort. Euh, on a juste un moment de colère là. Donc évidemment quand on est en colère, on vient exprimer euh ce qui peut faire réagir et légitime.

Mais moi, j'ai des clients très intelligents euh qui comprennent que une peine a une fin et qu'il faut préparer cette fin. D'ailleurs, dans le procès le Squarnec, une des colères n'était pas sur le quantôme de la peine qui a été prononcé, c'est sur l'absence d'une mise en place d'une mesure de sûreté après la peine. Elle craignait effectivement cette sortie sèche et ça n'a pas été en fait prononcé par la cour criminelle.

Donc c'est c ces victimes-là, elles ont l'intelligence de se dire "Bon, j'ai vécu ça." Euh elles ont besoin d'accompagnement, elles ont besoin de moyen parce qu'il faut parler aussi de la réparation des victimes, mais elles ont aussi conscience que ces hommes, parfois ces femmes qui commettent ces actesl vont sortir et qu'est-ce qu'on fait ? Et c'est le plus jamais la récidive.

Oui. Est-ce qu'on sait des taux de récidives ? Oui.

Ben, il y en a de la récidive parce que tout ce que disait le professeur, c'est que l'accompagnement, il se fait pas. Euh maintenant euh on a on a des facteurs prédittifs qui permettent de dire il faut mettre l'accent particulièrement sur par exemple les troupes pédéphiliques qui concernent que les enfants. Enfin avec la une forme de sélectivité et donc dans ce cas-là on peut mettre l'accent dessus parce que ce qu'on a c'est 20 25 % de récidif c'est quand même énorme.

Donc il faut concentrer les moyens sur cette dimension là. Latitia, on peut imaginer de la justice réparatrice dans le cas de ces agressions euh commises sur des mineurs, éventuellement par des mineurs et ou sinon par des majeurs ? Fait partie, j'ai l'impression des des freins culturels comme euh beaucoup qu'on a en France, ça ne prend pas beaucoup en fait. se confronter à son agresseur.

Oui, on a on a essayé enfin on essaie hein, il y a il y a quelques expérimentations, je me suis intéressé aussi depuis une dizaine d'années. J'ai quand même l'impression que ça pêche, c'est un petit peu compliqué mais si on regarde du côté du Canada, juste restaurative moyen mis, c'est-à-dire que la peine de prison, elle est à visée de réinsertion et elle a visé de soins. Et 10 % de taux de récidif, c'est QFD, il fallait le préciser.

Merci infiniment à tous les trois d'être venus débattre de ce sujet.