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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 29 avril 2024 6 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & international

Crise politique en Espagne : "Il y a eu une accumulation de menaces" contre Pedro Sánchez

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il reprochait à sa femme ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi Pedro Sánchez dit-il être victime d'une campagne de déstabilisation ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    La droite et l'extrême droite sont-elles à la manœuvre dans cette enquête ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Si Pedro Sánchez démissionne, l'extrême droite pourrait-elle arriver au pouvoir ?

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Pedro Sánchez a annoncé sa démission de manière surprenante, comment ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurFait
    « Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, envisage de démissionner à cause d'une enquête pour corruption qui vise son épouse. »
  • 1:05PrésentateurFait
    « L'enquête a été ouverte sur un possible trafic d'influence. »
  • 1:53InvitéFait
    « Le Parti populaire a été extrêmement surpris de cette initiative qui vient plutôt de l'extrême droite, d'un petit groupuscule qui s'appelle Manos Limpias. »
  • 3:51PrésentateurFait
    « Il y a une vraie crainte que si Pedro Sánchez démissionne et qu'il y a de nouvelles élections, l'extrême droite arrive au pouvoir. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h22, l'Espagne est en plein séisme politique. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, envisage de démissionner à cause d'une enquête pour corruption qui vise son épouse. Depuis mercredi soir, il a annulé tout son agenda officiel pour prendre le temps de réfléchir. Il doit rendre sa décision aujourd'hui. Bonjour Nassim Abaron. Bonjour. Vous êtes professeur à l'université Gustave Eiffel et à l'école des Ponts Paris Tech. Vous avez écrit plusieurs livres sur la politique espagnole. D'abord, pour qu'on comprenne bien, qu'est-ce qu'il reprochait à sa femme ?

0:37
Invité

Alors, sa femme intervient dans le domaine universitaire, elle a comploté NC. Et dans ce cadre-là, elle est en contact avec des chaires d'entreprises. Donc, elle aurait signé un courrier de soutien parmi de nombreux autres soutiens pour un chef d'entreprise qui, dans le cadre de volonté de recevoir des fonds publics après le Covid, pour une entreprise aérienne d'ailleurs qui avait connu des difficultés économiques, aurait eu besoin de ces soutiens.

1:05
Présentateur

Et l'enquête a été ouverte sur un possible trafic d'influence. C'est ça le terme exact. Pourquoi le Premier ministre, Prédo Sanchez, dit qu'il est victime d'une campagne de déstabilisation de la part de la droite et de l'extrême droite ?

1:17
Invité

Écoutez, ça fait de nombreux mois que cette droite et cette extrême droite contestent finalement la légitimité du fait qu'il occupe ce poste de président du gouvernement. Et donc, c'est une manière de revenir sur des élections de 2023 que le PP pensait avoir gagné. Parti populaire, ça c'est la droite. Et voilà, et qu'il n'a pas réussi à obtenir une majorité au sein de la Chambre des Cortès pour proposer un gouvernement roi.

1:46
Présentateur

Mais là, plus particulièrement sur cette affaire, qu'est-ce qu'ils ont fait, la droite et l'extrême droite, en lien avec cette enquête sur sa femme ? C'est elles qui sont à la manœuvre ?

1:53
Invité

Non, le Parti populaire a été extrêmement surpris de cette initiative qui vient plutôt de l'extrême droite, d'un petit groupuscule qui s'appelle Manos Limpias, main propre, et qui veut nettoyer la politique, les écuries d'Ogias. Mais évidemment, a utilisé cette initiative en disant « Oui, oui, non, non, mais c'est un gouvernement qui ne tient plus du tout, qui n'a jamais été légitime et donc c'est à nous de prendre maintenant les choses en main. » Alors aujourd'hui, quelles sont les options possibles pour Pedro Sanchez ? Eh bien, je pense que ce moment est probablement un moment de réflexion profonde.

On l'identifie un petit peu comme un coup de théâtre, une dramaturgie, un coup un petit peu tactique. Vous savez, on est évidemment dans un contexte électoral. Nous sommes pendant les élections européennes, ça ne vous échappera pas. On est aussi dans le cadre d'une campagne régionale. Ce sont les élections régionales en Catalogne qui auront lieu le 12 mai. Et donc, il y a aussi une campagne du Parti Socialiste. Dans ce cas-là, du Parti Socialiste catalan, bien évidemment. Et l'avenir de la Catalogne politique importe toujours un petit peu à Madrid, vous vous en doutez. D'autant que les indépendantistes catalans font partie de la coalition gouvernementale.

Oui, pour l'instant, si Sanchez partait, effectivement, cette idée de, vous savez, d'effacer un petit peu le process et donc, toute la suite juridique qui a eu lieu avec les indépendantistes serait aussi un petit peu, l'amnistie serait un petit peu entre parenthèses. Donc, voilà, c'est un petit peu, je pense que c'est lu comme la volonté probable de rassembler la gauche, de ressouder, de consolider. On a vu toutes ces manifestations qui ont eu lieu, justement, devant le siège du Parti Socialiste week-end en disant « Reste, Pedro Sanchez, ne te laisse pas impressionner par des menaces, des menaces d'extrême droite. » Donc, peut-être...

3:47
Présentateur

Il y a une vraie crainte que si Pedro Sanchez démissionne et qu'il y a de nouvelles élections, l'extrême droite arrive au pouvoir. C'est ça, en fait, qui est craint par...

3:55
Invité

Elle n'arriverait pas toute seule, elle arriverait dans le cadre d'une coalition populaire, potentiellement. Donc, bon, l'idée, c'est qu'il y a peut-être un coup tactique ou peut-être, et c'est ce qui inquiète, évidemment, la gauche et une partie du pays, il y a peut-être une espèce de fatigue d'un président qui a donc été harcelé. Il y a eu une accumulation, finalement, de menaces. Et puis, le fait que ça touche un cercle, finalement, familial, intime, personnel, c'est quelque chose qui blesse presque plus que si c'était, j'allais dire, un simple débat parlementaire. Vous savez, la vie politique, elle est musclée, là-bas. Il y a les noms d'oiseaux de tous les jours à l'Assemblée.

Oui, oui, oui, il y a une crispation politique depuis des années. Mais néanmoins, ça touche la famille, ça touche l'épouse. Enfin, voilà, ça impacte peut-être différemment.

4:43
Présentateur

Vous parliez tout à l'heure de dramaturgie, Nassima Baron. Il faut dire que, mercredi soir, quand Pedro Sanchez a annoncé qu'il envisageait de démissionner et qu'en tout cas, pour le moment, il mettait tout en pause, il l'a fait de manière très surprenante. Il a fait un tweet. Il n'avait prévenu personne, apparemment même pas le roi de son intention. Donc, c'est l'initiative qui a vraiment surpris tout le monde. On sait de quelle façon il va communiquer aujourd'hui ?

5:05
Invité

Non, non, le pays est vraiment suspendu dans l'incertitude. Ses plus proches collaborateurs, au gouvernement, au parti socialiste, les collaborateurs techniques à la Mancloa, tout le monde est mis à l'écart. Donc, c'est vraiment le splendide isolement. Il a deux candidats. Alors, les ministres commencent à réfléchir. Parce que, que pourrait-il se passer ? Il y a une vice-présidente. Il y a des vice-présidents au gouvernement. Donc, il y a une vice-présidente. Voilà, Maria Rézou-Smantero sait qu'elle viendrait, j'allais dire, dans l'ordre directement aux affaires. Ça veut dire qu'il n'y a pas d'élection s'il démissionne ? Alors, en fait, s'il démissionne, on passe devant la Chambre.

Soit on reste sur les députés qui existent. On leur pose la question de confiance. Et ils votent, effectivement, pour la vice-présidente. Soit Pedro Sánchez décide de la dissolution. S'il y a dissolution, il y a des élections générales.

6:00
Présentateur

Merci pour vos explications, Nassima Baron, professeure à l'université Gustave Eiffel et à l'école des ponts Paris Tech. Et sachez que le 18-20 de Fabienne Sainte sera en direct de Madrid ce soir. Émission spéciale pour parler de cette crise politique et des élections européennes vues d'Espagne.