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interviewC à vous (sur YouTube)· 30 mai 2026 8 min

Simon Abkarian devient le Général de Gaulle

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

la distance...

Il n'y avait pas de distance. Tu l'admirais comme il te faisait rire. - M.Bouhafsi: C'est beau d'entendre ses acteurs parler comme ça.

Le 2 juillet 1940, c'est la 1re fois que le général De Gaulle s'adresse aux Français face à une caméra. - C.De Gaulle: Nous croyons que l'honneur des Français consiste à continuer la guerre aux côtés de leurs alliés et nous sommes résolus à le faire.

Nous espérons qu'un jour, une force mécanique supérieure nous permettra d'avoir la victoire et de délivrer la patrie. - N.Schneider: Il en fait des caisses.

Je trouve que Simon est beaucoup plus fort... - A.Baudry: Combien de fois j'ai regardé cette vidéo...

Elle est hyper intéressante. On voit que De Gaulle n'a jamais parlé en public, jamais devant une caméra. C'est un militaire.

Il n'est pas du tout prêt pour ce qu'il s'apprête à faire. C'est d'autant plus touchant de voir cette personne qui y va quand même. Il n'a pas les qualités... - E.Eméyé: Le charisme n'est pas évident. - M.Bouhafsi: Vous l'incarnez avec brio.

Dans ce 1er volet, vous suivez la carrière de général et l'épopée du général De Gaulle entre 1940 et 1944. Une période où il est extrêmement isolé, seul et presque illuminé. - S.Abkarian: C'est ça qui le rend fabuleux.

D'abord, dans l'histoire de France, et qui le rend fabuleux en tant que "matériau" pour nous, En tant qu'acteurs et actrices qui incarnons ces personnages...

Quand je vois cette image, de voir cette raideur...

Pour moi, c'est très inspirant en tant qu'acteur de m'inspirer de ça. Le chemin qu'il a à parcourir pour qu'il puisse se faire entendre...

C'est comme un acteur qui débute. Tu te retrouves devant la caméra... "Oh putain." Tu es mort!

Il faut quelqu'un qui te parle! - Y.Goosz: Il dit qu'il est la France! - S.Abkarian: Il est, à ce moment-là, la France résistante.

Il l'incarne. Il se pose comme un chevalier raide sur son cheval. - A.Baudry: Il y a une phrase de De Gaulle dans le film, "il faut bien que quelqu'un le fasse".

Ca vient de là. Il n'y a personne d'autre. "J'y vais." Il n'y a pas de préparation, pas d'assurance, juste le devoir. - M.Bouhafsi: Vous vous êtes documenté pour préparer le rôle, mais pas trop longtemps, S.Abkarian.

Vous avez tenu à laisser de la place à l'imagination et au jeu. Vous avez commencer à trouver la voix une nuit, dans un studio d'enregistrement. - S.Abkarian: On devait enregistrer des discours qui allaient passer à la radio, dans les scènes de Florian et d'Anamaria.

Il fallait que ça soit ma voix. On en a profité pour enregistrer. On s'est dit, sans se le dire, mais on se l'est dit, qu'on sortait pas de là sans avoir trouvé l'endroit juste.

Ca a duré. C'est pas compliqué. Ce qui est difficile, c'est d'avoir quelqu'un qui vous dise jusqu'où peut aller votre curseur, de se rapprocher de sa voix sans tomber dans l'imitation, et de pas se projeter dans le rien.

Le rien, il y a rien qui se passe, mais il faut que ça sonne juste. Quand on parle de réel ou de réalisme, je sais pas de quoi on parle. Tout à l'heure, vous parliez de la fiction.

Je trouve que la fiction est une accélération de particules du réel. C'est ça qu'on a fait, avec Antonin. On s'est enfermés et on s'est rapprochés de sa voix.

On en a même écrit. De temps en temps, je partais là-dedans... - M.Bouhafsi: Il y a la voix, la posture.

Vous dites qu'il faut avoir le dos droit, l'avant-bras tourné vers l'extérieur, ne pas tourner la tête mais tout le corps. C'est précis. - A.Bégot: C'est vrai! - S.Abkarian: Ca enlève de la force.

Ca devient prosaïque, dans son corps. - E.Eméyé: Ca impose. - S.Abkarian: C'est agréable à jouer et à construire.

Il se passe quelque chose. S'il se passe quelque chose chez l'acteur, il se passera quelque chose chez le spectateur. - M.Bouhafsi: Il était comment, après le "coupez", A.Baudry?

Il restait dans le général De Gaulle? - F.Lesieur: J'ai une petite anecdote.

Je ne joue jamais avec Simon directement, mais je l'entends beaucoup à la radio. La 1re séquence où j'ai joué où j'entendais la radio, on l'a peut-être tournée pendant 3 ou 4 heures. A la fin, j'ai demandé à Antonin où il avait récupéré les bandes radio.

Il m'a dit que c'étaient des bandes enregistrées. J'avais pas Du tout vu la différence. - A.Baudry: C'était un moment fort.

Voir ça éclore, c'était assez incroyable. Il a trouvé la musique. C'est pas seulement auditif.

Le corps aussi, c'est de la musique. Tout a déroulé à partir de ce jour-là. - M.Bouhafsi: Il y avait 1 heure 40 de maquillage par jour pour incarner le général De Gaulle.

On peut parler de la photographie, de vos costumes, des décors... - A.Bégot: On se demande pourquoi. - M.Bouhafsi: L'histoire avec le général De Gaulle date de loin.

A la cour de récréation, on vous appelait "De Gaulle"? - S.Abkarian: A Beyrouth, oui.

Quand je suis arrivé de France...

Au Liban, on a tous des surnoms. Je suis arrivé, j'étais De Gaulle parce que j'arrivais de France. C'est pas du tout prémonitoire, je vous rassure.

Il fallait juste me coller un nom. Comme De Gaulle, c'est la figure emblématique de la France... - M.Bouhafsi: Vous vous êtes rendu sur sa tombe un mois avant le tournage.

Qu'avez-vous ressenti? - S.Abkarian: J'avais besoin de créer un lien...

Chacun, on a nos cuisines intérieures, les acteurs et les actrices. Parfois, on les dévoile, et parfois pas. Là, je l'ai dévoilée.

Les gens veulent savoir comment on se prépare. La préparation explique pas tout le mystère de l'art de jouer. Quelque Chose se passe chez l'acteur qui ne correspond pas à toute la préparation.

Je voulais établir un lien spirituel, un accord tacite entre lui et moi, et lui dire que j'allais essayer de l'incarner, que j'allais faire de mon mieux. - M.Bouhafsi: Ce n'est jamais anodin, d'incarner quelqu'un.

On met forcément de soi dans son interprétation. Vous diriez que ce rôle a un écho avec votre vie? Quand vous disiez que la France avait une résonance particulière...

Vous êtes d'origine arménienne. Vous avez grandi au Liban. Votre famille a connu dans sa chair la fuite, la résistance, les drames.

Ca résonne? - S.Abkarian: Forcément.

Ca nourrit l'humain que je suis, que je mets souvent au service de mon travail. Il n'est pas nécessaire d'avoir souffert pour jouer un rôle de quelqu'un qui souffre. C'est pas la condition sine qua non d'aller souffrir pour jouer quelqu'un qui souffre. - M.Bouhafsi: A.Vartolomei, F.Lesieur, vous incarnez 2 jeunes résistants qui sont au départ très isolés.

Vous connaissez bien cette période de l'histoire? - A.Vartolomei: Pas trop.

J'avais en tête les cours d'histoire barbants.