Procès en appel : Marine Le Pen fragilisée, le RN renforcé ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] La chef de fil du RN sera fixée sur son sort d'ici l'été. J'espère pouvoir être entendu par la cour d'appel. Son avenir politique va se jouer durant le procès en appel pour détournement de fonds public qui a débuté cet après-midi.
En première instance, elle a été condamnée à 2 ans de prison ferme et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. pourra-t-elle se présenter à l'élection présidentielle ou devra-t-elle être remplacée par Jordan Bardella ? Hier, lors des vœux à la presse, agacé par les questions, le président du RN a assuré ne briguer qu'un second rôle en 2027.
Et encore une fois, je ne suis pas candidat à élection présidentielle, je vais peut-être vous faire un scoop, mais je suis candidat au poste de premier ministre. Mais selon la dernière étude annuelle du cabinet de conseil Verriant, le candidat Bardella le plan B est bel et bien plébiscité par les électeurs et rennes. 70 % des frontistes le jugent en meilleure position que Marine Le Pen.
Selon cette étude, les idées du Rassemblement national n'ont jamais suscité autant d'adhésion. 42 % des sondés sont d'accord avec ses positions sur l'immigration, le regroupement familial ou le port du voile. Dans une France comme coupée en deux, le RN susciterait désormais donc autant la peur que l'espoir.
Et ce n'est pas pour déplaire à Éric Sioti qui appelle les Républicains à suivre son exemple en rejoignant l'Union des droites au côté du RN. On m'a attaqué, on m'a accablé, on m'a agonié d'injure. Mais beaucoup de gens me disent aujourd'hui euh tu as eu raison avant les autres.
Vous savez, j'espère que d'autres vont venir. Alors autrefois contestataire, le vote Eren est-il devenu un vote d'adhésion ? Le Rassemblement national peut-il cette fois convaincre au point de remporter l'Élysée qui du plan A ou du plan B pourra endosser le rôle de candidat ?
Nos trois invités pour le débat. Et dit votre indumine, bonsoir. Directeur d'étude du cabinet Verriant, spécialiste de l'état de l'opinion.
Vous avez publié le 11 janvier dernier euh un baromètre image du Rassemblement national pour le monde commandé par le quotidien Le Monde et l'hémicycle. Et selon vous, le RN a longtemps suscité un vote motivé par la colère, mais aujourd'hui, il arrive à être crédible sur les capacités sur ses capacités à gouverner. En parlant de sujet qui intéresse tous les Français et vous ajoutez, c'est un vote attrape-voie qui permet de s'adresser autant aux ouvriers qu'au cadres.
À côté de vous, Baptiste Roger Lacan, historien, spécialiste des droites. Vous avez dirigé l'ouvrage collectif nouvelle histoire de l'extrême droite, France 1780-2025 paru au Seuil. Selon vous, les électeurs du Rassemblement national ne se contentent pas de glisser un bulletin dans l'Une pour provoquer ou choquer le bourgeois.
Comme on disait, l'adhésion à un discours antie-Européen et antimusulman n'est pas nouvelle. Et à côté de vous, Aurore Malval, bonsoir, grand reporter au service politique de Marianne. Selon vous, l'écosystème médiatique promeut l'Union des droites et mais particulièrement en avant la candidature de Jordan Bardella.
Le cordon sanitaire entre les LR et le RN n'existe plus. On assiste à un véritable alignement idéologique et on va démarrer le débat Benjamin avec le chiffre du jour. concerne directement Marine Le Pen.
Un 39 % des Français jugent qu'elle est capable de rassembler au-delà de son camp selon votre étude donc et dit votre indumaine. C'est une forte chute 11 points de moins par rapport à 2024. Son image donc elle avait soigneusement construite s'est brutalement dégradé.
Est-ce que vous diriez que c'est en raison principalement du procès et de sa condamnation en première instance complètement. Elle a fait office de paratonire et c'est elle finalement qui a canalisé une partie du mécontentement, des frustrations, voir même de la surprise d'un certain nombre de sympathisants et aussi plus largement des Français qui se positionnent à droite. Donc finalement, elle s'est mise en avant, elle a protégé aussi le parti et elle a fait en sorte que le plan B devienne peut-être un peu plus tôt que prévu.
Le plan A, le plan B, le plan B comme Bardel, c'est ça exactement. Alors justement Baptiste Roger Lacan, est-ce que son image est durablement abîmée sur le plan politique symbolique pour elle ? C'est difficile à dire.
Ce qui est certain que elle elle a été pris elle a été pris à son propre jeu puisque le Rassembl national dans les années 2010 notamment a été un des partis qui poussait le plus hein pour le durcissement des peines visant les hommes politiques et les les hommes et les femmes politiques condamnés pour des délits dans le cadre de leur fonction notamment avec ces questions d'inéligibilité et d'exécution provisoire. Donc elle elle s'est fait prendre au elle s'est fait prendre au piège en sens de cette logique euh qui participait d'une stratégie populiste qui était la sienne dans les années 2010 de jouer vraiment sur la colère contre les élites sur l'idée que il y avait des élites politiques qui servaient dans la caisse et qui n'étaient jamais punis en tout cas pas. Exactement.
Et clairement, elle est prise au piège et effectivement elle a pendant le procès, en tout cas pendant en première instance adopter une stratégie de défense très différente de celle qui a adopté par exemple le modè pour des faits similaires quoi que moins important en terme de masse. Et donc c'est vrai que pour l'instant elle est elle voilà elle est très lourdement condamnée. Après le temps politique est long, pour elle pourrait s'en remettre, c'est possible.
Alors justement long et en même temps assez court puisque 2027 l'élection présidentielle c'est dans un an et demi hormal. Est-ce que le plan B, on en parlait du plan comme B comme Bardella, désormais s'impose comme le plan A pour les électeurs du RN ? En tous les cas, ça semble assez clair.
À 70 % des sympathisants du RN jugent qu'il a plus de chance de remporter la présidentielle qu'elle 20 % seulement dans l'étude. Moi, je je serais je serai moins affirmative de l'impact du procès euh sur l'image de Marine Le Pen par rapport au aux électeurs ren que que mes collègues. Je pense que c'est avant tout un choix pragmatique des électeurs du Ren.
C'est-à-dire qu'il jugent pas forcément que son image est abîmée, qu'elle est la responsable d'un d'un système. Ils sont plutôt ils jugent que c'est un procès politique qu'on veut empêcher leur candidat. Mais par contre l'émergence de ce plan B effectivement leur a fait se dire qu'il était plus réaliste, que Marine Le Pen avait de fortes chances de ne pas pouvoir se présenter et donc que l'option Bardella était envisageable.
Parce que quand on regarde d'autres d'autres items de votre étude, on voit que le notamment le l'item sur Marine Le Pen serait une bonne présidente, bien il ne baisse pas. C'est celui de Jordan Bardella qui apparaît dans le classement et qui se positionne à 2 % de points de plus que que Marine Le Pen mais c'est pas non plus flagrant. Donc je pense c'est davantage un pragmatisme ce plan B qu'un réel souhaitet en tout cas dans l'électorat du RN.
Effectivement ce qu'il faut aussi avoir en tête c'est que l'épisode judiciaire n'est pas le seulement élément pardon qui vient nourrir justement la situation actuelle de Marine Le Pen. On peut aussi considérer, c'est ce qu'on note dans un certain nombre d'études que aujourd'hui les électeurs du Rassemblement national ils sont fatigués et ils considèrent que Marine Le Pen est aussi en partie responsable de l'incapacité du Rassemblement national arrivé au pouvoir. Vous dirz exactement Marine Le Penate à trois reprises du Rassemblement national.
C'est celle qui n'est pas arrivée à à Élysée. C'est aussi celle qui finalement lors de des élections législatives de 2024 qui n'est pas arrivé à obtenir une majorité à l'Assemblée nationale. Donc effectivement, il y a l'épisode judiciaire mais il y a aussi l'usure et l'incapacité à enclencher l'étape d'après.
Alors on va évoquer avec vous trois et avec Anna euh la fenêtre d'Overton. Vous savez évidemment de quoi il s'agit. Le champ du politiquement acceptable s'élargit et il semblerait que ça se fasse non pas dans une indifférence générale mais presque.
Oui. La fenêtre d'Overton, c'est un concept des années 90 qui a été théorisé par un juriste américain qui s'appelait Joseph P. Overton.
Alors, il faut imaginer une vraie fenêtre. À l'extérieur se trouve tout ce qui est de l'ordre des idées inacceptables pour la société. Je prends l'exemple par exemple de du retour de l'esclavage ou de la colonisation.
Et à l'intérieur, il y aurait les idées acceptables. Cette fenêtre, elle n'est pas figée. Ces frontières bougent constamment de gauche à droite avec l'évolution de la société.
À une époque, notamment, le mariage homosexuel était à l'extérieur de la fenêtre et ce n'est plus le cas aujourd'hui. Mais pour en revenir au RN, plusieurs événements ont permis de rendre ces dernières années leurs idées plus acceptables. Il y a d'abord l'apparition d'Éric Zemour dans l'espace politique avec des idées encore plus à droites que celles du RN.
C'est lui notamment qui a popularisé cette notion de grand remplacement et puis qui a fait l'amalgame entre islam et islamisme. Et ça a eu pour effet par comparaison d'adoucir les positions du RN auprès de l'opinion. Et plus récemment et bien il y a le rapprochement entre Nicolas Sarkozi, ancien président de la République et le RN.
Une rencontre notable l'été dernier avec Jordan Bardella et puis un coup de fil au mois de décembre avec Marine Le Pen. Il le raconte d'ailleurs dans son livre Journal d'un prisonnier. Elle lui pose cette question "Alez-vous vous associer à un quelconque front républicain aux prochaines élections ?" Lui répond sans ambiguïé.
Baptiste Roger Lacan, est-ce que par le passé il y a déjà eu ce genre de glissement idéologique vers l'extrême droite de notre société ou l'inverse ? Et qu'est-ce que ça raconte ? Alors oui, bien sûr. notamment dans les années 1930, on a vu, il s'agit pas de faire une analogie entre notre période et les années 30, mais il se trouve que dans les années 30, on a eu un phénomène similaire avec le grand parti conservateur de la 3e République qui s'appelait la Fédération républicaine qui a été pris vraiment dans un mouvement d'extrogir dans les années 30 et qui notamment à partir de 1936 et de l'arrivée au pouvoir du Front populaire a adopté des postures de plus en plus nationalistes, de plus en plus autoritaires, de plus en plus réactionnaires et en s'all d'ailleurs avec des parties qui étaient qui étaient d'extrême droite.
Alors, il s'agit d'une période pendant laquelle comment dire il y a pas d'étanchéité aussi forte entre droite et extrême droite qu'après la seconde guerre mondiale où évidemment le la mémoire et le passé de l'entre de guerre et la seconde guerre mondiale vient lester les partis d'extrême droite et donc contribuer à les fragiliser et à compliquer toute forme d'alliance. Ce qui veut pas dire qu'il y a pas eu d'autres moments dans l'histoire depuis où on n' pas eu des en tout cas des des des tentatives de rapprochement notamment dans les années 70 et 80. On voit dans les années 70 l'UDF avoir des vraiment des des échanges avec le Parti des forces nouvelles qui était une sission issue du premier Front National qui était tout aussi radical voir plus radical à certains aspects que le Front National et dans les années 1980 avant que Jean-Marine Le Pen ne fasse cette fameuse déclaration sur les les chambres à gaz comme un point de détail de l'histoire euh il y a eu il y avait des discussions au sein du DF et au sein du RPR Quant à quant à savoir s'il fallait pas imaginer des formes de rapprochement avec le front donc les centristes et le parti de droite ça toujours existé.
En tout cas, c'est une question qui se pose à partir du moment où on a une extrême droite qui plaise par rapport à à ça. Moi, je pense pas un des grands enfin qui a théorisé des hommes politiques qui ont théorisé ce cordon sanitaire, c'est Jacques Chirac. Mais surtout en fait à partir des années 2000, Jacques Chirac en 1983 quand il a cette alliance pour prendre la mairie de Dreux entre justement une alliance UDF RPR et le FN, Jacques Chirac dit "Je préfère trois KIDAM du FN au conseil municipal que trois ministres communistes au gouvernement." Ça, il faut faut bien se replacer.
C'est c'est ça date pas d'hier et ce qu'on va observer un petit peu comme alliance de Union des droites à bas bruit aux élections municipales et ce qu'on entend aujourd'hui chez certains chez LR et alors et dit votre indumine pour revenir au Rassemblement national d'aujourd'hui ce qui est assez nouveau c'est qu'il suscite désormais autant l'espoir que la peur 29 % on va le voir de la peur 29 % de l'espoir. Donc il a gagné de fait en crédibilité. Il a gagné en crédibilité.
Il a aussi gagné en capacité perçue en tout cas dans les représentation arrivé un jour au pouvoir et finalement cette cette capacité qu'il a aujourd'hui d'arriver au pouvoir dans les représentations en tout cas à minima, ça se voit assez bien lorsqu'on regarde ces chiffres là parce que qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire que finalement il y a une partie de l'électorat de droite qui considère que le grand soir finalement il est et il sera incarné par l'arrivée un jour du pouvoir enfin du Rassemblement national au pouvoir. Et à l'inverse, on a une notre France de plus en plus mise en cause, de plus en plus minoritaire, même si elle n'est pas encore complètement minoritaire et elle continue à peser notamment à gauche.
Et ce que l'on voit finalement aujourd'hui, c'est deux Frances qui ne sont pas antagoniques surtout, sur lesquelles il y a encore des sujets sur lesquels elle peut faire alliance et heureusement mais néanmoins par rapport à la posture, par rapport à la position à l'égard du Rassemblement national effectivement il y a deux Frances, celles qui voi que le CR soir pourra passer par le RN et celle qui commence à en avoir peur face à ce qui paraît de plus en plus inévitable. Alors justement, on va s'intéresser à une archive, on va se reporter dans le F dans le passé proche. Le Rassemblement national inspire de l'espoir aujourd'hui.
Ça n'a pas toujours été le cas. Euh en 2002, le Front National dirigé alors par Jean-Mie Le Pen suscitait révulsion et peur. Regardez, on est juste après la victoire de Jean-Marie Le Pen au premier tour euh de la présidentielle.
Il avait obtenu 16,86 % des voix des Français et les Parisiens sont dans la rue. Ils affluent de partout des quatre coins de Paris. Ils sont des milliers à s'être donné rendez-vous, place de la République.
À 15h, le cortège n'en est déjà plus un. Tout l'est parisien entre République et Bastille est paralysé, saturé par une masse compacte de manifestants. Faut pas qu'il passe, faut pas qu'il passe.
C'est le seul mot, faut pas qu'il passe. Comprenez Jean-Marie Le Pen évidemment et tous les slogans avaient une cible cet après-midi le leader du Front National, chacun y allant de son symbole. C'est pas une question de parti, c'est une question de citoyen, une question d'avenir de la France qu'on va leur laisser pour qu'ils puissent y vivre le plus libre du monde.
Alors Malv, il y a eu des manifestations dans dans toute la France aujourd'hui. Ça paraît ça très loin parce que quand on voit là aussi un autre chiffre national n'est plus un danger n'est pas un danger pour la démocratie pour 44 % des Français et c'est une forte baisse là aussi. Oui, effectivement, on voit que 70 % c'était c'était en 2002 au lendemain de ça.
Et d'ailleurs, c'est particulièrement dans je dirais dans l'électorat de droite que ce pourcentage s'est érodé. Euh même si il y a un mouvement global évidemment, mais c'est à cette époque-là, il était absolument hors de question de faire des alliances euh et c'était même l'item il faut combattre le rassemblement national. Effectivement, au fil des années, ça ça a chuté.
Euh je dirais que là on on peut interpréter de deux façons euh c cette courbe aussi. Je pense que plus le Rassemblement national se rapproche de l'éventualité de prendre le pouvoir, plus il fait peur quand même à une certaine partie à à la gauche qui résiste et par contre moins il fait peur à ceux qui imaginent que le Rassemblement national sera capable même de rassembler au-delà de son camp. H Baptiste Ranger Lacan, c'est un vote de solution, un vote d'adhésion qui est vu en tout cas par la droite dont vient de parler votre voisine.
De plus en plus. Alors d'une part parce que la droite de gouvernement s'est effondrée, c'est une des conséquences de l'arrivée de Demmanuel Macron pouvoir, c'est que en construisant cette coalition au centre, il a fait exploser enfin il a contribué à accélérer l'explosion de l'UMP qui réunissait au moins deux tendances. mont bien dans son histoire des ro d'un côté une tendance nationale conservatrice un peu identitaire et de l'autre côté une tendance libérale européenne.
Ces deux groupesl se sont amalgamés en 2002 pour créer une machine à gagner des élections ce qu'elle a été l'UMP a été un parti ultra dominant dans le champ politique et puis à partir de 2012 ils ont continué à gagner à l'échelle locale mais à l'échelle nationale le parti est allé de défaite en défaite sans sans compter en plus des combats des chefs qui ont épuisé le parti. Emmanuel Macron a pris avec lui l'essentiel des libéraux européistes et donc il a laissé un un parti diminuer euh complètement incapable d'exister à l'échelle nationale, ce qui a démontré l'élection présidentielle de de 2022. Et donc il a accéléré en fait un processus que de l'autre côté le le Rassemblé national avait engagé dès le début des années 2010 qui était pas tellement un truc de au début l'idée était pas tellement d'aller chercher des cadres des républicains.
L'idée était d'éroder l'électorat des républicains et ponctuellement d'aller chercher un cadre qui en faisait une prise de guerre mais une prise de guerre complètement inoffensive. C'estàd que si vous prenez un ou deux types de LR à l'intérieur du du RN, ils ont aucun pouvoir de nuisance. Et là on arrive un peu au bout de ce processus.
C'est-à-dire que en réalité les électorats ils sont quasiment complètement poreux aujourd'hui. Euh les cadres des deux côtés résistent d'un côté parce que les cadrell savent très bien qu'une alliance signifierait leur inféodation totale au RN et du côté du RN, ils savent très bien que c'est pas du tout la même chose de faire rentrer tout d'un coup 45 députés, 130 sénateurs, des dizaines de maires de grande ville qui sont autant de gens qui prendront des places. Et c'est pour eux aussi sur les idées euh et dit votre indumaine, elles sont les idées du du RN de plus en plus plébiscité hein.
On va le voir là aussi. 73 % des Français pour la suspension des allocations familiales pour les délinquants récidivistes, 66 % interduction du voile islamique dans l'espace public, y compris pour certains à gauche. C'est-à-dire que le RN élargit son spectre quand même très largement et ça c'est nouveau.
Les idées du RN en tout cas élargissent le spectre et c'est aussi ça sans doute qui nourrit le fait qu'il fait de moins en moins peur notamment à droite. Ce qui est intéressant aussi vis-à-vis du Rassemblement national, c'est que ces thèmes là, ça fait 25 ans qu'il en parle le Rassemblement national et c'est aussi pour ça aujourd'hui que finalement ça c'est le seul parti qui pour une partie des Français a une ligne politique qui est claire, qui est lisible et qui est compréhensible et qui permet de se projeter dans l'avenir. On peut résumer en deux mots : sécurité, immigration. complètement et c'est aussi ça la grande force par rapport à l'UMP aujourd'hui les Républicains, c'est que finalement à droite aujourd'hui la clarté, la lisibilité et le parti politique qui permet d'avoir une dynamique et de se projeter dans l'avenir c'est plus du tout les républicains, c'est le rassemblement national. etur Malval sur le sur le terrain qui est grand reporteur, on voit aussi les Français des Français retraités qui maintenant veulent voter pour l'Assemblé nationale.
Là, on a on a l'impression qu'il y a aussi un autre plafond de verre qui a qui a sauté, c'est celui-ci, les CSP plus, les retraités qui votent RN. Effectivement, c'était deux électorats qui étaient plutôt rétif à à ce vote rétif aux extrêmes, hein, c'est ce qui qui revient souvent et qui était vraiment des catégories des CSP trusté aussi par le centre, le centre élargi, c'est vraiment les les électeurs d'Emmanuel Macron. Effectivement, on assiste à une radicalisation aussi, une polarisation de l'électorat qui fait aussi que mécaniquement ces catégoriesl sont plus enclines à à prêter une oreille au discours du Rassemblement national et en même temps le Rassemblement national qui va vraiment les courtiser.
C'est-à-dire qu'à la fois qu' a toujours eu une politique des discours en faveur des petites entreprises, des petits entrepreneurs, mais qui aujourd'hui essaie de crédibiliser justement son discours pour les plus grands, enfin vraiment à destination des des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des retraités qu'elle défend et et on voit que que ça fonctionne un petit peu dans dans tout le territoire d'ailleurs. Et donc ça veut dire que Bardella rassure ses patrons aujourd'hui. Alors il rassure mais pas sur les points justement pour nuancer ce que vous voulez dire.
Il y a peut-être deux sujets sur lesquels la campagne électorale et heureusement, elle aura un effet sans doute aussi sur cette solidité. Elle va pondérer et puis elle va aussi permettre un certain nombre de sympathisants de droit de se positionner. C'est la question de la voix de la France et de la France à l'international dans le contexte que l'on connaît.
Il y a quand même malgré tout encore des doutes chez une partie de l'électorat LR sur la capacité qu'aura un président ou une présidente de la République à accorder enfin à avoir cette fonction là. 2e sujet, c'est la question malgré tout des finances publiques et de la dette avec aussi pour une partie de l'électorat LR notamment les plus seniors, les plus CSP plus, des interrogations en tout cas minim des doutes sur la capacité qu'aura le RN à régler cette question-là, mais sur tous les sujets notamment le régalien effectivement pour le coup la porosité et la transition elle a déjà eu lieu. Vous disiez quand même tout à l'heure que la ligne elle était claire.
En revanche sur les idées sur le programme c'est quand même assez flou à ce jour complètement. Et c'est pour ça que la campagne électorale sera capitale. Il y a des ambiguïés sur le programme économique, il y a des ambiguités sur le rapport au libéralisme, sur le rapport à l'État.
Et de fait, la campagne électorale, en tout cas il le faut aussi pour la démocratie et son bon fonctionnement. Elle devra apporter des éléments de réponse qui permettent aux citoyens et pas seulement les français de droit de se positionner par rapport à une part c'est flou actuellement parce qu'on a pas beaucoup de programme sur la table non plus. Alors certains estiment que l'élection de Marine Le Pen ou Jordan Bardella pardon en 2027 est écrite.
Ce n'est pas le cas bien sûr de Raphaël Gluxman député européen place publique. On l'écoute. Que ce soit Marine Le Pen ou Jordane Bardella, nous assumerons le combat politique contre le Rassemblement national en 2027.
Et ce qui m'inquiète, c'est pas tant la force du Rassemblement national que cette tendance que je vois à l'œuvre absolument partout et en particulier parmi les élites françaises, cette tendance à la résignation comme si désormais l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite était devenue inéluctable. Et bien non, moi je ne résoudrai pas. Nous ne nous y résoudrons pas.
Baptiste Roger la quand cette idée de résignation pour vous est nouvelle aussi ou pas où on la rencontre à d'autres moments de l'histoire de l'extrême droite face à d'autres parties. Alors non, on voit d'autres moments dans l'histoire où des programmes d'extrême droite en tout cas l'idée de travailler avec l'extrême droite apparaît comme préférable à une partie des élites notamment économique hein plutôt que de l'aventurisme à gauche. C'est souvent quand même cette cette quand la gauche tout d'un coup paraît trop radicale.
Il y a une partie des élites économiques qui sautent du monde des affaires qui se tournent vers l'extrême droite, souvent en imaginant des formes d'union avec des des forces plus traditionnelles pour Exactement. Euh donc voilà. Après, je pense qu'il y a aussi une autre singularité qui est propre pour le coup au champ politique européen, c'est qu'il y a le cas de Georgia Meloni qui en France est je pense présenté de manière très indulgente par une par une partie des médias.
Je pense que le double discours de Georgia Meloni qui parle couramment trois langues, hein, quatre en fait, romains, italien, français et anglais et que je pense que les élites françaises écoutent beaucoup ce qu'elle dit à Bruxelles, pas du tout ce qu'elle dit en Italie. Se rendent pas compte de la radicalité en fait du gouvernement italien actuel. Quand même pour pondérer tout cela, il faut dire qu'on n pas le casting de 2027.
Donc pour l'instant, on se se focuse beaucoup sur ceux qui sont en en Lis éventuellement Jeanva ou Marine Le Pen. Exactement. Et d'ailleurs, je pense que c'est très intéressant parce que quand on voit ce qui ce qui l'œuvre à droite, il pourrait tout à fait y avoir une recomposition de ces droite avec finalement bah un centre de gravité qui passerait.
Aujourd'hui, on est beaucoup sur les questions identitaires et sociétales. On a des de gros débats sur enfin avec le le toute la question du budget, la protection et cetera. On pourrait basculer sur quelque chose de plus économique et sécuritaire.
Et à ce moment-là, c'est pas forcément d'ailleurs une personnalité du Rassemblement national qui pourrait tirer son épingle du jeu. Et là, je pense notamment à des personnalités encore plus enfin encore plus à l'extrême droite comme euh Sarah Knafo euh qui est souvent cité d'ailleurs par Laurent Boquet pour faire cette reconquête pour faire cette grande primaire à droite qui irait jusque jusque là dans l'arc. [rires] Merci.
Le débat est terminé. Mais merci.
Marine Le Pen