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interviewLCI· 17 avril 2024 11 min

Afin de faire des économies, "il faut arrêter" d'aider l'Ukraine, selon Nicolas Dupont-Aignan

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Jean-Baptiste. Vous êtes élu député de l'Essonne, président de Debout la France. Est-ce que vous allez à 10h acheter vos billets pour les JO ? Vous en avez déjà peut-être ? Je n'en ai pas encore et il faudra peut-être que je m'y mette un jour. Est-ce que vous faites partie des élus qui en ont acheté pour leurs administrés ? On a vu ça dans certains endroits ?

0:15
Nicolas Dupont-Aignan

Non, je ne suis plus maire, donc je pense que chacun... Je regrette un peu le prix, mais je regrette surtout qu'il y a un état d'esprit un peu en ce moment, je trouve, à toujours critiquer tout sur les Jeux. Alors Dieu sait si je suis critique sur le pouvoir actuel, mais les JO, ça fait un siècle qu'on les attend dans notre pays et à Paris. C'est quand même un événement extraordinaire, il va y avoir une superbe compétition, donc moi j'aimerais qu'on mette en pause et puis qu'on essaye tout ce que ça marche. Je ne vais pas, parce que je suis dans l'opposition, faire ce que je vois trop souvent faire, c'est-à-dire passer la vie à critiquer les JO.

Alors ça ne va pas, bien sûr qu'il y a sûrement plein de choses qui ne vont pas, mais essayons de voir le bon côté.

0:58
Présentateur

Alors il y a quand même deux sujets sur lesquels je voudrais vous entendre sur les JO. Vous êtes élu de l'Essonne, donc ce n'est pas si loin de Paris. La Seine, c'est un endroit où les Franciliens sont censés pouvoir se baigner depuis Jacques Chirac président. Bon, ça n'est toujours pas le cas, Emmanuel Macron a promis qu'il s'y baignerait, ça vous semble raisonnable de penser ça ?

1:18
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, il y a des travaux gigantesques qui ont été faits, moi je le souhaite, on verra. Les travaux sont faits, ça va dépendre du climat. S'il pleut beaucoup, ça ne sera pas possible, s'il ne pleut pas trop, ça sera possible.

1:29
Présentateur

Et ce n'est pas une illusion de se dire que ce fleuve peut un jour devenir un bien commun dans lequel les Franciliens tranquillement iront se baigner ?

1:35
Nicolas Dupont-Aignan

Mais oui, ce fleuve redeviendra un bien commun, j'en suis convaincu. Simplement, vous le savez, ça dépend des précipitations. Ils ont fait d'énormes travaux, moi je souhaite que ça marche. Vous savez, il n'y a pas tant de sujets où on peut se réjouir. Si on pouvait se baigner dans la Seine un jour, ce serait magnifique. Du coup, est-ce que vous réjouissez d'entendre à Yann Akamura la cérémonie d'ouverture chanter ? Je n'ai pas voulu polémiquer là-dessus, ce n'est pas mon style. Je ne suis pas sûr que la langue française soit magnifiée. C'est l'artiste francophone la plus écoutée. Je sais, mais ça ne veut pas rien dire. « Maintenant, bonne chance et puis on y va ».

Voilà, il y a suffisamment de drame dans notre pays pour au moins se réjouir d'une trêve pendant les JO.

2:12
Présentateur

Alors, il y a un autre sujet qui est très très important, parce qu'il est absolument central, c'est la question de la sécurité de l'organisation de cette cérémonie. Vous avez entendu le président de la République évoquer un plan B et un plan C, au-delà de la cérémonie prévue sur le fleuve. Le plan B, c'est le Trocadéro, le plan C, c'est le Stade de France. Est-ce que vous, pour le coup, en tant qu'élu de la nation, vous demandez à ce qu'il y ait un moment précis où la décision soit prise ? C'est-à-dire qu'on ne soit pas informé à la dernière seconde ? C'est le seul point grave qui m'inquiète.

2:36
Nicolas Dupont-Aignan

Voilà. Tous les experts de sécurité disent que c'est une folie. Voilà. Maintenant, vu l'extrême difficulté à assurer la sécurité dans notre pays, vu les drames qu'on a eus, vu la force du terrorisme, attention. Voilà.

2:50
Présentateur

Alors, le gouvernement se bat, évidemment, sur ces sujets-là, et se bat contre le déficit, contre la dette, Nicolas Dupont-Aignan, avec des tentatives d'économie un peu partout. Ce qui marque tout de même, c'est que le budget a été critiqué, les prévisions ont été critiquées, mais jamais jugées insincères, même par la Cour des comptes, qui est pourtant présidée par Pierre Moscovici, ancien socialiste. Est-ce que vous, vous estimez que les prévisions de Bruno Le Maire étaient insincères ? Est-ce qu'il a menti ?

3:17
Nicolas Dupont-Aignan

Mais écoutez, moi, j'ai assisté à la discussion budgétaire à l'Assemblée nationale, et tout le monde le disait. Reprenez les discours pendant la discussion de la loi de finances. Tout le monde disait, je l'ai dit moi-même à la tribune, que les prévisions de croissance retenues par Bruno Le Maire étaient délirantes. On l'a tous dit. Donc ils ne nous disent pas qu'ils ne savaient pas. Ils savaient. Ils ont fait un pari. On ne joue pas avec l'argent des Français. Et ce que je trouve le plus révoltant dans cette affaire, c'est qu'il y a des sources d'économies gigantesques devant nous, et que jamais, jamais... Alors je vais vous donner un exemple. Rapport de la Cour des comptes.

Là, ce n'est pas moi. Les fournisseurs d'accès d'électricité ont empoché 30 milliards d'euros indus. Tout ça... Mais ça y est, les rentes inframarginales, ça s'appelle. Bercy continue de les taxer l'année prochaine. Non, non, non. Et si, Bercy a prorogé la taxe sur les rentes inframarginales. Sauf qu'elle ne rapporte rien. Parce qu'il n'a pas la volonté. Parce que ce sont les copains. Parce que ce sont les coquins. Parce que c'est le prix européen de l'électricité. Ça fait des années que je demande qu'on revienne au prix national de l'électricité. On aurait évité le bouclier tarifaire parce qu'on aurait fait baisser de moitié les prix. En s'alignant sur le prix de production d'EDF.

Il y a deux pays qui l'ont fait en Europe. Donc d'où ne disent pas que ce n'est pas possible. Il y a l'Espagne et le Portugal. Ils ont d'ailleurs une croissance plus forte cette année. La France, pour obéir à l'Allemagne, pour obéir à Bruxelles, a refusé de remettre en cause le marché européen de l'électricité. A refusé de revenir à un prix national. Moralité. Ils ont inventé un bouclier tarifaire qui a coûté une fortune. Et qui a donné 30 milliards d'euros à des entreprises privées qui se sont gavées. C'est inadmissible. 30 milliards d'économies là-dessus. Vous avez 10 milliards d'économies sur l'Union Européenne qu'on peut faire demain matin. Vous avez 13 milliards sur l'Ukraine.

À quel endroit ? Vous avez 12 milliards sur les intérêts d'emprunt. Donc on n'est plus l'Ukraine ? Non. Il faut arrêter. D'accord. On laisse la Russie gagner la guerre ? On fait ce que M. Scholz a fait il y a deux jours, hier, en allant en Chine et en préparant un plan de paix. Qu'a approuvé d'ailleurs M. Zelensky. Parce que le président de la République, on en reparlera après, sur cette affaire, nous a discrédité. C'est une autre affaire. Sur l'argent, ça fait des mois, des années, que je demande qu'on n'emprunte plus à taux variable indexé sur l'inflation. Vous savez que la dette de l'État, 90% sont empruntées à taux fixe, 10% à taux variable, à des taux délirants. Oui, mais basé sur...

Ça nous a coûté 12 milliards. Basé sur quelles estimations ? Basé sur les estimations de budget. C'est faux. Non, on l'a dénoncé à l'Assemblée. Ça a coûté 12 milliards d'euros supplémentaires en 2022. Rapport du Sénat. 14 milliards en 2023. Est-ce que vous, vous empruntez, quand vous achetez une voiture, vous empruntez à taux variable indexé sur l'inflation à 9% ? Ah tiens, alors puisqu'il est question de voiture et d'argent... Attendez, 12 milliards d'euros donnés aux banques et aux marchés financiers, et après on nous explique que les chômeurs coûtent trop cher ? Après on nous explique que les pauvres coûtent trop cher ? Vous avez vu le...

Ce que je veux dire, non mais Jean-Baptiste Boursier, c'est que si on voulait vraiment faire des économies en France, on pourrait s'attaquer aux fournisseurs d'électricité privée qui se gavent, on pourrait s'attaquer aux marchés financiers qui se gavent à cause des décisions de Bruno Le Maire et d'Emmanuel Macron.

6:17
Présentateur

C'était l'Antis, groupe mondial dirigé par Carlos Tavares. Le conseil d'administration a validé hier sa rémunération. 36 millions d'euros, il y a quasiment 34 millions d'euros de bonus indexés sur les résultats du groupe, qui est très très en forme pour dire les choses. Lui dit très bien, ça ne vous va pas, faites une loi pour l'empêcher, moi je travaille, je suis à la tête d'une entreprise privée. Est-ce que cette rémunération vous choque ? Oui, elle m'a beaucoup choqué. Je vais vous dire pourquoi elle me choque.

6:40
Nicolas Dupont-Aignan

Parce que je pense qu'un homme ne vaut pas pendant un mois le travail d'une vie d'un ouvrier dans son entreprise. En un mois, il gagne bien plus que le travail d'une vie d'un ouvrier. Et je pense, et c'est Ford qui le disait, un grand capitaliste, que quand on est chef d'entreprise, on doit assurer la motivation des salariés et la cohésion de l'entreprise. Et je pense que la cupidité, l'appât du gain, à ce niveau, est indécent pour un chef d'entreprise.

7:09
Présentateur

Mais ça ne nuit pas au fonctionnement de ce talent-ci, il est même récompensé de cela. Mais c'est une question morale.

7:16
Nicolas Dupont-Aignan

Vous savez, la motivation, c'est le PDG de Toyota, premier groupe mondial. Les Japonais, 6 millions, ce qui est déjà énorme. Pourquoi 36 millions ? Mais qu'est-ce qu'il fait de tout cet argent ? Est-ce qu'il se rend compte, à titre personnel, de l'indécence de ce qu'il fait ? Vous savez que c'est très inférieur à ce qui se passe en Grande-Bretagne ou encore aux États-Unis. C'est faux, le PDG de Ford gagne 26 millions. J'ai regardé tous les chiffres hier.

7:38
Présentateur

Ah non, mais on peut parler de tous les chiffres, vous voulez. Le patron d'Apple, c'est 100 millions de dollars par an. Est-ce que cette société du fric... Je ne dis pas que c'est bien, je dis que ça existe.

7:46
Nicolas Dupont-Aignan

Je ne dis pas que cette société du fric, où il y a des gens qui dorment dans la rue partout, et où certains qui sont au sommet s'exonèrent de toute règle, n'est pas indécente. Moi, je veux... Vous savez, je ne suis pas anticapitaliste. C'est les capitalistes qui disent d'ailleurs... C'est une agence de conseil en investissement américaine, Grace Lewis, qui a dit que c'est indécent. Le capitalisme doit être régulé. Il doit être... Il doit fonctionner. D'ailleurs, je le dis parce que les Français ne croient pas que tous les patrons... La quasi-totalité des patrons français gagne mille fois... 98% des patrons français sont des PME, des TPE.

Et vous avez beaucoup de patrons français qui gagnent plus de SMIC. Donc, ce que je veux dire...

8:25
Présentateur

Monsieur Dupont-Aignan, s'il vous plaît, pour avancer... Arrêtons ce monde de fous... Est-ce que l'idée d'inviter la Russie, mais pas Vladimir Poutine, aux commémorations du débarquement le 6 juin, c'est une idée que vous comprenez ?

8:33
Nicolas Dupont-Aignan

Non. Non. Je vais vous dire, il y a eu 20 millions de morts. Russes, 20 millions de morts. Ça n'a rien à voir avec Poutine, ça n'a rien à voir avec les présidents. Il fallait inviter Poutine ? Il fallait inviter le chef d'État. Du coup, il faut l'arrêter alors ? Parce que s'il venait en France, il est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Écoutez, on va avoir la paix. Trump va arriver probablement. Le chancelier Scholz a été en Chine et a envoyé une claque magistrale à la France. Et ça me fait de la peine. Parce qu'il est en train de faire la paix. Il va y avoir des négociations de paix en Suisse. Il faut arrêter cette folie, ce que je dis depuis deux ans, qu'on aurait pu faire.

Ça va finir par la paix. Heureusement, il y aura eu malheureusement des centaines, des dizaines de milliers de morts par une politique de folie. Vous savez, il y a un moment, il y a eu 20 millions de morts soviétiques. Il n'y aurait pas eu le débarquement s'il n'y avait pas eu Stalingrad. Alors, ça n'a rien à voir avec Poutine. C'est le peuple russe. Il doit être honoré comme les Américains, comme ceux qui nous ont libérés, comme les Français qui ont été dans la résistance. Vous savez, quand on fait une commémoration, on commémore tout le monde. C'est élémentaire.

9:36
Présentateur

Monsieur Dupourgnan, à l'instant, vous dites qu'il y a eu des centaines de milliers de morts en Ukraine. Des dizaines de milliers de morts. Oui, mais c'est bien Vladimir Poutine qui a envahi l'Ukraine.

9:42
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, et avant, il y a eu le Donbass qui a été attaqué par l'Ukraine, et il y a eu des bases de l'OTAN qui ont avancé avec les bases de la CIA qu'on vient de découvrir, le New York Times. Ce n'est pas moi, c'est un conflit dans lequel... C'est bien Poutine qui a tenté un blitzkrieg sur Kiev. Mais c'est évident, je l'ai condamné. Simplement, maintenant, on fait quoi ? Le continent européen est en train d'être ruiné. L'industrie allemande s'effondre. L'industrie française paye son électricité trop cher. Les entreprises, les investissements mondiaux vont pour 54% en Asie, 28% aux Etats-Unis, 10% en Europe. Le continent est en train de se suicider. Moi, je suis comptable de l'avenir du pays.

J'ai envie que les Français s'en sortent. Et je dis que cette guerre n'est pas bonne pour la France. Un dernier mot au sujet de l'Europe.

10:23
Présentateur

Mais il y aura eu beaucoup de morts inutiles. Vous avez renoncé à conduire une liste aux élections européennes. Oui. Vous regardez, j'imagine, les sondages. Est-ce que votre suffrage, votre soutien va toujours au Rassemblement national et donc à la liste conduite par Jordane Bardella ?

10:34
Nicolas Dupont-Aignan

Il n'y a pas de soutien à personne. J'ai très clairement dit qu'il fallait battre la liste macroniste et la liste Guxman, qui est une liste de disparition de la France. J'ai très clairement dit qu'il y avait l'embarras du choix et que je n'ai pas fait de liste justement parce que je pense être plus utile à l'Assemblée nationale, parce que je demande une dissolution, je demande une motion de censure, je veux qu'on n'attende pas trois ans à voir la France décliner comme ça. Et il y a l'embarras du choix entre les plus souverainistes, M. Philippot, M. Bardella ensuite, Mme Maréchal, et les électeurs de Debout la France choisiront entre les différentes listes. Il y a l'embarras du choix.

Ce qui compte pour moi, c'est vraiment la motion de censure à la rentrée, deux nouvelles élections, une alternance rapide, ne pas attendre 2025. Merci d'avoir été avec nous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.

11:18
Locuteur

Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.