Le regard d'Anouar | À moins d'un an de la présidentielle : les grosses manips de la macronie
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Alors Noam, comment tu vas aujourd'hui ?
- 1:27OuverteRéponse partielle
À quelques mois de la présidentielle, l'exécutif Macron se sert-il de l'appareil d'État à des fins politiciennes ?
- 2:42RelanceRéponse directe
C'est quoi cet argumentaire ?
- 3:14RelanceRéponse directe
Or les rassemblements dans les salles sont quand même plus dangereux entre guillemets que les rassemblements à l'air libre.
- 9:05OuverteRéponse directe
On a vu par ailleurs des images fortes, montrant une députée et un sénateur d'opposition, franchement brutalisé par la police, lors d'une manifestation organisée par la Confédération Paysanne, devant le siège de Pôle emploi.
- 9:41OuverteRéponse directe
Tu as vu ces images, est-ce qu'elles t'ont choqué ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40InvitéFait
« Macron a décrété que toi et moi nous étions des chances pour la France. »
- 2:43InvitéFait
« L'argumentaire, effectivement, c'est la mise en avant d'un rassemblement dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire qui permettrait ou en tout cas serait susceptible de favoriser la prolifération justement de la pandémie et donc naturellement c'est niette. »
- 3:21InvitéFait
« L'expérience justement de cette réunion, je dirais, d'évangélistes qui avait eu lieu dans l'Est au début de la pandémie l'a clairement démontré. C'est un vecteur justement d'expansion de la pandémie qui est avéré, scientifiquement prouvé. »
- 6:47InvitéFait
« Donc le soupçon aujourd'hui, il se tourne justement vers le ministère de l'Intérieur et vers Gérald Darmanin. Et on pense, au regard du contexte, qu'il y a effectivement une instrumentalisation des services de l'État et des services régaliens pour justement faire taire les oppositions politiques au gouvernement et à l'exécutif en place. »
- 7:48InvitéChiffre
« Il y a environ une semaine, on va dire entre une semaine et dix jours, où on a eu cette manifestation de policier qui a regroupé 35 000 personnes. »
- 10:04InvitéFait
« Légalement, moi, je n'arrive pas à m'expliquer l'attitude des policiers. »
- 11:02InvitéFait
« Et comme elle insiste et elle essaye de passer, le policier s'interpose physiquement et lui donne un coup de bouclier qui l'a fait chuter au sol. »
- 21:55PrésentateurChiffre
« l'annonce d'une amende de 135 euros pour les guetteurs impliqués dans le trafic de drogue. »
- 23:01InvitéChiffre
« Un guetteur peut gagner entre 50 et 200 euros à la journée. »
- 26:16InvitéFait
« un assaillant qui est délinquant de droit commun, qui sort de prison, »
- 27:28InvitéFait
« il est fiché au FSPRT, donc au fichier de la radicalisation à potentiel terroriste. »
- 27:44InvitéFait
« le parquet antiterroriste ne se saisit pas des faits. »
- 30:01InvitéFait
« son épouse a été régularisée cette semaine. »
- 34:10InvitéFait
« on avait une suspicion de faux en écriture de la part du policier. »
- 35:47InvitéFait
« il l'a annoncé avant-hier et il souhaite justement apporter un certain nombre de correctifs au fonctionnement de l'institution policière »
- 36:23InvitéFait
« il a envie de porter la voix des personnes qui ne croient plus justement en la réforme de l'institution policière »
- 36:30InvitéFait
« il a une équipe qui travaille autour de lui »
Temps de parole
- Invité78 %
- Présentateur15 %
- Invité 22 %
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Salut à toutes et à tous, vous êtes sur le Média TV, c'est le moment du regard d'Annoir. Le regard d'Annoir, c'est la chronique de Noam Annoir, ancien policier, lanceur d'alerte et désormais chroniqueur au Média TV. Alors Noam, comment tu vas aujourd'hui ?
Moi je suis ravi aujourd'hui, ça va vraiment super bien déjà, le retour du beau temps, la réouverture des terrasses. Et puis c'est surtout qu'étant un petit peu quelque part africain, pour ma part africain du Nord, et puis toi aussi t'es issu de l'immigration africaine, Macron a décrété que toi et moi nous étions des chances pour la France. Donc je suis ravi, ça y est, je renais là. Des millions de jeunes gens qui ont une histoire avec l'Afrique, par leur famille, par des générations, ou qui viennent de première génération du continent africain, on va enfin leur dire qu'on a quelque chose à bâtir en commun. On ne va pas leur dire que c'est un problème et que vous devez vous intégrer.
On va leur dire que vous êtes une chance pour la France et que vous allez nous aider à développer cette histoire. C'est un petit peu la saga africase, si tu veux. Le petit plat, oui oui, petit plat, Paris, Gaudet, connexion, mais venez ! Saga, Afrika, ambiance de la brousse !
Alors aujourd'hui nous allons brosser plusieurs faits d'actualité, mais notre sujet principal tournera autour d'une question. À quelques mois de la présidentielle, l'exécutif Macron se sert-il de l'appareil d'État à des fins politiciennes ? On l'a vu se servir de la police comme bouclier depuis le mouvement des Gilets jaunes et il n'est pas insensé de l'imaginer jouer avec les limites républicaines aujourd'hui dans le cadre de l'affrontement politique qui arrive.
En tout cas, un certain nombre de faits d'actualité ont récemment fait tiquer à ce sujet, notamment ce qu'on appelait l'interdiction, l'affaire de l'interdiction par le préfet de la Seine-Saint-Denis, du meeting de la candidate de la France insoumise et du Parti communiste à la présidence de la région Île-de-France, du meeting de Clémentine Autain prévu le 13 juin et il y a eu un décret qui finalement revient à l'interdiction.
Oui, alors effectivement c'est quelque chose qui fait polémique en ce moment et qui passe un petit peu, je veux dire, un peu sous les radars médiatiques parce que naturellement la presse, les médias mainstream ne s'emparent pas comme ils devraient de cette affaire. Je ne suis pas spécialement partisan, je veux dire, de la liste de Clémentine Autain, je le fais de façon réellement très neutre, vraiment. Je veux dire, je n'arrive pas à comprendre en fait l'argumentaire du préfet, sachant qu'un préfet, il a effectivement compétence sur son département.
C'est quoi cet argumentaire ?
Alors l'argumentaire, effectivement, c'est la mise en avant d'un rassemblement dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire qui permettrait ou en tout cas serait susceptible de favoriser la prolifération justement de la pandémie et donc naturellement c'est niette. Voilà, c'est comme ça que c'est présenté. Mais parallèlement, dans le 77, dans le département voisin, on a Jordan Bardella qui prévoit un rassemblement pour le 12 juin dans une salle qui a priori n'a pas vocation à être interdite. En tout cas pour le moment, il n'y a pas eu de communication de la préfecture à ce niveau-là.
Or les rassemblements dans les salles sont quand même plus dangereux entre guillemets que les rassemblements à l'air libre.
L'expérience justement de cette réunion, je dirais, d'évangélistes qui avait eu lieu dans l'Est au début de la pandémie l'a clairement démontré. C'est un vecteur justement d'expansion de la pandémie qui est avéré, scientifiquement prouvé. Donc le 26 mai, c'est-à-dire il y a quelques jours, on a eu un meeting à Paris dans une salle de la liste socialiste. En présent d'un inalgo, on a eu Audrey Pulvar qui a justement organisé un grand meeting qui a rassemblé plusieurs milliers de sympathisants. Donc là, d'un coup, on a Clémentine Autain qui décide d'organiser un meeting en plein air à Montreuil et le préfet l'interdit. Donc alors ça pose un certain nombre de questions.
Déjà la question justement de cette comparaison qu'on peut faire entre les différentes listes. C'est-à-dire que tous les opposants à la liste de la France insoumise organisent des meetings dans des salles avec beaucoup plus de monde, a priori, pour le moment en tout cas, par rapport au nombre estimé, je veux dire, et on a une inertie totale des pouvoirs publics. Et là, comme ça, on a une forme de discrimination évidente en fait qui apparaît. Donc alors comment est-ce qu'on peut l'argumenter légalement ? Il faut savoir que les préfets ont autorité sur la voie publique.
C'est-à-dire que dès lors qu'une manifestation, un rassemblement, une festivité de voie publique est organisée, le préfet a la possibilité de l'interdire ou pas. Pourquoi l'interdire ? La plupart du temps, c'est parce qu'il a l'obligation surtout de la sécuriser. Et quand parfois, de façon prévisionnelle, on a l'évidence de troubles à l'ordre public qui peuvent se manifester, le préfet peut, de façon préventive, dire « Moi, je ne suis pas en mesure justement d'assurer la sécurité des participants puisqu'on a l'évidence de risque de troubles à l'ordre public et donc je préfère l'annuler par anticipation plutôt que de la laisser s'organiser, justement parce qu'il a le devoir de la sécuriser.
» Donc idem, alors pour les réunions publiques, alors à ce moment-là, les réunions publiques ont lieu dans des salles, à la différence des manifestations ou des rassemblements de voies publiques. Et donc les salles, ce sont ce qu'on appelle des ERP techniquement, donc des établissements recevant du public.
Et donc alors là, les établissements recevant du public sont soumis au contrôle de commissions de sécurité pluridisciplinaires qui regroupent des membres de la préfecture, de la police, de la municipalité également, des sapeurs-pompiers, donc tout un tas justement d'acteurs de la sécurité parce qu'il faut tout vérifier, c'est-à-dire qu'il faut vérifier la dimension des issues de secours, le bon fonctionnement des éclairages qui indiquent justement les issues de secours, les trappes de désenfumage, la présence d'extincteurs, etc. Donc la municipalité a son mot de dire.
Donc en général, les réunions publiques sont plutôt de la compétence des maires puisque les maires sont garants du bon fonctionnement des espaces recevant du public au sein de leur commune. Mais le préfet a aussi la possibilité d'intervenir et d'y opposer son veto. Pourquoi ? Parce qu'en cas justement de trouble à l'ordre public, de débordement, de sinistre, c'est la police qu'on va appeler, c'est les pompiers qu'on va appeler et c'est le préfet qui coordonne justement les services de secours et qui en a la responsabilité.
Donc parfois il peut dire, écoutez, même si ça ne se passe pas sur la voie publique, ça se passe en intérieur, j'ai moi pris la décision justement d'interdire le rassemblement, parce que je ne serai pas en mesure d'intervenir ou de faire intervenir les secours en cas de litige. Et là, alors ça se passe à l'extérieur. Donc les personnes sont tout à fait susceptibles d'adopter des postures préventives quant à la pandémie, les gestes barrières, les distanciations sociales, le port de masque. Mais là, le préfet n'a rien voulu savoir, il l'a interdit purement et simplement. Donc le soupçon aujourd'hui, il se tourne justement vers le ministère de l'Intérieur et vers Gérald Darmanin.
Et on pense, au regard du contexte, qu'il y a effectivement une instrumentalisation des services de l'État et des services régaliens pour justement faire taire les oppositions politiques au gouvernement et à l'exécutif en place.
Ce décret qui tombe très bien, on va dire, irrite d'autant plus les amis de Clémentine Autain, qu'il y a peu, Gérald Darmanin était lui-même présent à une manifestation de policier, d'un type assez particulier, une manifestation publique, sur l'espace public.
Il y a environ une semaine, on va dire entre une semaine et dix jours, où on a eu cette manifestation de policier qui a regroupé 35 000 personnes. Donc bon, les policiers ont porté le masque, ont respecté certaines mesures de geste barrière. Mais je veux dire, globalement, l'argumentaire ne tient pas. C'est-à-dire que pourquoi à Paris est-ce qu'on a autorisé ce rassemblement alors qu'il y avait aussi le risque terroriste ? On était justement confronté à un attentat, on a vu Rambouillet quelques jours avant. Donc un amas de policiers, un regroupement de policiers.
Comme ça, on avait à la fois le risque pandémique et le risque terroriste, le risque lié justement à la sécurité publique, tout ce qui était de cet ordre-là, il gêne à la circulation, parce que ça s'est déroulé quand même en plein centre de Paris. Donc le ministère de l'Intérieur, ou le ministre de l'Intérieur en personne, a décidé d'y prendre part, avec l'ensemble quasiment de la classe politique, à l'exception de la France Insoumise. Donc le maire de Montreuil, Patrice Vessac, est un soutien de Clémentine Autain. C'est aussi la circonscription d'Alexis Corbière, qui est quand même le président du groupe parlementaire France Insoumise à l'Assemblée Nationale.
Donc on sent bien qu'il y a un signal assez fort, qui est envoyé, on va dire de force totalitaire, qui est envoyé finalement à l'opposition politique. Et aujourd'hui, on ne se l'explique pas au plan légal, même si effectivement on a un décret préfectoral qui tombe de je ne sais où et qui décide de ça. Donc c'est contestable devant le tribunal administratif. Mais quand même, le message est passé.
On a vu par ailleurs des images fortes, montrant une députée et un sénateur d'opposition, franchement brutalisé par la police, lors d'une manifestation organisée par la Confédération Paysanne, devant le siège de Pôle emploi.
J'étais en train de discuter avec des maraîchers, des éleveurs, pour voir quels sont leurs problèmes, et discuter avec eux. Et c'est là que l'intervention s'est faite, extrêmement violente, et on ne l'a même pas vu arriver. Tu as vu ces images, est-ce qu'elles t'ont choqué ? Oui, évidemment, parce qu'en fait, il y a plusieurs dimensions. C'est-à-dire que, bon, naturellement, après les soignants, les pompiers, les gilets jaunes, les éboueurs, les étudiants, les avocats, on n'est plus à, je dirais, une corporation professionnelle près. Je veux dire que, clairement, là, aujourd'hui, récemment, en tout cas, on a brutalisé, effectivement, les agriculteurs.
En l'occurrence, bon, légalement, moi, je n'arrive pas à m'expliquer l'attitude des policiers. Et a priori, de toute façon, il y a une enquête de l'IGPN qui a été ouverte, celui-ci a assez fait, et on aura sans doute, allez, une sanction pour les lampistes, on va dire, qui ont servi, justement, qui ont été, en tout cas, filmés en action. Mais, je veux dire, clairement, on en revient encore à la loi sécurité globale. C'est-à-dire qu'ils ont été filmés, bon, même s'ils ne sont pas identifiables, parce qu'ils sont casqués. On voit quand même la nécessité, justement, de pouvoir disposer librement de ces images pour pouvoir les exploiter. Alors, qu'est-ce qui se passe ?
C'est Bénédicte Thaurine, qui est députée de l'Ariège, donc députée LFI, qui souhaite participer, prendre part à ce rassemblement pour, justement, apporter son soutien aux agriculteurs qui, eux, manifestent, on va dire, de façon pacifique, même si, effectivement, il y a quand même, dans les propos, dans la façon, justement, de revendiquer, toujours un petit peu de ferveur, je veux dire, mais ça ne va pas au-delà. Et donc, elle décide de participer au rassemblement et on le lui interdit. Et comme elle insiste et elle essaye de passer, le policier s'interpose physiquement et lui donne un coup de bouclier qui l'a fait chuter au sol. Alors, d'une part, moi, je ne comprends pas pourquoi.
Parce que si le rassemblement était interdit, ce qui n'est pas avéré, a priori, bon, il est du devoir, justement, du policier de lui notifier l'interdiction du rassemblement. Et si, malgré tout, elle décide d'y participer, le premier geste à accomplir, ce n'est pas d'interférer ou de s'interposer physiquement, mais c'est, effectivement, éventuellement de la verbaliser. Je veux dire, bon, voilà, il la verbalise. Ensuite, effectivement, quand on verbalise une infraction, que ce soit une infraction routière ou une infraction de tout ordre, on a aussi, par la suite, le devoir de faire cesser l'infraction.
Donc, si on veut faire cesser l'infraction, c'est-à-dire, en l'occurrence, la participation à un attroupement, un attroupement, c'est un rassemblement non autorisé, légalement, à ce moment-là, il y a un dispositif d'usage, c'est-à-dire une procédure même d'usage, c'est des sommations, c'est-à-dire trois sommations qu'on doit pouvoir prononcer avec un mégaphone, avec un intervalle de temps bien défini, alors par un OPJ, une ceinture tricolore, des tirs de sommations, et ensuite, si les gens n'obtent pas la sommation, dans la mesure où on a déjà préalablement notifié l'interdiction du rassemblement, à ce moment-là, on procède à la dispersion, mais la dispersion, ça peut se faire avec des canons à eau, du gaz lacrymogène, par la force en dernier recours.
Il faut savoir que la force, c'est toujours, alors pour la dispersion du rassemblement, mais également le cadre d'usage de la force, c'est-à-dire de ce qu'on appelle la coercition, la force publique, c'est la légitime défense. Mais en l'occurrence, la députée n'était pas dangereuse, et puis elle a fait quand même... – Elle avait quand même aussi son écharpe tricolore. – Oui, tout à fait. – Ça compte quand même, non ? – Quelque part, les circonstances aggravantes de cette infraction, de ces violences volontaires, c'est à la fois qu'elles ont été commises par un dépositaire de l'autorité publique, c'est un policier, mais sur aussi une personnalité représentante de l'autorité publique.
C'est extrêmement grave. On a aussi un sénateur qui a été brutalisé à cette occasion. Donc en fait, c'est très logique. Alors politiquement parlant, je veux dire, même si c'est interdit, c'est très logique, parce que de toute façon, quand on a eu l'attentat de Rambouillet, moi j'ai vu de mes yeux des syndicats de police qui venaient sur les antennes des médias mainstream expliquer que finalement, c'est à cause de la banalisation du discours anti-flic qui était porté, incarné, personnifié par les représentants de la France insoumise que les faits de Rambouillet avaient été commis, que finalement c'était une sorte de catalyseur qui permettait le passage à l'acte.
Quand il y a eu la manifestation, puisque les représentants de la France insoumise ne sont pas allés à la manifestation organisée par les syndicats de police, c'est bien que la preuve qu'ils étaient anti-républicains, anti-flics, islamo-gauchistes, etc., etc., bon ben là, les policiers sont passés à l'action sur des représentants justement de l'État, mais affiliés à la France insoumise. Bon ben, c'est la continuité de tout ce qui se passe depuis quelque temps.
C'est-à-dire qu'on a une vraie, une vendetta, en réalité, qui est orchestrée par l'exécutif et qui vise à discréditer, violenter verbalement et même physiquement, malheureusement, tous ceux qui se réclament justement de cette idéologie qui est, a priori, une partie non négligeable de la représentation du peuple français, puisqu'il représente un groupe parlementaire assez conséquent à l'Assemblée nationale.
– Alors, ce comportement semble en tout cas témoigner d'un sentiment d'impunité, puisqu'on voit le policier, en fait, il ne se cache pas pour faire ce qu'il a fait à la députée.
– Ce qui fait plaisir, en réalité, je suis sûr que, pour bien connaître la police, parce que l'expérience démontre que je me suis rarement trompé, je pense qu'il pense même qu'il va avoir une médaille. Il se dit, tiens, Darmanin va me voir, je vais brutaliser une islamo-gauchiste de la France insoumise, puis je suis sûr que je vais être applaudi par la profession et que je vais être décoré. Lui, je pense qu'à son petit niveau, je suis sûr que dans sa tête, à ce moment-là, il se dit ça.
– En tout cas, l'enquête de l'IGPN a été ouverte, on verra ce que ça donnera, mais la députée Bénédicte Thaurine et ses amis politiques dénoncent le silence assourdissant d'Emmanuel Macron et de l'exécutif. En gros, globalement, il n'y a pas eu de manifestation très claire d'ingénération et de solidarité.
– Justement, alors, ce qui va permettre de pouvoir rétablir la justice dans cette affaire, c'est justement l'institution judiciaire, c'est-à-dire un dépôt de plainte.
Il y aura une enquête administrative, le policier sera peut-être sanctionné, mais bon, on sait très bien ce que ça donne, je veux dire, les sanctions administratives, dans ces cas, pour le moment, ne se sont pas avérées, c'est-à-dire qu'il ne va pas être évoqué, très clairement, donc je pense qu'il ne se passera pas grand-chose de ce côté-là, mais par contre, c'est peut-être l'institution judiciaire, la justice indépendante, la justice républicaine qui va rappeler le policier à l'ordre et qui va déterminer la chaîne de responsabilité. Et donc, c'est le problème de la police, c'est la justice, ils l'ont dit eux-mêmes.
Donc, moi, j'encourage Bénédicte Thorin et ce sénateur à déposer plainte et on saura par la suite ce qui s'est réellement passé, on va déterminer justement les responsabilités, il y aura sans doute des sanctions pénales qui vont s'appliquer parce que les faits sont évidents et caractérisés. Et puis voilà, tout simplement, nous, notre problème, ce n'est pas la justice à toi ou à moi comme à l'ensemble des Français.
– Il y a aussi ce feuilleton durant lequel on a vu le ministre, Gérald Darmanin, porté plainte contre la candidate PS Audrey Pulvar, candidate à la présidence de la région Île-de-France, comme Clémentine Autain. Il portait plainte donc pour diffamation et appel à la haine de la police. Finalement, il a rétro-pédalé. On regarde un petit zap à ce sujet.
– Gérald Darmanin qui porte plainte. – Oui, il porte plainte pour diffamation au nom du ministère de l'Intérieur contre Audrey Pulvar, tête de liste socialiste régionale en Île-de-France. Il porte plainte après les propos d'Audrey Pulvar sur la manifestation des policiers mercredi dernier, Louis Amart. – La colère des policiers est légitime, a dit Audrey Pulvar, mais qu'elle s'exprime de cette façon en marchant sur l'Assemblée nationale, je trouve ça extrêmement inquiétant. C'est une image qui était assez glaçante.
Gérald Darmanin veut donc attaquer Audrey Pulvar pour diffamation, c'est-à-dire selon la définition juridique, pour une allégation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération d'une personne ou d'un corps constitué. – Manifestement, cette plainte, elle n'a qu'un but, c'est de faire de la politique, c'est d'instrumenter la mort de ces policiers pour en faire un argument politique, et c'est de m'intimider. Ça ne marche pas, ça ne m'intimide pas, ça ne m'impressionne pas. En revanche, cela m'inquiète pour l'état de notre démocratie. – J'ai proposé à Mme Pulvar, après avoir vu qu'elle avait effectivement corrigé une partie de ses propos sur la chaîne LCI, de la rencontrer.
Je lui ai proposé deux rendez-vous pour la semaine prochaine, j'espère qu'elle pourra se rendre disponible, sinon j'en proposerai d'autres davantage, et je serai très heureux d'échanger avec elle pour redire à quel point publiquement, oui, la police est belle, oui, la police de la République est forte, et oui, tout le monde devrait la soutenir sans réserve, M. le Sénateur.
– Alors Noam, qu'est-ce que tu as pensé de ce feuilleton ?
– Alors d'un point de vue judiciaire, moi je ne crois pas que les faits soient objectivement caractérisés, c'est-à-dire que j'ai lu le tweet, il n'était pas spécialement véhément, c'était même plutôt modéré, mais je pense que comme l'ensemble de la classe politique, elle a dénoncé une forme de récupération de la part de l'extrême droite, de ce rassemblement, et elle a s'insinué quelque part que, d'un point de vue de l'exemplarité, ce rassemblement était plutôt malvenu.
Le message de dénonciation de la justice, le problème de la police et de la justice, etc., le responsable d'Allianz a été conspué, je veux dire, pour ça, donc elle n'a pas fait exception, elle a passé le message qu'un certain nombre d'éditorialistes, de journalistes, d'acteurs du monde politique ont posé, et en fait, moi ce que j'en ai pensé, c'est que c'est un épisode de politique politicienne, c'est-à-dire que ça n'a absolument aucun intérêt, pourquoi ?
Parce que moi, je n'avais pas beaucoup entendu parler d'Audrey Pulvar ni de sa campagne, moi je suis francilien, je veux dire, j'habite en Ile-de-France, et c'est la première fois, justement, ça a été l'occasion de la sortir de l'ombre, quelque part, en quelque sorte, donc je pense, en réalité, que j'y vois peut-être une forme de manipulation, pour...
Et qui débrit un peu les différents candidats de gauche, pour finalement...
En réalité, la plainte n'a aucun intérêt, parce qu'elle aurait sans doute été traitée après les élections régionales, compte tenu des délais et de la lenteur de la justice, donc je veux dire que, clairement, pendant les campagnes électorales, je pense que l'idée, c'est toujours, finalement, de faire parler de soi, coûte que coûte, et là, je pense que, du coup, Gérald Darmanin a rendu un service à Audrey Pulvar, puisqu'il en a fait... En fait, il l'a, quelque part, propulsé dans l'arène, et je pense qu'effectivement, il a voulu partager les voix de gauche chez les gens qui ont, peut-être... Je ne vais pas dire...
On ne va pas appeler ça les anti-flics, parce que c'est un peu les caricaturés, mais chez les gens qui aspirent à une police plus républicaine et plus en adéquation avec le service public dans son ensemble. Donc, bon, après, on a eu droit à un épisode de Santa Barbara, c'est-à-dire où, quelque part, elle ne savait pas si elle devait y aller ou pas, puis il lui a dit que, finalement, il avait peut-être été un petit peu excessif, qu'il serait peut-être prêt à retirer sa plainte. Bon, globalement, on est arrivé dans quelque chose qui n'intéresse plus personne. Et comme je le disais dans la reprise précédente, elle a eu droit à son meeting, contrairement à Clémentine Autain.
Donc, quelque part, moi, je pense qu'il y a une forme de connivence, en fait, en réalité, entre le ministère de l'Intérieur et la mairie de Paris, puis, peut-être, je ne vais pas dire Audrey Pulvar, mais le Parti socialiste, de toute façon, puisque Macron est lui-même issu du PS, on ne peut pas le dénier. Donc, quelque part, je pense que...
C'est un produit du PS.
Oui, tout à fait. Mais il a été ministre socialiste, ministre de l'Économie sous François Hollande. Donc, bon, bref, je veux dire par là qu'il y a des ponts, il y a des porosités, de toute façon, des canaux qui existent, des canaux de communication. Et je pense que la plainte, en réalité, n'avait pas grand intérêt. Si ce n'est que, comme l'a dit François Ruffin, aujourd'hui, M. Darmanin n'est pas devant la police pour la diriger. Il court derrière les syndicats de police, en fait, en réalité. Donc, je pense que c'était une allégeance de plus aux syndicats de police et l'occasion, justement, dans sa tête, peut-être, ou dans son idée, de diviser les suffrages de la gauche.
C'est une atmosphère générale où le pouvoir donne l'impression d'instrumentaliser les institutions. Et du coup, quand arrive la publication par le journal du dimanche d'un rapport de police synthétisant l'enquête visant le Rassemblement national, dans l'affaire des assistants parlementaires, Marine Le Pen crie au complot macroniste et son indignation a un écho dans la société, y compris au-delà des rangs du Rassemblement national.
En matière de police et de justice, on a deux types d'enquêtes. On a les enquêtes de flagrance. Donc, l'enquête de flagrance, c'est quoi ? On constate un flagrant délit, par définition, et on interpelle la personne. Et puis, parfois, on va justement mener des perquisitions. C'est-à-dire que c'est le cas dans les enquêtes criminelles, en matière de terrorisme, sur la voie publique, quand on attrape un type, un voleur à l'arraché. Bon, on va voir chez lui s'il n'a pas un stock de téléphone, etc. Puis, on a l'enquête préliminaire. Et alors, la particularité des enquêtes préliminaires, c'est que la police et la justice ont la maîtrise totale du calendrier.
Et ce qui pose question, ce n'est pas le contenu, en réalité, de l'article, parce que ça, c'est une affaire qui est connue, archi-connue, je veux dire, depuis plusieurs années. Et donc, il y a un soupçon, elle n'est pas jugée. Elle n'est pas jugée. Donc, le tribunal médiatique, ce n'est pas notre spécialité. Mais par contre, ce qui interroge, c'est le calendrier.
Je voulais aussi qu'on parle d'un sujet plus technique, mais qui témoigne aussi d'une volonté politique de marquer le coup, y compris, dans l'absence la plus totale de sérieux, l'annonce d'une amende de 135 euros pour les guetteurs impliqués dans le trafic de drogue. Qui sont ces guetteurs, et pourquoi, à ton avis, cette annonce est démagogique ?
Les guetteurs, en fait, ce sont des acteurs des petites mains des réseaux de trafic de stupéfiants dans les quartiers qui se postent en périphérie des quartiers et qui sont censés identifier les véhicules de police, les patrouilles, et qui donc, avec des moyens divers, alertent les trafiquants qui prennent la poudre d'escampette, sans faire de jeu de mots. Donc, alors, c'est parfois des gens qui crient, AK, PU, PU, on le voit dans certains reportages, et puis, en fait, il y a des relais à plusieurs niveaux qui crient jusqu'à ce que le message parvienne aux trafiquants. Donc, à ce moment-là, la police sait que l'action risque d'être vaine puisque le cri d'alerte a été donné.
Donc, c'est à la fois de la dissuasion pour la police et, en même temps, un cri d'alerte pour prévenir les trafiquants. Parfois, aujourd'hui, ils ont des téléphones qui sont connectés en permanence et ils envoient des messages de façon plus discrète. Donc, voilà, c'est des gens qui sont souvent des préadolescents, qui sont souvent des mineurs, des mineurs, je ne vais pas dire isolés, mais des mineurs déscolarisés qui sont grassement rémunérés. C'est-à-dire qu'un chouf peut gagner entre 50... – Un chouf, c'est un guetteur. – Un guetteur, c'est ça. Donc, un guetteur peut gagner entre 50 et 200 euros à la journée. Donc, l'idée de les verbaliser, de les sanctionner financièrement, pourquoi pas ?
Mais il faut savoir que les guetteurs sont aujourd'hui, pénalement parlant, des complices des trafiquants de stupéfiants. C'est-à-dire qu'ils ont déjà un statut au regard de la justice. Donc, quand on arrive à identifier tous les acteurs du trafic de stupéfiants, en principe, les guetteurs sont soupçonnés. D'ailleurs, pour anecdote, parmi les guetteurs, moi, à l'époque où je travaillais dans le 93, on avait même interpellé le frère d'un élu assez connu, assez notoire, donc je ne peux pas aller au-delà, justement, mais qui était en charge des questions de sécurité dans une grande institution régalienne. Voilà, bon. Après, donc voilà.
Donc, c'est des acteurs du trafic de stupéfiants qui sont susceptibles d'être interpellés depuis de nombreuses années.
– Donc, ça ne changera rien, en gros ?
– Non, ce n'est pas que ça ne changera rien, c'est que c'est totalement inapplicable. C'est-à-dire que si on caractérise une personne comme étant un guetteur, et à ce moment-là qu'on le verbalise, ça signifie qu'on reconnaît, quelque part, qu'on a identifié tous les acteurs du réseau, ça signifie qu'on sait qu'il y a un trafic de stupéfiants sur place, donc finalement, tout ça, il faut le prouver. C'est-à-dire que si le guetteur dit, bon, ok, moi, vous m'avez verbalisé de 135 euros, mais je n'y être un guetteur, prouvez-moi que je suis un guetteur. De quel réseau ? Qui est-ce que j'ai informé ? La personne va devant le tribunal de police et, à mon avis, il obtient gain de cause.
Mais de toute façon, on n'ira même pas jusque-là parce que c'est un texte qui est totalement inapplicable. Je veux dire, c'est simplement une boîte à idées. Le ministre dit, bon, ok, j'ai une idée, on va faire ça. Puis ça occupe les médias, les chaînes d'information continues pendant 24 heures. Mais je ne crois pas avoir été spécialement convaincu, justement, par les divers spécialistes de la sécurité qui ont défendu l'idée de ce texte. C'est totalement inapplicable.
Je veux dire, à partir du moment où on identifie tous les acteurs d'un réseau de trafic de stupéfiants, ça signifie qu'une enquête est suffisamment avancée pour qu'on puisse procéder à leur interpellation et à la représentation devant la justice.
Mais est-ce que, quelque part, il ne fait pas avancer l'idée que la police peut rendre justice ? Parce que, finalement, il y a une sorte de prolifération des systèmes dans lesquels les amendes sont au cœur du système de punition et les amendes mettent de côté la justice.
Alors, ce qui est déjà frappant, c'est que le montant est le même que pour celui du défaut de port de masque. Donc, quelque part, un travailleur qui va aller prendre le train ou qui va se rendre au boulot et qui aurait oublié son masque ou même de mauvaise foi qui aurait décidé de ne pas porter le masque a droit à la même sanction que quelqu'un qui participe à un trafic de stupéfiants. Donc, déjà, dans l'idée générale, je trouve que c'est relativement disproportionné. Mais cette fois, dans l'autre sens. C'est-à-dire que soit l'amende pour le non-port de masque est trop chère ou soit la sanction qui est réservée aux guetteurs est insuffisante.
Mais de toute façon, je veux dire, c'est un débat stérile, totalement stérile parce que le texte est inapplicable. La loi telle qu'elle est faite aujourd'hui réprime justement l'activité des guetteurs. Donc, moi, je ne vois pas spécialement l'intérêt de ce genre de discours si ce n'est occuper l'espace médiatique.
– Autre sujet que tu voulais aborder, l'attaque au couteau qui a eu lieu près de Nantes vendredi la semaine dernière.
– Oui, totalement. Alors, les faits, on va les rappeler. C'est un village dans la périphérie de Nantes qui dispose d'un poste de police municipale, donc en zone de gendarmerie. Et on a un assaillant qui est délinquant de droit commun, qui sort de prison, qui se présente à l'entrée du poste de police municipale et qui poignarde une policière municipale. Je veux dire, mortellement, oui, il la poignarde mortellement, mais elle sera sauvée grâce aux services de soins et de secours. Donc, finalement, aujourd'hui, elle est hors de danger. Et moi, j'en suis fort soulagé. Et je lui adresse mes voeux de prompt rétablissement.
Alors, les faits, je veux dire que c'est exactement les mêmes qu'à Rambouillet. Ils sont même beaucoup plus graves, en fait, que ceux qui sont survenus à Rambouillet. Bon, Rambouillet, c'était la police nationale. Là, la police municipale, c'est un corps professionnel qui est moins fédéré, moins représenté au plan syndical. Donc, ils n'ont pas la possibilité de gueuler autant que la police nationale. Mais les faits sont exactement les mêmes. Pourquoi ? Parce qu'il s'introduit dans l'enceinte d'un poste de police municipale. Il poignarde une policière en activité. Donc, jusque-là, c'est exactement pareil. Sauf qu'il lui subtilise son arme.
Et il se sauve avec l'idée de commettre davantage de méfaits. Donc, il veut faire davantage de victimes. Donc, il subtilise son arme. Et il disparaît pendant quelques heures. Et pourquoi est-ce qu'ils sont plus graves ? Déjà, parce qu'il s'enfuit. Il réussit à s'enfuir. Donc, les collègues de cette policière n'ont pas malheureusement pu intervenir suffisamment à temps pour le neutraliser. Donc, il s'enfuit avec une arme. Et surtout, qu'il est sortant de prison, contrairement à la salaire de Rambouillet, et qu'il est fiché au FSPRT, donc au fichier de la radicalisation à potentiel terroriste. Donc, il est connu des services de renseignement pour une radicalisation à caractère islamiste.
Et donc, là, on a tous les éléments qui peuvent caractériser un attentat. Et à la surprise générale, le parquet antiterroriste ne se saisit pas des faits. Donc, inexplicable, là, pour le grand public. On est vendredi, encore une fois. Donc, malheureusement, on l'avait dit sur notre chronique précédente, nous, on avait appelé à la vigilance.
– Le parquet antiterroriste n'a pas été saisi,
mais en revanche, il y a eu des… – Oui, alors, il y a eu un petit arrangement en interne. Alors, je n'irais pas accuser le parquet d'obéir au doigt et à l'œil au pouvoir public, même si le procureur général de Paris a été nommé… Bon, il y avait une accusation de nomination de complaisance par Emmanuel Macron. Mais effectivement, il ne s'est pas saisi des faits. Et à côté de ça, tout le monde s'est posé la question de savoir comment est-ce qu'un type incarcéré, radicalisé, avait pu passer à l'action aussi facilement.
On a eu, donc, en Catimini, il y a deux ou trois jours, l'annonce discrète mais express du remplacement de la directrice centrale du renseignement territorial, donc Lucille Roland, qui était une personne qui était passée, une haut fonctionnaire qui était passée par la DGSE, par la DGSI, et qui avait pris les rênes du renseignement territorial il y a quelques années. Donc, son remplacement express par un jeune commissaire, Bertrand Chamouleau, qui lui apparaît comme quelqu'un d'assez expérimenté, puisque j'ai eu l'occasion, moi, de collaborer avec lui à l'époque où il a exercé dans le Val-d'Oise. Il était directeur du renseignement territorial dans le Val-d'Oise. Ensuite, il est allé à Nice.
C'était lui, par exemple, qui était en poste dans le Val-d'Oise au moment des émeutes de Sarcelles. Ensuite, il est allé à Nice et il y était, je crois, de mémoire. Alors, au moment de l'attentat de Nice, il me semble que c'était lui. Et ensuite, il est passé à la direction centrale de la sécurité publique. Et là, aujourd'hui, il a tout l'avenir devant lui, puisqu'il est nommé à la direction du RT, donc du renseignement territorial au plan national. Donc, on va lui souhaiter bon courage. On espère qu'il sera en mesure de participer à la protection des citoyens français et de tous les résidents du territoire national, tout simplement, parce qu'aujourd'hui, voilà.
– Alors, c'est bientôt la fin de cette émission, mais tu voulais faire un droit de suite sur certaines affaires que nous avons déjà traitées. On va les évoquer très rapidement en une ou deux phrases. Premièrement, cette histoire d'un aspirant gardien de la paix, recalé parce que son épouse, entrée légalement sur le territoire français pour les études, s'était retrouvée par la force de la vie, on dira, sans papier.
– Oui, alors, c'était notre première émission, notre première chronique. Donc, on avait eu déjà une réaction de la préfecture de police qui avait confirmé sa volonté, justement, de refuser cette candidature, parce que son épouse était sans papier. Donc, suite à la médiatisation et aux nombreux recours qui ont été intentés par maître Benjamin Injalaire, qu'on avait reçu ici même, son épouse a été régularisée cette semaine. Donc, ils ont un enfant ensemble. Donc, ils sont très contents, vraiment. Ils nous ont écrit pour nous remercier et pour nous exprimer leur gratitude. – Ça va changer quelque chose ?
– Alors, ils ont prononcé un recours devant le tribunal administratif pour le faire intégrer à la police nationale. Lui, en fait une question de principe, il veut rejoindre l'institution policière. Donc, ça avance pas à pas. Mais déjà, son épouse peut commencer à respirer, à sortir sans crainte d'être interpellée, appréhendée. – Et à travailler. – Et à travailler, tout à fait. Donc, voilà, elle a été régularisée. Donc, nos félicitations à cette famille. – Deuxièmement, le protoxyde d'azote,
phénomène social préoccupant, dont on avait déjà parlé.
– Voilà, tout à fait. Donc, on avait présenté ce fléau, puisque aucun média n'en avait parlé, comme étant assez préoccupant, notamment au niveau des quartiers sensibles. Donc, le Sénat a décidé de légiférer et d'encadrer justement la commercialisation de ce produit, qui est à la base un produit qui est commercialisé dans l'industrie agroalimentaire et qui est utilisé également en médecine. Donc, alors, il va être interdit à la vente pour les mineurs.
Et comme pour le tabac, on va avoir droit justement à des sensibilisations, notamment au plan publicitaire, mais également sur les conditionnements pour ces produits, qui vont rappeler justement les risques inhérents à son utilisation des tournées. Donc, voilà, on est content justement d'avoir pu contribuer à ce qu'il se passe quelque chose au niveau des pouvoirs publics.
– Et on rappelle qu'avant-hier, il y a eu une affaire à Marseille, une affaire de violence forte de certains jeunes qui avaient pris du protoxyde d'azote. – Absolument. – Troisièmement, ce que tu appelles le féminicide policier.
– Oui, tout à fait. Donc, ça fait partie des affaires qu'on avait traitées et on avait soulevé un lièvre, notamment concernant cette affaire. Donc, on avait expliqué qu'il y avait eu quelques signalements qui avaient été opérés au sein du commissariat dans lequel la victime et l'auteur du féminicide exerçaient en qualité de gardien de la paix. Donc, alors, l'instruction est en cours, mais grâce à notre chronique, on a pu mettre en évidence qu'il y avait eu justement un précédent à cette affaire et qu'il y avait peut-être eu une négligence aux conséquences fatales, malheureusement, de la part de l'administration policière.
Donc, on est en attente des suites, mais, je dirais, cette dimension a éveillé justement certains soupçons quant à la responsabilité possible de l'institution policière. Et donc, l'instruction est en cours, mais j'en tire aucune satisfaction, encore une fois, puisque les conséquences sont tragiques. Mais, en tout cas, on est là pour aider à ce que justice se fasse et c'est en cours.
Quatrièmement, Juan Branco, en garde à vue.
Juan Branco a été placé en garde à vue cette semaine, pendant 24 heures. Donc, alors, il nous a contactés à la suite de notre chronique. Bon, lui, il est un petit peu dans le tourbillon. Je veux dire, il n'est pas très objectif. Il nous dit, oui, ce que vous dites, c'est pas exact. Ou il nous a demandé de retirer la vidéo. Il nous a menacés de plainte en diffamation, etc. Donc, moi, j'ai répondu de façon très courtoise. Et d'ailleurs, c'est l'occasion encore de réitérer mon propos. On lui offre un droit de réponse. S'il veut venir s'expliquer sur notre plateau, notre antenne lui est ouverte. Mais par contre, on connaît parfaitement notre métier.
On n'a pas besoin qu'on nous rappelle les règles de l'expression publique de l'information et de la diffamation. Donc, notre propos n'est pas diffamatoire. Il était même plutôt bienveillant, en réalité. Mais franchement, par bienveillance, je veux dire qu'on ne lui en veut pas de ce qu'il a dit. Parce que je pense qu'il est dans une situation extrêmement compliquée. Elle s'est aggravée cette semaine. Donc, moi, je disais que les faits pouvaient justifier la saisine du parquet, que les faits étaient caractérisés. Donc, l'institution judiciaire et la police m'ont donné raison, puisqu'ils l'ont placé en garde à vue.
– Et on répète encore que la présomption d'innocence est faute pour Juan de Branco et que jusqu'à prison, il est innocent. Jusqu'à ce qu'il soit jugé, éventuellement reculé coupable ou innocent. – Cinquièmement, la relâche d'État boive dans l'affaire qui l'opposait à un policier dans le 94 qui, finalement, l'avait agressé, puis l'avait accusé d'outrage.
– Oui, totalement. Donc, moi, j'avais, au moment de la chronique, au regard d'un noir, donc diffusé, effectivement, cette vidéo dans laquelle j'expliquais que les faits n'étaient pas caractérisés, c'est-à-dire les faits d'outrage et que, bien au contraire, on avait une suspicion de faux en écriture de la part du policier. Donc, première étape, la justice a innocenté Tahabouas en reconnaissant qu'il n'était absolument pas coupable d'outrage ni de rébellion. Et dans un deuxième temps, il va y avoir une deuxième étape où le policier risque d'être poursuivi pour faux en écriture. Et tu verras que, de toute façon, nos explications et nos analyses s'avéraient totalement exactes.
– Et en dernier lieu, la révocation de la suspension d'Alexandre Langlois qui, par ailleurs, se porte candidat pour la prochaine présidentielle. Alexandre Langlois, c'est un policier, membre du Vigie, du syndicat Vigie, qui a été un lanceur d'alerte persécuté par l'institution policière.
– Oui, totalement. Donc, voilà, comme ça a été annoncé il y a environ trois semaines, mais ce n'était pas clair pour tout le monde parce que je reçois un certain nombre de communications qui me demandent des nouvelles d'Alexandre, savoir s'il s'en sort financièrement.
Donc moi, je fais partie des personnes qui ont le plaisir de vous annoncer que la décision de révocation a été suspendue par le tribunal administratif de Versailles, c'est-à-dire qu'en attendant le jugement de la requête en annulation, c'est-à-dire environ deux ans, pendant lesquels le tribunal administratif aura le temps de statuer sur le bien fondé des poursuites, le tribunal administratif a décrété que le niveau des poursuites était totalement disproportionné et abusif au vu des faits qui lui étaient reprochés, et donc a décidé de suspendre justement la révocation.
Donc Alexandre est d'ores et déjà à la possibilité d'être d'ores et déjà réintégré à la police nationale, mais dans le cadre d'un commissariat ou d'une activité de sécurité publique plus banale, en attendant justement le jugement du tribunal administratif sur le fond. Voilà, donc moi j'en suis ravi pour lui. Pour ce qui est de sa candidature aux élections présidentielles, donc il l'a annoncé avant-hier et il souhaite justement apporter un certain nombre de correctifs au fonctionnement de l'institution policière et donc moi je suis ravi, je ne suis pas partie prenante de l'initiative, mais je suis ravi de la décision qu'il a prise et je lui apporte tout mon soutien.
C'est une candidature de témoignage ?
Alors on ne peut pas dire ça parce que si on disait ça, ça signifie qu'on sait d'ores et déjà qu'il ne gagnerait pas, etc. Moi je lui souhaite de se retrouver au second tour face à quiconque et l'emporter, donc je ne me permettrai pas de faire ce genre d'observation, mais en tout cas il a envie de porter la voix des personnes qui ne croient plus justement en la réforme de l'institution policière, qui ont un message, parce qu'il ne s'agit que de l'institution policière quant à présent, je veux dire même s'il a d'autres revendications, il a une équipe qui travaille autour de lui.
Pour le moment, en tout cas c'est les gens qui s'expriment insatisfaits du fonctionnement de la police nationale et qui se joignent justement à sa candidature. Et moi je lui souhaite bon vent et bon courage.
Voilà, c'est terminé pour aujourd'hui. Le regard d'un noir, le média est un média indépendant qui ne vit que des cotisations de ses sociétaires et des dons de tous ceux qui l'aiment, pour nous permettre de continuer, de résister, de vous offrir une alternative dans l'écosystème de l'information en France. Faites-nous des dons, devenez sociaux et on se retrouve la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada