Obésité : les traitements enfin remboursés, un tournant ?
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les patients qui étaient déjà sous traitement, mais ils laissaient une partie de leur salaire, ce qui n'était pas sous traitement parce qu'ils ne pouvaient pas débourser 300, parfois 500 euros par mois, tout cela sont soulagés. Le remboursement, enfin, des médicaments anti-obésité, c'est un soulagement. Effectivement, c'est aussi un principe d'égalité devant le soin qui prend enfin son sens. L'obésité, c'est une maladie qui peut provoquer des pathologies graves, les diabètes, les accidents cardiovasculaires, certains cancers. Un remboursement, c'est aussi une reconnaissance institutionnelle de l'obésité. En France, on a mis le temps.
Une manière de dire aux patients qu'un médicament qui les aidera à perdre du poids n'est pas un médicament de confort, c'est un médicament tout court. Ce qui n'empêche pas les questions. Il faut bien fixer un seuil pour avoir droit au Végovi ou au Mounjarro. Le seuil, il est fixé à un IMC à 30. Est-ce que c'est flexible ? Est-ce que toutes les obésités se ressemblent ? Ça fait partie des questions que nous poserons. Ce médicament, il est aussi à prendre à vie. Les effets secondaires, ils sont documentés, parfois un peu raides. Est-ce qu'il persiste aussi à vie ? Et puis, nous poserons aussi la question du mis-usage. Évidemment, en France, on fait bien attention.
Un médecin ne vous prescrira pas théoriquement ce médicament, simplement parce que vous voulez rentrer dans une robe ou un pantalon pour le mariage de votre meilleur ami, mais cette dérive déjà claire aux Etats-Unis. Quel est le risque qu'on y plonge nous aussi ? Parce que, qu'on le veuille ou non, nous sommes une société qui tolère assez peu le surpoids, où la ligne garde une importance démesurée. Toutes celles et tous ceux qui ont quelques kilos en trop, et même beaucoup de kilos en trop, ont essayé un jour de s'habiller dans certains magasins et ont croisé le regard des vendeuses ou des vendeurs qui semblent dire, c'est désolé chérie, mais j'ai pas ta taille.
Nous savons aussi que notre alimentation hyper transformée participe à l'augmentation de l'obésité chez nous, comme partout ailleurs. Avec les médicaments, est-ce qu'on n'a pas aussi trouvé le moyen de regarder ailleurs ? Il parle de la société qui est la nôtre, ce médicament, et c'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus.
Le téléphone sonne. 01 45 24 7000.
Gilles, vous êtes le premier et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.
Bonsoir.
On vous écoute, Gilles.
Merci, merci déjà pour vos émissions. Écoutez, moi je suis le mari d'une personne qui était en obésité morbide, pour donner des termes scientifiques. Je suis mon ami scientifique de formation et donc elle a été pour aller un peu rapidement hospitaliser pendant une semaine pour avoir toute la batterie d'examens, parce que sinon c'était un peu compliqué avec son agenda. Et du coup, elle a eu le traitement. Et grosso modo, en un an, elle a perdu 40 kilos. Donc c'était au-delà des statistiques et espérances des médecins. Et puis donc, voilà, je dirais que pour moi, c'était la démonstration que la science évolue.
Et c'est important de le noter, comme vous l'avez dit en introduction, parce que, comme l'obésité ou les TDA, alors c'est pas la même chose, mais en fait, dans la tête de beaucoup de gens, on associe assez souvent ça pour l'obésité, d'efforts en fait. Les gens n'ont qu'à faire des efforts. Elle a fait plein de tentatives de régimes suivies par des médecins, ça ne fonctionnait pas. Et en fait, c'est bien que c'est une pathologie. Et parfois même, je le disais aux personnes qui disent...
C'est dommage qu'on vous entende très très mal, Gilles. Et c'est dommage parce que j'aurais bien aimé vous demander si, du coup, votre femme... Oui, peut-être un peu mieux. Une question juste avant que je vous laisse. Est-ce que, du coup, votre femme fait partie de ces patients qui, désormais que le médicament est remboursé, vont pouvoir le prendre à vie et en sont évidemment soulagés ?
Nous, enfin, elle, on va le prendre à vie, c'est certain. Elle va le prendre à vie. Et en fait, rembourser, on espère. Il y avait tout un tas de facteurs au départ, initiaux, qui étaient plutôt dans ce sens-là. Ça, ça va dépendre d'autres éléments, mais ça, on ne sait pas trop. Voilà.
Eh bien, j'ai ma réponse. Et votre témoignage est un excellent témoignage pour démarrer. Merci beaucoup, Gilles. On embrasse votre femme au passage pour discuter ensemble autour de la table. Il y a Anne-Sophie Joly. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes présidente fondatrice du collectif national des associations d'obèses. Et avec nous aussi, le docteur Antoine Épin. Bonsoir. Bonsoir. Merci pour votre écueil. Vous êtes médecin généraliste et nutritionniste à Nancy, spécialisée dans la prise en charge des obésités et de la nutrition. Anne-Sophie Joly, beaucoup de gens qui nous écoutent, et peut-être vous aussi. Qui d'ailleurs se reconnaissent, j'imagine, dans le portrait de la femme de Gilles.
Oui, on est dans le cadre d'ailleurs du remboursement axé sur les médicaments. On est entre 1 et 2 millions qui peuvent rentrer dans ce cadre-là. Et je reprends à ce que disait Gilles. Donc, obésité morbide, c'est à cause de comorbidité, en fait, des maladies associées. Donc, oui, oui, moi je rentre effectivement dans le cadre. Et dès que je le pourrai, je ferai ce qu'il faut pour pouvoir également pouvoir en bénéficier.
Ça veut dire que c'est quelque chose, ce remboursement-là, on a déjà même eu l'occasion d'en parler ici. C'était quelque chose qui était vraiment attendu.
C'est une révolution. C'est une révolution. Alors, il y a comment on peut améliorer nos conditions de santé ? Comment on peut améliorer, finalement, notre espérance de vie ? C'est-à-dire que là, on est quand même sur des années de vie en moins, nous concernant. Comment on peut essayer d'éviter, soit de ne pas déclencher d'autres pathologies associées qui vont quand même jusqu'à 18. Le Covid a été la 19e. et puis faire en sorte aussi d'avoir une meilleure acceptation de la différence corporelle et sociale parce que ça a des impacts sur la société et on en parlera.
Ça veut dire qu'il faut maigrir pour qu'il y ait une acceptation ?
Mais c'est horrible à dire. Mais en fait, il y a un jugement hallucinant. On est une pathologie reconnue par l'OMS depuis 1997. Et pour autant, alors évidemment, ça se voit. On a des rondeurs bourrées d'amour. Je tiens à la rappeler. C'est peut-être pas toujours évident pour certains, mais oui. Et en fait, lorsque vous cherchez un emploi, moi j'ai un DRH qui m'a dit en off, mais moi quand j'ai deux CV qui arrivent que je présélectionne parce qu'il n'y a pas la photo, si je vois les gens arriver devant moi et que je vois une personne en situation d'obésité, c'est même pas l'appel qu'un sassoie. C'est de la discrimination à l'état pur.
Ceci étant, l'arrivée des médicaments, c'est une ouverture du champ thérapeutique, une ouverture des chances aussi. Et il bénéficiera que les gens qui rentrent dans le cadre de cette indication et ceux qui le souhaitent.
On va y aller dans le cadre et avec vous, notamment en docteur Épin, mais ce que vient de dire Anne-Sophie Jolie, je le retiens, parce qu'il faudra qu'on y retourne sur ce médicament, à la fois effectivement qui soulage et peut, j'allais dire guérir, peut sauver de l'espérance de vie, c'est ce que vous nous dites, mais aussi tout le côté sociétal qu'il y a derrière. C'est énorme, les gens ne le voyaient pas, mais c'est énorme. Et qui mérite quand même qu'on s'y arrête aussi. Je voudrais qu'on parle de protocole, Antoine Épin, si vous le voulez bien. Je disais tout à l'heure en introduction qu'il fallait bien un seuil. Le seuil a été fixé à un IMCA 30, mais j'ai... 35 ? 35 plus que morbidité.
Ah, 35, pardon. Moi, j'ai vu 30.
35 plus que morbidité, donc maladie associée plutôt, et c'est 40 sans maladie associée.
C'est ça. Donc, ça veut dire qu'en gros, il fallait fixer un seuil. Il faut bien de toute façon fixer un seuil. Ça a été déterminé comment, en fait ?
Je n'ai pas été dans les petits papiers. J'imagine beaucoup, HAS, auto-autorité. Si vous voulez, il y a eu des recommandations. Et puis, ça permet de se calquer sur les recommandations de la chirurgie bariatrique, l'opération de l'obésité à l'heure actuelle, qui a ces mêmes critères.
Mais l'évolution aujourd'hui des définitions de la sévérité de la maladie, a été beaucoup plus subtile, notamment après les travaux du professeur Judith Aron-Witneski, qui a intégré des notions plus humanistes dans la sévérité, avec la reconnaissance du retentissement de la maladie, avec la reconnaissance des pathologies psychiatriques associées, avec le retentissement aussi des troubles du comportement alimentaire, qui sont des pathologies psychiatriques souvent assez niées. Et puis, la trajectoire de vie. Une obésité qui commence tardivement n'est pas la même, en termes de vécu, qu'une obésité qui commence précocement.
Mais pas seulement en termes de vécu, d'ailleurs. Est-ce qu'il y a des obésités ? Il a fallu, effectivement, vous le disiez, qu'un seuil soit fixé, parce qu'il faut bien fixer un seuil à un moment ou à un autre. Mais est-ce que ça veut dire qu'on peut avoir un IMC, je vais dire à 34, du coup, mais avoir des comorbidités, et pourtant on ne rentre pas dedans, si j'ose dire ? Est-ce qu'on peut aussi avoir un IMC supérieur, mais pas de comorbidités ? Ça existe, ça ? Est-ce qu'il y a une espèce de flexibilité là-dedans, ou pas du tout ?
Alors, c'est très, très difficile de s'y repérer. On parle même d'obésité métabolique saine, MAO en anglais. Et en fait, ce sont des catégories de personnes qui ont un tissu adipeux extrêmement adaptable, extrêmement extensible, qui ne s'inflamme pas. Et en fait, il y a une prise de masse, mais sans forcément le retentissement métabolique associé. Et pour ces personnes, la liberté du choix du traitement, elle est indéniable, ils ne sont pas obligés de se soigner. Et c'est une chose qui est importante à souligner, c'est qu'aujourd'hui, on a la chance d'avoir un des premiers États européens à garantir un accès à un traitement sans délai.
C'est-à-dire qu'il y a eu déjà la Suisse qui avait expérimenté sur trois ans. Et aujourd'hui, l'État français propose un remboursement sans délai. C'est exceptionnel et c'est une très heureuse nouvelle. En revanche, moi, le seul petit bémol que j'aurais à apporter, c'est que nous sommes dans la deuxième année des pathologies mentales psychiatriques et qu'aujourd'hui, cette comorbidité, me semble-t-il, sauf erreur de ma part, n'apparaît pas dans les modalités possibles du remboursement alors que nous avons des personnes qui prennent du poids sous traitement dans les suites d'un burn-out ou d'autres pathologies et que c'est la double peine.
On va y revenir sur ce que vous dites. Je voudrais d'abord qu'on écoute Gaëlle. Bonsoir, Gaëlle.
Oui, bonsoir, Fabienne.
On vous écoute, Gaëlle.
Écoutez, moi, je voulais juste témoigner ce soir du fait qu'il y a des alternatives pour perdre plus de 40 kilos sans en passer par des médicaments ou par une chirurgie qui sont dans certains cas absolument nécessaires, je l'entends. Moi, ça s'est fait au travers d'un rééquilibrage alimentaire, d'un travail psychologique avec une nutritionniste, et j'invite et j'encourage toutes les personnes qui vont entreprendre la prise de ce traitement à ne pas occulter cette dimension. Il faut se confronter à pourquoi quand on est heureux, on saute sur les pacards, quand on est triste, on y va, quand on s'ennuie, quand on est euphorique, quel est le rapport à la nourriture ?
Et ça, c'est vraiment très important parce que je crains que ces personnes-là n'occultent du fait du très bon résultat obtenu par les traitements cette dimension-là, même si je sais que les professionnels qui vous entourent seront certainement attentifs à ça, mais c'est le message que j'aimerais faire passer, ne passez pas à côté de ça, réfléchissez à pourquoi vous avez ce rapport-là à la nourriture. J'entends Gaëlle.
Merci beaucoup pour ce témoignage. Vous allez pouvoir réagir, Anne-Sophie Joly, mais le docteur Épin vous a devancé.
On vous écoute, monsieur Épin. Oui, non, alors c'est simplement pour réaligner un petit peu les recommandations qui sont faites sur ces traitements. Ce sont des traitements de secondes intentions et ils sont toujours intégrés dans un parcours de vie du patient. Nous avons la personne au centre du dispositif et au-delà d'au centre, en partenariat avec les médecins sur ces réflexions.
D'ailleurs, ça nécessite une équipe pluriprofessionnelle, des diététiciens, des psychologues, des personnes qui s'occupent de l'activité physique, que ce soit le kiné quand il y a des limitations fonctionnelles ou des praticiens en activité physique adaptée, mais aussi parfois d'autres professionnels qui vont être requis dans la boucle. Et il y a tout un travail effectivement de consolidation des modifications thérapeutiques du mode de vie, l'importance de l'éducation thérapeutique des personnes.
Mais je trouve qu'elle vaut, Antoine Épin ou Anne-Sophie Joly, elle vaut la question de notre ami Gaël, en fait. Elle tient la route quand on a un vrai problème psychologique et du coup, une relation à son alimentation qui n'est pas la bonne relation, qu'on a donc des troubles alimentaires. Soigner le trouble d'abord, c'est quand même aussi important. même si on prend le médicament, est-ce que, malgré tout, on soigne le trouble ? Et donc, est-ce qu'on n'est pas plus, de toute façon, tout autant malheureux ? Peut-être qu'il se reportera sur autre chose ou à nouveau sur la nourriture dès lors qu'on ne prendra plus le médicament ? Cette question, elle est pertinente quand même ?
Elle est plus que pertinente. Antoine l'a très bien dit. Le but du jeu, c'est de ne pas donner un médicament alors qu'on sait que derrière, le travail ne va pas être fait à 360 degrés. D'où le fait, effectivement, d'une première prescription pour l'instant. C'est le sens de ma question. Est-ce que ça veut dire que si je viens vous voir,
vous, pas vous, évidemment, vous ne pouvez pas mettre ça, mais si j'ai un trouble alimentaire grave qui fait de moi une patiente obèse a un IMC supérieur à 35 mais que le médecin décèle que j'ai surtout un gros problème de trouble alimentaire, est-ce que ça veut dire que je peux être exclu du programme ? Enfin, en tout cas, ne pas rentrer dans le programme en l'état ? C'est ça l'idée ? C'est ça que ça veut dire ?
Je vais plutôt laisser Antoine parce qu'il est médecin et il voit ce genre de patient dans sa patientèle mais le but du jeu, effectivement, est d'être aidant pour le patient et de ne pas faire pire que mieux en fait dans son intérêt. Mais Antoine, à toi... Comment ça se passe, M. Épin, dans ces cas-là ? La médecine de l'obésité est fondamentalement une médecine humaniste, globaliste et qui intègre toutes les dimensions du patient. Si vous avez un trouble du comportement alimentaire, il va être question déjà de l'apaiser, c'est-à-dire d'en comprendre le fonctionnement. Pourquoi est-ce qu'il apparaît ? Qu'est-ce qu'il apporte ? Qu'est-ce qu'il vient structurer, consolider, rassurer ?
C'est un élément qui appartient à une modalité d'adaptation de la vie. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas espérer une rémission de ce traitement. Et chez certains patients, je peux vous assurer que vous avez un bruit dans la tête 4 à 5 heures par jour qui augmente entre-tête, entre « il ne faut pas que je mange ci, il faut que je contrôle ça ». Le fait de pouvoir abolir pendant un temps cette obsession va permettre de libérer la pensée pour faire ce travail de psychiatrie.
Mais pendant un temps, ça veut dire quoi ? Parce que moi, j'ai toujours entendu dire que ce traitement, il était à vie. Donc, est-ce qu'à la fin, c'est un traitement à vie, Anne-Sophie Jolie ? Alors, on est sur effectivement
l'obésité, c'est une maladie qui est chronique, qui est évolutive. Et avec Antoine, on a tendance aussi à se dire qu'il est incurable. C'est-à-dire que dès l'instant où il y a une inflammation du tissu adipeux, passé un certain stade, alors évidemment, chaque patient, et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui écoutent la radio qui vont peut-être se reconnaître là-dedans. Moi, j'ai dû perdre je ne sais pas combien de kilos et j'ai dû en reprendre je ne sais pas combien. c'est une lutte perpétuelle. Vos cellules gracieuses, elles s'assèchent mais elles ne demandent qu'une seule chose, c'est à repartir parce qu'on est programmé pour survivre.
Donc nous, pour le coup, on survit un petit peu trop bien, j'ai envie de vous dire, et pour le coup, ça nous pose des problèmes. Mais d'où aussi la problématique qu'on vit dans un monde qui est obésogène en permanence. Dans votre introduction, vous parliez effectivement de l'agroalimentaire et pas que, la pollution fait partie des choses. Et Antoine le disait aussi, dans les TCA, il y a aussi tout ce qui est problématique de troubles affectifs ou de violences, les traumas physiques et psychologiques qui rentrent en ligne de compte. Donc, c'est un tout et puis après, il y a la partie génétique de ce que vous allez pouvoir récupérer.
Ça, c'est sûr. Mais le sens de ma question aussi, docteur Epin, avant qu'on écoute Sébastien qui nous attend, c'est celle-ci. si effectivement vous arrivez à calmer cette petite voie dont vous parliez, cette obsession de la nourriture, je comprends ça très bien, grâce aux médicaments, si la personne maigrit et que, du coup, ces risques, y compris de cardiovasculaire, etc., descendent, quelle est la raison pour laquelle il faut maintenir ce traitement à vie ? Est-ce qu'il n'y a pas un moment où on se dit qu'on a réduit les risques et réapprivoiser son rapport à la nourriture ? C'est comme l'hypertension.
Excellente question. Vous soulevez tout à fait le débat sur toute pathologie chronique. C'est-à-dire qu'une maladie chronique, par essence, elle est silencieuse. Or, l'être humain, l'homo sapiens, c'est une espèce un peu feignante. On ne fait quelque chose que si l'on est motivé. Or, la motivation, elle vient du symptôme. Dans les maladies chroniques, souvent, il est invisible dans les premiers temps ou sous traitement. Combien de patients, est-ce que vous avez une idée du taux d'observance des médicaments contre l'hypertension artérielle ? En fait, on sait que bien souvent, les patients prennent un comprimé sur deux en moyenne.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas forcément une adhésion pleine et entière au traitement que l'on peut délivrer quand on est prescripteur. C'est pour ça que la relation de soins est fondamentale. la confiance qu'on a entre soignants et soignés. Ce temps médical qui n'est souvent pas prescrit devrait peut-être être plus avec une posologie d'ailleurs que les médicaments qu'on peut donner. Parce que c'est du temps d'échange, c'est de la confiance et parfois, mes patients me disent « J'ai envie de voir si c'est encore là. Si maintenant que j'ai l'impression d'avoir perdu cet autre corps que j'avais, ça va mieux et qu'est-ce qui se passe ? » Et en fait, on pilote, on voit ensemble.
C'est une décision médicale partagée. On n'oblige à rien.
On n'oublige à rien, disiez-vous, docteur Epin. Merci beaucoup. Voici Sébastien. Oui, allô, bonjour, vous m'entendez bien ? Oui, très très bien.
Oui, alors déjà, merci beaucoup de prendre mon appel. Ce n'est pas la première fois que j'essaie d'intervenir, mais bon, là, ça me tenait vraiment à cœur. Donc, pour décrire un petit peu la situation, j'ai été sportif, je n'ai pas eu de problème de poids pendant un certain temps, puis il est arrivé un certain nombre de choses dans ma vie qui ont fait que j'ai pris du poids. Par la suite, est arrivé un problème plus important, diagnostic d'une sclérose en plaques qui m'empêche toute pratique de sport et croyez-moi, j'ai essayé d'en faire un certain nombre du vélo, de la natation, des choses comme ça. Ça n'empêche que je peux avoir des vertiges à n'importe quel moment.
J'ai eu dernièrement même mon cerveau qui a fait un on-off et donc du coup, maintenant, j'essaie de bricoler, de faire des choses dans mon jardin, des choses comme ça, mais même pour ce genre d'activité, mon surpoids entraîne la chauffe de mon cerveau, la chauffe de mon cerveau entraîne des vertiges, les vertiges entraînent le fait que j'arrête toute activité.
J'ai eu la chance de pouvoir essayer dernièrement le Végovi qui m'a été prescrit par une connaissance mais par contre payée de ma poche et je ne sais pas si en faisant 1m74 pour 110 kilos, si j'entre dans les critères pour avoir ce traitement en considérant aussi ma sclérose en plaques ou si je ne suis pas du tout légible et par rapport à la dernière conversation que vous avez eue, moi, je ne vois pas dans le Végovi un traitement à vie mais un traitement qui me permettrait de récupérer une partie de mon poids qui me permettrait de faire des activités sans avoir une chauffe du cerveau et sans avoir les symptômes qui apparaissent immédiatement.
Merci pour votre témoignage Sébastien, docteur Épin. J'imagine que vous envoyez plein des questions de ce genre-là. Voici mon cas, moi, c'est celui-là et à chaque fois tout ça est parfaitement légitime comme Sébastien également. Comment vous allez faire ?
Quand je disais tout à l'heure
qu'il y avait plein de formes de surpoids ou d'obésité, Sébastien, on est l'une des démonstrations.
Tout à fait. Moi, personnellement, je vais devoir orienter vers une collègue qui est endocrinologue en ville alors que j'ai un diplôme qui, à l'hôpital, me permettrait de prescrire ce médicament. Donc, je vais devoir emboliser une autre file active d'un autre médecin pour pouvoir prescrire ce médicament aujourd'hui. mais en réalité, ce qui est nécessaire de faire, c'est ce qu'on appelle un phénotypage, c'est-à-dire de prendre en considération tout ce qui existe et me semble-t-il que dans certains cas, normalement, il y a des choses qui dérogent.
Il y a l'hypertension intracrânienne, par exemple, qui va rentrer en ligne de compte et potentiellement qu'il peut y avoir aussi des modalités qui vont s'assouplir dans le temps avec une considération au-delà. On a vu, par exemple, les recommandations de la chirurgie avec le temps inclure de plus en plus de facteurs potentiels. Donc, il faut avoir bon espoir. Après, c'est la liberté du patient de choisir de son traitement. Donc, s'il considère que pour un temps, pourquoi pas ne pas essayer et après, on verra ce que donne cet arrêt. Peut-être qu'il faudra reprendre ou non. Mais l'expérience et la liberté du patient.
Parce que ce que j'ai lu, docteur Epin, Anne-Sophie Jolie, et vous le savez par cœur aussi, c'est que la reprise de poids si on s'arrête après un médicament de ce type est très exponentielle. Et c'est pour ça que c'était le sens de ma question d'avant. Si on réapprend, si on réapprivoise... C'est compliqué. Oui, c'est ça. La nourriture,
ça veut dire que... Non, c'est pas ça. Le corps va chercher à revenir au maximum du poids que vous ayez eu plus le bonus. C'est pour ça qu'en fait, on ne dit pas une obésité, on dit désobésité. Depuis quand vous battez avec votre poids, depuis quand vous vous battez à essayer de survivre, j'ai envie de dire, dans la jungle du quotidien ? C'est ça l'idée. Et c'est pas simple. Et je pense que ça va être du cas par cas sur la période de perte de poids et après ça va être la période de stabilisation.
Est-ce qu'au lieu d'avoir une injection toutes les semaines, je vous raconte n'importe quoi, est-ce que c'est pas une injection tous les 15 jours ou tous les 3 semaines pour pouvoir justement stabiliser ? Mais voilà, on va apprendre, j'ai envie de dire, en marchant. parce que c'est quand même une révolution ce qui se passe. Moi, ça fait 26 ans que je suis dans le plaidoyer pour effectivement travailler et lutter contre les problématiques d'obésité. Pas parce que les gens doivent maigrir, juste pour qu'ils restent en vie, physiquement et psychologiquement.
Qui va prescrire, docteur Epin, parce que j'écoutais ce que vous disiez tout à l'heure, si je vais voir mon généraliste, où est-ce qu'il m'envoie ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Alors, à l'heure actuelle, on a besoin peut-être encore de clarification sur ce qui a été fait parce qu'il y a quelques petites incohérences, me semble-t-il. Mais, aujourd'hui, les prescripteurs principaux repérés, ça va être les CHU, les centres spécialisés de l'obésité qui sont souvent attenants à un service de CHU et les services médicaux réadaptatifs avec une orientation plutôt nutrition. Sinon, ce sont les endocrinologues, diabétologues, nutritionnistes qui sont en ville ou les médecins généralistes avec un diplôme de spécialité complémentaire exclusivement en hospitalier, étrange par rapport à la condition des médecins de ville.
La réalité, c'est que, si vous voulez, aujourd'hui, les filières qui sont accessibles sont déjà bouchées et que les médecins de ville, finalement, médecins généralistes avec diplôme, étaient ceux qui, potentiellement, pouvaient être les plus prescripteurs mais aussi ceux qui ont peut-être la relation la plus proche avec leurs patients et qui ont préparé les gens depuis un certain temps.
Mais donc, pour l'instant, si je comprends bien, pas de médecin généraliste. Est-ce que c'est ce que vous souhaitez, Anne-Sophie Jolie, qu'à terme, n'importe quel médecin de ville, mon médecin, puisse être suffisamment,
avoir le droit de me le prescrire ? Alors, oui, mais il y a quelque chose qu'on demande depuis très longtemps qui a été, enfin, édité dans la feuille de route obésité annoncée par Stéphanie Ritz et qui est co-présidée par le professeur Judith Aron à La Pitié-Salpêtrière, c'est la formation de tous les professionnels de santé, médicaux et paramédicaux, à la problématique de l'obésité. C'est un non-sens, on occupe, enfin, surpoids et obésité, on occupe la moitié des consultations et pour autant, on met en difficulté des professionnels de santé parce qu'ils ne sont pas formés et ils n'ont pas toute la connaissance sur l'obésité.
Et ça, c'est capital parce que ça va aussi dans le sens de l'égalité aux chances, l'égalité à finalement se dire, bon ben voilà, je vais avoir un professionnel de santé qui va pouvoir m'orienter sur un bon circuit de prise en charge. Et là, effectivement, il y a encore de la méconnaissance totale sur il est où le bon circuit professionnel à utiliser quand on a des problèmes de poids et qu'on veut s'y atteler et puis, on a besoin de vulgarisation et de connaissance aussi au niveau de la population générale et ça, c'est impératif.
La crainte de la HAS, je la vois d'ici, c'est juste l'idée que la dérive américaine, elle est là si on...
On n'en veut pas de la dérive américaine. Je sais bien qu'on n'en veut pas
mais on sait aussi que, pardon, un médecin généraliste, si on le connaît bien, on peut lui demander de nous arrêter pendant 15 jours parce qu'on est fatigué. Il peut aussi
si je puis me permettre. Moi, je parlais des médecins généralistes avec un diplôme de deux ans derrière pour être spécialiste. C'est-à-dire que... Oui, c'est pas pareil. C'est pas pareil que mon généraliste que j'aime beaucoup par ailleurs. Et en revanche, moi, je suis désolé mais la compétence, elle est affaire de capacité et d'attestation de compétence.
En réalité, moi, je préfère avoir un médecin généraliste qui est passionné et très compétent et qui aura fait les formations qui attestent de sa compétence à la prescription qu'un endocrine qui ne s'intéresse qu'à la thyroïde et qui regarde de loin la question de l'obésité ou qu'un chirurgien qui ne va pas forcément s'intéresser à la question plus que ça. La réalité, si vous voulez, c'est que c'est une histoire de relations et de compétences. Si on a un professionnel qui s'investit auprès de son patient, il prend les compétences nécessaires pour la prescription et c'est en ça où moi, ça me pose question en fait, ces autorisations avec des reconnaissances de diplômes différents.
Déjà, nous sommes tous médecins après, s'il faut qu'on veuille sécuriser les choses, on met une certification en place pour valider le fait que l'on puisse prescrire ces médicaments. Je me retrouve dans une situation tout à fait particulière. Il y a peu, j'étais formateur pour la prescription de ces médicaments. Aujourd'hui, je ne suis plus habilité pour un remboursement. Je suis habilité pour la prescription mais je ne serai pas suffisamment compétent pour pouvoir avoir droit au remboursement.
Ah, ça veut dire que ce n'est pas parce que vous le prenez que vous serez remboursé. Attendez, je voudrais comprendre ça. est-ce que dernièrement, puisque c'est remboursé, tout le monde est remboursé ou pas ? Quand vous dites que vous n'êtes pas compétent pour le remboursement, je ne comprends pas ce que ça veut dire, monsieur Eppard.
Moi non plus, je ne comprends pas vraiment parce qu'à la base, dans le système de santé français, quand on prescrit un médicament, son remboursement suit plus ou moins, peu ou prou, les indications du traitement. C'est ça. Et là, ce ne sera pas le cas. Et là, ce n'est déjà pas le cas parce que les indications qui ont été faites par l'autorité américaine, la FDA ou l'autorité européenne ne sont pas en cohérence avec la recommandation qui a été suivie en France. Donc, on s'est déjà démarqué de l'autorisation de mise sur le marché du médicament.
Pardon, excusez-moi, mais je voudrais qu'on soit clair pour les gens qui nous écoutent parce qu'on fait un sujet pour expliquer que le Végovi, le Mounjarro sont désormais remboursés par la Sécu. Vous êtes en train de nous dire que ce n'est pas vrai, c'est ça ?
C'est partiellement vrai. C'est seulement pour les personnes qui ont un stade de maladie sévère.
Pouf, pouf ! Ça veut dire que... Attendez, excusez-moi, moi ce que j'avais compris et je soupçonne que nos auditeurs aussi en fait, c'est qu'on nous prescrivait ce genre de médicaments lorsqu'on a une IMC 35 comorbidité 40. Ce que vous êtes en train de nous dire... IMC 35 avec minimum une comorbidité. Mais donc, ce que ça veut dire, c'est qu'on peut le prescrire avec une IMC 30 mais vous ne serez pas remboursés ? Oui. Oui. D'accord, ça y est, j'ai compris. Excusez-moi, mais il est 19h50, je n'avais pas compris ça. Oui, oui. Nous aussi,
ça nous a pris un certain temps à comprendre.
Pas pareil. Merci beaucoup. Oui, oui, oui. D'accord, ça veut dire que... Oui, oui, on n'était axé que sur le remboursement là. D'accord, ça veut dire qu'on peut se faire prescrire quand même... Mais à votre poche. Voilà, à votre poche, si vous avez un surpoids IMC 30, vous pouvez vous faire prescrire, vous pouvez trouver quelqu'un qui va vous le prescrire et qui considère que vous y avez droit mais vous ne serez pas remboursés, vous ne le serez qu'à IMC 35. Eh ben voilà. C'est un médicament
qui n'a pas l'approche universaliste de l'assurance maladie.
Eh ben j'avais pas compris.
C'est un médicament qui a l'approche mutualiste.
Julie, bonsoir.
Oui, bonsoir.
On vous écoute, Julie.
Oui, bonsoir. Alors moi, j'ai une soirée, j'ai pris environ 60 kilos sur une dizaine d'années suite à un trouble psychique. J'ai essayé à plusieurs reprises de perdre du poids. Je suis suivie, j'ai fait plusieurs hospitalisations dans des services de rééducation orientée obésité. Sauf qu'en fait, à chaque fois, je perds une dizaine de kilos et en fait, je n'arrive pas à perdre plus certainement dû aux traitements psychotropes qui sont, on le sait, défavorisants au niveau du poids. Voilà. Moi, je sais que je pourrais être éligible à bénéficier d'un de ces traitements dont on parle depuis le début de l'émission.
D'ailleurs, je vais passer une dizaine de jours à partir de vendredi à l'hôpital qui me suit pour savoir si on l'introduit ou pas. Et en fait, le fait de savoir que je pourrais en bénéficier, ce qui m'aiderait énormément et j'ai beaucoup d'espoir là-dessus, m'a permis déjà là depuis une dizaine, une quinzaine de jours de reprendre des bonnes habitudes parce qu'en plus, on sait que ces traitements-là, ils ne doivent pas être pris juste comme ça. Ils doivent être associés à une alimentation équilibrée qui respecte nos besoins et à une activité physique régulière.
Merci beaucoup.
Julie, vous avez fait réagir notre invitée, Anne-Sophie Joly. Recode, la Haute Autorité de Santé, c'est un tout en fait. Ça doit être inclus dans un suivi, une prise en charge globale. Le médicament est une béquille. J'aime bien ce que nous dit Julie qui dit, pour l'instant, je ne sais pas si j'ai droit, mais le fait de savoir que potentiellement
je suis légible,
déjà ça m'aide. Oui, mais psychologiquement, on parlait du social tout à l'heure, c'est un tout. L'obésité est l'une des pathologies les plus complexes de notre siècle. C'est une pandémie qui est quand même internationale et en fait, il y a plusieurs parties qui rentrent en ligne de compte, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Il y a l'alimentation, il y a la sédentarité, il y a les traumas physiques et psychologiques, il y a la pollution, il y a plein, plein de facteurs. Et effectivement, il ne faut rien sous-estimer sur un facteur. C'est vraiment un tout.
Et le fait de se dire je vais pouvoir en bénéficier et ça va pouvoir m'aider à aller plus loin, à aller mieux, à être pas tout seul en fait dans ce combat. Moi qui suis patiente, je peux vous assurer que ça change tout en fait. et puis le regard des autres qui, enfin, moi les gens qui me disent ah ouais mais c'est la facilité, non mais pardon, excusez-moi, mais enfin... Faites comme un médicament de confort. Ouais, non mais enfin, vivez avec nos vies. Lorsque vous avez 70, 50 kilos en trop, moi je dis toujours je me suis pas levée un matin en me disant je vais me mettre 70 kilos sur les épaules, ma vie va être merveilleuse et puis ce soir je retirerai mon manteau de 70 kilos.
C'est n'importe quoi. Il faut avoir un tout petit peu de connaissance et de bienveillance sur les gens qui sont malheureusement avec des pathologies qui, enfin... Moi j'avoue que voilà, on peut être heureux et heureuse avec des rondeurs. J'ai aucun problème avec ça. Moi c'est juste que j'ai envie de récupérer mes genoux. Et au-delà de ça il y a quand même un aspect extrêmement important dans nos sociétés c'est la symbolique du poids. Ce médicament on a autant de presse que parce que la symbolique du poids est extrêmement importante.
Je ne vais pas reparler des tendances skinny talk qui reviennent comme il y a 20 ans mais si on se ramène à il y a 20 ans si vous voulez ces médicaments n'existaient pas et on n'était pas dans ces tendances-là. Ok, il y a eu un t-shirt qui est sorti à I Love Ozampic lors des défilés de mode en 2024 à Berlin et ça a changé le regard de la mode. D'ailleurs c'est assez déplorable de voir qu'il n'y a que quelques marques qui se lancent dans les grandes tailles et en fait la souffrance elle vient aussi de la non-adaptation de la société. Il y a un travail sur les stéréotypes et les préjugés qu'il y a à faire. Il y a des associations comme Stereo qui l'apportent.
Il y a beaucoup de choses qui sont en train de bouger mais il faut changer le regard de la société c'est fondamental.
On est d'accord avec ça de ce côté-là. Effectivement il y a eu une petite phase à un moment de Big is Beautiful ça n'a pas duré longtemps. Malheureusement
ça n'a pas duré longtemps et complètement d'accord et le ministère de la Santé a confié au CNAO que je préside un rapport en fait sur la discrimination et ça a été redit aux états généraux qu'on a fait donc là en mars 2025 et 2026 sur la problématique à 360 degrés. Il y a une chose dont on n'a pas parlé
qui revient beaucoup dans les messages WhatsApp ce sont les effets secondaires. Qu'est-ce qu'on dit des effets secondaires dont on dit que certains sont quand même assez raides et pour dire les choses à l'heure du repas c'est des vomissements des diarrhées des gastriques enfin des trucs qui ne sont pas du tout agréables Oui ça fait partie des effets secondaires Mais genre il faut faire avec quoi c'est ça que vous dites ou est-ce que ça dépend grandement du patient et de ce qu'il mange d'ailleurs ?
Il y a une grande variabilité entre les personnes et il y a aussi on va dire la préparation du patient aux effets de la maladie à comment ça fonctionne c'est un ralentissement du transit donc ça veut dire qu'on digère un peu moins rapidement donc il faut adapter la manière de s'alimenter garder le plaisir garder les sensations corporelles et ce travail sur les sensations corporelles il est fondamental il faut que l'alimentation reste un plaisir il ne faut pas retomber dans ces syndromes américains où finalement ça n'a pas été accompagné où on a des gens qui ont la vie sous un ventre en pique qui serait déprimante la réalité c'est qu'avec un accompagnement moi j'ai des patients qui maintenant sortent avec 50 kilos de moins et le plaisir de manger et ça c'est quand même agréable
mais ces effets secondaires d'ailleurs est-ce qu'ils s'estompent en fait de toute façon avec le temps puisque effectivement c'est un médicament qu'on a bien compris pourquoi jusqu'à la fin de sa vie est-ce que ça diminue ?
personnellement moi je ne vais pas traîner des personnes sous traitement qui ne tolèrent pas donc on adapte les doses on arrête il y a plus de 20, 30, 40 molécules dans les tuyaux pour les prochaines années on aura le temps l'obésité est une maladie sur la vie donc aujourd'hui ça ne fonctionne pas il y aura des évolutions technologiques par la suite et l'espoir
ah bah ça a été coupé c'est dommage mais enfin on a été coupé sur le mot espoir donc je pense qu'on peut rester là en fait parler rapidement Anne-Sophie Jolie parce qu'il est vraiment l'heure
petite chose le docteur François Sarkozy a écrit un livre qu'il ne vieillissait pas vivez moi j'ai envie de vous dire vivez aussi avec votre obésité vivez avec ce que vous êtes et puis gardez le sourire et l'espoir enfin on est tous différents il faut accepter ces différences et surtout gardez votre santé en fait parce qu'on ne peut en avoir qu'une allez ce sera le mot de la fin merci à tous les deux