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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 18 juillet 2024Fond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & famille

Ouverture de la XVII législature de l'Assemblée nationale : discours de José Gonzalez (RN)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30José GonzalezFait
    « Une nation aujourd'hui endeuillée par la mort de personnes, dont trois enfants, dans un incendie, dont tout porte à croire qu'il est criminel et lié au trafic de drogue »
  • 5:00José GonzalezFait
    « Nous entrons dans une période qui met l'Assemblée nationale au cœur du jeu politique, au moins pour un an »
  • 7:30José GonzalezFait
    « Nul ne sait comment se déroulera cette séquence inédite en 60 années d'histoire parlementaire »
  • 9:10José GonzalezFait
    « Il n'y a pas pour un pays de pire politique que la politique du pire »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ouverte la 17e législature de l'Assemblée nationale et la cession de droit prévue par l'article 12 de la Constitution. Mesdames, Messieurs, chers collègues députés, Je ne sais si l'âge est un privilège, mais d'ouvrir cette séance solennelle l'est incontestablement. Pour moi, enfant du peuple, élu d'une circonscription populaire de notre beau midi en Provence, et français né sous le soleil d'un autre continent qui y a appris par son déchirant déracinement, le sens du mot patrie, c'est, pour la seconde voie de ma vie, un immense honneur.

Je vous le dis, c'est avec émotion que je m'exprime devant vous, qui êtes les représentants d'une entité chère à mes yeux, la plus chère qui soit, la nation française. Une nation aujourd'hui endeuillée par la mort de personnes, dont trois enfants, dans un incendie, dont tout porte à croire qu'il est criminel et lié au trafic de drogue, je vous en ai parlé à l'instant. Qu'il me soit permis de féliciter les collègues de la précédente mandature pour leur réélection.

Qu'ils voient dans cette reconduction la reconnaissance de leur engagement au service des citoyens, des citoyens de leur circonscription et de leur travail parlementaire. A ces félicitations, j'ajoute celles que j'adresse aux nouveaux élus qui nous rejoignent au sein de cette vénérable Assemblée, avec des souhaits de bienvenue et des vœux sincères de réussite dans leur nouveau mandat. J'en profite pour remercier en notre nom à tous le personnel de l'Assemblée, qui, hier comme demain, nous permettra d'exercer notre mandat dans les meilleures conditions possibles.

Nous avons affirmé qu'il s'adresse humblement à vous cet après-midi. C'est aussi un Français patriote qui souhaite le meilleur pour son pays et tout particulièrement pour son peuple. La paix, la concorde civile et la fraternité.

A ceux qui ont, comme moi, vécu pour leurs idées, la vie à enseigner au soir de leur existence, le respect pour ceux qui s'engagent, la tolérance pour ceux qui s'expriment et l'indulgence pour ceux qui se trompent. A mes collègues de tous bords et notamment aux plus jeunes d'entre nous, bouillants d'une ardeur militante, mais aussi peut-être de l'impatience et parfois de l'intransigeance de la jeunesse, je les invite à entraîner cette Assemblée par le dynamisme positif de leurs idées. Il me semble que personne ne souhaite revivre les débordements malheureux qu'on a pu connaître dans la précédente mandature et qui, je le crois, ne revoient pas une image tout à fait exemplaire de notre institution.

C'est tout à notre honneur d'entrer ici avec nos convictions et parfois nos passions. Elles sont saines et légitimes, ne serait-ce que parce qu'elles sont adoubées par le suffrage universel. Sur tous les bancs, nous les défendons avec sincérité, ferveur et le soutien que chacun de nous se fait du bien commun.

Plus que partout ailleurs, l'esprit démocratique comme le respect de l'opinion de l'autre ne doit jamais se dissiper. Il nous enjoigne d'exprimer nos convictions avec tempérance et civilité, avec raison et esprit de responsabilité. Politesse et politique sont intimement liées.

Les joutes verbales les plus belles, c'est-à-dire les plus élevées, sont généralement les plus courtoises, les plus subtiles, les plus spirituelles. Elles disqualifient les absurdes vociférations et les puérils évectifs. Les esprits supérieurs s'expriment dans cet hémicycle davantage par l'intelligence que par l'intempérance, davantage par le lyrisme que par le bellicisme.

La confrontation des idées est féconde, celle des hommes est destructrice. Notre responsabilité est d'autant plus grande que la France nous regarde. Nous qui, par notre attitude et nos propos, inspirons le débat politique sur tout le territoire, lui donnons sa tonalité, le façonnons pour l'image que nous en renvoyons.

L'écho de nos débats, que l'on peut croire étouffés dans cette enceinte sans fenêtre, ici, sur les bords de la Seine, loin du pays profond, et parfois dans les interminables séances de nuit, résonnent en réalité dans tout le pays. Dans l'intérêt de tous et de la France, nous devons prendre garde de ne pas ajouter à la division des Français, de ne pas accroître les tensions de la société ou entretenir, même indirectement, par notre comportement, en quoi que ce soit, l'agressivité, ce climat dangereux qui tente à s'installer partout et dont il nous appartient instamment de prémunir le pays. Si tout peut nous séparer, qu'au moins l'origine de la violence politique puisse nous rassembler.

Au seuil de cette mandature, je forme donc le vœu que cette enceinte, la maison du peuple et de la démocratie, soit un lieu où s'expriment les convictions, toutes les convictions, mais dans un climat apaisé et respectueux. Cette exigence s'impose autant plus que la mandature qui s'ouvre n'est incontestablement pas comme les autres. D'abord parce que les alliances entre deux tours, pour le moins baroques, ont pu forger des logiques de rejet plus que de projet.

Au moment où le pays emploie à des graves crises et à des urgences, notamment sociales, nos concitoyens ont davantage besoin de solutions que de confrontations. Mais surtout, à rebours de la logique présidentialiste de notre Ve République, nous entrons dans une période qui met l'Assemblée nationale au cœur du jeu politique, au moins pour un an, jusqu'au moment où le chef de l'État retrouvera constitutionnellement le droit de dissolution. Nous, parlementaires, devons être conscients de cette nouvelle responsabilité et, comme dépositaires, un temps de se pouvoir renforcer, nous ont montré dignes.

Sortir de cette situation paradoxale dans laquelle le président a imprudemment embourbé le pays exige aussi, faut-il le rappeler, de la part de l'exécutif de rompre avec certaines pratiques. Dans le passé et encore récemment, elles ont été ressenties par nombre de parlementaires comme peu respectueuses de la représentation nationale et même, par la méconnaissance de l'esprit des lois, comme peu en phase avec une démocratie moderne. Nul ne sait comment se déroulera cette séquence inédite en 60 années d'histoire parlementaire, mais personne ne peut souhaiter de voir le pays livré au blocage, au chantage ou au marchandage.

Il n'y a pas pour un pays de pire politique que la politique du pire. Pour autant, ce retour accidentel à la funeste 4e République n'est en aucune manière souhaitable pour un pays. Les défis sont immenses et la situation nationale ou internationale appelle non pas un gouvernement technique ou qui expédierait les affaires courantes, mais un retour résolu du politique, c'est-à-dire d'une vision et d'une volonté politique.

C'est sans nul doute ce qui nous attend dans un an. Ce retour au fonctionnement normal de nos institutions sera à l'édidence pour le bien du pays. Je vous remercie.

Ouverture de la XVII législature de l'Assemblée nationale : discours de José Gonzalez (RN) — José Gonzalez · Pourquijevote