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interviewC dans l'air· 3 avril 2025 9 min

Marine Le Pen : un procès en appel en 2026 - Reportage C dans l'air 02.04.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

du calendrier judiciaire, mais les obstacles restent nombreux. En attendant, le RN lance la contre-offensive et en appelle au peuple et à ses soutiens. - Elle le répète ce matin à la une du "Parisien"...

La contre-attaque de M.Le Pen se poursuit. Hier, une porte s'est même ouverte.

La cour d'appel a fait savoir que son recours pourrait être examiné et faire l'objet d'une décision à l'été 2026. ...

L'espoir de pouvoir concourir en 2027 renaît. Encore faut-il que le jugement en appel lui soit plus favorable. En attendant, M.Le Pen veut transformer l'indignation de son camp en riposte politique.

Elle donne rendez-vous ce dimanche à Paris à ses électeurs, pour un rassemblement. - J.Bardella: Ce n'est pas un coup de force.

C'est une défense très claire et très profonde de l'Etat de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation pour la démocratie française. Il faut que les Français aient conscience de ce qui se passe dans le pays. - S.Chenu: On a lancé une pétition.

En quelques heures, on avait plus de 300 000 signataires. On a eu 10 000 adhésions nouvelles dans la journée d'hier. - Faire feu de tout bois et utiliser toutes les voies de recours possibles.

M.Le Pen annonce également saisir le Conseil constitutionnel ainsi que la Cour européenne des droits de l'homme sur son dossier. Et pourquoi pas changer la loi, tout simplement?

F.Bayrou lui-même envisage de revenir sur la question de l'exécution provisoire pour les peines d'inéligibilité. - F.Bayrou: Ce sujet mérite interrogation.

S'il y a interrogation, c'est le Parlement qui doit s'en saisir. - Ce matin, c'est un allié de M.Le Pen qui embraye.

Son groupe va déposer une proposition de loi en ce sens en juin prochain. - E.Ciotti: L'exécution provisoire, c'est une peine de mort politique.

Si on ne peut pas se présenter à une élection et qu'après, la cour d'appel ou la Cour de cassation vous innocente, le dommage sera irréversible. - Modifier la loi permettrait au camp Le Pen de contourner la justice, dénoncent les opposants au RN. Mais face aux accusations de scandale démocratique, eux veulent rappeler les faits reprochés. - X.Bertrand: Madame Le Pen n'est pas victime d'une erreur judiciaire.

Elle a été reconnue coupable par le tribunal correctionnel de faits extrêmement graves: détournement de fonds publics. Et pas une petite somme, plus de 4 millions d'euros. - P.Thevenot: On ne parle pas de voler une orange ou une pomme.

On parle de plus de 4 millions d'euros détournés sur un système très sophistiqué pendant plus de 12 ans. - Suite aux attaques répétées depuis lundi contre les juges, E.Macron a voulu rappeler 3 principes ce matin en Conseil des ministres: l'indépendance de la justice, la protection des magistrats contre les menaces et le droit au recours de tous les justiciables français. - C.Roux: On était déjà en plein débat!

B.Sananès en rajoutait...

On va revenir sur la stratégie du duo Bardella-Le Pen. Question. - N.Schuck: Encore faudrait-il que le RN parvienne à mobiliser rapidement sur un délai extrêmement court.

Le RN n'a pas une tradition de mobilisation dans la rue comme LFI. D'autant plus que Paris, ce n'est pas spécialement là où le parti fait ses plus gros scores électoraux. Vont-ils avoir les moyens d'affréter des cars, de faire venir les gens?

On peut se demander ce que ça va donner. Un coup de force, je suis sceptique. Ca renvoie surtout une image de panique.

Depuis que la décision a été rendue, on voit que le RN et en particulier M.Le Pen essaient d'appuyer sur tous les boutons d'un avion qui ne répond plus et est en train de se crasher. En interne, beaucoup de gens se disent que ce n'est pas un trou de souris mais un trou de fourmi.

A quel moment il va falloir lui faire comprendre qu'elle ne doit pas rester? - C.Roux: C'est ce que vous avez compris des échos des proches de M.Le Pen? - N.Schuck: Pour l'instant, c'est le choc.

Mais quand vous voyez le calendrier judiciaire tel qu'il peut se dessiner...

Si elle arrive à se sortir de ça, c'est Houdini! Est-ce qu'un camp qui aspire au pouvoir peut prendre le risque d'être percuté et de ne pas se préparer? Quand elle est intervenue lors du premier 20h suite à la décision, on a vu qu'elle ne voulait pas laisser la place pour l'instant.

Mais il faut quand même préparer l'alternative, qui est a priori J.Bardella. - C.Roux: Est-ce que ça peut être sanctionné dans les urnes? "Je serai candidate", ça veut dire peu importe la justice et les condamnations...

Elle semble laisser penser que ça ne pèsera pas? Que le lien qu'elle a avec son électorat est suffisamment fort pour qu'on lui pardonne ce qu'elle considère comme une erreur administrative? - B.Sananès: Elle n'a qu'en partie raison.

Ce lien est très fort avec son coeur électoral. Quel est le problème du RN? Ca reste le second tour.

On l'a vu aux législatives et aux présidentielles. Le potentiel de fidélisation et d'élargissement du socle que le RN a enregistré depuis plusieurs années, avec la stratégie de dédiabolisation, avec le ticket Bardella-Le Pen, qui a élargi à des frontières sur lesquelles le RN n'allait pas...

On est à 2 ans de l'élection présidentielle, mais elle est largement en tête. Au second tour, comment aller chercher de nouveaux électeurs avec des mis en cause et la décision de justice? Je pense par exemple aux électeurs de droite, aux personnes âgées, très sensibles à la question de l'ordre et des institutions.

Je ne suis pas sûr que la stratégie retenue permette cet élargissement. - C.Roux: Le retour au candidat antisystème, à une brutalité dans le discours... - B.Sananès: C'est très mobilisateur pour le premier tour.

Ca permet à ce capital électoral de ne pas être dilapidé ou tenté d'aller voir ailleurs. Je ne suis pas sûr que ça permette l'élargissement. - B.Morel: Le problème fondamental, c'est que le RN construit depuis des années une stratégie de second tour avec un élément majeur qui est M.Le Pen.

Par la colère, une candidature Bardella peut être portée assez haut. En revanche, vous n'avez pas une candidature crédible pour un second tour. Il n'y a pas beaucoup d'alternatives.

J'ai peut-être une nuance. L'électorat de centre-droit est échaudé historiquement par l'affaire Fillon. Quand on prend un certain nombre d'enquêtes aujourd'hui sur la confiance dans la justice, quelque chose s'est brisé.

Est-ce qu'il n'y a pas là une conjonction des colères contre les juges qui peut être faite? - C.Roux: On va en reparler en évoquant aussi le cas de M.Maréchal, qui pourrait retrouver un espace.

Vous avez cité F.Fillon. On est d'accord que ce que veut faire le RN dimanche, c'est ce qu'avait fait F.Fillon au Trocadéro? - N.Mauret: Absolument.

Il y avait eu cette histoire de détournement d'argent public. Ce n'est pas tout à fait la même histoire, mais ayant été mis en examen, il avait tenté le tout pour le tout et fait ce qu'il appelait "l'appel au peuple". C'est exactement la même stratégie. - C.Roux: Et la victimisation! - N.Mauret: Oui.

F.Fillon, c'était place du Trocadéro. Mais les mêmes thèmes étaient sous-entendus.

C'était contre le système. La différence, c'est que M.Le Pen, aujourd'hui, avait cessé d'employer ce terme.

En 2022, elle ne parlait plus du système. Elle avait envie d'accéder au 2e tour, d'être présidente de la République. Elle disait qu'elle était une candidate comme tout le monde.

Là, le fait de rejouer la victimisation, ça peut montrer de façon très forte qu'elle est affaiblie. Je ne suis pas sûre que ça va jouer à son avantage. Peut-on jouer la candidate antisystème quand on fait 11 millions de voix, quand on a 120 députés et qu'on se revendique comme étant le parti le plus important de France?

Je n'en suis pas certaine. - C.Roux: Ca heurte la stratégie mise en place par le RN?