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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 15 avril 2024 15 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & international

Révélations sur le « système Cnews » : Ils mentent et propagent la haine volontairement

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous voulu faire cette enquête sur CNews ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Comment s'est passé le virage identitaire de CNews avec l'arrivée d'Éric Zemmour ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'infusion des idées d'extrême droite s'explique par ce recrutement ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Vous indiquez que CNews vérifiait avant les infos à l'AFP, aujourd'hui ils utilisent des sites comme F2Souche, pourquoi ?

  • 8:50OuverteRéponse directe

    Vous parlez d'une désinformation assumée par CNews sur l'affaire Crépol, pouvez-vous en dire plus ?

  • 9:30ComplaisanteRéponse directe

    Rappel rapide de l'affaire Crépol ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40InvitéFait
    « on a voulu le faire parce qu'on a voulu prendre un peu au mot les dirigeants de CNews et les animateurs phares qui ne cessent de déclarer que c'est une chaîne d'information et pas d'opinion »
  • 0:57InvitéChiffre
    « Et donc, on s'est dit que ce serait pas mal de creuser ça avec les témoignages en interne. Donc, on a interrogé 37 personnes exactement qui travaillent toujours ou qui y ont travaillé. »
  • 2:03InvitéFait
    « En fait, le moment où arrive Zemmour, c'est un moment qui cristallise la chaîne parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de journalistes en interne qui ne s'y attendaient pas »
  • 2:45InvitéChiffre
    « Les audiences, elles commencent à cartonner sur Face à l'info. »
  • 4:41InvitéFait
    « c'est qu'aujourd'hui, vous regardez, vous avez des journalistes de la chaîne, donc des alternants, des stagiaires, des journalistes qui sont recrutés directement dans l'école de Marion Maréchal, à l'ICEP »
  • 5:47InvitéFait
    « Par exemple, on va utiliser un reportage de quelqu'un de chez Livre Noir, qui est un média d'extrême droite. »
  • 7:10InvitéFait
    « vous avez Serge Nedjar, le directeur délégué de la rédaction, qui ordonne de bien nommer les nationalités lorsqu'il s'agit, par exemple, d'Algériens ou de Marocains mis en cause. »
  • 7:35InvitéFait
    « il y a une journaliste, Paul et Justice de CNews, qui a cette information-là, qu'elle pourra estampiller CNews. »
  • 9:14InvitéChiffre
    « On a repris l'affaire Crépol et le traitement par CNews. On a pris les trois premiers jours. »
  • 10:23InvitéFait
    « À partir de 9h30, la chaîne, progressivement, fabrique son information. »
  • 10:31InvitéFait
    « Attention, il ne faut pas parler d'expédition punitive ou expédition programmée. »
  • 11:03InvitéFait
    « Et là, pendant trois jours, on parle de pogroms anti-Blancs, on parle d'expédition punitive »
  • 13:13InvitéFait
    « c'est que déjà, vous avez un pic de recherche Google à la suite, dans la foulée des émissions de Pascal Praud. »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

CNews, c'est la chaîne d'information qui fait le plus parler ces dernières années. On a tous un avis plus ou moins avisé sur cette chaîne, mais je pense qu'une enquête, en bonne et due forme, était nécessaire. C'est ce qu'ont fait les journalistes de Mediapart, Younes Abzouz et David Perrotin. Ils ont interrogé 30 journalistes ou anciens journalistes de CNews qui ont accepté de témoigner, de raconter les coulisses de la fabrique quotidienne de la haine. Bonjour David. Bonjour. Ma première question, c'est justement, pourquoi avez-vous voulu, toi et Younes, faire cette enquête sur cette chaîne d'information ?

0:34
Invité

En fait, on a voulu le faire parce qu'on a voulu prendre un peu au mot les dirigeants de CNews et les animateurs phares qui ne cessent de déclarer que c'est une chaîne d'information et pas d'opinion et que, grosso modo, ils travaillent comme les chaînes d'information classiques pour vérifier les faits. Et donc, on s'est dit que ce serait pas mal de creuser ça avec les témoignages en interne. Donc, on a interrogé 37 personnes exactement qui travaillent toujours ou qui y ont travaillé.

Et on a surtout récupéré des boucles internes de messagerie, là où se fabrique un petit peu entre gros guillemets l'information, pour justement voir un petit peu comment ils travaillaient et voir si ce qu'on voyait à l'antenne se vérifiait en interne, c'est-à-dire une forme de désinformation, une forme de parti pris, d'opinion majoritaire et des obsessions identitaires.

1:26
Présentateur

Justement, dans l'article, vous vous rappelez bien la naissance de CNews, qui était ITL, d'ITL, c'est pas ça CNews, quand justement Vincent Bolloré l'a racheté. Et que le grand virage de cette chaîne, c'est l'arrivée d'Éric Zemmour en 2019. Comment ça s'est passé en interne, justement, cette arrivée, ce virage identitaire qu'a pris la chaîne CNews ?

1:49
Invité

Alors, il y avait déjà un virage amorcé avant l'arrivée d'Éric Zemmour, qui était déjà présent à l'époque ITL, qui avait été évincé et qui est revenu grâce à Vincent Bolloré et Serge Néjar. En fait, le moment où arrive Zemmour, c'est un moment qui cristallise la chaîne parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de journalistes en interne qui ne s'y attendaient pas, ça cristallise, on met une présence policière devant parce qu'il y a des manifs, etc. Et sauf qu'en fait, c'est là où la chaîne assoit son identité, qui va donc vers l'extrême droite.

Et donc, du coup, c'est là où, en grosso modo, les journalistes qui disent, en fait, avant, on faisait un peu du BFM low cost, là, en gros, notre boulot sert à asseoir des débats idéologiques sur les plateaux. Et c'est là, par exemple, que la chaîne comprend qu'un plateau sans vraiment de pluralisme, alors il y avait le plateau de Face à l'info avec Eric Zemmour, en fait, ça cartonne. Les audiences, elles commencent à cartonner sur Face à l'info. Celle d'avant avec Laurence Ferrari et celle d'après, en gros, profite un peu de la présence de Zemmour.

Et donc, progressivement, la chaîne, on va mettre moins de pluralisme à l'antenne, on va se servir, l'info n'est qu'un prétexte pour habiller les débats qui sont répétitifs et qui tombent toujours, grosso modo, autour des musulmans, des étrangers ou d'une France à feu et à sang. Et ce qui est intéressant de noter, c'est que l'arrivée de Zemmour sur CNews, c'est un tournant, mais c'est un tournant aussi dans le groupe Bolloré. C'est-à-dire que si on regarde quelqu'un comme Hanouna sur C8, l'arrivée de Zemmour, c'est le moment où il change radicalement.

C'est le moment où il est capable de l'inviter, de le défendre, de le caresser au sens du poids, alors qu'avant, il pouvait s'en prendre à lui, à l'antenne. C'est le moment où aujourd'hui, par exemple, il est capable de s'en prendre à des figures comme Ayana Kamoura ou comme Aynes Règle pour prendre des petites polémiques du moment, alors qu'avant, Hanouna incarnait une forme de jeunesse, une forme de défense de ces personnes-là. Et lui aussi, comme CNews, prennent ce tournant-là.

3:46
Présentateur

Et c'est très intéressant de prendre l'exemple de Cyril Hanouna, car justement, on a remarqué chez Cyril Hanouna, comme sur CNews, de plus en plus de jeunes recrues, influenceurs d'extrême droite ou qui viennent de Valeurs Actuelles. Est-ce que, justement, cette infusion des idées d'extrême droite un peu partout sur le groupe Bolloré s'explique justement par ce nouveau recrutement de gens même, j'ai vu dans l'article, qui viendraient des écoles de Marion Maréchal-Le Pen ?

4:13
Invité

Oui, c'est ça. C'est aussi le prolongement de ce tournant. En gros, moi, avec Younes, on est à Mediapart et il y aurait ce clivage de « oui, CNews est une chaîne d'extrême droite ». Nous, on ne le dit pas, on le prouve, en fait. L'idée, avec cette série d'enquêtes, c'était de démontrer quelque chose. Il ne s'agissait pas de dire que c'est une chaîne d'opinion pour dire que c'est une chaîne d'opinion d'extrême droite.

Et le recrutement, c'est un point important qui a été soulevé et qui est dénoncé en interne par de nombreux journalistes, c'est qu'aujourd'hui, vous regardez, vous avez des journalistes de la chaîne, donc des alternants, des stagiaires, des journalistes qui sont recrutés directement dans l'école de Marion Maréchal, à l'ICEP, qui n'est pas une école de journalisme initialement. C'est-à-dire que l'idée même d'aller chercher des jeunes dans cette école, ça montre vraiment ce virage à l'extrême droite.

Vous avez des gens comme Baya Carla Stendhal, qui est maintenant une chroniqueuse chez Cyril Hanema, qui est une personne qui a soutenu ouvertement Éric Zemmour lors de la dernière campagne, qui est une influenceuse d'extrême droite. Vous avez des journalistes de médias d'extrême droite, l'incorrect, vous avez Valeurs Actuelles. Et ce qui est intéressant de voir, c'est que ça, ça couvre toute la chaîne. C'est-à-dire que vous avez en interne des journalistes d'extrême droite, vous avez des chroniqueurs en plateau d'extrême droite qui ne sont plus présentés.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, Pascal Praud va dire bonjour à ses invités, va donner leur nom, mais il y aura marqué journaliste en dessous, on ne saura pas d'où il parle, on ne sait pas si c'est Valeurs Actuelles, l'incorrect, etc. Et vous avez même, on a regardé des émissions de Morandini, mais d'autres aussi, qui s'appuient sur des reporters d'extrême droite. Par exemple, on va utiliser un reportage de quelqu'un de chez Livre Noir, qui est un média d'extrême droite. On va demander à la porte-parole de Némésis d'aller à Lampedusa parler des migrants en direct. Donc vraiment, ces news sous-traite même la fabrication de son contenu

6:06
Présentateur

par l'extrême droite. Oui, ce que vous indiquez avant, on allait vérifier les informations à l'AFP ou chez les informations du Parisien ou de l'AFP. Aujourd'hui, ils vont plutôt utiliser même des sites comme F2Souche, Damien Rieux, membre de Reconquête, pour vérifier certaines informations. Donc effectivement, il y a un virage. Et ce qui est intéressant aussi dans vos articles, en quatre épisodes, c'est très bien fait, vous êtes tombé sur des messages internes, SMS, WhatsApp, qui indiquent justement l'obsession identitaire et la stigmatisation des musulmans et des étrangers, et qui indiquent que tout ceci est volontaire.

6:44
Invité

C'est ça. En fait, vous prenez la communication et le programme de Zemmour et vous le retrouvez en interne chez CNews. Par exemple, Éric Zemmour et le Parti Reconquête, mais d'autres maintenant, et notamment le RN, ont l'obsession de la nationalité. Dès qu'il y a un fait divers, il faut en parler, il faut en faire des tonnes lorsqu'il s'agit de mis en cause, qui seraient d'origine, par exemple, maghrébine, africaine. Dans CNews, c'est ça. C'est par exemple, dans les boucles WhatsApp qu'on a, vous avez Serge Nedjar, le directeur délégué de la rédaction, qui ordonne de bien nommer les nationalités lorsqu'il s'agit, par exemple, d'Algériens ou de Marocains mis en cause.

Vous avez l'obsession du prénom, par exemple, qu'il faut le donner. Et vous avez aussi ce que la chaîne délaisse. Par exemple, une élève agresse une professeure d'anglais il y a quelques temps. Donc, il y a une journaliste, Paul et Justice de CNews, qui a cette information-là, qu'elle pourra estampiller CNews. Donc, pour ces chaînes d'infos en continu, ça a de la valeur de pouvoir dire « info CNews ». Et en fait, c'est mis en boîte, le sujet est mis en boîte avec cette info. Et au dernier moment, le rédacteur en chef intervient dans la boucle WhatsApp pour dire « laissez tomber, laissez tomber ». En fait, la gamine n'a pas posé de Coran sur la table, ce qui était décrit initialement.

Et il ne s'agit pas d'une gamine musulmane. Donc, c'est retiré du conducteur et ce n'est pas présenté à l'antenne. Et ça, en fait, on a pu voir des milliers de messages. Pareil, quand il y a une info qui met en cause des policiers. Pareil, quand il y a une info qui a tort met en cause des étrangers. On la retire. Donc, il y a vraiment cette obsession identitaire, c'est-à-dire de se concentrer sur des boucs émissaires supposés que sont les musulmans ou les étrangers. Il y a un journaliste qui nous dit « nous, le fil à tirer, c'est la femme violée par un étranger sous OQTF ». Et c'est vraiment…

Nous, on n'a tiré que quelques exemples dans les quatre épisodes, mais c'est vraiment systémique au sein de CNews.

8:39
Présentateur

Oui, et vous reprenez d'ailleurs un témoignage d'un journaliste qui dit qu'effectivement, sur CNews, on fait du fait divers, on lui donne une lecture politique, en fait. C'est surtout ça qu'ils essayent de faire. Au lieu de parler des grands sujets d'actualité, souvent, on s'arrête qu'aux faits divers, on lui donne une lecture politique. Et vous prenez un exemple très intéressant sur l'affaire Crépol. Et donc, vous parlez d'une désinformation assumée, on va dire, par CNews. Est-ce que vous pouvez justement m'en dire plus ?

9:08
Invité

En fait, on a repris l'affaire Crépol et le traitement par CNews. On a pris les trois premiers jours. Comment cette chaîne, cette deuxième chaîne d'Info de France, a pu couvrir cet événement ? Et ce qu'on constate, c'est que vous avez des journalistes en interne qui tentent malgré tout de faire un peu de boulot de vérification des faits.

9:27
Présentateur

Excusez-moi même de te couper. Est-ce que je peux juste rappeler rapidement ce qu'on appelle l'affaire Crépol ?

9:34
Invité

C'est un jeune, Thomas Perrotto, qui est décédé à la suite d'un coup de couteau à Crépol. C'était lors d'un bal à ce moment-là. Et en fait, il y avait des jeunes, notamment d'une cité voisine romans sur l'Isère, qui étaient venus. Et donc, ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'en fait, il y a eu des échauffourés. C'était une rixe selon la justice, selon l'enquête judiciaire, parce qu'il y a eu une altercation dans le bal, et puis ils sont sortis, et puis là, il y avait plusieurs jeunes qui étaient là. Et donc, du coup, il y a eu beaucoup de... C'était très, très violent, c'était de l'ultra-violence. Voilà.

Mais donc, du coup, au départ, CNews ne sait rien de la faire, comme tous les autres. Et d'ailleurs, nous, on reprend le matin le mail équipe de CNews qui dit « Pour l'instant, c'est une rixe, et attention, on n'a pas réussi à avoir d'autres confirmations, d'autres témoignages. » Et on constate qu'à partir... Donc, c'est à 6h30. À partir de 9h30, la chaîne, progressivement, fabrique son information. C'est-à-dire qu'ils ont des alertes en interne qui disent « Attention, il ne faut pas parler d'expédition punitive ou expédition programmée. » Et tout au long de la journée, les animateurs, les invités, vont parler d'expédition punitive et de programmer.

À un moment donné, ça se vérifiera par la suite, il y a des rumeurs qui disent que des jeunes ont dit « On va planter des Blancs ». Donc, il y avait cette supposée motivation raciste, anti-Blanc, je mets des guillemets, qui seraient présentes dans ces éléments. Et là, pareil, vous avez des journalistes de CNews qui alertent en disant « Mais nous n'avons aucun témoignage, ce n'est pas vérifié. » Donc, merci de ne pas faire attention sur les antennes. Et là, pendant trois jours, on parle de pogroms anti-Blancs, on parle d'expédition punitive, on parle de... Enfin, c'est une guerre de civilisation qui est présentée à l'antenne, malgré les alertes des journalistes.

C'est ce qui nous a fait dire, nous, on a titré la vidéo « Des mensonges en toute connaissance de cause », parce que ce n'est pas une chaîne qui désinforme parce qu'elle ne vérifie pas. C'est une chaîne qui sait, mais qui désinforme en toute connaissance de cause.

11:30
Présentateur

Et dernier point, on terminera avec lui, on va dire, c'est Pascal Praud que vous épinglez, en tout cas dans la dernière partie de votre enquête, et vous indiquez que Pascal Praud a des cibles, et des cibles qu'il affiche à l'antenne, parfois des gens qui ne sont pas très connus. Et ces gens-là sont souvent menacés de mort par les « fans de Pascal Praud » et de leur émission.

11:52
Invité

Oui, c'est ça. C'est qu'on a étudié quelques cas. Alors, encore une fois, on en a pris quatre, mais les exemples sont vraiment légions. En fait, c'est un mode opératoire chez Pascal Praud. C'est-à-dire, son émission, avec le temps, elle s'est radicalisée, il y a de moins en moins de pluralisme toujours, et il se sert de ses éditos et de ses plateaux pour, à chaque fois, cibler des gens. Sauf que là, parfois, alors évidemment, il cible des politiques, des élus, mais parfois, il cible des gens qu'on ne connaît pas, c'est-à-dire qu'ils sont des personnalités peut-être importantes de leur corps de métier, mais qui ne sont pas des personnalités publiques.

On prend l'exemple, par exemple, de Jean-Jacques Bazier, qui était le directeur de France 3, pardon, Val-de-Loire, qui était accusé par Pascal Praud d'avoir censuré un documentaire sur Jeanne d'Arc parce que Charlotte Dornelas, une de ses chroniqueuses et journalistes à l'époque à valeur actuelle, faisait la voix off. Donc, du coup, il travestit les faits, parce que c'est, en tout cas, dans tous les exemples qu'on a, c'est qu'il s'affranchit totalement de la véracité des faits, Pascal Praud, et il cible.

Alors, avec Jean-Jacques Bazier, par exemple, il va s'amuser à répéter une dizaine de fois son nom et son prénom, Jean-Jacques Bazier, directeur de France 3, Val-de-Loire, pour bien mettre en tête à ses fans ce nom. Et qu'est-ce qui se passe par la suite ? Et on l'a vérifié dans les quatre exemples, c'est que déjà, vous avez un pic de recherche Google à la suite, dans la foulée des émissions de Pascal Praud. Vous avez un pic de menaces et d'insultes sur les réseaux sociaux. Et parfois, ça va plus loin, comme ce directeur de France 3, qui a reçu des messages sur son téléphone portable, des messages de menaces de mort. On va s'en prendre à lui, des courriers, des mails.

Donc, il a porté plainte contre X. Et vous avez, par exemple, aussi une professeure à Fiance Po qui a été accusée injustement d'avoir mis en danger deux autres enseignants au sein de l'IEP de Grenoble. Et là, pareil, il répète son nom, il la cible, il travestit les faits. Et dans la foulée, elle reçoit des menaces de mort. Alors, elle, elle a eu la chance d'avoir dix personnes qui ont été condamnées par la justice. Mais ce qu'on révèle aussi, c'est que Pascal Praud sera jugé le 14 juin prochain. Donc, c'est la première fois qu'il sera jugé pour diffamation, notamment à la suite de cette méthode. Mais on se rend compte que c'est extrêmement dangereux. En fait, il ne s'agit pas de...

Souvent, ils disent qu'on a une chaîne qui accueille toutes les opinions. Ce qui est faux sur CNews, c'est que les animateurs livrent leur opinion et vont bien plus loin. On a l'exemple aussi avec Cyril Hanoula. C'est-à-dire qu'ils mettent des cibles, ils insultent, ils menacent. Et on est bien au-delà de l'information et on est dans l'opinion, voire parfois

14:28
Présentateur

dans l'insulte ou dans la menace. En tout cas, merci beaucoup, David Perrotin. Une enquête passionnante. J'invite vraiment tout le monde à la lire. Une enquête qui pourrait même peut-être faire une série. Actuellement, à Mediapart, beaucoup de vos articles finissent en série. Une série un peu comme The Loudest Voice, une série américaine qui retrace la naissance de Fox News. Un peu l'équivalent américain de CNews. En tout cas, merci. Je rappelle que tu es journaliste à Mediapart. Et à bientôt. Bonne journée.

14:53
Invité

Merci beaucoup.