103e Congrès national : L'alternative - Le discours de Carole DELGA
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Bonjour à toutes et bonjour à tous. Je suis très, très heureuse d'être avec vous pour ce 63e congrès avec un score exceptionnel, Monsieur le Président. Donc, félicitations, cher Guillaume. Vraiment, cher Guillaume, je suis ravie. Et c'est vrai que dans cette salle, je pourrais saluer les unes et les autres, souvent par leur prénom, parce qu'en effet, il y a une histoire commune. Donc, merci, Guillaume, pour cette invitation. Merci, Laurent, pour cet accueil toujours de qualité à la beige.
Je salue bien sûr mon premier vice-président, Didier Codorniou, puis bien sûr le président du groupe PRG, Vincent Garel, l'ensemble des conseillers régionaux d'Occitanie qui sont ici présents, et des radicaux de gauche et socialistes et divers gauches. Bien sûr, Monsieur le Président du Tarn-et-Garonne, cher Michel, Madame la Présidente du département des Pyrénées-Orientales. Je crois qu'il y a Monsieur le Président du département du Tarn. On s'est croisés. Voilà. D'accord. Et puis, également, saluer mon amie Sylvia Pinel.
Je suis très heureuse de voir Sylvia rappeler tout l'immense travail qu'a mené Sylvia, bien sûr, en tant qu'élue locale, en tant que députée, en tant que présidente de ce beau parti, en tant qu'aussi ministre de talent. Tu sais, toute l'amitié, toute la sincérité qui nous unit. Et puis, bien sûr, je parlerai de l'éminent Jean-Michel Baillet. Alors, ici, comme on se connaît bien, beaucoup savent qu'avec Jean-Michel Baillet, nous avons tous les deux deux caractères impertinents, bouillonnants, et que donc, parfois, nous pouvons avoir des conversations vives, mais qu'il y a la fidélité, l'amitié, la sincérité, la solidité. C'est vraiment un plaisir d'être à vos côtés, président Baillet.
Et puis, voilà, je sais aussi que nous partageons un idéal politique, mais nous partageons aussi une éthique de vie et que dans les moments difficiles, et l'un et l'autre, nous savons être là. Je salue également, donc, la sénatrice des Hauts-Pyrénées, chère Maryse, d'être là, l'ensemble des maires, l'ensemble des militants. Je salue M. le président du département de la Loire-Atlantique, Michel Ménard. Donc, nous sommes amis, nous avons été députés ensemble, et puis, nous avons continué, malgré la distance, à toujours travailler, à toujours avoir de l'estime.
Et également, David Habib, qui, je pense, est par là, cher David, que j'étais, bien sûr, allé soutenir au mois de mai, pour le lancement de sa campagne victorieuse, donc, dans les Pyrénées-Atlantiques. Saluer, mais surtout, avant tout, remercier. Remercier Bernard Cazeneuve, qui nous fait, en effet, l'honneur, l'amitié d'être ici. Bernard Cazeneuve, cela a été rappelé, tout ce qu'il a mené à notre pays, à notre République. Et nous sommes, là, bien entendu, à ses côtés, avec lui, en soutien, en reconnaissance, en fidélité et en action.
Alors, aujourd'hui, j'ai le sentiment de vous accueillir chez vous, parce que l'Occitanie, c'est une histoire imbriquée, fortement, avec les radicaux de gauche, avec, bien sûr, sur ces terres occitanes et catalanes, un rapport de travail continu entre les socialistes, l'ensemble des forces de gauche, les radicaux de gauche, parce que, dans cette terre, nous savons les valeurs républicaines, à quel point elles sont importantes. Liberté, égalité, fraternité, laïcité, oui, nous le savons. Et c'est vrai que, pour nous, la question républicaine est ancrée dans nos tripes, nous, la gauche de l'Occitanie.
Et quand je dois expliquer cela à des médias parisiens, je l'explique tout d'abord qu'en Occitanie, une république qui tombe, nous l'avons vue, de l'autre côté des Pyrénées. Nous l'avons vue avec, bien sûr, le fait que Toulouse a été capitale de la République espagnole, en exil. Et nous savons que, si nous ne prêtons pas attention à la République, si nous ne consolidions pas, jour après jour, les fondations de la République, elles peuvent tomber. Parce que, dans toutes les familles d'Occitanie, il y a un lien de parenté avec un républicain espagnol. Et nous savons à quel point la fin d'une république peut être meurtrière et peut marquer à jamais des générations et des générations.
Et puis, en Occitanie, nous avons connu l'horreur. L'horreur, 56 ans après, c'était en 2012. 56 ans après le dernier enfant mort parce que juif sur le territoire français, nous l'avons connu à Toulouse. Les enfants, en 2012, sont morts parce que juifs. Et quand nous avons vu, toutes et tous, la une de la dépêche du midi, avec la photo de ces enfants, cela nous a marqués. Et cela marque, bien sûr, un inconscient populaire. Parce que l'ignominie, la mort la plus abjecte, la plus injuste, nous l'avons connue. Oui, sur ce sol, des enfants ont été assassinés parce que juifs. Et c'est pourquoi, en Occitanie, la République, elle est dans nos tripes.
Et c'est pourquoi nous n'acceptons pas la moindre faiblesse sur ces sujets-là. Parce que nous voudrions pouvoir dire plus jamais ça. Nous pensions, en France, être protégés de cela, mais non, malheureusement. Après cette terrible seconde guerre mondiale, après, bien sûr, les régimes fascistes et nazis, eh bien, nous avons vu des réjurgences terribles, des ténèbres, pouvoir nous toucher à nouveau. Et c'est pourquoi, dans le combat contre l'extrême droite, nous sommes toujours mobilisés. Et que nous demandons de la clarté et de l'engagement. Et que le vote blanc, pour nous, n'est pas admissible. Parce que le vote blanc, c'est mettre au même niveau des opinions.
Et là, nous avons, pour la République, pour celles et ceux qui ont été meurtres et tués, pour la République espagnole, pour ces enfants morts parce que juifs, non, nous avons un combat en action, et certainement pas en neutralité ou en détournement du regard par rapport à l'extrême droite. Bien sûr, être dans un congrès du parti radical de gauche, certains, sans doute, c'est bien sûr pensé à François Fortassin. Parce que, voilà, Guillaume, tu l'as indiqué, je ne sais pas parler de lui sans avoir de l'émotion. Parce que je sais tout ce qu'il m'a apporté, à quel point il m'a élevé. Et lors de ma première élection de présidente de région, j'ai salué deux personnes.
J'ai salué deux personnes à qui je savais ce que je devais, à qui je devais tant. Quand vous me voyez avec des photos où je lève la main à droite, c'est parce que je saluais François Fortassin. Et quand je levais ma main à gauche, c'est parce que je saluais Martin Malvi. Voilà, les deux étaient là. François Fortassin est venu aux bras, Pascal de certains, parce qu'il marchait difficilement. La maladie progressait fortement. Mais il avait tenu à être là. Parce que, dans ces moments-là, il savait la puissance de l'image. Et il savait à quel point sa présence, cette image dans mes souvenirs, me soutiendrait dans les bons moments, pour avoir encore plus l'agnacle.
Et dans les moments plus difficiles, pour justement ne jamais baisser les bras. Et donc, une pensée, bien sûr, fidèle, une pensée affectueuse. Nous partageons, en effet, des valeurs communes pour cette gauche républicaine que nous incarnons. La gauche républicaine, parfois, on me dit, mais qu'est-ce que c'est ? La gauche républicaine, c'est la justice sociale, parce que c'est cela. La gauche, c'est le partage des richesses, partage équitable. Et cela veut dire qu'il y a une production de la richesse, et puis après, il y a un partage. Et c'est pour ça que nous voulons une croissance en conscience. C'est l'humanisme, forcément. C'est la laïcité, bien sûr. C'est la gauche charlie.
C'est la gauche charlie. Je tiens à le rappeler. C'est la construction européenne. Parce que, bien sûr, l'Europe a des travers, a des grandes améliorations. Mais ce que nous voulons, nous voulons plus d'Europe pour mieux d'Europe. Parce que l'Europe, elle a quand même une grande vertu. C'est qu'elle nous a protégés de la guerre. Et qu'aujourd'hui, sur tous les pays européens, il n'y a pas la guerre. Et ça nous semblait évident, la paix. Eh bien, non, ce n'est pas évident. Et je pense, bien sûr, au peuple ukrainien qui est sous les bombes. Et je rappelle tout notre soutien, plein et entier, au peuple ukrainien.
Et là aussi, il ne peut pas y avoir de neutralité quand un peuple est envahi, quand un peuple est oppressé. La gauche républicaine, c'est aussi la sécurité républicaine. Parce que nous voulons la sécurité, en particulier pour les plus fragiles. Parce que l'insécurité, elle frappe en premier les familles les plus modestes. Et non, la police ne tue pas. La police, elle protège. Et puis, la gauche républicaine, c'est l'éducation pour tous. C'est l'éducation pour tous. Et de retour, il y a de ça dix jours du Sénégal, vous pouvez mesurer à quel point l'éducation pour tous, c'est une absolue nécessité.
Parce que quand l'école n'est pas accessible à des enfants, on voit bien que leur avenir va être très rétrécis, leur avenir va être très difficile. Et l'école, c'est ce qui permet l'émancipation. L'école, c'est ce qui permet de découvrir de nouveaux horizons, de pouvoir progresser. Et oui, l'éducation, c'est notre ciment. Alors, je me permets, Sylvia, de t'associer à mes propos, parce que nous sommes toutes les deux le produit de la méritocratie républicaine. Et nous savons d'où nous venons. Nous ne nous l'oublions jamais. Nous en sommes eux-mêmes fiers. Ça nous permet de résister contre vents et marées.
Mais nous savons aussi que si sur notre chemin, il n'y avait pas eu des enseignants qui ont prêté attention à nous, petites filles un peu impressionnées, qui, dans notre milieu, on nous avait dit surtout d'être sages, surtout de se taire. Alors, vous voyez à Sylvia et moi le combat que ça nous avait demandé, parce que déjà, petite, on était un peu bavarde. Voilà. Eh bien, on nous avait bien dit qu'il fallait surtout être sages, bien écoutés, que si on ramenait une punition, on ne nous demanderait pas pourquoi, mais on aurait le double. Voilà. Donc, on est arrivé, j'ai 10 lignes à faire, mais non, t'en as 20. Bon, voilà. Et ça nous a appris.
Et ça nous a permis, justement, en étant un peu moins turbulentes à l'école, d'écouter, d'apprendre, de progresser. Et c'est vrai que l'instruction publique, l'éducation nationale, c'est celle d'un bourgeois, d'Aristide Briand, de Gaston Doumergue, de Jean Zé. Autant de références pour la gauche de progrès. Et ce n'est pas un hasard si beaucoup d'enseignants de l'éducation nationale, missionnés pour instruire la jeunesse, étaient issus du midi républicain et humaniste. Ils ont inculqué ces valeurs dans nos parcours. Parce que cette gauche républicaine, c'est celle qui est l'avenir.
Donc, la gauche, quand elle ne sait s'appuyer que sur les peurs, quand elle ne sait créer que du tumulte, quand elle se recocqueville, en fait, cette gauche, elle ne gagne pas. Elle ne gagne pas, en s'élevant, elle ne gagne pas, électoralement. La gauche, au contraire, qui rassemble, qui est volontariste, qui est exigeante, bien entendu, mais qui est accueillante et qui s'est rassemblée pour créer une force collective, c'est cette gauche du lien qui est absolument indispensable. Elle est indispensable, cette gauche, face à nos adversaires.
La droite, qu'elle soit sarkoziste ou macroniste, c'est celle qui nous gouverne aujourd'hui, qui a abîmé nos valeurs, qui laisse faire le marché au nom d'un dogme néolibéral, qui creuse les inégalités, qui ferme les usines, malgré des grandes déclarations, et qui abandonne le service public. Et puis, adversaire de toujours, la droite, ennemie, ennemie de la République, avec l'extrême droite. Les populistes nationalistes qui veulent remplacer nos valeurs humanistes par le rejet de l'autre, par le racisme, par la xénophobie, par l'autoritarisme, par l'affrontement des civilisations. Parfois, ils osent tout. Audiard disait que c'est à ça qu'on les reconnaît.
Et ils osent se revendiquer de la laïcité. Et bien sûr, mensonge, mensonge et manipulation. Parce que, comme le définissait Aristide Briand, la laïcité, c'est la protection de la foi du moment que la foi ne dit pas la loi. En France, la loi est toujours au-dessus de la foi. Il n'y a à avoir aucune compromission avec le communautarisme. Et il faut vraiment rappeler que l'extrême droite, c'est l'ennemi de la République. Et que l'extrême droite, c'est ceux que ces soldats, morts au front, ont combattu sur la Seconde Guerre mondiale. Et oui, devant les monuments aux morts, devant ces hommes qui ont donné leur vie pour notre liberté, pour notre République, nous devons nous tenir droits.
Et c'est pourquoi nous devons avoir la clarté, le courage d'indiquer que l'extrême droite est forcément l'ennemi de la République. Sans la rappeler, nous sommes une majorité régionale, soudée, solide, fidèle au sein de l'Occitanie en commun, avec les radicaux de gauche, avec les écologistes, avec les communistes, avec le MRC, avec également les sociétés civiles. Voilà, nous sommes ensemble, en confiance, en loyauté, en action, en tenant nos engagements. Et nous avons aujourd'hui un défi. Un défi, c'est de porter la gauche au pouvoir d'un nouveau. Parce que face aux différentes crises, nous devons apporter une réponse et une solution. Et oui, la France a besoin de gauche.
Et nous devons être en responsabilité pour reconstruire le chemin de l'accès au pouvoir. Parce que le pouvoir, c'est ce qui permet de changer la vie des gens. Moi, je crois beaucoup dans les valeurs que nous incarnons, que nous partageons. Et je crois que ces valeurs-là, elles doivent être appliquées. C'est important aujourd'hui, dans nos discours, de le rappeler. Mais c'est encore plus important de les réaliser dans les collectivités que nous gérons. Et bien sûr, à la tête d'un pays. C'est absolument indispensable. Parce que je n'ai pas la passion des bandes de rôle et encore moins des porte-voix. En revanche, j'ai la passion de ceux qui se sentent oubliés.
J'ai la passion de toujours les défendre. Et c'est cela, la politique. C'est d'être en sincérité. C'est d'être en sincérité. Et vous le saviez, il n'y a pas une feuille de papier de soie entre nous. Nous avons partagé la même analyse politique au printemps dernier. Et je l'ai indiqué. Cet engagement, certains vont dire cet entêtement. Et bien, il est lié au contrat moral que j'ai passé avec 6 millions d'habitants. A ces 6 millions d'habitants, qu'est-ce que la majorité régionale sortante en 2021 et qui a été la mieux réélue de France ?
Nous avons dit que nous étions une majorité régionale qui voulions apporter des solutions aux problèmes du quotidien sur la question de l'égalité des chances pour l'éducation, sur la question de la création de l'emploi, parce que nous savons très bien qu'en Occitanie, pour que le taux de chômage n'augmente pas, il faut créer 2 000 emplois par mois. Et c'est un sacré défi, 2 000 emplois par mois. Parce que si le taux de chômage progresse, ça veut dire que c'est la misère qui progresse. Et quand la misère progresse, c'est le désespoir qui prend le dessus. Et ça, nous n'en voulons pas. Et donc, bien sûr, travailler à la création d'emplois, c'est travailler avec les entreprises.
C'est travailler pour les salariés et avec les chefs d'entreprise. C'est la question aussi de la mobilité. Et c'est une société que nous voulons, qui, bien sûr, protège, qui inclut tout le monde, mais qui soit à énergie positive. Parce qu'un projet, il doit toujours être positif. On ne peut pas être contre. Il faut porter un idéal. Il faut avoir des politiques qui permettent de rassembler et d'améliorer. Et c'est ce que nous avons fait. Parce que le contexte nous demande d'être à la hauteur de nos responsabilités. La question, bien sûr, de la crise internationale, 400 jours de guerre en Ukraine, avec une forte préoccupation.
Et c'est pourquoi, comme cela a été rappelé par le PRG, il est absolument indispensable d'avoir une nouvelle stratégie de défense européenne. C'est ce que nous devons défendre. C'est, bien entendu, rester dans l'OTAN, mais aussi que l'Europe puisse avoir une politique sur la question de la défense européenne. Et cher Bernard Cazeneuve, tu nous expliquais, je m'en rappelle quand nous étions au gouvernement, que face au terrorisme qui a frappé la France, et quasiment tous les pays voisins, lorsque tu étais ministre de l'Intérieur, la coopération entre services de renseignement, de police et de justice permettait d'apporter une réponse efficace.
Et je parle de ton travail de ministre de l'Intérieur, pour en parler aussi en tant que Premier ministre, et je tiens bien à dire avec force devant vous et aussi devant les médias, non, Bernard Cazeneuve n'est pas un assassin. Bernard Cazeneuve est un grand homme. Car à cette banalisation, car à cette surenchère de la violence des mots, il faut faire attention. Je me suis insurgée quand on a traité d'assassin également Olivier Dussopt. J'ai peu d'estime pour Olivier Dussopt, comme j'ai pu l'indiquer récemment sur les ondes d'Europe 1, parce que j'estime qu'il a un parcours de traîtrise. Mais pour autant, il ne mérite pas d'être traité d'assassin. Il ne le mérite pas.
Et Bernard Cazeneuve, qui a occupé des fonctions de ministre de l'Intérieur, dans une période où la France était en grande menace, il a été à la hauteur et il nous a protégés. Et je le dis avec force, parce que certains oublient un peu rapidement que dans la période où Bernard, tu étais ministre de l'Intérieur, tous les jours, il y avait des attentats déjoués. Et cette information, elle ne pouvait pas être donnée à la population française, parce que sinon, la psychose allait s'installer. Et ce travail-là, tu l'as fait de façon remarquable. Et tu as toujours protégé la population.
Et donc, il n'y a jamais eu de ta part de faute, que ce soit sur la France, que ce soit dans le territoire du Tarn aussi, je tiens à le dire. Et quand il y a eu, bien sûr, ce drame de Sivens, tu as su aussi témoigner de ton effroi, de ta douleur, et que tu n'es en rien dans ce drame-là. Il faut le rappeler. Tout en rappelant l'injustice, bien sûr, l'injustice, bien sûr, de la mort d'un jeune. Mais tu n'en es pas responsable. Il faut savoir le rappeler. La République n'en est pas responsable. La République a été en deuil, et nous sommes toujours en deuil à l'évocation de la mort d'un Français ou d'une Française. Mais ne cherchons pas les coupables là où ils ne sont pas.
parce que quand on professe de tels mots, il y a un phénomène de banalisation. Et il y a aussi un phénomène de propagation. Et la banalisation de la violence, de mots violents, c'est la propagation des idées de l'extrême droite. Et ça, il ne faut jamais l'oublier. Au compteur, il n'y a qu'un gagnant, qu'une gagnante, et c'est l'extrême droite. Et je tenais à le dire avec force, parce que, oui, nous avons besoin, dans ce pays, d'être rassemblés. Nous avons besoin de concordes, et certainement pas de fabriquer des faux coupables. Parce que nous devons être mobilisés par rapport à cette crise à l'international. Nous devons être mobilisés par rapport à la crise climatique.
Nous devons être conscients d'une crise sanitaire qui a laissé à bout de souffle nos hôpitaux, nos personnels soignants. Nous sommes confrontés à un pouvoir de vivre qui se dégrade toujours plus chez nos concitoyens. Et puis, bien sûr, à une crise démocratique avec un taux d'abstention de plus en plus élevé et des votes de désespoir qui se concrétisent souvent par des votes d'extrême droite de plus en plus forts. Et c'est pourquoi nous devons résister et nous devons travailler. parce que nos concitoyens, ils se sentent méprisés, ils se sentent oubliés. Et ici, en Occitanie, le sentiment d'être oublié, je peux vous assurer qu'il est fort.
Il est fort parce que nous sommes la région la plus enclavée de France. Nous avons souvent le sentiment d'avoir été toujours oubliés, toujours passés après. Parce que comment justifier que la quatrième plus grande métropole de France soit à plus de 4h30 de Paris ? Comment expliquer que quand vous habitez Perpignan, vous êtes à plus de 5h30, et quand vous devez prendre l'avion, les tarifs sont au-delà de 500 euros. Et donc, cela n'est pas accessible à toutes et à tous. Et moi, ce sentiment d'être oublié, je le connais. Je le connais fortement parce que je suis sur le terrain.
Et c'est ce que j'essaie avec mon équipe, d'enlever ce sentiment de ne pas compter, de leur expliquer que oui, les Occitans et les Catalans, ils sont les premiers, au moins dans mon cœur, mais aussi, ils sont les premiers pour qu'ils puissent avoir tout ce qu'ils méritent. Et c'est pourquoi nous nous battons avec ma majorité pour la question des LGV, pour la question des petites lignes d'aménagement du territoire. J'ai parlé de l'éducation, mais je pourrais parler aussi de la mobilité. Parce que la question de la mobilité, nous devons là aussi avoir un projet pour la France. Nous devons avoir un projet pour la France pour plusieurs raisons.
Pour une raison de vision de la société, pour des raisons de développement de la croissance, et puis également pour des raisons industrielles. Parce que la question de la mobilité, c'est une vision de la société. La mobilité, c'est la rencontre. La mobilité, c'est ce qui permet de découvrir l'autre, de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles civilisations. Et donc, il faut permettre à chacun de ne pas être assigné à résidence. Et la mobilité, c'est bien sûr la mobilité physique, c'est la mobilité intellectuelle avec l'émancipation par l'éducation nationale, mais c'est aussi la mobilité physique.
Et bien sûr, ici, dans la patrie de l'Airbus, vous pourriez vous dire, bien sûr, elle défend les avions. Bien sûr, je défends les avions, ce qu'il y a à Airbus, mais avant tout, et avant même cela, c'est parce que moi, je souhaite que chaque enfant, chaque enfant, de chaque pays dans le monde, puisse découvrir l'autre, qu'il puisse découvrir une nouvelle civilisation. Et quand on est enfant en Massat, en Ariège, il est important d'être convaincu que le Mont Vallier, c'est le plus beau monde du monde. Mais après avoir vu le Machu Picchu et après avoir vu le Mont Fuji, parce qu'après, oui, vous pouvez être convaincu.
Parce que c'est trop facile d'indiquer que la mobilité, c'est pour certains qui ont eu des facilités de vie et qu'aujourd'hui, juste, paraît-il, pour des raisons écologiques, on ne pourrait plus prendre l'avion. Non. Si on renonce à la mobilité, c'est qu'on promeut l'enfermement. Et le mal de cette société française, c'est cette question des classes qui se sentent limitées, qui se sentent enfermées. Et c'est pourquoi la gauche que nous incarnons, elle doit donner ce sentiment de liberté, liberté grâce à l'éducation nationale, liberté également de mouvement, c'est absolument indispensable, liberté de penser, liberté de croire ou de ne pas croire.
Et c'est pourquoi nous avons, là, la mobilisation a bien entendu mené tous ensemble. Les mobilités, c'est aussi indispensable parce que toute période de croissance, elle est précédée d'un investissement dans les infrastructures de transport. C'est la première des conditions pour le développement économique. Et nous avons besoin d'un développement économique pour qu'il n'y ait personne au bord du chemin. Et puis les mobilités, c'est également une question industrielle. Parce qu'aujourd'hui, dans le cadre de la compétition mondiale, l'Europe a encore un atout.
L'Europe a encore un temps d'avance et c'est sur la question, bien sûr, de l'aéronautique, avec Airbus, mais aussi c'est le cas sur le ferroviaire. Et là, nous devons avoir une nouvelle doctrine au niveau de la Commission européenne parce que nous avons besoin d'avoir un champion, un Airbus du ferroviaire. Nous avons besoin d'avoir un grand industriel sur le ferroviaire parce que nous avons encore les savoir-faire. Un temps d'avance par rapport en particulier à nos concurrents chinois parce que le ferroviaire est un marché mondial.
Je vous l'indiquais, j'étais en Afrique il y a 10 jours et il y a de ça deux mois, j'étais aux Etats-Unis et c'est sur ces continents américains, africains où il y a un potentiel de développement énorme sur le ferroviaire qui permet de relier les gens, qui est le mode de transport le moins polluant et le plus sûr. Et là, cela veut dire que pour nos entreprises, nous avons un marché potentiel de développement qui nous permettra là aussi d'avoir une souveraineté industrielle. Et c'est pourquoi cette question des mobilités, c'est une question de civilisation, c'est une question aussi économique.
Alors, bien entendu, le train, il est déjà vert, il faut qu'il soit encore plus vert avec le train à hydrogène, ça tombe bien, il se construit à Tarbes et chez Alstom et le premier qui roulera, ça sera sur Mont-Réjot-Luchon et là, il y aura l'innovation au cœur de la région la plus innovante du monde, le Cominge, bien entendu. Il y en a quelqu'un qui n'applaudit pas, c'est bien ça, je l'avais dit, l'impertinence jusqu'au bout. Oui, mais il rigole, mais il n'applaudit pas. Donc, demain, il y en reproche. Donc là, nous avons cela à mener avant.
Bien sûr, c'est l'avion décarboné avec les carburants de nouvelle génération, avec l'avion plus léger, avec l'avion plus électrique, l'avion à hydrogène. Mais nous devons être cette gauche qui est convaincue du progrès et de la science. Cette gauche aussi qui doit avoir un projet pour l'hôpital, parce que nous avons des personnels soignants qui sont à bout de force, qui sont à bout de force, il faut savoir le rappeler. Nous devons proposer une nouvelle organisation de l'hôpital et nous ne pouvons pas laisser la rémunération des hôpitaux qui se passe par la T2A, parce que c'est terrible de vouloir réduire la santé à l'activité, parce que la T2A, c'est la tarification et l'activité.
Et là, nous devons, au contraire, rappeler que la santé, c'est le soin et c'est également la prévention. Les présidents de départements sont nombreux. Et c'est vrai que là, dans les sujets qui doivent être, je pense, confiés de façon plus forte au département, la question des actions de prévention, de l'éducation à la santé sont absolument indispensables. nous devons aussi amener une réponse à la médecine libérale où nous avons des semaines et des semaines d'attente pour obtenir un rendez-vous.
Et c'est pourquoi la région Occitanie recrute elle-même des médecins, des médecins salariés dans les centres de santé pour justement redonner espoir, redonner dignité à la population de pouvoir accéder à des rendez-vous médicaux. Et je tiens là aussi à rappeler avec force que la gauche, elle croit à la science, elle croit dans le progrès. Et qu'il faut, bien entendu, rappeler que la vaccination, elle était obligatoire quand nous avions le pic de l'épidémie, de la pandémie, puisque nous étions sur une épidémie mondiale. Et c'est pourquoi je suis contre la réintégration des personnels soignants non vaccinés.
Parce que, parce que soigner, c'est croire dans la science, c'est croire dans le progrès. Parce que soigner, c'est protéger l'autre. Alors que des soignants ne souhaitent pas être vaccinés, à bien ce moment-là, ils prennent cette décision. Il y a des dispositions sur les questions de leur situation administrative pour qu'il puisse y avoir une reconversion. Bien sûr qu'il faut qu'il y ait un traitement humain, mais nous ne pouvons pas réintégrer des personnels soignants non vaccinés parce qu'il y a une réalité médicale. C'est quand vous n'êtes pas vaccinés contre le Covid, vous avez à ce moment-là une probabilité d'avoir un Covid beaucoup plus fort qui est très élevé.
Et quand vous avez un Covid beaucoup plus fort, vous avez une capacité à le transmettre qui est également décuplée. ça, ça s'appelle du bon sens populaire et ça, ça s'appelle aussi de la sincérité et de la vérité. Il faut avoir confiance dans le progrès et dans la science, je tiens à le dire. Et puis, nous devons, vous l'avez bien compris, avoir une volonté forte pour notre industrie, pour l'agriculture. Nous sommes fiers de nos agricultrices et de nos agriculteurs.
Nous devons réindustrialiser ce pays pour avoir de la souveraineté, souveraineté énergétique et par le nucléaire et par les énergies renouvelables, souveraineté sanitaire, souveraineté alimentaire et souveraineté industrielle parce que nous devons être maîtres de notre destin. Alors oui, nous sommes ensemble, en équipe, en PAC. Je ne vais pas être plus longue parce que sinon, je risque de menacer le bon timing pour pouvoir être en soutien, en PAC, à notre équipe de rugby.
Et voilà, vous indiquer qu'en Occitanie, mais au-delà, nous savons travailler tous ensemble parce que nous avons passionnément la République au cœur et parce que, ici, sur la patrie de l'aéronautique, de l'aéropostale, Saint-Exupéry, nous le lisons souvent et très souvent et nous n'oublions jamais que chacun et chacun a une rose dans son cœur, mais surtout, nous n'oublions jamais que si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis. Merci.
Merci.
Carole Delga