Marine Le Pen condamnée, prisons attaquées, retraites: l'interview en intégralité de Sébastien Chenu
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– Sébastien Chenu, bonsoir. – Bonsoir. – Vous allez payer ? – On va payer. – Les 3,5 millions d'euros que le Parlement européen vous réclame ?
– Je pensais que vous parliez d'autre chose. On verra avec l'appel, parce que je vous rappelle qu'il y a une présomption d'idocence. – Le Parlement veut l'argent tout de suite. – D'accord, mais enfin on a fait appel, y compris d'ailleurs sur la sanction financière. Pourquoi on a fait appel ? Parce qu'en fait, le Parlement européen n'a pas perdu d'argent dans cette affaire-là. Il y a zéro préjudice pour le Parlement européen. Il y avait une enveloppe qui était dédiée aux députés pour rémunérer leurs collaborateurs. Cette enveloppe, elle a été utilisée pour rémunérer des collaborateurs. Je vous rappelle qu'il y a zéro emploi fictif dans le dossier.
On n'est pas d'accord entre le Parlement européen et nous sur la façon dont les collaborateurs travaillent. Mais l'enveloppe, elle a été utilisée pour payer des collaborateurs. Donc il n'y a pas de préjudice. Il n'y a pas d'argent qui est sorti du Parlement européen en plus.
– Sauf qu'il y a eu une condamnation en première instance, une exécution provisoire.
Donc là, c'est l'exécution provisoire des dommages et intérêts. – Donc on la conteste, on fait appel et on verra ce qu'il en est. Mais encore une fois, il n'y a pas de préjudice pour le Parlement européen. – Donc vous dites qu'il faut attendre l'appel ? – Bien sûr. – Il faut attendre le 2026. – C'est en tous les cas tout le sens de nos recours et du travail de nos conseils.
– J'avais entendu dire que le Rassemblement national, cette fois-ci, pour la prochaine présidentielle, voulait pouvoir se financer avec ses propres fonds pour éviter d'aller faire la tournée des banques. Donc on sait des difficultés que vous rencontrez pour avoir des prêts bancaires. Donc là, ça va quand même être compliqué. Si vous devez payer 3,5 millions, c'est de l'argent en moins pour la campagne présidentielle ?
– Oui, on a bien compris que le combat qu'on mène contre nous, il est politique, il est judiciaire et il est aussi financier. On essaye de nous assécher. Et c'est vrai que jusqu'à maintenant, il y a eu des tentatives qui ont été fructueuses. On n'a pas pu faire de prêts à des banques françaises. Ça devrait d'ailleurs scandaliser l'ensemble du monde politico-médiatique que dans une démocratie comme la France, le premier parti politique, en nombre d'adhérents, en nombre de députés, en résultats électoraux, ne puisse pas trouver une banque et que la banque de la démocratie ne soit toujours pas, promesse Macron-Bayrou, ne soit toujours pas en route.
– Avec les finances du moment, la banque de la démocratie. – Oui, c'est sûr qu'avec la façon dont ils ont géré le pays, ils ne vont pas pouvoir ouvrir une banque de la démocratie pour financer la démocratie et les élections.
– Mais c'est un seul de 3,5 millions d'euros, finalement c'est beaucoup d'argent, mais ce n'est pas tant que ça au regard des 15 millions d'euros que vous touchez chaque année d'argent public depuis les législatives. – Mais on dirait que vous nous le reprochez.
– Du coup, c'est un constat, 3 millions d'euros à rembourser, 15 millions d'euros à rembourser. – Non mais c'est parce qu'en fait les électeurs votent pour nous. On a le même mode de calcul que les autres. – Donc vous n'avez pas de problème d'argent. – Donc nous avons, en tous les cas, ce n'est pas l'histoire d'avoir des problèmes d'argent, c'est de contester l'utilisation, en tous les cas, le procès qu'on nous fait par rapport à cette somme. Il n'y a pas de raison qu'on soit plus maltraité que les autres. Donc on conteste ça. Ça fait longtemps qu'on nous harcèle judiciairement, politiquement et financièrement. On a bien compris que pour nous, tous les moyens étaient bons.
Eh bien on se bat, on nous combat et nous nous battons.
– Le Premier ministre François Bayrou et le ministre de l'Intérieur, ainsi que le ministre de la Justice, étaient en déplacement cet après-midi à Saint-Quentin-à-Lavier dans l'Isère, pour apporter le soutien du gouvernement aux surveillants pénitentiaires. Il y a eu 65 faits recensés, c'est le chiffre donné ce matin par Bruno Rotailleau, dans 30 et quelques départements. Des faits recensés, ce sont des incendies criminels sur des établissements pénitentiaires, des domiciles d'agents pénitentiaires attaqués. Pour le moment, pas d'arrestation. Il y a trois pistes sur la table, les narcotrafiquants, peut-être l'extrême gauche, peut-être une ingérence étrangère.
Bruno Rotailleau demande qu'on lui accorde du temps pour mettre fin à cette affaire.
– D'abord, moi je veux soutenir les agents de la pénitentiaire. Jordan Bardella leur a écrit, le Rassemblement national est toujours côté des agents de la pénitentiaire depuis longtemps. D'ailleurs, qui on a vu dans les prisons pour soutenir les agents de la pénitentiaire ? On a vu Laure Lavalette à Toulon, on a vu Emmanuel Taché de la Pagerie à Tarascon, on a vu les députés du Rassemblement national. Pourquoi ?
Parce qu'ils font un boulot incroyablement difficile, parce qu'il est temps de se pencher sur notamment les vidéos pour éviter les extractions de prisonniers, parce qu'il est temps de se pencher sur la rémunération des agents de la pénitentiaire, sur le nombre de places de prison, tout ça a été négligé.
– Jean Barmanin a pris les choses en main, puisqu'il veut même des prisons spéciales pour accueillir les hommes les plus dangereux.
– On est très loin, non seulement des promesses d'Emmanuel Macron, mais de ce que ça nécessite. Nous on avait fait des propositions, Marine Le Pen les a faites pendant l'élection présidentielle, en disant qu'il faut au minimum 50 à 80 000 places de prison. Donc on est évidemment sur plusieurs années, mais on est sur des objectifs qui ne sont évidemment pas satisfaisants. Bruno Retailleau, comme sur tous les dossiers, il pédale dans la semoule. – Comme sur tous les dossiers, il demande du temps, comme sur tous les dossiers, il parle, et comme sur tous les dossiers, il n'a pas de résultat. Alors je ne dis pas qu'il faut une baguette magique, puisque c'est la situation qu'il a utilisée.
– Il y a 125 enquêteurs qui sont sur cette affaire. – Je ne dis pas que tout ça se règle facilement.
– Je ne peux pas être un magicien.
– Il n'a pas de raison d'être un magicien, mais il n'a pas de raison non plus d'être entre les mains d'un système politique qui n'a pas mis au cœur de son combat la situation de nos prisons. Bruno Retailleau se retrouve en fait toujours en contradiction avec ses propres convictions. Moi je lui donne le crédit de vouloir faire bouger les choses, mais il est en tous les cas dans un gouvernement et avec des alliés qui n'ont rien à faire de la situation de la pénitentiaire. – Il n'a rien à faire dans ce gouvernement depuis très longtemps. De toute façon, regardez, il est en échec sur tout. Les OQTF, les sorties scolaires voilées, la relation avec l'Algérie, là maintenant les prisons.
Est-ce que vous pouvez me donner un dossier dans lequel Bruno Retailleau a obtenu ou un arbitrage satisfaisant ou du résultat ? Ça fait six mois maintenant. Je veux dire, à un moment, on voit les choses. Et pourquoi ? Parce que probablement, il n'est pas soutenu, il n'obtient pas les arbitrages, il n'obtient pas les moyens nécessaires, et donc il pédale dans la semoule.
– C'est peut-être parce que le tandem d'Armanin-Retailleau a peut-être tapé juste finalement avec cette histoire de prison pour les 200 plus hauts narco-trafiquants. Si ça dérange autant de gens et si c'est la bonne piste, c'est peut-être qu'au fond, c'est une solution à laquelle on n'avait pas pensé, à laquelle les Italiens avaient pensé déjà depuis très longtemps. Peut-être que là, ils ont peut-être tapé juste.
– Oui, nous sur ça, on l'a soutenu. On a trouvé que ça allait dans le bon sens. Et quand ça va dans le bon sens, moi je trouve que la proposition de Darmanin sur les prisons pour les narco-trafiquants, elle va dans le bon sens. Mais c'est qu'un élément du dispositif, on est très loin dans le combat sur le narco-trafique, on est très loin, taper le consommateur, il n'y a rien qui est fait de ce côté-là. Je veux dire, il y a une espèce de bien-pensance qui fait qu'on tolère beaucoup de gens qui consomment des drogues diverses et variées.
– Vous êtes favorable aux amendes forfaitaires délictuelles ?
– Moi je suis favorable à ce qu'on tape le consommateur, à ce qu'on saisisse ses biens, à ce qu'on amène devant les tribunaux les bobos qui fument des joints dans les salles de rédaction, ou les députés qui achètent de la drogue, ou les députés qui achètent de la drogue dans les couloirs.
– Il y a 4 millions de fumeurs réguliers.
– Eh bien oui, moi je trouve ça consternant, et je trouve que c'est un des problèmes fondamentaux du rapport qu'on a avec les stupéfiants dans notre pays, parce que ça nourrit un trafic derrière, ça met des gens sur le trottoir, ça met des gens dans des situations épouvantables. Oui évidemment, quand on accepte, dans un pays qui est 4 millions de personnes, qui utilisent des drogues diverses et variées, on ne fait pas le boulot. – Donc du coup, vous étiez d'accord avec Éric Dupond-Moretti ? – Non, parce qu'Éric Dupond-Moretti, il n'a pas mené le combat en réalité.
Il n'a pas mené ce combat, d'ailleurs si Darmanin a annoncé la création de ses places de prison spécialement pour les narcotrafiquants, c'est que Dupond-Moretti ne l'avait pas fait. En réalité, ça fait des années que ce sujet n'est pas pris au sérieux.
– Mais est-ce que finalement la répression, ça marche ? On peut rester encore quelques instants sur cette affaire de trafic de drogue, et de cannabis, et qui se développe même dans les campagnes maintenant. – Évidemment. – Est-ce qu'il n'est pas temps justement de revoir la politique, plutôt que de faire de la répression, de se poser la question, comme d'autres pays, de la décriminalisation ou de dépénalisation ?
– Non mais ça ne marche pas, on peut en parler, il n'y a pas de sujet tabou, ça ne fonctionne pas et ça ne résout pas le problème. On peut aussi se poser la question de savoir d'où vient la drogue. Elle n'arrive pas de la planète Mars. Le contrôle des frontières, il est nécessaire. Et aujourd'hui on sait que cette drogue, elle est importée. Tant qu'on ne contrôle pas nos frontières, on accepte évidemment une importation massive de stupéfiants. Vous parlez des campagnes, de la ruralité, dans toutes les villes.
– Les joints, la drogue, le shit, le cannabis, ça existait même quand il y avait les frontières dans les années 70.
– Mais pas à ce niveau-là ! – Parce qu'il y a plus de fumée aujourd'hui. – Aujourd'hui, vous parliez de la ruralité, ça a pris dans toutes les communes, il y a des points de deal. – Mais justement, pardon, ça ne vous interroge pas ? – Vous rappelez de Gérald Darmanin qui nous disait…
– Il se trouve qu'on a la législation la plus sévère en Europe. Et je crois même une des plus sévères au monde. Et on a en Europe le pays le plus consommateur. Ça ne vous interroge pas cette dichotomie ?
– Bien sûr que si, mais quand vous dites sévère, je ne suis pas sûr qu'elle soit très sévère ou très adaptée. – Par exemple, les amendes forfaitaires. – Je pense que l'amende forfaitaire n'est pas la façon de taper le consommateur. Parce que je pense qu'un type qui gagne 5 000 euros, qui consomme de la cocaïne, il n'en a rien à faire de payer 200 balles. En revanche, qu'il aille devant un tribunal, qu'il aille faire des travaux d'intérêts généraux, que ça le sorte de sa zone de confort, de là où il a ses petites habitudes, et qu'il aille faire des travaux d'intérêts généraux, je pense que ça changera le rapport qu'il a à tout ça.
– Parlons de l'éventualité, en tout cas c'est une piste que le gouvernement n'exclut pas pour trouver de l'argent, il faut trouver 40 milliards dans le prochain budget, c'est supprimer l'abattement fiscal pour les retraités, ça pourrait rapporter entre 4 et 6 milliards d'euros au budget de l'État. On a sondé les Français via l'Institut Elab, 73% d'entre eux sont opposés à cette taxation des retraités.
Vous en faites partie ? – Oui, parce qu'en fait les retraités sont considérés comme la vache à lait de ce gouvernement. C'est d'ailleurs leur grande… Ils ne renoncent jamais à essayer de taper les retraités. On l'avait vu avec Michel Barnier, avec la désindexation des retraites. En fait, dès qu'il faut aller chercher de l'argent, on ne corrige pas ce que l'État fait de mal, c'est-à-dire qu'on ne cherche pas des économies dans l'État. 80 milliards d'euros, j'ai regardé avec la fondation IFRAP sur les agences de l'État, ça coûte 80 milliards d'euros les agences de l'État. On a eu le débat il y a 15 jours à l'Assemblée nationale, aucune ne sera ni supprimée ni fusionnée.
En revanche, on va chercher l'argent dans la poche des retraités. Pourquoi ? Parce que les retraités ne manifestent pas, parce que les retraités ne l'ouvrent pas, parce que les retraités, ils n'ont pas de relais, mais en tous les cas... Oui, et d'ailleurs, vous avez vu qu'il y a un sondage qui montre que les retraités votent davantage et de plus en plus, et majoritairement pour le Rassemblement national.
Donc vous pourriez censurer le gouvernement si le gouvernement souhaitait aller jusqu'au bout de l'idée de suppression de cet abattement ?
Oui, parce qu'en fait, vous faites basculer des gens dans l'imposition. C'est-à-dire que vous avez des gens qui ne payent pas, je crois que c'est 500 000 foyers fiscaux, qui vont basculer dans l'imposition. Donc ça veut dire qu'ils vont perdre du pouvoir d'achat. Et c'est pas des grosses retraites, c'est pas des rentiers. Leurs retraites, elles bougent pas, ils subissent. Et puis aujourd'hui, les retraités, avec l'allongement du coût de la vie, ils aident la génération du dessus et la génération du dessous. On le sait bien, donc les retraités sont impactés très fortement par le pouvoir d'achat qui baisse.
Ils ont subi d'ailleurs des hausses de CSG, déjà au début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Ils ont subi déjà des hausses de CSG. Donc je pense que l'État devrait se demander, là où il faut aller chercher des économies, sur le train de vie et également sur l'immigration. Parce que je vois pas pourquoi on va taper les retraités français et qu'on laisse des gens du bout du monde arriver et avoir droit à toutes les prestations sociales, ça coûte beaucoup d'argent ça.
Petite précision si vous m'autorisez, vous dites le revenu des retraités ne bouge pas, c'est pas vrai. Il est indexé chaque année, Oui mais sur l'inflation. Non mais justement, cette année par exemple, les 400 milliards d'euros que coûtent les retraites chaque année, c'est devenu 408 milliards parce qu'on a indexé. Donc ce revenu des retraités, il augmente exactement comme l'inflation tous les ans. Et pardon, vous venez de citer un chiffre, il est très important. Vous dites les agences, 80 milliards d'euros, vous êtes d'accord que certaines sont utiles. Imaginons même qu'on en supprime la moitié, 40 milliards d'euros. Les retraités c'est 400 milliards, c'est 10 fois plus.
Donc c'est là où on peut... 400 milliards ? C'est 400 milliards, absolument, chaque année. Vous n'avez pas supprimé la retraite de tous les... Non mais on parle de la... On retrait, on parle des 10%, on parle de l'abattement de 10%, je me dis. Bien sûr que non. Mais vous vous êtes opposé à l'indexation des retraites, à la supprime de l'indexation des retraites.
Non mais Laurent Neumann, si on regarde toutes les niches, il y en a qui ne sont pas justes. Et la niche des journalistes, tiens. Supprimons-la. Supprimons-la, c'est bien, dites-le. Elle rapportera pas beaucoup. Et faites des propositions. Non mais si on doit demander des efforts à tout le monde, vous ne devez pas y échapper. Sauf que, pardon, le gouvernement a dit,
pas d'augmentation d'impôt. Lorsque vous supprimez une niche, les impôts augmentent pour ceux qui bénéficiaient de cette niche.
Bien sûr, je vous ai expliqué que ça fait rentrer des gens dans l'impôt. En réalité, la suppression de cet abattement fiscal de 10% fait rentrer des gens dans l'impôt. On a estimé à 500 000 Français qui rentreraient dans l'impôt. Donc ça veut dire que vous avez des gens qui vont perdre du pouvoir d'achat. Au nom de quoi, parce qu'en fait c'est ça la question, au nom de quoi, est-ce que des Français qui ont des petites retraites, qui ont travaillé toute leur vie, qui aident la génération du dessus et la génération du dessous, devraient aujourd'hui...
Peut-être au nom de la protection des salariés, des gens qui travaillent.
Mais ce n'est pas ça, ce n'est pas ça la logique. C'est parce qu'on a un État... Mais c'est la logique qu'on avait vue depuis 30 ans. Ce sont ceux qui travaillent qui payent. Et donc aujourd'hui, peut-être qu'il faut changer de logiciel. Non mais Lordman, parce qu'on a des gouvernants qui ont fait n'importe quoi, qui ont ruiné le pays, qui ne savent plus comment s'en sortir, et qui demandent encore aux Français de se serrer la ceinture, quand, je vous le dis d'un côté, l'État est incapable de faire les efforts qu'il demande aux Français, et l'État accepte de nourrir des gens qui viennent du bout du monde.
En ce moment, on est dans le concours Lépine, parce qu'il faut trouver 40 milliards. Il y a un sénateur, le sénateur Marseille, qui proposait d'augmenter la TVA d'un point, de la faire passer de 20 à 21. Pour lui, ça ne se verrait pas, en fait, et ça rapporte tout de suite beaucoup d'argent. 15 milliards.
Non mais moi, je ne rentrerai pas dans le concours Lépine, justement, des propositions. Il faut bien trouver 40 milliards. Oui, mais il faut avoir une logique derrière. La logique, c'est que c'est à l'État de faire un effort. On a parlé des agences de l'État à supprimer ou à fusionner. On a parlé du coût de l'immigration. Je ne veux bien que personne ne vienne en parler. Jamais on dit qu'on va taper les retraités, qu'on va faire augmenter la TVA. C'est combien le coût de l'immigration ?
Parce que l'immigration, c'est global. Vous savez quoi, le coût de l'immigration ?
Nous avions expliqué qu'on pouvait, en tous les cas, récupérer 5 milliards d'euros par an. Sur quoi ? Sur les prestations sociales, en particulier. Vous savez que l'immigration, les immigrants sont les gens les plus consommateurs d'aides sociales et les moins contributeurs. Donc il y a forcément de quoi aller chercher. Parce que si on veut que tout le monde fasse un effort, je pense que l'effort, on peut d'abord le demander à ceux qui ne sont pas des nationaux. Je pense que c'est le B.A.B. de la réflexion. Donc vous voyez, il y a des pistes. Nous, on ne change pas de pistes. On ne va pas se lancer dans des idées totalement abracadabrantesques.
On a fait des propositions, elles sont toujours sur la table. Et on le redit, si François Bayrou fait les poches des retraités, eh bien il aura face à lui un groupe autour de Marine Le Pen très déterminé à utiliser une motion de censure si on pense que c'est la façon de le stopper.
Vous êtes élu dans le Nord, Sébastien Chenou, vous connaissez l'affaire du lycée lillois musulman Averroès. Aujourd'hui, le tribunal administratif a décidé de rétablir le contrat du lycée. Pourtant, il avait été privé de subvention depuis la rentrée 2024. Le tribunal a estimé que les manquements qui avaient été mis en avant ne justifiaient pas cette résiliation de contrat. Le Premier ministre François Bayrou s'est exprimé sur cette affaire et on demandera votre réaction ensuite. J'ai été ministre de l'Éducation nationale et donc je respecte la décision du ministère de l'Éducation nationale et je respecte la justice administrative par définition.
On va voir à trouver le meilleur équilibre possible dans les semaines qui viennent pour éviter qu'il n'y ait des dérives et en même temps pour que le droit soit respecté. Alors en même temps, la procédure suivie était entachée d'irrégularité. C'est ce qui a mis en avant le tribunal administratif.
Bon, c'est une vieille histoire que la relation avec le lycée Averroès qui n'est pas un lycée musulman, qui est un lycée islamiste. CF, le bouquin de vos confrères Mal Bruno et son acolyte qui avait démontré que ce lycée était aux mains des frères musulmans. Lycée financé pendant des années par la région, par Xavier Bertrand. Lycée financement auquel Marine Le Pen et les membres du groupe Rassemblement national à la région se sont opposés. On a tout entendu quand on s'est opposé à ça. On était épouvantable. Mais entre le manque de courage, le renvoi d'ascenseur, l'islamo-droitisme, ça vaut bien l'islamo-gauchisme.
Donc aujourd'hui, Xavier Bertrand, il est très ennuyé avec ça parce que pendant des années, il l'a financé. Et aujourd'hui, on a un lycée islamiste. Encore une fois, je ne le confonds pas avec un lycée musulman qui entache, évidemment, toutes les valeurs républicaines. Mais la justice administrative
viendrait établir le contrat avec l'État.
Vous avez raison. Mais ça veut dire plusieurs choses. Je veux dire d'abord que, moi, je trouve que la faiblesse de la réaction de François Bayrou est consternante. Ce n'est pas avec ça qu'on va combattre l'islamisme. Parce que s'il n'a pas compris qu'il y a une espèce de taquilla à tous les étages de la société qui fait que les frères musulmans s'infiltrent et font avancer leur position, il ne l'a pas compris. Dans ma ville de Denain, c'est un film, vendredi soir, demain, qui va être diffusé pour valoriser le lycée Averroès. Nous, nous y sommes opposés. On est bien les seuls. Il y a certaines salles de cinéma qui se sont opposées. Et la justice a été chaisie. Et la justice les a obligées.
Eh bien, nous continuerons à nous opposer. Qu'y a-t-il dans ce film qui soit prosélite, islamiste ? C'est un film qui valorise, qui explique, d'ailleurs, ils disent, on va vous dire la vérité sur ce qu'est le lycée Averroès, etc. Mais vous êtes contre les lycées musulmans ? Non, mais moi, je ne suis pas contre les lycées confessionnels. Je suis contre la prise en main par les islamistes, dans notre pays. Donc la justice administrative se trompe ? Oui, et derrière, je vous le dis, il y a une taquilla culturelle, éducative, dans notre pays, qui avance. C'est une justice de gauche, islamo-gauchiste ? Non, islamo-gauchiste, peut-être. Parce qu'ils disent
les manquements ne justifient pas cette désignation.
C'est visiblement une justice, celle-ci, qui refuse de regarder une réalité en face. Tous les éléments sont sur la table pour montrer que le lycée Averroès n'est pas un lycée républicain.
Vous savez ce qu'on va vous opposer ? Qu'en quelques semaines, ça fait deux fois que vous contestez
Non, mais monsieur, on a le droit quand même de défendre les valeurs de la République. Parce que là,
en l'occurrence, dans l'histoire du lycée Averroès, c'est intéressant de lire la décision du tribunal administratif. Il est dit que les fameux manquements qu'a relevé la préfecture n'étaient pas étayés. Il y avait des irrégularités dans la procédure, mais pas seulement. Les fameux manquements aux valeurs
n'étaient pas étayés. Il faut rappeler ce que c'était. C'était notamment un cours d'éthique. Je me fie à ce qui était relevé. Un cours d'éthique musulmane. Voilà. D'un recueil de textes religieux qui concernait des commentaires prenant la peine de mort en cas d'apostasie et de la ségrégation des sexes. Voilà. Et que ce n'était pas suffisamment étayé.
Ça, c'est ce qui était dans la plainte. Oui. Mais ça n'était pas bien.
Mais ça n'a pas été assez étayé. Eh bien, c'est la raison pour laquelle je vous dis, on est loin de mener le combat dans ce pays contre l'islam radical à partir du moment où on accepte une situation, une décision de justice qui considère que tout ça finalement est banal. Nous, on continuera à défendre les valeurs républicaines. On considère qu'il y a un lycée dans lequel on tient ce genre de propos dans lequel on fait la promotion de valeurs qui ne sont pas celles de notre pays. Eh bien, il ne doit pas être financé par l'argent public. Moi, je ne veux pas que les nordistes avec leur argent qui ont du mal à gagner financent un lycée pareil.
Vous souhaitez que le gouvernement, l'exécutif s'appelle
auprès du Conseil d'État ? Mais bien sûr. Et nous le demandons depuis des années. Et honte aux élus LR autour de Xavier Bertrand. Les eu de gauche, j'en parle même pas parce qu'on est habitué. Eux, ils acceptent tout ça quand ils ne soutiennent pas comme LFI, tout ça. Mais les élus LR qui, en baissant la tête, ont voté pendant des années des subventions pour un lycée pareil. Mais honte à ces gens-là. C'est par clientélisme ? Mais bien sûr que c'est par clientélisme ou par l'acheté. Vous avez le choix et probablement un peu des deux, d'ailleurs. Donc oui, on continuera.
Moi, j'ai saisi d'ailleurs le préfet sur le film qui valorise le lycée Averroès parce que je pense que notre pays mérite mieux et je pense qu'il détruise ce qui fait encore un peu de cohésion sociale dans notre pays parce qu'en fait,
récupérer sûrement son agrément
et continuer d'enseigner. Bien sûr, ça c'est la décision de la justice. Donc il faut utiliser tous les moyens du droit pour aujourd'hui empêcher que le lycée Averroès ne bénéficie du soutien, en tous les cas, des financements de la région et du soutien du contrat avec l'État.
Une dernière question sur l'affaire Bétarame avec un rebondissement, le témoignage très fort de la fille de François Bayrou, Hélène Perlan, qui révèle avoir été victime à l'âge de 14 ans de violences lors d'un camp d'été organisé par cette congrégation elle brise 30 ans de silence. Elle n'en avait pas parlé à ses parents et d'ailleurs François Bayrou a découvert quasiment en lisant Paris Match et le livre qui va sortir cette semaine ce que sa fille a vécu. Ça dédouane François Bayrou qui est accusé par ailleurs d'avoir couvert peut-être les agissements de Bétarame, finalement lui-même et parent de victime ?
Je ne veux pas rentrer dans le rapport que François Bayrou peut avoir avec ses enfants et savoir s'il était au courant ou pas. Je pense d'abord aux victimes. La fille de François Bayrou est une victime comme les 200 ou 300 autres puisque je crois qu'il y a 200 ou 300 personnes qui sont concernées. On a du mal à imaginer que rien ne soit arrivé, je le dis très sincèrement, aux oreilles du maire de Pau et du ministre de l'Éducation nationale et du ministre de l'Éducation nationale de l'époque. Mais je pense qu'il ne faut pas absolument styliser ça pour chercher à affaiblir François Bayrou.
Moi, j'ai beaucoup de reproches à faire à François Bayrou, vous le voyez, et on n'est pas près de lui lâcher les baskets, notamment sur son budget ou sur la politique qu'il ne mène pas en matière de sécurité, d'immigration, de pouvoir d'achat. Mais en revanche, utiliser cette sordide affaire Bétarame pour essayer de l'atteindre ne me semble pas au niveau de ce qu'on est en droit d'attendre. Il faut faire la lumière et penser aux victimes.