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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 22 mai 2020 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéTransportsEurope & international

L'invité d'Apolline de Malherbe : Christian Estrosi - 22/05

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction face à la menace de fermeture de l'usine Renault de Flins ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous estimez que l'État devrait signer l'emprunt de 5 milliards promis à Renault ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que la crise aura mis à mal l'industrie française avec l'arrêt de l'A380 ?

  • 8:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous constatez des vagues de licenciement ou de faillite dans votre région ?

  • 8:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'État devrait soutenir plus longtemps le chômage partiel au-delà du 1er juin ?

  • 11:33ComplaisanteRéponse directe

    Vous demandez une prime à la relocalisation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36PrésentateurFait
    « Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui demande à ce que Flins ne ferme pas, mais qui ajoute, il faut être lucide, Renault peut disparaître. »
  • 1:12Invité politiqueChiffre
    « L'État français, vous le savez, est le principal actionnaire avec 15%. »
  • 2:13Invité politiqueChiffre
    « Flins produit près de 200 000 Zoé électriques sur les deux, trois dernières années. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Nous avions accordé aussi un emprunt important et à PSA et à Renault. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « Nous avions triplé l'impôt recherche, destiné aussi bien à l'industrie automobile qu'aux industries de santé. »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « Nous avions mis en œuvre le fonds Biotech, le grand emprunt national pour soutenir l'innovation et le triplement du crédit impôt recherche. »
  • 6:01Invité politiqueFait
    « Nous sommes à court, y compris passer la réanimation et l'accueil en urgence de ceux qui sont frappés par le Covid, par la remise en route des opérations qui ont été mises de côté pour des cancers, pour des interventions orthopédiques. »
  • 12:43Invité politiqueChiffre
    « Ce sont près de 5 millions de masques entre les masques médicaux, chirurgicaux, FFP2 pour les personnels soignants ou les personnels des services publics en première ligne comme la police, la collecte, la propreté, mais aussi toute la médecine de ville. »
  • 13:05Invité politiqueChiffre
    « Près d'un million deux cent mille masques lavables, renouvelables, distribués à toute ma population avant le déconfinement. »
  • 16:01Invité politiqueChiffre
    « À l'IHU de Marseille, un taux de mortalité de ceux qui ont été placés en urgence ou un réa de 0,5% et que dans la moyenne des CHU de France, il est de 5%. »
  • 19:11Invité politiquePromesse
    « Je demande à ce qu'il y ait un passeport sanitaire qui atteste que lorsque quelqu'un vient de l'autre côté de la frontière, il y ait une garantie d'un dépistage dont on puisse attester dans les 48 heures maximum avant de franchir la frontière. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Jourdain Direct, Apolline de Malherbe. Monsieur Estrosi, merci d'être avec nous sur RMC BFM TV. Vous êtes en direct de Nice, vous êtes maire de Nice. D'abord un mot parce que vous avez aussi été ministre de l'Industrie. Vous aviez œuvré d'ailleurs à ce que la Zoé soit intégralement fabriquée, conçue dans les usines françaises et notamment à Flins. Vous l'avez entendu à l'instant, l'usine de Flins qui est menacée. Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui demande à ce que Flins ne ferme pas, mais qui ajoute, il faut être lucide, Renault peut disparaître. Quelle est votre réaction ?

0:49
Invité politique

Écoutez, en 2009, très exactement, j'avais convoqué la direction de Renault et directement Carlos Ghosn. Alors que la Clio 4 devait être produite à Burka en Turquie. Et que Flins devait fermer déjà. Alors que l'État français, vous le savez, est le principal actionnaire avec 15%. Je m'y étais en tant que ministre de l'Industrie totalement opposé. Et j'avais considéré, je le considère toujours, qu'une voiture française destinée au marché français, voire européen, doit être produite en France par des ingénieurs français et des salariés et des ouvriers français. Et donc, je n'ai pas changé de sentiment. Et je demande clairement au gouvernement de s'opposer à cela.

Il faut savoir qu'à l'époque, nous avions un 31 décembre 2009, très exactement, convoqué à l'Élysée, autour de Nicolas Sarkozy, M. Carlos Ghosn. Pour lui dire que, un, ce serait inacceptable et que, deux, fermer Flins mettrait en péril, alors qu'il n'y avait pas beaucoup d'enthousiasme chez Renault pour cela, la production de la première voiture électrique, une des premières au monde, la Zoé électrique. Et nous voulions que l'industrie française soit leader dans ce domaine. Aujourd'hui, Flins produit près de 200 000 Zoé électriques sur les deux, trois dernières années. C'est la première voiture électrique vendue en France aujourd'hui. C'est une merveille de technologie.

Et donc, forcément, pour moi, ce serait un non-sens. C'est inacceptable. Et au moment où tout le monde parle de revenir à un état stratège, il faut conserver Flins, il faut conserver les usines de production de Renault. Et il faut que le savoir-faire français industriel demeure en France. Plus que jamais, en tout cas, et la crise est en train de le démontrer.

2:51
Présentateur

Oui, si c'est ça, le monde d'après, effectivement, ça commence assez mal. Est-ce que vous estimez tout de même, puisqu'on le sent bien, le ministre de l'Économie attend pour signer l'emprunt de 5 milliards qui est promis à Renault, qui serait garantie par l'État ? Il faut le signer ? Il faut donner à Renault cet emprunt ?

3:08
Invité politique

Il faut le donner absolument parce que, comme nous l'avions fait au moment de la crise industrielle de 2008-2010 avec Nicolas Sarkozy, nous avions accordé aussi un emprunt important et à PSA et à Renault. Rappelez-vous, nous avions mis en œuvre aussi la prime à la casse. Nous avions triplé l'impôt recherche, destiné aussi bien à l'industrie automobile qu'aux industries de santé dont on parlera peut-être tout à l'heure.

Mais en même temps que l'on apporte un soutien à l'industrie automobile française pour l'aider à traverser cette crise, la contrepartie doit être de garantir que les emplois français et les usines et les antennes de production industrielle française demeurent en France naturellement.

3:56
Présentateur

Oui, on va parler dans un instant du plan de sauvegarde de l'hôpital. Mais encore un mot quand même, on se dit, sur ces questions de transport, d'innovation et d'industrie française, quand on voit qu'Air France annonce aussi arrêter carrément, totalement, pas juste sur pause, l'exploitation de l'A380 dont on pouvait être si fier, est-ce qu'au fond, c'est quand même le début d'une nouvelle désindustrialisation de la France ? Est-ce que la crise aura mis à mal aussi cet aspect-là de l'économie française ?

4:28
Invité politique

En tout cas, c'est un signal d'alerte important sur deux aspects. Le premier, c'est que de toute façon, nous avons déjà perdu des points importants de nos savoir-faire industriels, que ce soit dans le domaine de l'innovation ou que ce soit dans le domaine de la sous-traitance aussi, alors que nous avions remis au goût du jour, je le rappelle, dans la période 2008-2010, avec le Conseil national de l'industrie, avec les comités de filières qui sont toujours là d'ailleurs. Et je m'en réjouis que le gouvernement de François Hollande, comme celui aujourd'hui d'Emmanuel Macron, n'ait pas remis en cause cette organisation du soutien des filières françaises.

Mais malgré tout, lorsque vous voyez, dans l'industrie pharmaceutique que nous avions mis en œuvre, le fonds Biotech, le grand emprunt national pour soutenir l'innovation et le triplement du crédit impôt recherche. Et qu'après avoir sauvé Sanofi et d'autres grands groupes pharmaceutiques et industriels français, ceux-ci se sont vendus, à peine les crises passées, à des actionnariats américains, par exemple, dont nous sommes désormais dépendants, par exemple, pour un futur vaccin qui pourrait être produit.

Et bien dans ce domaine, dans le domaine de l'industrie automobile, nous devons plus que jamais tirer toutes les conséquences de cette crise sanitaire qui nous a démontré, notamment sur la production de masques, de matériel, de protection, et puis aussi de médicaments, puisque nous sommes à court, y compris passer la réanimation et l'accueil en urgence de ceux qui sont frappés par le Covid, par la remise en route des opérations qui ont été mises de côté pour des cancers, pour des interventions orthopédiques et pour bien d'autres pathologies où des gens sont en situation de mal très avancé et où il faut remettre en œuvre toute la chaîne d'intervention chirurgicale.

Mais on est en manque de médicaments parce que quasiment toutes nos réserves ont été consommées. Donc dans ce domaine, comme dans d'autres domaines, nous sommes devenus beaucoup trop dépendants. C'est pourquoi je suis pour une économie paternaliste, une économie où nous revenions à nos fondamentaux, où nous soyons capables d'assurer notre propre autonomie.

6:52
Présentateur

Ça a été longtemps en fait, on a l'impression qu'on n'osait plus des idées de ce genre de choses.

6:55
Invité politique

Mais il est arrivé dans ma vie politique de prononcer ? Écoutez, moi j'ai toujours défendu des mots en fonction des circonstances. Face au terrorisme, j'ai toujours dénoncé la cinquième colonne, on disait que c'était un gros mot. Pourtant elle est là et tout le monde aujourd'hui l'admet. Donc si on veut considérer aujourd'hui dans l'actualité que c'est un gros mot, je le prononce volontiers en sachant que progressivement, tout le monde sera obligé de se l'approprier et de le reprendre à son compte.

Parce que le seul moyen pour notre pays de pouvoir mieux protéger de crises sanitaires nouvelles à venir, de pertes d'emplois à cause de délocalisation, et tout simplement d'un affaiblissement de la cohésion économique et sociale de notre pays, c'est de se dire qu'avant tout, dans le domaine social, dans le domaine économique, dans le domaine sanitaire, dans le domaine de la santé publique, il faut prioritairement d'abord penser à nos concitoyens. C'est notre responsabilité d'élu depuis le maire jusqu'au président de la République. Et en tout cas, à la tête de ma cité, c'est comme cela que j'agis.

Et je crois que nous avons démontré, moi, comme de nombreux maires de France, en complément de l'action de l'État, que je veux saluer d'ailleurs.

8:12
Présentateur

C'est une question de la décentralisation, Christian Estrosi. Mais sur ce que vous disiez à l'instant, sur la question de l'économie, du retour d'une forme de souveraineté, en tout cas stratégique, sur un certain nombre de domaines, notamment industriels ou sanitaires, vous le disiez, est-ce que vous commencez à constater, à Nice ou dans votre région ou dans la métropole, la deuxième conséquence, en quelque sorte, du virus, c'est-à-dire les vagues de licenciement, les vagues de faillite ? Est-ce que vous estimez que l'État devrait soutenir plus longtemps ? On sait qu'il y a cette date butoir du 1er juin qui est évoquée pour la fin du chômage partiel.

Est-ce que vous dites qu'il faut aller plus loin, il faut soutenir plus longtemps ?

8:53
Invité politique

Moi, je suis pour que l'on soutienne tout simplement la reprise de l'économie. Tout le monde est prêt. Aujourd'hui, je remercie le gouvernement d'avoir pris des décisions raisonnables et progressives pour le déconfinement, et puis chacun y prend sa partie. Il ne faut pas tout mettre sur le dos de l'État. Je reviens sur le fait que lorsque l'État a décidé du confinement, celui-ci n'a été réussi, et personne ne le conteste, que grâce à la complémentarité des collectivités, sans lesquelles c'eût été un échec parce que l'État était nu, l'État était démuni. Et je ne dis pas le gouvernement actuel.

Tout ce que nous venons d'évoquer au plan industriel, c'est une succession d'erreurs commises par tous les gouvernements sur les 20 dernières années. Donc forcément, l'État, avec l'hôpital public, a été en grande difficulté parce qu'il n'avait pas tous les moyens nécessaires, a dû se reporter vers les collectivités, a démontré que les ARS, dans son organisation, n'étaient pas le système le plus adapté désormais, et qu'il fallait se tourner vers les villes locaux pour pallier à toutes ces absences.

Bon, et bien dans le domaine de la reprise, c'est pareil qu'il y ait cette confiance qui fasse, vous savez, je viens d'avoir une très bonne nouvelle en pleine crise, où l'école 42 de Xavier Niel vient de décider d'ouvrir un troisième établissement au cœur de ma métropole, en plein mois d'avril. Ça veut dire que notre attractivité, nous continuons à la garder parce que nous l'avons entretenue. En même temps que l'État dit, on va soutenir la sortie de la crise économique avec un certain nombre de mesures présentées par Bruno Le Maire, qui sont assez intéressantes.

D'un autre côté, les grandes métropoles, les collectivités, les intercommunalités qui ont la responsabilité économique, comme les régions aujourd'hui, prennent déjà des positions pour renforcer cette attractivité. Et le rôle de l'État, c'est d'imposer cette dimension stratège, cette dimension où l'on protège le savoir-faire français et où on aille rechercher les savoir-faire qui nous ont échappés pour les relocaliser en France, mettre en place des politiques de prime à la relocalisation pour des savoir-faire français qui sont partis, pour les faire revenir chez nous. Voilà, en tout cas, ce pour quoi je plaide aujourd'hui.

Et je suis convaincu que, plutôt que d'accompagner des entreprises qui risquent de mourir, il faut les accompagner pour qu'elles soient plus fortes dans l'innovation et dans la relance et qu'il y ait cette alliance entre les territoires et le gouvernement.

11:33
Présentateur

Prime à la relocalisation. Donc, vous demandez sur, justement, les décisions locales. Vous faites partie de ceux qui demandiez à ce qu'on vous fasse confiance sur la réouverture des plages. Vous l'avez obtenu. Sur l'obligation du masque, ça, vous ne l'avez pas tout à fait obtenu. Vous espériez pouvoir rendre carrément obligatoire le masque partout à Nice. Un mot d'abord sur le constat. On est en ce vendredi au milieu d'un long week-end déconfiné. À Nice, est-ce que vous estimez que les choses se passent bien, que c'est en contrôle ou est-ce que vous constatez, au contraire, que les gens ne respectent pas les règles que vous avez décidé de mettre en place ?

12:14
Invité politique

Ce week-end de l'Ascension est un week-end merveilleux parce que nous voyons la vie qui reprend un peu partout. Maintenant, j'ai toujours demandé à ce qu'on soit extrêmement prudents. Je n'ai pas forcément demandé la réouverture des plages.

Nous n'avons pas réussi le confinement avec, chez nous, des résultats assez exceptionnels puisque les couvre-faux que nous avons pris, les barrières que nous avons structurées, au moment où je vous parle, ce sont près de 5 millions de masques entre les masques médicaux, chirurgicaux, FFP2 pour les personnels soignants ou les personnels des services publics en première ligne comme la police, la collecte, la propreté, mais aussi toute la médecine de ville qui n'était pas dotée par l'État.

Je pense aux dentistes, aux kinés, aux médecins généralistes, aux infirmières, aux ambulanciers et puis près d'un million deux cent mille masques lavables, renouvelables, distribués à toute ma population avant le déconfinement. Au moment où je vous parle, tout le monde en dispose. Voilà pourquoi j'ai pris un arrêté d'obligation de l'avoir sur soi. Naturellement, j'ai pris toutes les précautions vis-à-vis de tous les donneurs de leçons, les droits de l'homiste qui voulaient mettre en échec mais arrêtés devant le tribunal administratif.

Et à partir du moment où l'État a d'abord pris un décret parce que le Conseil constitutionnel n'avait pas validé la loi, qu'il a promulgué la loi et repris un décret dessus, nous nous sommes adaptés. Et d'ailleurs, dans son annexe 1, le décret de l'État dit chaque fois qu'il n'y a pas la distanciation nécessaire, il faut mettre un masque. Eh bien, il se trouve que dans mon arrêté qui n'a pas été remis en cause par le tribunal administratif, il y a l'obligation d'avoir un masque sur soi et de le porter dès qu'il n'y a pas la distanciation sociale nécessaire. Et celui-ci n'a pas été cassé par le tribunal administratif.

Ça veut bien dire que l'obligation d'avoir le masque quand il est distribué gratuitement à toute sa population dans la cinquième ville de France, près de 400 000 habitants, nous y sommes parvenus avant la date du déconfinement. Et aujourd'hui, je suis en droit d'imposer à ma population de le porter. Et je dois dire qu'à plus de 90%, celle-ci qui s'était montrée extrêmement disciplinée pendant le confinement en donne l'illustration pendant cette phase de déconfinement.

14:41
Présentateur

Donc, vous constatez effectivement que les gens acceptent ces règles du jeu. Un mot aussi sur cette spécificité. On a quand même un peu l'impression que s'est jouée une inégalité, d'abord géographique. De fait, la carte même des zones rouges et des zones vertes le montre. Mais aussi entre le sud-est et le reste de la France. Est-ce qu'il y a eu une spécificité pour vous ? On sait que vous faites partie de ceux qui étaient les fervents supporters du professeur Raoult. Alors même que vous et votre épouse, vous aviez contracté le virus. Est-ce qu'il y a une spécificité ? Est-ce qu'on peut le dire aujourd'hui du sud-est, à vos yeux ?

15:15
Invité politique

Puisque vous me parlez du professeur Raoult, d'abord, je le dis, nous avons en France la chance d'avoir le meilleur scientifique français reconnu sur la scène internationale. Le plus grand chercheur. Bon, je ne dis pas, et lui non plus ne le dit pas, d'ailleurs vous avez procédé à son interview où il a répondu avec beaucoup de modestie il y a quelques jours de cela, que c'est la solution, qu'il y a un remède absolu à ça. Mais il n'y a eu aucun remède. On a prescrit du doliprane à tout le monde, c'est-à-dire qu'on n'a prescrit aucun remède. Jamais on ne dit, il y a des milliers de morts du doliprane à cause du Covid.

Là où il y a à l'IHU de Marseille, un taux de mortalité de ceux qui ont été placés en urgence ou un réa de 0,5% et que dans la moyenne des CHU de France, il est de 5%. Donc, parfaite ou imparfaite, il y avait une solution. Je ne comprends pas pourquoi on s'est livré à cette espèce de lynchage médiatique de quelqu'un qui travaille, de quelqu'un qui ne veut pas se mêler de tous ces débats, de quelqu'un qui, au lieu de passer son temps à être un commentateur sur les plateaux de télévision, préfère se consacrer à ses patients. Au-delà de ça, il y a un monde scientifique

16:38
Présentateur

qui parfois est divisé et qui est même très divisé sur ces questions de traitement. Mais Christian Estrosi, est-ce qu'aujourd'hui...

16:45
Invité politique

Oui, mais ce monde scientifique, c'est un monde scientifique qui est plus un monde scientifique de commentateurs que d'acteurs. Je ne les vois pas enfermés du matin au soir dans leur laboratoire, mais je les vois surtout occupés de tous les plateaux de télévision chez vous et chez d'autres de vos confrères. Donc, moi, je suis plus derrière ceux qui agissent que ceux qui commentent. Voilà, c'est comme ça. J'aime ceux qui agissent, ceux qui sont dans l'action. Il y a eu des ministres dans l'action. Il y a eu des maires dans l'action qui ont été critiqués aussi et qui pourtant ont partagé 24 heures sur 24 pendant plus de 8 semaines maintenant tout leur dévouement au service des autres.

Il y a eu des médecins qui voulaient être dans l'action et qui ont dû se porter bénévoles pour distribuer des masques sur des plateformes parce qu'on leur a interdit dans la médecine de ville de pouvoir intervenir alors que depuis des années, ils prescrivent des médicaments qui n'ont jamais fait de mal à personne. Donc, voilà pourquoi il faut réformer aussi tout notre système de santé dans notre pays et penser d'abord à une réorganisation sanitaire et une gestion des risques.

17:44
Présentateur

Et vous prendrez votre part d'ailleurs parce que vous voulez participer au projet de réinvention ou en tout cas à la réflexion sur l'avenir de l'hôpital. Encore un mot simplement sur la frontière très proche avec vous de l'Italie. Là-bas, il déconfine plus rapidement que chez nous. Est-ce que ça pose un problème le fait que chaque pays le fasse un peu à son rythme ?

18:07
Invité politique

Naturellement, ça démontre l'échec de l'Europe et le président de la République qui se bat pour qu'il y ait cette dimension politique de l'Europe naturellement a raison. Mais je dirais qu'après toutes les espérances que De Gaulle et Adenauer avaient pu susciter, cette crise est un profond révélateur de l'échec des politiques européennes. C'est dans ces moments-là que les Européens devraient se sentir protégés par une Union européenne qui soit capable d'avoir des politiques communes en matière de recherche, en matière d'innovation, en matière de décision sur les rythmes de confinement, de déconfinement et de reprise de l'activité économique, industrielle, voire touristique.

Donc à partir du moment où nous n'avons pas les mêmes règles, nous avons l'Italie voisine et nous avons des liens de fraternité historique avec nos amis italiens. Mais si nous ne fixons pas des règles communes sur les règles sanitaires notamment, dans cette attente, je demande à ce qu'il y ait un passeport sanitaire qui atteste que lorsque quelqu'un vient de l'autre côté de la frontière, il y ait une garantie d'un dépistage dont on puisse attester dans les 48 heures maximum avant de franchir la frontière.

19:28
Présentateur

Vous n'accepteriez des Italiens qui viendraient de votre côté de la frontière que s'ils ont eu le coronavirus ?

19:37
Invité politique

Mais pas que s'ils l'ont eu, mais simplement qu'il y ait la garantie qu'ils ne l'ont pas. C'est quand même la moindre des choses. Quand vous voyez qu'aujourd'hui, même la collectivité de Corse, à l'intérieur du territoire national, l'exige lorsque l'on vient du continent pour aller sur la Corse.

Donc la moindre des choses et les maires italiens de l'autre côté de la frontière qui sont des amis avec lesquels je discute souvent sont d'accord pour que nous essayions de déterminer et d'ailleurs si entre ville ou métropole italienne qu'au frontalière on nous laissait dans nos états respectifs passer des accords entre nous, je pense que nous serions beaucoup plus efficaces que de dépendre de politiques centralisées.

20:22
Présentateur

On a bien compris que vous étiez favorable à une décentralisation aussi après cette crise et davantage de confiance vis-à-vis des élus locaux. Merci beaucoup Christian Estrosi d'avoir été avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes le maire de Nice.