Réveiller l'Europe - Déclaration de Raphaël Glucksmann
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:19Raphaël GlucksmannChiffre
« Aujourd'hui, l'extrême droite représente 40% en France. »
- 7:44Raphaël GlucksmannFait
« L'extrême droite est en tête dans de nombreux pays européens. »
- 8:28Raphaël GlucksmannPromesse
« Il n'y aura pas de loi immigration votée avec le Rassemblement national. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann75 %
- Présentateur17 %
- Invité7 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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qui ont été des personnes, la maîtrise des flux migratoires. Le gouvernement a fait de loi une immigration qui a été décriée, y compris par certains qui soutenaient de manière ancienne la maîtrise des flux migratoires. Nous, on a regretté, par exemple, au Parlement européen, que ce soit les socialistes ou les républicains n'aient pas voté ce pacte à l'immigration, qui était aussi un texte que nous portions depuis longtemps. Madame Dati, vous ne semblez banalisée, mais le chef de l'État a trouvé ça suffisamment important pour prendre la parole. Pourquoi prend-il la parole, Emmanuel Macron ? Ce que je dis, c'est banal, que les Français demandent de l'autorité.
On attendait une réponse un peu plus à la hauteur de la situation. Pourquoi Emmanuel Macron prend-il la parole ? Vous trouvez que les Français demandent de l'ordre, ce n'est pas à la hauteur de la situation ? Non, mais s'ils en demandent, c'est peut-être que vous ne l'avez pas assez apporté. De votre bilan, les Français ont parlé dans les zones. C'est jamais simple, et j'en sais quelque chose, à l'exception de l'époque où on avait mené une campagne européenne, c'est jamais simple pour le parti au pouvoir de gagner les élections intermédiaires. Ça a toujours été une difficulté. Vous revenez de l'Élysée, qu'à dire Emmanuel Macron ? Mais est-ce que je peux finir une phrase ?
Allez-y, madame Dati. Je vous dis simplement qu'aujourd'hui, quand nous avons un Front national à ce niveau-là, c'est que c'est un échec pour tous les autres partis. Tous les autres partis, les partis de gouvernement ou ceux qui prétendent, c'est un échec collectif. Et donc, il faut répondre à ces électeurs que moi, je ne diabolise pas dans leurs demandes et dans leurs attentes. Mais échec collectif plutôt qu'échec pour le président et la majorité. Mais c'est un échec collectif. Même ma famille politique, les Républicains, on ne peut pas se contenter. C'est un parti qui a quand même occupé, qui a mené des grandes réformes dans ce pays, qui a marqué ce pays.
On ne peut pas se contenter de ce score. Donc, il y a un véritable échec collectif. L'interrogation d'Alcler était centrale. Pourquoi le président de la République trouve-t-il la situation à ce point alarmante, inquiétante ou solennelle, pour prendre la parole dans quelques minutes ? Parce qu'il a le sens des responsabilités. Mais ça ne s'est jamais fait sous la Vème République. Parce qu'il a le sens des responsabilités. Oui, mais comme quand il a été élu, ça ne s'était jamais fait avant pour un président de son profil d'avoir été élu président de la République. Voilà. La vie politique, c'est comme la vie tout court. Voilà. Vous avez des épreuves. Parfois, ça se passe très bien.
Parfois, vous avez des surprises. Et parfois, vous avez des moins bonnes surprises. Vous gagnez, vous échouez. C'est comme ça. Le président de la République prend ses responsabilités. Il ne souhaite pas enjamber cette élection. Donc, ça appelle à un changement. Mais ça appelle à une prise de parole du président de la République. Olivier Port, vous avez une plutôt bonne surprise ce soir, puisque la liste surmenée par Raphaël Glucksmann a doublé, plus que doublé son score. Et en même temps, un front national, un rassemblement national à plus de 30 personnes. Ça vous inspire quoi ? Votre échec aussi, à vous, la gauche ?
Vous venez de dire l'essentiel. On a un score pour l'extrême droite qui est inédit. Il y a le score du RN, le score de reconquête. Et on a une extrême droite qui est à près de 40 %. Personne ne peut ne pas saisir l'alerte qui est donnée au pays. Et c'est un premier point. Le second point, c'est que le président de la République a été élu à deux reprises pour faire barrage à l'extrême droite. Ce soir, il est disqualifié. Ça n'est jamais arrivé qu'un parti au pouvoir fasse moins de la moitié que son principal concurrent, et en l'occurrence, l'extrême droite.
Et il y a une force qui s'est révélée dans cette élection, qui a montré sa capacité à entraîner insuffisamment, mais qui a montré aussi qu'il existait une autre voie. Et notre responsabilité à nous, maintenant, c'est de faire en sorte de pouvoir regrouper l'ensemble de la gauche. Parce que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, pour battre l'extrême droite, il n'y a plus que la gauche. La droite, que ce soit les Républicains ou Renaissance, n'a plus aucune capacité. Mais, pardon, mais enfin, quand on fait plus 8 et vous faites moins 7, je pense qu'il y a quelque chose qui s'est passé. Et que vous devriez ce soir en rabattre un peu, ce serait mieux pour vous.
Mais, je n'ai pas dit ça. C'est suffisamment grave pour dire que c'est un échec collectif.
Chers amis, j'aimerais d'abord remercier les milliers et les milliers de Françaises et de Français qui ont permis à cette élection de se tenir une fois de plus dans notre pays. J'aimerais remercier à tous ces bénévoles qui font vivre notre démocratie. J'aimerais remercier les millions et les millions de Françaises et de Français qui ont été exprimés leur vision dans ces élections, quelles qu'elles soient. J'aimerais remercier les millions de Françaises et de Français qui ont porté leur suffrage sur notre liste. Pour une puissance écologique européenne.
J'aimerais remercier tous les bénévoles qui ont participé à cette campagne fondée sur l'optimisme, la joie, la ferveur, l'amour de l'Europe, de la démocratie, de la solidarité, de l'écologie, de la justice. J'aimerais leur dire que nous serons dignes de leur confiance. Que nous serons des combattants, des combattants de l'Europe démocratique, de l'Europe souveraine, de l'Europe féministe, de l'Europe humaniste, de l'Europe écologiste et de l'Europe sociale. Je suis fier de ce que nous avons fait ensemble, mais je n'ai pas l'âme à la fête. Aujourd'hui, l'extrême droite représente 40% en France.
Aujourd'hui, partout en Europe, nous assistons à une vague qui ébranle profondément nos démocraties. Nous vivons un moment de bascule, un moment historique. La guerre a fait son retour sur notre continent. L'extrême droite est en tête dans de nombreux pays européens. Dans les institutions, des ennemis de l'Europe œuvreront à la déconstruction de ce trésor commun qui est la construction européenne et la démocratie. Eh bien, nous, nous leur tiendrons tête. Nous leur tiendrons tête en Europe et nous leur tiendrons tête en France. Avec nous, il n'y aura pas de tergiversation. Il n'y aura pas de courbettes. Il n'y aura pas de loi immigration votée avec le Rassemblement national.
L'extrême droite, nous ne jouons pas avec à chaque scrutin. Nous la combattons jour après jour. Notre responsabilité est désormais immense en Europe et en France. Notre responsabilité, c'est de combattre ce sentiment qui se diffuse de plus en plus. Le sentiment de l'inexorabilité de la prise du pouvoir par l'extrême droite. Nous, nous ne nous résignerons jamais à cela. Aujourd'hui, nous sommes à un niveau que personne, personne n'attendait au début de la campagne. Nous sommes aujourd'hui à un niveau qui nous oblige, chacune et chacun d'entre nous, qui nous oblige face à l'histoire, qui nous oblige et qui nous condamne à un combat inlassable. Alors, nous ne ferons pas la fête.
Ce que nous ferons, c'est que nous nous préparerons à la suite. Nous allons ensemble travailler, travailler et travailler, parce qu'il n'y a rien d'autre. Faire émerger ce que ce pouvoir de communicant n'a pas su faire émerger, c'est-à-dire une alternative cohérente, puissante, ferme et enthousiasmante au repli nationaliste. Ce que nous allons faire émerger, c'est un nouvel espace politique sur l'attachement viscéral à la démocratie, à la liberté, à l'écologie, qui empêchera l'extrême droite de prendre le pouvoir.
Cet espace politique, les amis, c'est aussi une nouvelle manière de faire de la politique, fondée sur la clarté et sur la sincérité, sur le refus des outrances, le refus des calomnies, le refus de la violence, partout. Nous avons tracé un début de chemin et nous devons appeler toutes les citoyennes et tous les citoyens épris de justice et de solidarité, amoureux de la démocratie, conscients de l'impératif écologique et viscéralement attachés à la construction européenne. Nous devons les appeler toutes et tous à nous rejoindre et à travailler ensemble, à la fois à l'échelle européenne et ici en France. Nous devons continuer à cultiver cette espérance qui est née pendant cette campagne.
C'est notre devoir et c'est aussi notre bouée de sauvetage. Alors considérez ce jour comme une étape, comme une étape dans un combat qui nous dépasse et qui doit nous transcender. En tout cas, vous pouvez compter sur moi. Pas une seconde de répit, pas une minute de pause. La démocratie est notre bien le plus cher et la démocratie s'affaisse et s'érode quand on ne la cultive pas, quand on ne la défend pas, quand on ne la fait pas vivre. Les élites européennes ont vécu pendant des décennies comme des démocrates d'héritage, des démocrates de confort. Et bien désormais, l'Europe et la France ont besoin de démocrates de combat. Nous serons ces démocrates de combat.
Nous répondrons aux angoisses, aux souffrances, aux colères qui expliquent et nourrissent cette vague d'extrême droite. Dire nos passaranes ne suffira pas. Ce qu'il faut, c'est désormais mettre le bleu de chauffe, chacune et chacun d'entre nous, et prendre notre bâton de pèlerin. Et nous allons montrer que la France n'a pas renoncé ni à l'idéal humaniste, ni à l'idéal républicain, ni à l'idéal européen. Nous serons la renaissance de cette France-là ! Le voyage s'est tourné ce soir et il reste désormais à écrire la suivante.
Et soyez certains d'une chose, si nous, nous ne le mobilisons pas, si nous ne travaillons pas, et j'insiste dessus, ce ne sera pas qu'une affaire de slogan, ce sera une affaire de travail. Si nous ne travaillons pas, si nous ne luttons pas, et bien le stylo sera tenu par les tenants du repli et de la haine. Alors munissez-vous de ce stylo et écrivons ensemble une page glorieuse de la France solidaire, de la France amoureuse, de la justice, de cette France qu'on disait condamnée, et qui est en train de renaître. Ce n'est qu'un début, le combat continue. Vive la démocratie, vive la France, et vive l'Europe ! On est plus diffusé ou on est encore diffusé ?
Raphaël Glucksmann