Sébastien Chenu - "L'extrême gauche bordélise tous les débats à l'Assemblée !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse partielle
Pourquoi le RN descend dans la rue quand il y a une attaque antisémite, mais pas quand c'est une attaque anti-musulman ?
- 1:52RelanceÉludée
Mais quand on regarde ce qui s'est passé ces derniers mois, s'il y avait eu la même attaque dans une synagogue, les membres du RN seraient descendus dans la rue.
- 2:50RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous n'êtes pas en train de nier ce phénomène d'islamophobie ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous permet d'utiliser le terme d'ensauvagement ?
- 4:34OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a, malgré tout, un climat anti-musulman qui est alimenté par certains propos, notamment ceux du ministre de l'Intérieur ?
- 6:05OuverteRéponse directe
Y a-t-il islamisation dans la société ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59PrésentateurFait
« Cet homme était en train d'exercer son culte, il a été assassiné. Est-ce que c'est parce qu'il était en train d'exercer son culte ? Est-ce que c'est parce qu'il était musulman ? »
- 2:01PrésentateurFait
« Une attaque vaut une autre, il n'y a pas de hiérarchie là-dedans. »
- 2:14PrésentateurChiffre
« Les actes antisémites dans notre pays représentent 62% des actes liés à une atteinte à une religion. »
- 2:21PrésentateurChiffre
« Puis 31% sont des actes, toujours sur les atteintes à la religion, qui sont liés à la religion chrétienne. »
- 2:27PrésentateurChiffre
« Puis 7% sont liés à la religion musulmane. »
- 4:10PrésentateurFait
« Tout ça ne vient pas du ciel. Et c'est, je crois, ces pertes de repères, une société totalement déstructurée, qui amène, effectivement, avec une absence de sanctions de l'autre côté, qui amène, évidemment, à utiliser ce mot d'ensauvagement. »
- 4:58PrésentateurFait
« moi, je souscris, parce que je considère que le voile, c'est un instrument de l'islamisme. »
- 5:11PrésentateurFait
« nous, en Rassemblement National, les musulmans et les islamistes, la vraie difficulté qu'il y a dans notre société, c'est la taquilla islamiste. »
- 6:25PrésentateurFait
« le lycée Averroès, je suis élu du Nord, nous, ça fait très longtemps avec Marine Le Pen, qu'on s'était opposé au financement du lycée Averroès, dont un certain nombre de vos confrères, Georges Malbruneau et Chénaud, avaient écrit un bouquin qui expliquait qu'il était tenu par les frères musulmans. »
- 7:13PrésentateurFait
« Je n'y vois pas d'inconvénient. »
- 9:00PrésentateurChiffre
« 25% des détenus sont de nationalité étrangère. »
- 9:21PrésentateurFait
« Elle a d'abord été en échec. »
- 11:10PrésentateurPromesse
« une loi sur l'immigration, une loi sur l'agriculture, aux grandes problématiques de notre pays. »
- 13:25PrésentateurFait
« ils ont fait augmenter le prix de l'électricité, ils ont abîmé la production nucléaire, ils nous ont fait perdre un retard considérable. »
- 14:10PrésentateurChiffre
« C'est pas rien. On est sur des sommes faramineuses. »
- 19:36PrésentateurPromesse
« On veut une alternance populaire, on veut du souverainisme, on veut la défense des intérêts de la France, du pouvoir d'achat des Français, leur sécurité et mener une politique de l'immigration contre l'immigration qui n'a jamais été menée dans le pays. »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Présentateur 219 %
- Invité6 %
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Notre invité politique du jour, c'est donc Sébastien Chenu, député rassembleur national du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale, vice-président également du Parti Rassemblement National. Vous êtes avec nous pendant 20 minutes. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Vous êtes avec nous pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale, représentée par Fabrice Vesser-Redon. Bonjour Fabrice.
Bonjour Alex, bonjour Sébastien.
Fabrice Vesser-Redon, rédacteur en chef au sein du groupe Ebra. On le rappelle, c'est le groupe des journaux de l'Est de la France. Sébastien Chenu, on va commencer par parler de l'attaque qui a eu lieu contre la mosquée de la Grande Combe dans le département du Gard, attaque qui a eu lieu la semaine dernière avec beaucoup de réactions politiques, mais quand même peu de responsables politiques dans la rue. Pourquoi le Rassemblement National descend dans la rue quand il y a une attaque antisémite, mais pas quand c'est une attaque anti-musulman ? Bon, d'abord c'est un drame.
Le fait qu'un homme soit assassiné sur son lieu de culte, quel que soit ce lieu de culte, c'est un drame qui dit beaucoup d'ailleurs de l'ensauvagement de notre société. Cet homme était en train d'exercer son culte, il a été assassiné. Est-ce que c'est parce qu'il était en train d'exercer son culte ? Est-ce que c'est parce qu'il était musulman ? Il y a visiblement débat, discussion là-dessus, mais ça reste un drame. Moi je crois qu'il ne faut ni minimiser les choses, ni les instrumentaliser.
Et c'est vrai qu'on a le sentiment d'une classe politique, je pense à l'extrême gauche, qui tout de suite cherche à instrumentaliser les choses, alors même que lorsque, par exemple, le père Hamel avait été assassiné, ou la petite Lola avait été assassinée, on ne les avait pas vues. Moi je pense qu'il faut garder la tête froide, il faut évidemment dénoncer, il faut évidemment combattre, mais il faut aussi garder la tête froide et ne pas chercher d'instrumentalisation là où il n'y en a pas. – Mais quand on regarde ce qui s'est passé ces derniers mois, s'il y avait eu la même attaque dans une synagogue, les membres du Rassemblement National seraient descendus dans la rue.
– Non mais entendez-vous, entendons-nous bien, une attaque vaut une autre, il n'y a pas de hiérarchie là-dedans. Mais il n'y a pas d'islamophobie dans notre pays. C'est-à-dire que lorsque j'entends que certains disent « Ah mais oui, mais il y a une islamophobie, sous-entendu une politique d'État, qui ferait que les musulmans soient moins bien traités », moi je regarde les chiffres froidement. Les actes antisémites dans notre pays représentent 62% des actes liés à une atteinte à une religion. Puis 31% sont des actes, toujours sur les atteintes à la religion, qui sont liés à la religion chrétienne. Puis 7% sont liés à la religion musulmane.
Donc il n'y a pas d'islamophobie, et je crois qu'il ne faut pas ajouter, j'allais dire, de l'huile sur le feu. Donc après un tel acte, avec toutes les mosquées de France qui sont sous haute sécurité, vous dites « Il y a de l'antisémitisme dans notre pays, mais pas d'islamophobie ». Absolument. Il y a de l'antisémitisme dans notre pays. Est-ce que vous n'êtes pas en train de nier ce phénomène ? Non, il n'y a pas d'islamophobie dans le pays. Je vous ai donné les chiffres tels qu'ils sont, donc ils ne viennent évidemment pas de moi. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut éviter d'ailleurs d'opposer les communautés religieuses les unes aux autres.
Moi, je ne reconnais qu'une communauté, c'est la communauté nationale. Donc il faut combattre avec vigueur l'ensauvagement de la société. Et les musulmans sont victimes de l'ensauvagement de la société, au même titre que n'importe quel autre Français. Mais en revanche, ne pas verser dans cette espèce de complotisme islamophobe, qui est la marque de fabrique de l'extrême-gauche, qui veut absolument opposer les Français, selon leur religion, les uns aux autres. En fait, ça c'est le discours de l'extrême-gauche, utiliser une appartenance religieuse pour opposer les Français les uns aux autres.
Qu'est-ce qui vous permet d'utiliser le terme d'ensauvagement ? Vous n'êtes pas le premier à l'utiliser. Brunet Retailleau, c'est le premier terme qu'il a utilisé pour définir cet acte. Jean-Pierre Chaudemont l'avait utilisé avec vous, avant vous, pardon, il y a longtemps. Qu'est-ce qui vous permet aujourd'hui d'utiliser ce terme ?
C'est le dérèglement total des grands équilibres de notre société. C'est-à-dire l'affaiblissement, l'affaissement des autorités, qu'on mesure depuis des années, mais qui ont été aussi encouragées par des politiques publiques. Tout ça ne vient pas du ciel. Et c'est, je crois, ces pertes de repères, une société totalement déstructurée, qui amène, effectivement, avec une absence de sanctions de l'autre côté, qui amène, évidemment, à utiliser ce mot d'ensauvagement, où chacun fait ce qu'il veut, où ceux qui abîment, cassent, volent, violent, ont très peu de chances de se retrouver derrière les barreaux. Et donc, ceci entraînant cela, on a une société qui est complètement déréglée.
Est-ce qu'il y a, malgré tout, un climat anti-musulman qui est alimenté par certains propos, notamment les propos, il y a plusieurs semaines, du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui disait, dans une réunion publique, « abat le voile ». Est-ce que, quand même, malgré tout, il n'y a pas un climat hostile envers l'islam ? Non, je ne crois pas qu'il y ait d'hostilité envers l'islam. Si « abat le voile », c'est l'inverse de « vive le voile », moi, je souscris, parce que je considère que le voile, c'est un instrument de l'islamisme.
Or, la vraie difficulté que nous avons, et nous ne confondons pas, nous, en Rassemblement National, les musulmans et les islamistes, la vraie difficulté qu'il y a dans notre société, c'est la taquilla islamiste, c'est l'avancée, c'est la volonté de rendre charia compatible notre société. Je le dis parce que, par exemple, dans les manifestations organisées par l'extrême-gauche, la LFI et les Verts, ces derniers jours, il y avait la revendication d'abolir les lois sur le voile à l'école. La volonté de terminer, de finir, d'en finir avec les lois sur le voile.
Donc, ça veut dire qu'il y a un entrisme islamiste, et dans la religion musulmane, et dans la société, qui est relayé par des forces politiques, et là, je crois qu'il y a danger. On aimerait entendre, d'ailleurs, la Grande Mosquée plus souvent sur ces sujets-là, parce que moi, je crois qu'il y a souvent, et beaucoup de Français, quelle que soit leur religion, le déplorent. On n'entend pas les musulmans de France condamner suffisamment, fermement, la taquilla islamiste dont ils sont victimes eux-mêmes.
– Y a-t-il islamisation dans la société ?
– Bien sûr, bien sûr, il suffit de regarder…
– Alors comment, on revient à la question d'Alexandre, je veux dire, à partir du moment où on dénonce une islamisation, en découle forcément une islamophobie.
– Non, non, c'est pas comme ça que les choses se passent. Une islamisation, une taquilla islamiste, je dis précisément. Et je vous donne des exemples, le lycée Averroès, je suis élu du Nord, nous, ça fait très longtemps avec Marine Le Pen, qu'on s'était opposé au financement du lycée Averroès, dont un certain nombre de vos confrères, Georges Malbruneau et Chénaud, avaient écrit un bouquin qui expliquait qu'il était tenu par les frères musulmans. Eh bien, ça n'a pas empêché Xavier Bertrand et les élus LR, pendant des années, par clientélisme et par l'acheté, de le financer. Alors qu'on sait qu'il y a une volonté d'entrisme islamiste à travers, évidemment, la sphère éducative.
Donc c'est à cela qu'il faut s'attaquer, parce que sinon, nos compatriotes de confession musulmane seront évidemment associées et victimes. Sébastien Chenu, autre sujet, on va parler des prisons, puisque le ministre de la Justice, Gérald Le Darmanin, veut faire payer aux détenus leurs frais d'incarcération. Est-ce que vous soutenez cette idée ? Je n'y vois pas d'inconvénient. Je pense qu'il faut tout mettre sur la table. La première chose, d'abord, un, il faut soutenir, aider la pénitentiaire. Je le dis parce que lorsque les agents de la pénitentiaire ont été confrontés à toutes ces attaques multiples ces derniers jours, qui ont a vu ? Les élus du Rassemblement National sur le terrain.
C'était Laure Lavalette à Toulon, c'était Emmanuel Taché de la Pagerie à Tarascon dans les prisons. Ce n'étaient pas les autres élus. Nous, on est derrière la pénitentiaire. Ça veut dire développer, par exemple, les visioconférences au lieu de faire des extractions de prisonniers pour aller à des auditions de juges. Ça veut dire mieux rémunérer la pénitentiaire. Ça veut dire rendre anonymes, évidemment, les agents de la pénitentiaire lorsqu'ils déposent plainte. On doit d'abord soutenir notre personnel pénitentiaire. Mais demander de l'argent aux détenus, est-ce que ce n'est pas une faiblesse de l'État régalien qui doit financer nos prisons ?
Ça signe, évidemment, l'écroulement, l'affaiblissement total de l'État sur ces questions-là. Évidemment, là où il fallait construire des prisons, on n'en a pas construit pendant des années. Là, il aurait fallu mobiliser de l'argent public pour restaurer l'autorité dans le monde de la justice. Ces gouvernements ont vidé les caisses pendant des années. Et aujourd'hui, finalement, ce que dit Gérald Darmanin, c'est qu'on va, avec des bouts de chandelle, on va essayer de replâtrer à la va-vite. Mais je crois qu'il y a une urgence. Emmanuel Macron avait proposé des créations de places de prison. Nous ne les avons pas vues depuis 8 ans qu'il est au pouvoir.
Je crois qu'il faut prendre ces enjeux au sérieux. La prison est là pour mettre à l'abri de la société des gens dangereux. Aujourd'hui, je crois qu'elle n'exerce pas fondamentalement son rôle. Il y a des gens, il y a aussi toute une question à faire sur la santé, à prendre en compte sur la santé mentale, qui était, je le rappelle, une grande cause nationale. On n'a pas vu grand-chose, parce qu'il y a des gens qui sont en prison qui n'ont rien à y faire, qui seraient mieux dans des hôpitaux psychiatriques. Donc il y a évidemment beaucoup à revisiter. Et puis évidemment, la question des délinquants étrangers. 25% des détenus sont de nationalité étrangère. Il ferait mieux d'être chez eux.
Alors sur les prisons, elles ont été attaquées ces derniers jours. Les agents pénitentiaires également. Et 25 personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête contre ces attaques des personnes qui sont liées au narcotrafic. Est-ce que ça montre que la politique antidrogue, finalement, de Gérald Darmanin et de Bruno Rataillot, est en train d'ennuyer les narcotrafiquants ? Elle a d'abord été en échec.
Gérald Darmanin, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, avec les opérations Placnet, a d'abord subi beaucoup de revers, beaucoup d'échecs, puisque aujourd'hui, les points de deal dans notre pays, ceux qui ont fermé, se sont reconstitués en général très peu de mètres, très peu, tout à fait proches, assez peu loin de là où ils étaient. Donc d'abord, ils n'ont pas été efficaces. Aujourd'hui, qu'il y ait cette volonté de lutter contre le narcotrafic, j'en prends acte, mais en revanche, il faut activer tous les leviers. Comment voulez-vous lutter contre... – Le RN votera aujourd'hui définitivement la loi sur le narcotrafic ? – Mais nous l'avons voté la dernière fois.
Et si nous n'avions pas voté, cette loi ne passait pas. C'est grâce au Rassemblement national que cette loi a pu passer. Mais ne pas gérer, par exemple... – Vous allez voter aujourd'hui. – Oui, oui, mais ne pas gérer les frontières en matière de lutte contre la drogue, c'est vider l'océan avec une cuillère à café. La drogue arrive de quelque part, elle est importée au-delà de nos frontières et l'absence de gestion de nos frontières est évidemment problématique. – On va parler de l'actualité parlementaire puisque c'est la rentrée pour les députés et les sénateurs après la coupure de Pâques.
Et le gouvernement a l'appris qui envisage de faire siéger les députés plus souvent au mois de mai, même pendant les ponts, les week-ends, car le gouvernement craint un embouteillage législatif. Vous êtes vice-président de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous êtes prêts, avec les autres députés RN, à siéger plus souvent pour faire avancer le calendrier ? – Non, mais que les parlementaires fassent leur boulot de siéger, ça me semble tout à fait normal. Et il n'y a pas de problème avec ça. Le problème, c'est l'agenda parlementaire.
Est-ce qu'aujourd'hui, notre pays doit avoir comme priorité une loi sur l'audiovisuel ou des lois ou des petits textes comme ceux que nous avons traités dernièrement ? Ou est-ce qu'évidemment, on doit s'attaquer fondamentalement par des grandes lois, une loi sur l'immigration, une loi sur l'agriculture, aux grandes problématiques de notre pays ? Je pense que oui. Et là, on a besoin de siéger. Si c'est pour faire siéger les députés sur des textes qui sont très opposés à l'intérêt des Français, aux priorités des Français, alors je n'en vois pas l'utilité. Donc siéger, oui. Légiférer, oui. Mais légiférer sur du concret. Et notamment sur l'énergie.
Il y avait un débat hier à l'Assemblée nationale sur l'énergie avec un hémicycle vide. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que les députés sont démobilisés ? Est-ce que les députés s'ennuient en ce moment ?
Certains de vos clés le disent ouvertement.
Il faut dire que les textes qui sont souvent arrivés devant nous depuis près d'un an, c'est-à-dire depuis la dissolution, bien souvent ont été des petits textes sans grande envergure et qui évidemment, dans ce cas-là, ne mobilisent ni l'opinion publique ni les parlementaires en termes de passion. L'ambiance aussi de l'Assemblée nationale a quelque chose de stérile. L'extrême-gauche bordélise tous les débats. C'est très difficile d'avancer avec sérénité. C'est très difficile de légiférer. Les institutions sont durement attaquées par l'extrême-gauche. Donc on a évidemment une ambiance de travail qui ne correspond pas à une démocratie saine.
Alors parlons d'énergie sur le fond, puisque le gouvernement comptait initialement publier par décret, ça veut dire sans vote du Parlement, la programmation pluriannuelle de l'énergie, autrement dit la feuille de route énergétique de la France pour la décennie à venir. Alors l'opposition avait critiqué cette méthode de passer outre le vote du Parlement. D'ailleurs, le RN menaçait le gouvernement de censure pour ce motif. Et hier, François Bayrou, le Premier ministre, a annoncé que cette feuille de route énergétique serait publiée plus tard, à la fin de l'été et après l'examen à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi sénatoriale, justement sur cette stratégie énergétique.
Est-ce que ce changement de méthode convient au RN sur l'énergie ? – Oui, mais c'est la pression qu'on a mise. Nos députés, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, Maxime Anblard, député de la Meuse, ont travaillé sur ce sujet. Marine Le Pen s'est exprimée hier parce qu'on a bien compris que pour réindustrialiser le pays, il faut maîtriser son énergie. Vous savez, il y a deux axes qui permettent au pays de s'en sortir, c'est maîtriser son énergie, maîtriser son immigration. Sans la maîtrise de ces deux politiques, la France meurt.
Donc aujourd'hui, quand ils font ce qui nous gouverne, ils ont fait augmenter le prix de l'électricité, ils ont abîmé la production nucléaire, ils nous ont fait perdre un retard considérable, en acceptant d'ailleurs une feuille de route européenne faite d'objectifs absolument intenables. Donc nous, nous avons dit, mettons tout sur la table, écoutez-nous, entendez-nous, que ce soit sur l'hydrogène, écoutez ce que le Rassemblement National a proposé. Nous, on est des grands défenseurs du nucléaire, de la filière nucléaire.
Marine Le Pen l'a redit hier, et je crois qu'aujourd'hui, ils ont compris ce signal qui était nécessaire, c'est-à-dire un débat suivi d'un vote sur une proposition de loi, vous l'avez dit, sénatoriale. Mais je pense qu'il faut faire voter l'Assemblée Nationale sur la politique énergétique de la France et sur ce projet qui va engager 300 milliards supplémentaires. C'est pas rien. On est sur des sommes faramineuses. – Question sur la proportionnelle, Fabrice ?
– Quelle proportionnelle ? François Bayrou veut de la proportionnelle, ça a toujours été dans son programme, mais pour vous, d'abord, vous y êtes favorable, et à quelle dose ?
– Oui, d'abord, je pense que la proportionnelle, c'est le scrutin de la justice. Ça permet à chacun de pouvoir être représenté à la hauteur du nombre de voix qu'il fait dans le pays. Le tout, c'est savoir, évidemment, vous l'avez dit, quelle proportionnelle. Nous, on est plutôt attaché à une proportionnelle départementale avec une prime majoritaire pour garantir une stabilité, c'est-à-dire un modèle qui ressemblerait à celui des élections municipales. Marine Le Pen et Jordan Bardella vont être reçus dans les heures qui viennent par le Premier ministre pour leur expliquer notre souhait, notre volonté.
Est-ce qu'il y aura un atterrissage possible ou est-ce que ce sera un bricolage destiné à donner une petite dose de proportionnelle ? Je l'ignore, on verra bien comment tout ça atterrit, mais c'est vrai que je donne d'ailleurs gré à François Béroud d'avoir toujours été convaincu de la nécessité de ce système politique. En revanche, qu'il n'imagine pas neutraliser ou acheter une paix politique avec le Rassemblement national parce qu'il distillerait ou il instillerait une petite dose de proportionnelle.
Est-ce qu'il y a un danger ou pas dans la mise en œuvre de la proportionnelle ?
Dans la mise en œuvre, ça dépend de ce que vous mettez comme type de proportionnelle. Il ne faut pas perdre de vue l'objectif. L'objectif, c'est que les forces politiques soient représentées à la hauteur de ce qu'elles sont réellement dans le pays et d'éviter évidemment toutes les magouilles, tripatouillages d'entre-deux-tours telles qu'on l'a vues quand on voyait M. Attal et les macronistes faire voter pour l'extrême-gauche. Vous savez, entre 86 et 88, on a eu la proportionnelle. La France a été gouvernée. Il n'y a pas eu de soucis à l'Assemblée nationale. Et puis, on a un scrutin majoritaire et aujourd'hui, on en arrive à une instabilité extrêmement forte.
Donc, quand on nous dit que la proportionnelle, c'est l'instabilité, on voit bien que non. Alors, en tout cas, François Bayrou, qui envoie beaucoup de gages en ce moment au Rassemblement national, ce débat sur l'énergie que vous aviez demandé, ce chantier ouvert sur la proportionnelle, c'est également votre demande. Est-ce que ça veut dire que vous n'allez pas en contrepartie le censurer dans les prochains mois ? Non, non, mais nous ne sommes pas des marchands de tapis que François Bayrou n'imagine pas parce qu'il donnerait un petit bout de proportionnel ou parce qu'il donnerait un demi-vote sur la politique énergétique que le Rassemblement national rentrera à la maison.
Quand je vois les propositions en termes budgétaires, notamment la niche fiscale des retraités de 10% qu'ils pourraient essayer de faire disparaître ou faire revenir une taxation pour remplacer la taxe d'habitation, un impôt déguisé, nous serons le bouclier des Français, le bouclier des retraités face aux hausses d'impôts. Donc, ils n'imaginent pas d'un côté donner un peu au Rassemblement national pour mieux taper les Français de l'autre côté. Ils se trompent. Donc, nous n'utiliserons évidemment la censure que si les intérêts des Français sont menacés et les intérêts notamment en matière d'imposition.
Donc, les motifs de censure pour le Rassemblement national, ça concerne la fiscalité des hausses d'impôts ? Bien sûr. Ce sera ça la ligne rouge ? Mais c'est une ligne rouge. Mais nous l'avons annoncé il y a longtemps. On ne les prend pas en traître. On n'est pas en train d'inventer de nouvelles lignes rouges. On leur a dit depuis longtemps, si vous augmentez la fiscalité, si vous alourdissez les impôts des Français, vous nous aurez face à vous, quel que soit par ailleurs, ce que vous proposez sur des sujets diverses ? On va parler de la présidentielle 2027, Sébastien Chenu, avec notre sondage Odoxa-Mascaray, réalisé pour Public Sénat et la presse régionale sur la présidentielle.
Et Marine Le Pen, contrairement aux intentions de vote il y a un an, perdrait au second tour, nettement face à Édouard Philippe. Sébastien Chenu, est-ce que vous reconnaissez que la condamnation judiciaire en première instance de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens, eh bien, la plombe d'une certaine manière en vue de la présidentielle ? Non, parce qu'avant de faire un second tour, il faut avoir fait le premier. Et je ne suis pas sûr qu'Édouard Philippe aille même au second tour. Donc si vous voulez, on peut mettre Marine Le Pen contre le pape. Selon ce sondage, c'est le cas. Selon ce sondage, c'est le cas.
Voilà, on peut tester Marine Le Pen contre le pape ou contre n'importe qui, vous aurez des résultats différents. Encore faut-il passer le premier tour. Et on a vu beaucoup de gens qui, dans des sondages, étaient vainqueurs d'un second tour, mais n'arrivaient pas à passer le premier. Et ce sera le cas, je crois, d'Édouard Philippe, qui, à mon avis, n'a ni la force, ni la capacité à créer un espoir dans notre pays. On l'a vu à l'œuvre. L'homme de la retraite a 67 ans, les gilets jaunes, etc. Édouard Philippe, ce n'est pas l'espoir pour le pays, c'est la continuité de la politique macroniste. Donc moi, ces sondages, je les prends tels qu'ils sont. Quand ils sont bons, on s'en réjouit.
Quand ils sont moins, on le déplore. Mais sincèrement, c'est une photographie avec des acteurs du jeu qui ne seront peut-être pas ceux-là.
– Question sur Jordan Bardella, Fabrice ? – Oui, mais avant cela, on comprend bien, Édouard Philippe, pour vous, n'est pas un adversaire. Mais c'est qui ? Votre adversaire, c'est Bruno Retailleau ? C'est Gabriel Attal ? C'est qui ?
– L'adversaire, c'est le système politique, la philosophie politique qui nous a menés aujourd'hui dans le mur et qui sera porté par un homme ou par une femme.
– Oui, mais si on parle d'hommes ou de femmes aujourd'hui ?
– Ils sont assez interchangeables, eux. Que ce soit Gabriel Attal, Édouard Philippe, Gérald Darmanin, tous ces gens-là font la même politique. Ils la faisaient déjà auparavant, et c'est la continuité du macronisme. Nous, ce qu'on veut, c'est la rupture démocratique avec le macronisme. On veut une alternance populaire, on veut du souverainisme, on veut la défense des intérêts de la France, du pouvoir d'achat des Français, leur sécurité et mener une politique de l'immigration contre l'immigration qui n'a jamais été menée dans le pays. Donc évidemment, tous les gens que j'ai cités, c'est la continuité, mais je crois que les Français n'en peuvent plus.
– Alors, dans notre sondage, Jordan Bardella fait aussi bien que Marine Le Pen en termes d'intention de vote au second tour de la présidentielle, et il devient même ce mois-ci, pour la première fois dans ce baromètre, la personnalité politique préférée des Français. Finalement, est-ce que Jordan Bardella, qui n'est pas inquiété par cette affaire judiciaire, n'est pas le mieux placé pour représenter le RN à la présidentielle ? – Non mais nous l'avons déjà dit, vous savez, c'est Jean Hanouil qui dit « la sincérité est aussi une stratégie ». Eh bien nous, notre stratégie, c'est Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle.
Et puis parce que son sort n'est pas uniquement entre ses mains, il est aujourd'hui entre les mains de la justice, elle se bat, elle combat, elle démontrera, je crois, son innocence. Si elle devait être empêchée, eh bien le président de notre parti politique prendrait la relève. Ça fait partie des choses qui sont claires. On ne cherche pas à duper les Français, on ne va pas sortir un candidat d'un chapeau si Marine Le Pen ne pouvait pas l'être. Mais aujourd'hui, Marine Le Pen travaille à cela. Aujourd'hui, Marine Le Pen se bat sur plusieurs fronts.
Le harcèlement judiciaire, le harcèlement financier, le harcèlement politique qu'elle subit lui donne est la force et l'ambition de convaincre les Français. Et je crois qu'elle sera évidemment au rendez-vous de 2027. – Vous dites que si Marine Le Pen est empêchée, est-ce que cela veut dire que si Marine Le Pen est condamnée en appel à l'été 2026 dans cette affaire, Jordan Bardella sera candidat à sa place ? – Mais on verra ça, parce que moi, je ne me mets pas dans cette situation. Moi, je pense que l'appel, c'est un nouveau procès, elle est présumée innocente, va permettre de redistribuer les cartes.
Donc aujourd'hui, on se bat pour démontrer l'innocence de Marine Le Pen avec les éléments qui sont les nôtres dans le cadre d'un nouveau procès puisqu'elle est présumée innocente. Zéro enrichissement personnel, zéro emploi fictif. Donc nous disons, oui, Marine Le Pen peut être au rendez-vous de la présidentielle.
– Fabrice, une dernière question sur Cyril Hanouna ? – Oui, puisqu'on parle de Cyril Hanouna aussi comme candidat en 2027. C'est une bonne ou c'est une mauvaise nouvelle pour vous ? Est-ce qu'il ne vous ferait pas un petit peu d'ombre ?
– Non mais il y a toujours l'idée de dire, et si c'était lui ? Vous savez tout, dans la presse, on a déjà eu, et si c'était Eric Zemmour ? – Selon les valeurs actuelles, il préparait une candidature à la présidentielle 2027. – Et si c'était l'abbé Pierre à une époque, on aurait été bien déçus. – Donc bon, tout le monde a le droit d'être candidat à une élection présidentielle. Tout le monde a le droit. Est-ce qu'après, il faut rassembler 500 signatures, etc. C'est un long chemin. Je crois que Cyril Hanouna est quand même un peu l'homme des coups médiatiques. Donc je pense qu'il est assez habile pour cela. Mais moi, je ne méprise personne. Chacun a le droit de participer au débat public.
Et si Cyril Hanouna peut faire venir, entrer dans le débat public des gens qui s'intéressent grâce à cette pseudo-candidature au débat public, eh bien il aura fait une partie du travail que chacun doit faire, intéresser l'opinion publique au débat pour l'avenir de notre pays. – Mais il est assez populaire au sein de votre électorat, de votre camp. Ça pourrait vous faire du mal, sa candidature ? – Non mais vous savez, on a déjà entendu ça avec les candidatures d'Éric Zemmour, de Nicolas Dupont-Aignan ou d'autres. Je crois que notre électorat veut un changement. Notre électorat est attaché à la solidité, au sérieux. Et je pense que Marine Le Pen est celle qui correspond le mieux à cela.
– Une petite question très rapide, Fabrice, pour finir. – Mais oui, parce que c'est un chenu à situer le pape et l'abbé Pierre. Et il y a une autre élection à venir, c'est celle du pape.
– Oui, je ne suis pas candidat. – Vous n'êtes pas candidat, c'est l'annonce de la matinatisée peut-être.
– Absolument, qu'est-ce que vous attendez du prochain pape ?
– Non, mais je pense que l'humilité et la charité sont des traits importants pour l'Église catholique. Les cardinaux feront le meilleur choix.
– Sur la ligne du prochain pape, vous êtes un député conservateur, vous êtes un député réformateur ?
– Moi, j'attends un homme d'équilibre. Moi, vous, enfin, je n'ai pas de raison de vous confier mon rapport personnel à la religion, mais je pense que l'Église catholique, en tous les cas, n'a pas à s'adapter à la société. Elle doit rester un phare de solidité, un phare qui guide. Et donc, je pense que tout ce qui est une Église qui cherche à séduire la société se trompe. Donc voilà, moi, j'attends d'une Église qu'elle soit solide, qu'elle soit forte, qu'elle soit généreuse, attentive, mais qu'elle représente effectivement un phare. – Merci beaucoup Sébastien Chouinu d'avoir été notre invité politique aujourd'hui. – Merci.
– Merci.