Budget 2022, relations entre les États-Unis et l'Union européenne... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. Vous avez présenté hier le tout dernier budget du quinquennat. Est-ce que c'est le budget d'un président en campagne ?
Non, c'est le budget d'un président qui a la responsabilité de la sortie de crise. Et je veux dire aux Français qui suivent peut-être ces débats budgétaires qu'ils regardent ce qui se passe depuis deux ans. Nous sommes confrontés, et beaucoup l'oubli, notamment dans les oppositions, à la crise économique la plus grave depuis 1929. Nous avons protégé les Français en 2020. En 2021, on a continué la protection, et puis on a commencé à relancer avec beaucoup d'efficacité, 6% de croissance prévue pour 2021.
En 2022, c'est un budget de sortie de crise, où nous relançons l'activité, où nous commençons à investir pour préparer les dix prochaines années, mais nous maintenons aussi un certain nombre de dispositifs qui doivent assurer une transition en douceur vers le retour, vers des jours meilleurs.
La droite vous dit que c'est le budget des cadeaux fiscaux qui se multiplient ces derniers jours. Emmanuel Macron crame la caisse, a même dit, dans un langage qu'on ne lui connaissait pas, en tout cas en ce qui me concerne, Valérie Pécresse. Il crame la caisse, vous cramez la caisse.
Peut-être que Valérie Pécresse a des remords. Parce que quand elle était ministre du budget, et qu'elle a été confrontée à une crise, deux fois moins grave que celle que nous avons eue. Moins 8% en 2020, moins 4% pendant la crise de 2010. Elle a fait des choix très différents. Elle a augmenté les impôts en 2012. Augmenter l'impôt sur le revenu. Augmenter la TVA. Creuser la dette. Tout ça pour quel résultat ? Zéro de croissance. Une dette qui se creuse. Et 10% de chômage. Nous, nous n'avons pas augmenté les impôts. Nous avons poursuivi la baisse des impôts pour les Français. Taxes d'habitation, impôts chez société pour les entreprises.
Nous avons refusé catégoriquement d'augmenter les impôts des Français. Nous avons réduit les déficits, puisque nous allons passer de 8,4 à 4,8. Nous réduisons la dette de 116 à 114. Et surtout, surtout, nous avons 6% de croissance. Les perspectives qui sont positives. Nous sommes revenus au niveau de chômage d'avant la crise. Donc nous avons réussi dans la gestion de la crise, là où elle avait échoué.
Bruno Le Maire, pourtant, quand on regarde les annonces de dépenses qui ont été faites récemment par le Président de la République ou par le gouvernement lui-même, on a quand même une succession de chiffres qui sont plutôt nombreux. On a 1,5 milliard d'euros, par exemple, pour Marseille, 300 millions pour les travailleurs indépendants précarisés, 600 millions par an pour un système d'assurance récolte pour les agriculteurs. Il y a encore plusieurs chiffres. Ça, vous dites aujourd'hui, ce ne sont pas des cadeaux en vue de la présidentielle.
Je dis surtout deux choses. D'abord, c'est des dépenses qui avaient été annoncées. J'ai dit, dès le mois de juillet, avec Olivier Dussop, le Bisécompte public, qu'il y aurait à peu près 11 milliards d'euros de dépenses de l'État supplémentaire. Ça, c'est l'enveloppe. Et tous les chiffres que vous venez de donner ne sont que la déclinaison de cette enveloppe. Ce ne sont pas des nouvelles dépenses qui s'ajoutent au signal que j'avais envoyé en juillet. Nous allons avoir effectivement plus de dépenses de l'État, près de 11 milliards d'euros. Ça recouvre effectivement le Beauvau de la sécurité. Ça recouvre les lois de programmation militaire. Ça recouvre les aides aux agriculteurs.
Puis la deuxième chose que je veux dire, c'est plutôt une question que je poserai aux oppositions. Vous voulez supprimer quel engagement financier que nous avons pris avec le président de la République ? C'est quel budget dans lequel vous voulez tailler ? C'est le budget des armées, à un moment où il faut lutter contre le terrorisme. C'est les 1,5 milliard d'euros pour les policiers, à un moment donné où il faut renforcer la lutte contre la délinquance. C'est le soutien aux agriculteurs. C'est l'assurance récolte qui a été réclamée depuis des années par les agriculteurs. C'est le chèque énergie qui est indispensable pour les Français qui sont confrontés à l'augmentation du prix du gaz.
C'est le calendrier, leur problème. C'est 7 mois avant la présidentielle.
Non, ce qui leur pose problème, c'est qu'ils sont dans une contradiction totale. Les mêmes qui vous disent qu'il faut rétablir les comptes publics, les mêmes, exactement les mêmes. Et ils ne sont vraiment pas avares de contradictions. Ils vous disent d'un autre côté qu'il faut nationaliser les autoroutes pour 40 milliards d'euros, augmenter de 10% les salaires à la charge de l'État, alors que l'État prend déjà beaucoup de sa part pour augmenter les plus bas salaires pour 25 milliards d'euros ou propose le doublement du salaire des enseignants pour 50 milliards d'euros. Dans le fond, il faut choisir. Soit vous êtes du côté du rétablissement des comptes publics, progressif et sérieux.
C'est ce que nous faisons. C'est ce que nous avons fait entre 2017 et 2019. Et c'est ce que nous allons commencer à faire à partir de 2022, progressivement et sans brutalité. Soit vous êtes du côté de la dépense massive, mais vous ne pouvez pas être une chose et son contraire. L'opposition aujourd'hui de droite comme de gauche, c'est une chose et son contraire.
Alors, il n'y a pas que l'opposition, Bruno Le Maire. L'autre reproche qui vous est fait lors de la présentation de ce budget, c'est celui de l'avoir construit avec des trous, avec des zones d'ombre où ne figurent pas certaines dépenses importantes qui vont venir dans les jours qui viennent. Pierre Moscovici, par exemple, à la tête du Haut Conseil des Finances Publiques, dit que ce budget est insincère. C'est une accusation grave, insincère. La dernière fois que la Cour des Comptes avait dit ça, c'était au sujet du dernier budget du quinquennat de François Hollande, celui dont vous aviez hérité quand vous êtes arrivé au gouvernement. Est-ce que votre budget est insincère ? Non. D'ailleurs,
Pierre Moscovici reconnaît aussi que tous les chiffres que nous donnons, notamment sur la croissance, sont des chiffres qui sont réalistes. Mais il dit, par exemple, le plan d'investissement qui va être annoncé dans quelques jours, et c'est des milliards et des milliards d'euros, il n'y est pas. Vous avez raison, Marc Fauvel, mais on n'a jamais caché qu'il ne serait pas dans le premier examen en commission. Qu'est-ce que ça veut dire, l'insincérité ? L'insincérité, ça veut dire quand on cache quelque chose, quand on dissimule quelque chose. Nous n'avons jamais dissimulé qu'il y aurait 11 milliards d'euros de dépenses de l'État supplémentaire.
Et que ça nous permettrait, malgré tout, de réduire les déficits grâce à de meilleures recettes fiscales et grâce au retour de la croissance. Et pour le plan d'investissement ?
Nous n'avons jamais dissimulé qu'il y aurait deux politiques qui seraient présentées un peu plus tard, en première lecture à l'Assemblée nationale, par amendement, c'est l'engagement que j'ai pris hier devant les parlementaires, le plan d'investissement, parce que ça demande des consultations approfondies pour savoir où on met l'argent, et que quand on investit plusieurs milliards d'euros sur l'hydrogène, l'intelligence artificielle ou les semi-conducteurs, il vaut mieux consulter ceux qui savent, les scientifiques, les chercheurs, les industriels. C'est nécessaire et ça prend du temps.
Et la deuxième politique qui resterait en dehors, au moins encore pendant quelques jours, c'est celle du soutien à l'emploi des jeunes pour une raison qui est simple. C'est le revenu d'engagement. Il faut le dire avec beaucoup d'humilité, nous sommes confrontés à une situation qui n'est pas celle que nous avions prévue. Nous pensions qu'il y avait un risque d'augmentation du chômage grâce à notre relance, le chômage diminue. Et le problème auquel nous sommes confrontés, totalement différent de ce que nous avions anticipé, une pénurie de main-d'oeuvre partout.
dans beaucoup de TPE, chez beaucoup d'indépendants, dans beaucoup de PME, que vous soyez dans l'hôtellerie, dans la restauration, dans les bars, dans la sécurité, dans le nettoyage, vous n'arrivez pas à trouver les salariés dont vous avez besoin. Ça change la donne sur le soutien que nous voulons apporter à l'entrée des jeunes sur le marché de l'emploi. Et ces deux choses, on peut les expliquer très sereinement.
Il est quand même prévu ou alors il pourrait être encore plus retardé pour un prochain quinquennat ?
Ça veut dire qu'il faut des mesures pour accompagner les jeunes qui sont les plus éloignés de l'emploi, qui n'ont pas de formation, pas de qualification, qui ont un peu perdu pied dans la société. Il faut les accompagner. Et je suis parfaitement d'accord avec Elisabeth Ban sur la nécessité de renforcer notre accompagnement. Mais il faut s'assurer que c'est un véritable accompagnement et pas simplement un chèque que l'on donne parce que ça, ça n'est pas efficace. C'est-à-dire que c'est toujours pas fait.
La mesure sur le revenu d'engagement qu'on nous annonce depuis des semaines et des semaines et qui maintenant, je crois aux dernières nouvelles, doit être présentée à la fin du mois, on est le 23, il reste quelques jours seulement, Bruno Le Maire, le revenu d'engagement, il n'est toujours pas définitif. Ce n'est pas ce qu'il y a dans les mesures.
Ce qui est définitif, c'est une politique d'accompagnement des jeunes qui sont les plus ou moins de l'emploi. Comment est-ce qu'on calibre le volume de cette politique ? Vous voyez bien que ce n'est pas la même chose si vous avez 11% de chômage et un chômage qui a explosé et une situation où le chômage baisse, c'est le cas et où la vraie difficulté, c'est des difficultés de recrutement.
8h41, le filet info avec Diane Ferschit et on vous retrouve dans un instant, Bruno Le Maire.
Les relations entre la France et les Etats-Unis en voie d'apaisement après la crise des sous-marins, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire d'État américain vont s'entretenir dans la journée au lendemain d'un entretien téléphonique entre Joe Biden et Emmanuel Macron. L'ambassadeur français aux Etats-Unis allégement du protocole sanitaire en vue dans les écoles primaires. A partir du 4 octobre, les élèves pourront enlever le masque dans les départements où le virus circule le moins avec un taux d'incidence de 50 pour 100 000 habitants pendant au moins 5 jours.
Et les salaires et les conditions de travail au cœur d'un mouvement de grève des enseignants ce jeudi, mobilisation à l'appel de 4 syndicats. De nouveaux débordements en marche de la Ligue 1 de football à Angers, des jets de projectiles entre supporters Angevin et Marseillais à Montpellier à l'approche du stade. Un quart de supporters bordelais a été caillassé. 16 personnes blessées au total après une bagarre générale. Un chargeur de téléphone portable unique pour tous les modèles d'appareils. L'Union européenne va déposer une directive dans la journée pour imposer la mesure aux fabricants. Ce serait pour 2024. France Info Le 8.30 France Info
Salia Braquea Marc Fauvel Toujours avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire prête 6 Français sur 10 disent quand on les interroge dans des sondages que leur pouvoir d'achat a baissé depuis qu'Emmanuel Macron est à l'Elysée. Est-ce qu'ils se trompent ?
Statistiquement, ce n'est pas ce que nous dit l'INSEE qui dit qu'en moyenne le pouvoir d'achat des Français a augmenté de 1,5 sur la durée du quinquennat. Les moyennes, c'est toujours dangereux. C'est toujours dangereux et je me suis réfugié rarement derrière les statistiques. C'est bon de rappeler un chiffre. Derrière, il y a des réalités. Je sais parfaitement que pour des millions de Français, face à l'augmentation du prix du gaz, l'augmentation du prix de l'essence, la charge que représentent les loyers, le prix du logement, tout ça pèse terriblement. Nous, notre réponse, elle est simple, elle tient en un seul mot. L'emploi. C'est l'emploi qui fait le pouvoir d'achat.
C'est la juste rémunération du travail qui fait le pouvoir d'achat des Français. Donc, si on est au chômage, il n'y a pas d'aide supplémentaire. Ce que je veux dire simplement, c'est que ceux pour lesquels c'est le plus difficile, c'est justement ceux qui sont au chômage, ceux qui sont le plus joués de l'emploi. Quand vous regardez le taux de pauvreté, il est encore élevé en France, mais il est quasiment le triple pour ceux qui n'ont pas d'emploi. Donc, nous, nous avons, comme sur les finances publiques, comme sur la gestion de la crise, une ligne de force et nous nous y tenons. Nous sommes, avec le président de la République, cohérent depuis le premier jour.
Nous avons protégé l'emploi des Français pendant la crise. C'est une façon de protéger le pouvoir d'achat. Quand vous investissez 35 milliards d'euros sur l'activité partielle, vous protégez l'emploi, vous protégez les salaires, parce que ça veut dire qu'un salarié qui est au SMIC, qui au lieu de se retrouver au chômage, se retrouve en activité partielle ou se retrouve en chômage partiel, a 100% de son revenu qui est pris en charge par l'État. Ça, c'est protéger pendant la crise le pouvoir d'achat des Français.
Mais vous protégez ceux qui travaillent et pas ceux qui sont au chômage.
Nous protégeons absolument tout le monde. Nous avons, quand vous faites un chèque énergie de 100 euros pour tous ceux qui ont des difficultés à payer leurs factures de gaz, vous ne regardez pas s'ils sont dans l'emploi ou pas dans l'emploi, mais c'est bon dans une politique d'avoir une ligne de force. Notre ligne de force, c'est le travail et le travail qui doit payer.
Donc le travail, nous l'avons protégé pendant la crise et le travail surtout depuis le début du quinquennat, nous avons fait en sorte que ceux qui ont les salaires les plus faibles d'activité, avec la défiscalisation des heures supplémentaires, avec la suppression d'un certain nombre de charges sociales, avec l'intéressement, avec la participation au total 170 euros de plus par mois quand on est au niveau du SMIC. Pourquoi les Français ne le voient pas dans leur majorité ? Ils se trompent. Parce que non, les Français ne se trompent pas s'ils ont cette impression-là.
On avait eu ce débat il y a quelques années, vous vous en souvenez très bien, sur la sécurité et le sentiment d'insécurité. Là, il y a le pouvoir d'achat et le sentiment de perte de pouvoir d'achat.
Mais le sentiment qu'ont les Français est toujours un sentiment qui est juste. Donc je ne vais pas contester le sentiment que peuvent avoir les Français. Je dis simplement que face à ce sentiment, il faut qu'il y ait une politique qui soit cohérente et claire. Notre politique, je le redis, tiens, en un mot, le travail et la juste rémunération du travail. Je considère que l'État a fait ce qui était nécessaire pour protéger le travail pendant la crise. Regardez le niveau de chômage après la crise la plus dure que la France ait eu à vivre. Il est inférieur à ce qu'il était avant la crise.
Nous avons augmenté le pouvoir d'achat de ceux qu'avaient les salaires les plus modestes avec toutes les mesures que je viens d'indiquer. Maintenant, on voit bien que dans certaines branches, je pense à la restauration, je pense à l'hôtellerie, il y a besoin que les négociations de branches aboutissent et je sais d'ailleurs que les restaurateurs y sont prêts, je sais que les propriétaires d'hôtels y sont prêts pour que les métiers soient plus attractifs et que les rémunérations soient meilleures. Il faut qu'il y ait des hausses de salaire
négociées dans toutes ces branches, Bruno Le Maire, qui soient supérieures à l'inflation qui est en train de repartir assez fortement. Oui, il faut qu'il y ait
des négociations de branches qui conduisent à des augmentations significatives. Supérieures à l'inflation constatée, qui est aujourd'hui à presque 2%. C'est préférable si vous ne voulez pas que justement les Français aient le sentiment qu'ils perdent de l'argent chaque mois. Ça n'a pas été le cas récemment, vous savez qu'il y a une branche
qui est la branche du nettoyage qui est en dessous de l'inflation.
Mais c'est bien pour cela que je dis qu'il est important qu'au-delà des efforts qui sont faits par l'État d'entrepreneurs, nous fassions en sorte que le travail paye encore mieux par des négociations branche par branche, notamment dans les branches et dans les activités où il y a des difficultés, des attractivités et des difficultés pour recruter.
Bruno Le Maire, vous disiez tout à l'heure, vous faisiez référence à la suppression de la taxe d'habitation qui a donc été supprimée pour 80% des foyers qui ne la paient plus aujourd'hui. Mais est-ce que cette taxe d'habitation, les maires en fait, elle est supprimée pour eux mais ils se rattrapent sur la taxe foncière et finalement, les Français payent quand même ?
Non, les Français voient très clairement que nous avons supprimé la taxe d'habitation quasiment intégralement, ce sera le cas en 2023. Les entrepreneurs industriels voient que nous avons baissé enfin les impôts de production pour rendre l'industrie plus attractive en France. Ça ne retire rien à l'autonomie des collectivités locales mais il n'y a pas de tour de passe-passe de notre part. Il y a une volonté très simple.
On le voit pourtant par exemple à Sceaux, le maire avait augmenté la taxe d'habitation en 2018 avant qu'elle ne soit supprimée et puis maintenant la taxe foncière a augmenté.
Mais ça, c'est à chaque maire et à chaque commune de prendre ses responsabilités. Une nation, elle fonctionne bien quand chacun prend ses responsabilités. Nous, nous avons une politique qui est très claire, le travail et la juste rémunération du travail, la baisse des impôts parce que nous restons l'État dans lequel le niveau d'impôt et de taxes est un des plus élevés de tous les pays développés donc nous poursuivons constamment cette baisse des impôts. nous avons aujourd'hui le taux d'imposition qui est revenu à ce qu'il était il y a 11 ans. Donc vous voyez qu'on a commencé à rattraper le retard que nous avions pris et remis à peu près d'équerre le niveau d'imposition en France.
Il n'est toujours pas question
de faire appel aux plus riches pour contribuer à l'effort national. La dette publique aujourd'hui elle a augmenté de 500 milliards d'euros depuis mai 2017.
Et vous pensez que c'est en taxant les plus riches qu'on va résoudre le problème de la dette en France ? Boris Johnson le fait aujourd'hui. Je n'y crois pas une seconde et l'Angleterre part d'un niveau de prélèvement obligatoire bien inférieur au nôtre. Moi je parle de la situation française je m'occupe des français et je vois une nation française qui commence à se redresser qui a de bons résultats économiques qui a des performances économiques qui sont parmi les meilleures de la zone euro grâce à notre politique grâce à la façon dont nous avons protégé l'économie et relancé l'économie. Et puis je vois ensuite le travail qui nous reste.
Nous avons réussi à faire revenir le niveau d'impôt à peu près dans la moyenne haute de l'Union européenne. Moi je préférais que ce soit dans la moyenne tout court de l'Union européenne. Il faut continuer à améliorer la compétitivité des entreprises faire en sorte que notre commerce extérieur se redresse donc il reste beaucoup de choses devant nous et évidemment réduire la dette publique. Mais si nous pouvons envisager sereinement les politiques qu'il nous reste à faire c'est parce que en 2020-2021 nous avons su protéger et relancer l'économie française.
Question pratique au sujet de l'inflation Bruno Le Maire on est quasiment donc à 2% d'inflation 1,9 dans les derniers chiffres de l'INSEE qui datent du mois d'août. Est-ce que ça veut dire que les Français qui ont de l'épargne sur un livret A notamment l'averont mieux rémunéré ? Le taux de l'épargne aujourd'hui du livret A il est à 0,5 il est au plus bas de son histoire est-ce qu'il va mécaniquement augmenter dans les mois qui viennent ? D'abord un mot sur l'inflation
pour vous dire qu'il est cohérent et logique lorsque l'activité redémarre fort que l'inflation augmente. Donc nous sommes vigilants sur ce sujet ça n'est pas un sujet d'inquiétude pour nous c'est lié à une reprise plus forte que prévu des pénuries de main d'oeuvre des pénuries de matières premières ça se voit dans les prix et dans le niveau de l'inflation. Ensuite le livret A la rémunération est à 0,5% pour le moment il n'est pas question de modifier le taux de rémunération du livret A Ah bon ? Non il n'est pas le taux de rémunération Même si l'inflation
est possible en novembre ?
La rémunération nous sommes au mois de septembre Il y a une révision qui arrive dans un mois Nous ferons le point en novembre Pour l'instant je suis concentré sur la préparation du budget 2022 donc une chose après l'autre invitez-moi en novembre Ça veut dire que les Français qui ont de l'argent sur leur livret A en perdent aujourd'hui ?
Mais attendez de voir le mois de novembre Encore je vous dis que l'inflation est conjoncturelle Nous verrons où nous en sommes en termes d'inflation au mois de novembre J'avais annoncé je crois sur ce même plateau que l'inflation étant forte il y aurait une revalorisation automatique du SMIC C'est ce qui s'est passé Attendez un mois avant de voir ce qui se passera sur le livret A Bruno Le Maire
vous restez avec nous Le Fil Info à 8h50 avec Diane Ferschit
La 7ème journée de Ligue 1 de football marquée par plusieurs incidents et violences hier soir les plus marquants entre supporters bordelais et montpellier Rhin un quart des supporters girondins a été attaqué par des personnes armées de barres de fer s'en est suivi une bagarre sur une sortie d'autoroute 16 blessés au total En marche de l'Assemblée Générale des Nations Unies le secrétaire d'Etat américain rencontrera tout à l'heure le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian après l'affaire du méga contrat de sous-marin hier Joe Biden a fait part à Emmanuel Macron de sa volonté de rétablir la confiance entre la France et les Etats-Unis A droite Xavier Bertrand est le candidat le mieux placé en vue du second tour de la présidentielle selon un sondage IFOP consulté par France Info et France Télévisions une étude commandée par la direction des Républicains et présentée lors du bureau politique d'hier soir le soulagement bientôt pour des milliers d'écoliers plus de masques obligatoires à partir du 4 octobre à l'école dans les départements où les taux d'incidence du Covid se situent sous la barre des 50 cas pour 100 000 habitants une quarantaine de départements répondent déjà à ce critère France Info le 8.30 France Info Salia Brachia Marc Fauvel toujours avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire EDF et l'américain général électrique ont annoncé mener des discussions en vue d'un éventuel rachat par EDF des activités nucléaires de général électrique quel regard vous avez sur ce rapprochement est-ce que vous l'encouragez ?
Un regard positif parce que c'est ce qui permettrait ce qu'on appelle une intégration verticale c'est la possibilité pour EDF de maîtriser la technologie des turbines Arabel des turbines pour des réacteurs nucléaires qui permettraient d'avoir une filière nucléaire renforcée après on est dans des discussions qui sont très préliminaires donc nous verrons comment les discussions évoluent entre G et EDF mais tout ce qui permet de renforcer une filière nucléaire qui depuis des années a été affaiblie soit par la contestation du nucléaire soit par les difficultés là aussi de recrutement auxquelles nous avons à chaque fois apporté des réponses nous avons créé une université des métiers du nucléaire nous avons engagé dans le plan de relance le financement de recherche sur le nouveau nucléaire tout ça doit nous permettre de restaurer la capacité la puissance de la filière nucléaire en France le rachat des turbines Arabel dans des discussions qui sont encore très préliminaires s'inscrivent exactement dans cette stratégie
le patron d'EDF n'a pas l'air très emballé à aider de ce rachat il dit que le groupe est endetté à 40 milliards d'euros est-ce que c'est le bon moment pour EDF ?
c'est de toute façon le bon moment aujourd'hui pour investir on a les taux d'intérêt qui sont bas ça vaut pour EDF comme ça vaut pour l'Etat le nucléaire c'est une activité stratégique pour la France c'est ce qui va nous permettre de réussir notre décarbonation c'est pas uniquement d'avoir de l'électricité disponible à un coût raisonnable c'est surtout ce qui est indispensable pour avoir de l'électricité décarbonée on va en avoir besoin dans les voitures dans les véhicules électriques on va en avoir besoin pour faire fonctionner les usines d'électrolyse pour produire de l'hydrogène vert on va avoir besoin d'électricité partout si nous n'avons pas de l'électricité décarbonée issue du nucléaire on fait comment ?
on multiplie les éoliennes absolument partout on fait venir de l'électricité décarbonée de l'étranger où nous garantissons notre indépendance avec une filière nucléaire solide moi je crois qu'avoir une filière nucléaire indépendante solide y compris avec les turbines arabels intégrés dans l'EDF c'est la meilleure garantie d'indépendance et de rapidité de la décarbonation de notre économie
alors puisqu'on parle de souveraineté ça y est Emmanuel Macron et Joe Biden se sont parlé au téléphone à l'initiative nous dit l'Elysée de la Maison Blanche c'est donc le président américain qui a pris son téléphone et qui a retrouvé le numéro du président français une semaine après l'affaire des contrats annulés les contrats de vente de sous-marins annulés avec l'Australie est-ce que tout est pardonné avec les américains ou est-ce que vous vous dites que ça va quand même laisser quelques petites gratignures sur le capot de la voiture dans les mois qui viennent ?
je pense que ça laisse toujours des traces lorsqu'il y a une décision aussi brutale qui est prise je rappelle que cette décision d'annuler un contrat militaire aussi important pour un montant de 8 milliards d'euros concernant des sous-marins militaires c'est d'abord inacceptable économiquement parce qu'il y a un droit des contrats c'est contestable politiquement parce que nous sommes entre alliés et ça pose un certain nombre de difficultés stratégiques dans cette zone indo-pacifique où je pense qu'il est bon que les alliés travaillent de concert plutôt que de manière opposée ou contradictoire donc il y a eu un échange entre le président de la république et le président américain un certain nombre de thèmes qui ont été posés sur la table qui vont être discutés ça explique le retour de notre ambassadeur à Washington la question du Sahel la question de la défense européenne qui est une question absolument essentielle je crois que la première leçon qu'il faut tirer de cet épisode c'est que l'union européenne doit construire son indépendance stratégique l'épisode afghan l'épisode des sous-marins montrent que nous ne pouvons plus compter sur les Etats-Unis d'Amérique pour garantir notre protection stratégique quel que soit le président américain il faut beaucoup de naïveté pour penser que parce qu'on passe d'un président républicain à un président démocrate ça change les lignes de force de la politique étrangère américaine on est retombé de notre nuage sur Joe Biden mais vous m'avez déjà entendu chanter
c'est collectif
oui personnellement je n'ai jamais été sur un petit nuage quand on m'expliquait il faut dépenser toujours plus regardez monsieur Biden nous nous avons tenu notre ligne de dépense raisonnable on n'a pas bougé notre plan de relance à 100 milliards à un moment donné on disait 100 milliards c'est vraiment peanut c'est pas assez regardez ce que fait monsieur Biden c'est les mêmes qui vont avoir aujourd'hui en disant 100 milliards c'est beaucoup trop vous dépensez trop les contradictions et la schizophrénie n'étouffent pas les oppositions le président lui-même
était enthousiaste après l'élection de Joe Biden et aujourd'hui
il est tombé de sa chaise
c'est ça ?
je ne crois pas qu'il ait été enthousiaste en tout cas pour ce qui me concerne je ne me suis jamais fait d'illusion sur les évolutions stratégiques des Etats-Unis les Etats-Unis n'ont plus qu'une seule préoccupation stratégique la Chine et contenir la montée en puissance de la Chine ils estiment que leurs alliés que ce soit Donald Trump ou Biden doivent être dociles nous nous estimons que nous devons être indépendants ils ne souhaitent pas l'affirmation d'une Europe indépendante puissante avec ses propres capacités militaires dans l'OTAN mais de manière autonome nous nous le voulons et je soutiens totalement le président de la République dans sa volonté d'affirmer une Union européenne plus indépendante et plus forte il faut que nos partenaires européens ouvrent les yeux enfin que les écailles leur tombent des yeux penser comme la chef d'état du Danemark que les Etats-Unis vont continuer à nous protéger nous défendre quoi qu'il arrive mais c'est une erreur si demain il y a un problème massif d'immigration illégale s'il y a un problème de terrorisme venu du continent africain de manière massive qui nous protégera nous seuls nous ne pouvons plus
compter que sur nous dernier mot Bruno Le Maire Jean-Luc Mélenchon face à Eric Zemmour ce soir à la télé vous regardez ou pas non je ne pense pas
que je vais regarder je pense qu'on aura un pugilat et je crois que face au défi auquel nous sommes confrontés le climat la dette la relance de l'économie l'indépendance technologique dont on a parlé avec le nucléaire la politique a besoin de sérénité pas pas d'affrontement pas d'affrontement qui tourne immédiatement au pugilat un débat argument contre argument problème contre problème solution contre solution je suis effaré de voir à quel point le débat politique on l'a montré avec des incohérences des oppositions sur la dépense publique sur le budget et sur les investissements le débat public perd en sérénité et tout simplement en service des français moi je suis toujours ouvert à la critique toujours ouvert au débat mais du moment que c'est serein et qu'on part des problèmes réels des français plutôt que de fantasmes ou d'affrontements qui n'ont pas prise sur la réalité Bruno Le Maire ministre de l'économie était ce matin l'invité de France Info merci merci à vous et bonne journée à vous
Bruno Le Maire