Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com

5 questions à Delphine Batho

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Il s'avère sans le moindre doute possible que cet amendement est parvenu à l'UIPP qui regroupe Monsanto, Bayer, BASF, Syngenta, entre autres, dès le 23 mars, plus de 90 heures avant qu'il ne soit publié et porté à votre connaissance. Le glyphosate, c'est l'herbicide le plus utilisé en France et dans le monde, plus connu commercialement, notamment sous le nom de Roundup, produit par la firme Monsanto qui vient d'être acheté par Bayer. Parce qu'en fait, le glyphosate a été reconnu depuis 2015 par le Centre international sur le cancer, qui est un organisme auprès de l'Organisation mondiale de la santé.

Il a été classé comme cancérogène probable pour l'homme et donc en toute logique, il aurait dû être immédiatement interdit. Actuellement, en France et en Europe, le glyphosate est le seul pesticide classé cancérogène probable encore autorisé. En fait, il y avait eu un tweet d'Emmanuel Macron au mois de novembre dernier annonçant que le glyphosate allait être interdit en France d'ici trois ans.

Et donc nous, les députés, on attendait que le projet de loi dont on discute actuellement à l'Assemblée nationale sur l'agriculture inscrive l'interdiction du glyphosate d'ici trois ans. En fait, moi, j'ai déposé un amendement pour interdire le glyphosate. Et cet amendement que j'ai mis dans une application, donc un système de logiciel interne à l'Assemblée nationale, il est parvenu au lobby des pesticides plus de 90 heures avant que l'amendement soit officiellement publié, rendu public et communiqué à l'ensemble des députés.

Donc ça veut dire qu'il y a une ingérence des lobbies dans les amendements à l'Assemblée nationale, ce qui est tout à fait inacceptable. D'abord, quand il y a ce type de pratiques complètement invraisemblables, elles doivent être dénoncées et sanctionnées. Il y a des lois sur la transparence de la vie publique qui ont été adoptées ces dernières années, justement pour tenir les lobbies à distance de la décision publique.

Et on voit que ces firmes de l'agrochimie, en fait, elles reculent devant rien. Déjà au niveau européen, l'agence européenne qui était censée évaluer le glyphosate, en réalité, ces rapports, c'était des copiés-collés de Monsanto. Mais là, il y a une espèce de stade nouveau et ultime de cette ingérence inacceptable dans la démocratie.

C'est quand on se procure des amendements des députés avant même qu'ils soient officiels, avant même qu'ils soient publiés. Et ça, c'est absolument inacceptable. Donc, mobilisez-vous pour l'interdiction du glyphosate.

5 questions à Delphine Batho — Delphine Batho · Pourquijevote