[DISCOURS] Marine Tondelier, nouvelle Secrétaire nationale d'EELV
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 47 %Attaque 39 %Défensif 14 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09PrésentateurPromesse
« Un million de sympathisantes et de sympathisants avant la fin du mandat. »
- 1:14PrésentateurChiffre
« J'ai lu dans la presse que nous ne serions que 12 000 adhérents chez ELV et que ça n'était pas assez. »
- 1:30PrésentateurFait
« Nous avons gagné, par exemple, les élections municipales en 2020 en mettant les écologistes à la tête, »
- 2:23PrésentateurChiffre
« avec des bilans concrets, concrets et chiffrables, qui se comptent en centaines de kilomètres de pistes cyclables, »
- 7:57PrésentateurFait
« Comme nous l'avons été en gagnant l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, »
- 8:28PrésentateurPromesse
« parce que oui, nous allons gagner sur la sortie du nucléaire, »
Temps de parole
- Présentateur99 %
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Alors chers amis, vous pouvez vous applaudir parce qu'on l'a fait. Alors merci, ça fait extrêmement plaisir à tout le monde de se voir, ça me fait extrêmement plaisir de vous voir. Et j'espère que vous êtes prêtes, j'espère que vous êtes prêts parce qu'on a du travail. Il n'y en a qu'une qui est contente qu'on ait du travail. Une nouvelle page s'ouvre et nous allons, je vous l'annonce, repartir à l'offensive. Repartir à l'offensive avec une ligne politique claire, ambitieuse, collective, qui a été arrêtée au premier tour et enrichie avec vous toutes et tous entre les deux tours.
Repartir à l'offensive avec une nouvelle équipe que vous venez d'élire, une équipe, je vous l'annonce, solide et solidaire. Repartir à l'offensive avec une feuille de route précise que nous commencerons à mettre en œuvre dès lundi. L'objectif, il a été donné pendant ce congrès. Un million de sympathisantes et de sympathisants avant la fin du mandat. J'ai lu dans la presse que nous ne serions que 12 000 adhérents chez ELV et que ça n'était pas assez. C'est vrai, c'est pas assez. Pourtant, nous pouvons déjà être fiers de tout ce que nous avons fait en n'étant que 12 000.
Nous avons gagné, par exemple, les élections municipales en 2020 en mettant les écologistes à la tête, et on va les applaudir chacune de ces villes, de la métropole de Lyon, de la ville de Lyon, de Marseille, de Bordeaux, de Strasbourg, de Besançon, de Poitiers, de Tours, de Colombes, d'une centaine de villes et de villages. Nous avons gagné aussi des élus dans les départements, dans les régions, des parlementaires, européens, nationaux. Aujourd'hui, il y a des élus écologistes partout dans notre pays, et soyez-en fiers.
Comme nous le faisions déjà à Grenoble, à Los Angoles, à Bègle ou encore à Grande-Synthe depuis des années, nous y menons dans ces villes des politiques publiques qui changent la vie, vraiment, avec des bilans concrets, concrets et chiffrables, qui se comptent en centaines de kilomètres de pistes cyclables, en lignes de tramway, de bus ouvertes, en nombre de repas bio, locaux, végétariens dans les cantines, en école rénovée, en cours débitumé, en processus participatif innovant, en départ en vacances pour toutes et tous, en dispositif d'aide aux victimes de violences faites aux femmes et aux enfants, en revenu de solidarité pour les jeunes, en nombre d'arbres plantés, en nombre de logements isolés et en dispositif de mise à l'abri.
Heureusement que vous êtes là ! Oui, l'écologie au pouvoir, ça change la vie ! Et puis, plus largement que dans les villes écolos, partout sur le territoire, nous oeuvrons, vous oeuvrez. Nos élus sont deux fois plus nombreux qu'il y a trois ans, qu'ils soient majoritaires, minoritaires dans la majorité ou élus d'opposition. Ils ferraillent pour l'écologie au quotidien, défendent nos valeurs. Nos militants, de leur côté, enchaînent les campagnes électorales avec toujours la même détermination et sont de toutes les luttes écologistes et sociales, qu'elles soient locales ou nationales. Je ne vous le cache pas, ce n'est pas facile partout.
J'en sais quelque chose, mais je sais aussi que même dans les territoires d'adversité, nous sommes présents, déterminés, utiles. Ça, c'était le monde merveilleux des écologistes. Après, je lis, parfois aussi, qu'il y aurait un hiatus entre les militants EELV d'un côté et, d'un autre, les actions de terrain désobéissante et radicale. Alors, évidemment, je souris. Je souris parce que j'entends, comme l'aurait dit Coluche, que dans le milieu autorisé, on s'autorise à s'offusquer de certaines actions militantes disruptives, du genre « j'ai de soupe » sur des tableaux qui coûtent très cher, ou plus exactement sur les vitres qui protègent ces tableaux, donc tout va bien.
Et la moyenne d'âge de celles et ceux qui ne comprennent pas ces actions, qui en sont choquées, ça tombe bien, c'est le but, est intéressante. Est-ce que la génération de celles et ceux qui ont fait si peu pour éviter la catastrophe est légitime pour expliquer à la jeunesse ce qui est OK ou pas ? Je ne le pense pas. Est-ce que sérieusement, jeunes de ce pays, nous avons envie, alors que nous allons passer nos vies à réparer leur insouciance criminelle, de se coltiner encore plus de leurs leçons de morale ? Évidemment que non, que non, et nous ne l'accepterons pas.
Nous ne trompons pas de camp, nous serons clairement en appui de toute forme d'action dès lors, et cette condition n'est pas et ne sera jamais discutable qu'elle est non-violente. Là-dessus, nous ne transigerons pas non plus. Ça, c'est dit. Quand j'entends parler du fait que nous ne serions déconnectés des actions militantes radicales, de la désobéissance civile, du mouvement militant, je souris aussi parce que je vous connais. Je vous connais, je nous connais, et je sais que nous sommes ces luttes, que nous sommes ces actions, que nous sommes cette écologie qui se défend.
Je sais aussi très bien qui a envie de raconter une histoire différente et pourquoi, alors on va leur dire, et j'ai besoin de vous, on va leur répondre ensemble et on va leur expliquer tranquillement. Petit sondage. Qui, dans cette salle, a déjà mâché pour le climat ? Qui a été faucheur d'OGM ? Pisseur volontaire de glyphosate ? Qui a été soutenir une ZAD ? Qui a manifesté, dans le calme, bien sûr, à Sainte-Soligne contre les bassines ? Qui a été au petit matin, avec son compteur Gégère, mesurer l'exposition à la radioactivité ? Vous savez, c'est un sujet qui me perturbe beaucoup, le nucléaire, depuis très jeune. Sur le passage d'un train de déchets nucléaires ?
Qui a déjà décroché un portrait de Macron ou soutenu les décrocheurs ? Qui a déjà participé à une action d'extinction d'anciennes lumineuses la nuit ? S'est battu pour sauver des arbres des tronçonneuses ? Qui a déjà commis un délit de solidarité en venant en aide à des réfugiés ? Participer à animer une AMAP, un système d'échange local, un repair café ? Porter les combats écologistes avec sa casquette syndicale ? Vous n'avez plus à voter là, ça vote, ça descend ? Vous faites trop de choses. Porter les combats écologistes avec une casquette syndicale de parents d'élèves qui s'est déjà levée et cassée ?
Qui a déjà milité ou pris une adhésion de soutien dans une association environnementaliste ? Et, Karima, prépare-toi, c'est ton moment. Qui a déjà été suivre une chasse à cour ? En forêt de Compiègne ? Dérouter une meute de chien ? Et sauver un cerf ? Karima ! Parfait ! J'ai vu toutes ses mains se lever, vous êtes parfaite, vous êtes parfait, et je vous l'annonce, votre nouvelle secrétaire nationale a déjà fait tout cela, oui, tout cela, et elle en est très fière. Même à 12 000 adhérents, même à 12 000 adhérents et des poussières, ce qu'en vrai nous ne sommes plus, je vous l'annonce, nous sommes de tous les combats, sur tous les fronts, et nous sommes utiles.
Comme nous l'avons été en gagnant l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, on était là, comme nous l'avons été en interdisant le bisphénol dans les biberons, comme nous l'avons été en obtenant le retour des trains de nuit, je crois que Karima, tu étais là aussi ce jour-là, comme nous l'avons été en imposant la fermeture de Fessenheim, comme nous l'avons été en évitant le projet de retenue collinaire à la Clusa, comme nous l'avons été en gagnant en Europe l'interdiction d'importer des produits qui contribuent à déforester, et comme nous le serons, comme nous allons gagner, parce que oui, nous allons gagner sur la sortie du nucléaire, sur le retour des aides au maintien du bio, sur la constitutionnalisation de l'IVG, sur l'interdiction de la chasse à cours et de la corrida, sur les zones marines protégées, sur la fin des coupes rases, sur des vrais moyens pour l'isolation des logements, sur les violences faites aux femmes, aux enfants, l'augmentation généralisée des basses salaires, et sur beaucoup d'autres choses.
Sur tout cela, oui, nous gagnerons. Et je vais vous expliquer pourquoi nous allons gagner. C'est très, très simple. Nous gagnerons parce que nous n'abandonnerons pas tant que nous n'aurons pas gagné. Il faut être très fier de ces victoires que nous obtenons grâce à la détermination de nos militants, de nos élus et de nos alliés. Et oui, mes chers collègues, nous ne sommes peut-être que 12 000, mais nous agissons comme si nous étions dix fois plus nombreux. Alors imaginez. Imaginez si nous étions un million. En face, clairement, je vous le dis, ils ne sont pas prêts. Déjà, déjà, ils perdent les pédales. Ils nous accusent de tous les noms. Éco-totalitaire.
Ça, c'est quand des barons locaux à Sbine s'emportent dans une tribune défendant la Corrida. Éco-terroriste. Ça, c'est quand le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dérape pour parler de ce que moi j'appellerais des militants pacifistes préoccupés par l'avenir de la pianète et la défense de l'eau comme bien commun. Alors, à votre avis, quand on sera un million, de quoi nous qualifierons-ils ? Un million. De dévoreurs d'enfants, peut-être. Je tiens par avance à les prévenir. Je suis végétarienne. Qu'ils se rassurent. La vérité, c'est qu'ils ne sont pas prêts. Ils ne sont pas prêts à voir se lever devant eux un grand mouvement écologiste.
Et on les comprend, mais on va le faire quand même. Je veux rassurer celles et ceux qui tremblent en leur disant son allénement ce soir. Ne vous inquiétez pas. Ça va bien se passer. Sauf, peut-être pour Gérald Darmanin. Lui, on ne le lâchera pas, mais il sait pourquoi. En vrai, nous comprenons pourquoi ils ont peur. Très peur. Nous, quand nous avons peur, c'est simple, c'est pour le vivant. Quand on voit les résultats obtenus ou non obtenus à la COP27 de Tcharmel Tchèque, ou ce qui se décide, ou plutôt ce qui ne se décide pas, en ce moment même, à Montréal, où se tient la COP15 de la biodiversité. Oui, nous avons peur. Nous voyons arriver l'effondrement.
Et je vous le concède, c'est angoissant. On a peur pour le vivant, mais eux, ils ont peur pour le maintien de leurs privilèges. Alors ça, ça les panique. Mais sérieusement, éco-terroristes, éco-totalitaires, les mots ont un sens quand même. Ces outrances en disent en réalité plus sur eux que sur nous. Ces dérapages ne font en fait que décrire leurs propres angoisses. Et leurs angoisses proviennent du fait que leurs privilèges n'ont jamais été aussi menacés. Et ça, on ne peut que leur confirmer. Certains, en réalité, ont tout simplement fait sécession et ils ont peur que ça se voit. Leurs enfants ne vont pas dans les mêmes écoles que les nôtres.
Ils ne se soignent pas dans les mêmes hôpitaux que les autres. Ils ne voyagent pas en train comme nous. Ils n'ont pas les mêmes loisirs que vous. C'est des loisirs qui coûtent beaucoup d'eau en général. Et du coup, les préfets donnent des dérogations, tout ça. Ils n'ont pas les mêmes loisirs que nous. Ils ne payent pas leurs impôts en France. Et en vérité, que partage-t-il encore avec le reste du pays ? Si nous les combattons, ne pensez pas que ce soit par jalousie. Notre souci, c'est très simple. C'est que leur mode de vie condamne nos vies. Accrochez-vous à vos chaises. La phrase suivante va vous faire mal.
Le patrimoine financier de 63 milliardaires français émettent autant de gaz à effet de serre que celui de la moitié des ménages de ce pays. Ils exploitent, ils asphyxient, ils condamnent le vivant pour le reste des temps. Car les destructions qu'ils organisent, qui les enrichissent, sont irréversibles. Et ce n'est pas nous qui le disons. Ça fait l'objet d'un consensus scientifique inédit dans l'histoire. Certains sont coupables de faire. Certains sont coupables de ne rien faire ou de ne pas faire assez. Le résultat à la fin, c'est le même. C'est criminel. Oui, c'est criminel.
Ils pensent qu'en peignant envers leur monde de pollution et de destruction, on ne se rendra compte de rien et que l'on acceptera cette fuite en avant environnementale et sociale. Eh bien non. La vérité, c'est que leur inconséquence, leur confort, leur égoïsme, je dirais, va tuer, va tuer des dizaines de millions de personnes, détruire notre futur, le vivant, de manière irréversible. Pourquoi acceptons-nous cela collectivement ? Comme l'écrivait la Boétie, n'oublions jamais, jamais, que s'ils sont debout, c'est parce que nous sommes à genoux. Pas vous spécifiquement dans cette salle, mais tout le monde et de manière générale.
Chaque jour, collectivement, nous consentons à ce système de domination. Un peu par intériorisation des oppressions, un peu par fatigue, un peu par lâcheté, un peu par déni, un peu par peur et sûrement pour des tas d'autres raisons. Mais cette propension que nous avons depuis longtemps à consentir à leur domination, nous les prévenons, est usée jusqu'à la corde. Alors oui, ils peuvent tout perdre, oui, ils ont raison d'avoir peur. La fin de leur abondance, la fin de l'abondance, que Macron nous annonçait, c'est en réalité la fin de leur abondance et le début de l'égalité. La décroissance, ce sera la fin de leur croissance, car nos salaires, eux, n'augmentent plus depuis longtemps.
Depuis des années, nous avons nommé nos adversaires, de McKinsey à Monsanto, de Poutine à Bolsonaro, des néolibéraux aux productivistes, des rentiers aux dominateurs. Pour fédérer, il faut nommer ses ennemis et nous continuerons à le faire, à les nommer, à les dénoncer, à les combattre. Mais pour gagner, il nous faut dorénavant aussi nommer nos alliés. En ce faisant, nous constaterons que nous sommes beaucoup plus nombreux que nous le pensons. Nous allons là commencer, maintenant, ensemble, cette longue liste de nos alliés. Ce qui constitue la classe écologique que nous avait décrite le regretté Bruno Latour, à qui nous pensons évidemment très fort aujourd'hui.
Cette classe écologique, ce sont les parents, les grands-parents inquiets pour leurs enfants. Ce sont les paysans, les paysannes, broyés par le modèle agricole industriel qui détruit nos sols. Ce sont les esprits rationnels qui veulent tenir compte du message des scientifiques. Les promeneurs, les promeneuses qui sont émus quand ils se promènent en forêt. Les amoureux, amoureuses de la faune qui rêvent devant les documentaires célébrant la vie sauvage. Les familles d'enfants asthmatiques, les victimes de cancers pédiatriques.
Les ouvriers, inquiets de leurs conditions de travail, de la menace permanente de délocalisation et aussi de leur santé, des risques industriels, tout comme les riverains qui vivent à proximité de leurs usines. La classe écologique, ce sont les personnes en situation de précarité qui réalisent que la solution durable à ces problèmes nécessite un changement radical de modèle et un nouveau pacte social juste et partagé. Notre jeunesse, lucide, déterminée, qui se mobilise et qui ne comprend pas que nous ne paniquions pas.
Toutes celles et ceux qui s'organisent dans les camps climat, qui bâtissent des pratiques écoféministes qui rêvent de construire, hors des villes, un ailleurs plus riche de vie. Les artisans, fiers de leur savoir-faire, de leur connaissance des territoires qui ne peuvent se résoudre aux références générales de beaucoup trop de monde en métropole, depuis 40 ans, pour faire reconnaître les ravages du chlordécone et des sargasses aux Antilles, contre l'exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie, contre les conséquences des essais nucléaires en Polynésie, contre les mines d'or, leur paillage clandétain en Guyane, pour le tram-train à la Réunion et pour l'accès aux soins à Mayotte.
Il y a aussi les entrepreneurs, les entrepreneuses, conscients des limites planétaires et de la nécessité d'une nouvelle relation au travail qui inventent de nouvelles façons de faire, les aidants, les soignants, les enseignants qui connaissent la valeur du soin, de la coopération, du partage qui contribuent à la société du lien, les simples citoyens, les simples citoyennes, conscients, conscientes de l'importance du convivialisme et qui veulent refaire société, celles et ceux qui comprennent, ou plutôt qui ne comprennent pas que les panneaux publicitaires lumineux soient toujours autorisés et celles et ceux qui ne vont pas réussir à se chauffer cet hiver et sont choqués quand des ministres, oui des ministres du gouvernement de la France, nous disent de ne nous chauffer qu'à 19 degrés, d'éteindre notre Wi-Fi la nuit, même ministre que l'on voit ensuite arborer fièrement en symbole de leur engagement écologiste héroïque pour la sobriété, un col roulé.
Avant de s'engouffrer dans leur jet privé pour des trajets qu'ils auraient pu faire en train. Cette phrase était très longue, je sais, elle aurait pu même l'être encore plus, il faut dire qu'il les empile au gouvernement. Toutes ces personnes que je viens de citer constituent la classe écologique. Si l'on fait la somme de toutes ces personnes, on voit bien que l'écologie politique a un potentiel pour devenir majoritaire dans notre pays et dans tous les autres. Mais cette classe écologique, aujourd'hui, n'est pas consciente d'elle-même.
Il nous incombe à nous, mouvement de l'écologie politique, de la révéler, de la structurer, de l'organiser, de la rendre fière d'elle-même et de la mettre en action. C'est notre responsabilité. Personne, non, personne ne le fera à notre place. C'est pour cela que nous devons nous refonder, créer un grand mouvement populaire. Car cette classe écologique, c'est ce que nous avons défendu pendant ce congrès, elle est partout et pas seulement dans les centres-villes des métropoles. C'est le sens de l'écologie populaire que nous portons.
Notre écologie populaire va s'attacher, nous nous y sommes engagés et nous ayons maintenant nous y attelé à renouer avec les ruralités, les territoires populaires, les classes populaires et avec ce que l'on nomme parfois avec un peu de m'esprit la France périphérique. Mais pour en venir, oui, c'est adapté à mon vécu, la France périphérique. On arrive. Alors, oui, j'ai fixé l'objectif d'un mouvement à un million de sympathisants avant la fin du mandat. Certains me disent que c'est trop. Moi, j'admets avoir mis la barre un peu haut. Mais l'enjeu, c'est l'habitabilité de la planète que l'on ne sait pas, à l'heure où je vous parle, garantir aux enfants qui naissent aujourd'hui pour leurs 30 ans.
Alors, ça en vaut la peine, non ? Un million, ce serait trop pour nos valeurs ? Mais si nous ne sommes moins que ceux-là, qui s'occupera de tout ça ? Comment expliquer que nous portons ces combats si importants que nous pensons pouvoir le faire à 15 000 ou même à 150 000 ? Non, 15 000, non, 150 000, ça ne suffira pas. Nous voulons être un million et assumons nos devoirs et nos ambitions. Comment allons-nous faire ? Eh bien, nous avons un plan. Nous le travaillons depuis des mois. Il vous a convaincus. Premièrement, il nous faut mener la bataille culturelle. Assumer que l'écologie n'est pas consensuelle. Porter nos mots, nos thèmes, être lucide mais jamais défensif et être groupé.
Toucher à un écolo, c'est toucher à tous les écolos. Eux, ils ne sont pas prêts mais vous, vous êtes prêts. C'est bon. Toucher à une politique écologiste, c'est toucher à toute l'écologie. Nous allons, ensemble, instaurer la solidarité totale, je dis bien totale, entre nous, organiser notre capacité à défendre collectivement les nôtres. Nous allons être solidaires les uns des autres et donc, en face, notez-le, si quelqu'un en France s'en prend à un écologiste, qu'il soit maire, élu d'opposition, simple militant, il s'en prend, c'est simple, à tout notre mouvement. Cela vaut pour tout le monde, partout sur le territoire. Mais je vous l'annonce, on ne va pas juste jouer en défense.
Oui, on boycotte la Coupe du monde du Qatar, mais on a quand même le droit aux métaphores footballistiques. Pour mener, pour gagner cette bataille culturelle, nous avons décidé de nous refonder. Il nous faut commencer par entendre et par comprendre pourquoi il y a un tel décalage entre l'importance des sujets que nous portons et nos résultats électoraux. Changer de posture, prendre quelques mois, non pas pour convaincre, mais pour écouter. Une motion thématique a été largement adoptée lors du premier tour de notre congrès, actant la tenue d'État généraux de l'écologie.
Cette motion, la fameuse motion 12, a été travaillée et portée par l'énorme conduit que je salue, que je remercie pour son engagement et que je vous demande d'applaudir. J'ai une annonce à vous faire. Les États généraux de l'écologie, ce n'est pas pour débattre entre nous. Ça, c'est les congrès. On a fait. Les États généraux de l'écologie, c'est tout l'inverse. C'est nous ouvrir, c'est aller écouter grâce à une enquête nationale, grâce à des lieux d'écoute et des débats mis en place aux quatre coins de la France. Aller écouter ce que les Françaises et les Français, proches ou non de nous, attendent de l'écologie.
Nous lançons d'ailleurs dès aujourd'hui un site sur lequel celles et ceux qui sont intéressés par ce processus puissent les rejoindre. Vous allez voir, c'est très simple, ça s'appelle lesécologistes.fr. Ça vous va ? C'est dans le cadre de ce processus que nous devons faire le bilan de la présidentielle. Alors déjà, on va remercier Yannick et ses équipes d'avoir mené ce combat. Mais évidemment qu'on va s'interroger, comme nous le faisons depuis des mois. Pourquoi le message n'est-il pas arrivé au destinataire ? Pourquoi n'avons-nous pas fait un score permettant de peser davantage ? Certains seront tentés de dire que c'est la faute du candidat et de son équipe, évidemment.
D'autres que c'est de la force du parti, évidemment. Moi, je vous le dis, nous avons toutes et tous ici notre part de responsabilité. Arrêtons de nous défauser les uns sur les autres. Soyons lucides, soyons responsables. Parce qu'en démocratie, quand un peuple n'est pas content de ses dirigeants politiques, ce n'est pas le peuple qu'on change, ce sont les dirigeants qui doivent changer. Eh bien, ensemble, c'est exactement ce que nous allons faire. Nous allons changer. Notre mouvement doit être accueillant, inclusif et bienveillant. J'insiste pour que chacun et chacune puisse venir comme il le souhaite. Nous vous y engageons. Si vous nous rejoignez, vous ne serez pas jugés.
Pour être clair, venez comme vous êtes. Chez McDonald's, le seul truc qu'on en prend, c'est leur slogan. Vous avez compris, on vous attend sur lesécologistes.fr. Notre grand mouvement a aussi besoin d'un projet qui parle aux Françaises et aux Français. Ce projet doit être clair, simple, rendre visible notre écologie comme réponse à leurs préoccupations d'aujourd'hui et à leurs angoisses de demain. Il nous faut remettre au travail sur la doctrine, sur le projet, sur sa musée en musique de manière à être entendue, de manière à convaincre au-delà du cercle d'initiés.
Oui, tout cela est ambitieux, mais ça tombe bien, je ne suis pas réputée pour fuir les difficultés et vous verrez que nous allons y arriver ensemble. Comme j'ai conscience de vous en demander beaucoup, je vais prendre aussi ma part d'engagement et je le ferai avec mon caractère. Là, il y a une sorte de stupeur. J'ai entendu qu'on me reprochait d'être tout le temps souriante et pas assez sérieuse. Évidemment que j'ai pris conscience il y a bien longtemps maintenant de la gravité de la situation environnementale, politique dans laquelle nous sommes. Évidemment que cela m'angoisse.
Mais face à l'éco-anxiété que nous ressentons toutes et tous dans cette salle, face aux difficultés militantes que nous éprouvons, chacun réagit à sa manière. Moi, je choisis d'être de bonne humeur, de garder le sourire en toutes circonstances et c'est comme ça. Vous le savez, je suis née, j'ai grandi et je resterai dans le bassin minier. On s'est beaucoup moqué de moi pour cela mais moi, ce territoire, je l'aime, j'en suis fière et je sais ce que je lui dois. Je crois qu'il y a mon groupe local là-bas. Merci les copains. Chez moi, on meurt plus jeune que partout ailleurs en France. Quand on habite à Énan-Beaumont, on vit en moyenne cinq années de moins qu'un ou une parisienne.
Mais qui s'en préoccupe ? Macron, en campagne présidentielle, était venu sur place incriminer l'alcoolisme et le tabagisme.
Il avait juste oublié de parler de l'amiante, de la silicose, du travail qui abîme, de la pauvreté qui tue dans l'indifférence, du désert médical le plus peuplé de France avec la Seine-Saint-Denis, des perchlorates issus des obus des deux gares mondiales qui se désagrègent encore dans le sol et contaminent nos nappes phréatiques pour des centaines d'années, des camions qui ravitaillent notre haut champ, le plus grand du monde, construit sur les champs de mon air grand-père, des entrepôts logistiques qui ont fleuri autour, de leur impact sur nos poumons, de la nouvelle ligne très haute tension, du record de France de site Céveso au kilomètre carré dans le secteur, des patrons voyous de Métal Europe qui ont souillé la terre et se sont volatilisés sans en compenser les dégâts alors qu'encore cet automne, sept nouveaux enfants étaient diagnostiqués atteints de saturnisme.
Ce sont des réalités palpables au quotidien dès l'école primaire qui font qu'il n'y a pas besoin d'être épidémiologiste pour comprendre que l'environnement tue, que les insuffis sociaux et environnemental sont souvent liés, que ces industries d'ailleurs dont personne ne veut ailleurs s'installent chez nous et que ce n'est pas par hasard comme si finalement nous n'étions plus à sa près. Alors oui, je me suis engagée pour la santé environnementale, pour la justice sociale, pour ce territoire difficile et les combats que je continuerai à mener pour lui vaudra pour tous les territoires difficiles de France.
Nous serons leur porte-voix de ces territoires difficiles grâce à tous les copains, grâce à toutes les copines qui y militent dans l'adversité. Nous allons continuer, nous allons le faire savoir, nous allons revendiquer de le faire, même, et ne laisser tomber personne, aucun territoire, aucune population, faire de l'écologie populaire, oui, de l'écologie populaire. Mon combat, vous le savez, c'est aussi un combat contre l'extrême droite et sa principale officine, j'ai nommé le Rassemblement national. Ils sont de moins en moins rassemblés d'ailleurs, vous avez remarqué ? J'expérimente depuis 2014 dans ma ville ce que c'est que l'extrême droite au pouvoir.
Depuis 2014, je me bats contre l'autre marine, ou peut-être que c'est l'autre, on ne sait pas trop, mais en tout cas contre la haine, contre la violence, contre la peur sur laquelle elle prospère. J'ai été, comme beaucoup ici, profondément affectée par le tapis rouge qui lui a été déroulé à l'Assemblée nationale et je remercie nos collègues écologistes d'avoir tenu bon. Les atermoiements de la majorité présidentielle entre les deux tours des législatives déjà étaient scandaleux. On n'oublie pas, on ne pardonne pas. Nous, entre les deux tours de la présidentielle, nous avons fait le travail sans pudeur de gazelle, pas pour Macron, mais pour la France.
Ça fait des années que je les pratique, je les connais par cœur. Merci à celles et ceux qui m'ont aidé à les décrypter, à mettre des concepts, à mettre des mots sur ce que je vivais pour mieux le tenir à distance. Leurs obsessions rances, dangereuses, leurs méthodes vicieuses, leurs intimidations, leurs menaces, leurs perversités. Ils pensaient me faire craquer, ils m'ont rendue plus forte, ils s'acharnaient, conseil municipal après conseil municipal, tribune municipale diffamatoire après tribune municipale diffamatoire, tous les mois. Ils ne savaient pas qu'ils étaient en train de me former. Coach, malgré eux, et gratuitement.
Ils m'ont appris à garder mon calme en toutes circonstances, même à 11h59, les matins de congrès, n'est-ce pas ? Et celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que ce n'était pas gagné. Ils m'ont appris l'endurance, la résilience, ils ont forgé ma détermination. Alors, élus d'opposition de France et de Navarre, je sais qu'il y en a dans la salle, l'adversité, c'est un cadeau fait aux écologistes. Parce que les combats que nous avons à mener pour le vivant seront toujours plus éprouvants, plus importants que les mesquineries de ces mères autoritaires que certains d'entre vous pratiquent et qu'ils sont fiers de nous faire subir.
Quand ils vous dénigrent, quand ils tentent de vous humilier, quand ils vous attaquent, respirez, regardez-les, souriez-leur. C'est la plus belle des réponses que vous pouvez leur faire. Et ensuite, reprenez le combat avec la même détermination, toujours ferme sur vos valeurs, avec la non-violence chevillée au corps, c'est ça les écologies, c'est ça l'écologie, des tenaces, des non-violents, des défenseurs du vivant, soyez-en fiers. Sachez que toujours, toujours, notre mouvement, vos BER, vos secrétaires régionaux et votre secrétaire national seront à vos côtés en cas de besoin.
Nous allons organiser l'entraide au sein du parti pour que juridiquement, politiquement, psychologiquement, chaque militante, chaque militant, chaque élu en difficulté, jamais ne soit seul. Jamais je m'y engage. Ce sera une priorité pour moi qui est toujours, toujours pu compter sur la solidarité du mouvement, de ces militants, de ce secrétaire national successif que je remercie. Je vous en remercie infiniment. Sûrement, n'y serais-je pas arrivée sans vous et aujourd'hui, c'est à mon tour de me mettre à votre service à plein temps. C'est un autre de mes engagements. Je reste évidemment ancrée à Hélène Beaumont, conseillère municipale, l'inverse leur aurait fait trop plaisir.
Je continuerai aussi le combat aux côtés des conseillers régionaux des Hauts-de-France, mais je quitterai dans les semaines qui viennent mes fonctions à l'agglomération des Nincarvins pour me mettre en conformité avec notre nouglie de nos cumuls internes.
En dehors de mon travail d'élu local, d'Europe Écologie-Les Verts, enfin non, en dehors de mon travail d'élu local, Europe Écologie-Les Verts, son dépassement, sa refondation, son fonctionnement quotidien, ses sympathisants, ses militants, ses élus, auront toute mon attention puisque j'ai quitté la semaine dernière avec émotion, un métier qui m'a lui aussi beaucoup appris après cinq ans à œuvrer pour la surveillance et la reconquête de la qualité de l'air dont je resterai évidemment une militante. Vous connaissez maintenant mon état d'esprit. Maintenant, je vais vous parler de la ligne. Ah, la ligne.
Durant ce congrès, avec les copines et les copains de la suite, on a produit un livret de 100 pages, une motion d'orientation, une grosse dizaine de motions thématiques et on a eu beaucoup d'occasions, comme les autres motions, de nous exprimer dans des débats régionaux, dans la presse, etc. Certains disent que peut-être c'est parce que je suis une femme et donc qu'il pourrait y avoir un doute sur la question. On me demande souvent quelle est la ligne tondelier. Puisque cela a l'air d'en préoccuper certains et certaines, nous allons clarifier cela ensemble. Je vous le concède, je ne suis pas une théoricienne.
Je ne suis pas quelqu'un qui vivrait 1h24 dans le monde des idées et d'ailleurs, ça ne veut pas dire que je n'aime pas les idées. Cela ne signifie pas que je ne pense rien, même si je suis une femme, mes convictions sont ancrées. Et puis, en fait, le sujet, ce n'est pas la ligne tondelier. La ligne que je défends ne m'appartient pas. Elle est portée par un collectif militant large et aujourd'hui, par notre parti, qui l'a clairement validée il y a 15 jours et à 90 % il y a une demi-heure. celles et ceux qui prétendent que nous n'aurons pas de ligne sont au mieux mal renseignés ou alors ils sont malveillants. Que veulent-ils ? Que faudrait-il faire pour les satisfaire ?
Je vous le dis, ils voudraient que nous soyons l'écologie quelque chose, l'écologie ceci, l'écologie cela, l'écologie radicale, l'écologie féministe, l'écologie crédible, l'écologie animaliste, l'écologie environnementaliste. Ils voudraient que, dans cette salle, chacun, chacune, choisissent son combat. Ils voudraient nous mettre dans des cases, nous classer, nous diviser, ne les laissons pas faire. Ma ligne, pour celles et ceux qui se posaient la question, de manière toujours bienveillante évidemment, c'est de refuser les subdivisions qui visent à nous affaiblir. Ne rentrons pas dans leur jeu, soyons tous là à la fois, parce que si nous ne sommes pas tous là, alors nous ne serons rien.
Refusons de nous laisser amputer de telle ou telle partie de notre identité politique en la réduisant à un seul épithète. Soyons nous-mêmes, soyons écologistes, pleinement, sans complexe, sans honte, sans autolimitation. Je sens bien quand même qu'il me faudra lâcher un mot, un moment, un mot qui résume ma démarche, mon approche. Alors si vous voulez, malgré tout, un épithète, le voici, notre ligne, c'est l'écologie indivisible. Parce que, comme la République, l'écologie est indivisible. Philosophiquement, chaque élément du triptyque républicain conditionne les deux autres. Point de liberté sans égalité, point d'égalité sans fraternité, point de fraternité sans la liberté.
Pour nous, c'est pareil. L'indivisibilité de la République est philosophique, mais elle est aussi charnelle. Sans prendre à l'un des enfants de la République, c'est les menacer toutes et tous. Il en va de même pour nous. Philosophiquement, notre écologie, elle est indivisible parce qu'elle ambitionne de conjuguer trois écologies dont parlait Félix Gattari. L'écologie sociale, l'écologie environnementale et l'écologie mentale en un même mouvement de transformation de la société. Politiquement, vous pouvez applaudir Félix Gattari, il le mérite. Politiquement, affirmer l'indivisibilité de l'écologie, c'est faire de notre unité une priorité.
Et l'unité, ce n'est pas la négation des divergences, c'est bel et bien leur dépassement par le haut dans une synthèse politique dynamique qui recherche le meilleur au lieu de cultiver le pire. Merci. Vous l'aurez compris, la ligne que je vous propose de suivre, ce n'est pas seulement l'une politique, c'est aussi l'une des conduites car il n'y a pas d'un côté la philosophie politique et de l'autre côté les comportements. Pour moi, les deux sont liés. La question de l'unité des écologistes est la clé de voûte de toutes les quatre hydrales que nous prétendons construire. Nous comporter ensemble avec davantage de sororité et de fraternité, voilà la ligne que je défends.
Cela vaut aussi pour notre place dans le monde. Je défends l'idée d'une écologie qui fait du dialogue sa première arme politique. Le basculement de société que nous défendons demande que nous bâtissions davantage de ponts qu'il n'existe de murs. L'écologie indivisible, vous la connaissez, c'est l'écologie rassembleuse, fédératrice et enthousiaste qui nous a fait gagner toute cette grande ville. Alors, on va continuer, on va continuer de gagner, et on le fera ensemble.
L'écologie indivisible, c'est notre force tranquille qui refuse de le laisser définir par les autres et qui, fière de sa singularité, forte de son unité, s'avance au devant du peuple et de l'histoire en disant « Nous devons construire les affaires du pays parce que vous, les autres, issus de toutes les autres traditions politiques, vous avez mené le monde à sa perte, aveuglés que vous étiez par le dogme de la croissance et par l'obsession du productivisme. » Le monde va mal. Partout, pourtant, des femmes et des hommes se lèvent pour refuser l'arbitraire.
Je ne peux pas citer tous les combats, mais laissez-moi en saluer deux emblématiques des luttes pour un autre monde, une autre existence, une autre destinée pour l'humanité. En Chine, la stratégie absurde et totalitaire de verrouillage généralisé du zéro Covid, combinée à la violence du capitalisme barbare qui fait produire des iPhones par des travailleuses, des travailleurs qu'on exploite sans payer les primes promises, a fait éclater des révoltes de grande ampleur. Et voilà que soudain nous reprenons espoir. Un autre régime est possible, en Chine, que celui qui prive le pays des libertés démocratiques élémentaires et persécute les Ouïghours.
Sous d'autres cieux, laissez-moi vous parler d'Iran, de la cause des femmes, faire de l'ence de la cause démocratique, parce qu'elles refusent la loi des Mola, parce qu'elles prétendent échapper à la police des mœurs, des comportements, parce que leur dignité n'a d'égal que ce suburbé l'envers la liberté. Nous devons tout aux Iraniennes. Nous leur devons le soutien, nous leur devons le respect, nous leur devons la détermination à les défendre partout, tout le temps, elles, les droits des femmes, de toutes les femmes, à disposer librement de leur existence. Leur combat, c'est un combat pour leur vie, aussi un combat pour des valeurs.
Et ces valeurs ne sont pas menacées qu'en Iran, je le crains. Gardons-nous de penser avec je ne sais quel doux sentiment de supériorité morale que l'Occident serait immunisé contre la barbarie. Cette dentation, elle n'est jamais bien loin et c'est pour cela, oui, c'est pour cela que nous avons besoin d'une Europe forte. Les autres familles sont déchirées sur ces sujets. Nous sommes les seuls à être clairs et à l'assumer. Nous souhaitons une Europe forte et nous souhaitons une Europe fédérale. Nous en avons besoin même, d'une Europe forte face à la puissance et au totalitarisme chinois. Seule l'échelle d'une Europe puissante géopolitique peut quelque chose en face d'elle.
D'une Europe forte face au péril posé par la Russie de Poutine, les bombes qui tombent actuellement sur les Ukrainiens tombent sur nos frères européens. Seule l'Europe puissance militaire peut garantir à terme le respect du droit international et le retour de la Crimée dans la nation ukrainienne. Et au-delà, au-delà de la question européenne, tout ce qui se joue en Ukraine, c'est notre avenir à toutes, c'est notre avenir à tous, c'est la clé de la géopolitique, du climat, de le monde à besoin. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas et nous n'allons pas abandonner le peuple ukrainien.
Nous avons aussi besoin d'une Europe forte face à l'extrême droite, d'une Europe forte face au néolidéralisme. Seule une Europe puissance, politique, sociale, démocratique peut nous protéger et c'est pourquoi, pour assumer notre singularité sur ces questions européennes et sans suspense, nous présenterons une liste écologiste aux européennes. On vous sent prêts à partir en campagne, c'est parfait. Cette question, cette question de notre autonomie aux européennes, c'est une ligne très clairement affirmée dans ce congrès à 90% et ça sert à ça, les congrès.
Nous sommes pour plus d'Europe, plus d'Europe fédérale comme l'a réaffirmé le congrès aussi des Verts européens la semaine dernière, Mélanie Vogel, tu étais. Pour certains, ces questions semblent secondaires, pas pour nous. Nous pensons au contraire que l'Europe doit être au cœur de notre projet politique. L'Europe n'est pas un problème, l'Europe, c'est notre avenir et nous allons le défendre. C'est bon sur l'Europe, c'était clair ? On a compris ? C'est ce qu'on appelle une ligne, je pense. Chers partenaires, vous m'entendez depuis tout à l'heure vous parler de nous, de notre mouvement, de nos espérances et de nos ambitions.
Vous l'avez compris car depuis quelques semaines nous le répétons, nous allons cultiver notre jardin et sans glyphosate. Ne le prenez pas mal, ce n'est absolument pas contre vous et vous l'avez bien compris aussi parce que figurez-vous que nous discutons souvent. C'est ce qu'il faut que chacune des composantes de la NUPES fasse si nous voulons que nos prochaines coalitions réussissent électoralement. C'est la meilleure chose que nous, écologistes, ayons à faire pour l'écologie, pour la gauche et pour la France. Évidemment que nous allons continuer à travailler ensemble avec Génération S, avec Génération Écologie, avec nos partenaires écologistes. Vous les applaudissez tout de suite.
Je ne fais pas la suite tant qu'on ne les a pas applaudis, eux. Avec Région et Peuple Solidaires aussi qui sont là aujourd'hui, nos partenaires régionalistes. Vous allez pouvoir continuer à applaudir puisqu'on va applaudir le Parti Socialiste, le Parti Communiste, la France Insoumise. Je vois Manon ici. Manon, on t'aime. On t'aime aussi. Merci d'être là. Nos partenaires de la NUPES. Nous allons travailler ensemble et nous allons bien travailler ensemble. Et sachez même que cela me réjouit d'avance. Déjà parce que c'est ce que j'ai toujours fait depuis des années. Ensuite, parce qu'on a longtemps reproché à la NUPES d'être un boys club.
Donc Jean-Luc, Olivier, Fabien, je suis ravie de vous aider à résoudre ce problème. Et puis, enfin, et surtout d'ailleurs, parce que les combats que nous avons menés ensemble tout de suite sont nombreux, à commencer par les retraites. Dès la semaine prochaine, le gouvernement va nous présenter une réforme injuste et dangereuse. Injuste parce que l'allongement de la durée de cotisation et de l'âge légal de départ, évidemment, va toucher en premier lieu les plus fragiles. On sait qu'elle ne résoudra rien. Dangereuse parce que le cœur de notre pacte social, c'est la solidarité intergénérationnelle.
Mais comment voulez-vous que dans 10 ans, que dans 15 ans, les jeunes acceptent de payer pour des aînés si ceux-ci leur ont laissé une planète à plus de 3 degrés sans accepter de changer leur propre façon de vivre ? Les gens qui aujourd'hui ont 40 ans et plus, moi c'est bientôt quand même, là je suis encore en dessous, doivent prendre conscience que s'ils veulent demander cet effort intergénérationnel pour dans plus de 20 ans, s'ils veulent demander dans 20 ans aux actifs de payer leur retraite, alors ils vont devoir changer maintenant et vite. Sans solidarité intergénérationnelle sur le climat, il n'y aura pas de solidarité intergénérationnelle sur les retraites. Et ça se joue maintenant.
Macron propose de diminuer la solidarité sociale entre générations. Nous, on lui demande de l'élargir à la solidarité climatique, sinon il n'y aura plus de solidarité tout court. Dans ce combat, nous devons saluer et protéger l'intersyndicale qui s'est créée. Cela faisait longtemps et c'est un espoir pour beaucoup d'entre nous. Alors dans ce combat, nous allons être à notre juste place, au syndicat, les mots d'ordre de la mobilisation sociale, au parti de mener le combat parlementaire et à nous, toutes et tous, d'être ensemble dans la rue pour les faire reculer.
J'ai pris les noms de toutes celles et ceux qui applaudissent et préparez-vous parce que je sens que début 2023, nous allons beaucoup marcher et que contrairement au président, nous, ce sera dans le bon sens, celui des droits sociaux. Avant de conclure, je souhaitais rendre hommage à celles et ceux sans qui ce discours n'auraient jamais eu lieu. Les précurseurs de l'écologie politique, évidemment, pour qui nous avons systématiquement une pensée dans ce genre de moment. Qu'ils ont les premiers mis des mots sur les mots de notre société moderne, sa croissance infinie, son mépris mortifère des limites planétaires, sa fuite en avant envers l'effondrement.
Les précurseurs qui, les premiers, ont incarné les combats avec des gestes forts et restés dans les mémoires. Ils nous ont montré la voie, suivons-la. Quand l'une d'entre elles, quand l'un d'entre eux disparaît, nous nous racontons le parcours de ses fondateurs, parcours qui ont toujours suscité beaucoup d'admiration chez moi. Oui, il et elle forcent le respect. L'un d'entre eux nous a quittés lundi et nous l'avons toutes et tous évidemment dans nos cœurs aujourd'hui. On en a parlé tout à l'heure, vous lui avez rendu, cher collègue de LV Franche-Comté, un hommage vibrant.
Il s'appelait Alain Fousseret, une crise cardiaque l'a emporté sans prévenir à l'âge de 66 ans et nous sommes encore sur le choc de la nouvelle. Militant écolon engagé aux Amis de la Terre puis au vert des 1984, il a été entre autres co-secrétaire nationale, candidat d'innombrables élections, vice-président de la Franche-Comté, c'était avant. Il a fait partie de celles, de ceux, qui ont passé leur vie à se battre pour l'avenir de nos enfants. Son engagement était infatigable, son travail d'élu est connu bien au-delà de nos rangs écologistes et sa joie de vivre légendaire.
Nous lui avons rendu hommage avec émotion ce jour, comme nous nous rappelons régulièrement de tous ces visages militants familiers qui nous manquent mais qui sont là quelque part dans nos cœurs et dans chacun de nos combats. Pour elle, pour eux, nous allons continuer. Grâce à vous, grâce à vous les militantes et les militants que je remercie pour tout car ce mouvement vous doit tout et ne serait rien sans vous. Grâce aux salariés aussi, aux salariés nationaux et régionaux, d'Europe Écologie-Les Verts. Clairement, ils ne sont pas assez. Mais ils et elles sont de grande qualité.
Pour travailler avec eux depuis des années, je peux vous dire que vous n'imaginez pas tout ce qu'ils peuvent faire à longueur de journée, de semaines, de mois, d'années, pour vous, pour le mouvement, pour l'écologie politique qui leur doit beaucoup. Alors, continuez d'applaudir parce qu'on va les remercier, nos salariés du siège national, Caroline, François, Julien, Mathias, Sébastien, Serge et Jérôme. On va aussi remercier leurs prédécesseurs qui se sont succédés au service de notre mouvement depuis bientôt 50 ans. Oui, 50 ans et nous les fêterons en 2024 et ça sera une grande fête pour l'écologie.
Ces salariés, ils travaillent main dans la main avec la direction de LV et je veux remercier ici, aussi, celles et ceux qui se sont succédés à cette responsabilité depuis des décennies, même quand c'était dur, même quand c'était ingrat. c'est grâce à elles, à eux, que nous avons tenu jusqu'ici et que nous pouvons, demain, nous refonder. Merci. Et puis, merci à vous, les délégués du Congrès qui avaient traversé la France pour participer à ce moment important. J'espère que vous ne regrettez pas d'être venus quand même. Jamais. Chacun dans vos motions, vous avez œuvré depuis des mois à la réflexion collective en vue de ce Congrès.
Réfléchissez à la meilleure manière de redynamiser l'écologie politique, enchaînez les réunions, les rédactions de motions et les négociations. Merci particulièrement à Géraldine, à Claire, à Mélissa, à Sophie. Ensemble, nous avons mené des débats enrugissants, respectueux et convergés vers un texte dans lequel chacun se retrouve. Merci au prochain BE, une équipe solide et solidaire. Je vais leur demander de venir nous joindre ici sur scène. Alain Coulombelle, on va commencer par toi. C'est pour que tout le monde voit que je t'aime. Oui, c'est un parrain. François, tu repars. Alain Coulombelle, où est-il ? Je veux que tout le monde voit que je t'aime. Tu viens.
Léa Ballage, qui va s'occuper des journées d'été, de l'événementiel, de la communication et qui, avec Jérémy Crépel, a assuré un intérim impromptu avec brio, énergie, enthousiaste. Merci Léa. Jérôme Gulli, qui va s'occuper avec nous du projet de la prospective de la riposte. Damien Alakebi, co-trésorière, Olivier Bertrand, qui va s'occuper des élections. Benjamin Badoir, relation avec la société civile, les partenaires sociaux, les syndicats, soit prêt pour les manifestations de janvier. Hélène Ardy, à l'écologie populaire.
Oh non ! On l'a applaudi !
Marina Vérono, Europe et internationale, Nour, Durand-Rochet, co-trésorier, accueil, formation. Jean-Michel Blanquer, ton sosie, est à la direction des Verts maintenant. Mélissa Armation, technologie populaire. Merci à Patrick Cheymovitch parce que dès lundi matin, il nous accueillera à Colombe pour un premier déplacement de travail. On avait dit qu'on travaillait à partir de lundi. Donc lundi, à Colombe, on va rencontrer des associatifs, on va se mettre au travail dès lundi et première réunion de bureau exécutif, je vous l'annonce, mardi. Aujourd'hui, avec mes 14 nouveaux compagnons de galère, nous allons vous faire une promesse, une promesse collective, ce sera notre promesse écologiste.
Nous allons nous changer. Pourquoi ? Parce qu'il faut, si nous voulons changer demain la société française, changer l'Europe, changer le monde, nous changer nous d'abord. Alors croyons, croyons en nous, croyez en vous, croyez en l'écologie, repartons à l'offensive, cultivons notre jardin, cultivons nos amitiés politiques entre nous, chez ELV, avec vous, chers partenaires, longue vie à l'écologie, longue vie aux écologistes, vive la France et au travail, ensemble, nous repartons à l'offensive. Merci.
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