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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 6 janvier 2023 11 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprises

MÉDIAS DES MILLIARDAIRES, SONDAGES MANIPULÉS : LA BATAILLE DE L’OPINION EST LANCÉE

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Alors tu es venu sur le plateau pour nous parler de la réforme des retraites que nous promet Emmanuel Macron, de la bataille de l'opinion, c'est toi qui l'écris, qui est déjà lancée et des manipulations des sondages qui ont déjà commencé.

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Les législatives ont apporté une réforme qui décale l'âge de départ à la retraite à 65 ans, mais ce n'est pas un totem.

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Toi, Théophile, en fait, ce que tu as fait, tu as épluché ce sondage page après page. Et ce qui nous explique, c'est que le soutien à la réforme des retraites tel que voulu par Macron, il est très très très faible en fait.

  • 7:48OuverteRéponse directe

    Justement, un autre sondage qui pose les questions autrement démontre que c'est la manière de poser les problèmes, en fait, qui est centrale.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34InvitéFait
    « Alors oui, alors, notre grand Mamamouchi, notre seul maître après Dieu, notre président bien-aimé nous l'a dit, l'année 2023 sera l'année de la réforme des retraites. »
  • 0:55InvitéFait
    « Travaillez plus longtemps en 2023. »
  • 0:58InvitéPromesse
    « Là aussi, comme je m'y suis engagé devant vous, cette année sera en effet celle d'une réforme des retraites qui vise à assurer l'équilibre de notre système pour les années et décennies à venir. »
  • 1:09InvitéFait
    « Il nous faut travailler davantage. C'est le sens même de la réforme de l'assurance chômage qui a été portée par le gouvernement et votée par le Parlement. »
  • 3:13InvitéFait
    « Il a martelé qu'il ne fallait pas, et je cite, céder aux professionnels du malheur et à la conjuration des esprits tristes. »
  • 4:59InvitéChiffre
    « Alors effectivement, 44% des sondés se disent favorables à la réforme des retraites. »
  • 5:10InvitéChiffre
    « Disons que dans les 44%, déjà seulement 12% se disent tout à fait favorables. »
  • 5:18InvitéChiffre
    « Le reste étant plutôt favorable, c'est-à-dire 32%. »
  • 5:24InvitéChiffre
    « Donc il faut comparer ça avec les 54% qui sont défavorables. »
  • 5:41InvitéChiffre
    « Sociologiquement, il n'y a que chez les inactifs et en particulier les retraités qui ne seront donc pas touchés par cette réforme, que le soutien est majoritaire. »
  • 6:11InvitéChiffre
    « 58% des sondés sont hostiles à l'allongement du nombre de trimestres cotisés pour profiter d'une retraite à taux plein. »
  • 6:17InvitéChiffre
    « 61% sont hostiles au décalage de l'âge du départ à la retraite à taux plein. »
  • 6:23InvitéChiffre
    « 63% sont hostiles à l'augmentation de la part des cotisations des actifs. »
  • 6:27InvitéChiffre
    « Et tenez-vous bien, 88% sont hostiles à la réduction du montant des pensions touchées par les retraités. »
  • 7:05InvitéChiffre
    « Dans le même sondage, 65% des Français, 2 Français sur 3 donc, pensent que l'âge de la retraite doit se situer soit à moins de 62 ans, soit à 62 ans maximum. »
  • 7:17InvitéChiffre
    « Et seuls 17% sont pour la retraite à 65 ans, ce qui est l'horizon fixé par Macron. 17%. »
  • 8:21InvitéChiffre
    « Et bim ! 68% des Français sont favorables au principe du retour de la retraite à 60 ans, avec 40% de tout à fait favorables et 28% de plutôt favorables. »
  • 9:55InvitéChiffre
    « Cette proposition obtient une majorité. »
  • 10:06InvitéChiffre
    « Et il n'y a qu'une infime minorité de Français dans ce même sondage, 11%, qui sont très défavorables à l'idée d'un retour à 60 ans. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Invité 29 %
  • Invité 36 %
  • Présentateur5 %
  • Présentateur 25 %
  • Invité 42 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Le plus important dans un sondage, c'est la question, et convenir avec nous de la dimension fondamentalement idéologique de tout le dispositif sondagier qui est actuellement mis en scène, généralement par les médias des milliardaires.

0:21
Présentateur

Salut Théophile. Salut Lisa. Alors tu es venu sur le plateau pour nous parler de la réforme des retraites que nous promet Emmanuel Macron, de la bataille de l'opinion, c'est toi qui l'écris, qui est déjà lancée et des, on peut le dire, tu nous le diras, manipulation des sondages qui ont déjà commencé.

0:34
Invité

Alors oui, alors, notre grand Mamamouchi, notre seul maître après Dieu, notre président bien-aimé nous l'a dit, l'année 2023 sera l'année de la réforme des retraites. En gros, en dépit de l'inflation, de la crise énergétique et des incertitudes internationales, c'est le chantier prioritaire, que vous le vouliez ou non. Travaillez plus longtemps en 2023. Là aussi, comme je m'y suis engagé devant vous, cette année sera en effet celle d'une réforme des retraites qui vise à assurer l'équilibre de notre système pour les années et décennies à venir. Il nous faut travailler davantage.

C'est le sens même de la réforme de l'assurance chômage qui a été portée par le gouvernement et votée par le Parlement. C'est aussi le sens de cette réforme sur laquelle le gouvernement, avec les partenaires sociaux et le Parlement, a travaillé dans les mois qui viennent pour finir de mettre en place des nouvelles règles qui s'appliqueront dès la fin de l'été 2023. Alors, Lisa, pas besoin d'avoir fait Polytechnique ou l'ENA pour comprendre que l'enthousiasme militant du locataire de l'Elysée, eh bien, il n'est pas forcément partagé par tout le monde au sein de la majorité, de la majorité relative. Et pour cause, cette réforme des retraites est impopulaire et cette thématique est inflammable.

On se souvient qu'en décembre 2019, sous le gouvernement Macron-Philippe, un mouvement dur de grève générale s'était lancé plus long dans la durée que celui de 1995 de réputé mémoire. On se rappelle aussi qu'il ne s'était arrêté qu'en raison de l'arrivée du coronavirus et du confinement. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la perspective de refaire face à un front social ne crée pas que des heureux au sein de la Macronie. Elisabeth Borne, comme pour adoucir le message guerrier du chef de l'État en début d'année, donne même l'impression de vouloir procéder à un repli tactique.

2:29
Présentateur

Les législatives ont apporté une réforme qui décale l'âge de départ à la retraite à 65 ans, mais ce n'est pas un totem.

2:36
Locuteur non identifié

Il y avait un doute pendant la campagne. 65 ans, ce n'est pas un totem.

2:40
Présentateur

Ce n'est pas un totem, je le redis. Il y a d'autres solutions qui peuvent permettre aussi d'atteindre ce qui est notre objectif, l'équilibre de notre système de retraite à l'horizon 2030. Donc sur tous ces sujets, on continue à discuter avec les organisations patronales et syndicales et avec les différentes formations politiques qui sont représentées au Sénat et à l'Assemblée nationale.

3:02
Invité

Alors, peut-être que c'est parce qu'Elisabeth Borne a fait ce petit mouvement en arrière. En tout cas, Macron en remet une couche lors du premier conseil des ministres de l'année 2023 qui a eu lieu aujourd'hui. Il a martelé qu'il ne fallait pas, et je cite, céder aux professionnels du malheur et à la conjuration des esprits tristes. On a envie de lui dire esprit triste toi-même, mais on se retiendra. Par ailleurs, l'exécutif et les médias de droite se sont engagés dans diverses opérations de communication ou de propagande, c'est selon. Et comme souvent, ça passe par une interprétation biaisée des sondages.

Et je voulais vous parler, à toi et à tous ceux qui nous écoutent, Lisa, d'un exemple, celui d'un sondage Harris Interactif réalisé pour le compte de RTL. Un sondage très intéressant, mais présenté de manière particulièrement malhonnête, ou si on est un peu charitable, on pourrait dire peu exhaustive, par les médias mainstream. Je prends l'exemple du titre du Figaro. « Moins d'un Français sur deux favorable à la réforme du système de retraite selon un sondage ». Quand j'entends « moins d'un Français sur deux », je pense naturellement à un peu moins de 50%. Sur le site de TF1, le site info de TF1, on peut lire que 54% n'en veulent pas de la réforme des retraites.

Ce qui voudrait dire que 46% seraient d'accord avec. Moins de quoi ? Avec avantage pour le contre. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'on peut lire dans le chapeau de l'article qu'une courte majorité des Français continuent à penser qu'il s'agit d'une réforme qui doit être menée de manière prioritaire. On reste toujours en mode kiff-kiff, les pours et les contres se tiennent dans un mouchoir de poche. Le gouvernement qui a été élu a donc le droit d'arbitrer après tout.

4:48
Présentateur

Toi, Théophile, en fait, ce que tu as fait, tu as épluché ce sondage page après page. Et ce qui nous explique, c'est que le soutien à la réforme des retraites tel que voulu par Macron, il est très très très faible en fait.

4:58
Invité

Oui, absolument. Alors effectivement, 44% des sondés se disent favorables à la réforme des retraites. Alors je dirais plus précisément au principe de la réforme des retraites et on comprendra pourquoi dans quelques secondes. Disons que dans les 44%, déjà seulement 12% se disent tout à fait favorables. Le reste étant plutôt favorable, c'est-à-dire 32%. Donc il faut comparer ça avec les 54% qui sont défavorables. 28% ils sont tout à fait défavorables et 26% plutôt défavorables. Dans la bataille des opinions déjà faites et tranchées, les anti-réformes sont donc deux fois plus nombreux que les pro-réformes. Ceux qui sont tout à fait certains de leur point de vue. Mais ce n'est pas tout.

Sociologiquement, il n'y a que chez les inactifs et en particulier les retraités qui ne seront donc pas touchés par cette réforme, que le soutien est majoritaire. Même dans les classes aisées, une majorité certes ténue, mais une majorité quand même est hostile à cette réforme. Alors ce qui est le plus important, ce qui est le plus déterminant, c'est que quand on déroule les mesures qui devraient entrer en œuvre dans le cadre de cette réforme des retraites, on se rend compte que le soutien au principe de la réforme en question s'effondre progressivement. 58% des sondés sont hostiles à l'allongement du nombre de trimestres cotisés pour profiter d'une retraite à taux plein.

61% sont hostiles au décalage de l'âge du départ à la retraite à taux plein. 63% sont hostiles à l'augmentation de la part des cotisations des actifs. Et tenez-vous bien, 88% sont hostiles à la réduction du montant des pensions touchées par les retraités. Or d'une manière ou d'une autre, on le sait, la réforme des retraites voulue par Macron mènera à une baisse des pensions de retraite pour des raisons dont tu as souvent parlé avec Thomas Porcher dans l'instant Porcher, c'est-à-dire qu'allonger l'âge de la retraite, c'est allonger la période de chômage des plus de 55 ans, c'est diminuer naturellement le montant de la pension de ces personnes qui auront eu du mal déjà à toucher leur retraite.

Dans le même sondage, 65% des Français, 2 Français sur 3 donc, pensent que l'âge de la retraite doit se situer soit à moins de 62 ans, soit à 62 ans maximum. Et seuls 17% sont pour la retraite à 65 ans, ce qui est l'horizon fixé par Macron. 17%. La presse mainstream aurait donc pu citrer seulement 17% des Français favorables à la retraite à 65 ans, mesure phare de la réforme de Macron, par exemple. Mais non, elle a préféré nous expliquer que les Français étaient divisés en deux camps, peu ou prou égaux, sur la question des retraites, ce qui n'est pas vrai. Une majorité très nette ne veut pas de ce que le gouvernement nous prépare.

7:48
Présentateur

Justement, un autre sondage qui pose les questions autrement démontre que c'est la manière de poser les problèmes, en fait, qui est centrale.

7:54
Invité

Ah ben oui, c'est un sondage qui part d'un autre point de vue et qui part d'une question. Vous, personnellement, je dis la question, vous, personnellement, seriez-vous favorable ou pas favorable à la mise en place d'une réforme des retraites qui ramènerait l'âge légal de départ à 60 ans ? Dans le fond, c'est intéressant parce que le concept même de réforme est désormais happé par la sphère néolibérale. Et là, on pose comme principe de réforme un mieux, disons, social. Et bim ! 68% des Français sont favorables au principe du retour de la retraite à 60 ans, avec 40% de tout à fait favorables et 28% de plutôt favorables.

C'est-à-dire quand même, presque, enfin, 4 Français sur 10 sont sûrs de leur fait en disant qu'ils y sont favorables. C'est clair, c'est net, c'est majoritaire. Et ce qui est intéressant, c'est cette séquence tirée de BFM qu'on va bientôt voir. Le journaliste vedette Bruce Toussaint reçoit Pierre Jacquemin de Politis. Et il fait franchement la gueule. En tout cas, il fait la leçon à son confrère. On regarde. – Juste une remarque sur le sondage. Est-ce que les réponses ne seraient pas les mêmes si la question était « est-ce que vous croyez au retour du Père Noël ? » Non mais vraiment… – Vous avez raison de poser cette question parce que… – Posons la question à Caron, la retraite à 50 ans.

– Mais Bruce Toussaint, vous avez raison de poser cette question parce que l'IFOP, justement, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle on a fait ce sondage avec l'IFOP, c'est parce qu'ils ont souvent interrogé, notamment à l'anniversaire de la mort de François Mitterrand, on a interrogé les Français plusieurs années en amont sur ce que les Français retenaient du septennat de François Mitterrand. Les Français répondaient majoritairement à la peine de mort jusqu'en 2011, je crois, en 2021, pour l'anniversaire de la mort de François Mitterrand. Les Français disent quoi ? Ils disent « la retraite à 60 ans ». Ça a été un énorme progrès.

Donc les Français sont attachés à la réforme des retraites à 60 ans. Et vous vous souvenez, pendant la campagne présidentielle, plusieurs instituts de sondage avaient testé les propositions de la gauche, la proposition de la NUPES dans le cadre du rassemblement aux législatives. Cette proposition obtient une majorité. Et ce qui est intéressant, et ce n'est pas nous qui le disons, c'est les instituts de sondage, c'est cet institut, l'IFOP, qui le dit, c'est que non seulement c'est assez inédit, mais c'est en très forte progression de chez les très favorables. Et il n'y a qu'une infime minorité de Français dans ce même sondage, 11%, qui sont très défavorables à l'idée d'un retour à 60 ans.

Donc c'est un choix de société. Alors Pierre Jacquemin, il se défend, il se défend plutôt bien, mais si Bruce Toussaint était conséquent, il pourrait se dire qu'en réalité, le plus important dans un sondage, c'est la question, et convenir avec nous de la dimension fondamentalement idéologique de tout le dispositif sondagier qui est actuellement mis en scène, généralement par les médias des milliardaires.