François Cormier-Bouligeon - Le Barbier du matin du 28/11/23
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
Vous êtes au cœur de l'opération de parrainage des otages par des parlementaires français.
- 0:40RelanceRéponse partielle
Ça veut dire qu'il faut prolonger, prolonger, prolonger encore la pause humanitaire, au risque de voir le Hamas se réarmer pendant ce temps-là ?
- 1:43RelanceRéponse directe
Libérés sans conditions, demandez-vous, mais il y a des conditions.
- 2:41RelanceRéponse directe
Certains considèrent qu'il y a presque une équivalence entre les libérations côté israélien et côté palestinien.
- 3:27OuverteRéponse directe
Les parlementaires français parraînent les otages, à quoi cela sert-il concrètement ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Il s'agit aussi de faire entendre qu'on ne peut pas oublier ces otages, on ne peut pas les invisibiliser.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueChiffre
« Et il reste aussi presque 200 otages de différentes nationalités israéliens, mais de bien d'autres nationalités. »
- 1:57Invité politiqueFait
« pour eux, une vie israélienne vaut trois vies palestiniennes. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Au fond, ils n'ont pas grand-chose de différent avec les nazis qui déjà considéraient que les juifs étaient des sous-hommes et qu'on pouvait les exterminer. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Et moi, je souhaite que la Cour pénale internationale soit saisie parce que les dirigeants du Hamas se la coulent douce à Doha pendant que des otages sont encore emprisonnés. »
- 3:32Invité politiqueFait
« C'est une promesse que nous tenons parce que nous étions la première délégation parlementaire en Israël une semaine après les massacres du 7 octobre. »
- 4:26Invité politiqueFait
« l'otage que je parraine, Karina Arief, qui a 21 ans, qui a été blessée le 7 octobre. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« nous avons été plus de 200 députés à l'Assemblée nationale, sénateurs ou députés européens à nous mobiliser. »
- 5:56Invité politiqueFait
« Il y a le vieil antisémitisme et il y a le nouvel antisémitisme qui est agité. »
- 6:02Invité politiqueFait
« Dominique de Villepin incarne le vieil antisémitisme et puis Jean-Luc Mélenchon avec un certain nombre d'insoumis incarnent ce nouvel antisémitisme électoraliste. »
- 8:51Invité politiqueFait
« il y a déjà plus de 10 ans, je dénonçais le dévoiement de la laïcité par le Rassemblement national. »
- 10:00Invité politiqueFait
« on voit bien qu'il y a eu des arrestations dans les mouvances de l'ultra-droite après ce drame du petit Thomas, qu'ils ont été condamnés et qu'ils sont aujourd'hui emprisonnés. »
- 10:24Invité politiqueFait
« il y a un continuum entre les propos démagogiques de Mme Le Pen et les actions de l'ultra-droite. »
- 11:02Invité politiqueFait
« elle a gardé dans son entourage M. Châtillon, qui est un ancien du GUD. »
- 11:37Invité politiqueFait
« On n'arrive plus. On a passé les curseurs. On n'arrive plus à intégrer ? »
- 11:46Invité politiquePromesse
« nous voulons nous donner les moyens d'expulser toutes les personnes qui ont des paroles ou des actes contraires aux valeurs, aux corpus de valeurs républicains. »
Temps de parole
- François Cormier-Bouligeon84 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 22 %
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François Cormier-Boulijon, bonjour. Bonjour Christophe Barbier.
Alors vous êtes au cœur de l'opération de parrainage des otages par des parlementaires français. On va en parler, mais quelques mots d'abord de cette actualité. Trois jeunes otages français libérés par le Hamas hier, parmi les onze libérations, RSA et Eitan. Il en reste cinq franco-israéliens détenus par le Hamas.
Et il reste aussi presque 200 otages de différentes nationalités israéliens, mais de bien d'autres nationalités. Et donc nous n'aurons de cesse de travailler, d'œuvrer, jusqu'à ce qu'ils soient tous libérés par le Hamas, en espérant qu'ils soient tous encore en vie.
Ça veut dire qu'il faut prolonger, prolonger, prolonger encore la pause humanitaire, au risque de voir le Hamas se réarmer pendant ce temps-là ?
Non, pas forcément prolonger la trêve. Mais nous devons continuer à avoir des négociations au plan diplomatique pour obtenir du Hamas qui libère sans condition ni délai tous ses otages. Parce qu'au fond, nous avons des sentiments mêlés aujourd'hui. Évidemment, une grande joie de voir les otages libérés et ces otages franco-israéliens dont nous avons vu les parents à Tel Aviv le 15 octobre. Mais en même temps, nous pensons à la fois à ceux qui sont encore emprisonnés et puis nous pensons à la vie de ces otages libérés dont les parents sont pour partie encore en otage. C'est le cas du père d'Ethan, de Saar et d'Hérez.
Mais aussi, ils sont libérés dans un monde, dans un pays israël qui ne sera plus jamais comme avant parce que beaucoup de membres de leur famille ont été massacrés par le Hamas. Et donc, en réalité, chaque otage libéré et chaque otage encore emprisonné nous rappellent la cruauté et la barbarie du Hamas.
Libérés sans conditions, demandez-vous, mais il y a des conditions. Et on le voit notamment avec ces marchandages. Trois palestiniens sortis des prisons israéliennes pour un otage libéré.
Mais au fond, nous voyons la vraie nature du Hamas qui est un mouvement fondamentaliste, radicalisé, islamiste et qui fait assez peu de cas de la vie humaine et notamment de celle des Israéliens puisque pour eux, une vie israélienne vaut trois vies palestiniennes. Au fond, ils n'ont pas grand-chose de différent avec les nazis qui déjà considéraient que les juifs étaient des sous-hommes et qu'on pouvait les exterminer. C'est ça la réalité du Hamas. Et ils ont beau libérer des otages, et nous nous en réjouissons évidemment, ils restent ce qu'ils sont, c'est-à-dire des barbares que nous devons absolument condamner.
Et moi, je souhaite que la Cour pénale internationale soit saisie parce que les dirigeants du Hamas se la coulent douce à Doha pendant que des otages sont encore emprisonnés et pendant que le peuple palestinien souffre dans la bande de Gaza. Et donc, nous devons les traduire devant la Cour pénale internationale.
Certains considèrent qu'il y a presque une équivalence entre les libérations côté israélien et côté palestinien. Échange d'otages, entend-on même.
Mais bien sûr que non, Christophe Barbier, parce que les otages qui sont libérés, ce sont des civils innocents et ils sont libérés contre des prisonniers de droit commun, contre des gens qui ont tenté d'assassiner des Israéliens en Israël. C'est ça la réalité. Et donc, nous devons nous réjouir évidemment des Israéliens libéraux mais ceux qui sont libérés, les Palestiniens qui sont libérés, ce ne sont pas des civils, ce sont des combattants.
Et donc, nous devons veiller à cela parce que moi, je suis comme beaucoup partisan d'une solution à deux États mais cette solution à deux États ne peut être viable tant qu'il y a des terroristes et tant qu'on nourrit des terroristes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Alors, les parlementaires français, des parlementaires français parraînent
les otages, à quoi cela sert-il concrètement ? C'est une promesse que nous tenons parce que nous étions la première délégation parlementaire en Israël une semaine après les massacres du 7 octobre. Nous avons rencontré les familles des franco-israéliens, des otages franco-israéliens détenus par le Hamas, raflés par le Hamas et nous leur avons fait le serment que nous allions nous occuper d'eux, que nous allions porter leur message auprès du président de la République, Emmanuel Macron, ce que nous avons fait. Et le président est mobilisé avec le gouvernement, avec les services pour obtenir ces libérations.
Et donc, nous leur avons dit que nous allions faire parler des otages pour que chacun en France et partout dans le monde soit bien conscient qu'il y a encore des enfants, des tout petits-enfants, cuire dix mois avec son frère qui a quatre ans, qui sont retenus, des vieillards aussi, des vieilles mi-HM, 21 ans, anorexique, malade, qui est encore retenus, qui est blessé, l'otage que je parraine, Karina Arief, qui a 21 ans, qui a été blessée le 7 octobre. Qui est une militaire, elle. Qui est, oui, qui surveillait la base de Nahal Oz. Et tous sont retenus.
Et donc, nous devons parler d'eux pour que la conscience humaine internationale soit mobilisée pour dire au Hamas libération sans délai ni condition.
Il s'agit aussi de faire entendre qu'on ne peut pas oublier ces otages, on ne peut pas les invisibiliser, comme certains essayent de le faire en arrachant les affiches, par exemple, ou en excluant dans les manifs qu'on parle de ces victimes.
Mais comment pourrait-on les oublier ? Et pourquoi aucun des comptes dans nos journaux télévisés pour ces otages ? Parce qu'ils sont franco-israéliens ? Parce qu'ils sont juifs ? Pourquoi ? Est-ce qu'on n'en parle pas suffisamment ? Et donc, nous, parlementaires, nous avons été plus de 200 députés à l'Assemblée nationale, sénateurs ou députés européens à nous mobiliser. Et nous voulons parler d'eux. Et nous nous interrogeons pourquoi il y a deux poids, deux mesures par rapport aux otages. Vous voyez ? Et nous sentons sourdre ce vieil antisémitisme dont parlait Annabelle tout à l'heure, les propos indignes de Dominique de Villepin. Pourquoi ? Où prennent-ils leurs sources ?
Selon vous, qu'est-ce que c'est ? C'est une résurgence d'une espèce de France pétainiste éternelle ? Ou bien c'est le fruit d'un travail de propagande
des médias ou de certains pays ? C'est malheureusement les deux. Il y a le vieil antisémitisme et il y a le nouvel antisémitisme qui est agité. On voit bien, Dominique de Villepin incarne le vieil antisémitisme et puis Jean-Luc Mélenchon avec un certain nombre d'insoumis incarnent ce nouvel antisémitisme électoraliste qui consiste à penser que tous les musulmans, tous nos compatriotes musulmans de France seraient par nature antisémites et que donc, en flattant leur soi-disant antisémitisme, on pourrait gagner leur voix. Mais moi, je connais beaucoup de nos compatriotes musulmans et qui ne sont pas antisémites. On ne doit pas les essentialiser.
Et eux, comme moi, sont pour une solution à deux États. Eux, comme moi, considèrent qu'Israël a le droit de vivre et que nous avons également le devoir de faire en sorte qu'il y a un État palestinien à côté de l'État d'Israël. On ne doit pas essentialiser ni simplifier le débat et on ne doit surtout pas tomber dans cet antisémitisme crasse qui est une tâche sombre sur nos consciences.
Est-ce que d'autres parlements en Europe, en Occident, ont eu la même initiative que le Parlement français ?
Honnêtement, nous sommes très concentrés sur ce que nous faisons parce que depuis que nous nous sommes rendus en Israël, il y a maintenant un peu plus d'un mois, les nuits sont courtes et perturbées parce que ce que nous avons vu là-bas, nous avons vu l'horreur. Nous sommes vraiment mobilisés pour essayer de trouver des solutions, en particulier pour les otages. Nous sommes focus avec Caroline Yadant notamment pour nous faire notre part du travail, tenir la promesse que nous avons faite à ces familles.
Est-ce qu'il faut montrer les images des horreurs pour que le grand public ne cesse pas de se préoccuper des otages ?
Moi, je considère qu'il faut montrer les images pour bien comprendre que ce qui s'est passé en Israël le 7 octobre est un pogrom. Les gens de notre génération qui sommes instruits de ce qui s'est passé pendant le 19e siècle, le début du 20e siècle en Europe orientale, pendant la Seconde Guerre mondiale, ne pensaient pas revoir un jour ces images. Et ce qui s'est passé le 7 octobre, ces massacres, dans les kiboutts, à la fête, des gens qui ont été assassinés, assassinés, découpés, brûlés, violés, avant tout cela pour les femmes, ce sont des pogroms anti-juifs. Et donc, nous devons absolument dire ce qu'est le Hamas pour qu'il soit éradiqué.
Dans notre vie politique nationale, on a l'impression que ce climat, depuis le 7 octobre, et notamment à cause des dérapages de la France insoumise, fait un bénéficiaire, le Rassemblement national. Vous le sentez aussi ?
Oui, enfin, vous savez, le Rassemblement national n'a pas beaucoup changé. C'est un parti vautour qui se repaie de la misère humaine. Et donc, effectivement, dès qu'un malheur arrive, Marine Le Pen, M. Bardella, se jettent dessus pour essayer de faire de la mousse électorale. C'est évidemment des comportements indignes. Moi, je ne suis dupe de rien, vous savez. Il y a déjà plus de 10 ans, je dénonçais le dévoiement de la laïcité par le Rassemblement national, tout comme je dénonce le dévoiement de la lutte contre l'antisémitisme par le Rassemblement national parce qu'en réalité, ils n'ont pas changé.
Et cette soi-disant défense de la laïcité ou cette soi-disant lutte contre l'antisémitisme n'a qu'un objet. Continuer leur lutte xénophobe en lui donnant un plus beau visage. Et en réalité, il n'y a pas de changement de doctrine au Rassemblement national avec Mme Le Pen et M. Bardella. Il y a simplement du maquillage de leurs sales idées. Ça reste le parti des problèmes et pas le parti des solutions.
On le voit avec la tragédie de Crépaule et la mort de Thomas. La tension est maximum. Quand Olivier Vérandi, nous sommes au bord d'un basculement de la société. Est-ce que vous partagez ce pessimisme ?
Oui, nous sentons bien qu'il y a un risque de basculement politique. Est-ce que ça va au-delà ? Difficile à dire. Mais en tous les cas, nous, notre rôle de responsable politique, c'est d'éviter cela. Et moi, ce que je constate, c'est que nous avons redonné beaucoup de moyens à la police, à la gendarmerie, à la justice et qu'ils font leur travail. Et on voit bien qu'il y a eu des arrestations dans les mouvances de l'ultra-droite après ce drame du petit Thomas, qu'ils ont été condamnés et qu'ils sont aujourd'hui emprisonnés. Donc, il y a une réponse pénale à ces dérives.
Mais ce que je vois, je me permets de revenir quelques minutes en arrière, c'est qu'il y a un continuum entre les propos démagogiques de Mme Le Pen et les actions de l'ultra-droite. C'est-à-dire un continuum ? Il y a un continuum. On voit bien que Mme Le Pen essaye de se donner une certaine forme de légitimité, de respectabilité. Mais quand elle tient des propos à l'emporte-pièce quelques heures après la commission du meurtre et qu'elle accuse sans preuve, en réalité, elle agite les mouvances ultra-droites qui, derrière, vont dans les rues de ces villes et de ces villages. Elle libère ces mouvements.
Et donc, moi, je considère que le rassemblement national n'a pas changé et qu'il y a un continuum entre Mme Le Pen et les mouvances de l'ultra-droite. D'ailleurs, elle a gardé dans son entourage M. Châtillon, qui est un ancien du GUD. Quand j'étais étudiant en droit, je combattais le GUD, qui est un mouvement néo-nazi. Elle les a gardés dans son entourage.
Pour retrouver un équilibre dans cette société, un vivre-ensemble, est-ce que la loi immigration qui arrive en débat à l'Assemblée est cruciale ?
Il y a beaucoup de choses qui sont cruciales. Moi, je pense qu'il faut avoir une grande ambition pour l'instruction publique et l'éducation nationale pour permettre tout cela. Mais évidemment que la loi immigration est importante parce que nous devons dire que nous avons le droit, la France a le droit de réguler l'immigration. On n'arrive plus. On a passé les curseurs. On n'arrive plus à intégrer ? Quand on fait de la politique, on ne peut pas dire qu'on n'y arrive plus. On doit se donner les moyens d'agir.
Et donc, par exemple, dans cette loi immigration, nous voulons nous donner les moyens d'expulser toutes les personnes qui ont des paroles ou des actes contraires aux valeurs, aux corpus de valeurs républicains. Liberté, égalité, fraternité, laïcité, lutte contre l'antisémitisme, contre la xénophobie, tous ceux qui tiendront ces propos et qui auront des actes devront être expulsés de France et nous nous en donnons les moyens avec cette loi. François Cormier-Boulijon, merci et bonne journée. Merci à vous.
Merci beaucoup, Christophe Barbier, la phrase à retenir de votre invité ce matin. Nous avons fait le serment franco-israélien que nous allions parler d'eux pour que chacun en France sache qu'il y a des enfants encore retenus à Gaza pour que la conscience humaine soit mobilisée. pour que la conscience
soit mobilisée.
François Cormier-Bouligeon