Municipales à Paris: l'interview d'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie, en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Il est 8h29. Bonjour Emmanuel Grégoire. Vous êtes candidat à la mairie de Paris. Vous êtes député socialiste de Paris. Vous êtes le candidat de la liste qui s'appelle Gauche-Uni avec des alliés de gauche, sauf LFI. On va évidemment dans un instant voir pourquoi est-ce que vous voudriez qu'on vote pour vous. Mais d'abord cette question, vous l'avez sans doute regardée hier. Cache Investigation, nos confrères de France 2 qui ont consacré un de leurs numéros au scandale dans le périscolaire. Et au scandale dans le périscolaire notamment à Paris. Nouveau volet de cette enquête qui montre qu'il y a des dysfonctionnements majeurs.
Certains de vos adversaires parlent même d'un système qui ne fonctionne pas. Comment vous réagissez ce matin ?
D'abord les images que j'ai vues sont scandaleuses. Je n'ai pas découvert tout hier soir puisque depuis plusieurs semaines un certain nombre d'affaires sont remontées. Je me suis fait deux observations. La première c'est chaque cas individuel qui remonte démontre des manquements graves de procédures mal appliquées. De manquements dans les procédures et j'allais dire traduit une sorte d'omerta systémique. Je le redis parce que c'est un sujet qui me touche. Quand on voit l'accumulation des affaires Betaram, faire Stanislas, des affaires dans les écoles publiques. A Paris mais aussi, vous le savez, ailleurs, ça traduit deux choses.
La première c'est que l'enfance est le monde du silence et que s'il déploie des comportements inacceptables qui vont de violences parfois verbales et comportementales graves, mais jusqu'aux cas évidemment les plus extrêmes et je pense en particulier à la pédocriminalité. Je pense que la prise de conscience doit être générale. J'y prendrai ma part évidemment de façon absolue comme maire de Paris. Il faut revoir tout de fond en comble. Il faut revoir le recueil de la parole de l'enfant. Il faut revoir toutes les procédures. Il faut faire du contrôle externe de la bonne application de ces procédures. Il faut recruter des gens qui soient plus fidélisés, mieux rémunérés.
Il faut également réorganiser les choses pour éviter que des risques, entre guillemets, soient aussi manifestes dans la prise en charge.
Vous avez parlé d'une omerta systémique. Évidemment, vous dites qu'on va tout changer. Vous dites aussi que vous êtes particulièrement troublé et on le sait, vous l'avez dit, vous avez vous-même révélé avoir été victime enfant. J'entends la gravité de ce que vous dites, mais vous avez sans doute vu que l'un de vos adjoints, qui était adjoint à la petite enfance au périscolaire d'Anne Hidalgo, avec laquelle vous travaillez depuis des années, Patrick Bloch, a presque constaté, semble-t-il, que malgré tout ce que vous nous dites sur les signalements qui sont pris au sérieux, plusieurs signalements n'ont pas été suivis de faits.
Je l'ai découvert, évidemment. Je l'ai découvert, y compris comme député, puisque un certain nombre de ces cas, et notamment très graves, ont eu lieu dans ma circonscription, dans les derniers mois qui viennent de s'écouler, et qui traduisent, je le redis, des dysfonctionnements multiples, dans lesquels s'engagent d'ailleurs des responsabilités individuelles fortes. Nous avons d'abord pris la conscience que c'était mal traité.
Je vous avoue que moi, j'ai été six ans premier adjoint à la ville, et donc j'en prends ma part de responsabilité, parce que quand on est maire, on est responsable de tout, y compris de ce qui ne nous remonte pas, parce que le fait que ça ne remonte pas est un dysfonctionnement en soi. Et donc on va absolument tout changer, je ne vais pas rentrer dans le détail, j'ai déjà présenté plusieurs choses.
Une question plus précise sur Patrick Bloch, est-ce qu'il fait partie de votre équipe ?
Non, Patrick ne sera plus candidat. Nous allons changer les équipes qui s'occupent de tout cela. Il ne l'était pas. Il ne l'était pas. Donc vous aviez déjà un doute. Non, moi je ne fais pas de cas individuel. Il n'est pas candidat. Il se trouve que vous avez dit qu'il y a des responsabilités individuelles.
Quand il y a des responsabilités individuelles, à un moment, il faut l'assumer.
Il n'est pas candidat sur notre liste, mais quand un système dit fonctionne, il ne faut pas accabler une individualité. Et chacun et le collectif a une responsabilité. Et je ne suis pas du genre à me défausser.
Vous avez parlé de Betaram, vous avez parlé de Stanislas. Il s'agit là d'établissements privés. En l'occurrence, si on regarde ce qui se passe chez les gens qui dépendent de la mairie de Paris, il y a plus de 50 personnes qui travaillaient auprès d'enfants, salariés de la mairie de Paris, qui ont été mis en cause.
Oui, un sur plusieurs années et deux sur une grosse dizaine de milliers de professionnels concernés. Parce que je veux aussi insister sur un point. Aussi scandaleux que sont toutes ces affaires, je veux aussi protéger l'ensemble des professionnels qui sont engagés avec passion, sérieux et rigueur auprès de nos enfants. Et je le dis comme père. J'ai trois enfants qui sont grands maintenant. Mais évidemment, ces questions-là, je me les suis posées comme père. Et je me les repose encore aujourd'hui comme père.
Qu'est-ce que vous dites aux parents à Paris qui vont douter désormais ?
D'abord qu'ils ont raison de douter. Et que ça fait partie aussi, pour lever l'omerta systémique, douter et écouter les enfants est un élément essentiel. Et je suis bien placé pour le savoir. Et la deuxième chose, c'est que nous allons tout changer. Parce qu'en matière de protection des enfants, nous avons une obligation de résultat. Une obligation de résultat qui passera par des moyens augmentés, Je ne vais pas vous demander toutes les mesures que vous prendriez.
Mais une en particulier sur laquelle je voudrais quand même comprendre ce que vous allez changer, c'est le recrutement. Puisque l'on constate, et d'ailleurs les journalistes de différents médias l'ont constaté en faisant eux-mêmes des propositions d'embauche qui ont été prises récemment, sans qu'aucune vérification n'ait été faite.
Par exemple, c'est totalement anormal. Mais c'est là, c'est les dernières semaines. Mais c'est démontré que c'est totalement contraire aux règles.
C'est-à-dire qu'ils répondent à une annonce pour travailler auprès d'enfants et il n'y a pratiquement pas de vérification qui soit faite.
C'est scandaleux. Et d'ailleurs, ce n'est pas ce qui est prévu. Le cadre de contrôle est celui qui a été placé depuis maintenant plus de 10 ans, qui est celui du contrôle obligatoire, obligatoire du fichier des infractions sexuelles, pour vérifier qu'il n'y a pas d'antécédents. Ce qui ne garantit pas d'ailleurs de protéger absolument les risques.
Bien sûr. Ce serait au moins un garde-fou.
Mais c'est typiquement une procédure qui était obligatoire et qui n'était pas bien appliquée. Et donc, ça veut dire que le contrôle n'est pas suffisant. Et vous me demandez quelle est la mesure la plus importante ? La mesure la plus importante, c'est que qu'est-ce qui provoque cela ? C'est la multiplication du nombre d'intervenants, la difficulté à les fidéliser et l'organisation un peu baroque de la semaine, notamment autour de ces deux fois 1h30 de temps périscolaire. Les marty et vendredi. À Paris exclusivement d'ailleurs. Parce que par ailleurs, c'est un pataquès national puisque plus personne n'a exactement les mêmes rythmes.
J'ai même envie de vous poser la question globalement parce que vous êtes aussi député, vous avez aussi une responsabilité nationale. Est-ce que ce n'était pas produire une usine à dysfonctionnement que d'avoir fait des espèces de temps périscolaire comme un puzzle sur la semaine de nos enfants ?
Alors non, je ne crois pas.
Parce que forcément, vous vous retrouvez à devoir embaucher des gens qui ne peuvent pas travailler à plein temps.
Je ne le crois pas. D'abord parce que c'est le problème du périscolaire en soi, de tout temps, quand on fait des surveillances le matin, le midi, le soir.
Moi j'ai vécu aux Etats-Unis, j'ai eu des enfants aux Etats-Unis. Le périscolaire, c'est tous les jours de 15h à 18h.
C'est quand même beaucoup plus stable comme emploi. Le système américain, c'est dans l'école où vous étiez. Beaucoup plus stable comme emploi.
J'étais dans une école publique américaine à Washington.
Il ne dépend pas d'un temps global. D'abord, ce n'est pas le législateur qui décide de ça, c'est le gouvernement. Et le gouvernement a joué deux mauvais coups là-dessus. D'abord, la semaine de 4 jours et demi est devenue optionnelle. Et ensuite, ils ont arrêté les cofinancements. Moi, ce que j'ai proposé, c'est qu'on organise une convention des temps de l'enfant à Paris. Pourquoi ? Il y a eu la Convention nationale sur les temps de l'enfant qui recommande de maintenir les 5 jours pour l'organisation du temps scolaire. Et donc, par contre, de nous questionner sur la façon dont c'est organisé, parce que le temps fragmenté fait qu'il y a trop d'intervenants et donc il y a plus de risques.
Emmanuel Grégoire, je le disais, vous êtes candidat à la mairie de Paris. Vous êtes donné, dans certains sondages, à égalité avec Rachida Dati, au second tour des intentions de vote. Pourquoi voter pour vous ?
Parce que nous portons un projet de gauche, social et écologique, qui vise plusieurs choses. D'abord, nous défendons l'idée que Paris est à vous. Paris est à tout le monde et chacun a le droit d'y vivre. Et donc, c'est des politiques publiques qui sont là pour venir lutter contre les effets spéculatifs, ségrégationnistes, qui sont ceux du marché. Et donc, c'est évidemment l'axe d'abord du logement. C'est deuxièmement l'axe des services, avec notamment une mesure forte. Par exemple, parmi de nombreuses mesures, mais celle-là me tient beaucoup à cœur, c'est les deux heures de gare par semaine pour les mamans solo parisiennes.
Paris, c'est une ville magnifique, extraordinaire, mais qui peut être dure quand on n'a pas beaucoup d'argent et pas beaucoup de temps parfois. Et donc, on veut développer des politiques publiques qui protègent les plus vulnérables, qui protègent les plus fragiles, qui permettent aux travailleurs de première ligne de continuer à habiter à Paris. C'est pour ça qu'on continuera à faire du logement social, qu'on continuera à se battre pour la transition écologique, de se battre pour les transports publics, etc. C'est un projet de gauche, c'est une vision de la ville et de l'avenir et du vivre ensemble. Et on entend faire entendre, présenter cette voix.
Nos adversaires ont l'air presque d'être plutôt du côté de la gauche. Quand on entend les mots de Sofia Chikirou à votre encontre, d'ailleurs, elle a été une des premières à réagir à Cache Investigation hier en demandant même une organisation. Elle parle d'un système, mais tous les jours, elle dit de vous, et d'ailleurs, c'était une de ses motivations au départ, que sa candidature vise à ce qu'il n'y ait plus de socialistes à la tête de Paris.
Oui, elle l'a dit exactement avec ses mots-là.
Avec ses mots-là. Ça veut dire que c'est presque aujourd'hui votre premier adversaire ?
En tout cas, manifestement, elle préfère que ce soit Rachida Dati la mère que moi, parce que ça se jouera entre moi et Rachida Dati. Et donc, quand Sofia Chikirou et ceux qui la soutiennent théorisent cela, c'est-à-dire que pour l'avenir de Paris, pour l'avenir des classes populaires de Paris, pour l'avenir des quartiers populaires de Paris, il est mieux d'avoir Rachida Dati comme mère qu'Emmanuel Grégoire, je pense qu'on dénonce assez de façon évidente le cynisme et l'opportunisme d'une candidature qui ne sert pas pour les gens.
Vous nous redites donc qu'il n'y aura aucune alliance avec l'FI ?
Je vous le confirme. Vous avez entendu les mots ? Y compris avec les mots que vous venez de rappeler. Comment voudrais-je m'associer avec quelqu'un qui n'a pas d'autre objectif que de nous faire perdre ?
Mais peut-être qu'à la fin, quand même, vous y viendrez, non ? Enfin, si je vous dis ça, c'est parce que j'en écoute le secrétaire général de votre parti, le secrétaire général du Parti Socialiste, Pierre Jouvet, lundi, qui a affirmé que la direction n'imposerait pas de stratégie à ses candidats, globalement, pas de stratégie d'alliance, mais lorsqu'il est interrogé sur est-ce qu'il y aura des accords avec LFI, alors il dit, dans la plupart des cas, non, mais peut-être dans certains endroits.
C'est votre parti. Oui, très bien, mais en l'occurrence, nous sommes maîtres localement de nos stratégies. Et j'imagine que Pierre Jouvet, je n'avais pas cette déclaration en tête, parle des endroits où il y a un risque de victoire de l'extrême droite. Et moi, je ne juge pas ce qui se passe ailleurs. À Paris, les choses sont claires. Alors, certains de vos alliés aujourd'hui considèrent que Rachida Dati, c'est l'extrême droite. À bien des égards, elle cède aux sirènes de l'extrême droite, y compris en ne fermant pas la porte à Sarah Knafo de façon claire. Et d'une certaine manière, ce qui m'est demandé à moi, lui est plus mollement demandé à elle.
Et pourtant, elle a bénéficié de nombreuses heures d'exposition.
J'imaginais bien que vous alliez m'en parler, Emmanuel Grégoire.
Mais vous êtes là ce matin. Oui, c'est très gentil. D'abord, je suis très heureux d'être avec vous. Mais je veux quand même souligner qu'il y a une disproportion d'exposition. On a fait 4 heures d'antenne dans le groupe, dans la semaine. Et c'est bien heureux, je le dis pour moi.
Et vous savez que BFM TV et RMC respectent scrupuleusement les règles de l'ARCOM. Nous sommes vraiment à la seconde près, vous le savez.
Si les règles de l'ARCOM, c'est que le candidat qui est en tête des sondages et 20 minutes d'antenne et celle qui est loin derrière est 4 heures, ça interroge effectivement sur les critères de l'ARCOM. Mais je connais ces règles. Vous connaissez ces règles et vous reconnaissez qu'on les respecte parfaitement. En tout cas, j'ai saisi l'ARCOM pour le vérifier. Vous pourrez vérifier en arrière. Je le sais bien. Ce que je veux dire, c'est que Rachida Dati, évidemment qu'elle est aujourd'hui dans une course à l'échalote avec Sarah Knafo, qu'elle ne ferme pas de façon claire l'hypothèse d'une alliance et qu'elle met en menace ce qui est l'essence même de l'histoire de Paris.
C'est le fait que c'est un terrain qui a accueilli des réfugiés et des gens qui ont fui le monde entier, qui ont contribué de façon extraordinaire à la vitalité économique, culturelle, politique de notre ville. C'est quelqu'un qui va voir les problèmes et je les connais, les problèmes. Je les connais, il y en a de nombreux à régler. Évidemment, le sujet de la très grande précarité est mon engagement pour lutter contre le sans-abris, mais qui font d'une certaine manière des fausses promesses qui sont celles d'évacuer les gens ailleurs.
Non, malgré tout, parce qu'on est vraiment dans une question très politique et que Paris en est évidemment la figure de proue. Quand vous dites qu'elle est en train, en tout cas, de faire ce jeu-là de l'extrême droite, quand vos deux alliés, David Béliard et Yann Brossiat, régulièrement disent que Rachida Dati, on met un signe égal entre Rachida Dati et l'extrême droite, est-ce que ce n'est pas poser les jalons le jour venu de dire « Face à la menace de l'extrême droite, Rachida Dati, finalement, il faut faire alliance avec LFI ? »
Non, l'objectif, c'est de souligner l'ambiguïté de Rachida Dati. L'ambiguïté de Rachida Dati, ce qui nous a profondément choqués, notamment qui nous a évidemment incité à analyser ça comme une espèce de glissement à l'extrême droite, c'est les vidéos horribles quand elle va auprès de migrants qui sont sous détente et qu'elle leur dit « Je vais vous faire dégager, mais dégager où ? Dégager ailleurs qu'à Paris ? »
C'est-à-dire les pousser dans les quartiers populaires à l'extérieur. Mais vous, vous trouvez ça satisfaisant que ce soit là ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Les mettre à l'abri, je le sais. Je connais parfaitement la situation. Parce qu'ils sont là depuis des années, pas forcément les mêmes. D'abord, c'est la compétence de l'État. Mais je ne m'en exonère pas. Il n'y aura pas de tente dans ma ville, dans les rues, parce que je considère que c'est la mise en scène de notre propre imputance. Que disait Anne Hidalgo ? Ça engage la mienne également. Et les tentes sont là ? Ça engage la mienne également. Mais moi, je n'étais pas maire, donc demain, j'espère l'être. Quand je serai maire, il n'y aura plus de tente dans l'espace public.
Je le dis dans un souci d'humanité, mais aussi dans un souci de régulation de l'espace public et de mise en scène, d'une certaine manière, exploitée à outrance par l'extrême droite, d'une forme de déclinisme ou de grand remplacement qui n'existe pas. Nous parlons de quelques centaines de réfugiés, en particulier ce statut des jeunes en recours. C'est-à-dire ceux qui sont dans un nini. Pourquoi ils sont dans la rue ? Parce qu'ils ne sont ni mineurs, ni majeurs, ni bénéficiaires des prises en charge pour les mineurs, ni admissibles à l'hébergement d'urgence, compte tenu y compris de sa saturation. Il y a 3500 SDF.
On verra, il y a eu la semaine dernière, la Nuit de la solidarité, qui nous permettra d'avoir une vision actualisée du nombre de personnes.
Vous vous souvenez d'Emmanuel Macron qui nous promettait qu'il n'y aurait plus de SDF dans la rue ?
Pardon, mais c'est un échec majeur d'Emmanuel Macron. Vous, vous arriverez à le faire. Nous l'avons interpellé, nous ouvrirons des centres, et je le ferai avec les réseaux associatifs. Et quand on est politique, un, on n'est pas forcé, évidemment, d'être cru sur parole. Mais enfin, il y a une présomption de crédibilité sur les projets sur lesquels on s'engage. Et après, on en est comptable. Emmanuel Macron en est comptable, et j'en serai comptable demain si je manquais à ma parole. Et je l'ai dit de façon raisonnable, je n'ai pas de baguette magique, je ne peux pas le faire du jour au lendemain. Et donc l'objectif numéro un, ce n'est pas d'enfant à la rue à l'hiver 2026.
Et donc, c'est quelques centaines de places à mobiliser. Dans un partage de responsabilités qui est ubuesque à la française, de qui, responsable de quoi, moi je vais vous dire, à Paris, je suis responsable de tout, de tout. Et je ne m'exonère de rien, ni en disant, ce n'est pas moi, c'est la préfecture de région, c'est la préfecture de police, c'est la région. Nous travaillerons ensemble pour résoudre les problèmes, quels qu'ils soient.
Une question sur les combats de vos alliés. Vous avez dit, moi, jamais avec LFI par exemple. Vous avez vu sans doute que vos deux alliés, David Béliard et Yann Brossat, l'un de leurs premiers déplacements a été d'aller soutenir la librairie Violette, qui est une librairie qui se définit comme féministe, lesbien, LGBTQIA+, qui avait fait l'objet d'une perquisition pour avoir mis en vitrine un livre pour enfants dans lequel Israël est en quelque sorte rayé de la carte. Ça s'appelle « From the River to the Sea ». Ce livre avait été interdit d'importation par la direction de la protection judiciaire et de la jeunesse.
Cette librairie vient d'être sélectionnée pour continuer, semble-t-il, à percevoir des subventions de la mairie de Paris dans le cadre d'un investissement de 482 000 euros à 40 librairies indépendantes. Vous continuez donc à subventionner cette librairie ?
Oui, je l'assume totalement parce que la façon dont vous le racontez est juste, mais pas tout à fait la bonne genèse. Ce livre est un scandale et moi j'ai aucune ambiguïté là-dessus. Ce livre est un scandale, je ne l'ai pas eu dans les mains moi-même. Donc vous voyez, par ailleurs, beaucoup de gens disent des choses, etc. J'ai essayé de l'avoir, de l'avoir, de le voir. Mais eux-mêmes le reconnaissent ? Oui, oui, absolument.
Donc je suis convaincu qu'on mette un doute, c'est-à-dire que... Non, non, mais... Ils le disent et ils le vendent même de manière bénévole, les libraires l'ont dit. Elles ont choisi de vendre ce livre de façon bénévole sans percevoir aucune marge. Donc vos subventions à cette librairie, parce qu'elles n'en ont plus de stock. Mais elles ont dit qu'elles ne voulaient plus le vendre.
Et deuxième chose, ce n'est pas vrai de dire qu'il avait été interdit. Il ne l'a pas été pendant très longtemps. Et il ne l'a été que le lendemain de la perquisition policière. Moi je connais l'affaire très en détail. J'imagine. Et donc rien n'est simple dans la vie. Moi ce que je sais, c'est que quand il y a des flics qui commencent à aller dans les librairies pour juger de ce qui est bon ou pas et faire des perquisitions sur la base d'éléments qui ne sont pas objectifs. C'est-à-dire, il n'y avait pas l'avis de la commission qui nationalement est chargée de dire est-ce que ce livre ou pas est autorisé. Moi j'ai un principe simple, s'il y a du droit, on respecte le droit.
Et en l'occurrence, la perquisition policière m'a semblé disproportionnée au regard de ce qui a été fait. Mais deuxièmement, ce livre est un scandale et moi je n'ai aucun état d'âme à dire que quand des livres entretiennent l'ambiguïté sur le droit à exister d'Israël, j'ai aucun problème. Par contre, on a le droit de faire des livres qui défendent les droits des Palestiniens parce que c'est aussi ma position de défendre l'État d'Israël et de défendre le droit des Palestiniens à avoir un État. Moi je vais vous dire, ce sont des sujets qui sont faits pour lancer de l'essence au milieu du débat public. Non mais je vous donne ma position, je sais que ce n'est pas la vôtre.
Mais ils sont allés soutenir un principe auquel je suis très attaché et qui restera le mien. C'est que la police qui perquisitionne des librairies sans base légale, objective, en fouillant tous les cartons, etc. Ça me fait peur, ça me fait peur. Et donc en l'occurrence, ils avaient raison d'y être. Le maire du 11e, François Vauglin, y était également. Je n'y étais pas moi-même.
En tout cas, je veux soutenir cette...
Oui, je soutiens très clairement. Je soutiens les librairies indépendantes. Et la seule raison pour laquelle je ne les soutiendrai pas, c'est si elles diffusent des livres interdits. Et ça, je n'aurai pas la main qui tremble.
Emmanuel Grégoire, candidat à la mairie de Paris et député socialiste de Paris. Merci d'avoir répondu à mes questions. 8h48 sur RMC BFM TV.
Emmanuel Grégoire