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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 1 février 2023 7 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueEurope & internationalÉconomie & entreprises

ChatGPT : "C’est l’Europe qui aurait dû l'inventer", explique André Loesekrug-Pietri, après la création de cette intelligence artificielle aux Etats-unis

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Qui a-t-il donc derrière ce chat GPT ?

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça sert réellement à quelque chose ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Face à ces risques d'ailleurs, Sciences Po interdit à ses élèves.

  • 2:12OuverteRéponse directe

    André Lascruc-Pietri, c'est là où vous poussez un coup de gueule.

  • 3:30OuverteRéponse directe

    À vous entendre, ce n'est pas qu'une question d'argent finalement.

  • 4:04RelanceRéponse partielle

    L'Europe ne manque pas de moyens.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46InvitéFait
    « c'est un assistant vocal qui permettra aujourd'hui de répondre à l'ensemble des questions, ou à de plus en plus de questions »
  • 0:52InvitéChiffre
    « chat GPT s'appuie sur une bibliothèque de presque 200 milliards de données »
  • 2:31InvitéFait
    « C'est devenu une société à but lucratif en 2019 »
  • 2:37InvitéFait
    « Ça a toujours été soutenu par Microsoft »
  • 2:46InvitéFait
    « ce sont les Américains qui l'ont inventé, ce n'est pas les Européens »
  • 3:34PrésentateurChiffre
    « C'est quoi ? C'est une dizaine de personnes qui ont réfléchi à ChatGPT, 10 millions de dollars »
  • 3:41InvitéChiffre
    « Il y avait quand même, autour du berceau de la mariée, plusieurs, on va dire, soutiens qui promettaient jusqu'à un milliard de dollars »
  • 4:10PrésentateurChiffre
    « Il y a le plan européen à 3 ans précisément qui est de 720 milliards d'euros »
  • 4:16PrésentateurChiffre
    « Le plan France 2030 avec là à la clé 30 milliards d'euros sur 5 ans »
  • 5:21PrésentateurChiffre
    « C'est le fameux IRA, donc l'Inflation Reduction Act mis en place par l'administration de Joe Biden à la clé 430 milliards de dollars »
  • 5:30PrésentateurChiffre
    « un peu plus de 390 milliards d'euros pour faire en sorte que les entreprises viennent s'installer sur le sol américain »
  • 6:45InvitéChiffre
    « le fameux plan européen créé pendant la pandémie, qui était un vraiment moment important où on a mis en commun nos dettes, seul, moins de 20% a été investi »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur33 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous, on en entend de plus en plus parler, je veux dire, chat GPT, c'est un outil conversationnel, comme l'on dit, qui utilise évidemment l'intelligence artificielle capable de générer du texte, des poèmes, des articles, et ça inquiète beaucoup. Qui a-t-il donc derrière ce chat GPT ? Bonsoir André Loscrug-Pietry, vous êtes président de l'initiative européenne d'innovation de rupture, et vous fédérez donc l'essentiel des grands centres de recherche dans les nouvelles technologies en Europe. Peut-être d'abord une définition, qu'est-ce que c'est ce chat GPT ?

0:40
Invité

En gros, c'est votre assistant, c'est un assistant vocal qui permettra aujourd'hui de répondre à l'ensemble des questions, ou à de plus en plus de questions, et chat GPT s'appuie sur une bibliothèque de presque 200 milliards de données, donc c'est la voix, c'est des films, c'est des textes, c'est de la littérature, et vous lui posez une question, et il répond de la manière la plus naturelle, comme si c'était quelqu'un qui vous parlait. Et c'est en train de révolutionner notamment les moteurs de recherche qui étaient basés sur des mots-clés.

1:08
Présentateur

Est-ce que ça sert réellement à quelque chose ? Parce qu'on voit notamment la communauté scientifique qui s'inquiète. Ce logiciel, entre guillemets, peut générer des articles très concrets sur des bases inexistantes finalement. C'est un peu inquiétant, non ?

1:21
Invité

Alors, c'est inquiétant, en tout cas c'est un bouleversement. Ça bouleverse déjà la manière de faire des devoirs. Vos enfants aujourd'hui vont demander, fais-moi un exposé sur les étrusques ou sur Charles de Gaulle, et ça vous sort 3, 4, 5 paragraphes.

1:35
Présentateur

Face à ces risques d'ailleurs, Sciences Po interdit à ses élèves. Il y a une circulaire officiellement à Sciences Po qui interdit l'utilisation de chat GPT.

1:42
Invité

Il y a toutes les écoles de l'état de New York qui l'ont fait également il y a un mois. Sur la recherche également, puisque qu'est-ce que c'est aujourd'hui un chercheur ? C'est quelqu'un qui va aujourd'hui aller chercher énormément de sources de données, qui va essayer de les mettre en commun et qui va essayer d'en sortir des nouveautés de la création. Ça, chat GPT peut potentiellement le faire. Ça peut créer des textes. Je crois que le métier du journalisme aussi va être massivement impacté. Donc vraiment, c'est sur tous les domaines. Et je pense qu'on a peine aujourd'hui à découvrir tout ce qui va être impacté.

2:12
Présentateur

André Lascruc-Pietri, c'est là où vous poussez un coup de gueule. Vous dites, l'Europe a encore raté une occasion de s'imposer en nouvelles technologies, puisque là, chat GPT, c'est clairement une invention américaine soutenue par Microsoft, entre autres.

2:25
Invité

Oui, alors c'est parti d'une espèce de groupe qui était censé faire du logiciel livre, ce qu'on appelle l'open source. C'est devenu une société à but lucratif en 2019. Ça a toujours été soutenu par Microsoft. Là où c'est quand même intéressant, c'est que c'est une des plus grandes révolutions de l'intelligence artificielle depuis au moins 50-60 ans. Et ce sont les Américains qui l'ont inventé, ce n'est pas les Européens. Et la deuxième chose qui est intéressante, c'est que quand même en Europe, et notamment en France, il y a cette obsession depuis 10-15 ans de faire la peau à Google. C'est comment est-ce qu'on peut menacer ce géant qui aujourd'hui fait 95% des recherches.

Et donc c'est l'Europe qui aurait dû inventer ça. Et c'est quand même un énorme message d'espoir, ça c'est le côté positif, c'est que ça montre que ces fameuses GAFAM, ces fameuses grandes sociétés de la technologie, les Google, Apple, Facebook, etc. ne sont pas du tout un vice invincible. Mais à une seule condition qu'on ne sait tellement pas faire en Europe, c'est de penser le coup d'après. Il ne faut pas faire un Google BIS, il ne faut pas faire un Starlink BIS, le système de communication par satellite. Il ne faut pas faire un Amazon pour le Cloud BIS.

3:27
Présentateur

Il faut essayer d'identifier ce qui va être le coup d'après. À vous entendre, ce n'est pas qu'une question d'argent finalement. Parce qu'aux Etats-Unis, c'est quoi ? C'est une dizaine de personnes qui ont réfléchi à ChatGPT, 10 millions de dollars.

3:39
Invité

Alors, au tout début, c'est peu d'argent. Il y avait quand même, autour du berceau de la mariée, plusieurs, on va dire, soutiens qui promettaient jusqu'à un milliard de dollars. Mais ce ne sont pas des philanthropes, c'est à condition que ça apporte des résultats. Aujourd'hui, ça en draine des milliards parce que ça va réellement bouleverser les choses. Mais effectivement, c'est un message fort. C'est se concentrer sur le coup d'après et c'est exactement là-dessus que la France et l'Europe doivent se concentrer.

4:04
Présentateur

J'insiste quand même sur ce point, entrez le piétri. L'Europe ne manque pas de moyens. Il y a le plan européen à 3 ans précisément qui est de 720 milliards d'euros. Le plan France 2030 avec là à la clé 30 milliards d'euros sur 5 ans. On a les moyens, mais on n'a pas les idées.

4:24
Invité

On a les moyens, on a certainement les meilleurs chercheurs. D'ailleurs, on voit que dans le chat de GPT ou chez Google ou chez Facebook, le patron de l'IA chez Facebook, c'est un Français, c'est assez connu. Les chercheurs sont là. Ce qui nous manque, c'est la vision claire. C'est-à-dire qu'on passe notre temps... La vision stratégique ? On passe notre temps à dire combien de milliards on a investi. Et je voyais la réponse européenne aujourd'hui au plan américain, peut-être qu'on va en parler, qui est uniquement on va encore déverser des milliards. Mais finalement, c'est pour faire quoi ? C'est quel avenir ? C'est quelle vision on veut de l'avenir ? C'est quoi l'objectif qu'on a ?

C'est est-ce qu'on veut faire effectivement de l'intelligence artificielle qui va aider les hommes à régler les grands problèmes climatiques, santé, environnementaux ? Ça, c'est des vrais sujets. C'est comme ça que s'oriente la recherche américaine. Nous, aujourd'hui, on a énormément bureaucratisé et on passe beaucoup plus de temps à se concentrer sur à qui on donne l'argent

5:16
Présentateur

que vraiment à ce qu'il en sort. Justement, on en vient à ce plan américain dont vous parlez. C'est le fameux IRA, donc l'Inflation Reduction Act mis en place par l'administration de Joe Biden à la clé 430 milliards de dollars, un peu plus de 390 milliards d'euros pour faire en sorte que les entreprises viennent s'installer sur le sol américain et puis booster l'innovation. Problème pour l'Europe, ça ?

5:38
Invité

Alors, déjà, il faut s'en féliciter et ce n'est pas une opinion très très répandue. C'est que ce plan, il est très orienté sur accélérer la transition énergétique. Donc, ça fait quand même 10 ans, 15 ans que l'Europe réclame à corps et à cri que les Etats-Unis fassent leur part. Ça y est. Mais ils le font sans oublier leur intérêt. Et en fait, aujourd'hui, la double frustration des Européens, c'est que, un, soudain, les Etats-Unis font quelque chose de très simple. Ce n'est pas une usine à gaz. J'entendais la présidente de la Commission européenne qui, je pense, est de bonne volonté, mais qui nous a à nouveau décrit, là, ce midi, un plan d'une complexité.

Je crois que les journalistes dans la salle et, en tout cas, tous ceux qui écoutaient n'ont pas compris grand-chose. L'IRA, c'est simple. C'est des subventions directes sur tout ce qui permet la transition verte. Et la deuxième chose, c'est que les Etats-Unis n'oublient pas leur intérêt. C'est-à-dire, tout ça, c'est à condition qu'on s'installe aux Etats-Unis. Comment on le répond, nous, Européens ? Il ne faut pas commencer à faire, c'est comme avec la technologie, faire un Google Biz ou faire un IRA Biz. Cette guerre aux subventions, un, on va la perdre parce que les Etats-Unis ont quand même beaucoup de moyens et deux, ils ont montré qu'ils savaient mettre en œuvre.

Je rappelle quand même que le fameux plan européen créé pendant la pandémie, qui était un vraiment moment important où on a mis en commun nos dettes, seul, moins de 20% a été investi. Donc, on est très mauvais à mettre en œuvre. On sait annoncer des milliards, mais on ne sait pas mettre en œuvre. Nous, ce qu'il faut faire, c'est une grande offensive scientifique, technologique, à nouveau, pour imaginer le coup d'après.

7:06
Présentateur

Et donc, là, on peut vous rejoindre. Alors, la chronique de votre structure, c'est Jedi. Donc, on peut devenir des Jedi en vous rejoignant. Je rappelle donc, traduction de l'initiative européenne d'innovation de rupture, dont vous êtes le président, André Loxkrug, piétrie, invité de l'écho sur France Info ce soir.