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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 19 décembre 2025 3 minAutoproduit

Tout ça pour 1 600 €

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Donc là, vous êtes payé combien ?

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Invité

1 600, grand max. Avec les week-ends ? Avec les week-ends. Mais sinon, là-bas, c'est 1 500.

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Présentateur

On est devant l'ADAPI de la Somme, c'est-à-dire l'association qui s'occupe des personnes en situation de handicap. Et ça illustre pour moi, cette grève, le grand craquage du médicament social. Là, on discutait avec Laetitia et Kelsey, qui sont aide-soignantes à la maison d'accueil spécialisée pour des personnes adultes en situation de handicap. Et ce qu'elles décrivent, c'est quoi ? C'est là où le matin, elles devraient être 3, elles sont 2. Là où à l'après-midi, elles devraient être 2, elles sont toutes seules.

Et que parfois, c'est des intérimaires qui viennent, qu'on les rappelle sur les week-ends, qu'on les rappelle sur les vacances, parce qu'il manque tellement de personnel qu'il s'agit de faire les bouches-trous, qu'elles jouent le rôle de lingère à nettoyer les draps, mais qu'elles jouent aussi le rôle d'infirmière, parfois, quand ça ne va pas. Vous n'êtes pas là depuis très très longtemps, ça fait quelques années.

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Invité

Ça fait un an et demi.

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Présentateur

Et pourtant, au bout d'un an et demi, toi, tu dis, j'ai mal aux coudes.

0:59
Invité

Ah oui ? J'étais obligée même de faire du kiné pour ça. Mais bon, après, j'ai arrêté parce que voilà, c'est quand même 2 fois par semaine

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Présentateur

et je ne fais pas le temps, quoi. Donc, détendez les taux de coudes, tu dis, j'ai mal aux mains aussi ?

1:11
Invité

Ah oui, parce que ça descend en main, en fait. Ah oui, de toute façon, moi, porter tout ça, ça devient difficile.

1:16
Présentateur

Et toi ?

1:17
Invité

Moi, c'est beaucoup de problèmes de dos que j'ai, comme la plupart des personnes qui travaillent à la masse. C'est beaucoup des problèmes de dos. Donc, on fait au plus vite, au mieux et on se voit la santé.

1:27
Présentateur

Et on avait vu ça dans notre rapport sur le mal-travail. Autant dans le bâtiment, les conditions s'améliorent et il y a moins d'accidents, autant ça se dégrade très fortement. dans le médico-social où ce sont aussi les corps qui craquent.

1:39
Invité

C'est un boulot gratifiant parce qu'on se dit qu'on aime notre boulot, qu'on fait ça pour nos résidents et on le fait parce qu'on aime ce boulot. De toute façon, pour le faire, il faut aimer ce boulot-là. Mais en tant que temps, on se broie l'ascendie pour pas grand-chose au final.

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Présentateur

Et avec en plus le sentiment de ne pas être écouté par la grande direction là-haut dans les bureaux. Et ce qu'elle réclame, c'est qu'ils aillent faire un stage pour voir comment on se débrouille à deux, à courir dans un sens et dans l'autre. C'est incroyable que dans notre pays, c'est les personnes qui sont les plus utiles et dont on dit qu'elles sont les essentielles.

2:10
Invité

C'est surtout que le métier est là, c'est pas pour tout le monde. Je sais qu'il y a des personnes, ils n'aiment pas le contact, ils n'aiment pas... C'est surtout que pendant la période Covid, on nous a beaucoup applaudis, on nous a beaucoup traitées comme des héroïnes, etc. Alors qu'au final, à l'heure d'aujourd'hui, on ne fait plus rien et on ne soutient pas plus que ça au final. Moi, je ne comprends pas pourquoi au moment d'une épidémie, on nous soutient à fond et on nous applaudit tous les soirs pour le travail qu'on fait. et qu'une fois que l'épidémie allait passer, il n'y a plus personne qui fait rien. Je trouve ça dommage.

Parce qu'on se casse toujours autant le dos et la santé pour faire bien notre monde.