Quand le MMA remplit les arenas en France
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'était samedi soir dernier à l'Arena Futuroscope de Poitier. L'organisation hexagonée MMA née en 2021 peu après la légalisation de cette art martiale mixte propose une soirée et h combats. Au centre de la salle, cette fameuse cage l'octogone qui a fait la gloire de ce sport popularisé par l'UFC, la plus grande ligue de MMA du monde née en 1993 aux États-Unis et qui a largement conquis le monde entier.
Ce soir-là, les combattants et combattantes viennent du Sénégal, d'Afghanistan, de République tchèque, du Brésil, d'Allemagne, du Paraguay, d'Arménie ou d'Écosse. Ils sont issus des rangs du kickboxing, du judo, de la lutte sénégalaise, de la boxe anglaise ou de la savate ou encore du jugitsu brésilien. L'événement est complet, les spectateurs vont de 15 à 70 ans.
Les femmes représentent un bon quart de l'assistance et tout cela est retransmis à l'antenne de la chaîne RMC Sport. Dans l'imaginaire collectif, cette discipline reste pourtant précédée encore aujourd'hui d'une réputation sulfureuse de sport de brut sans règles, de déchaînement de violence. Mais depuis sa légalisation et son rattachement à la Fédération française de boxe en 2020, fruit d'un combat intense, c'est la déferlante.
Club adhérents téléspectateurs abonnés sur les réseaux, tous les chiffres sont exponentiels. Alors, comment expliquer les sorts du MMA en France ? Faut-il y voir la la déclinaison, pardon, hexagonale d'une passion mondiale ?
Un effet de mode lié à la nouveauté dans les sports de combat, l'avèement d'une discipline portée aussi par un écosystème né d'une alliance de la télévision des réseaux sociaux et de ces fameux trash talk. Ces invectives largement mises en scène entre combattants pour faire monter la pression avant les matchs. Comment lire ce besoin de regarder ou de participer à des joutes dans une cage à l'image des gladiateurs d'entends ?
Et cet appétit de violence certes ritualisé mais qui interroge notre rapport à l'autre. Au sommaire de Douce France à Poitier, le MMA remplit les arénas. Venez, je vous emmène.
Bonsoir Bertrand Amoussou. Bonsoir. Vous êtes ancien judoca, ancien champion du monde de jugits dessus, ancien président de l'IMAF, l'International Mixed Martial Art Federation, donc la Fédération internationale du MMA.
Vous êtes un pionnier justement de cet art martial, de ces arts enfin je sais pas comment on doit dire d'ailleurs, c'est un arts martial, c'est devenu un arts martial à part entière. C'est devenu un arts martial à part entière et vous êtes surtout un artisan de sa légalisation en France. Vous venez de signer hors de la cage aux éditions Cocoro.
Ça vient de sortir. Merci à vous d'être avec nous et à distance Yan Ramirez. Bonsoir.
Bonsoir à vous toutes et à vous tous. Vous êtes sociologue, chercheur associé en STAPS à l'Université de Montpellier et vous avez signé dans la cage du MMA sociologie d'un sport du 21e siècle. Ça apparu aux éditions Atlant en 2021.
C'est une mine d'information extrêmement qui nous plonge justement dans la réalité de de ce sport. Bienvenue à vous. 7000 licenciés environ mais 60000 pratiquants plus 338 % de licenciers.
Rien qu'en 2024. ces arts martiaomiques, ça représente 150 à 200 % d'expansion par an depuis 2020. Comment Yan Ramirez vous expliquer cette folie MMA ?
Alors c'est une folie qui est mondiale déjà. C'est c'est la base déjà du du succès, c'est que ça ne touche pas uniquement euh la France. On a on l'a entendu dans l'extrait en introduction.
Donc c'est une folie mondiale qui qui s'appuie sur déjà une pratique universelle et intemporelle qui est la lutte par exemple le le la lutte qui queon retrouve sur tous les continents et qui a traversé les siècles. La lutte est par est un exemple de de pratique de base pour le MMA. Et en France, il faut on a tendance peut-être à oublier que les sports de combat, les arts martiaux ont une place importante dans l'histoire du sport en France et ça permet d'avoir une espèce de background qui euh a été le terro pour l'expansion d'aujourd'hui.
Hm hm. Euh Bertrin Amoussou, vous je le disais, vous êtes ancien judoca, ancien champion du monde de jugits dessus. Comment vous vous mettez au MMA ?
Pourquoi ? Alors moi, ça a été un parcours un petit peu imprévu. En 95, je après mon premier championnat titre de champion du monde de jugur en 94, j'ai un brésilien qui est dans dans ma catégorie que je ne rencontre pas.
Je gagne ce championnat du monde et il vient me voir et c'est lui qui me parle de Valet Toudan au premier. C'était le vraiment le le les les premières appellations de ce qui va devenir le MMA. On disait au Brésil valit tout d'oussat aux États-Unis on disait no holdbard NHB.
Euh le terme euh MMA euh et même free fight d'ailleurs en France n'existait pas encore. On il y avait pas encore internet donc euh ça n'avait pas encore voyagé. Euh je suis invité en donc l'année d'après en 95 à à participer à premier valet tourno international le premier volet tourno international et j'y vais comme un judoca en fait hein.
J'y vais vraiment euh comme un judoca avec Mais l'objectif c'était quoi ? Ça veut dire que l'idée c'était de vous faire vous rencontrer entre arts martiaux. Ben en fait le le l'idée l'idée et la construction euh du de ce sport qui est devenu le MMA, c'était de savoir en fait de répondre à la question quel est le sport de combat le plus efficace ?
Tout le monde s'est posé cette question fort en gros c'est qui le plus fort ? C'est parti de là bien sûr bah il y a le tu es champion du monde de judo tu es champion du monde de karaté si vous rencontrez qui c'est qui va gagner Ouais c'est vrai qu'on dit comme ça je comprends c'est clair. Mais mais c'est ça parce que quand on fait un sport de combat c'est pour être le meilleur et et il y avait jamais de croisement entre sport de combat.
Et la question restait toujours posée. Comme ça, on suspend et bah le MMA a amené des éléments de réponse. Et est-ce que c'est vous qui avez gagné ?
C'est-à-dire est-ce que c'est vous qui avez gagné ? Est-ce que c'est le judo qui a gagné ? Qui était le plus fort ?
Ah non non, en fait en fait la la la question, on s'est rendu compte que la question avait été mal été posée. D'accord. parce que euh finalement alors qu' au début on s'est dit c'est le judi brésilien parce que Royce Grassy a a gagné le 4 UFC sur sur tr UFC sur 4 mais en fait en avançant et en voyant les gens se spécialiser dans chaque discipline on s'est rendu compte qu'en fait c'est pas la bonne question qu'il fallait poser c'est pas quel est le sport de combat le plus efficace parce qu'ils sont tous efficaces c'est que doit maîtriser un combattant pour être le plus fort possible h Ramirez Oui et il il faut pas oublier qui a aussi la culture du défi euh qui euh notamment en France a été très importante.
On a même des anciens ministres qui ont jusqu'à utiliser le défi et on retrouve un petit peu cette forme dans le la naissance du du Valiouo par exemple qui est devenu voilà le MMA d'aujourd'hui. C'est cette idée de de défier. On le retrouve encore un petit peu de temps en temps sur des événements où on vient défier le champion.
Donc ce cette culture du défi et ben par exemple en France, elle a été très présente historiquement. Alors cette culture, elle a fini par effectivement conquérir le monde mais la France a été l'un des derniers pays du monde avec la Thaïlande où il faisait de l'ombre au mois taille le sport national et la Norvège qui est opposé aux disciplines qui peuvent entraîner un chaos. La France a été l'un des derniers pays du monde à le légaliser en 2020.
Euh pourquoi est-ce qu'il a fallu lutter pendant 15 ans Bertrand Amoussou pour obtenir cette légalisation selon vous ? Alors, c'est vrai que que le le le chemin était long, mais si on y regarde de plus près, c'est rassurant. Je suis pas la bonne personne à qui qui doit dire ça parce que 15 ans, ça a été long, mais ça veut dire qu'on est quand même dans un système qui fait attention à à à ce qu'on propose.
Voilà. Le le seul problème, c'est que les réponses, on les a donné assez tôt et si les autorités publiques s'étaient un petit peu penché sur le sujet, on aurait pu on aurait dû être légalisé plutôt. En 2011, hein, par exemple, Chantal Joanau, ministre des sports à l'époque quand on l'interroge sur le fait de légaliser le MMA, dit "C'est comme si on voulait légaliser les combats de chien ou de coqu." Yan Ramir, comment est-ce que vous expliquez cette représentation alors que d'autres pays avaient déjà été de l'avant ?
Alors euh en France il y a il y avait une espèce de le MMA apparaissait comme une conture, quelque chose qui ne qui n'était pas dans dans en adéquation avec la culture sportive euh historique. C'est-à-dire que nous en France, on est très quand même coubertarien olympique, sport olympique, amateur du coup qui prennent l'amateurisme, qui prennent le sport, éducation, loisir. le le MMA ben s'est développé par la compétition, une compétition médiatisée, professionnalisée.
Donc aujourd'hui, il est devenu une pratique largement pratiqué en loisir, sauf que bah au départ voilà, c'était très médiatisé et de sous une forme, il faut le dire quand même très très spectaculaire. Donc ça pouvait forcément heurter et ça a été les premières approches. Du coup, c'est vrai, les autorités publiques, les autres fédérations ont ont démarrer leur connaissance de du MMA via ces euh via ces images hyper spectaculaires.
Donc ben la cage, le sang provoqué par les coupures, les frappes au sol, c'était évidemment trois éléments visuels du combat qui heurtaient la sensibilité et la culture sportive du moment. Hm hm. Alors justement, plongeons-nous dans l'octogone si vous me permettez l'expression.
C'était il y a une semaine après avoir avalé 350 km en voiture, me voici à l'Arena, futuroscope de Poitier pour une grande soirée organisée donc par Hexagone et Mema. Une fois passé les contrôles de sécurité, j'entre dans une enceinte bondée. 4000 personnes ont fait le déplacement.
Les prix aussi ce soir entre 40 en tribune et 250 € au plus près de la cage. Justement dans l'octogone ce soir-là, Laurane Mamar, 21 ans, combattante du club local Yofox de Poitier, fait face à Anna Louis Burns, joyeuse écossaise de 37 ans. L'ambiance est survoltée dans les rangs des supporters du club et de la famille de l'athlète de Poitier.
On [Musique] écoute. Supporteur et supportrice du coup. Ouais, on fait partie de Yo Fox.
C'est le club de Poitier de MMA. Vous en faites vous-même ? Oui, je suis la femme du coach moi.
Laurz, vous aussi vous en faites ? Ouais. Oui, j'en fais sur les cours femmes.
Et pour quelqu'un qui connaît pas le MMA là, qu'est-ce qui se passe ? Alors en fait sa partenaire elle essaie beaucoup de l'emmener au sol depuis tout à l'heure et donc bah pour aller chercher la soumission et puis bah le chaos. Sauf que bah Laoran se défend bien en face donc voilà et elle a une partenaire qui est solide [Applaudissements] aussi.
Allez Laur ! Donc là elle a gagné. Exactement.
En fait, bah on elle a contré le la tentative de soumission de sa bah de de la combadante en face et elle a elle a fait une clé et euh et du coup bah l'adversaire a a lâché et a mis fin mis fin au Canas. Donc c'est Laoran qui gagne sur un sur un chao technique. La victoire dans le coin. [Applaudissements] Comment vous allez là maintenant que votre fille a gagné ?
Et ben maintenant, je vais vraiment très bien et je suis très contente et très fière d'elle par rapport à tous les efforts fournis euh depuis euh ces trois derniers mois pour bah pour les entraînements, la gestion du poids, du stress euh et en plus dans sa ville à Poitier. Donc que du bonheur avec son club Yofox. Donc voilà, elle me rend très fière.
Qu'est-ce que ça vous a fait quand elle vous a annoncé qu'elle allait se mettre au MMA et donc combattre dans une cage ? Franchement, le MMA, j'avais vraiment peur mais comme elle est dans une salle et avec un entraîneur où il y a vraiment des valeurs sportives et ben j'ai découvert ce sport et franchement maintenant j'apprécise PI et c'est un vrai sport et j'invite tout le monde à s'entraîner parce qu'il y a beaucoup de techniques et c'est pas que du show et on n'est pas plus blessé que qu'au rugby ou que dans d'autres sports. Donc franchement c'est c'est vraiment un très beau sport et il faut s'y intéresser.
Vous êtes étonné par le nombre de gens qu'il y a dans cette salle pour un samedi soir ? Ouais, je suis étonnée et en même temps, bon bah le sport aujourd'hui, ça fait partie de de notre environnement. Étonné quand même parce que c'est vrai que c'est un budget, c'est aussi cher qu'un concert, voire même plus.
Je crois que les premiers prix ça commence à 30 40 € et qu'on finit dans les 250 € à peu près. Donc donc voilà. Mais c'est un vrai spectacle et une vraie orga un show à l'américaine. [Musique] Comment vous avez commencé vous le MMA ?
Euh et ben moi j'ai démarré il y a 3 ans. Euh j'avais fait du karaté à dos mais j'avais pas forcément poursuivi et je cherchais un club plutôt de box sur Poitier et j'ai découvert j'ai découvert la Yofox et euh bah c'est bien plus que qu'un club de MMA. Finalement on y retrouve aussi euh le côté euh solidarité dans les arts martiaux et c'est ça qui est chouette un peu un peu une deuxième famille quoi.
Et vous vous avez fait des combats ? Non, bah je disais que j'étais beaucoup trop vieille pour ça, mais finalement la combattante face à Laoran avait 37 ans. Donc donc voilà.
Et vous, vous avez quel âge ? 35. Ah oui, large.
Ouais. Non non non non non, franchement franchement non. J'oserais pas.
Après, c'est chouette de voir de voir déjà des femmes combattre parce que c'est hyper rare et que là Laoran mette mette le club à l'honneur. Et puis aussi pour le côté sport féminin, non, c'est top. C'est top.
Il en faut. Vous aussi vous faites du MMA ? Alors non, moi je suis venue supporter Laurane, Mahamars et ma niè.
Ah donc c'était uniquement à sens unique et c'était que pour elle. Mais je suis très fière. Et alors du coup vous vous êtes la femme du coach.
C'est ça. Je travaille avec lui. Je je vis la la vie du MMA avec lui.
Donc Et du coup vous avez combien de personnes dans votre club ? Vous avez des licenciés ? Oui, on a à peu près 400 licenciés.
Ça va de 4 ans à plus de 50 ans des girls. J'ai aimé ma girl et puis euh et puis c'est vrai que c'est un enseignement ludique avec beaucoup de pédagogies tout ça. Donc du coup les gens se sentent en sécurité tout en apprenant le ce sport là.
Donc c'est pour ça que ça a beaucoup de succès en tout cas chez nous. Monsieur le président, comment vous expliquez vous les sorts du MMA ? C'est un sport à la mode.
C'est les arts martiaux, c'est le mix de tous les arts martiaux. Donc bah ça ça touche beaucoup de monde. Donc du coup ça ça a eu de l'essort.
Et puis avec la l'UFC, les États-Unis, l'exemple de l'UFC, euh bah ça passe à la télé sur RMC Sport et puis bah du coup euh ça attire beaucoup les jeunes et c'est une mode actuellement ça a baissé un peu avec les JIO là parce qu'il y a eu l'effet JIO qui a un peu fait baisser les un peu le nombre d'adhérents mais ça toujours c'est légal donc ça attire plus de monde. Les parents ont moins peur que leur enfants fasse du des arts martiaux du MMA notamment. On a eu quelques Français qui ont commencé à briller à l'UFC et ça a fait connaître ce sport à plus de Français et je pense que les Français c'est des combattants dans l'âme donc ils ont atterré vite au MMA.
Bertrin Moussou, vous connaissez ce club, n'est-ce pas ? Je connais très bien ce club. Je connais le le celui le fondateur Johann Ruel euh parce qu'il a combattu dans l'équipe de l'équipe de France à l'époque mais on était pas légal mais j'avais créé une donc la commission française de ma et on a amené des des des combattants français combattre aux différents championnats officiels de l'IMAF Europe monde et le Johan avait combattu au champion du monde à Las Vegas.
Alors ils nous disent hein club de Poitier 400 adhérents. Ça commence à 4 ans, ça va jusqu'à 50 ans. C'est jeunes femmes qu'on entendait.
On a pourtant dans les représentations qu'on se fait aujourd'hui des pratiquants du MMA, pardon, je vais être frontal, mais c'est plutôt un sport qui nous renvoie à des jeunes de cité. On se fait complètement une illusion de ces pratiquants. Oui.
Et puis c'est c'est également c'est également traduit dans dans les médias. Enfin, moi le le combat de de 15 ans, c'est ce que j'ai entendu tout le temps. On est toujours mis on était voilà considéré comme des voyou.
Le c'était que des gamins de cité. Moi moi mon club c'était le Racing Club de France dans le 7e. Oui.
Et j'avais 200 élèves, vous voyez. Donc euh donc moi ça correspondait pas du tout à ma réalité. Oui, on en fait dans les cités mais on en fait exactement partout en province.
Le le le club de Johan, on est la la preuve. Il y a le club également à Toir qui est euh qui est dans les deux séèvres qui cartonne également. Enfin, partout en France, il y a des il y a des il y a des super clubs qui marchent bien mais on est loin de l'image en fait qu'on veut bien nous montrer du VMA.
Donc il y a bien quelque chose en fait d'un biais dans les représentations. À tel point, je vais citer Roxana Maraciné à nous qui a été interviewée dans dans une série du monde que je vous invite vraiment à lire autour de ces questions. Elle en a parlé, dit-elle, au premier ministre de l'époque, Édouard Philippe qui pratiquait la boxe et Yan Ramirez, celui-ci lui a répondu que c'était un réel sujet avec des risques de radicalisation, de communautarisme, de violence dans les quartiers et qu'il serait préférable d'avoir des réglementations et des contrôles d'agents du ministère public plutôt que de laisser ce sport sans régulation.
Est-ce que vous pensez que c'est ces ce sont ces représentations erronées comme ce que vient de nous dire Bertrand Amoussou qui ont conduit finalement à une forme de légalisation ? Alors oui, il y a eu Bertramussou a bien fait de de rappeler quand même voilà que on il y a eu des grands clubs de de tout niveau social qui pratiquaient depuis bien longtemps déjà le MMA. Il faut faut quand même rappeler que même en Amérique du Sud par exemple, vous aviez des classes non défavorisées qui étaient les premiers pratiquant et et consommateur de MMA dans parce que Oui, vous en parlez dans votre livre, il y a une forme d'inversion d'ailleurs quand les classes populaires arrivent dans ce sport.
Et oui, puisque aujourd'hui vu que ça s'est démocratisé, ça s'est popularisé, forcément ça va toucher plus de monde. C'est beaucoup plus facile d'accès aujourd'hui que qu'avant. Donc forcément ça attire de nombreux publics et parfois ça peut avoir des des publics divers et variés et notamment des populations qu'il faudrait un peu plus surveiller.
Il faut faut pas il faut faut pas le le le nier. Il peut y avoir aussi quelques foyers où on il vaut mieux avoir un contrôle voilà une légalisation avec effet une vision sur ce club. Il faut pas le nier.
Ouais. Alors, vous dites aussi dans le travail que vous avez mené autour de cela que on est dans une forme d'inversion, c'estàdire que c'est pas un sport qui a finalement été créé par les amateurs sur le terrain. Alors, coupez-moi si je dis une erreur, mais que c'est aussi cet écosystème qui est lié à l'événementialisation, l'entertainment, qui a conduit en fait à consolider ça.
Alors, les réseaux sociaux ont aussi participé à cela. euh la starification de certaines personnalités. Euh on est quoi dans un storytelling et un écosystème qui consolide ce sport ?
Tout à fait. le MMA via sa version très spectaculaire et professionnelle de l'UFC a été en quelque sorte un petit peu le le on va dire le le produit est parfait pour le monde d'aujourd'hui puisque si aujourd'hui les réseaux sociaux permet les diffusions très larges et se nourrit énormément du MMA et inversément le fait que il y avait cette version très visuellement qui était très marquété le le fait de créer cette enceinte grillagée. Forcément, on était sur un produit très atypique et qui a plu très rapidement.
Donc forcément, c'est un produit qui était déjà vraiment fait pour une sorte un petit peu de voilà de de sport moderne professionnel capitaliste. Ouais. Bertrand Amoussou finalement c'est un airs de catch quoi mais en version où on se donne vraiment des coups.
Alors est-ce qu'on peut dire que c'est un air de catch ? Je pense que si c'était le cas, ça marcherait moins bien. En tout cas, aux États-Unis peut-être, mais ailleurs moins bien.
C'est devenu un vrai sport avec un ranking. Euh un ranking, c'est des c'est un classement classement un classement. Exactement.
Donc comme comme dans tous les autres sports parce qu'il faut qu'il y ait une logique sportive. Donc d'où le d'où ce ranking euh le catch le catch raconte des histoires. On raconte des histoires mais ce sont les histoires des personnes à côté du combat.
Le le catch est raconté dans le ring. Le MMA n'est pas raconté dans le ring. Dans le ring, c'est la vérité.
Oui, mais il y a quand même une part de storytelling et vous le dites vous-même dans dans le dans le MMA, dans cette forme de starfication aussi des combattant euh leur et c'est ce qui fait le succès, attention hein, c'est ce qui fait le succès. Je je j'étais je sais plus à côté qui j'étais lorsqu'il y avait le Premier RFC et la personne me demandait euh comment ça se fait que tout le monde enfin que ça marchait autant lorsque l'Australien c'était et rentré fait mais moi je enfin j'ai jamais entendu parler de lui. Comment ça se fait que tout le monde se compte son nom ?
Je dis parce que la plupart des gens sont allés sur internet, connaissent le nom de son chien, connaissent le nom de sa fille, connaissent sûrement le nom de sa femme parce qu'ils l'ont ils ont ils pratiquement grandi avec lui parce qu'ils l'ont suivi et que quand il arrive même si c'est pas chez lui qu'il arrive à Paris et ben les gens qui suivent sont c'est comme c'est comme quelqu'un de la famille. C'est en fait vous nous racontez l'histoire des Kardashians en version sport. C'estàd qu'il y a tout un écosystème qui s'est créé.
Je me permets mais parce que c'est j'ai une un regard de booienne vraiment très naïf sur ce que vous me racontez. Je suis pas une spécialiste de MMA mais on voit bien qu'il y a un écosystème euh des médias, des réseaux sociaux, du business aussi, disons-le clairement, puisque des entreprises comme Hexagon et MMA, c'est ligu comme l'UFC en fait font c'est c'est du matchmaking. Enfin, donc on a des programmateurs presque, donc on est dans de l'événementialisation.
Mais il faut il faut mais c'est exactement ça. Il faut comprendre que les ligues, on dit ligue mais c'est je sais pas si ligue c'est le c'est le terme les organisateurs, les les les promoteurs de combat font de la promotion de combat. Ils vendent des combats.
Alors bien sûr pour que ça reste sportif, il y a ce ce classement dont je parlais tout à l'heure, ce ranking parce qu'il faut qu'il y ait une logique sportive mais leur métier avant tout c'est de vendre des combats, donc le vendre le plus possible pour qu'il soit le plus regardé, qu' ait le plus de téléspectectateurs et de spectateurs possible. Donc forcément, il faut le marketer. Hm hm.
Yan Ramirez. Oui, c'est le MMA, c'est l'équilibre parfait entre le sport et le spectacle. Ils ont trouvé cet équilibre parfait.
Vous en effet, il y a eu un phénomène de sportivisation qui était nécessaire pour rendre ce sport crédible, légitime, mais aussi visible. C'est comme ça qu'ils ont pu rentrer dans les tél sur dans les télévisions américaines et maintenant sur nos dans nos télévisions françaises. Il fallait le rendre sportif.
Donc, il y a eu ce phénomène sportivisation. Mais qu'est-ce qui fait vendre ? Ben, c'est le storytelling.
En effet, si vous voulez vendre, bon, on peut faire une comparaison avec par exemple le championnat de foot actuellement de Ligue 1 qui critiquait un petit peu comme un produit qui ne vend pas. Pourquoi ? Parce que on ne parle pas assez de ces athlètes et ben de la MMA, c'est le contraire.
Là, on parle beaucoup des athlètes. On vend, on a envie de les suivre, on a envie de les encourager, de les voir et c'est ils ont tout compris. On est là parce qu'on aime ça.
On aime le MMA. Vous écoutez Douce France. On nous l'a offert pour notre anniversaire et c'est comme ça qu'on a découvert le même Barnora m'a dit tous les deux avec mon chéri.
Moi je connaissais déjà la boxe et j'ai dit pourquoi pas et voilà sur France Culture retour à l'arena futuroscope donc de Poitier vous venez d'entendre des réactions de spectateurs que j'ai glané pendant une des pauses de la soirée. Alors ce soir-là h combats sont programmés donc par l'organisateur Hexagone MMA. Donc cinq dont cinq pardon en tête d'affiche désignés par ce qu'on appelle un matchmaker.
On en parlait à l'instant, une forme de programmateur qui organise donc ses combats professionnels avec euh des sportifs qui viennent du monde entier. Parmi eux, les vicariel surnommé le missile a une nouvelle fois remporté une victoire impressionnante sur chame du chapeulaire déjà en 2023. Ce soir-là, son combat avec Raphaël Mebenga a duré seulement 5 secondes.
Réaction dans les travers du futuroscope Arena de Poitier. [Musique] [Applaudissements] Oui, on est-ce que Mais qu'est-ce qui est abusé euh le proch ? Ce qui vient de se passer là.
Oui, il vient de se passer quoi ? Vous pouvez me raconter ? Euh les Vic Ariel qui vient de mettre un crochet à Shaka là et franchement c'était assez brutal hein.
Ah donc le MMA c'est dangereux quand même, c'est ce que je comprends. Bah c'est dangereux pour les novices mais ça c'est les professionnels maintenant. Les gens ils sont arrivés c'est le travail, ils sont entraînés, ils ont pris des coups et maintenant on voit le résultat.
Bon, c'est vrai qu'il y en a un qui va avoir un peu mal à la tête demain matin, ça c'est sûr. C'est le travail qui paye. bien pour lui tous ceux qui sont dans la public aussi énormément de qu'est-ce que tu veux step by step les car [Applaudissements] nous on est fight actu du coup sur TikTok.
Du coup, on a une chaîne qui a 18 abonnés 18000 abonnés pardon. Et du coup en fait nous c'est la première fois qu'on a invité sur un événement comme l'Hexagon MMA et on est là pour le courir de A à Z. Du coup nous c'est plus de la réaction en direct.
Alors ça c'est plus Nicolas qui gère il gère ça avec son téléphone et là du coup moi je suis plus le support essayer de faire un maximum de contenu et essayer de faire de contenu qualitatif. Et ça marche du coup le MMA sur TikTok ? Ça marche plutôt bien.
Ouais marche plutôt bien. On est sur une chaîne un peu qui est en expansion. On est passé de 0 à 18000 abonnés en un an.
Alors, comment on tombe amoureux Nicolas du MMA ? En regardant le MMA, moi c'était grâce à mes frères qui regardaient le MMA et je regardais beaucoup de foot avant. J'ai regardé du MMA, j'ai joué au jeux de MMA et au final j'ai fait du kickboxing et quand on tombe dans ce sport bah on se rend compte que c'est pas comme les autres sports.
Il y a une dépense psychologique, mentale et physique. C'est incroyable. C'est tellement beau comme sport.
Ça devient de plus en plus populaire. Alors bon, on a eu la boxe qui était assez populaire mais le MMA, ça devient assez médiatique. Et après, faut pas dire que la cage fait peur parce que toi-même, tu le sais, le le MMA à la base, l'UFC, il réfléchissait à un concept qui change.
Alors à la base, il réfléchissait à des douves avec des crocodiles et au final, il y en a un, il a dit "On va mettre une cage, ça serait impressionnant." Et c'est vrai que bah c'est assez impressionnant cette cage là, même si au final les combattants n'ont pas le droit de s'accrocher à la cage. Ça sert vraiment de support au combattant et il travaille avec la cage.
En fait, ce qui a exporté vraiment le MMA, c'est Conor McGregor à l'époque qui a fait exploser le MMA en Europe. Conor McGregor, c'est un combattant légendaire irlandais qui est connu pour son trash talk. Le trash talk, c'est la façon de parler à son adversaire qui est un peu virulent.
Et cette personne-là que Nor McGregore l'a popularisé en Europe et qui a ramené ça d'une façon phénoménale quoi. C'est en fait il y a il y a il y a deux il y a il y a deux façons de voir le MMA. C'est vrai qu'il y a le MMA grand public.
Je pense qu'il y en a beaucoup comme vous dans cette salle. Tout ce qu'ils veulent voir, c'est le combat qu'on vient de voir avec un chaos. Que le gars il tombe par terre parce qu'il a reçu des coups.
Mais il y a des des gens qui rent le MMA assez puriste comme moi et mon collègue ici présent où on aime bien voir une période au sol où ils vont chercher un étranglement. Beaucoup trouvent ça ennuyant parce que ça reste au sol mais c'est des belles techniques à voir aussi. Le MMA ça s'apprend et à force d'en regarder, on apprend de plus en plus. [Musique] Est-ce que je peux vous demander votre âge ?
J'ai 15 ans. Et toi ? 16.
Et qu'est-ce qui te plaît ? C'est la bagarre quoi. C'est un peu tout permis.
Il y a il y a pas que cha, il y a tout ce qui est soumission, clé de bras, enfin bref, tout ça c'est ça qui est bien. Genre c'est plus diversi complet, c'est plus violent. C'est la violence qui vous fait kiffer là.
Le chaos là en 5 secondes. Ça vous vous avez kiffé ? Ouais.
Ouais, on a kiffé. Ouais, il a bien. Ouais. toute une préparation juste pour ça.
Ben force à lui en tout cas. Et vous suivez du coup les trash talk que là des des combattants quand il s'invectivent sur les réseaux et cetera dans les combats ? J'avais des suivi ceux de Cédric Dumbeé et Vaky.
Enfin, ils sont beaucoup trash talk et beaucoup de propag beaucoup de propagande. Enfin, il il se chari beaucoup et tout. Donc ouais, c'est l'hôpital aussi, il a un peu pris la grosse tête d'bé parce que il a mis KO.
Jordan en 9 secondes mais bon voilà mais après faut pas trop prendre la compte du côté de CB toi moi j'étais pour Cring Dombé mais vu ce qu'il a dit qu'il allait faire ben en fait il a rien fait donc bon et du coup vous attendez quel combat là ce soir ? Ah moi là j'ai regardé c'est un mec il fait c'est poids lourd c'est il est j'ai pari à son prénom mais j'ai vu dans la story de La Arena mais j'ai par son prénom j'attends ce combat là celui-là je l'attends. Voilà et ce combat des poids lourds que ces jeunes gens attendent c'est aussi fini par un chaos.
C'est un combattant issu de la lutte sénégalaise qui l'a emporté au bout d'un seul round. Euh et ce soir-là, donc je le disais hein, sur 8 combats 3 ont fini euh en chaos. Euh et ça pose quand même Bertrin Moussou la question en fait de l'état de santé.
Vous disiez tout à l'heure, voilà, il a fallu un cadrage à un moment euh autant de chaos sur une soirée. Cette recherche en fait de violence, elle a un prix aussi pour la santé des combattants et combattantes. Oui, en fait le le mot violence, on pour en parler, hein.
Je moi je mets je je le mets ailleurs le mot violence, mais euh tout le travail tout le travail de de pour essayer de convaincre justement pour pour faire accepter ce sport, il était pas sur le fait de dire que le MMA c'est pas un sport violent ou c'est pas un sport qui peut être dangereux. Euh parce que si on doit interdire les sports dangereux, c'est pas avec le même qu'il faut commencer. On va on va commencer avec euh avec la plongée sous-marine, on va commencer avec euh tous les sports mécaniques.
Vous voyez ce que je veux dire ? H ou euh le rugby, les convions cérébrales. Voilà.
Maintenant, maintenant lorsqu'on parle, moi le le sujet c'était de dire dans un pays où on peut faire de la boxe anglaise sans problème, où on peut faire du kickboxing sans problème, où on peut faire de la box sans problème et tous les autres sports de contact, il y a aucune raison qu'on ne puisse pas se faire de MMA. C'était ça mon mon sujet. C'était pas de dire que accepter le MMA parce qu'on parce que c'est pas il y a il y a pas de souci.
Oui, il y a des soucis mais parce que c'est un sport de contact et donc forcément les sports de contact voilà il faut ce que vous nous dites c'est que ces chaos qui sont quand même réguliers et qui sont extrêmement spectaculaires quand vous avez un homme de de ma mètres qui tombe de tout son sous après un seul coup et là en l'occurrence 5 secondes de combat c'est quand même assez impressionnant ça. Enfin vous dites que c'est la même chose qu'avec la boxe après tout c'est c'est pareil. Non, c'est non, c'est je je me replace dans le le combat que j'ai mené pour par rapport pour la légalisation et et ça a pas été légalisé parce qu'on s'est dit moi finalement c'est pas dangereux.
Oui. Euh lorsque vous prenez un chaos, c'est une commotion cérébrale. C'est dangereux.
D'accord. Euh c'est c'est également le but. On entendu les les gamins tout à l'heure ce qu'ils attendent de c'est c'est de de voir un chaos.
Donc c'est le c'est le but recherché soit un chaos, soit une soumission, c'est de finaliser le combat. Mais c'est la même chose dans les dans les autres sports qui sont régulés depuis très longtemps. H Yan Ramirez, ces sports sont régulés et en fait ce cadrage médical, il existe ?
Il existe et il est particulièrement performant. Je dirais qu'il devrait même être cité en exemple parce que lorsque vous avez en effet un athlète qui est KO à MMA, il y aura une il y aura une suspension médicale qui sera assez stricte et qui va l'écarter du combat pendant des mois. C'est minimum 2 mois minimum.
Euh lorsque vous avez un chaos dans d'autres sports, vous retrouvez 15 jours plus tard sur le terrain le sportif. Et dans certains sports comme dans le cyclisme où vous avez une commotion cérébrale très difficile à déceler pendant la course, vous pouvez avoir un cycliste qui va reprendre la route sur la route après en KO. Donc le MMA a cette particularité d'être assez performant dans le suivi médical.
Et il faut dire aussi qu'il a été euh en France par exemple, il a eu euh on a suivi des études médicales aux États-Unis, au Canada qui ont montré que le MMA ne provoquait pas plus de traumatisme crânien par exemple que des sports tels que box taille, kickboxing ou box anglaise comme Bertram Moussou l'a rappelé. Donc si ces sports sont si le MMA n'est pas plus traumatisant que ces sports déjà légitimes et acceptés, ben pourquoi ne avoir refusé le MMA pendant des années ? Amousou et il faut rajouter qu'il il est même moins.
Ça ferait bizarre de dire ça de qu'il est moins. Mais ça se dès qu'on le pratique, on le comprend. Dans les sports que Yan vient de de citer, on parle de la boxe anglaise, le kickboxing, la boostille, il y a le il y a il y a le le compte lorsque lorsque vous prenez un KO, on a tous vu ça à la télé, je tombe KO.
Donc commotion cérébrale, l'arbitre va te compter jusqu'à 10 secondes pour montrer que que j'ai j'ai 10 secondes pour pouvoir récupérer. H oui, là c'est un arrêt immédiat du du match. Donc ça veut dire que je en boxe, par exemple en boxe anglais, je vais prendre une commotion, je prends un chaos, je me redresse, je recommence, je me reprends un deuxème chos, je me redresse et c'est au trisème que je suis arrêté.
Nous, on prend un KO, c'est 2 mois d'arrêt, c'est pas 10 secondes d'arrêt. Vous voyez ? Donc c'est donc lorsqu'on additionne ces combats et qu'on regarde les statistiques, il y a le la la Anthony Hopkins Academy qui est une grosse académie américaine qui fait beaucoup d'études a fait des des études sur les combats de boxe versus les combats de MMA et a démontré que les combats de de MMA étaient beaucoup moins dangereux que les combats de boxe.
On entend toutefois dans la les paroles de ces jeunes gens un besoin de bagarre. On cherche la bagarre. Ce besoin de de voilà d'expression d'une forme de violence.
Ils ont tous parlé euh de ce fameux Connor McGregor. Alors un combattant irlandais euh qui d'ailleurs s'est fait connaître par ses formes de trash talk, hein. Donc le trash talk, ce sont ces invectifs qu'on s'envoie et faut-il le rappeler, celui qui a inventé le trash talk autre que Mohamed Ali.
Donc là, on est dans un une forme de continuum sur les sports de combat peut-être. Mais ce Conor McGregor euh il se présente désormais à la présidentielle, il est accusé de viol, d'agression sexuelle. Il était il y a encore quelques semaines dans le bureau oval chez Trump qu'il cite comme étant un exemple.
Il est profondément et ouvertement d'extrême droite raciste et on dit beaucoup en fait que aujourd'hui des enquêtes encore de l'équipe ces derniers jours ont révélé une forme de gangraine. Bertrin Moussou est-ce que vous avez à répondre à ça ? J'ai vu euh bien sûr, j'ai vu ces articles qui qui parlent de de de des on parle de grou group d'extrême droite qui euh mais c'est ça s'explique assez facilement en fait lorsque lorsqu'on est ce genre de groupuscule où euh j'ai même entendu parler de djihadistes qui faisaient du MMA.
Euh en fait t tous ces groupesusculs font font des sports de combat. Euh leur entraînement leur entraînement c'est pas de la natation, c'est des sports de combat. Donc donc euh quand quand ils font des sports de combat aujourd'hui en 2025, c'est du MMA parce que c'est le sport à la mode.
Donc on on a vite fait de dire ils font du MMA, donc le MMA n'est pas un sport à regarder. Non, il ils vont vers le sport de combat le plus efficace dont on parle aujourd'hui. C'est le MMA.
C'est le MMA. Euh Yan Ramirez, qu'est-ce que ça dit aussi du rapport à la violence quand on entend ces jeunes gens ? Alors là, pour rebondir sur sur Bertrin Mouschou, parce qu'en effet le Tout à fait.
Le MMA véhicule tellement une image médiatique et populaire que forcément il y a une instrumentalisation de tout bord. Vous avez par exemple au Brésil, c'est mon confrère Stéphane Baridi en Suisse qui a travaillé là-dessus. Le le MMA est utilisé comme moyen d'évangélisation.
Ah d'accord. Voilà. Donc vous voyez évangélisation, diadisme euh et évidemment nous ici euh des groupesc d'extrême droite qui utilisent la violence, c'est-à-dire qu' ils instrumentalisent, ils récupèrent ce phénomène uniquement de violence.
Il y a rien d'autre qui euh intéresse autre que juste la violence brute. Avant c'était autre chose. Il faut c'est aussi des personnes qui ont utilisé par des années le le hologanisme, voilà qui quirainait le football.
Voilà. Et il y a eu beaucoup plus de travail là-dessus pour éradiquer ces phénomènes, même si ça a pas été fait à 100 %. Mais on on a une bascule.
Ces personnes qui suivaient le foot et qui et qui se bagarraient sur des aires d'autoroute ou en à proximité des stades sont aujourd'hui plutôt attirés par le MMA. Et s'il devait y avoir une autre forme peut-être déviée du MMA dans le futur, ils iront certainement dans cette forme déviée qui serait certainement plus violente que le MMA. Peut-être qu'on le connaît aujourd'hui.
Hm hm. Toutefois, est-ce que ça vous interroge ce que vous avez pu entendre à l'instant de ces jeunes gens qui disent qu'ils veulent la bagarre ? Est-ce que cette dimension un peu d'une grammaire viriliste, un peu masculiniste, comme peut d'ailleurs l'a porté Conor McGregor, donc ce combattant irlandais, euh est-ce que il n'y a pas quelque chose en fait peut-être de catarctique mais quoi qu'il en soit d'une grammaire de la violence ?
Yan Ramirez ? Oui oui oui. La la la catarcis a a toujours existé.
Il y avait il y avait ce débat à savoir si le la forme de consommation euh visuelle de du du MMA ou d'autres sports de combat pouvait euh freiner ça. Or, on a toujours une part de la population qui elle va se nourrir et qui aura besoin peut-être aussi de toujours plus hein, une espèce de néomanie, d'aller chercher toujours plus loin comme certains peut-être addictes à certains produits. Donc ces jeunes, il y a ce côté un petit peu en effet, on va utiliser le le MMA comme ben cette image en effet de ben de virilisme, de montrer que moi je je ne recule pas, je sais me servir de mes points et de mes jambes et que je sais soumettre mon adversaire, un désir de de de domination sur sur l'autre.
Euh actuellement le c'est le MMA qui euh de par sa popularité et son pouvoir médiatique euh ben malheureusement attire un petit peu cette population-là mais qui il y a 20 ans aurait été attiré par d'autres formes de de pratique sportive violente. Hm hm. Bertrandou, oui, qu quand on parle de MMA, on parle forcément de de donc d'une discipline avec des règles.
Euh lorsque le sport est arrivé, ça s'appelait pas MMA, je l'ai expliqué tout à l'heure, euh il y avait pas de règles justement et ça c'est les organisateurs qui ne voulaient pas qu'il y ait de règles. Après ces techniques pour pas favoriser un sport plutôt qu'un autre. Mais ça ne marchait pas tant que ça parce qu'en fait c'était beaucoup plus violent que ça ne l'it aujourd'hui et il y a toujours forcément des gens qui allaient voir ça mais ça ne marchait si peu que la société SEG qui dirigeait ses premiers combats de l'UFC euh était contente de vendre l'UFC à Zofa qui a récupéré l'UFC en 2001 et c'est Zofa qui a réglementé et mis des règles, des catégories de poids et c'est comme ça que ça marchait.
Mais lorsque c'était justement un petit peu tout et n'importe quoi, ça ne marchait pas si bien que ça. Bertrin Moussou, vous dites aussi parce que finalement la violence c'est aussi dans notre ADN. Il y a plein de gens qui ne veulent pas le reconnaître mais le combat c'est ce qu'on est.
Est-ce que intrinsèquement, c'est pour ça que les sports de combat font sont aussi extrêmement pratiqués, on aurait un fond violent qu'il faudrait exprimer dans le cadre de ces sports là. Mais complètement. Enfin, je on c'est c'est oui, c'est c'est ce qu'on est. on on a besoin euh ben regarder les regarder les enfants dès qu'on est contrarié, ben les gestes qu'on a c'est pas des gestes de tendresse, c'est des gestes de violence et ça ils l'ont pas c'est pas les parents qui leur montrent, c'est c'est iné.
Euh donc c'est pour ça que les en tout cas les sports de combat, le sport en général mais plus particulièr les sports de combat sont là justement pour essayer de canaliser cette violence et au lieu au lieu de l'exacerber. On on m'a on a souvent reproché au sport de combat de d'apprendre à être plus violent. En fait non, on apprend à canaliser sa violence parce que si on la contrôle lorsqu'on est en situation justement d'être d'être contrarié et ben on on en fait ça ça nous ramène à notre ego.
Ça nous ramène à notre ego. Les gens qui sont violents, ce sont les gens qui se sentent en danger. Donc avant de comme comme les animaux donc avant de de de se retrouver submergés et ben je vais déployer cette violence pour pouvoir stopper l'agression potentielle.
Lorsqu'on sait lorsqu'on sait se battre, lorsqu'on est en pleine confiance de ce qu'on a. Et ben tout se passe bien. Ouais.
Yan Ramirz, vous parlez d'une société finalement du risque zéro qui qui serait susceptible d'ignorer un espèce de refoulé, d'impensé. Oui, on on a tendance à oublier ben cette part un petit peu en effet d'énergie vitale, d'élan vital que qui nous anime. La violence est un moyen d'expression euh et c'est un moyen d'expression pour ceux qui n'arrivent pas à verbaliser par exemple.
Et ici euh les sports de combat, les sports enfin toute pratique qui permet un engagement corporel est un moyen d'extérioriser une certaine violence que l'on porterait en soi. Alors il y a débat forcément sur le la violence en soi, mais en tout cas c'est un moyen de de voilà de de canaliser comme disait comme le disait Bertrand Moussou de l'encadrer. Et en effet, on est c'est tout le côté un petit peu paradoxal de la société d'aujourd'hui, c'est que ce sport se développe dans une période historique où on cherche absolument à protéger le corps, à condamner toute forme de violence, donc à nier un petit peu cette part nous de de liberté, d'expression corporelle et autres.
Et c'est pour ça qu'il a eu du mal à être à être euh accepté parce que ça ça fait un petit peu un développement à contre-courant. H alors retour à Poitier cette fois-ci pour entendre Jérôme Pour le fondateur et président d'hexagone MMA. On l'écoute.
Le MMA c'est c'est avant tout une histoire entre deux combattants. Une histoire qui se prépare avant le combat où on doit comprendre pourquoi c'est l'un ou l'autre qui doit gagner. Et c'est ça qui fait que le MMA est magique parce que on sait pas sur quel type de combat on va tomber.
On ne sait pas s'il va y avoir un chos. On ne sait pas s'il va y avoir une soumission. Et c'est vrai que il y a tellement de questions avant un combat de MMA qu'on a forcément envie de commencer à le regarder parce qu'on se dit comment ça va finir ?
Qu'est-ce qui va se passer ? Vous votre objectif c'est d'emmener et c'est votre titre hexagone MMA le MMA aux quatre coins de France. Pourquoi c'est important selon vous ?
Démocratiser le MA c'est vraiment mon but. Vous l'entendez ? Moi, je suis toulousain.
Euh je ne suis pas de Paris. L'idée c'est vraiment de se dire que le MMA appartient aux six coins de l'hexagone. Et c'est pour ça qu'on s'appelle Hexagone MMA.
L'idée c'est d'aller dans la même saison, on fait 15 dates aux Paris, auxis de Toulouse, au théâtre antique d'Orange, on va à l'Arcade Bordeaux. Donc vraiment l'idée c'est d'amener le MMA partout en France pour que on découvre juste ce sport là qui est juste un sport de combat magnifique. Le MMA c'est on voit le côté bling bling, on voit la lumière, on voit le spectacle mais derrière moi je suis un entrepreneur, j'avais j'ai la volonté de de construire une vraie ligue de MMA professionnel et c'est un investissement de temps, c'est un investissement d'argent.
Donc pour moi, ce dont il est question, c'est de montrer le MMA, le populariser, le démocratiser pour que demain on voit le MMA comme on voit, on va dire aujourd'hui le football, le rugby. Euh l'idée c'est de prendre en compte, considérer que le MA est juste un sport de combat, juste un sport. Euh pour l'instant, le MMA est rattaché à la fédération de boxe.
Est-ce que il faudrait aller plus loin et créer une fédération en tant que telle ? où est-ce que ça doit rester là tel que c'est aujourd'hui ? Est-ce que c'est un frein à son développement ?
Il faut saluer ce travail colossal qui a été entamé depuis 2020 du côté de la Fédération française de boxe parce qu'ils ont commencé d'une page blanche. Mais aujourd'hui, je pense qu'il est temps que le MMA vive de ses propres ailes avec voilà avec une logique différente aussi. Et moi, je peux vous dire qu'à titre personnel, j'ai très envie de d'être investi euh pour construire le même en France.
Bien sûr, l'UFC c'est vraiment la Champions League du MMA. Euh ça sera pas forcément l'idée d'aller chercher d'être plus enfin meilleur que l'UFC. C'est c'est impossible.
Mais si je peux être le numéro 1 en Europe, je signe de suite. Voilà, vous entendiez Jérôme Pour le fondateur et président d'hexagone MMA. Bertrin Moussou, une ligue spécifique, une fédération de MMA.
Vous qui avez présidé la Fédération internationale, pourquoi pas ? Mais ça veut dire aussi une forme d'institutionnalisation. plus de clubs, plus de professeurs diplômés face à ces machines en face qui sont plutôt dans l'entertainment.
Ça va être ça la difficulté. Comment faire pour qu'on ne soit pas juste dans du sport spectacle ? Il y a il y a deux mondes en fait qui se qui se qui se rencontrent.
Il y a le monde amateur donc avec l'IMAF par exemple même trois mondes, on va dire. Il y a le monde récréatif, il y a le monde amateur de compétition. une compétition amateure.
Quand je dis amateur, c'est compétition amateur avec les les championnats de de l'IMAF et il y a le monde professionnel, le monde récréatif, il va il va il va il va englober, on va dire 95 % de de des de ceux qui font du MMA. 95 %. Le monde amateur des compétitions, ça va être 3 % en plus, 3 4 % en plus et 1 % qui vont passer pro.
Donc euh ce dont il faut s'occuper, c'est les 95 %. Et c'est et c'est là où les professeurs sont importants. Euh des professeurs qui soient qui soient formés, qui soient éduqués pour justement accueillir tout sortes de publics pour que justement on on réinverse la pyramide parce qu'on l'a expliqué tout à l'heure avec Yana Ramirez, euh on a commencé par le haut niveau et maintenant le le sport se développe à sa base et là on est en train de de voir une base qui est en train de grossir pour aller chercher après le haut niveau.
Ce que ce que vous dites par ailleurs Bertrand à Moussou, c'est que il va falloir aussi penser les sports de combat et le MMA par exemple dans le cadre d'une pratique scolaire. Pourquoi pas ? Yanne Ramirez, après tout ça c'est la possibilité d'une forme d'institutionnalisation réelle faire entrer ce type de sport dans les pratiques de PS.
Bien sûr, tout à fait. C'est un enjeu et ça existe déjà. ça existe déjà et on a des initiatives, je pense à la Réunion avec Cédric Sertené, je pense à à Renn avec Hervé Janezello, je pense il y a il y a plein de de d'enseignants qui sont issus de l'EPS et qui déjà enseignent dans dans le secondaire et dans le milieu universitaire le le MMA puisque on il est déjà enseigné par exemple dans les sections enfants avec des des d'énormes sections dans beaucoup de clubs en France et il faut bien rappeler que le le MMA, tel qu'il est enseigné dans cette forme éducative, que ça soit avec les enfants ou dans le domaine secondaire universitaire, c'est vraiment des c'est pas l'UFC, c'est ce sont ce sont des cours qui sont uniquement dans un but pédagogique, ludique et éducatif.
Donc c'est il faut vraiment en effet faire la distinction entre ce que l'on voit euh à la télé dans les avec les combats professionnels et même des combats amateurs qui sont de très gros niveau maintenant et ce qui se fait dans la grande majorité en effet des pratiquants en France. Il est âgé de 28 ans, 1 m8 76 k 800 le plus important de sa carrière l'enfant du pay [Applaudissements] [Musique] et on l'a entendu tout au long de cette émission pour le MMA comme d'ailleurs pour d'autres sports de combat, la question de l'image est centrale. Cette image publique doit beaucoup au cinéma.
Bonsoir Antoine Nutster. Bonsoir Nora. Bonsoir à tous.
Dans votre chronique cette semaine, vous vous penchez sur la façon dont le cinéma s'est emparé de sa discipline d'une époque à l'autre. Oui, Nora, les sports de combat et les arts martiaux sont chez eux sur le grand écran. La chose n'avait rien d'une évidence au départ, mais ces films sont nombreux à être devenus des classiques de l'inévitable saga Rocky de Sylvester Stallon à Ali.
L'hommage de Michael Man à un Cassius clé interprété par Will Smith. Mais pour comprendre ses liens entre cinéma et sport de combat, il faut en revenir à l'une des origines du genre en 1972. La fureur du dragon Bruce Lee y interprète un certain Tang Lung.
J'ai découvert qu'ils se font aider par un dénommé Tang Long. Comment ça ? Uniquement par un homme ?
Mais cet homme connaît la boxe chinoise. Le kungfu. Le kung fu ? [Musique] Voilà, le kung fu débarque hein donc sur les écrans du monde entier à cette époque et le public s'est trouvé un nouveau héros en la personne de Bruce Lee, réalisateur, acteur mais surtout véritable athlète lui-même.
Écoutez ce qu'on disait le distributeur du film René Château. Je trouve que Bruce Lee est un personnage physique étonnant. Je veux dire, c'est un type comme Marcel Sdampère ou comme Richar Robinson ou comme Cassus Clay qui sont des des personnages physiques sur une scène ou sur un ring ou sur un écran qui sont étonnants.
On est loin de l'expression philosophique dictée par les orientaux. Bruce Lee est paraît-il le nouveau James Dean. À chaque époque son idole.
Et cette époque voit justement se multiplier les idoles issus des sports de combat, tous des sportifs, impossible de ne pas citer ici Chuck Norris et surtout Jean-Claude Vam, pas encore complètement aware et même presque timide dans l'une de ses premières apparitions à la télévision française en 1988 pour la sortie du film Blood Sport. Frank Duts, agent secret occidental, champion du monde de full contact, catégorie poids lourd. Oncle Sam ne peut pas se permettre une défaite.
Je pars pour Hong Kong. Jean-Claude Vam, c'est lui karatéa, culturiste, boxeur, adepte du full contact. Je vais vous donner des chiffres.
Avec 329 combats gagnants maintenant, il est devenu plus fort que Schwarzenegger, check Maurice ou Sylvester Stallone. Le sport allié au cinéma, c'était une carrière que vous aviez prévu ? Non, c'était le cinéma bord mais j'ai commencé par le sport.
Ah, vous vouliez être acteur avant d'être sportif ? C'était un rêve d'enfance. À l'âge de 9 ans, je rêvais déjà d'être dans dans l'écran.
Le cinéma d'abord. Ces quelques mots disent beaucoup de l'évolution qui s'opère ces années-là dans les films de sport de combat. C'est le cinéma qui domine à une époque pouvait être issu du monde de la compétition pour transposer une éthique sportive à l'écran.
Mais ce lien s'inverse et le cinéma impose ses codes. Le sport demeure la toile de fond mais l'histoire principale se joue ailleurs dans la résilience par exemple de Stallone alias Rocky, parfait représentant de la classe populaire américaine face aux épreuves ou plus près de nous dans une certaine crise de la modernité, une crise de sens qui apparaît dans le film Fight Club de David Fincher. Une fois le combat terminé, rien n'était résolu mais rien n'avait d'importance. [Musique] Le film représente de manière très stylisée des gens paumés, des gens qui n'arrivent plus à communiquer avec les autres, des gens qui considèrent que la société les a en quelque sorte est masculé, qu'elle ne leur permet pas de mener une vraie vie.
Alors, ils cherchent quelque chose à quoi se raccrocher et il trouve quelqu'un, Tyler qui leur dit "Vous voulez appartenir à quelque chose ? Et bien, venez au Fight Club. Des caves du Fight Club au ring de box tout à fait officielle de Million de Dollars Baby de Clint Food.
C'est encore une histoire dramatique en l'occurrence qui prend le prétexte du combat pour s'incarner à l'écran. La boxe est d'abord une leçon de vie. Écoutez ce qu'on disait l'actrice du film Hilaris Wank.
Je voulais vous demander d'être mon entraîneur. Je prends pas les filles. Peut-être que vous devriez d'après ceux qui m'ont vu combattre.
Il paraît que je viens dur. Petite être dure ça suffit pas. Pour moi, la boxe c'est une métaphore de la vie.
Ce que j'ai appris de plus important avec le film, c'est que lorsque vous êtes sur un ring, il faut y être à 100 %. Sinon, ce n'est pas la peine. Alors, Yan Ramirez, est-ce que vous rejoignez le le constat que je tentais de faire à travers cette chronique dans les films traitant de sport de combat ?
L'essentiel se joue peut-être ailleurs que dans la vraie semblance des combats. C'est peut-être aussi grâce à Bruce Lee et Consort. Peut-être qu'ils ont posé les bases sur lesquelles le cinéma a pu reprendre l'initiative les années suivantes.
Ah, ça ça a été des bases très très solides parce que lorsque j'ai réalisé ma première enquête de terrain avec les pionniers de de du MMA d'ertra Moussu, j'ai posé la question à savoir sils avaient été influencés par le cinéma et de suite en effet que ça soit Bruce Lee ou Jean-Claude Van Dam apparaissait comme des sources d'inspiration et en particulier le film Blood Sport par exemple. Alors Bertrand Amousseau, vous les les sports de combat sur le grand écran, c'est c'est que du spectacle. Est-ce que il y a quand même des enseignement y compris dans les films les plus récents ?
Oui, ils vont ils vont forcément se servir de de de la réalité. Les enseignements, c'est toujours la résilience, le le fait de de ne jamais lâcher. Enfin, ce sont les enseignements de la vie et le et le sport traduit ça très très très facilement. une scène une scène de combat ou un film de de Rocky vous raconte tellement d'histoires sur les gens et sur et sur la vie quoi.
Donc donc oui, en effet euh on voit aussi depuis quelques années donc le MMA au-delà de des clubs et de la pratique, bah on le voit maintenant sur les écrans, Netflix a a une série he qui a été réalisée par Frankck Gastambit intitulé La Cage. Donc c'est l'ascension d'un forme gladiateur des temps modernes avec des références appuyées à à la franchise Creed. Creed qui a conduit aussi à des combats cette fois-ci dans les salles de cinéma avec les spectateurs.
Donc il y a eu pas mal de de papiers là-dessus mais aussi à Rocky 3. Il y a également une téléréalité la MMA Academy dans une chaîne du groupe M6. Est-ce que Bertrand Amoussou tout ceci veut dire que la discipline devient totalement mainstream ?
Elle est c'est indéniable aujourd'hui he on est forcé de de constater. Vous me posez la question à moi. Je moi j'ai commencé euh à parler de enfin le MMA le première expérience est 95.
Ensuite euh 2004 avec le magazine Fight Sport, on est on enfin on nous parlait comme si on était de on pouvait pas parler de MMA, c'était c'était juste l'évoquer. C'était on avait en face de nous des gens qui nous regardaient. Bah oui, on était diabolisé tout de suite.
Euh vous parlez de sport euh où tous les coups sont permis qu'on fait dans une cage avec les frappes au sol mais ça va pas. Et aujourd'hui euh voilà aujourd'hui c'est c'est il y a des séries, c'est sur Netflix euh les les enfants vont le regarder, il trouvent ça super sympa. C'est c'est devenu quelque chose tendance.
Hm hm. Yan Ramirez, ce qu'il rend peut-être aussi tendance, c'est le fait que des gens comme Marc Zuckerberg par exemple ou Elon Musk s'invivent aussi, passe dans le trash talk et ont failli passer dans l'octogone. On passe on pense aussi à Booba et Caris qui ont bien failli aussi finir dans dans une cage.
Qu'est-ce que ça raconte de ce qui est en train de se passer autour de cette discipline ? C'est une dimension mainstream mais en fait elle raconte aussi une part de puissance chez ceux qui souhaitent se mettre en scène. C'est en effet le pouvoir médiatique et l'image est est assez assez monumentale.
Je j'essaie de de trouver un comparatif et finalement je ne connais pas de sport qui a actuellement moins de 10000 licenciés en France autant présent dans les médias. Il n'y a que le MMA, voilà, il n'y a que le MMA qui est capable d'av avec finalement si peu de combattants en France d'avoir une telle médiatisation. C'est c'est un pouvoir extraordinaire.
Merci beaucoup à tous les deux. Je rappelle vos ouvrages Yan Ramirez dans la cage du MMA, sociologie d'un sport du 21e siècle. C'est à lire, c'est une petite Bible et évidemment hors de la cage mon combat pour la légalisation du MMA en France.
Bertrin Moussou, merci à tous les deux d'avoir été avec nous ce soir pour nous expliquer justement pourquoi cet essort et peut-être qu'on va s'y mettre nous aussi, n'est-ce pas Antoine ? Allez, merci Antoine d'avoir préparé cette émission. Merci à Margot Page qui l'a réalisé.
Ludovic OG était à la manette et à la technique. Vous pouvez réécouter cette émission podcast à l'envie sur le site de France Culture et sur l'application Radio France. Notez qu'elle est également accessible aux personnes sour et malentendantes.
Le lecteur du site ou de l'application vous propose désormais une une transcription de l'émission. N'hésitez pas à vous abonner au podcast, commentez, réagissez par mail ou sur les réseaux sociaux. On vous répond.
Rendez-vous vendredi prochain à 20h et d'ici là très bon weekend évidemment sur France Culture.
Xavier Bertrand