Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 novembre 2021 26 min

Crise migratoire, lancement du mouvement "Ensemble citoyens !", obligation vaccinale... Le "8h30 franceinfo" de François Bayrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour François Bayrou. Bonjour. On ne sait pas grand chose du nouveau variant du coronavirus baptisé Omicron, mais plusieurs pays ont déjà renforcé les mesures de restriction à leurs frontières. Le Japon et Israël notamment ferment entièrement leurs frontières aux étrangers jusqu'à nouvel ordre. Faut-il faire la même chose en France ou est-ce que c'est déjà trop tard ?

0:18
François Bayrou

J'espère que ce n'est pas trop tard. Vous avez vu le nombre de cas qu'on a repérés, mais tous les laboratoires, aujourd'hui, séquencent, comme on dit, les virus repérés. Il est à craindre que ce virus-là se soit déjà répandu. Et sa dangerosité, elle tient essentiellement pour l'instant, pour ce qu'on en sait, au fait qu'il est beaucoup plus contagieux que tous les autres. Ce qui veut dire aussi qu'il fait courir des risques plus importants parce qu'une nouvelle mutation peut être une mutation gravissime. Je vais vous dire ma crainte. Je crois que je l'ai déjà dit à votre micro. Ma crainte, c'est qu'un jour, ce virus connaisse une mutation qui lui permette de s'attaquer aux jeunes enfants.

Et ce jour-là, nos sociétés se trouveront dans un danger extrême de déstabilisation. Alors, on a l'impression que ce n'est pas possible, mais si on réfléchit, au fond, l'assez grand calme que nous avons aujourd'hui en face du virus vient de ce que nous avons de plus précieux. Les bébés sont pour l'instant à l'abri.

1:33
Présentateur

C'est-à-dire qu'ils touchent les plus fragiles, ce qui le rend, avec quelques guillemets, plus acceptables.

1:38
François Bayrou

Alors, on dit ça. Ce que vous dites, la plupart des gens le croient. La plupart des gens croient que le virus, au fond, ce n'est pas grave. Il ne s'attaque qu'aux gens qui allaient être en situation de santé très grave dans quelques mois. Ce n'est pas vrai. Une étude de l'Institut de Marseille, l'IHU Méditerranée, dont on a tellement parlé, une étude épidémiologique montre que ce virus-là n'a pas du tout cet effet qu'on appelle de moisson, « harvesting » en anglais, c'est-à-dire de faucher ce qui allait être, hélas, en situation de santé grave. Ce virus-là prive les gens qui en sont victimes de 10 ans de vie. Je parle en chiffres gros.

Et donc, de ce point de vue-là, il n'y a qu'une défense, et c'est la vaccination pour ralentir le virus et diminuer sa gravité.

2:42
Invité

François Bayrou, là, on attend les résultats des laboratoires qui vont donc vérifier si les vaccins peuvent agir efficacement contre le nouveau variant. En attendant, je repose du coup la question de Marc Fauvel. Est-ce qu'il faut fermer les frontières, puisque nos voisins européens aussi sont touchés ?

2:59
François Bayrou

Les voisins européens, c'est nous. Il n'y a pas de frontières pour le virus. Donc ce grand ensemble européen doit prendre des décisions ensemble. On est en train de le faire. On a fermé tous les vols en provenance de l'Afrique australe. On a fermé les vols en provenance de cette partie du monde où le virus a explosé. On est en train de le faire. Mais le fond de ce que je pense, moi, c'est que le jour viendra où c'est la vaccination obligatoire qui s'imposera. Vous pensez qu'on y va, en tout cas ? J'ai toujours pensé ça depuis le début, parce que je pense que cette épidémie, on a cru pendant très longtemps que cette épidémie était une flambée et puis qu'elle passerait.

Que, comme bien d'autres épidémies, on connaîtrait d'abord un répit et ensuite sa fin, qu'elle disparaîtrait. Or, ça n'est pas vrai. Peut-être que vous vous souviendrez qu'il y a plus d'un an publié au plan la première étude européenne qui envisageait la question sous cet angle. Le titre était et si le Covid durait.

4:05
Présentateur

C'est le moment de le faire, François Bayrou. Des gens qui disent qu'il faut y réfléchir. Yannick Jadot le dit depuis des mois et des mois. Anne Hidalgo, hier sur ce même plateau, a dit oui, il faut ouvrir ce débat.

4:13
François Bayrou

Je dis ça depuis le mois de janvier, vous vous souvenez, y compris, je crois, à ce micro. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'on craignait ? On craignait que le vaccin n'ait des effets secondaires. Il y avait des gens qui disaient ça va être une hécatombe. On s'aperçoit aujourd'hui que c'est absolument faux et que les premières doses et les doses de rappel ne font absolument pas encourir les risques d'effets secondaires. Je rencontrais encore hier des gens qui me disaient moi, je me vaccinerai le jour où ça sera obligatoire, comme s'ils voulaient attendre que les autorités prennent leurs responsabilités.

4:58
Invité

Et là, vous dites quoi ? C'est le moment ? Vous dites à Emmanuel Macron, c'est le moment, il faut rendre obligatoire le vaccin ?

5:01
François Bayrou

Il sait bien ce que j'en pense. J'ai toujours pensé ça. Il me semble qu'il faut réfléchir à l'obligation vaccinale. On le fait pour combien ? Onze vaccins. Vous avez des enfants, vous savez, ils reçoivent onze ou quatorze vaccins, je ne me souviens plus. Donnez-moi. Onze vaccins obligatoires. Lorsque vous voulez aller en Afrique, c'est la fièvre jaune ou en Guyane et vous êtes obligés de vous vacciner. Je ne comprends pas la réticence maintenant qu'on sait que les effets secondaires ne sont pas là.

5:35
Invité

Mais quand vous voyez, François Bayrou, ce qui se passe aux Antilles, la situation tendue aujourd'hui, elle est due au refus de l'obligation vaccinale des soignants, elle est due aussi au refus du pass sanitaire et vous voulez rendre obligatoire le vaccin. Qu'est-ce qu'on fait alors pour les Antillais, les Martiniquais, les Guadeloupéens ?

5:53
François Bayrou

Alors, c'est une question différente parce que je ne crois pas que la situation aux Antilles soit due uniquement à la question de la vaccination. Ça a été un déclencheur. D'ailleurs, je crois qu'un grand nombre de ceux qui manifestent sont vaccinés eux-mêmes. Et donc, ce n'est pas ça, la question. Je pense que la question des Antilles est une de ces questions qui est obsédante depuis longtemps, la question de l'outre-mer. En fait, le sentiment qui est le mien, et ce n'est pas seulement sur ce sujet, c'est que ce gouvernement, ce président de la République, ont à traiter des questions qui sont en dégradation constante depuis 30 ans.

Depuis 30 ans, vous prenez l'industrie, la perte des parts de marché industrielles et des emplois industriels et des savoir-faire industriels, ça fait 30 ans que ça dure. Vous prenez la situation de l'agriculture, ça fait 30 ans que ça dure. Vous prenez l'éducation nationale, ça fait au moins 25 ans que...

6:57
Invité

Les Antilles, ça explose aujourd'hui. Alors, on fait quoi ? On propose l'autonomie comme le proposent les ministres des Outre-mer ?

7:03
François Bayrou

Prenez un exemple, et puis je vais ensuite vous proposer une stratégie. Un exemple, c'est simple. À la Guadeloupe, un des problèmes principaux, c'est les réseaux d'eau qui sont totalement explosés.

7:17
Présentateur

Avec toute une partie de la population qui n'a tout simplement pas d'eau potable.

7:20
François Bayrou

Qui n'a pas d'eau potable plusieurs heures par jour. Et on est obligé de rationner. Cette question-là des réseaux d'eau, ça fait des décennies qu'elle dure. Et il faut, pour y faire face, il n'y a qu'une réponse possible. Et c'est la proposition et l'adoption d'un plan pour la Guadeloupe, pour la Martinique, pour les territoires d'Outre-mer. Est-ce que ça peut aller de pair, François Ballon, avec plus d'autonomie ?

7:46
Présentateur

Est-ce que ça peut aller de pair ? Un plan, aujourd'hui, pour aider les Guadeloupéens à avoir enfin de l'eau potable, et en même temps plus d'autonomie ? C'est-à-dire couper un peu le cordon avec la métropole ?

7:55
François Bayrou

Alors, le cordon a supposé qu'il soit actif. Je ne sais pas exactement ce qu'autonomie veut dire. Je vois bien l'attente, la revendication, que sur un territoire, les élus aient davantage de responsabilité. Qu'ils puissent prendre des décisions, orienter les décisions. Mais le mot « autonomie » peut vouloir dire des milliers de choses. Par exemple, est-ce que les fonctionnaires sont payés par de l'argent prélevé sur place, par des impôts locaux ? L'autonomie, c'est ça, en principe. Évidemment, ça n'est pas possible, ça n'est pas accessible. Donc, je vois bien qu'il y a une réflexion autour de la prise de responsabilité des élus sur le territoire qui est le leur.

C'est une réflexion bienvenue, c'est une réflexion juste. Quant à savoir ce qu'on met sous le mot « autonomie », pour moi, j'ai beaucoup de points d'interrogation.

8:56
Présentateur

François Bayrou, une toute petite pause à 8h42 pour le Filinfo, et on poursuit juste après.

9:00
Invité

Dans les écoles primaires, une nouvelle règle commence à s'appliquer au fur et à mesure. À partir d'aujourd'hui, si un élève est positif au Covid, ses camarades pourront retourner en classe. À condition d'être testés négatifs, plus de fermeture automatique. Des analyses sont en cours. 8 cas possibles du variant Omicron en France. S'il y a des cas confirmés dans 8 pays d'Europe, il n'y aura pas de fermeture complète. Des frontières à l'intérieur de l'Union assure ce matin le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Clément Beaune. Plusieurs pays ont pris une telle décision comme le Japon, inaccessible des deux mains aux visiteurs étrangers.

Près de 200 personnes ont passé la nuit dans des salles d'effet à cause des chutes de neige qui ont bloqué l'autoroute A89 dans le Puy-de-Dôme. Les voies ont été déneigées cette nuit et la circulation a pu reprendre ce matin. Ils affolent les compteurs de buts, mais lequel d'entre eux sera récompensé par le ballon d'or ce soir, fin du suspense. Messi, Lewandowski, Ronaldo et Benzema font partie des favoris. France Info.

10:05
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Encore un mot de la crise sanitaire François Bayrou. À la mi-octobre a été prise une décision pour convaincre les non-vaccinés d'aller se faire vacciner. C'est de rendre payants les tests PCR de dépistage pour tous ceux qui ne sont pas vaccinés. Au vu de ce qui se passe aujourd'hui, au vu de l'inquiétude sur l'arrivée de ce nouveau variant, est-ce qu'il faut renoncer et rendre à nouveau ces tests gratuits ?

10:29
François Bayrou

Moi, je ne crois pas que les tests permettent de lutter efficacement contre l'épidémie. Ah bon ? Parce qu'il y a un délai de plusieurs jours. Et ce délai de plusieurs jours, il peut exposer à la contamination. Et donc, mon intuition, en tout cas ma vision des choses, c'est que seule la vaccination est efficace en face de l'épidémie. D'ailleurs, vous voyez bien, aujourd'hui, où beaucoup de Français sont vaccinés, quelle est l'allure de l'épidémie ? L'allure de l'épidémie est très simple. Il y a beaucoup de contaminations, mais les hôpitaux, eux, sont pour l'instant relativement préservés des cas les plus graves. Pourquoi ? Parce qu'on a vacciné.

Et donc, cette idée-là de trouver une stratégie générale qui permette de résister à la contamination massive, qui permette donc d'empêcher ou en tout cas de ralentir les variations du virus, me semble la seule efficace. Pour le reste, le gouvernement, j'imagine, va prendre des décisions sur ce sujet.

11:41
Invité

François Bayrou, Nicolas Hulot est désormais accusé par six femmes d'agression sexuelle et de viol. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire après la diffusion du reportage d'envoyé spéciale la semaine dernière. Vous, vous étiez au gouvernement avec Nicolas Hulot. Vous avez été brièvement ministre de la Justice. Est-ce que vous avez eu vent de rumeurs, d'informations sur ce sujet-là ?

12:01
Présentateur

Jamais. Comment vous aurez réagi si des rumeurs étaient arrivées jusqu'à vous ?

12:07
François Bayrou

Honnêtement, je ne connais pas cette affaire. Aujourd'hui, tout le monde s'empare de déclarations et d'affaires. Et vous êtes un spectateur, si j'ose dire, de l'autre côté de l'écran. Vous entendez ces témoignages qui sont pour certains en effet très bouleversants. Mais vous n'avez aucun moyen de savoir ce qui s'est passé. Et donc, ça devrait être le travail de la justice. Mais en France, comme vous savez, la justice vient après les vagues de rumeurs. Bon, c'est comme ça. Moi, en tout cas, je ne sais rien de cette affaire. Je n'en ai jamais entendu parler. J'ai trouvé très bouleversant le témoignage de la petite fille de François Mitterrand.

Mais pour le reste, je n'ai aucun élément d'aucune sorte.

12:53
Présentateur

Le témoignage de Pascal Mitterrand, la petite fille de François Mitterrand, il a été dévoilé indirectement il y a trois ans, en 2018, dans un journal qui s'appelait L'Hebdo, qui avait révélé que dix ans plus tôt, une plainte avait été déposée par cette jeune femme, que cette plainte avait été classée sans suite, parce que les faits notamment étaient prescrits. À l'époque, on avait vu une partie du gouvernement monter au front pour soutenir Nicolas Hulot. On avait même vu Marlène Schiappa, qui était chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, venir défendre Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale.

Est-ce qu'il vous semble qu'à l'époque, le gouvernement a fait preuve de légèreté en soutenant Nicolas Hulot face à ce qui était une accusation et une plainte, encore une fois, classée sans suite ?

13:34
François Bayrou

Je ne peux pas dire ça parce que je ne sais pas ce qui s'est passé. Je n'ai eu aucun... Alors évidemment, vous êtes dans un gouvernement, il y a des effets de solidarité qui peuvent parfois conduire à des prises de position, à des imprudences, tout ça, c'est hélas la vie de tous les jours. Mais sur ces affaires-là, moi en tout cas, y compris dans les semaines où j'ai été garde des Sceaux, je n'ai eu aucun élément particulier.

14:01
Invité

— Juste une dernière question sur le sujet. Comme Marc l'a dit, la plainte date de 2008. Est-ce que lorsqu'on nomme un gouvernement, lorsqu'on nomme un ministre, il faut quand même faire les vérifications en ce sens-là, comme on le fait pour la fiscalité ou le patrimoine ?

14:15
François Bayrou

— On devrait. Et puis on s'aperçoit que ça n'est pas très bien fait. Que dans la précipitation de la formation d'un gouvernement, on met en place une mission qui regarde parfois des choses secondaires au lieu de regarder des choses essentielles, tout ça n'est pas très bien fait.

14:33
Invité

— Donc si la vérification avait été faite, Nicolas Hulot n'aurait peut-être pas dû être ministre ?

14:37
François Bayrou

— Vous voyez, vous essayez de me tirer sur un terrain où je n'irai pas parce que je ne sais pas. Mais je vois très bien que peut-être y a-t-il un problème de précipitation quand les gouvernements se forment. On est dans une ambiance effervescente, qui est l'ambiance de l'alternance, où tout le monde veut monter dans le train

14:58
Présentateur

et le train a envie de partir et on a... — Il suffit parfois de décrocher son téléphone pour dire oui ou non au président de la République. Et une décision peut se prendre en 24 ou 48 heures sans les vérifications nécessaires, donc.

15:08
François Bayrou

— Il y a des vérifications, mais ce n'est pas les vérifications sérieuses dont on devrait avoir besoin.

15:16
Présentateur

— On va essayer de comprendre ce qui se passe ce soir à Paris avec vous, François Bayrou, puisque vous allez participer au meeting de lancement de la maison commune de la majorité qui va réunir sous le même toit votre mouvement, le Modem, mais aussi le nouveau parti d'Edouard Philippe, également le petit parti de centre-droit Agir, le petit parti de centre-gauche — Territoire de progrès. — Territoire de progrès. J'en oublie, je crois, pardon pour ceux que j'ai oubliés. C'est quoi ? — Et le grand mouvement de la majorité. — Et en marche. J'ai oublié « En marche ». On nous dit que ce ne sera pas un parti politique, mais un mouvement.

Est-ce que vous pouvez, pour les profanes politiques qui nous écoutent, nous expliquer en 30 secondes ce que c'est exactement que cet ensemble citoyen qui va voir le jour tout à l'heure ?

15:53
François Bayrou

Ensemble citoyen, c'est le rassemblement de tous les courants qui soutiennent l'action du président de la République. Et pour moi, c'est la préfiguration ou le début de réalisation d'un grand courant politique dont la France a besoin, qui est au centre de la vie politique française, qui est démocrate et républicain. Et le mot qu'on a trouvé qui rassemble démocrate et républicain, c'est citoyen. Qu'est-ce que ça veut dire, citoyen ? Ça veut dire dans l'état du pays et l'état du monde comme il est. Moi, électeur, moi, engagé, je suis responsable.

Je ne suis pas devant les événements du monde en pensant que c'est toujours la faute des autres, toujours la faute des gouvernants, toujours la faute des précédents, toujours la faute des suivants ou de l'étranger. La responsabilité civique, j'ai été responsable de l'éducation civique, à l'école. La responsabilité civique, elle commence par cette déclaration de responsabilité-là. Je suis, vous êtes, nous sommes citoyens parce que nous nous proclamons responsables d'une partie de l'état de la société, de l'état du pays et des décisions à prendre. Et c'est une très grande différence.

17:23
Présentateur

Bon, je vous avais accordé 30 secondes, vous avez légèrement débordé, on a fait 1 minute 30. Salia, vous gardez votre question ? On la pose juste après le fil info à 8h50 avec Mélanie Delaunay.

17:31
François Bayrou

Si vous voulez bien, je répondrai.

17:34
Présentateur

Bien sûr. Attendez, Salia, pas encore posé. Oui, le fil info et on poursuit dans un instant, si vous voulez bien, François Bayrou. Mélanie Delaunay à 9h moins 10.

17:42
Invité

Le ministre des Outre-mer rencontre aujourd'hui l'intersyndicale et des élus en Guadeloupe. Deux semaines après le début de la crise sociale, Sébastien Lecornu a prévenu que la main tendue était une main de fermeté. Ce qui est important surtout, c'est que le dialogue puisse s'engager, dit ce matin sur France Info, le président du conseil départemental de Guadeloupe. Les ministres de la Santé des pays du G7 vont se réunir en urgence aujourd'hui au sujet du variant du Covid-Omicron. 8 cas possibles en France, des analyses sont en cours. Les personnes concernées et leurs contacts à risque sont à l'isolement.

Sur France Info, Xavier Bertrand, candidat à l'investiture LR pour la présidentielle, propose de laisser les migrants monter à bord des ferries en direction de la Grande-Bretagne. Il faut installer un rapport de force avec le Premier ministre Boris Johnson, dit-il. Après le naufrage meurtrier de la semaine dernière, un avion de l'agence européenne Frontex va survoler les côtes de la Manche. La Ligue 1 de football, c'est Marseille qui bat 3-1-0 et qui recolle au podium. L'OM est à égalité de points avec le troisième Nice. France Info.

18:46
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

18:52
Invité

François Bayron, on parlait juste à l'instant du grand mouvement que vous allez créer ce soir avec les autres parties de la majorité. Pourquoi ce n'est pas un grand parti central ? C'est ce que vous souhaitiez ? Et Edouard Philippe s'y opposait.

19:06
François Bayrou

C'est ce que je souhaite toujours et en effet un certain nombre n'ont pas voulu aller dans ce sens-là.

19:13
Invité

Un certain nombre ou une certaine personne ?

19:16
François Bayrou

Bon, sans doute étaient-ils plusieurs. Donc non, puis-je ne vous pas faire de polémique à l'intérieur ? Je pense que tout le monde ira et tout le monde comprendra que c'est de ce grand mouvement dont on a besoin pour deux raisons qui sont extrêmement pertinentes l'une et l'autre. Vous voyez bien, parce que vous recevez dans ce studio absolument tous ceux qui participent à la vie publique.

Vous voyez bien les dérives, vous voyez bien les expressions, les remises en cause de tout ce que nous avons cru établi, solide pendant longtemps et qui tout d'un coup, toutes les questions sur l'origine, la détestation, la religion, la couleur de peau qui reviennent dans le débat public alors qu'on les croyait disparus depuis extrêmement longtemps, avec des inquiétudes qui les sous-tendent et qui méritent qu'on s'y arrête. Et c'est pourquoi on a besoin d'un grand mouvement, d'une... au fond, un bateau, ça a besoin d'une quille. Et la quille, qu'est-ce que c'est ? C'est un équipement qui permet au bateau de ne pas chavirer d'un côté et chavirer de l'autre.

Et c'est exactement ce dont on a besoin, avec aussi une philosophie, une manière de voir le monde. Je dis que la philosophie de cet ensemble est humaniste.

20:34
Invité

Mais lancer ce grand mouvement à 5 mois de la présidentielle, l'objectif c'est quoi ? C'est pour donner une impulsion démenteur à Emmanuel Macron ?

20:45
François Bayrou

Oui, c'est pour donner une possibilité d'engagement à tous ceux qui le souhaitent et qui le veulent.

20:50
Présentateur

Est-ce que c'est aussi François Bayrou pour se distribuer les circonscriptions législatives ?

20:54
François Bayrou

Non, oublions ça, les circonscriptions législatives.

20:56
Présentateur

Il avait été question que ce mouvement soit doté d'une commission d'investiture.

21:00
François Bayrou

Il y aura forcément une investiture de ce mouvement. Ah, ce n'est pas ce que dit... Oui, mais c'est ce que je dis, donc forcément...

21:06
Présentateur

Mais vous avez mis quoi dans les statuts ? Dans les engagements... Chaque candidat dans ces mouvements aura, sur ses affiches de campagne et sur ses bulletins, un tampon ensemble citoyen. Oui, il pourrait y avoir, par exemple, dans des circonscriptions, un candidat à agir et un nom du modem et un troisième en marche. Non. Donc il y a une commission d'investiture unique. Dans les engagements. Ce n'est pas ce que dit Édouard Philippe.

21:25
François Bayrou

Oui. Permettez-moi, c'est moi qui ai travaillé à l'écriture des engagements.

21:30
Invité

Mais c'est l'un des dirigeants aussi du mouvement, comme vous.

21:32
François Bayrou

Il y a deux principes. Le premier de ces engagements, c'est qu'on soutiendra le même candidat à l'élection présidentielle et qu'on ne présentera pas. Il n'y aura pas de candidat des uns contre les autres. Et c'est la moindre des choses. Autrement, vous ne faites pas un mouvement. Et donc ça a les conséquences que vous dites. Et deuxièmement, deuxième engagement, aucun des membres de cette famille qui se constitue ne pourra empêcher d'autres membres d'avancer ensemble pour aller plus loin dans le rapprochement, pour aller plus loin dans la Constitution.

22:05
Invité

Ça veut dire qu'en l'interne, il va y avoir des tensions, par exemple, avec Édouard Philippe, parce que vous allez batailler pour les sièges de l'initiative.

22:14
François Bayrou

J'espère qu'il n'y aura pas de tensions parce que vous...

22:16
Présentateur

Parce que chaque parti a envie d'avoir le plus d'élus possible, François Bayot.

22:19
François Bayrou

Je ne vous rends pas compte que l'élection qui vient, c'est celle du président de la République et que toute tension gênerait la mobilisation pour cette élection. Donc le travail à faire, il est pour après.

22:33
Présentateur

Mais il va falloir clarifier cette question de la commission d'investiture parce que ce que vous dites n'est pas la même chose, si je peux me permettre, que ce que dit Édouard Philippe. Mais vous nous dites, c'est moi qui ai rédigé les statuts, il y a un loup, comme disait la grand-mère Martine Aubry.

22:45
François Bayrou

Non, nous aurons une investiture unique dans les circonscriptions. Et c'est bien la moindre des choses. Et deuxièmement, nous avons repris ce principe des institutions européennes. L'institution européenne, qu'est-ce que c'est ? C'est que tout le monde a des engagements de base, des engagements élémentaires. Et ceux qui veulent aller plus loin, on appelle ça les coopérations renforcées. J'ai proposé le mot de coopération, avancées. Ceux qui peuvent aller plus loin, ceux qui veulent aller plus loin, peuvent le faire. Aucun des autres ne les gênera pour avancer en ce sens.

Et donc le travail que nous avons à faire, ce grand courant démocrate, le travail qu'on a à faire, de rapprochement et de travail en commun, de mise en place de réseaux d'engagement en commun, on va le faire.

23:33
Présentateur

François Bayrou, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, qui était ce matin l'invité de France Info, a fait une proposition pour tenter de régler le bras de fer sur les migrants en ce moment avec le premier ministre britannique Boris Johnson. Il dit arrêtons avec les accords du Touquet qui font que ce sont les Français qui surveillent aujourd'hui avec l'aide des Anglais la frontière. La frontière est de notre côté de la Manche. Il dit qu'il faut arrêter, il faut dénoncer l'accord du Touquet et il faut autoriser les migrants qui veulent rejoindre le Royaume-Uni à prendre par exemple un ferry.

Ils achètent leurs billets tout simplement et on les laisse partir sur place, ce qui évitera des drames comme on a pu en connaître ces derniers jours. Est-ce que c'est une bonne idée ?

24:09
François Bayrou

Vous voyez, les campagnes électorales, il y a des moments où ça dérape complètement. La proposition, pas la proposition, l'idée qu'a avancée Xavier Bertrand est irresponsable. Pourquoi elle est irresponsable ? Parce que si tous les pays voisins choisissent la même attitude, alors ils poussent, imaginez, on a eu ça avec la frontière italienne, on est en train de vivre ça avec le Belarus et la Pologne, on a vécu ça avec la Turquie, on fait entrer des migrants quand on ne les invite pas à entrer et personne ne s'occupe d'eux et donc c'est un incroyable, une incroyable anarchie qui se passe entre les pays européens.

24:50
Présentateur

C'est un appel d'air pour dire les choses autrement, c'est ça ?

24:52
François Bayrou

Et c'est, alors, les accords du Touquet, je...

24:54
Présentateur

Vous dites en gros qu'au propos Xavier Bertrand, c'est ce que fait la Biélorussie, c'est pas la même chose, la Biélorussie elle va chercher des migrants ou des migrants ou en Syrie.

25:02
François Bayrou

Vous voyez bien, si vous dites, vous pouvez passer librement sur notre territoire pour gagner le pays voisin, imaginez ce que ça fait en Europe, ce que ça fait comme anarchie entre les pays européens. Vous vous souvenez qu'on a signé des accords du Touquet, c'est-à-dire un gouvernement UMP de l'époque qui a signé les accords du Touquet. C'était Jacques Chirac qui était président de la République et donc c'est le courant de Xavier Bertrand qui a signé ça. De même qu'en 2013, on a signé les accords de Dublin pour essayer de mettre un peu d'ordre et que chaque pays essaie de ne pas favoriser la circulation.

25:42
Invité

Donc le risque, c'est l'afflux de migrants qui viennent de d'autres pays européens vers la France pour pouvoir aller en Angleterre.

25:46
François Bayrou

C'est exactement ça qu'on est en train de vivre. Et donc il n'est pas responsable de prétendre qu'on va faciliter leur passage parce que, évidemment, de l'autre côté de la frontière, nous, quand il s'agit de la frontière italienne ou les Britanniques, quand il s'agit de notre frontière avec eux, se trouvent dans une situation totalement déstabilisée. Merci beaucoup François Bayrou. Merci à vous.

26:09
Présentateur

Invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous.

Crise migratoire, lancement du mouvement "Ensemble citoyens !", obligation vaccinale... Le "8h30 franceinfo" de François Bayrou — François Bayrou · Pourquijevote