Contrôle de police à Paris, législatives, embargo sur le pétrole russe... Le "8h30 franceinfo" de Marine Le Pen
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France Info. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Un contrôle de police a dégénéré le week-end dernier à Paris. Trois policiers sont ce matin encore en garde à vue. Ils ont tiré sur les occupants d'une voiture qui d'après leur dire, leur a foncé dessus après un refus d'obtempérer. Le conducteur est gravement blessé. Une passagère est morte. Jean-Luc Mélenchon dénonce, je cite, la peine de mort pour un refus d'obtempérer. Quelle est votre réaction ?
Mais surtout, il dit, la police tue. Et en cela, je crois qu'il s'éloigne totalement des valeurs républicaines. La réalité, c'est qu'il commet une diffamation extrêmement lourde à l'égard de la police. Cette globalisation qu'il croit pouvoir utiliser révèle une idéologie qui est une idéologie systématiquement anti-police. Jean-Luc Mélenchon est toujours du côté des voyous, il est toujours du côté des criminels. Il n'est jamais du côté des forces de l'ordre qui pourtant essayent tant bien que mal dans une situation d'ensauvagement de la société, d'assurer la protection des Français. Là, ce qui met en valeur
dans sa manière de tweeter, c'est l'utilisation disproportionnée de la force par rapport à ce qui se passe.
Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'il ne peut pas le savoir et que personne ne peut le savoir avant qu'une enquête ait eu lieu. Voilà, c'est tout. Il y a une mort. Moi, je suis... Oui, c'est pas... Non mais d'accord, c'est pas comme ça, la justice. C'est pas, encore une fois, parce qu'il y a quelqu'un qui est mort, que les policiers ont commis quelque chose de critiquable. Peut-être sont-ils intervenus en respectant les règles de la légitime défense. Vous le savez, moi, je suis pour la présomption de légitime défense pour la police.
Ça aurait changé quelque chose dans cette affaire, la présomption de légitime défense ?
Oui, ça aurait changé une chose, c'est que les policiers, au moment où je vous parle, ne seraient pas en garde à vue. Mais ça ne change pas le fait que si...
C'est-à-dire qu'ils ne seraient pas entendus, y compris après la mort d'une personne ?
Ils ne seraient pas en garde à vue. Ça veut dire que la présomption de légitime défense n'est pas une présomption irréfragable. C'est-à-dire qu'en fait, on renverse la charge de la preuve. Donc, c'est à celui qui considère qu'un policier a commis quelque chose en dépassant en réalité ses règles d'engagement, de le prouver. Mais il peut le prouver. Et on peut parfaitement prouver qu'un policier n'a pas respecté, encore une fois...
Mais là, par exemple, qui devrait apporter la preuve ? La passagère est morte ?
Oui, mais ça s'appelle une enquête, monsieur. Ça s'appelle une enquête. Voilà, il y a une enquête. Donc, il y a des témoins. Il y a des gens qui témoignent. Il y a des vidéosurveillances. Il y a toute une série de choses qui permet de déterminer la responsabilité des uns et des autres. Mais dans cette enquête, Marie-Laurent, les policiers ne seraient pas... Mais quand on est un dirigeant politique, du niveau de M. Mélenchon, dire dans un tweet « La police tue, c'est une véritable honte ». Je veux dire, c'est même pas... J'ai vu qu'un syndicat de policiers le poursuivait en diffamation. C'est même pas à la justice de juger des propos comme ça.
Ce sont aux électeurs de sanctionner ce type de propos.
Le droit de faire usage d'une arme, il existe déjà dans la loi. Aujourd'hui, Marine Le Pen, c'est une loi assez récente. Elle a été mise en place en 2017. Les forces de l'ordre peuvent ouvrir le feu lorsqu'un véhicule n'obtempère pas et lorsque, dans sa fuite, il est susceptible de porter atteinte à la vie des policiers ou d'une autre personne. Que faut-il faire de plus ? Voilà. Ça, c'est la loi actuelle.
Eh bien, c'est très bien. Mais ça n'a rien à voir avec la présomption de légitime défense. Excusez-moi. Bon, en l'occurrence, ça n'a rien à voir avec la présomption de légitime défense. Donc, le vrai problème aujourd'hui, c'est que des refus d'obtempéré, il y en a combien par jour ?
Toutes les 20 minutes.
Voilà. Vous avez... Merci.
Ce sont les chiffres donnés par Gérald Darmanin ce week-end.
Mais c'est catastrophique. Ça veut dire qu'il n'y a plus aucun respect de la police dans notre pays. Ça veut dire qu'il y a un sentiment d'impunité à l'égard des policiers. Policiers auxquels on fait face, auxquels les voyous font face en toutes circonstances, attentant très souvent à leur intégrité physique, cherchant à les assassiner. C'est souvent le cas, trop souvent le cas. Derrière les policiers, il y a eux-mêmes, bien sûr. Il y a leur intégrité. Il y a aussi leur famille. Donc, tout cela crée une société dans laquelle les policiers finissent, si vous voulez, par vivre dans le sentiment d'être des gibiers, en fait, de la part des voyous et des criminels.
Que des dirigeants politiques, plutôt que d'apporter leur soutien à la police en attendant les résultats de l'enquête, mettent en cause l'intégralité de la police nationale. C'est, je le crois, quelque chose qui devrait être
électoralement éliminatoire. Marine Le Pen, journée de mobilisation aujourd'hui dans les hôpitaux. Emmanuel Macron a promis des mesures dès cet été en regardant, je cite, « service d'urgence par service d'urgence » et « SAMU par CERMU », « territoire par territoire », là où il y a des besoins. C'est la méthode d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est la bonne ?
Son prédécesseur a été vraiment très mauvais. C'est-à-dire lui-même. Voilà. Lui-même. Il y a une forme, quand même, d'escroquerie politique dans la méthode qui est utilisée par Emmanuel Macron. Ça fait 5 ans qu'il nous fait le coup. Il y a eu les grands débats, vous vous souvenez, avec les cahiers de doléances. Je ne sais pas où ils sont, d'ailleurs. La crise des gilets. Je ne sais pas dans quel coffre-fort ils ont été ou dans quelle poubelle ils ont terminé ces cahiers de doléances, mais on n'en a plus jamais entendu parler. Et puis, il y a eu aussi la Convention citoyenne du climat. Et tous ces effets de manche qui, en réalité, sont des moyens d'échapper à sa propre responsabilité.
Il a été au pouvoir pendant 5 ans. Ça ne date pas d'hier que l'hôpital s'effondre sous nos yeux, et y compris, bien entendu, les services d'urgence. Il n'a strictement rien fait. Il a même aggravé la situation.
C'est le Ségur de la santé, quand même.
Non, il a aggravé la situation. Il a continué à fermer des lits pendant son quinquennat. Beaucoup. Il a même continué à enfermer pendant la crise du Covid. Il a augmenté les...
183 euros net par mois pour les soignants. C'est le Ségur de la santé. Ce n'est pas suffisant. Non, ce n'est pas suffisant. Mais il le dit lui-même que ce n'est pas suffisant, qu'il va continuer.
Donc, il aurait pu faire plus. Puisque les infirmières continuent à être payées 10% de moins, mais surtout, il n'y a pas assez de personnel. C'est la désorganisation totale. Il y a une direction comptable des hôpitaux dont on voit bien qu'elle a des conséquences très lourdes sur la qualité des soins qui sont accordés aux patients. Et cette mesure flash n'a qu'un seul intérêt. C'est d'enjamber, en réalité, l'élection législative et de lui donner du temps. Encore une minute, M. Le Bourreau.
Vous souhaitez toujours réduire, c'était dans votre programme présidentiel, drastiquement le nombre de médecins qui ont obtenu leur diplôme hors de l'Union européenne. Vous pensez que ça arrangera la situation ?
Non, ce que je souhaite, c'est surtout qu'il y ait de vraies équivalences. C'est-à-dire que je ne veux pas qu'il y ait une santé au rabais. Je veux qu'il y ait des vraies équivalences avec des vrais examens.
Donc vous leur faites passer les équivalences. Vous ne les excluez pas de l'hôpital.
Je pense qu'il faut des équivalences. Et encore une fois, nous subissons aujourd'hui le manque de médecins parce que tous ceux qui se sont succédés à la tête du pays, je rappelle qu'avant d'avoir été président pendant 5 ans, il a été un des plus proches conseillers de François Hollande pendant 5 ans. D'accord ? Donc si on avait pris il y a 10 ans la décision d'arrêter avec ce numerus clausus stupide qui fait qu'on empêche les jeunes diplômés français de devenir médecin, eh bien aujourd'hui, au moment où je vous parle, il y aurait beaucoup de jeunes médecins français dans les hôpitaux français. Bon, on fait un choix inverse.
On va piller, en réalité, les pays qui ont besoin d'un médecin en allant les chercher. Je vous signale que l'Algérie a lancé un signal d'alerte, un cri d'alerte parce que 1500 médecins et spécialistes partaient d'Algérie pour aller travailler en France. Ce qui fait quoi ? Ce qui fait que la population algérienne qui a le droit aussi, pardon, d'avoir des médecins pour avoir une santé de qualité, eh bien, se retrouvent également dans une situation qui est catastrophique. Cette méthode-là, c'est une méthode que je considère comme déplorable. Eh bien, on est obligé de constater qu'Emmanuel Macron n'a rien fait pour y mettre véritablement fin.
Marine Le Pen, vous restez avec nous. Le fil Info, 8h41 avec Solène Cresson et on poursuit juste après.
Et les soignants sont dans la rue pour une journée d'action devant de nombreux hôpitaux partout en France. Ils dénoncent le manque de personnel, les salaires trop bas. La semaine dernière, Emmanuel Macron a commandé une mission flash pour répondre à cette crise des urgences. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson veut maintenant passer à autre chose. Boris Johnson qui sort vainqueur du vote de défiance des députés de sa majorité au Parlement. Conséquence du Partygate ces soirées organisées à Downing Street en plein confinement. Une victoire qui reste juste et qui peut paralyser son action dans les prochaines semaines.
Des tirs d'artillerie couplés à des bombardements depuis des avions, des hélicoptères en Ukraine. La ville de Severodonetsk dans le Donbass continue d'être pilonnée par l'armée russe. Les forces de Moscou affluent en nombre, dit l'armée ukrainienne. Le Parlement européen vote un paquet climat. Aujourd'hui et demain, 8 textes qui visent à atteindre la neutralité carbone en 2050. On y retrouve la fin de la vente de voitures thermiques neuves en 2035 ou la taxe carbone aux frontières. France Info
Marine Le Pen, cela fait plus de 100 jours
qu'une guerre se déroule en Ukraine. Est-ce qu'Emmanuel Macron a raison de répéter qu'il ne faut absolument pas humilier la Russie ?
Oui, mais d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le président Zelensky lui en fait le reproche. Puisque la réalité, c'est que le président de l'Ukraine a dit lui-même que la seule issue serait diplomatique. Bon, ben, par définition, quand on cherche une issue diplomatique, on essaye d'éviter que le canal de discussion se rompe. Ça veut dire qu'il faut continuer à parler à Vladimir Poutine ? Donc, évidemment, le président français, pour le coup, a raison d'essayer de trouver par la discussion les moyens d'arrêter cette guerre et de faire en sorte que l'Ukraine retrouve sa souveraineté et que les soldats russes sortent de l'Ukraine.
La semaine dernière, l'Europe s'est mise d'accord pour un embargo sur le pétrole russe, embargo progressif d'ici à la fin de l'année. Si c'est vous qui aviez été à Bruxelles, à la tête de la France, vous l'auriez signé cet embargo ou pas ?
Non, je ne l'aurais pas signé car je sais qu'elles vont être les conséquences de l'embargo sur le pétrole et l'embargo sur le gaz sur les citoyens français. Pour l'instant, il n'y a pas d'embargo sur le gaz. Oui, mais ça va venir puisque l'Union européenne, vous le savez, on l'a appris pendant l'élection présidentielle, avait demandé à ce que cette discussion soit retardée à l'issue des élections françaises, précisément pour ne pas être un inconvénient pour l'élection d'Emmanuel Macron. Donc, ça arrivera. Et l'embargo sur le gaz, par exemple, je peux vous l'annoncer, je l'annonce à ceux qui nous écoutent, entraînera potentiellement la multiplication par trois des factures de gaz.
Pour l'instant, les prix sont bloqués en France depuis plus de six mois.
Je peux vous le dire parce que j'ai un maire qui m'en a fait le témoignage. J'ai un maire qui m'en a fait le témoignage. Il a eu un rendez-vous avec un opérateur de gaz et l'opérateur de gaz lui a dit en cas d'embargo sur le gaz russe, votre facture qui est de 400 000 euros par an passera à 1,2 million. Pour les municipalités, ça va déjà être difficile mais inutile de vous dire, pour les collectivités dans leur ensemble d'ailleurs, inutile de vous dire que pour les particuliers, ça va être une véritable...
Il y a un bouclier tarifaire
que le gouvernement va prolonger. Oui, il n'y a qu'un malheur, c'est que l'Union européenne interdit les prix réguliers à compter de 2023. Le bouclier tarifaire, ce n'est pas pour toute la vie, madame. Vous savez, ça n'est qu'une décision qui est une décision conjoncturelle. C'est bien le problème d'ailleurs. La commission vient même
d'autoriser deux autres pays à le faire.
C'est bien la raison pour laquelle, moi, je souhaitais la baisse de la TVA de 20 à 5,5 sur l'ensemble de l'énergie parce que ça, c'est une décision pérenne dans laquelle on met en place à côté des mesures d'économie sur d'autres domaines, sur d'autres secteurs. Là, ce que fait Emmanuel Macron, c'est qu'il fait un bouclier tarifaire qu'il va faire payer soit par des impôts supplémentaires, c'est-à-dire par les classes moyennes, comme d'habitude, soit par une aggravation d'une dette qui est déjà... Mais pardon, Marine Le Pen, je veux dire spectaculaire.
Sur le fond du sujet, vous voyez bien ce qui est voulu par l'Europe en faisant ça, c'est pas pour justement faire monter l'inflation comme ça pour les Français ou pour les Européens, c'est pour sanctionner le régime du Kremlin, c'est pour l'empêcher de financer la guerre avec l'argent des Européens. C'est une sanction stupide
et nocive pour le peuple français.
Vous savez combien ça rapporte le pétrole importé
par les Européens par jour ou russes ? Vous imaginez bien que le pétrole russe que nous n'achèterons pas sera vendu à d'autres et que le fait qu'il y ait précisément une rupture dans cet approvisionnement va faire augmenter le prix du pétrole vendu. Ça veut dire que la Russie sera d'autant plus riche du pétrole qu'elle va vendre à d'autres que le prix sera monté en raison... Mais ce ne sera pas de l'argent des Européens ? C'est une raison des sanctions qui émanent de l'Union Européenne. Il n'y a pas une question d'honneur. Donc en réalité, la Russie sera ravie. D'ailleurs, je vous signale que j'ai lu quelque part que l'Inde avait augmenté de manière spectaculaire ses achats de pétrole russe.
Mais la question morale derrière Marine Le Pen, que ce ne soit pas les Européens qui financent la guerre qui est menée actuellement à la Russie... La morale, elle consiste
à enrichir la Russie puisque la Russie va être plus riche du fait de ses sanctions. Alors, c'est une stupidité et c'est une stupidité qui ne tient pas compte encore une fois de la situation très difficile des Français. Moi, pardon, d'ailleurs des Européens dans l'ensemble et des Français en particulier. Moi, je m'attache à la vie quotidienne des Français. Leur vie est très difficile. Sur l'autoroute de Normandie, j'ai vu l'essence à 2,40 euros, 2,40 euros le litre. Eh bien, je vous le dis, aujourd'hui, c'est inabordable inabordable pour une grande majorité de Français. Inabordable. Ça veut dire que certains vont perdre leur emploi parce que ça va leur coûter trop cher d'aller travailler.
Ça veut dire que les gens ne peuvent plus utiliser leur voiture. Ça veut dire que ceux qui en ont besoin, notamment dans la ruralité, eh bien, ne pourront plus faire face à cette explosion des prix des carburants, d'autant plus qu'elles n'ont pas
une explosion des prix de l'alimentation. Le bouclier anti-inflation, vous allez le voter, vous, par exemple, à la santé ?
Écoutez, je regarderai ce que propose Emmanuel Macron. Vous connaissez les mesures maintenant. propose tout ce qu'il propose, encore une fois. Ce sont des mesures qui sont des sparadraps sur les conséquences de mauvaises décisions qu'il prend par ailleurs. Donc, il contribue à générer, en quelque sorte, une augmentation spectaculaire de l'inflation comme on n'en a pas connu depuis des décennies. Et parallèlement, il joue les médecins en venant à poser quelques sparadraps sur les douleurs terribles que cette situation entraîne pour le quotidien des Français.
Marine Le Pen, pourquoi vous ne faites pas campagne comme Jean-Luc Mélenchon en disant aux Français « Élisez-moi » à Matignon ? Et est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir perdu la main depuis le second tour de l'élection présidentielle
en l'une de la scène ? D'abord, j'ai le sens du ridicule. Voilà. Donc, déjà...
C'est-à-dire que c'est ridicule de dire « je vais gagner »
Oui, c'est ridicule parce que ça n'est pas possible. Et deuxièmement, j'ai le sens de la franchise et de l'honnêteté qui est exigée par les électeurs. Donc, on ne ment pas aux gens. On ne peut pas raconter n'importe quoi. Ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron dit n'importe quoi aux gens que son opposition doit dire n'importe quoi. Donc, Jean-Luc Mélenchon raconte absolument n'importe quoi. D'ailleurs, dès le soir du premier tour, chacun s'apercevra, c'est-à-dire dans quelques jours qu'en réalité, il n'y a absolument zéro chance pour qu'il ait une majorité de députés à l'Assemblée nationale. Moi, ça n'est pas ma méthode.
Ma méthode, c'est la franchise, c'est la droiture, c'est la loyauté à l'égard de mes électeurs. Donc, je viens leur dire en revanche, on peut faire en sorte qu'Emmanuel Macron ait une majorité relative. Et ça, c'est extrêmement important parce que l'important, c'est qu'il n'ait pas les pleins pouvoirs. Et après, eh bien, il faut que ce soit le Rassemblement national qui soit à la tête de l'opposition parce que s'il n'est pas à la tête de l'opposition... C'est ça, l'enjeu.
Ce n'est pas Matignon, c'est la première force d'opposition à Emmanuel Macron. Pour vous, c'est d'arriver en deuxième position.
Mais le fait qu'il y ait trois blocs, il faut que chacun comprenne que le fait qu'il y ait trois blocs comme ils sont sortis du premier tour de l'élection présidentielle empêche, en réalité, l'opposition...
Je vous pose la question, Marine Le Pen-Fascoe.
Une opposition.
Dans les jours qu'on suivit votre défaite en finale de l'élection présidentielle, ce serait 60 députés. Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Ce week-end, vous avez dit que c'est 150.
Non, mais ce n'est pas ce que j'ai dit. Il faudrait vraiment que les journalistes fassent preuve d'un peu de rigueur. Alors, allez-y. Voilà. Vous n'avez pas dit 60 députés, c'est l'objectif. Non, je n'ai dit qu'une seule chose. J'ai dit que je trouverais ça scandaleux que le Rassemblement National ait moins de 60 députés. Pourquoi ? Parce que 60 députés, c'est la limite pour que l'opposition soit une opposition de plein pouvoir. C'est-à-dire qu'elle est l'intégralité des moyens qui sont accordés à l'opposition.
Et l'idée, si vous voulez, qu'un mouvement qui a soutenu une candidate qui est arrivée au second tour de l'élection présidentielle à 42% des voix ne puisse pas avoir une opposition de plein exercice me paraît être un déni démocratique absolu. C'est cela que j'ai dit. Mais il est évident que nous sommes arrivés à plus de 50% dans 150 circonscriptions aux élections présidentielles. Et donc, potentiellement, potentiellement, si la participation est la même, potentiellement, nous pouvons gagner 150 circonscriptions. Donc, ça, c'est la réalité, si vous voulez, des forces politiques au moment où nous nous parlons.
Mais la différence entre vous et Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, ce soir, il y en a plusieurs. Mais la différence électorale, ce sont les alliances puisque lui a conclu un pacte avec les autres partis de gauche. Vous, vous n'avez pas accepté la main tendue par Éric Zemmour. On va en parler, si vous voulez bien, dans un instant. Le temps du fil, infos 8h51, Solène Cressan.
Alors que trois policiers sont toujours en garde à vue après des tirs sur une voiture samedi à Paris, une femme est morte, un homme est grièvement blessé. Sur France Info, ce matin, Marine Le Pen, chef de file du Rassemblement National, répète qu'elle est pour la présomption d'innocence pour la police. Elle dénonce aussi les propos de Jean-Luc Mélenchon, dire dans un tweet que la police tue est une véritable honte, selon elle. Alors que l'inflation atteint 5,2% sur un an, la présidente de la FNSEA, le principal syndicat agricole, assure que les agriculteurs ont besoin que les prix augmentent à cause de la guerre en Ukraine ou des catastrophes naturelles comme la graine du week-end dernier.
Les charges ont explosé, assure ce matin Christiane Lambert. EDF, obligée de baisser la puissance du réacteur nucléaire de la centrale de Saint-Alban, en Isère, le week-end dernier, jusqu'à hier, en cause la sécheresse et la puissance trop faible du début du Rhône. Et puis après la tuerie raciste de Buffalo, l'état de New York aux Etats-Unis restreint un peu plus l'accès aux armes à feu, interdiction par exemple d'acheter une arme pour les moins de 21 ans. France Info
Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Votre objectif c'est de tuer politiquement Éric Zemmour. C'est ce que dit lui-même Éric Zemmour en parlant de vous. Est-ce que vous le confirmez ? Est-ce qu'il a raison de penser ça ?
Non, mais Éric Zemmour fait mieux de s'intéresser à Emmanuel Macron. Ce qu'il n'a pas fait depuis des mois qu'il est en campagne. Son seul objectif a été de s'opposer au Rassemblement National. Donc il souhaitait prendre la place, il a tenté, après tout on a le droit de tenter, il a échoué. Voilà, point. Dossier clos. Moi je lutte contre Emmanuel Macron. Et accessoirement je lutte contre les complices d'Emmanuel Macron. Au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon et ses amis. C'est-à-dire le Parti Socialiste et les Verts. Donc je rappelle qu'ils ont tous appelé à voter pour Emmanuel Macron. Ils sont tous responsables. Tous ces dirigeants sont responsables de l'élection d'Emmanuel Macron.
Mais s'ils sont si dangereux que ça Marine Le Pen à la fois Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, pourquoi vous ne faites pas d'alliance avec un parti qui a récolté 7% des voix ?
Mais parce qu'encore une fois, faire élire, faire battre un macroniste candidat d'Emmanuel Macron pour faire élire un candidat d'Éric Zemmour qui est aussi pour la retraite à 65 ans, je ne vois pas le bénéfice. Ah c'est la même chose, vous les mettez dans le même sac ? Non, je ne les mets pas dans le même sac, mais je considère que la retraite à 65 ans est une vraie régression sociale pour nos compatriotes, une vraie injustice. Et par conséquent, je pense qu'à partir du moment où sur le social, les positions d'Éric Zemmour sont si proches de celles d'Emmanuel Macron, je ne peux pas me retrouver sur cette ligne-là.
Par exemple, en cas de second tour entre un candidat d'Éric Zemmour et un candidat mélenchoniste ou macroniste, vous n'appellerez pas à voter pour l'un ?
Ah, très honnêtement, entre un candidat d'Éric Zemmour et un candidat de NUPES ou un candidat Macron, je préfère un candidat d'Éric Zemmour. Ah quand même. Parce qu'on est en désaccord sur le social, mais les autres, c'est en même temps la voyoucratie et l'impunité judiciaire et le chaos sécuritaire et l'immigration massive. Mais s'il est élu, Éric Zemmour,
est-ce qu'il pourra siéger avec vous ?
Écoutez, on verra ça. Enfin bon, laissons déjà les choses se faire, mais si, parce qu'on va avoir plein de choses dont on pourra discuter comme ça après les élections. Moi, je crois qu'Éric Zemmour ne sera pas élu. Bon voilà, je le pense. Et pour une raison simple, c'est que je pense qu'il y a dans cette circonscription un candidat Rassemblement National qui est un candidat remarquable. Il était déjà candidat il y a cinq ans. On a beaucoup travaillé ces territoires. Je vous coupe, Marine Le Pen. J'y ai fait des scores qui sont des scores extrêmement importants. J'ai été majoritaire dans cette circonscription. Marine Le Pen,
pardon, je vous interromps d'autorité tout simplement parce que dès lors que vous parlez d'une circonscription... Ah bah c'est vous
qui m'en parlez.
Oui, c'est pour ça que je vous interromps très vite. Vous êtes incroyable. Dès lors, j'explique aux auditeurs et aux téléspectateurs.
Donc disons que dans le sud de manière globale, il y a des dizaines de circonscriptions où je suis arrivé majoritaire aux élections législatives. Nous avons donc la possibilité de faire élire des députés Rassemblement National. Et il faut le faire. Il faut le faire parce que précisément le Rassemblement National qui sera constitué ainsi en groupe de députés pourra combattre la politique nocive d'Emmanuel Macron.
J'explique d'un mot pour les auditeurs et les téléspectateurs. Dès lors que vous parlez d'une circonscription et de l'un de vos candidats dans une circonscription.
Dès lors que vous parlez.
Non, vous, pas moi.
Ah non, mais bon.
Moi, je peux en parler. C'est la règle de l'ARCOM. Vous pouvez me poser la question mais moi, je n'ai pas de moi qui répond. C'est la règle définie par l'ARCOM. Ça ouvre un compteur dans cette circonscription et il faut donner exactement le même temps de parole. Très bien, vous donnerez du temps de parole à M. Lotiot qui est un très bon candidat. Marine Le Pen. Marine Le Pen, est-ce que vous allez laisser la présidence du parti à Jordan Bardella qui en assure aujourd'hui ?
Mais nous verrons cela après les élections législatives et aussi après tout en fonction des résultats des élections législatives. Mais je vous signale qu'au Rassemblement National, c'est peut-être le dernier endroit où il y a une démocratie. C'est-à-dire que ce sont les adhérents du Rassemblement National qui votent pour élire un président du Rassemblement National. Vous savez que les statuts de votre parti... Donc si je décide de ne pas reprendre la tête du Rassemblement National à l'issue de ce délai que m'accordaient les statuts du Rassemblement National, alors il y aura un nouveau congrès du Rassemblement National.
Mais la question c'est est-ce que vous avez envie de reprendre la présidence du parti ? Mais nous verrons cela, nous verrons cela. Occupons-nous des élections législatives pour l'instant. Pourquoi ? Parce que c'est fondamental. C'est une élection cruciale. Cruciale parce que c'est une question de survie du parti. C'était une petite élection dérisoire après les présidentielles. Non, c'est le contre-pouvoir à Emmanuel Macron. C'est ça qui va se dessiner lors de ce vote du 12 et du 19.
C'est crucial aussi parce que c'est la question aussi de la survie de votre parti. On sait que chaque voix rapporte 1,50€ pendant 5 ans. Si le Rassemblement National fait moins bien qu'il y a 5 ans où il a fait 13% des voix au premier tour, est-ce que votre parti sera en faillite ?
Il est déjà en effet de 24 millions. Mais pas du tout, absolument pas. Notre mouvement a des dettes. Il les rembourse sans aucune difficulté. Il n'y a pas de problème. Nous n'avons pas ce type de problème. Et en plus, ce ne sont pas des problèmes qui intéressent, je crois, beaucoup les Français. Ce qui les intéresse, c'est est-ce qu'ils vont être obligés de bosser jusqu'à 65 ans ? Est-ce qu'ils vont pouvoir remplir leur caddie ? Est-ce qu'ils vont pouvoir payer leur facture de gaz ? Est-ce que leurs enfants vont pouvoir sortir de l'école en sachant écrire et parler le français et accessoirement un peu connaître les maths ?
Est-ce qu'ils vont pouvoir sortir sans avoir leur voiture brûlée le matin en partant au boulot ? C'est ça qui les intéresse. Et c'est ça qui se détermine à l'Assemblée Nationale. Donc, c'est absolument fondamental qu'ils aillent voter. C'est ça que je viens leur dire. Bien souvent, ce sont ceux qui sont les plus victimes de la politique d'Emmanuel Macron qui votent le moins. Eh bien, ne faites pas cela. Ne vous désintéressez pas de l'élection législative car se désintéresser de l'élection législative, c'est se désintéresser de votre propre avenir, de votre propre bien-être, de votre propre sécurité.
Merci. A vous, Marine Le Pen, invitée ce matin de France Info. Bonne journée à vous. Sous-titrage ST' 501
Marine Le Pen