Rébellion policière : et si Darmanin voulait se venger de Macron ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 3:59OuverteÉludée
Revenons sur la situation à Marseille : quatre policiers mis en examen, l'un en détention provisoire. Le DGPN soutient qu'un policier n'a pas sa place en prison avant procès. Est-ce que vous approuvez ces propos ?
- 4:49RelanceÉludée
Pourquoi ne pas commenter les propos du DGPN qui remet en cause l'indépendance de la justice ?
- 4:59RelanceÉludée
En tant que garant des institutions, vous devez vous dresser contre un haut fonctionnaire qui remet en cause l'indépendance de la justice.
- 5:38OuverteÉludée
Elisabeth Borne a validé les propos du DGPN. Que pensez-vous de cette validation implicite ?
- 10:41FerméeRéponse directe
La loi permet-elle à un actionnaire de nommer un directeur de rédaction ?
- 10:54OuverteRéponse directe
Geoffroy Lejeune impose-t-il une ligne éditoriale au JDD ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53PrésentateurFait
« Et si vous balancez des trucs sur Snapchat, le compte, on va le péter, vous serez retrouvé et vous serez sanctionné. »
- 4:18InvitéFait
« Un policier, je le cite, n'a pas sa place en prison avant un éventuel procès. »
- 6:21InvitéChiffre
« La police en France est une des polices les plus surveillées, les plus contrôlées du monde. »
Temps de parole
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Souvenons-nous, il y a quelques semaines, à l'occasion des révoltes qui secouaient de nombreuses villes de France suite à la mort du jeune Nel, Emmanuel Macron nous expliquait que les réseaux sociaux, Snapchat et TikTok notamment, étaient le moteur d'insurrection menaçant gravement la République.
Les plateformes et les réseaux sociaux jouent un rôle considérable dans les mouvements des derniers jours. Nous avons vu sur plusieurs d'entre elles, Snapchat, TikTok et plusieurs autres, à la fois l'organisation de rassemblements violents se faire, mais une forme de mimétisme de la violence.
Éric Dupont-Moretti, ministre de la Justice, prenait sa plus grosse voie pour montrer que l'autorité de l'État ne s'arrêtait pas aux portes des grosses plateformes numériques. Et si vous balancez des trucs sur Snapchat, le compte, on va le péter, vous serez retrouvé et vous serez sanctionné. Aujourd'hui, nous sommes une fois de plus face à un mouvement de fronde qui défie le fameux ordre républicain et qui se sert pour s'organiser d'un groupe WhatsApp, célèbre application de messagerie. Alors, ce qui est pratique avec WhatsApp, c'est que les numéros de téléphone des membres d'un groupe sont en général visibles, ce qui est bien commode pour retrouver et sanctionner les délinquants.
Sauf que là, il s'agit de policiers, du coup, c'est pas pareil. Mais enfin, voyons ! De ce sujet et d'autres, nous parlons dans cette nouvelle édition de notre bulletin d'info d'été. Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser, disait il n'y a pas si longtemps Manuel Valls, prophète absolu de l'axe néolibéral réactionnaire, pardon, du champ républicain. Il faut croire que cette maxime ne vaut pas pour les policiers.
En effet, pour la troisième journée consécutive, un nombre grandissant de membres de force de l'ordre se mettent en grève dissimulée ou en arrêt maladie soudain s'organise dans des boucles WhatsApp et Telegram pour protester contre la mise en détention provisoire d'un des leurs accusé d'avoir tabassé et visé au flashball un jeune homme de 22 ans à Marseille. Un défi à l'institution judiciaire ainsi qu'au pouvoir exécutif auquel les porteurs d'armes sont rigoureusement soumis en régime républicain. Une démarche sédicieuse approuvée par le directeur général de la police nationale dans une interview accordée aux Parisiens et par le préfet de police de Paris, Laurent Nunez.
Pour réagir à ce qui entre bel et bien dans la logique de la tentation du coup d'État policier, Emmanuel Macron s'est pris hier les pieds dans le tapis. Regardons à nouveau des extraits de l'interview qu'il a accordé à TF1 et France 2. Monsieur le Président, revenons si vous le voulez bien sur la situation à Marseille. Quatre policiers ont été mis en examen pour violences volontaires. L'un d'eux a été placé en détention provisoire depuis de très nombreux policiers marseillais se montrent solidaires. Ce matin, le directeur général de la police nationale, Frédéric Vaud, leur apporte son soutien. Selon lui, un policier, je le cite, n'a pas sa place en prison avant un éventuel procès.
Est-ce que vous approuvez ces propos ? En gros, le directeur général de la police nationale, qui dépend du ministre de l'Intérieur, lequel vient d'être reconduit par le Président de la République, réclame l'application différenciée de la loi pour une partie du corps social. Et quelle est la réaction de son N plus 2 ?
D'abord, je ne vais pas commenter les propos du directeur général, qui s'exprime sur une série d'affaires. Ah bon ? Et pourquoi ? Parce que de là où je suis, en tant que garant des institutions et aussi de l'indépendance de l'autorité judiciaire, c'est une décision qui a été prise par un magistrat.
Mais c'est justement en tant que garant des institutions que vous devez vous dresser contre un haut fonctionnaire qui remet en cause l'indépendance de l'autorité judiciaire. Qu'est-ce que vous racontez, monsieur le Président de la République ?
Je veux quand même ici dire, puisqu'on parle des émeutes. Nos policiers, nos gendarmes, ils ont été présents durant ces nuits face à un déferlement de violence inédit.
En gros, je ne suis pas d'accord. Enfin, je ne peux pas dire que je suis d'accord avec les flics, mais je les comprends. Le chef a donné le temps, les sous-chefs suivent. Ce matin, Elisabeth Borne a repris la technique du « je ne commenterai pas » à propos de son collègue et ennemi supposé, Gérald Darmana, qui aurait validé les propos problématiques du DG de la police.
Je ne vais pas rentrer dans les procédures de validation des interviews du DGPN. Moi, je vous dis à la fois hommage aux policiers, reconnaissance de la difficulté de leur mission et nécessité que la justice puisse faire son travail sereinement.
Toujours ce matin, comme le chef, le ministre du Travail a fait de la calinothérapie à destination des policiers tout en tapant sur les vilains mélanchonistes avec l'aide d'un journaliste de CNews.
Il ne faut pas qu'à l'occasion de ce débat, qu'à l'occasion de cette agitation de quelques jours, il ne faut pas faire le procès de la police. La police en France est une des polices les plus surveillées, les plus contrôlées du monde. Ce que font les députés insoumis. Parfois, oui. Et c'est regrettable. En les traitant de facieux, notamment. C'est absolument insupportable. Les mêmes députés qui sont bien contents que la police les protège quand c'est nécessaire.
Au-delà de ces éléments de langage politicien, comment le pouvoir va-t-il se sortir de ce qui est bel et bien une nasse dans laquelle il s'est lui-même mis en se réfugiant à chaque grosse crise derrière les boucliers de la police ? C'est dans le cadre d'une procédure d'appel, le policier actuellement en détention est finalement mis en liberté conditionnelle. Par exemple, il restera la mère impression de pression exercée sur l'autorité judiciaire et de privilèges policiers.
Si des lois ou des pratiques jurisprudentielles interviennent pour suivre la volonté du directeur général de la police nationale, qui pourra encore contester le chercheur Sébastien Rocher quand il présente la France comme une démocratie policière ? Et à contrario, si le pouvoir reste droit dans ses bottes, comment peut-il survivre dans la mesure où il ne sait absolument pas ce que signifie le mot « compromis » ? Une chose est sûre, le roi est nu et il apparaît tel qu'en lui-même, fort avec les faibles, faible avec les forts. Et peut-être d'autant plus fragilisé qu'il a sans doute généré en son sein une de ses contradictions.
Jacques Chirac avait son Nicolas Sarkozy qui a pris le pouvoir à sa suite et contre lui en sabotant de l'intérieur son autorité. Eh bien, Emmanuel Macron pourrait bien avoir son tarmanin. East No Good, vexé de ne pas avoir eu le poste d'Elisabeth Borne et qui, selon le parisien, serait en mode, et je cite, « Je vais le faire chier, je ne peux plus avoir ce que je veux de manière conventionnelle, donc je m'y prends autrement ». Fin de citation. Continuons avec l'actu du moment. Deuxième jour à Nouméa pour le président de la République. Ce matin, lors d'une série de poignées de mains sous l'œil des caméras de télévision, Emmanuel Macron échange avec un homme.
La séquence est captée par nos confrères de BFM TV. Le ministre de la République, M. le Président, dit aussi 2018, 2023, 2027, peut-être que M. Édouard Philippe vous remplacera. Merci bien.
En tout cas, qui est vraiment une suite dans ce qu'on a dans le mal à Macronnerie. Et que celles et ceux qui m'ont accompagné depuis maintenant six ans puissent vendre le relais.
Et lui, il a bien fait à mes côtés. Merci à vous. Tant de mots doux pour son ex-premier ministre, c'est pour le moins inattendu. Il y a à peine quelques mois, en mars dernier, entre Macron et Philippe, c'était froid, très froid, même glacial, selon un proche dans les colonnes du Parisien. Selon un stratège de l'exécutif, Philippe, n'ayant jamais cru au dépassement du clivage politique, avait déjà choisi à l'époque de donner des gages à la droite et même à l'extrême droite, stratégie que la politique macroniste semble avoir elle aussi bien engagée. 2027 semble extrêmement loin, surtout au rythme où vont les affaires et actualités diverses qui percutent et font l'opinion publique.
Mais Emmanuel Macron a-t-il déjà un plan en tête, au-delà peut-être de calmer les ardeurs de l'ambitieux Gérald Tarmanin ? De fait, le chef de l'État ne pourra, malgré les récents débats à ce sujet, se représenter une troisième fois consécutive. Mais rien ne lui interdit de revenir dans la course à l'Élysée après le passage éclair d'un ex-premier ministre avec lequel il passerait un pacte. D'autres ont déjà validé ce tour de passe-passe, comme par exemple un certain Vladimir Poutine avec Dimitri Medvedev. Un mois de grève pour rien.
Le groupe Lagardère a rendu sa décision hier soir et a donc annoncé par voie de communiqué l'arrivée de Geoffroy Lejeune à la tête de la rédaction du journal de dimanche, le JDD. Il prendra ses fonctions le 1er août. Le groupe Lagardère annonce aussi avoir rompu les négociations avec la Société des journalistes du JDD. Il accuse cette dernière de n'avoir pas pris en compte les ouvertures proposées. Surtout, Lagardère évoque la loi. Personne ne peut contester le droit à l'actionnaire de nommer le directeur de la rédaction. Malheureusement, il n'a pas tort.
C'est d'ailleurs pour endiguer ce problème que la députée Génération Sophie Taillet-Pollian a déposé mercredi dernier une proposition de loi. Elle a été interviewée par Irving Magy, ici même, sur le plateau du Média. Écoutez.
Monsieur Bolloré veut créer un média. Mais qui crée un média ? Avec sa ligne éditoriale. Mais très bien. Mais là, il impose une ligne éditoriale à un journal qui a déjà une identité. Donc il va chercher à faire une forme d'usurpation d'identité. Tous les matins, ceux qui écoutent Europe 1 ou qui regardent l'Italie, ils ont continué à regarder un peu par habitude. Vous savez, le matin, on se lève, on allume sa radio, en général toujours sur la même station. Et petit à petit, en changeant la ligne éditoriale, on influe sur le débat public. Donc c'est ça aussi le problème.
Mais donc, des règles, c'est absolument indispensable, doivent être mises pour étanchéifier rédaction et donner des droits aux journalistes.
Lagardère a ensuite récusé les accusations concernant les orientations politiques de Geoffroy Lejeune. Ce fantasme de l'extrême droite est infondé et méprisant. Argue le communiqué. Geoffroy Lejeune est pourtant l'ex-patron de la rédaction de Valeurs Actuelles, condamné sous sa direction pour injure raciste à l'endroit de Daniel Obono. Le magazine avait grimé cette dernière en esclave, chaîne autour du cou, dans le cadre d'une prétendue fiction d'été. Mais à part ça, l'extrême droite est un fantasme. Chez Lagardère, la loi, c'est quand ça les arrange ?
Concernant l'orientation politique de Lejeune, c'est Sarah Payou, journaliste au JDD, et interrogée par nos confrères André Manivit et Mathis Nouadge, qui en parlent le mieux.
Pour nous, c'est une ligne rouge, parce que tout son parcours et toutes ses idées sont à l'opposé de ce que représente le JDD, de ce qu'est le JDD. Le journal du dimanche, depuis 75 ans, il incarne et il porte des valeurs républicaines. Depuis 75 ans, ce n'est pas un journal d'opinion, c'est un journal qui veille toujours à avoir une pluralité d'opinions, une pluralité d'idées, une pluralité de sujets dans ses pages. Et Geoffroy Lejeune nous a prouvé par son parcours, par ses idées, qu'il est à l'opposé de tout ce que nous on défend, de tout ce que nous on porte. C'est un journaliste, son journal Valeurs Actuelles a été condamné pour un juge raciste sous sa direction.
Geoffroy Lejeune, il assume d'être un soutien de Marion Maréchal, d'Éric Zemmour. Il assume de mener une stratégie de conquête idéologique.
Malgré tout, les journalistes et salariés du JDD ne comptent pas lâcher l'affaire, car on a appris dans le courant de la journée que la grève avait été reconduite. La lutte contre Geoffroy Lejeune et l'extrême droitisation du JDD continue. Depuis janvier, la population israélienne est dans la rue. Hier encore, des milliers de manifestants étaient présents dans les rues de Tel Aviv et de Jérusalem pour protester contre le projet de réforme de la justice voulue par Netanyahou et son gouvernement. 12 000 réservistes ont même menacé de refuser de se porter volontaire et pourtant, le premier volet de la dite réforme a été voté hier à la Knesset, le Parlement israélien.
Cette réforme empêchera désormais les juges d'annuler les décisions du gouvernement que ces derniers trouvent déraisonnables. L'autre dispositif qui inquiète les opposants, la réforme de la nomination des juges de la Cour suprême. Actuellement choisie par une commission de neuf membres composés de juges, de députés et d'avocats du Barreau, sous supervision du ministère de la Justice, le projet de loi prévoit d'élargir la présence de ministres et de députés tout en retirant les avocats de ce panel.
L'autre problème, et c'est peut-être le principal, c'est que désormais le pouvoir judiciaire ne sera plus en mesure de contrôler les décisions du gouvernement concernant l'annexion des territoires palestiniens. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, trois palestiniens ont été tués par l'armée israélienne aujourd'hui. Si l'armée prétend avoir riposté à des tirs et donc avoir neutralisé des terroristes armés, on en est tout de même à 201 palestiniens tués depuis le début de l'année et avec la nouvelle réforme de la justice sur le point d'être complètement adoptée, la violence et l'oppression envers les territoires palestiniens et la bande de Gaza ne risque pas de se calmer.
Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'info quotidien qui entre dans notre programmation d'été. Comme à chaque fin de saison, nous réduisons quelque peu la voilure avec notamment la mise en pause de nos directs. Mais l'actualité ne s'arrête pas, alors nous non plus, nous continuons à vous fournir dans ces moments importants nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse, de débats et de décryptage au quotidien. Vous le savez, l'intégrité de notre projet éditorial unique dans le PAF dépend toujours de votre soutien et de vos dons. Si nous voulons survivre à l'été et être prêts pour le grand virage de la saison 7 du Média, il nous faut votre soutien.
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